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dimanche 21 juillet 2013

Contrôle de burqa et émeutes de Trappes: Valls et la stratégie de l'évitement

Valls "ne doute pas" du respect des policierspour la femme voilée de Trappes  

Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, tombe volontiers dans la panneau de la controverse

Abribus incendié

Il semble apporter son soutien aux policiers de Trappes
"C'est inacceptable qu'une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire s'en prenne aux forces de l'ordre", a-t-il déclaré dimanche, répétant ce qu'il a souvent dit: "Ce voile qui nie l'identité même de la femme n'a pas lieu d'être dans l'espace public".

Une femme intégralement voilée a refusé de se laisser contrôler et l'opération de respect de la loi a dégénéré jeudi à Trappes et s'est conclu par l'interpellation du "mari", un Français (sic) de 21 ans converti à l'islam. Selon le procureur, cet jeune homme à peine majeur a agressé un policier qu'il a tenté d'étrangler.

Mais le ministre contourne la loi qu'il est censé faire respecter par la femme voilée
Valls a dit ne pas douter "un seul instant" de l'attitude respectueuse des policiers lors du contrôle d'une femme entièrement voilée à Trappes qui a été suivi de violences contre le commissariat de la ville. "Je ne doute pas un seul instant que c'est ce qu'ont fait ces policiers" lors du contrôle qui a mis le feu aux poudres dans cette ville des Yvelines, a-t-il ajouté à BFM TV. Et pourtant ! 

En fait, le dur nuance son propos et mollit en versant dans le compromis démagogique

La loi interdisant le port du voile intégral "doit s'appliquer avec discernement, avec le respect des personnes. C'est en ces termes que le velléitaire ouvre la porte par laquelle le collectif contre l'Islamophobie en France peut s'engoufrer. 
Association loi de 1901 dont la liste des membres est "confidentielle", ce collectif milite pour le port du voile islamique depuis 2003 et incarne un " islam identitaire agressif […]. Conduit par une jeune génération de musulmans nés en France, il s'est affranchi des grandes fédérations instituées et travaille en réseau avec une stratégie médiatique moderne, peu soucieux des questions du culte, mais en pointe pour une présence musulmane dans la société civile", selon un expert cité par Le Figaro.


La version de la femme en burqa citée par le Collectif  accuse les forces de l'ordre de l'avoir provoquée en la contrôlant. 

Jeudi soir à 21 h 50, trois policiers, en mission de sécurisation près du square Albert-Camus, constatent, selon le rapport de police que le JDD a pu consulter, l'arrivée d'une "personne vêtue d'un vêtement noir sur l'ensemble du corps et d'une pièce de tissu de couleur noire masquant son visage et ne laissant apparaître que ses yeux". 
Pour la suite, deux versions s'opposent. Celle, à charge, privilégiée par les media, a été transmise aux responsables du site Internet du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en Francepar la contrevenante, Cassandra B., 20 ans, sous le nom de Hajar. Selon celle-ci, le contrôle aurait dégénéré à cause de l'un des policiers qui aurait bousculé sa mère, entraînant une réaction de son mari. "Le policier a alors dit à mon mari, de manière très agressive et en bombant le torse : 'Tu vas faire quoi?' Je me suis interposée entre eux pour que ça ne dégénère pas," raconte la militante, se donnant le beau rôle. Et de dénoncer le langage "agressif" des policiers à son égard. "Il m'a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant : 'C'est à moi que tu parles? C'est à moi que tu parles, hein?' Une fois dans la voiture, ils nous criaient dessus comme si on était des chiens. Ils menaçaient mon mari en disant “Qu'est-ce que tu vas faire maintenant, p'tite tafiole, hein ?”, tout cela avec les poings serrés et en donnant des coups dans la voiture. Une fois arrivés au commissariat, les agents m'insultent de fantôme. Je ne cesse pas de demander à Dieu de l'aider contre cette violence…"

La version policière est quelque peu différente.
Le couple, accompagné de la mère de la fille et d'un bébé, aurait, selon cette version, commencé par ignorer les injonctions,
avant de percuter avec la poussette le fonctionnaire qui s'est placé devant et de refuser "catégoriquement" tout contrôle. "Allah est grand, il va te réduire en poussière, fils de pute. Touche pas à ma mère !", aurait dit la jeune femme au fonctionnaire qui s'occupait de sa mère venue s'interposer. Puis son compagnon s'en serait mêlé lorsqu'un policier aurait saisi la jeune femme par le bras : "Toi, tu touches pas à ma femme, fils de pute." Puis, selon le rapport de police, "l'individu saute au cou du fonctionnaire et lui porte un coup de poing à la pommette droite", avant de "l'étrangler par l'arrière". Une version reprise par le procureur de la République. "Plusieurs jeunes du quartier entourent les policiers sans leur être hostiles" (sic), stipule encore le télégramme signé du contrôleur général Jean-Marie Salanova, directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines.

Le laxisme du ministre ouvre la voie à la polémique

Le lendemain de ce contrôle,
près de 400 personnes s'en sont prises au commissariat de Trappes où l'homme était en garde à vue, jettant des pierres, brûlant des poubelles et des abri-bus. Malgré les renforts policiers, la nuit de samedi à dimanche a de nouveau été émaillée d' "incidents", notamment une vingtaine de voitures incendiées
Les violences urbaines se sont même étendues de Trappes dans les Yvelines à Elancourt et Guyancourt. Lors du bac professionnel hôtellerie 2013 dans cette dernière commune, les épreuves avaient été interrompues par un incendie, 90 minutes après la distribution des sujets.

Dans ce contexte,
l'ambigü Manuel Valls a lancé un nouvel appel "au calme", alors qu'un adolescent a été gravement blessé à l'oeil. 
"Cette nuit encore, les familles le savent, les enfants doivent rester à la maison", a-t-il dit en qualifiant ces émeutes d'"inacceptables".
Mais chacun "doit avoir son examen de conscience et ne pas en rajouter comme font certains responsables de l'opposition", a polémiqué le ministre foireux, lançant : "Attention aux propos que l'on tient sur les banlieues, sur l'islam avec les amalgames permanents. Je ne confonds pas ces incendiaires avec l'immensité majorité des quartiers populaires (...) et encore moins avec l'immense majorité des musulmans."

Le démagogue évite en revanche d'évoquer le couple rebelle à la loi de la République.
Parce qu'elle doit allaiter son bébé, Cassandra a été remise en liberté avec une convocation ultérieure. 

Quant à son mari,
Michael K., 21 ans, il a été placé en garde à vue au commissariat de Trappes, d'où il a été exfiltré vers celui de Versailles vendredi vers 22 heures, alors que 200 personnes exigeaient sa libération. Il a finalement été relâché hier après avoir été placé sous un contrôle judiciaire qui lui interdit de fréquenter Trappes. Le jeune homme, domicilié en Seine-Saint-Denis, sera jugé en septembre.

En juin dernier, le militant pacifique anti-mariage homosexuel de La Manif pour Tous,
Nicolas Buss, 23 ans, a en revanche été condamné à deux mois de prison ferme pour rébellion, en comparution immédiate
La condamnation avait été assortie d'un mandat de dépôt, ce qui signifie que le jeune homme avait été expédié directement en prison à la sortie de l'audience.

samedi 20 juillet 2013

Violences islamiques de Trappes: Valls ne condamne pas les délinquants de Trappes

Valls dénonce en langue de bois, mais fait l'impasse sur les causes !

Nuit de violences urbaines à Trappes

La ville du socialiste Guy Malandain s'est réveillée en état de choc, samedi 20 juillet.
Le quartier a découvert les abribus détruits et les poubelles encore fumantes qui avaient servi de barricades quelques heures auparavant, témoignant de la violence des affrontement avec la police. A 7 heures, des pompiers s'affairaient à éteindre les incendies. Eparpillées dans les rues, on trouvait aussi de grosses pierres sur le bitume, utilisées par les émeutiers au caillassage de la police.

Un contrôle policier qui dégénère
Les violences urbaines faisaient suite à l'interpellation  d'un homme dont l'épouse en voile  intégral avait été contrôlée par les policiers à un arrêt de bus jeudi. La situation a dégénéré. Le concubin de cette femme voilée a sauté à la gorge du policier qui effectuait le contrôle et a tenté de l'étrangler. Il a donc été placé en garde à vue pour rébellion, explique Christophe Crépin, de l'UNSA-Police. "Suite à ça, il y a eu un attroupement de 19 heures à 2 heures du matin devant le commissariat ou des centaines de jeunes ont caillassé pour demander la libération de leur "'frère'", ajoute le syndicaliste. "Vendredi, il y a eu des demandes d'explication des personnes de la ville qui ne comprenaient pas cette garde à vue", indique Jean-Marc Galland. Puis, dans la soirée, les policiers ont constaté un "attroupement hostile". "Il n'y avait pas de meneur identifié, pas de revendication identifiée", explique M.Galland. "On a mis un dispositif conséquent et évolutif en place, poursurveiller ce qui va se passer ce soir", ajoute le syndicaliste. Samedi matin, "la sécurisation du commissariat et du secteur était toujours assurée à un haut niveau", selon la préfecture.

La version subjective de la femme au niqab
La version de la famille diverge largement. Selon le site Internet Al-kanz, le contrôle de police avait pris dès le départ une tournure violente. Citant des témoins, le site partisan estime que "la jeune mère en niqab, accompagné de son fils de 4 mois et de son mari [ou concubin polygame?], a été 'malmenée' tout comme son conjoint lors de ce contrôle". 
Une première manifestation des habitants de Trappes pour protester contre "les propos virulents des policiers" a eu lieu dans l'après-midi devant le poste de police. 
Mais un second rassemblement a été organisé dans la soirée et a "dégénéré". La police de Valls a moins de problèmes lorsqu'elle contrôle des manifestants pacifiques du collectif La Manif pour Tous et le Printemps français n'a jamais organisé d'émeutes. Pourtant, un opposants a écopé de deux mois ferme d'enprisonnement...

Sur son site Internet, le collectif contre l'islamophobie en France, une association militante qui défend les victimes d'agressions anti-musulmanes et soutient les musulmans qui défient la loi de la République, affirme avoir été saisi par la jeune femme contrôlée, et publie le courrier dans lequel elle relate sa version des faits. Voici son récit :
Je fais appel à vous car j'ai subi une injustice de la part de la police. Ils ont voulu nous contrôler à cause de mon voile intégral. Comme d'habitude, j’ai coopéré. J’allais lever mon voile lorsque j’ai vu l’un des agents pousser violemment ma mère.
J'ai dit aux autres agents de regarder ce qui se passait derrière, que ça n'allait pas se passer comme ça, qu’il ne fallait pas toucher à ma mère qui n’a rien a voir avec le contrôle, sachant que elle était devant nous. 
L’un des agents s’est alors énervé sur mon mari, juste parce qu'il a dit, à propos de ma maman :
 "Ne la touchez pas ! Pourquoi vous la touchez alors qu’elle n’a rien à voir avec le contrôle ?"
 Le policier a alors dit a mon mari, de manière très agressive et en bombant le torse : « Tu vas faire quoi ? ».  Je me suis interposée entre eux pour ne pas que ça dégénère.
Une fois que le policier en a fini avec ma mère, il vient vers moi et fait de grands gestes devant mon visage en me tenant un langage agressif. Apeurée, je lui ai demandé de se taire. Il m’a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant : "C'est à moi que tu parles ?? C'est à moi que tu parles, hein ? » 
Je me suis retournée puis j’ai aperçu mon mari maintenu à terre par deux policiers qui le menottaient.
Une fois dans la voiture, ils nous criaient dessus comme si on était des chiens. Ils menaçaient mon mari en disant "Qu'est-ce que tu vas faire maintenant p’tite tafiole, hein ? ", tout cela avec les poings serrés et en donnant des coups, dans la voiture.
Une fois arrivés au commissariat, les agents m'insultent de fantôme. Je ne cesse pas de demander à Dieu de l'aide contre cette violence.
Sur Twitter, des riverains ont diffusé des photos et des vidéos qui ne permettent pas aux autorités de nier les scènes de violence, notamment des tirs de mortiers d'artifice en direction des forces de l'ordre. Le calme est revenu progressivement après la dispersion du rassemblement.

Valls dénonce des violences inacceptables en termes généraux

Après avoir longtemps tardé à réagir, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a estimé qu' "aucune raison ne justifie ces violences, elles sont inacceptables", a déclaré le ministre depuis Marseille, où il était en campagne des municipales - avec les moyens de l'Etat- au côté du socialiste Mennucci et contre Samia Ghali. "L'ordre public est rétabli, il sera rétabli à Trappes (...) Des effectifs nombreux sont déployés et resteront déployés toute cette fin de semaine". "S'en prendre aux forces de l'ordre, aux institutions, aux biens publics n'a aucun sens, ne règle aucun problème et est inadmissible", a-t-il encore déclaré, sans évoquer les circonstances de ces heurts.
Rappelons que Manu Valls a pris un coup sur le bec: il venait tout juste de prendre parti en dénonçant "la montée des violences à l'égard des musulmans de France": visait-il les forces de police dont il a la responsabilité, à Trappes et ailleurs?

Un riverain : "Pourquoi ils ont cassé ça ?"



L'incident a rapidement fait le tour du quartier, provoquant la colère, puis la violence. Mais aussi l'incompréhension. Près d'un arrêt de bus, samedi matin, un chibani de 89 ans, originaire de Kabylie, partage ses interrogations devant cette poussée de violence : "Il y avait bien des petites bricoles avant, mais c'était pas méchant." Arrivé en France en 1946, il habite le quartier depuis 1973, après avoir travaillé dans les mines de charbon, dans le Nord. "Pourquoi ils ont cassé ça ?, s'interroge-t-il. Après, c'est nous qui payons." Ce matin, il voulait se rendre  à son jardin ouvrier. Impossible, faute de bus. D'autres habitants qui comptaient aller travailler ont dû se résoudre à rester chez eux; la première gare est à plus de 20 minutes à pied.


"La religion, ce n'est pas avec le voile, c'est avec le cœur"
A quelques mètres de là, "Abdislam" –c'est ainsi que souhaite se faire appeler ce Marocain de 65 ans – se dit musulman, mais "pratiquant sans barbe". En France depuis quarante ans, l'homme, pantalon sombre et gilet kaki, condamne les heurts qui ont suivi le contrôle de la femme voilée. "Je n'aime pas les femmes qui portent le voile. La religion, ce n'est pas avec le voile, c'est avec le cœur.
Dans le quartier, tout le monde n'est pas aussi ferme lorsqu'il s'agit de condamner les débordements, à l'image de ce jeune homme de 27 ans qui se considère comme "un grand du quartier". Pour lui, les violences sont celles de "gens révoltés", ce qui aurait plu à la socialiste Ségolène Royal qui en 2008 appelait à un "vent de révolte". Et le "grand frère" d'ajouter: "bien sûr, ils n'avaient pas à faire ça". "C'est un ras-le-bol de plein de choses", justife-t-il néanmoins.

"
Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça, surtout en plein ramadan, témoigne Mariam, une aide-soignante de 26 ans qui attend un bus pour aller au travail et tient un discours ambigü. Ça valait pas le coup." Elle se désole : "Il y a pourtant eu pas mal de travaux. Trappes commençait à devenir un endroit joli, mais on ne changera pas les gens..." Elle estime cependant que la femme voilée et son "mari" "n'avaient rien fait. Ils ont été touchés dans leur intégrité," juge-t-elle au final. 

"Chacun ses croyances, sa religion, poursuit cette musulmane qui se dit non pratiquante et qui ne veut pas avoir à connaître la loi de la République. Maintenant les femmes voilées ont peur de sortir seules et de se faire agresser par des jeunes ou par la police."

Le retraité, lui, dénonce la réaction de la femme voilée et de son mari 

"Je n'aime pas ça. A la douane, il faut montrer son visage pour passer. C'est comme ça, même en Algérie les douaniers ont le droit de vérifier pour connaître le visage.A quelques pas du commissariat, devant lequel restent stationnés une dizaine de camions de CRS, les commerçants commencent à installer leurs stands pour le marché. En déballant leurs affaires, beaucoup ont trouvé des cartouches lacrymogènes utilisées par les forces de l'ordre. Mamadou Diallo, 53 ans, qui vend des valises et vient au marché "depuis vingt et un ans", assure qu'il n'a jamais constaté de problèmes avec les femmes voilées, peu nombreuses par ailleurs.


Réactions politiques

Pour Benoît Hamon, ministre (PS) délégué à l'économie sociale et solidaire et ancien élu de la 11e circonscription des Yvelines, dont fait partie Trappes, "le devoir de l'Etat est de faire respecter la loi républicaine partout sur le territoire national et d'être intransigeant tant vis-à-vis des violences contre les policiers que vis-à-vis des actes de racisme qui se sont succédés ces dernières semaines". 
Et ce ministre socialiste de l'aile gauche du PS d'évoquer une décision judiciaire, ...a contrario ! "La condamnation à deux mois d'emprisonnement ferme des deux individus responsables de l'agression islamophobe contre une jeune femme voilée le 14 juillet dernier à Trappes en est l'illustration", écrit-il dans un communiqué, justifiant la révolte de la musulmane voilée. 

"Tout cela est le symptôme d'une France qui craque, estime Jean-Christophe Cambadélis. Sur son blog,  le député PS de Paris et candidat de la Ch'tite Martine Brochen-Aubry contre Harlem Désir est décidément très pro-musulman et remonté contre l'exécutif et l'opposition, encore 14 mois plus tard. La cohésion française abîmée par le sarkozysme est achevée par la relégation urbaine. Il faut bien sûr en appeler à la République, mais s'interroger sur ce qu'elle a à offrir à ses enfants comme modèle d'intégration, donc d'égalité. Et de conclure sur une condamnation de la politique du gouvernement, notamment celle de Valls: "Je crains que les discours de fermeté ne soient que des cautères sur une jambe de bois."

A droite, "La République se doit d''être implacable contre la violence communautariste plutôt que d'être dissimulée", écrit pour sa part Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes dans un communiqué. "Cette violence appelle de lourdes sanctions", affirme-t-il, estimant qu'"il faut que tous les républicains réagissent de façon unanime face à ces menaces qui minent notre pacte national". Selon M. Ciotti, "rien ne saurait excuser cette violence, inouïe et inédite, dans l'histoire de notre pays, contre les symboles de la République, à savoir la police nationale". "La loi de la République doit s'appliquer avec la même force et la même sévérité sur tout le territoire de la République", ajoute-t-il.

"Trappes est un territoire de la République, et l'Etat doit y faire respecter la loi. Le gouvernement doit réagir et ne plus faire peuve de laxisme", a réagi sur Twitter Christian Estrosi, député UMP et maire de Nice. 

Le gouvernement "doit avoir le courage de faire preuve de sévérité face à des voyous qui ne respectent rien et qui insultent les lois de la République", s'exprime dans un communiqué l'ancien ministre (UMP) de l'Intérieur Brice Hortefeux. Et d'ajouter : "Après une semaine catastrophique, aux antipodes du besoin de protection des Francais, je demande, par conséquent, au gouvernement de mettre au plus vite un terme à ce triple mauvais signal : celui de ses errements, de son inertie et de son idéologie."


jeudi 31 janvier 2013

Hollande et la montée du langage de la dissimulation vertueuse

Novlangue : ces tentatives de diversion sémantique qui peinent à masquer l'impuissance politique

André Bercoff dénonce l'hyprocrisie langagière élevée au rang d'art politique

On n’expulse pas les Roms : on les "raccompagne", on remplace la TVA sociale par la TVA "juste", on nationalise "temporairement", on défend le mariage "pour tous" sans pour autant permettre l'union d'un homme et d'une otarie.

Les premiers vagissements de 2013 sont résolument placés sous le signe de la "novlangue" 
(en référence à George Orwell pour son roman 1984) dénoncée par George Orwell. Tout se passe comme si, dans une démarche qu’il faut espérer résistible, les mots avaient changé de sens, et les sens, de mots. L’impuissance des politiques de gauche actuellement, de droite hier, à juguler le chômage et la dette, les conduit naturellement à faire diversion sur tous les fronts, et d’abord celui du vocabulaire


Force est d’avouer que, de ce point de vue, le gouvernement Hollande-Ayrault a opéré de fulgurantes avancées. En matière de sécurité, par exemple, on prend des mesures qui ressemblent à celles de Guéant, qui ont la couleur et le goût de Guéant, mais qui n’ont rien à voir avec les fachos sarkozystes : par exemple, on n’expulse pas les Roms, on les raccompagne. Ailleurs, on innove : il n’est pas question pour la gauche au pouvoir, de reprendre toutes les entreprises en difficulté : la ficelle serait trop grosse, et même un Mélenchon sait qu’on n’en a plus les moyens. D’où la tentative montebourgeoise de la "nationalisation temporaire". Synonyme industriel du "mariage provisoire" des salafistes nord-africains. Ou encore la TVA qui n’est plus sociale mais juste.
En matière sociétale, le "mariage pour tous" ne veut rien dire puisque la question soulevée est celle de l’union entre personnes du même sexe et non la possibilité d’un accouplement officiel d’un homme et d’une otarie. 

Au niveau de la pédagogie de l’exécutif, on atteint des sommets : le Premier ministre appelle à fonder un "nouveau modèle français" et nous affirme – bouleversante révélation - que nous sommes "à la croisée des chemins" ; la porte-parole du gouvernement déclare sans rire, que "l’imagination est au pouvoir". On s’en serait douté.

Novlangue partout, y compris évidemment à droite 

Jean-François Copé ravale son petit pain au chocolat devant le CFCM, dit que c’est un malentendu, sans s’excuser. Du coup, ledit Conseil qui n’a rien demandé, ne retire pas sa plainte et se constate, une fois de plus, l’assertion selon laquelle on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment
Hollande fait la fortune 
des concepts forgés
pour le roman 1984, 
tels que " Novlangue " 
et bientôt " Big Brother "
et la " Police de la pensée"
Quant à Marine Le Pen, elle se déclare résolument contre "le mariage pour tous", mais n’ira pas à la manifestation, qualifiant son apparente contradiction "d’acte politique courageux". Qu’en termes galants [ou choisis] ces choses-là sont dites, et ces intentions dissimulées…

Ce faux-culisme sémantique ne trompe, hélas, plus grand monde. 
Si le double langage des politiques existe depuis toujours, ses effets pervers apparaissent de plus en plus désormais au grand jour par l’hallucinante multiplication des sources d’information, des réseaux sociaux, de la capillarité vertigineuse d’Internet qui exhibe à la nanoseconde les trucages, et déshabille aussi vite les faux discours. 
Ce qui fait, en démocratie, de la pratique de la langue de bois, un exercice de plus en plus compliqué. La seule parade à cette orgie de langues de plomb, de mots-valises et du parler pour ne rien dire, serait que les politiques ne viennent devant les caméras que quand ils ont vraiment quelque chose à dire. On peut toujours rêver.

Rêver de sincérité ?


dimanche 9 décembre 2012

Filippetti, une mocheté à la langue de bois chargée ?

La ministre socialiste taxe jusqu'aux propos des Français

Jean-Pierre Elkabbach engagea le ministre de l'Intérieur à tenir la "langue de la vérité" sur Florange et la politique du gouvernement en matière d'emploi, lors d'un entretien au "Grand Rendez-vous Europe 1- i>Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France", dimanche matin.
"Bien sûr, commenta le journaliste, il faut essayer de sauver ce qui peut l'être à Florange, protéger les 630 salariés et leur famille. Mais ils vont être reclassés, il n'y a pas de plan social et ils vont être indemnisés. Et il ne faut pas oublier que les hauts fourneaux n'ont pas d'avenir d'après les spécialistes, et qu'il y a chaque jour en France 1 500 nouveaux chômeurs." Manuel Valls  ironisa alors, répondant à Elkabbach qu'il ferait un bon porte-parole du gouvernement. 

L'insolence de la presse est devenue intolérable à la gauche au pouvoir
Sur le même ton que le pouvoir apprécie chez Laurent Ruquier et ses chroniqueurs de l'émission "On n'est pas couché", l'impertinent journaliste s'autorisa une saillie: "Vous avez déjà une très jolie femme qui s'en occupe, avec une très belle langue de bois", répliqua-t-il, faisant référence à Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.


Une déclaration qui provoqua une remontée acide chez la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, connue pour un relationnel difficile avec les hommes. Chacun a gardé en mémoire les confidences de Filippetti à l'élue socialiste Anne Mansouret, mère de Tristane Banon, qui avait dû repousser les avances du lubrique Dominiques Strauss-Kahn. Lors de la plainte de sa fille contre DSK pour tentative de viol, l'élue de l'Eure qualifia DSK de "chimpanzé en rut pathologique aux initiales tristement célèbres", sans polémique ni poursuites, adressant à la jeune élue, qui était encore chez les Verts, ses amitiés "socialistes et féministes". Aurélie Filippetti adressa quelques conseils à sa consoeur: "Je pense qu'il est important pour elle de porter plainte, car cela transférera sa culpabilité sur lui et non plus sur elle." "En outre, précisa-t-elle encore, c'est aussi bénéfique pour d'autres femmes qui éventuellement pourraient être victimes du satyre.
C'est alors qu'elle dévoila une part de sa propre histoire, qui offre des similitudes avec celle de Tristane Banon: "Pour ma part, il m'avait invitée à prendre un café pour discuter, à cette fameuse adresse. J'en avais parlé à un copain qui m'a mise en garde en m'interdisant pratiquement de m'y rendre. (…) "


La ministre Vert-rosé vola au secours de la binationale
Unies par les métissages, les deux femmes sont en outre liées par la sororité féministe et la raillerie politique d'Elkabacb provoqua l'ire de la ministre de la Culture et de la Communication, qui voit dans sa fonction le moyen de régler des comptes personnels avec les hommes. Filippetti qualifia donc Elkabbach   de "machiste", tweetant sans qu'on lui demandât rien :

Jean-Pierre Elkabbach se défend de tout "machisme"

"J'invite la ministre de la Culture à consulter plus souvent la définition du machisme dans le dictionnaire. Cela lui aurait évité d'exprimer des remarques intempestives qui ne rendent pas service au combat des femmes que je soutiens depuis toujours", a-t-il rétorqué par communiqué. 
Et d'ajouter : "Pour ma part, je me garderai bien de faire un procès à Mme Filippetti en misandrie [sentiment sexiste d'aversion pour les hommes en général]. Par ailleurs, dénoncer la langue de bois de femmes ou d'hommes politiques, quels qu'ils soient, fait aussi partie de notre métier". Jusqu'ici.

Elkabach victime de DSK et des autres


Le 6 février 2009, Aurélie Filippetti , député PS proche de Désirdavenir Royal, avait porté plainte contre son compagnon , pour "violences entre conjoints". 

L'économiste Thomas Piketty, conseiller économique de Sa Cynique Majesté Royal lors de la campagne présidentielle 2007, fut placé en garde à vue en mars..Le lien vers Les Echos est brisé. Celui de Le Post (Huffington Post d'Anne Sinclair) ou ceux de PaSiDupes subsistent encore : Aurélie Filippetti souffre-t-elle de séquelles des violences de son compagnon ? 

Toutes les femmes battues ont-elles contre elles d'être des têtes à claques, mais pour elles, d'être de "très jolie femme, avec une très belle langue de bois" ?

Est-il permis de se poser  en outre la question de savoir pourquoi Aurélie Filipetti cumule toutes ces affaires sur sa personne ?

D'autant que
la ministre bicolore socialo-écolo qui a mieux à faire au moment où se joue l'avenir de Florange, circonscription de Moselle dont elle fut député, a également accusé Jérôme Cahuzac, son compagnon au gouvernement d'être une terreur !

Lien PaSiDupes - Cahuzac est-il la terreur des ministres du gouvernement ? : 
Cahuzac-Filippetti: le torchon brûle ".