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jeudi 13 mars 2014

Nouvel Obs: l'affaire des écoutes sur Sarkozy ne seraient que des erreurs de com'

Une affaire d'Etat réduite à 3 erreurs de com' qui pourtant "pourraient faire basculer le gouvernement Ayrault"

Le Nouvel Obs sort u
n communicant sur-mesures
La presse gouvernementale sent
plus fort que jamais
Affaire Sarkozy? Cette nouvelle affaire que la presse gouvernementale essaie de faire supporter par l'ancien président est une affaire Taubira, pour dire la vérité. C'est même l'affaire Taubira-Valls. Mieux une affaire d'Etat qui implique le Premier ministre, et bientôt le chef de l'Etat qui se tient à distance de peur des salissures. Eclaboussé par Sarkozy? Ou par ceux qu'il a nommé pour faire mieux que les prédécéceurs?... Il est d'abord sémantiquement tordu et malveillant de parler d'écoutes de Sarkozy quand il ne s'agit même pas d'écoutes de Taubira sur Sarkozy, puisque la menteuse nie, avec le soutien de Ayrault.

Le Nouvel Obs trompe certes le lecteur en titre, mais pose-t-il mieux le problème après l'avoir appâté?
"En enchaînant les contradictions [on peut toutefois y voir une accumulation de mensonges] dans l'affaire des "écoutes de Nicolas Sarkozy", les trois personnages-clés du gouvernement que sont Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira et Manuel Valls se sont créés des problèmes, là où il n'y en avait pas." [Il fallait l'oser, c'est fait! Mais pourquoi un "décrypteur, quand on a un Hamon sous le coude, voire des Le Roux ou un Désir, à la botte? 
Bon, voilà qui est clairement posé et présage de nouveaux mensonges par un expert en manipulation. 
Et qui s'interroge! "En quoi ces erreurs discursives peuvent-elles plomber sérieusement le pouvoir ?" [Nous demandons pourquoi appeler "erreurs" ce que est une série de "fautes"?] Décryptage [qui s'annonce sérieux?] de Philippe Moreau Chevrolet, communicant. 

Choix de photo anodin,
qui suggère 
perplexité ou embarras...
Mais avant de plonger dans l'exercice de style de Chevrolet, notons toutefois que la photo choisie aurait pu être celle de Taubira ou Valls ou des deux, puisqu'ils s'adorent et se rejoignent dans la méthode et la transparence. Eh bien, non! C'est encore la victime qui est ciblée en grand format. Aucune des photos des intrigants ne parsème d'ailleurs le "décryptage" dont on s'attend donc qu'il soit pour le moins tendancieux. C'est dire que l'entreprise du manipulateur s'annonce périlleuse.

L’affaire Sarkozy doit-elle entraîner la démission de Christiane Taubira voire la chute du gouvernement ?
[Le communicant se fait les questions et les réponses, créant un effet trompeur d'entretien] Le simple fait qu’on puisse se poser la question montre bien le désastre qu’est devenue la communication gouvernementale, quand le Premier ministre en arrive a démentir sa garde des Sceaux en prime-time, à la veille d’un cycle électoral à hauts risques, à une époque où la défiance des électeurs n’a jamais été aussi importante.

De quoi s’agit-il ? [s'interroge le communicant, devant son miroir]
Un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est mis sur écoute dans une affaire de trafic d’influence. [Tournure à la voix active qui continue à placer Sarkozy en acteur des turpitudes gouvernementales... Et sur un autre sujet, mais en tout bien, tout "honneur", sans amalgame aucun avec une affaire fabriquée qui n'a pas justifié de mise en examen] On écoute ses conversations avec son avocat, maître Thierry Herzog.[Ce "on" ménage une nouvelle fois le pouvoir]

Taubira, Ayrault, Valls, le billard à trois bandes

[Le communicant ne s'interroge plus, il affirme] L’UMP réagit aussitôt en dénonçant une affaire d'"espionnage politique". [L'UMP surgit dans le décryptage comme l'agresseur bondissant de l'ombre, pour "dénoncer" !] Et au lieu de continuer à parler de Nicolas Sarkozy, toujours de Nicolas Sarkozy, rien que de Nicolas Sarkozy... [honorable suggestion!!], le gouvernement tombe dans le panneau. [Soudaine inversion des rôles et des responsabilités: il n'y a qu'un socialiste pour ce genre d'agilité!] [Non seulement le communicant confirme que la méthode sémantique suivie est abandonnée, mais il suggère aussi une stratégie maligne de l'opposition tout en niant l'évidence d'un mouvement de panique générale dans l'exécutif [plus tôt dans le mois, un polémiste socialiste argumentait en ces termes contre Copé]: ce n'est plus de l'agilité, mais du haut vol].

Il [le gouvernement victimisé] rentre [ou "entre", en français, à moins qu'il n'y retourne] dans le cadrage imposé par l’UMP [ainsi, le premier parti d'opposition serait-il en capacité d'imposer sa tactique à une majorité disposant de tous les pouvoirs: ils sont forts, à l'UMP !]: celui d’une affaire politique téléguidée par l’Élysée, avec la complicité du gouvernement, pour barrer la route de l’élection présidentielle de 2017 à Nicolas Sarkozy. Autrement dit, le gouvernement se retrouve sur la défensive. [Ne faut-il pas que la réalité de la manigance élyséenne soit à ce point prête à éclater pour que Le Nouvel Observateur s'en émeuve et dépêche son démineur de la communication !]

Il ne s’agit plus d’un simple "couac" [ni d'un "malentendu", quoi qu'en dise Pruneau Le Roux, jugulaire-jugulaire, à JJ Bourdin, ce matin]. 
Pour se défendre [ainsi serait-il donc sur la défensive?], le gouvernement déploie des moyens "hollywoodiens". [la Guerre des étoiles?] La ministre de la Justice, Christiane Taubira, choisit le 20 heures de TF1 pour affirmer qu’elle n’était pas au courant des écoutes de Nicolas Sarkozy. Elle est démentie le lendemain, au 20 heures de France 2, par le Premier ministre en personne, Jean-Marc Ayrault, qui est lui-même contredit le surlendemain par Manuel Valls sur RTL. Manuel Valls, qui prétend de son côté n'avoir entendu parler des écoutes de Nicolas Sarkozy qu’a [à] la lecture du journal "Le Monde".

Le triple problème du gouvernement 

1. D'abord, ce cafouillage des ministres sur un scandale en cours rappelle fortement l’affaire Cahuzac. [Certes mais, à y bien regarder, si on est décrypteur de talent, le scandale est provoqué par un quarteron de ministres et non pas par leur cible...] 
Il vient "confirmer" aux yeux de l’opinion que soit les ministres font preuve d’un très grand amateurisme – ils ne sont pas au courant qu'un ancien président de la République vient d'être mis sur écoute – [ils ont tant de vertu, et de mépris, qu'ils ne se soucieraient pas plus de Sarkozy que d'une guigne!], soit ils mentent ou du moins ne disent pas toute la vérité. [Notre Chevy a de la reprise...]

2. Ensuite, on l'a vu [suffit-il de mentionner pour donner à voir?], le gouvernement perd la main sur une affaire où il avait tout à gagner. [Ce qui reste à démontrer, puisque la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, n'avait rien "à y gagner" et aurait pu au contraire y laisser ses dernières plumes, au seul motif qu'elle partage avec Copé une même amitié pour le douteux Bastien Millot].  Il lui suffisait de surfer sur les séquelles de l'affaire Copé [estime le conseiller qui ne s'avère pas le meilleur payeur]. Une affaire qui laisse des traces [à sens unique, si on est assez téméraire pour tenter de suivre le biais d'un "raisonnement" de décrypteur, communicant de surcroît], puisque les cotes de popularités ["popularité"?] de Copé et Sarkozy semblent partis à la baisse dans le dernier baromètre Ifop-Paris Match. [sondage effectué les 7 et 8 mars, avant l'étalage des mensonges du gang des écoutes, faut-il le rappeler?] L'individualisme ministériel semble être devenu la règle.[Ce qui est bien peu de chose au regard de l'ampleur des violations du secret professionnel et des libertés publiques des citoyens ordinaires...]

3. Enfin, le Premier ministre et le gouvernement tout entier sortent encore plus affaiblis de cette affaire. À tel point qu'on se demande jusqu'à quand ils vont pouvoir tenir. [Inquiet, le communicant?]

François Hollande, comme un boomerang

Des rumeurs de remaniement courent dans tout Paris [et déjà plus au-delà du périph]. [Ce qui, quand les libertés individuelles sont menacées, s'appelle un détournement de l'attention, un "enfumage" sorti de la panoplie gouvernementale d'éléments de langage abandonnée par Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole fragile suppléée par ce bourin de Le Roux] Elles font les gros titres des journaux. [Avant le remaniement éventuel, les municipales peut-être? Et surtout le chômage, non, Phiphi?] Certaines formations comme Europe Ecologie-Les Verts font même déjà monter les enchères. [Taubira est d'ailleurs allée se changer les esprits à Montreuil et tenter de leur prendre la mairie, mais Razzie Hammadi (PS parachuté) n'était pas, dit-on, ravi de la voir polluer son meeting! Et voici que les ministres eux-mêmes, et le premier d'entre eux, se font hara-kiri en prime-time. [CriCri n'est pas seulement une indépendantiste guyanaise honteuse, c'est aussi une tombeuse de ministres].

Certains en appellent donc, naturellement, à l’arbitrage de François Hollande. [Certains ont pour profession de crier dans le désert, tandis que d'autres, pour avoir trop donné, tel Nono Mamère, sont en rupture de stock de bave] Un président de la République qui reçoit en boomerang une affaire qui aurait dû théoriquement couler son adversaire. [Si Hollande est un accidenté de la vie, la République est sous assistance respiratoire et Sarkozy est frétillant !]

Marine Le Pen a de quoi se réjouir [Elle n'en attendait pas moins du PS]

Le grand gagnant de toute cette séquence est, bien sûr, le Front national. [Faut-il s'en étonner, puisque depuis François Mitterrand, le PS instrumentalise le FN pour nuire à l'UMP?] Une très grand faiblesse à gauche, conjuguée à une très grande faiblesse à droite aboutit à une situation de fragilité démocratique sans précédent dans l’histoire de la Ve République. [Sauf le PS, point de salut ?] 

Elle finit par poser la question du rapport des élites aux peuples. A-t-ont ["on"?] perdu à ce point le sens commun [et accessoirement de l'orthographe?], pour ne pas comprendre qu’en pleine crise économique, ces querelles pourraient avoir des conséquences beaucoup plus graves que l’avenir personnel de telle ou telle figure de la majorité ou de l’opposition...? 

Qui dans ce pays, à part Marine le Pen, pense à conserver un rapport au peuple ? Qui dans ce pays pense encore à aller parler aux électeurs de ce qui les concernent ? La fiscalité, l'emploi, la sécurité... Tous les thèmes qui montent dans la campagne en cours. 

La réponse se trouvera dans les urnes les 23 et 30 mars prochains, lors des élections municipales, ainsi que le 25 mai lors des prochaines élections européennes. À moins qu’elle ne se manifeste dans la rue. Avec des conséquences potentiellement graves. Car contrairement aux Français de Mai-68, les Français de 2014 ne s’ennuient pas. Ils n'ennuient pas, non. Ils sont en colère.  Ce "vent de révolte" que sentait monter Ségolène Royal en février 2008 pourrait-il balayer Hollande? 
La Cassandre du Nouvel Obs n'est visiblement pas Jean-Paul II qui exortait à la vertu d'espérance en 1978  à Hollande, le communicant retire même la confiance.

Le Nouvel Obs continue à émettre des effluves de sanisettes...  

mercredi 5 mars 2014

Comment les enregistrements de Buisson ont-ils fuité de la justice à la presse ?

Investigation: les enquêtes du Point et du Canard arrivent dans leurs boîtes aux lettres

Le Point concurrence Mediapart:  Le Canard enchaîné et le site Atlantico publient mercredi plusieurs retranscriptions des enregistrements
À plusieurs reprises durant son quinquennat, l'ancien président de la République a été enregistré à son insu par Patrick Buisson. 
C'est au cours de rendez-vous à l'Élysée que le conseiller officieux, spécialiste des sondages, s'est adonné à cette pratique. À l'aide d'un dictaphone dissimulé dans sa veste, Buisson a capté des heures et des heures de réunions ordinaires et extraordinaires, concernant notamment la campagne présidentielle de 2012 et oùd'autres conseillers pouvaient être conviésD'autres personnalités seraient concernées par ces enregistrements.

Valls et Taubira sont-ils à l'origine des fuites?
Depuis qu'elle a perquisitionné les bureaux de Buisson dans l'affaire des sondages de l'Élysée, la police s'intéresse aux bandes de l'idéologue maurrassien. Or, le journal satirique et le site internet publient mercredi plusieurs extraits d'enregistrements d'échanges entre l'ancien président de la République et ses conseillers, réalisés à leur insu en 2011 par son conseiller controversé et la question se pose de savoir comment les bandes sont passées des mains de la police et de lajustice àcelles de la presse.

Le Canard enchaîné vient de commencer par publier le verbatim de l'enregistrement d'une réunion à l'Élysée, le 27 février 2011, autour de Nicolas Sarkozy, à quelques heures du remaniement qu'il va annoncer. L'hebdomadaire moque le "fayot" Patrick Buisson qui se répand en encouragements et en félicitations auprès du chef de l'État. Selon Le Canard enchaîné, par exemple, après l'enregistrement de l'allocution dans laquelle il annonce le remaniement, l'ex-président revient : "On n'a pas entendu ces connards de chiens qui aboyaient (dans les jardins élyséens) ?" L'hebdomadaire satirique poursuit : "Buisson spirituel : Tu parlais des journalistes ? Puis courtisan : C'était très bien ! Tu avais les bonnes intonations. Tu as bien détaché les phrases importantes. Faut pas y toucher." 

Un scoop: "Bachelot ne dit que des conneries"
De son côté, le site Atlantico met en ligne les enregistrements sonores et les verbatims d'au moins quatre enregistrements, dans le contexte d'une réunion de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers, le 26 février 2011 à la Lanterne à Versailles, consacrée au remaniement. Brice Hortefeux devait ensuite être remplacé par Claude Guéant à l'Intérieur et Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé au Quai d'Orsay. "Remplacer (le Premier ministre François) Fillon par (Jean-Louis) Borloo, c'est grotesque", déclare Sarkozy lors de la réunion. Ce choix de transcription, on l'a compris, ne pouvait attendre juin et la fin des scrutins... "Y a qu'une seule personne qui pourrait remplacer Fillon aujourd'hui, c'est Juppé. Je m'entends très bien avec Alain... Même si Fillon n'est pas décevant, il est comme on le sait." Pas de quoi ici fouetter un chat.
Dans la voiture qui les ramène de Versailles, Buisson et le publicitaire Jean-Michel Goudard, conseiller en communication, se livrent à des commentaires légitimes. "C'est dur, hein ?" lâche notamment Buisson à propos de la présence de Carla Sarkozy à Versailles. "Ah, t'es amusant. Si je la connaissais pas un peu mieux depuis la télé j'aurais trouvé ça... lamentable... interventions percutantes quand même hein", lui répond Goudard. C'était avant que Trierweiler colle partout au train de Hollande.

Les deux hommes s'inquiètent ensuite du changement de fonction de Claude Guéant, qui passe du secrétariat de l'Élysée à l'Intérieur. "Tu vois, l'avantage de Guéant, là depuis 3 mois, c'est qu'il connaissait un petit peu les dossiers, notamment pour les affaires auprès du Parquet. Il se mouillait un petit peu", dit Buisson, mis en cause dans l'affaire des marchés des sondages de l'Élysée. "Ben ça l'intéresse quand même directement parce que... l'Élysée, c'était lui à cette époque-là", lui rétorque Goudard. Buisson, ancien journaliste de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, se plaint aussi à propos du remaniement de ne pas avoir "réussi à entraîner la tête" du ministre de la Justice Michel Mercier, qu'il qualifie de "totalement calamiteux". Des papotages de serviteurs à l'office.

"Il y a plus calamiteux encore", assène Goudard, en nommant la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui, selon lui, "ne dit que des conneries".

"Il utilisait ces enregistrements pour préparer les réunions"
Il arrive que les sources et cheminements soient révélés: quand ils ne le sont pas, les fuites viennent du sommet. Le Point révèle ainsi qu'un communiqué lui est arrivé tout cuit près à l'emploi, transmis à la presse par Gilles-William Goldnadel,  avocat de Patrick Buisson : "En tant qu'intervenant essentiel de ces réunions", il "ne pouvait prendre des notes écrites et utilisait ces enregistrements pour préparer la réunion suivante". Ces derniers "étaient détruits au fur et à mesure, sauf manifestement quelques-uns qui lui ont été dérobés et dont il est fait présentement un usage extravagant et pervers", affirme-t-il. Patrick Buisson, accusé mi-février par Le Point d'avoir enregistré certaines de ses conversations avec l'ancien président, avait alors indiqué qu'il comptait porter plainte contre l'hebdomadaire.
L'article du Canard enchaîné "ne change en rien la plainte déposée par Patrick Buisson contre l'hebdomadaire Le Point le 21 février", selon son communiqué. Car "le fait que Patrick Buisson aurait pu faire un usage clandestin, malveillant et systématique de ce qui n'était qu'un enregistrement de travail relève de la diffamation".

Acteur central de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, Patrick Buisson a été accusé d'infuser dans la politique française des thèses de sa famille d'origine, l'extrême droite. Le flash-back de la presse près de sept ans plus tard confirme, si besoin était, son intention "extravagante et perverse".  

Flash-back sur les verbatims de Jacques Attalli

Dès le premier jour où il s'est installé dans le bureau jouxtant celui du Président de la République,
Jacques Attali, également conseiller spécial (conseiller spécial du président François Mitterrand) a pensé que son devoir serait, un jour ou l’autre, de rendre compte aussi intégralement que possible, de témoigner, d’expliquer. On le voit, ce réflexe missionnaire n'est pas particulier à Buisson, pas plus que la manie de l'archivage serait une obsession maurassienne.
Prescripteur d’opinion agréé par la gauche, Attali a été accusé de plagiat au sujet de deux de ses livres,  par Elie Wiesel pour  Verbatim et pour Histoires du temps, par Franz-Olivier Giesbert, du Point. Ce n'est plus le propos d'Etienne Gernelle, directeur de l'hebdomadaire de François Pinault.
La polémique soulevée par L'Humanité du 20 mai 1993 se résume à la publication de notes prises par J. Attali lors d'entretiens à l'Elysée, entre François Mitterrand et différents interlocuteurs (Jack Lang, Robert Badinter, Pierre Mauroy ou Laurent Fabius qui affirment que leurs propos ont été déformés), dont notamment aussi Elie Wiesel, prix Nobel et publiées dans Verbatim, une suite d'ouvrages mises sur le marché par Jacques Attali, le président de la BERD, banque de développement pour les ex-pays socialistes. Quarante-trois passages de ce qui devait devenir un livre de conversations entre le président le prix Nobel ont été reproduits dans l'ouvrage de Jacques Attali, alors conseiller du président. "Il a gardé le texte, mais il a changé les lieux et les dates, commente Elie Wiesel dans Libération , et, surtout, il fait croire que ce sont des propos tenus pour lui et recueillis par lui, ce qui est doublement inexact." Des enregistrements au vu et au su de tous n'auraient-ils pas mieux valu pour la vérité historique.
"Il n'y a que les Français pour s'agiter ainsi autour des platitudes d'un politicien." Ce jugement de "Times" montre que la presse française a toujours été une exception dans le monde. 
Le Point doit-il s'en flatter?

jeudi 23 janvier 2014

Les Français ne veulent-ils plus que des bonnes nouvelles dans les media ?

C'est du moins la consigne de l'Elysée...

Le journal La Croix a bien collaboré

Intoxication
A en croire La Croix, "une grande majorité de Français compte(nt) sur 'le rôle des media d’information' pour faire leur choix au moment des élections municipales et européennes du printemps." La presse revendique ainsi ouvertement le droit, l'obligation de service public, d'influencer le vote des Français, de violer leurs consciences, à leur demande ! De la mission pédagogique de la presse à la consigne de vote, il n'y a qu'un pas. 

Six Français sur dix estimeraient que trop de place est accordée aux mauvaises nouvelles, selon une enquête publiée dans "La Croix" qui incrimine les media plutôt que la presse. "Les personnes interrogées pour La Croix par TNS Sofres diversifient leurs sources d’information. Las du pessimisme ambiant, les Français souhaitent en outre entendre ou lire davantage de 'bonnes nouvelles', constructives et porteuses de sens." On croirait entendre les recommandations du service de presse de la présidence de la République...

En fait, l'Elysée estime qu'il faut leur offrir le bon côté des choses
Triomphe de la volonté
Ils ont besoin de positif autant que d'un exécutif en déficit de confiance pour relancer l'économie, notamment l'emploi. 61% des Français estiment que "les media" d'information laissent trop de place aux mauvaises nouvelles, selon le baromètre annuel de La Croix et TNS Sofres, publié jeudi 23 janvier.

L'enquête, réalisée chaque année, montre que
les Français accordent davantage de crédit aux media en 2014, et non à la presse institutionnelle. En tête, la radio reste le media qui enregistre la plus grande confiance (à 58%), devant la presse écrite (55%), la télévision (50%) et internet (37%, +2 points sur une année).

La Croix a également demandé aux sondés leur opinion sur le traitement de quelques grands événements de 2013. A en croire les personnes interrogées, les medi n'auraient pas assez parlé de l'entrée de la Croatie dans l'UE (ce qui paraît être en fait le cadet de leurs soucis) ou de l'allongement de la durée de cotisation pour les retraites. Et trop abordé la question du mariage pour tous ou l'affaire LeonardaA la vérité, ces deux événements ont été particulièrement mal gérés par Hollande et ont tellemment plombé sa popularité que l'Elysée appelle la presse à occulter davantage ce qui nuit à l'image présidentielle.   

Jamais les organes de presse ne sont mis en cause

La Croix flatte certains de ses confrères, bien que les journaux ferment les uns après les autres et se concentrent, le groupe Le Monde des trois millionnaires Bergé, Niel et Pigasse s'étant offert le groupe Nouvel Observateur. "Comment se fait-il, par exemple, que la méfiance récurrente à l’égard de l’indépendance des journalistes ne se confirme pas davantage dans l’opinion des Français sur la qualité de l’information, jugée plutôt favorablement ?" prétend-il contre toute vraisemblance, avant de s'enhardir dans le mensonge: " 2014 marque même à ce titre un sensible progrès par rapport à 2013…" 

La Croix poursuit dans les contre-vérités
Selon La Croix, "à l’approche de scrutins électoraux, les téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs (de journaux sur papier comme de sites en ligne) assignent aux media une mission pédagogique, attendant des clefs de compréhension permettant à chaque citoyen de se forger son opinion." Faux ! Les Français veulent de l'information factuelle et dénient aux "media" la prétention de cette prétendue mission d'explication et de pédagogie.  Même caressés dans le sens du poil, les gens (à la différence des "citoyens"?) rejettent les analystes inféodés et les décrypteurs auto-proclamés, tous militants anonymes en mission de manipulation des masses. Les "clés" fournies par eux n'ouvrent que les serrures choisies par le pouvoir et les citoyens ne le savent que trop. Leur donner accès à un monde des bisounours en décalage avec leur quotidien ne ferait qu'accroître le malaise de la population en prise - et aux prises - avec les difficultés de la vraie vie. 

La Croix et TNS Sofres se trahissent
L'inquiétude des pouvoirs publics a dicté cette enquête à l'approche des échéances électorales. "Alors que, ces dernières semaines, une partie de la presse s’est repue d’ 'affaires' où le et les politique(s) n’étaient guère envisagés avec beaucoup de hauteur, cette injonction – ou du moins ce souhait – sonne comme une invitation à remettre les pendules à l’heure." Ainsi les méprisants manipulateurs prennent-ils de la hauteur pour déplacer les responsabilités: étrangement, les Hollande et Gayet ne sont nullement villipendés, à la différence de la presse, un part seulement d'eux-mêmes - une minorité obscène dont ils ne sont évidemment pas - celle qui pourtant informe les électeurs des turpitudes adolescentes des amateurs aux affaires de l'Etat.
Les coupables sont les lecteurs et non les acteurs ! On comprend qu'ils puissent donc se tourner vers l'Internet... "Ils sont en revanche 2 % de plus (10 %) à s’informer d’abord via les sites Internet des titres nationaux", entre 2013 et 2014, admet TNS Sofres. Mais l'Elysée a donc décidé d'y mettre bon ordre, on a compris au moins cela, "avec sérénité et détermination", comme dit l'autre à Matignon, de "remettre les pendules à l’heure"... 

La Croix exécute les desiderata de l'Elysée
Cette presse indépendante là s'exécute. "Notre baromètre a introduit  cette année [à la demande] une nouvelle question sur le désir d’ "information positive". Un désir élyséen... "61 % des Français déplorent que les media fassent trop de place aux mauvaises nouvelles. On est tenté de rapprocher ce résultat d’un autre enseignement du sondage. En effet, le traitement copieux de sujets tels que l’élection du pape François ou l’hommage mondial à Nelson Mandela est jugé "équilibré". 
La Croix et TNS Sofres poseraient donc les "bonnes" questions et tireraient les "bonnes" conclusions. "Nous serions donc enclins à rechercher une information constructive, riche de sens et portant à l’action courageuse plutôt qu’à la délectation morose ?" La presse qui s'était abandonnée à de méchantes habitudes partisanes pendant cinq années de droite doit être reprise en main, ordre de l'Elysée: finis l'insolence, l'impertinence et le dénigrement systématiques. Désormais, l'information devra être constructive, ordre d'en-haut ! 
Najat Vallaud-Belkacem y veillera, comme elle veille à ce que les papas prennent leur part de congé parental ou que les petits garçons des écoles apprennent à être des fillettes et les filles des mecs, en étroite concertation avec le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui les encadrera quatre jours et demi plutôt que quatre.

Et les jugements de valeur continuent. 
La Croix et TNS Sofres annoncent un tri (sélectif!) du bon grain de l'ivraie. "Ce qui n’empêche pas une autre partie de nous-mêmes de se jeter sur des "unes" moins "relevées", signe bien connu de notre ambiguïté face aux media"… Plus que jamais, la presse de gauche se promet donc de renforcer sa mission de discrimination vertueuse. La Croix amorce le retour de la "Bonne Presse". 
Il faudra plus que jamais distinguer la presse noble de la masse des bien- nommés "mass media"...

mardi 17 décembre 2013

20 millions d'euros de prime de Noël pour le gouvernement: une folle rumeur ?

Le cumul des enveloppes distribuées aux 21 ministres au titre des ISP 2012 s'élève à plus de 20 millions d'euros

Pas de fumée sans feu,
selon la sagesse populaire
La "gauche sociale"
n'aime pas les riches

Sur les blogs et les forums, les réseaux sociaux et ici ou là  sur Internet, qui empêche la république des copains et des coquins de tourner rond, la rumeur gonfle d'une prime de Noël secrète d'un montant de 20 millions d'euros pour les membres du gouvernement et leurs collaborateurs"La rumeur d'une prime de 20 millions d'euros est infondée", assène Sud Ouest, d'entrée de jeu. Voyons quels éléments de preuve apporte le quotidien qui annonce un "décryptage"...  







Sud Ouest s'inscrit péremptoirement en faux contre Mediapart qui laisse publier la liste par ministèresur son site: 

Les données concernent la fin d'année 2012.
AYRAULT 
Budget primes: 5 850 000 €
>Nbre de membres de son équipe: 456
> Soit un taux de 58% du budget total
> Soit 12 829 € en moyenne par personne

Vals 
Budget primes: 1 547 532 €
> Nbre de membres de son équipe: 252
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit
6 141 € en moyenne par personne

Taubira
Budget primes: 983 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 169
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 5 817 € en moyenne par personne 
  
TOURAINE
> Budget primes: 878 408 €
> Nbre de membres de son équipe: 64
> Soit 13 725 € en moyenne par personne
Si certains au sein de leur entreprise vont devoir se contenter de 20 ou 30 euros, à peine de quoi acheter une bouteille de mousseux, pour les sans-emploi, l'état va débourser un peu plus de 150 euros par individu. Pas vraiment le Pérou (ni le Chili...)!
MONTEBOURG
Budget primes: 679 058 €
> Nbre de membres de son équipe: 57
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 11 913 € en moyenne par personne

BELKACEM 
Budget primes: 552 001 €
Nbre de membres de son équipe: 47
> Soit un taux de 72% du budget total
> Soit 11 745 € en moyenne par personne

MOSCOVICI
Budget primes: 730 304 €
> Nbre de membres de son équipe: 67
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 10 900 € en moyenne par personne

FABIUS
Budget primes: 1 091 082 €
> Nbre de membres de son équipe: 150
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit 7 274 € en moyenne par personne

DUFLOT
Budget primes: 580 950 €
> Nbre de membres de son équipe: 57
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 10 192 € en moyenne par personne

PEILLON 
Budget primes: 616 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 61
> Soit un taux de 66% du budget total
> Soit 10 098 € en moyenne par personne

Lebranchu 
Budget primes: 543 636 €
> Nbre de membres de son équipe: 55
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 9 884 € en moyenne par personne
 
Fioraso  
Budget primes: 564 000 €
> Nbre de membres de son équipe: 58
> Soit un taux de 63% du budget total
> Soit 9 724 € en moyenne par personne

Lurel
Budget primes: 552 347 €
> Nbre de membres de son équipe: 63
> Soit un taux de 54% du budget total
> Soit 8 767 € en moyenne par personne

Aurélie Filippetti  
Budget primes: 642 710 €
> Nbre de membres de son équipe: 91
> Soit un taux de 59% du budget total
> Soit 7 063 € en moyenne par personne

Sapin
Budget primes: 500 291 €>Nbre de membres de son équipe: 75
> Soit un taux de 63% du budget total
> Soit 6 671 € en moyenne par personne

FOURNEYRON
Budget primes: 541 770 €
> Nbre de membres de son équipe: 53
> Soit un taux de 50% du budget total
> Soit
10 222 € en moyenne par personne

Batho
Budget primes: 900 720 €
> Nbre de membres de son équipe: 173
> Soit un taux de 62% du budget total
> Soit 5 206 € en moyenne par personne

Le Foll
Budget primes: 370 457 €
> Nbre de membres de son équipe: 75
> Soit un taux de 56% du budget total
> Soit 4 939 € en moyenne par personne

PINEL 
Budget primes: 466 268 €
>Nbre de membres de son équipe: 39
> Soit un taux de 58% du budget total
> Soit 11 956 € en moyenne par personne

BRICQ

Budget primes: 454 052 €
> Nbre de membres de son équipe: 38
> Soit un taux de 50% du budget total
> Soit 11 949 € en moyenne par personne

Le Drian
Budget primes: 967 238 €
> Nbre de membres de son équipe: 158
> Soit un taux de 60% du budget total
> Soit 6 122 € en moyenne par personne


Sud Ouest défend l'indéfendable
"Des formulations alambiquées et approximatives, s'appuyant sur des chiffres vieux d'un an et relayée par des sites douteux à un moment opportun (un Noël en temps de crise) pour faire naître un sentiment d'indignation," commente le quotidien. "Tous les ingrédients sont réunis pour une bonne vieille rumeur comme Internet les aime tant", accuse-t-il. On attend toujours le début d'un décryptage.

Que dit précisément cette rumeur ?
La rumeur est relayée, entre autres, sur Radins.com le mercredi 11 décembre, un site nordiste présenté par "La Voix du Nord" comme une "entreprise (...) devenue la référence des bons plans" sur Internet et qui "fédère une communauté qui partage ses trucs". Radins.com cite un article de Journaldunet.com, dont la dernière mise à jour - sur le sujet, précisons-le...- date de mars 2013 et qui décrypte le budget primes du gouvernement Ayrault pour l'année 2012. Sud Ouest s'est donc épargné le travail d'investigation. "Le site nordiste "avance', ministère par ministère, le montant de la prime allouée et le ramène à une somme par collaborateur."
"En ces temps de crise où de plus en plus de Français éprouvent des difficultés à s'en sortir et à s'acquitter de leurs impôts, le gouvernement n'hésite pas à s'arroger la part du lion pour les primes", assène Radins.com, qui a tout pour plaire au départ aux écologistes radicaux et altermondialistes qui se reconnaissent dans la mouvance des casseurs de pub, des freegans (amateurs de gratuit) ou de la décroissance.

Que se cache-t-il derrière les chiffres cités ?
Les cadeaux de Noël sont en réalité des "indemnités pour sujétion particulière", assure le puissant groupe de presse du sud-ouest (GSO), basé à Bordeaux (Gironde) qui arrose la France, de la Charente-Maritime jusqu'à la frontière espagnole. Il n'est en revanche précisé nulle part qu'elles sont versées à Noël. Le seraient-elles à Pâques ou à l'Epiphanie que cela changerait tout au problème déontologique pour les signataire de la Charte vertueuse voulue par Flamby.

Ce qui est un scandale pour Guéant tombe dans la "normalité" pour Ayrault
Des versements reprochés  à l'ancien ministre de l'Intérieur en mai 2013 seraient désormais légitimes, puisque "destinées notamment à compenser le travail de nuit et les horaires décalés des collaborateurs des ministres, et font désormais l’objet d’une dotation ministérielle en bonne et due forme", explique le journal 

Créées en 2002 par Lionel Jospin alors qu'il était Premier ministre, ces indemnités ont remplacé les enveloppes en liquide - non déclarées au fisc - distribuées aux collaborateurs dans les ministères et sont versées en toute transparence - elles sont d'ailleurs imposées. Ce ne sont donc pas des primes. Sont-ce toutefois des quatorzièmes mois?

Comme l'explique le blog des Décodeurs du Monde.fr, "on peut trouver leur montant annuel dans un document budgétaire annexé à la loi de Finances, disponible au public vigilant, et intitulé "Personnels affectés dans les cabinets ministériels" (lien vers le document).
Reste que ni Libération, ni Le Monde et ni le Canard Enchaîné n'en gave ses lecteurs à longueur de semaines.

Sud Ouest poursuit son historique pompeusement intitulé "décryptage"
Les ministres socialistes
millionnaires
font la manche
En mai 2013, le député apparenté socialiste René Dosière, pourfendeur de la gabegie budgétaire et initiateur du contrôle du budget de l'Élysée, indiquait que "le gouvernement Ayrault a bénéficié d’une dotation de 24 millions d’euros pour ces indemnités", pour "environ 2 800 collaborateurs". Ce qui représente une foule de collaborateurs qui ne sont pas soumis à l'obligation de résultats.

D'où vient cette rumeur ?
Selon le blog des Décodeurs du Monde.fr, cité par Sud Ouest, champion du décryptage copié-collé, la rumeur émanerait du site Wikistrike.fr, par le biais d'un post en date du samedi 7 décembre 2013. Le journal - que gérait Pierre Jeantet avant de devenir directeur général du groupe ...La Vie-Le Monde - accuse le site d'être un "grand propagateur de rumeurs et autres théories conspirationnistes, qui a ressorti cette 'information' ".

Le décryptage des  archivistes de Sud Ouest consiste donc à dénigrer
"Nul doute : il s'agit bien d'une rumeur", conclut Sud Ouest après avoir toutefois admis que des indemnités sont bel et bien versées pour incompétence à des Bricq ou Pinel, tandis que Hollande et sa majorité socialo-écolo n'offiront aux Smicards que la hausse limitée aux mécanismes légaux, sans coup de pouce, comprendre prime...

samedi 23 mars 2013

Mise en examen de Sarkozy: le juge Gentil est-il partial ?

Catherine Nay analyse la sérénité du juge Jean-Michel Gentil

La mise en examen de l'ancien président de la République éclipse l'affaire Cahuzac,
ministre PS de Hollande, mis en examen pour fraude fiscale...

VOIR et ENTENDRE le décryptage (!) de la chroniqueuse d'Europe 1, le 23 mars 2013:
Pour accéder à l'édito,
cliquer sur l'image

mercredi 14 novembre 2012

Conférence de presse de Hollande: réactions mitigées

La prestation n'a enchanté que les socialistes, et encore pas tous 
Le petit théâtre de
Guignol
Six mois après son investiture,
François Hollande a nié tout "virage" politique de son quinquennat

Hier mardi 13 novembre, les 400 journalistes qui avaient attendu fébrilement leur convocation, se pressaient dans les salons: recevoir l'onction présidentielle pour bons et loyaux services pendant la campagne présidentielle
Narquoise, la presse étrangère a observé cette scène unique dans le monde d'une presse "indépendante" et jadis "insolente" qui faisait allégeance à son monarque. Cette conférence de presse se passait pour la première à l'Elysée, puisque le président "normal" avait renoncé à une nouvelle délocalisation: le changement étant plus  éphémère encore que prévu, il n'a pas cette fois planté son estrade à l'Hôtel de la Marine
Le syndrome YMCA
Le ridicule de Montebourg, qui s'est affiché en P'tit gars de la Marine, a dû peser sur le retour de Hollande au port, même si, à voile ou à vapeur, peu importe au temps du mariage pour les personnes du même sexe. D'autant que,  de surcroît, la concubine du ministre redresseur de la production s'est volontiers laissée embrasser par l'une de ses chroniqueuses sur D8. 


Le Président s'est donc frotté aux ors de l'Elysée pour tenter de redorer son image "salie" par plusieurs mois d'improvisation et par l'amateurisme de ses collaborateurs du gouvernement, leurs couacs ou reculades. Il a accaparé l'antenne pendant deux longues heures (et plus), sans que ni l'opposition, ni aucun media n'y voit un retour à l'ORTF.


Il s'est appliqué à défendre ses choix économiques, critiqués de part et d'autre de l'échiquier, mais aussi parfois dans sa propre majorité, et s’est posé en "président responsable".

VOIR et ENTENDRE une synthèse Le Figaro du grand oral de F. Hollande, en 2 minutes:

Cette conférence de presse peut se résumer en dix phrases-clés

Lefigaro.fr a compilé les phrases clés du pensum que François Hollande a imposé à ceux qui l'ont bien voulu: droit de vote des étrangers, mariage homosexuel, relations avec l'Allemagne, gaz de schiste... 

Sur la Syrie: «J'annonce que la France reconnaît la Coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d'en terminer avec le régime de Bachar el-Assad.»


Sur le mariage homosexuel: «Je ne suis pas convaincu que si c'est la droite qui, après-demain ou encore plus tard, accède aux responsabilités, elle reviendra sur cette réforme, pas plus que la droite espagnole est revenue sur ce qu'avait fait le gouvernement Zapatero là-dessus.»

Sur le dérapage de Manuel Valls à l'Assemblée: «Manuel Valls fait remarquablement bien son travail. Ne perdons pas notre temps, ne nous divisons pas, ne polémiquons pas, ne cherchons pas à utiliser je ne sais quelle phrase à des fins de politique intérieure.»

Sur les gaz de schiste: «La recherche est possible sur d'autres techniques que celle de la fracturation hydraulique. Pour l'instant, cette recherche n'a pas abouti, je ne peux pas l'interdire, elle n'est pas interdite par la loi.»

Sur le droit de vote des étrangers: «Un référendum, en ce moment? Si nous n'aboutissons pas par la voie parlementaire, je verrai dans quel état est notre Nation, mais aujourd'hui, ce n'est pas dans mon intention.»


Sur Jean-Marc Ayrault: «Je l'ai choisi car j'ai une grande confiance en lui. Il est d'abord sérieux, c'est important. Il est ensuite loyal, c'est nécessaire. Il est dévoué, dévoué à la cause publique, et il est concret. Voilà pourquoi je lui renouvelle ici toute ma confiance.»

Sur le cap de la politique économique: «Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde. Et c'est pourquoi depuis six mois, j'ai fait mes choix et je m'y tiens sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant, je ne sais quel virage car ces choix sont conformes à mes engagements, à mes principes et, surtout, aux intérêts de la France.»

=> Le crédit d'impôt

Sur les critiques de l'Allemagne: «La chancelière et moi-même avons une responsabilité: faire avancer l'Europe. Ce qui compte, c'est pas ce qui se dit, c'est ce que nous nous disons.»

Sur l'arrestation d'Aurore Martin: «À aucun moment, ni la garde des Sceaux, ni le ministre de l'Intérieur et a fortiori moi-même, n'avons été interpellés pour dire quoi que ce soit au nom de la France.»

Sur l'Algérie: «Nous aurons à nourrir une relation particulière afin que nous puissions surpasser ce qui est lié à une histoire douloureuse, avec des mémoires blessées, de manière à regarder vers l'avenir, qui offre des potentialités entre nos deux pays.»

Et sur la menace islamiste au Mali



VOIR et ENTENDRE le décryptage proposé par Europe 1 le 14 novembre 2012:


VOIR et ENTENDRE les commentaires de Raphaëlle Bacqué - Catherine Nay - Carl Meeus - Pascal Perrineau, dans l'émission C dans l'Air animée par Yves Calvi, ce jour: (lien direct: cliquer sur Voir et entendre)