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mardi 24 décembre 2019

Attentat sur les maisons d'un proche de Macron en Corse

Les clandestins corses revendiquent l’attentat contre les villas Ferracci à Bonifacio

Après avoir annoncé sa démilitarisation progressive en 2016, le mouvement revendique l’action contre les villas de Pierre Ferracci, un proche du président de la République. 




La proximité amicale et politique avec la famille de Pierre Ferracci. Ami intime et témoin à son mariage, le couple Marc et Sophie Ferracci, tous deux bien placé dans l’organigramme du candidat. Le père est propriétaire de deux villas illégales qui passent en justice à la Cour d'Appel de Bastia le 24 mai, comme le rappelle  H. Constanty dans Médiapart. Où sont situées ces splendides constructions (670mc chacune vue mer et piscine) réalisées sans permis de construire réel mais tacite sur un « espace remarquable » et donc dans le colimateur des militants écologistes insulaires et des tribunaux ? Où mais justement à Bonifacio sur le site de Rondinara, dont le maire J.C. Orsucci est candidat LREM à la députation dans la circonscription de la Corse-du-Sud. 
On tient alors là de quoi faire jaser le Canard Enchaîné. Hèlène Constanty sur Pierre Ferracci : "Très à l’aise dans son rôle de conseiller aux affaires corses auprès du candidat, qu’il [Ferracci] a présenté à Jean-Charles Orsucci et à Gilles Simeoni, le président autonomiste de l’exécutif de la Collectivité territoriale de Corse, Pierre Ferracci l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’évoquer ses constructions illégales dans la baie de Rondinara.

Sa société civile immobilière propriétaire du terrain, Tour de Sponsaglia, dont Pierre Ferracci, 67 ans, est le gérant depuis 2010 (statuts déclarés en 1990), a été condamnée le 8 février 2016 par le tribunal correctionnel d'Ajaccio à une amende d’un million d’euros, la peine maximale pour une infraction de ce type. Il n’a pas interjeté appel, mais les associations de protection de l’environnement U Levante et ABCDE, parties civiles au procès, l’ont fait. "Nous demandons la démolition des villas et le retour du site à l’état naturel, en application d’un principe simple, celui de la réparation intégrale du dommage,"  va plaider Benoist Busson, l’avocat des associations. 


Dans cette affaire immobilière Macron n’est pas directement concerné ce que H. Constanty ne relève pas. Côté décentralisation et territoires, lors de ses déclarations, le candidat de En Marche afficha un positionnement nettement moins jacobin et beaucoup plus girondin que ses challengers M. LePen, F.Fillon et J.L. Mélenchon : "aux collectivités territoriales, partout en France, je propose un nouveau pacte girondin. Non, la réussite de la Corse ne se décrétera pas dans un ministère parisien". Attendons de voir la suite, de visu et in vivo en Corse. Et comme le dit Edmond Simeoni : "douché par l’interview de Macron  de ce matin 11 heures sur RCFM. J’ai réagi par un texte ci-joint, afin d’éviter les illusions chez ce candidat et les désillusions chez nous."

Alors, Macron est-il trop tiède pour la Corse ?


Edmond Simeoni a réagit avec toute l’expérience d’un militant politique anticolonialiste qui compte 60 années de combats en faveur d’un territoire insulaire qui a tant subit. « Pas un mot dit E. Simeoni sur la politique, pas un mot sur peuple corse ou sur la révision possible de la Constitution, sans laquelle, l'avenir est fermé. Pas un mot sur la culture, ni sur l'évolution institutionnelle, mis à part la Collectivité Unique en cours de construction. Et aussi pas un mot sur les propositions de l'Assemblée de Corse (statut de résident, co-officialité linguistique). Il a insisté sur la RF. En somme, un discours, convenu, tiède qui nous a ramenés en 1967 et ensuite, aux propos des dirigeants français depuis cette date, mis à part François Mitterrand, Rocard, Joxe et les réformes institutionnelles, frileuses mais significatives, qu'ils ont initiées ou accompagnées."

Rondinara : une des villas de Pierre Ferracci visée par un attentat

Les clandestins du FLNC dénoncent la réponse opposée par "l'Etat français" à leur volonté d'apaisement.
Dans un communiqué reçu par les rédactions de Corse-Matin et de France 3 Corse, ce lundi 23 décembre, le FLNC dit "du 22 octobre" revendique l’attentat à l’explosif ayant provoqué des dégâts importants aux villas Ferracci, à Rondinara, sur la commune de Bonifacio, le 20 décembre dernier.

Dans ce texte de deux pages, le mouvement clandestin rappelle que « le peuple corse aspire à la paix ». Il fait un diagnostic de la situation politique de blocage entre la Corse et Paris, pointe la situation économique et sociale évoquant « la paupérisation de la société corse ».

Le "FLNC du 22 octobre", qui avait en mai 2016 annoncé au cours d’une conférence de presse dans le maquis sa démilitarisation progressive, affirme dans ce communiqué que ce choix n’est en « aucun cas un blanc-seing donné à la France ».

Expliquant que la « paix qu’ils encouragent n’est pas la paix des cimetières des peuples disparus ». « Elle n’est pas la paix de la soumission ou du diktat d’un état français omnipotent et arrogant » rappelle le mouvement qui signale « qu’il n’a pas baissé la garde ».

Le FLNC précise aussi que la paix qu’il souhaite « n’est pas non plus celle qui reposerait sur le reproche éternel de l’assassinat d’un préfet jeté systématiquement à la face de tout un peuple » allusion à peine voilée aux propos du président Emmanuel Macron tenus à Cozzano en avril dernier et lors des cérémonies d’hommage des 20 ans de la disparition du préfet Claude Erignac en janvier 2018 à Ajaccio.

Libéralisme décomplexé et résidences secondaires dans le viseur
« Nous ne voulons pas de la paix du libéralisme décomplexé » écrit le FLNC qui stigmatise le « groupe d’une cinquantaine de chefs d’entreprise qui se projettent avec une arrogance même pas feinte en propriétaire de la Corse ».

Une flèche décochée en direction du consortium, la Corsica Maritima, qui regroupe une centaine d’entreprises.
 Soutien aux associations et syndicats menacés 
Le FLNC s’appuie sur « la grogne sociale qui est à son comble », pour soutenir « les syndicats et associations fragilisées pour des raisons diverses ». Le mouvement apporte son soutien à « toutes celles et ceux qui ont eu à souffrir de menaces ».

Citant « Valincu Lindu » engagé dans le combat contre le centre de stokage des déchets de Vighjanellu 2, ; U Levante, l’association de défense de l’environnement qui a par ailleurs attaqué le permis des villas Ferracci ; et le syndicat agricole Via Campagnola; le FLNC précise « pour eux et les autres touchés qu’ils sachent que nous sommes à leur côté dans leur combat ». 

Le FLNC du 22 octobre rappelle qu'il avait également « apporté son soutien à la coalition "Pè a Corsica" aux dernières elections territoriales ». 

« La France mise sur la disparition progressive et programmée de notre peuple. Ce jour là n’est pas encore arrivé… E puru simu qui » conclut le communiqué des clandestins en signant comme de coutume par « A ragione hè a nostra forza ».
 Un contexte de tension 
Cette revendication intervient dans un contexte particulier après l’interpellation et l’incarcération ce mois-ci de militants nationalistes pour une série d’attentats non revendiqués.

Interpellation de onze militants nationalistes : la vidéo qui fait polémique.
Un contexte qui a résonné dans l’hémicycle de l’assemblée de Corse lors de la dernière session.

Gilles Simeoni, le président de l’exécutif, et Jean-Charles Orsucci, président du groupe Andà per Dumane notamment ont réagi à l’attentat commis contre les villas Ferracci et mis en garde contre la reprise des mécanismes de violence que la Corse a déjà connus par le passé.

Dans un communiqué Corsica Libera évoquait concernant cet attentat de Rondinara le fait "qu'alors que la justice française n'a pas tranché" (...) "la stratégie de divison de l'Etat semble trouver des oreilles attentives".  Notant que "depuis quelques temps ce sont des Corses qui sont systématiquement visés" .
Le mouvement indépendantiste mettait lui aussi en garde "le peuple corse contre le risque de pourrissement necessairement voulu par les services de l'Etat". 

Reste à savoir si cette communication du "FLNC du 22 Octobre" augure d’une reprise de l’activité clandestine pour s’opposer à ce que le mouvement interprète comme « une stratégie de l’état en vue de la disparition programmée du peuple corse » ou s’il s’agit seulement d’une action ponctuelle qui ne remet pas en cause le principe d’une démilitarisation progressive énoncé par ce groupe en 2016.

dimanche 23 décembre 2018

Macron tisse sa toile : les réseaux se forment et se multiplient

De grands entrepreneurs ont mis Macron en selle et des femmes sucent sa roue 

Ces femmes qui applaudissent les " gilets jaunes " et ...les gendarmes

Résultat de recherche d'images pour "macron et ses reseaux"C'est sur une célèbre chanson du crooner Julio Iglesias, " Vous les femmes ",  que se clôt la cérémonie annuelle des 'Femmes d'influence' (défense et promotion de l'entrepreneuriat au féminin). Bonne humeur et féminité assumée, la communicante Patricia Chapelotte, 56 ans, fondatrice de l'agence Albera Conseil (communication d'influence, relations avec les media, affaires publiques, communication digitale, communication de crise, communication sociale des entreprises, communication...), a organisé et mené à un train d'enfer le show sur la scène parisienne de l'auditorium du Palais Brongniart, la Bourse, après avoir été conseillère en communication de Jérôme Kerviel de 2008 à 2010. 
Résultat de recherche d'images pour "Kolinda Grabar-Kitarovic Macron"
Lucie Basch décroche le Prix économique " espoir ", tandis que la ministre qui imposa la Loi Travail à coups de 49.3, Muriel Pénicaud, est lauréate du Prix politique, ex-aequo avec la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic (photo ci-contre, avec Macron à la finale de la Coupe du monde de football 2018). 

Chargée de mettre en musique une loi " d'urgence sociale " en réaction au mouvement des " gilets jaunes "la ministre du Travail ne retient qu'une facette du prisme : chez ces derniers, beaucoup sont simplement " des femmes seules qui se battent pour leurs enfants ". Elle est fière que cette mission de panser les plaies de la société ait été confiée " à deux femmes du gouvernement ", puisqu'elle va s'atteler à cette tâche avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. 

Dans la foulée, le Coup de cœur du jury est remis à la colonelle Karine Lejeune, en uniforme, qui fait applaudir ses collègues gendarmes, dont 21.000 femmes, " qui en ont bien besoin en ce moment ", sous l'œil de son grand chef, le général Richard Lizurey. Le 29 juin 2018, elle a pris la succession du colonel Jean-Marc Michelet à la tête du groupement de 700 gendarmes de l'Essonne depuis 2015, après avoir participé à la mise en place dans l'Essonne des premiers référents sur les violences conjugales. Ce soir, la France ne paraît pas si divisée. Peut-être grâce à " vous les femmes, qui nous désarment, la la la… "

Retour à l’ambassade de France à Santiago, 45 ans après le putsch

A l'initiative de Margarita Gutiérrez, présidente de l'Association d'amitié franco-chilienne, et de l'ambassadeur Roland Dubertrand, on participe avec émotion en la résidence de ce dernier à l'inauguration d'une plaque commémorative en hommage à son lointain prédécesseur, Pierre de Menthon, son épouse Françoise, et l'ensemble de son équipe. De septembre 1973 à juillet 1974, ils ont accueilli 600 réfugiés politiques dans les locaux diplomatiques français à Santiago, avant de les exfiltrer en France.
On partage ses souvenirs d'enfance un peu particuliers, quarante-cinq ans après, avec quelques dizaines de ces " asilados " revenus au pays, dont l'un des gardes du corps du président Salvador Allende, ou son ministre Jacques Chonchol, qui orchestra la réforme agraire. Les discours rappellent que si l'ambassade de France, à la différence d'autres chancelleries européennes, a eu cette attitude lors du coup d'Etat d'Augusto Pinochet, c'est bien en raison des consignes dictées alors par l'Elysée et le président Georges Pompidou: " S'inspirer des circonstances et faire tout le possible sur un plan humanitaire. "

Jean-Claude Meyer lance "une nouvelle société de pensée"

Avec au menu des pâtes à l'encre de seiche, premier dîner, à la bibliothèque de l'Arsenal, à Paris, d'une " nouvelle société de pensée " fondée par des patrons de grandes entreprises, Jean-Paul Agon (L'Oréal), Jean-Claude Meyer (Rothschild & Co et administrateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Christophe Ono-dit-Biot (Le Point, détenu par François-Henri Pinault, propriété de l'anciennement Pinault-Printemps-Redoute, PPR) et Carlo D'Asaro Biondo (Google Europe et ancien de Lagardère). 

Une soixantaine de convives, parmi lesquels Xavier Darcos, Yannick Bolloré, Arnaud de Puyfontaine ou Laurent Dassault, sont venus entendre l'universitaire Gilles Kepel, sur le thème de l'islam en France. Alors que Strasbourg pleure ses morts, l'intellectuel explique froidement que les djihadistes vont encore profiter du mouvement des " gilets jaunes " pour déstabiliser un peu plus la société française, qu'ils observent en permanence.
En juillet 2007, Agon assuma mener une politique d'embauche sur la consonance ethnique du prénom qu'il qualifie de "discrimination positive", indiquant : "lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d'origine étrangère, il a plus de chance d'être recruté que celui qui porte un prénom français de souche".
Quel est l'objectif de ce nouveau cercle très " France d'en haut " ? 
Jean-Claude Meyer affirme que le Club de l'Arsenal n'est pas un " énième think-tank " et veut être moins dans la réflexion que dans l'action et dans l'influence : " Fini le temps des rapports, place au lobbying des idées. "

La paire Jouyet-Macron

On doit à Jean-Pierre Jouyet l'entrée de Macron au gouvernement 
Le secrétaire général de l'Elysée n'a plus eu qu'à intimer l'ordre aux ministères d'adresser dorénavant les dossiers économiques à Macron dont il a été le chef à l'inspection des finances entre 2005 et 2007. C'est déjà lui qui avait suggéré son nom à Jacques Attali pour être rapporteur de sa commission sur la croissance. Et si Attali a fait les présentations avec François Hollande, c'est bien Jouyet qui a œuvré à leur rapprochement avant la primaire socialiste.Technos brillants, dotés d'un sens politique aigu, le "secgen" de l'Elysée et son poulain forment une redoutable machine d'influence, dont la ligne sociale-libérale est enfin assumée par l'exécutif. Arrivé à la tête de Bercy sans jamais avoir été élu, son profil de banquier lui vaut les quolibets d'une partie de la gauche, mais l'arriviste pourra compter sur son réseau, l'un des plus beaux de la République. "Emmanuel est un grand séducteur, confirme un proche. Il écoute beaucoup et vous donne toujours l'impression que vous êtes son meilleur ami, même si ce n'est pas le cas." Prendre le bras de son interlocuteur ou poser la main sur sa cuisse n'a aucun sens. 

Macron avait d'abord embobiné Manuel Valls, qui avait déjà proposé au président de le nommer au Budget lors du remaniement d'avril. Leurs lignes économiques sont proches et ils partageaient le même agacement pour Jean-Marc Ayrault. Macron s'entend alors aussi très bien avec Bernard Cazeneuve, passé du Budget à l'Intérieur, et avec Laurent Fabius, le patron du Quai d'Orsay, qu'il a connu en 2009 lors d'un voyage au Chili, au Forum du progressisme, pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès. En revanche, ses rapports avec le ministre des Finances Michel Sapin, autre fidèle de François Hollande, étaient hyper-tendues.

Mais c'est surtout dans les cabinets ministériels et de l'administration que le réseau Macron est le plus étendu et efficient. "Jeune inspecteur des finances, il multipliait déjà les petits déjeuners informels, nouait des contacts avec les cabinets de droite et les directeurs de Bercy", raconte un ex-collègue. A l'Inspection Générale des Finances (IGF°, il se lie d'amitié avec Pierre Heilbronn, un autre affidé de Jouyet, qui était directeur adjoint du cabinet de Michel Sapin aux Finances : le ver était dans la pomme. Plus récemment, durant la campagne de 2012, Macron s'est aussi rapproché de l'économiste de l'Insee Sandrine Duchêne, qui l'a ensuite suivi à l'Elysée avant de devenir directrice adjointe du Trésor.

Aux contacts noués à Bercy, il faut ajouter les petits camarades de la fameuse promo Sédar Senghor de l'ENA, dans laquelle Macron n'était pas un élève lambda. Avant le remaniement, ils n'étaient pas moins de treize dans les cabinets ministériels, dont cinq directeurs de cabinet. 
Le patron de Bercy est surtout proche des "académiciens", ce petit groupe de potes qui avaient l'habitude de s'encanailler à L'Académie de la bière, un bar de Strasbourg. Gaspard Gantzer est le plus connu d'entre eux depuis qu'il est devenu le conseiller communication de Hollande à l'Elysée, avant de le trahir pour Macron. Trois autres travaillent auprès d'Anne Hidalgo, dont Mathias Vicherat, son directeur de cabinet. Une connexion précieuse, la mairie de Paris étant devenue le principal vivier de recrutement des cabinets socialistes. Il y a enfin Aymeric Ducrocq, en charge de l'industrie à l'Agence des participations de l'Etat (chargée d'incarner l'actionnaire des établissements publics ou des entreprises détenues par l'Etat), dont Macron a désormais la tutelle. Les deux amis ont notamment travaillé ensemble sur le dossier Alstom.

Les économistes qui le portent aux nues

Résultat de recherche d'images pour "Macron las Vegas Penicaud"
Pénicaud et Macron au salon de l'électronique, 
à Las Vegas, le 7 janvier 2016
A l'extérieur de l'Etat, c'est surtout grâce à la commission Attali qu'il a pu développer ses réseaux auprès des patrons et des économistes, comme Philippe Aghion, fervent défenseur d'une politique de l'offre. En 2012, il signa l'appel des économistes en soutien du candidat François Hollande. 
Très important : Macron n’a pas choisi La Rotonde par hasard… Révélations de choc
Ensemble, ils ont monté le groupe dit de "La Rotonde", ultra-libéral, chargé d'alimenter le programme de Hollande, rassemblant des technos et les économistes Elie Cohen, Gilbert Cette et Jean Pisani-Ferry. En janvier 2017, celui-ci donna sa démission de 'France Stratégie' pour rejoindre l'équipe de campagne de Macron et inspirer sa réforme du droit du travail, pour finalement prendre ses distances sur la politique migratoire du gouvernement. Déjà, ils prônaient un véritable choc de compétitivité. Mais, à l'époque, Michel Sapin n'a pas retenu l'idée. Prudent, Macron n'a pas forcé le mouvement
Après les élections, trois rencontres avec Hollande suivront. Macron s'en sert pour faire passer des messages. En août 2013, Macron mobilise ces économistes pour encourager le président à la surtaxation des entreprises françaises et à vanter les mérites de la fiscalité suédoise. Pisani-Ferry a d'ailleurs été nommé, avec son appui, commissaire général à la Stratégie et à la Prospective, rattaché à Matignon. Et, lorsqu'il quitte l'Elysée, c'est à Aghion que Macron demande de lui trouver un point de chute dans l'enseignement, à Harvard et à la London School of Economics.
Autre économiste qui compte, Marc Ferracci, un ami de Sciences-Po et l'un de ses deux témoins de mariage (avec l'homme d'affaires Henry Hermand) : le retour d'ascenseur l'a conduit au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, comme conseiller spécial. Ce spécialiste du marché du travail a été convié à déjeuner à deux reprises à l'Elysée avec ses confrères Pierre Cahuc et Francis Kramarz, partisans d'une réforme drastique du paritarisme et des professions réglementées. Macron fréquente aussi régulièrement le père de Marc Ferracci, Pierre Ferracci, à la tête du groupe de conseil Alpha, très influent dans la sphère sociale, qui l'a mis en relation avec les principaux leaders syndicaux. Le père a construit en Corse sur un terrain non constructible, sans que la justice ne le tracasse outre mesure.
Les élus territoriaux n'intéressent pas Macron.

Macron doit beaucoup à un think-tank proche du patronat

Résultat de recherche d'images pour "INSTITUT mONTAIGNE"L'adresse postale légale d'En marche correspond à celle d'un des dirigeants de l'Institut Montaigneun cercle de réflexion réputé proche des grands patrons français avec l'objectif de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale.
En marche! est son bébé. "Ni de droite, ni de gauche", il n'est pourtant pas neutre et indépendant. En effet, comme l'a relevé Mediapart, des liens directs existent entre l'association du candidat-ministre de l'Economie et l'Institut Montaigne, groupe de pression.

Le site trotskiste souligne que, dans les mentions légales du site internet d'En marche, sous la mention "Directeur de publication", était inscrit Véronique Bolhuis. L'adresse postale, elle, est située dans une rue du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Or, Véronique Bolhuis est la compagne de Laurent Bigorgne, le directeur de l'Institut Montaigne. Et l'adresse correspond à celle de ce même dirigeant. 
Depuis juin 2018, Laurent Bigorgne est désormais membre du Comité action publique 2022, un groupe composé d'une trentaine de personnalités, chargé en octobre 2017 par le premier ministre Edouard Philippe de réfléchir à une réforme des missions de l'Etat.

L'Institut Montaigne est un club de réflexion créé en 2000 par l'homme d'affaires Claude Bébéar, président d'honneur d'Axa assurances. Ce think tank se définit comme "une plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques en France". Il est surtout connu pour appuyer des positions proches de celles du MEDEF.
Rien d'étonnant donc, selon Mediapart, à ce que Pierre Gattaz, le président du Medef, ait jugé "rafraîchissante" la création d'En marche !, sur France Inter.

dimanche 20 août 2017

Les ministres Darmanin et Lecornu ont-ils loué la villa d’un ancien trafiquant de drogue ?

Se disant diffamés par Mediapart, les ministres Lecornu et Darmanin portent plainte

Les deux ministres de Macron ont loué une villa sulfureuse dans la région ajaccienne, affirme Mediapart

Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"C’est celle de Gilbert Casanova, condamné pour trafic de drogue international, et ancien président de la Chambre de commerce de Corse du Sud : le ministre du Budget, Gérald Darmanin, et Sébastien Lecornu, le secrétaire d'Etat auprès du ministre chargé de la transition énergétique, Nicolas Hulot, auraient-ils des relations douteuses ? 

L'article paru ce mercredi précise que Darmanin, ex-député UMP du Nord, et Lecornu, ex-président UMP du Conseil départemental de l'Eure dont Bruno Le Maire fut un député, lequel l'employa comme conseiller aux "affaires réservées" au ministère de l'Agriculture, ont loué une prestigieuse villa de 180 m² louée 4.000 euros la semaine et appartenant à Christelle Godani, miss Corse 1993, la compagne de Gilbert Casanova,  condamné en 2005 et 2010 pour abus de biens sociaux et trafic de drogue.
Gilbert Casanova, lourdement sanctionné par la justice.
Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"Le 9 décembre 2010, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille : huit ans de prison ferme pour avoir été à la tête d’un trafic de cannabis à grande échelle entre le Maroc et la France.
Ancien militant nationaliste,
sa première condamnation remonte au 2 mars 2005. Trois ans de prison ferme pour abus de biens sociaux et banqueroute frauduleuse, qualifiés de "pillage en règle" par la cour d’Appel de Bastia.
Propriétaire d’une importante société de concession automobile,
il avait détourné 2,5 millions d’euros pour financer un train de vie somptueux.
Les ministres Darmanin et Lecornu ont décidé de porter plainte contre Mediapart

Résultat de recherche d'images pour "Gilbert Casanova drogue"
Selon une source syndicale policière proche du site trotskiste Mediapart, la préfecture de Corse du Sud alertée de cette connection, n'aurait pas déconseillé aux ministres de séjourner dans cette villa.

Sur France Info "Accusés de loger chez "un ex-trafiquant de drogue", les ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu portent plainte contre Mediapart".

Dans Libération, "Mis en cause par Mediapart sur leurs vacances en Corse, les
ministres Darmanin et Lecornu portent plainte."

Dans le Huffpost, "Vacances en Corse: Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu portent plainte contre Mediapart.
Les deux ministres se disent diffamés par cet article."

Sur Facebook, Gérald Darmanin a réagi

Mise au point : nous portons plainte pour diffamation suite à l’article de Médiapart.
Naïvement, nous avons pris une semaine de congés en Corse, Sébastien Lecornu et moi, pensant que quelques jours de repos nous seraient donnés pour nous échapper de l’actualité médiatique.
Puisque la transparence à l’extrême est de mise et même si cela est très désagréable, nous souhaitons ne pas laisser dire n’importe quoi sous prétexte que le 15 août, il n’y a pas beaucoup d’évènements pour nourrir l’actualité.
Nous sommes en vacances dans une maison louée avec des amis de l’Eure (autrement dit, nous n’avons été invités par personne) qui ont trouvé ce bien sur le site homeholidays.com comme le font des centaines de milliers de Français. Cette maison est louée à une dame que nous ne connaissons pas qui est propriétaire de plusieurs maisons sur la côte près d’Ajaccio.
Une journaliste de Mediapart nous a téléphoné (et nous lui avons répondu). Elle nous a demandé si nous passions bien nos vacances chez un certain M. Casanova, jadis condamné par la Justice. Cette journaliste nous a alors appris qui était M. Casanova et nous avons compris qu’il était l’ex-époux de la propriétaire du lieu de vacances où nous résidons.
Nous avons fourni à la journaliste le contrat de bail prouvant que ce Monsieur Casanova n’est pas le propriétaire de la maison que nous avons louée. Nous lui avons également fourni les très nombreux échanges de mails que nos cabinets ont eus avec la Préfecture qui, depuis plus de 3 semaines, sait où nous allons passer nos vacances et quel est le nom de la propriétaire qui n’a jamais eu aucun problème avec la Justice. La Préfecture n’a émis aucune réserve sur le lieu desdites vacances (nous invitons les journalistes qui liraient ce post à vérifier auprès de la Préfecture ces éléments).
Nous avons été accueillis à l’aéroport par la police de la République chargée de notre protection et nous prévenons chaque jour les services de police de notre programme. Ces derniers connaissent donc l’adresse et s’emploient à nous protéger comme ils le font pour l’ensemble des membres du Gouvernement.
Nous nous désolons d’avoir ainsi à détailler notre vie privée et nous avons respecté toutes les procédures inhérentes aux déplacements privés des membres du Gouvernement.
Nous trouvons particulièrement scandaleux la formulation du titre de cet article qui n’a manifestement d’autre objectif que de nuire et d’annoncer des choses formellement inexactes et ce d’autant plus que nous avons répondu à toutes les questions de la journaliste et que nous lui avons transmis tous les documents pour clarifier la situation.
Nous avons donc décidé d’attaquer en diffamation Médiapart.
Nous avons fait comme beaucoup de Français : louer entre amis notre lieu de vacances par internet. Et nous avons fait même plus : nous avons prévenu la Préfecture qui n’a rien trouvé à redire de notre lieu de villégiature. Que la propriétaire du site que nous louons soit l’ex épouse de quelqu’un condamné par la Justice : cela mérite un article ?
Tout cela est délirant.
En attendant la reprise, nous vous souhaitons d’excellentes vacances.
Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.
De son côté, une source policière exprime son incompréhension. 
"Dès le 21 juillet, nous avons allumé les warnings et alerté la préfecture de Corse-du-Sud. Comme personne ne réagissait, le directeur adjoint du cabinet du premier ministre, Thomas Fatome, a été prévenu par un appel privé, le 8 août. Mais visiblement, personne n’a déconseillé au ministre de séjourner à cet endroit… C’est incompréhensible !
Après l'affaire des villas d'un ami corse du président Macron Pierre Ferracci- construites en toute illégalité (lire PaSiDupes), une nouvelle polémique vient écorner encore l'image du nouvel exécutif.

dimanche 30 juillet 2017

Les villas corses d'un proche de Macron construites illégalement

L'ami du chef de l'Etat se défend de tout favoritisme

Deux villas corses du président du Paris FC et ami d'Emmanuel Macron échappent à la démolition
 

Résultat de recherche d'images pour "tour de sponsaglia"
La justice a condamné Pierre Ferracci à payer une amende, mais sans ordonner la démolition de ses deux propriétés construites sur un site protégé de la baie de Rondinara, près de Bonifacio (Corse-du-Sud): l'homme d'affaires peut payer le million d'euros et conserver ses villas


Des associations de protection de l'environnement se sont donc élevées jeudi contre cette décision de la Cour d'Appel de Bastia.
"C'est un endroit totalement vierge, en plein espace remarquable, qui a une des plus fortes protections. Le terrain est maintenant ravagé", a regretté Lisandru Plasenzotti, membre de l'association de protection de l'environnement (née en 1986 pour la défense d'un site classé dans la région de Corte, elle fonctionne comme un contre-pouvoir, sans subventions), U Levante, partie civile, avec l' "Association bonifacienne comprendre et défendre l'environnement" (ABCDE), à l'origine de l'appel dans ce dossier.  Aux défenseurs du littoral corse, l'homme d'affaires oppose la légalité du permis de construire initial.
"Le 8 février 2016, en première instance, la chambre correctionnelle du TGI d'Ajaccio avait déclaré la SCI Tour de Sponsaglia, représentée par Pierre Ferracci, coupable d'avoir construit, entre 2010 et 2013, deux villas non autorisées par un permis de construire et l'avait condamné à un million d'euros d'amende, mais pas à la démolition des bâtiments", rappelle l'association U Levante dans un communiqué. 
Tour de Sponsaglia est une SCI (société civile immobilière) en activité depuis 26 ans. Située à Bonifacio (20169), elle est spécialisée dans le secteur d'activité de la location de terrains et d'autres biens immobiliers et gérée, sans aucun salarié, par Pierre Ferracci.

Mercredi, la Cour d'Appel de Bastia a rendu une décision confirmant le jugement du TGI d'Ajaccio.  Ces deux villas construites en plein maquis - pour le père et le fils - dans la commune de Bonifacio, appartiennent à l'homme d'affaires Pierre Ferracci, membre d'une famille implantée depuis longtemps dans la région. Il est par ailleurs le père de Marc Ferracci, un ami proche du président Emmanuel Macron, dont il partage l’intimité depuis plus de quinze ans.

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C’est fin 1999 que Marc Ferracci rencontre pour la première fois Emmanuel Macron, tout juste âgé de 22 ans. Les deux hommes préparent le concours d’entrée à l’ENA et décident de bachoter ensemble. "On a commencé à travailler ensemble à Sciences Po et on ne s’est plus jamais perdus de vue", explique celui qui vient alors de sortir diplômé de HEC, où il a rencontré sa future femme. Leurs révisions auront un succès mitigé : Emmanuel Macron devra s’y prendre à deux fois avant d’intégrer l’ENA et Marc Ferracci n’y parviendra pas, à chaque fois recalé à l’oral. Emmanuel Macron a été son témoin de mariage et Marc Ferracci a été le sien à son mariage avec Brigitte Trogneux.
"Marc et Sophie Ferracci, le couple stratégique de la campagne d’Emmanuel Macron" (Le Monde)Dans ce 'power couple', Marc Ferracci, 39 ans, est professeur en sciences économiques à l'université Panthéon-Assas, conseiller scientifique à France Stratégie (institution rattachée au premier ministre) et enseigne à Sciences-po Paris. Marc Ferracci est engagé politiquement au côté d'Emmanuel Macron, dont il est proche depuis qu'ils ont mené leurs études ensemble : il est notamment son conseiller économique durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2017. Il est conseiller spécial de la ministre du Travail du gouvernement Philippe, Muriel Pénicaud, également en délicatesse avec la justice.
Avocate, sa femme Sophie fut directrice de cabinet de Macron au ministère de l'Économie, puis chef de cabinet d'Emmanuel Macron durant sa campagne pour l'élection présidentielle française de 2017. Depuis le 19 mai 2017, elle est chef de cabinet d'Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé.
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"Pierre Ferracci n'est pas en effet n'importe qui. Fils d'Albert Ferracci, figure de la Résistance et responsable du parti communiste et d'une mère syndicaliste enseignante, il préside la société de conseils Alfa et le Paris Football Club", rappelle France Bleu Corse Frequenza Mora. 
"L'amende d'un million d'euros est certes élevée mais elle reste futile pour ce genre de personnes. Cette affaire est gravissime, car elle crée une jurisprudence qui peut ouvrir la porte à n'importe quoi pour des gens avec de l'argent", regrette Lisandru Plasenzotti. 
"Si une famille puissante (financièrement et relationnellement) se permet de construire, sans permis, dans un lieu protégé, vierge, (...) et n'est condamnée qu'à une amende (faible comparée à la valeur estimée des deux villas), sans obligation de détruire, la porte s'ouvre à une bétonisation illimitée de lieux, pour l'instant indemnes, par des personnes fortunées qui se moqueront d'avoir à payer une amende", renchérit l'association dans son communiqué. 
"Aucune amende ne peut compenser la flétrissure et seule la démolition et la remise en état pouvaient effacer la souillure", conclut-elle.