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lundi 24 mars 2014

Bygmalion: le communicant controversé Bastien Millot élu conseiller municipal dans l'Aisne

Prime aux affaires: les électeurs aiment le soufre

Mis en cause par Le Point sur des contrats passés par son entreprise 
avec l'UMP et le ministère de l'Éducation nationale

Bastien Millot a été élu, dimanche, conseiller municipal à Séry-les-Mézières (Aisne), petit village de 637 habitants situé sur les bords de la rivière Oise, à dix minutes de Saint-Quentin.
Le co-fondateur de Bygmalion  était candidat sur une liste unique... Bastien Millot est le deuxième colistier le plus mal élu de la liste, avec 223 voix.
Âgé de 41 ans, le communicant, qui souhaite désormais devenir avocat, a publié un billet sur son profil Facebook dans lequel il se dit, "très ému de la confiance des électeurs (...) qui ont élu l'ensemble de notre liste dès le 1er tour et m'ont accordé près de 80% des suffrages". La commune comptant moins d'un millier d'habitants, les électeurs pouvaient rayer ou ajouter des noms. Il y a récemment acquis le moulin de Sénercy, une résidence de caractère qu’il entend transformer dans quelques mois en gîte de luxe.

Bastien Millot  n'en est pas à un coup d'essai

En 2001, il avait été élu premier-adjoint de Beauvais (Oise, 54.000 habitants). Mais la maire UMP Caroline Cayeux avait mis fin à ses fonctions en 2004 après une condamnation pour détournement de fonds publics, complicité de faux et usage de faux.
C'est maintenant Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale, qui confirme au Point.fr qu'une plainte a été déposée la semaine dernière pour récupérer un impayé. L'ardoise porte sur plus d'un million d'euros.

jeudi 13 mars 2014

Nouvel Obs: l'affaire des écoutes sur Sarkozy ne seraient que des erreurs de com'

Une affaire d'Etat réduite à 3 erreurs de com' qui pourtant "pourraient faire basculer le gouvernement Ayrault"

Le Nouvel Obs sort u
n communicant sur-mesures
La presse gouvernementale sent
plus fort que jamais
Affaire Sarkozy? Cette nouvelle affaire que la presse gouvernementale essaie de faire supporter par l'ancien président est une affaire Taubira, pour dire la vérité. C'est même l'affaire Taubira-Valls. Mieux une affaire d'Etat qui implique le Premier ministre, et bientôt le chef de l'Etat qui se tient à distance de peur des salissures. Eclaboussé par Sarkozy? Ou par ceux qu'il a nommé pour faire mieux que les prédécéceurs?... Il est d'abord sémantiquement tordu et malveillant de parler d'écoutes de Sarkozy quand il ne s'agit même pas d'écoutes de Taubira sur Sarkozy, puisque la menteuse nie, avec le soutien de Ayrault.

Le Nouvel Obs trompe certes le lecteur en titre, mais pose-t-il mieux le problème après l'avoir appâté?
"En enchaînant les contradictions [on peut toutefois y voir une accumulation de mensonges] dans l'affaire des "écoutes de Nicolas Sarkozy", les trois personnages-clés du gouvernement que sont Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira et Manuel Valls se sont créés des problèmes, là où il n'y en avait pas." [Il fallait l'oser, c'est fait! Mais pourquoi un "décrypteur, quand on a un Hamon sous le coude, voire des Le Roux ou un Désir, à la botte? 
Bon, voilà qui est clairement posé et présage de nouveaux mensonges par un expert en manipulation. 
Et qui s'interroge! "En quoi ces erreurs discursives peuvent-elles plomber sérieusement le pouvoir ?" [Nous demandons pourquoi appeler "erreurs" ce que est une série de "fautes"?] Décryptage [qui s'annonce sérieux?] de Philippe Moreau Chevrolet, communicant. 

Choix de photo anodin,
qui suggère 
perplexité ou embarras...
Mais avant de plonger dans l'exercice de style de Chevrolet, notons toutefois que la photo choisie aurait pu être celle de Taubira ou Valls ou des deux, puisqu'ils s'adorent et se rejoignent dans la méthode et la transparence. Eh bien, non! C'est encore la victime qui est ciblée en grand format. Aucune des photos des intrigants ne parsème d'ailleurs le "décryptage" dont on s'attend donc qu'il soit pour le moins tendancieux. C'est dire que l'entreprise du manipulateur s'annonce périlleuse.

L’affaire Sarkozy doit-elle entraîner la démission de Christiane Taubira voire la chute du gouvernement ?
[Le communicant se fait les questions et les réponses, créant un effet trompeur d'entretien] Le simple fait qu’on puisse se poser la question montre bien le désastre qu’est devenue la communication gouvernementale, quand le Premier ministre en arrive a démentir sa garde des Sceaux en prime-time, à la veille d’un cycle électoral à hauts risques, à une époque où la défiance des électeurs n’a jamais été aussi importante.

De quoi s’agit-il ? [s'interroge le communicant, devant son miroir]
Un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est mis sur écoute dans une affaire de trafic d’influence. [Tournure à la voix active qui continue à placer Sarkozy en acteur des turpitudes gouvernementales... Et sur un autre sujet, mais en tout bien, tout "honneur", sans amalgame aucun avec une affaire fabriquée qui n'a pas justifié de mise en examen] On écoute ses conversations avec son avocat, maître Thierry Herzog.[Ce "on" ménage une nouvelle fois le pouvoir]

Taubira, Ayrault, Valls, le billard à trois bandes

[Le communicant ne s'interroge plus, il affirme] L’UMP réagit aussitôt en dénonçant une affaire d'"espionnage politique". [L'UMP surgit dans le décryptage comme l'agresseur bondissant de l'ombre, pour "dénoncer" !] Et au lieu de continuer à parler de Nicolas Sarkozy, toujours de Nicolas Sarkozy, rien que de Nicolas Sarkozy... [honorable suggestion!!], le gouvernement tombe dans le panneau. [Soudaine inversion des rôles et des responsabilités: il n'y a qu'un socialiste pour ce genre d'agilité!] [Non seulement le communicant confirme que la méthode sémantique suivie est abandonnée, mais il suggère aussi une stratégie maligne de l'opposition tout en niant l'évidence d'un mouvement de panique générale dans l'exécutif [plus tôt dans le mois, un polémiste socialiste argumentait en ces termes contre Copé]: ce n'est plus de l'agilité, mais du haut vol].

Il [le gouvernement victimisé] rentre [ou "entre", en français, à moins qu'il n'y retourne] dans le cadrage imposé par l’UMP [ainsi, le premier parti d'opposition serait-il en capacité d'imposer sa tactique à une majorité disposant de tous les pouvoirs: ils sont forts, à l'UMP !]: celui d’une affaire politique téléguidée par l’Élysée, avec la complicité du gouvernement, pour barrer la route de l’élection présidentielle de 2017 à Nicolas Sarkozy. Autrement dit, le gouvernement se retrouve sur la défensive. [Ne faut-il pas que la réalité de la manigance élyséenne soit à ce point prête à éclater pour que Le Nouvel Observateur s'en émeuve et dépêche son démineur de la communication !]

Il ne s’agit plus d’un simple "couac" [ni d'un "malentendu", quoi qu'en dise Pruneau Le Roux, jugulaire-jugulaire, à JJ Bourdin, ce matin]. 
Pour se défendre [ainsi serait-il donc sur la défensive?], le gouvernement déploie des moyens "hollywoodiens". [la Guerre des étoiles?] La ministre de la Justice, Christiane Taubira, choisit le 20 heures de TF1 pour affirmer qu’elle n’était pas au courant des écoutes de Nicolas Sarkozy. Elle est démentie le lendemain, au 20 heures de France 2, par le Premier ministre en personne, Jean-Marc Ayrault, qui est lui-même contredit le surlendemain par Manuel Valls sur RTL. Manuel Valls, qui prétend de son côté n'avoir entendu parler des écoutes de Nicolas Sarkozy qu’a [à] la lecture du journal "Le Monde".

Le triple problème du gouvernement 

1. D'abord, ce cafouillage des ministres sur un scandale en cours rappelle fortement l’affaire Cahuzac. [Certes mais, à y bien regarder, si on est décrypteur de talent, le scandale est provoqué par un quarteron de ministres et non pas par leur cible...] 
Il vient "confirmer" aux yeux de l’opinion que soit les ministres font preuve d’un très grand amateurisme – ils ne sont pas au courant qu'un ancien président de la République vient d'être mis sur écoute – [ils ont tant de vertu, et de mépris, qu'ils ne se soucieraient pas plus de Sarkozy que d'une guigne!], soit ils mentent ou du moins ne disent pas toute la vérité. [Notre Chevy a de la reprise...]

2. Ensuite, on l'a vu [suffit-il de mentionner pour donner à voir?], le gouvernement perd la main sur une affaire où il avait tout à gagner. [Ce qui reste à démontrer, puisque la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, n'avait rien "à y gagner" et aurait pu au contraire y laisser ses dernières plumes, au seul motif qu'elle partage avec Copé une même amitié pour le douteux Bastien Millot].  Il lui suffisait de surfer sur les séquelles de l'affaire Copé [estime le conseiller qui ne s'avère pas le meilleur payeur]. Une affaire qui laisse des traces [à sens unique, si on est assez téméraire pour tenter de suivre le biais d'un "raisonnement" de décrypteur, communicant de surcroît], puisque les cotes de popularités ["popularité"?] de Copé et Sarkozy semblent partis à la baisse dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match. [sondage effectué les 7 et 8 mars, avant l'étalage des mensonges du gang des écoutes, faut-il le rappeler?] L'individualisme ministériel semble être devenu la règle.[Ce qui est bien peu de chose au regard de l'ampleur des violations du secret professionnel et des libertés publiques des citoyens ordinaires...]

3. Enfin, le Premier ministre et le gouvernement tout entier sortent encore plus affaiblis de cette affaire. À tel point qu'on se demande jusqu'à quand ils vont pouvoir tenir. [Inquiet, le communicant?]

François Hollande, comme un boomerang

Des rumeurs de remaniement courent dans tout Paris [et déjà plus au-delà du périph]. [Ce qui, quand les libertés individuelles sont menacées, s'appelle un détournement de l'attention, un "enfumage" sorti de la panoplie gouvernementale d'éléments de langage abandonnée par Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole fragile suppléée par ce bourin de Le Roux] Elles font les gros titres des journaux. [Avant le remaniement éventuel, les municipales peut-être? Et surtout le chômage, non, Phiphi?] Certaines formations comme Europe Ecologie-Les Verts font même déjà monter les enchères. [Taubira est d'ailleurs allée se changer les esprits à Montreuil et tenter de leur prendre la mairie, mais Razzie Hammadi (PS parachuté) n'était pas, dit-on, ravi de la voir polluer son meeting! Et voici que les ministres eux-mêmes, et le premier d'entre eux, se font hara-kiri en prime-time. [CriCri n'est pas seulement une indépendantiste guyanaise honteuse, c'est aussi une tombeuse de ministres].

Certains en appellent donc, naturellement, à l’arbitrage de François Hollande. [Certains ont pour profession de crier dans le désert, tandis que d'autres, pour avoir trop donné, tel Nono Mamère, sont en rupture de stock de bave] Un président de la République qui reçoit en boomerang une affaire qui aurait dû théoriquement couler son adversaire. [Si Hollande est un accidenté de la vie, la République est sous assistance respiratoire et Sarkozy est frétillant !]

Marine Le Pen a de quoi se réjouir [Elle n'en attendait pas moins du PS]

Le grand gagnant de toute cette séquence est, bien sûr, le Front national. [Faut-il s'en étonner, puisque depuis François Mitterrand, le PS instrumentalise le FN pour nuire à l'UMP?] Une très grand faiblesse à gauche, conjuguée à une très grande faiblesse à droite aboutit à une situation de fragilité démocratique sans précédent dans l’histoire de la Ve République. [Sauf le PS, point de salut ?] 

Elle finit par poser la question du rapport des élites aux peuples. A-t-ont ["on"?] perdu à ce point le sens commun [et accessoirement de l'orthographe?], pour ne pas comprendre qu’en pleine crise économique, ces querelles pourraient avoir des conséquences beaucoup plus graves que l’avenir personnel de telle ou telle figure de la majorité ou de l’opposition...? 

Qui dans ce pays, à part Marine le Pen, pense à conserver un rapport au peuple ? Qui dans ce pays pense encore à aller parler aux électeurs de ce qui les concernent ? La fiscalité, l'emploi, la sécurité... Tous les thèmes qui montent dans la campagne en cours. 

La réponse se trouvera dans les urnes les 23 et 30 mars prochains, lors des élections municipales, ainsi que le 25 mai lors des prochaines élections européennes. À moins qu’elle ne se manifeste dans la rue. Avec des conséquences potentiellement graves. Car contrairement aux Français de Mai-68, les Français de 2014 ne s’ennuient pas. Ils n'ennuient pas, non. Ils sont en colère.  Ce "vent de révolte" que sentait monter Ségolène Royal en février 2008 pourrait-il balayer Hollande? 
La Cassandre du Nouvel Obs n'est visiblement pas Jean-Paul II qui exortait à la vertu d'espérance en 1978  à Hollande, le communicant retire même la confiance.

Le Nouvel Obs continue à émettre des effluves de sanisettes...  

mercredi 2 octobre 2013

François Hollande, de plus en plus irascible

Réputé "bonhomme", Hollande perd son sourire niais. 

Les difficultés s'accumulant, il maîtrise de moins en moins ses nerfs 

Longtemps, François Hollande a cru que le temps travaillerait pour lui.
Confiant en sa bonne étoile, optimiste par nature, il laissait les ennuis glisser sur lui, là où d'autres en font des migraines. 

Depuis un an et demi, avec l'accumulation des dossiers, de la fatigue, de son amateurisme et des ratés, il est gagné par une exaspération qui s'extériorise de plus en plus souvent. Aux petites blagues ont succédé les propos foudroyants lâchés à huis clos. 

François Hollande, "mini-absorbant" et "maxi-énervé"


Ce 18 septembre est révélateur, au petit matin. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, déclare, dans un entretien du 17 septembre à Metronews, que 2014 sera une année de "ralentissement pour aller à une pause fiscale [...] effective en 2015". Or, le président de la République a promis cette fameuse "pause fiscale" dès 2014. "En 2014, nous aurions pu poursuivre dans cette trajectoire d'augmenter les impôts. Qu'est-ce que j'ai décidé ? De faire d'abord des économies", a prétendu François au JT de 20h de TF1, dimanche 15 septembre
Bobard aux Français plutôt que couac, c'est ce que révèle la mise au point du Chef du gouvernementAu début, le chef de l'Etat prend sur lui. Il préside le Conseil des ministres à 10 heures, comme si de rien n'était, mais l'image de placidité se craquelle bientôt.
Lien L'Expansion: "Bernard Cazeneuve promet la pause fiscale pour 2015" (ministre du Budget)

Alors qu'un séminaire sur l'industrie numérique est programmé à 11h30 et qu'une poignée de ministres reste donc mobilisée, la réunion ne peut pas commencer:
manquent François Hollande et Jean-Marc Ayrault, dix minutes, vingt minutes, trente... 


Une tension artérielle excessive
Quand la réunion peut enfin commencer, le président affiche une mine grincheuse. Il s'assoit et feuillette le résumé, rédigé par le gouvernement et des diplomates de l'Elysée, de la position française dans les négociations européennes sur l'avenir du numérique.
"Je ne comprends rien à la première partie, râle-t-il d'abord. Vous ne pouvez pas me rédiger quelque chose qui ne soit pas de la bouillie?" Il poursuit, sèchement: "On doit arriver au Conseil européen avec des objectifs clairs et précis, là, c'est technocratique, c'est du jargon. Que veut-on obtenir?" 
Un coup de sang qui en annonce un autre. "Il avait la tête ailleurs", note un participant. "Il était maxi-énervé", ajoute un autre. En face de lui, Jean-Marc Ayrault se fait tout petit. "Mais si, monsieur le président, c'est bien détaillé...", tente-t-il en vain. 

La presse a construit du Normand une image publique de bonhomie qui contraste avec la dureté réelle dont ses proches ont fait l'expérience. 

Ministres accablés,
lors de la conférence de presse
de Hollande d'avril 2013

A la grosse artillerie, il préfère le petit plomb. Avec lui, les chaises ne volaient pas encore: il n'était pas connu comme un Philippe Séguin. Pas de propos grossiers ni d'emportements, mais des vacheries: rappelez-vous lorsqu'il s'était défendu d'avoir traité son rival Sarkozy de "sale mec."
L’expression avait provoqué une sombre polémique dans la classe politique, après la parution d’un article dans Le Parisien sur "le nouvel appétit de Hollande". On pouvait y lire : "Pour Hollande, il n’y a pas de mystère : c’est bien le chef de l’Etat, ‘un président en échec’, ‘un sale mec’, qui se cache derrière les formules de l’UMP". Mais l'AFP avait déclaré les propos sortis de leur contexte et Le Parisien avait même dû se renier. Après coup, Alexandre Kara avait en effet assuré que le candidat Hollande n'avait fait qu'imaginer l'auto-critique qu'aurait dû prononcer le président sortant!... Le cafouillage médiatique aurait pu mettre les Français en garde contre la nature profonde du socialiste trop mou pour être vrai.
VOIR et ENTENDRE la première partie d’un entretien que Gérard Colé a accordé à L'Express en avril 2013. Une conversation libre, où cet expert en communication politique et en développement commercial, ancien conseiller de François Mitterrand, officiellement à l'Elysée en 1984, parle de son métier, où il juge sévèrement les "communicants " en général, et la communication de François Hollande en particulier:

Les colères froides et rentrées, les pires qui soient


Quand elles s'extériorisent, le couperet est tranchant 
Comme, par exemple, au moment de la réforme des retraites, lorsqu'il découvre  des fuites dans la presse.
Les journaux révèlent des informations confidentielles et François Hollande fulmine. 

Hollande installe un régime de la méfiance
 et du secret 
Il décide donc de dissimuler en prenant un maximum de précautions dans l'organisation de la dernière réunion d'arbitrage à l'Elysée. Le 23 août arrivent au palais Jean-Marc Ayrault, les ministres de l'Economie Pierre Moscovici, des Affaires sociales Marisol Touraine, de l'Emploi Michel Sapin et des Relations avec le Parlement Alain Vidalies. Tous ont reçu la même consigne, à valeur de sommation: "Venez sans vos conseillers." 
"C'est insupportable, ces fuites, sermonne bientôt le président. Il faut maîtriser la communication." Moment crucial: la décision est définitivement prise de ne pas augmenter la CSG. Les pensions seront financées par les cotisations. "Qui informe-t-on dans notre entourage?" demande le Premier ministre. Hollande, lapidaire: "Personne." "On peut quand même en parler aux collaborateurs de ton cabinet s'ils nous appellent pour avoir des infos?" rebondit Pierre Moscovici. Le chef de l'Etat fronce les sourcils: "Non, les ministres, c'est vous. Pas eux. Ils n'ont pas à être informés." 

Hollande pratique l
a répression dans les enceintes diplomatiques.

Lorsqu'il fut invité au  sommet des chefs d'Etat des Balkans, le 25 juillet 2013, Hollande rencontra les huit dirigeants des pays de la région et eut un tête-à-tête avec Bujar Nishani, président de l'Albanie musulmane (2,5 millions de musulmans pour une population totale de 3,1 millions), candidate à l'entrée dans l'Union européenne. Les deux hommes s'isolèrent dans un salon, à l'abri des regards et des oreilles, et leur échange s'éternisa. A l'extérieur, on s'impatientait car c'était l'heure de la séance plénière avec tous les intervenants. Le chef d'Etat slovène, Borut Pahor, se permit alors d'ouvrir la porte pour presser les retardataires,mais François Hollande se retourna alors et  fusilla son hôte du regard.


TER>Un président cyclothymique: tantôt cajolant, tantôt abrupt


Avec ses collaborateurs, le président ne fait pas dans le détail. 
Dans le secret de l'Elysée, il peut les balafrer d'un "Vous ne m'apportez pas de conseils", "Vous ne servez à rien", "Tu as peut-être raison, mais c'est moi qui décide". A la différence des élus, ses pairs, les conseillers ne sont que du petit personnel qui, aux yeux du président socialiste, ne bénéficient pas de l'aura du suffrage universel. Du coup, leur traitement est plus rugueux. Il est arrivé, lors d'un déplacement européen, que François Hollande s'empare lui-même de la liste des passagers pour barrer des noms, notamment ceux de certains conseillers qui partagent son wagon  Falcon - le chef de l'Etat préférant faire monter avec lui une poignée de journalistes choisis...

Au printemps et en présence d'une dizaine d'invités d'outre-mer, il s'en est déjà pris à un membre de sa cellule de communication, qui n'a pas prévenu les photographes de la tenue de cette réception: "J'ai le seul conseiller de presse qui interdit aux journalistes de couvrir les événements auxquels je participe", gronda-t-il.

Une année de pouvoir sans partage a rendu Hollande exigeant et tatillon. 

Il attend beaucoup de son entourage, sans pour autant lui dire précisément dans quelle direction aller, incapable de fixer une ligne, sa stratégie personnelle louvoyant au gré des événements et des pressions. Plus que tout, il déteste se sentir enfermé dans un carcan, entravé dans ses revirements par des contraintes extérieures. Au moins conserve-t-il le droit et la liberté d'accabler ses collaborateurs, selon l'un de  ses proches. Ainsi, sur le pédalo élyséen, le cabinet se sent-il ballotté du flotteur de babord à celui de tribord, jusqu'à la nausée. 

Lorsque le 3 avril, le président enregistra son allocution télévisée juste avant de s'envoler pour un voyage officiel au Maroc, on avait branché à la va-vite les projecteurs et installé les caméras au rez-de-chaussée du palais et sa déclaration était prête: l'affaire Cahuzac, après les aveux de l'ex-ministre du Budget, menace le quinquennat tout entier. "C'est une faute, une faute impardonnable" ; "Il faut lutter de manière impitoyable contre le mélange des intérêts publics et privés", avait-il lancé.

De nombreux collaborateurs avaient alors quitté leurs bureaux pour s'abreuver de ce discours. L'orateur tenta bien de se concentrer, mais n'y parvint pas: trop de monde autour de lui l'empêchait de se concentrer.
"Sortez tous", leur ordonna-t-il, hors de lui. Il ne resta bientôt plus que trois personnes: le cameraman, le chargé du prompteur et l'un de ses conseillers presse. Qui ne tardèrent pas à prendre la foudre: "Toi aussi, tu sors", lui intima Hollande. Le chef de l'Etat s'exprimera finalement devant deux techniciens, auxquels il donnera lui-même le top départ pour l'enregistrement. On n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Difficile donc de servir la République: le président est incertain, mais cassant.