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mardi 15 septembre 2015

Affaire du dessin de Chaunu: Aylan, à toutes les sauces aigrelettes

Depuis la tuerie de Charlie, le dessin de presse reste létale

Exercer une activité publique sans avoir à en assumer les contreparties, notoriété et déraillements ?
Dessin originel...
Suite à son dessin contesté du petit Aylan, FigaroVox offre à Emmanuel Chaunu la capacité de réagir après les insultes et les menaces dont il dit avoir été victime, alors que les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse auront lieu à Caen ce week-end.

Vous avez publié un dessin du petit Aylan qui a suscité de violentes critiques sur les réseaux sociaux. On reconnait la position du petit garçon dont la photo a fait le tour du monde, allongé ["échoué", face contre "terre", si on veut bien faire face à la réalité cruelle de la mort d'un enfant, tout en se portant au secours d'un dessinateur vivant] sur la plage [en fait, "une plage" de Turquie et non celle que fréquentent les familles qu'il ne sert à rien de culpabiliser]. Au dessus on peut lire: «C'est la rentrée». 
Que désiriez-vous dire à travers ce dessin?
[Allons-y, mais si son auteur doit s'en justifier, le dessin n'est-il pas raté?]
Emmanuel Chaunu: Quand l'image est diffusée, on est en plein dans le grand marronnier de la rentrée. [Aïe, ça démarre mal: la période est propice au grand n'importe quoi...] Les reportages sur le stress des enfants, les angoisses des parents etc. se multiplient. [Aveu de l'hypocrisie de la presse qui contribue donc à ce malaise pour faire du papier et combler le vide de l'actualité !] Puis, cette photo déclenche un tsunami émotionnel et nous bouscule, nous renvoyant aux angoisses un peu futiles de notre monde. [Quelles sont précisément ces futilités floues? Le chômage des Français? La hausse déguisée des impôts et la baisse réelle du pouvoir d'achat? L'augmentation de la mortalité sur les routes et la traque des automobilistes? Les mensonges de la presse partisane?] Je ne donne pas de leçon, je me brocarde aussi car on est tous égoïstes et, parfois, éloignés des réalités. [Autocritique vague et indulgente] Pour la rentrée et mon dessin pour L'Union, j'ai voulu rendre hommage à cet enfant qui est le nôtre. [Car nous sommes "citoyens du monde" et tous des "êtres humains": le discours dérape dans la philosophie de comptoir !] Alors que la rentrée des classes fait l'actualité, il y a la guerre et la montée de Daesh. Des peuples vivent ce que nous avons vécu en 1940. [en termes à peine voilés, Chaunu suggère l'exode des Français à l'incontournable "période la plus sombre de notre histoire", mais  l'exorciste s'écarte ainsi de l'actualité en évitant d'ailleurs de désigner les "nazis" qu'il évoque pourtant: le "dictateur" syrien ou les islamofascistes?]

Etes-vous surpris par la violence des réactions ?


J'ai été littéralement surpris par ces réactions incroyables. On a des gens qui réagissent de façon épidermique, sans analyse, se revendiquant de l'esprit du 11 janvier, alors que c'est beaucoup plus complexe que ça. [Les réactions incriminées sont de celles auxquelles on doit s'attendre en considération du sujet abordé, du choix du support internet et de l'ampleur de la cible recherchée.] Mon dessin n'est pas une caricature: on est plus proche du dessin publié au lendemain des attentats (où l'on voit des crayons transformés en poteaux d'exécution, ndlr) [qui  se revendique de l'esprit du 11 janvier ?] et dans le registre du symbolique et du poétique. [comment peut-on assumer une proximité avec le dessin et se retrancher derrière le "symbolique"? Quant à la poésie de la mort violente d'un enfant, il faut être Victor Hugo pleurant sur sa propre fille disparue...] L'enfant est restitué tel qu'il est sur la plage. C'est un dessin hommage. [Avec le cartable bien en place, pour faire plus symbolique et poétique...]

Que disent-elles de la société française?

Ce n'est pas attaché uniquement à la société française mais signe des temps, la toile est un vide-ordures, une grande décharge. [Chaunu y porte ses dessins -  ses encombrants, parfois - , à charge de ne pas participer à la pollution] Plus rien ne se structure. On lapide, on dégobille. [Une prise de conscience salutaire: Chaunu est-il en train de nous dire que les internautes sont des lanceurs d'alerte utiles ?] Il est temps d'analyser les réseaux sociaux, cette fantastique technologie. 
Que peut-on opposer à cette diarrhée du net? [Ne pas distribuer des produits pourris, par exemple !] 
Cela pose aussi la question du temps long et celui de la réflexion. [Emmanuel le dessinateur, fils de l'historien Pierre Chaunu, va-t-il réserver sa production à l'édition? Fini le numérique; retour au papier ?] On réagit de suite, simultanément, ne donnant pas le temps à la pensée de se construire. [Reproche valable pour les dessinateurs qui, à la différence des historiens, collent à l'actualité] Or, cette question du temps, on se la pose, dans notre métier de dessinateur, en même temps que nous surfons sur l'actualité. On est à la croisée des chemins.

A propos, le dessin reproduit par francetvinfo est amputé...
Dessin tronqué: pourquoi? (lien)
Pourquoi, croyez-vous, le service public a-t-il cru bon de censurer le titre malsain non tronqué en tête d'article? 

Ce week-end auront lieu les 5èmes Rencontres internationales des dessinateurs de presse à Caen
[où est né E. Chaunu], dont vous êtes l'un des organisateurs. Les premières depuis les attentats. Quel message voulez-vous y faire passer ?

Le Mémorial nous donne la chance de
pouvoir tous nous retrouver pour pouvoir échanger sur notre métier, notre passion. Des dessinateurs du monde entier seront présents. Mon message? le dessin de presse comme toutes les œuvres réclame un peu d'éducation: Il n'y a pas de caricature sans culture !
[Bienvenue aux lecteurs de Télérama: les ferrailleurs de grandes décharges et les raclures de vide-ordures y sont indésirables ...]

Chaunu dessine mieux qu'il ne se justifie, mais "peut mieux faire" toutefois, en cette rentrée des enfants des écoles et ce retour des marronniers. Il le doit, en hommage authentique et durable à tous les Aylan dont on ne parle pas. Et aux innocentes victimes des dessinateurs.

jeudi 30 juillet 2015

Cambadélis somme Sarkozy de "virer" un élu LR qui a partagé un dessin taxé de racisme

Police de la pensée: le patron du PS tombe dans le totalitarisme                         

Dans le premier secrétaire du Parti socialiste sommeillait le trotskiste.

Cambadélis a interpellé l'ancien chef de l'État, lundi soir sur Twitter.  

Nicolas Sarkozy (g) et Jean-Christophe Cambadélis (d).
Nicolas Sarkozy (à gauche) et
Jean-Christophe Cambadélis (à droite)
Il reproche à l'ancien président de ne pas partager sa lecture d'un dessin politique relayé par l'adjoint au maire de Levallois-Perret, Philippe Moisescot, en charge des Sports.
"La France de Pépère. Merci à nos amis socialistes." C'est de cette légende que l'élu les Républicains des Hauts-de-Seine  a accompagné cette perspective à court terme représentée par un dessinateur politique qui a le défaut de ne pas faire partie de l'équipe de Charlie hebdo. Le dessin qu'il a relayé lundi sur Twitter montre une file d'attente de plusieurs hommes à barbe en djellabas et de femmes  musulmans revêtues de voiles. Ils  semblent stupéfait de voir un homme blanc qui balaie le caniveau et qu'ils identifient à la fois comme un "travailleur"  et comme un "étranger" en France.
Choquant que le Blanc ait un emploi ?
Cambadélis craint de se projeter et nie un possible changement de société
Ce message, qui accrédite sans détour la très controversée théorie du "grand remplacement" - associée à celle de "La Grande Déculturation" par l'école -  , selon laquelle le peuplement européen pourrait être remplacé par une population non européenne, ne semble toutefois pas perturber l'élu outre mesure.   
Le Lab d'Europe 1 cite deux internautes au hasard (du type ci-contre !) et contacte l'élu qui doit se justifier: "Malheureusement, il n'y a que la vérité qui fâche. Allez voir dans le 9-3! Je ne suis pas plus raciste qu'un autre mais ce dessin, c'est tristement vrai. J'ai des amis musulmans. Il y en a, ça va. Mais d'autres non", argue-t-il, citant "tous les Marocains qui ne veulent pas travailler (et) viennent en France pour toucher les allocations". LIRE Le Figaro du 16 juillet 2015: "Les patients résidant à l'étranger ont laissé une ardoise de 120 millions d'euros à l'AP-HP en 2014"

Huyghe voit "autre chose à faire que s'occuper de caricatures imbéciles"
Une observation  très peu goûtée par le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui n'a jamais travaillé de sa vie. Le "trotskiste un jour, trotskiste toujours" a exigé du prédécesseur de Hollande, mardi soir sur Twitter, qu'il prenne des mesures disciplinaires à l'encontre de l'intéressé. "Quelqu'un pourrait-il réveiller Nicolas Sarkozy dans son luxueux hôtel corse [où il se trouve actuellement en vacances, selon Le Canard Enchaîné] pour qu'il vire l'élu Philippe Moisescot et ses dessins racistes?", a-t-il ainsi sommé  "son homologue des Républicains".
Quelqu'un pourrait-il nous dire si l'homologue a déjà été élu à la Présidence (et le sera jamais) ?

L'agressé n'a pas encore pris la peine de se pencher sur l'oukaze de Kosta
Il affirme même souvent "ne pas se souvenir du nom" du socialiste. Et il est préférable de ne pas mettre un nom sur l'ex-président (1978-1984) de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Cambadélis avait d'ailleurs fait également partie -avec le député socialiste Jean-Marie Le Guen -aujourd'hui secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement- de la jeune garde qui s'empara de la MNEF au début des années 1980 également mis en examen pour un présumé emploi fictif. Le secrétaire d'Etat de Valls avait été mis en examen pour avoir accepté d'une autre mutuelle 330.000 francs de 1994 à 1996, sans contrepartie de travail effectif. Les juges lui reprochèrent près de 1,5 million de francs qui auraient été indûment perçus. Jean-Christophe Cambadélis a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20.000 euros d'amende, pour une supposée mission de conseil sur les étudiants étrangers, entre 1991 et 1993. 
A la place du patron, c'est le porte-parole des Républicains, Sébastien Huyghe, député du Nord, qui est monté au créneau sur le réseau social. "Quelqu'un peut-il réveiller Cambadélis, Hollande et Valls? Chômage record, les déficits dérapent... Et eux sont dans l'autosatisfaction", a-t-il d'abord lancé.
Sébastien Huyghe estime en outre qu'il y avait "autre chose à faire que de s'occuper de telles caricatures imbéciles."

vendredi 8 mai 2015

"L'esprit Charlie", une imposture, selon Emmanuel Todd

"Qui est Charlie?" Cinq citations pour comprendre le livre controversé d'Emmanuel Todd 

L'anthropologue revient sur les événements qui ont suivi les attentats islamistes de Paris
L'anthropologue Emmanuel Todd publie "Qui est Charlie ?" (Seuil), une étude sociologique sur les manifestants du 11 janvier 2015.
dans son dernier essai "Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse" (Seuil) pour y dénoncer “l’imposture” des manifestations.

"Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 un accès d’hystérie." Quatre mois après les manifestations du 11 janvier, qui ont réuni plus de quatre millions de Français, l'anthropologue et historien Emmanuel Todd partage sa vision de la 'France de Charlie'. Dans Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse, publié le 7 mai, il analyse les fondements de "l’hystérie collective" et du "flash totalitaire" qui ont caractérisé, selon lui, les rassemblements qui ont suivi les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

A l’aide de cartes et de statistiques, Emmanuel Todd décortique les origines sociales des manifestants, et s'efforce de percer leurs motivations, une méthode aussitôt critiquée par le géo-politicien Jacques Lévy ou le démographe François Héran, dans Libération. Les manifestants, pris individuellement, "avaient de bonnes têtes, étaient sympas, ne disaient rien d'horrible"explique l'auteur. Mais en défendant les caricatures de Mahomet, ils auraient fait preuve d'islamophobie et de repli sur soi.


Cinq citations permettent de comprendre, étape par étape, le cheminement de sa vision.

1- La perte d'influence du catholicisme a laissé un grand vide

La citation : "Le basculement de la France dans l'incroyance généralisée (...) pose des problèmes d'équilibre psychologique et politique à la population." 

Explication : La France de 2015 est "un pays de sceptiques". Selon Emmanuel Todd, l'effondrement du catholicisme a provoqué une perte de sens en France. Pour expliquer ce phénomène, l'auteur remonte aux années 1960. A cette époque, la France vit une période de "déchristianisation" qui s'illustre en partie par une baisse de la fréquentation des églises et par l'augmentation du nombre d'enfants nés hors mariage. La religion catholique servait d'unité et de socle de valeurs communes entre les Français, souligne l'auteur. Sa disparition a provoqué un "vide existentiel" dans la population. 

2- Ce vide doit être comblé par un bouc émissaire : l'islam

La citation : "L’athéisme est générateur d’angoisse, la population de l’Hexagone est en risque métaphysique et donc à la recherche d’un adversaire structurant, d’une cible : l’islam.

Explication : Les pancartes brandies le 11 janvier en faveur de la liberté d'expression ou contre l'intégrisme religieux masquent une autre motivation plus implicite : l'islamophobie. "L'esprit Charlie" que Valls et Hollande veulent entretenir est-il en fait islamophobe ? 
En défendant le droit de caricaturer Mahomet, en demandant que l'Etat "sacralise une image de Mahomet en forme de bite" (selon Emmanuel Todd), les manifestants ont voulu écarter les musulmans de la République. Ce serait d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Barack Hussein Obama n'a pas fait le déplacement de Paris. 
Pour l'auteur, le rassemblement du 11 janvier n'est pas égalitaire ni universel, comme il le prétend, puisque la demande des libertaires du droit de blasphémer le "personnage emblématique" d'une"religion minoritaire et opprimée" est, pour l'auteur, un moyen d'affirmer "sa domination et son droit de cracher sur la religion des faibles." Si tant est que les auteurs d'enlèvements, d'égorgements et de tueries soient des faibles sans défense.

3- Cette islamophobie est portée par les relents des valeurs du catholicisme

La citation : "Ce qui a marché en tête des manifestations, ce n’était pas la vieille laïcité, mais une mutation des forces qui avaient autrefois soutenu l'Eglise catholique, c’est le catholicisme zombie." 

Explication : Toute la France n'a pas manifesté le 11 janvier. Emmanuel Todd rappelle que "seuls" 4 millions de Français sur 65 millions sont descendus dans les rues après l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo. A l'aide de cartes répertoriant les régions les plus mobilisées lors des manifestations et de données socioprofessionnelles de l'Insee, le démographe dresse le profil type du manifestant: un cadre supérieur appartenant à la classe moyenne supérieure, un bourgeois "catholique zombie" de gauche. Si Todd dénonce la supposée islamophobie larvée du moment, c'est en fait pour stigmatiser notre civilisation judéo-chrétienne composite, faite de bourgeois  privilégiés et d'intellos, qu'ils soient Chrétiens, athées ou libre-penseurs.

Pour l'auteur, cette étrange expression de "catholicisme zombie" est l'empreinte des valeurs catholiques chez les individus, parmi lesquelles il mentionne la hiérarchie, l'obéissance et l'inégalité. A travers deux cartes, il montre que les régions les plus marquées par le catholicisme – la Bretagne, Rhône-Alpes (mais alors les Chrétiens, s'il ne faisait pas l'amalgame catholiques/protestants), l'Ile-de-France – sont aussi les régions qui se sont le plus mobilisées le 11 janvier au nom de la laïcité et de la liberté d'expression. Et en effet, la région PACA ne s'est guère sentie concernée par le massacre de 12 libertaires au siège de Charlie hebdo et de 5 Juifs au magasin casher. Vauzelle (PS) s'est d'ailleurs dit "fier d'être président de la plus grande région musulmane".

Emmanuel Todd souligne le paradoxe, puisque ces mêmes régions étiquetées "catholiques zombies" sont celles qui ont été les plus réfractaires à la Révolution de 1789, qui ont le plus soutenu l'Eglise catholique, qui se sont opposées à la laïcité, qui ont été le plus anti-dreyfusardes à la fin du XIXe siècle. Les Français sont donc plus profondément et intimement catholiques qu'il n'y paraît, lors des pointages (statistiques autorisées) aux sorties des églises. En somme, la France, république laïque et terre d'immigration, serait restée imperméable aux courants révolutionnaire et islamique. Et c'est dérangeant ? 
Todd est saisi d'un doute sur notre modèle d'organisation nationale qui permettait jusqu'ici d'assurer une cohérence dans une grande diversité. L'intrusion islamique -et en l'occurrence, islamiste- perturbe à la fois ce modèle et Todd: la conquête ne se passe pas sans résistance et sans heurts, insidieusement, comme il voudrait. Mais n'est-ce pas la méthode musulmane qui est en cause ?

Allié à l'islamophobie nouvelle, comme à l'antisémitisme dont les Français sont déjà si souvent accusés depuis des lustres, cet héritage culturel forme donc une "néo-République", un mélange de laïcité et d'acceptation des inégalités prôné par une partie de la France, à majorité socialiste, dont les manifestants faisaient partie, du point de vue d'Emmanuel Todd, au travers de son prisme marxisant.

4- Les "Charlie" favorisent aussi l'antisémitisme

La citation : "Il est clair qu'assassiner des enfants ou des hommes, simplement parce qu'ils sont juifs, est plus ignoble que de massacrer une rédaction engagée dans un combat."

Explication : Selon Emmanuel Todd, Charlie est donc athée, mais imprégné de culture catholique (et non plus "judéo"-chrétienne ?), à la façon de l'ado qui veut tuer le père pour exister, islamophobe refoulé, artisan des inégalités. 
Pire, la manifestation aurait directement favorisé la montée de l'antisémitisme dans les communautés noire et arabe de confession musulmane. Dans un entretien au journal Libération, le démographe développe son raisonnement : "C’est logique, la montée d’une passion religieuse islamophobe (...) ne peut que raviver, inévitablement, toutes les passions religieuses et finalement cibler la religion des autres minorités, conduire donc à l’antisémitisme. C’est ce qui se passe.
Malgré l'apparente compassion, au-delà des signaux sans portée et des propos creux de circonstance, les virevoltes de l'exécutif ne réalise pas la synthèse et brouillent les bonnes intentions plaquées : en voulant donner des gages aux Juifs et aux anarcho-révolutionnaires qui meurent sous les tirs de kalachnikov, mais aussi aux Chrétiens dont les églises sont profanées, sans condamner, ni même responsabiliser, les cadres du culte musulman, le pouvoir socialiste entretient la confusion. Soumise au dogme de la laïcité, la gauche est, dans tous les cas de figure, désarmée, que ce soit face à la montée de l'islam ou de l'islamophobie, dont les populations chrétienne et juive pâtissent profondément, puisque porteuses de l'ADN contraire.

Même si Emmanuel Todd rappelle que les manifestants sont individuellement de "bons gars", il suggère que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Le chercheur affirme que les #JeSuisCharlie sont passés à côté des vrais enjeux des attentats contre Charlie Hebdo : "Les manifestants ne sont plus réunis pour dénoncer ce qu'il y avait de plus grave, l'antisémitisme [les attentats de l'Hyper Casher, les tueries perpétrées par Mohamed Merah] et le danger croissant auquel une religion minoritaire, le judaïsme, doit faire face, car tout baigne pour les chrétiens (fusse dans le sang du Proche Orient) mais pour sacraliser la violence idéologique faite à une autre religion minoritaire : l'islam.
Pour l'auteur anti-sionniste et pro-palestinien, Charlie a réussi "au terme d'une gigantesque partie de billard sociologique, à mettre en danger les Français juifs en menaçant les Français musulmans." Ainsi, en dépit des réactions de musulmans hostiles qui ont saccagé des églises, partout à travers  le monde musulman, les Chrétiens restent un détail de l'Histoire, selon Todd. Contre l'incroyance et au nom de l'égalité sociale, il suggère la solution musulmane comme alternative au catholicisme en voie d'extinction...

5- Les manifestations ont fait le jeu du Front national

La citation : "Cette classe moyenne confite de bonne conscience qui a, par son égoïsme et son mépris, autorisé le pourrissement au bas de la société française et qui persiste, jour après jour, à condamner des catégories entières à la relégation sociale dans laquelle elles auront tout loisir de recuire leur frustration et leur rage."

Explication : Pour Emmanuel Todd, l'unification de "la France d'en haut" par l'immobilisme supposé face à l'antisémitisme et son "phobisme religieux" vis-à-vis de l'islam, et l'exclusion d'une partie de la population (ouvriers, habitants des banlieues) lors des manifestations, comme si une quelconque tranche avait été chassés des rues, singulièrement dans les quartiers, ont accentué le pouvoir de l'extrême droite et "ouvert les vannes à une nouvelle poussée du FN." Le chercheur serait plus crédible si ce fameux 11 janvier, il avait quitté son bureau et sa télé. Malgré l'âge, le sexagénaire n'a toujours pas tué le père et reste soumis à l'idéologie de son adolescence comme à son propre héritage culturel. 

Au premier rang lors de la marche du 11 janvier, François Hollande incarne, pour Emmanuel Todd, cette "gauche catholique zombie" qui a renoncé à défendre les inégalités et qui favorise la montée du FN.

Quand l'idéologie brouille l'esprit, est-on crédible et un chercheur fiable ?
En rapprochant les origines sociales et géographiques du président – né à Rouen d'un médecin catholique d'extrême droite et fils d'une assistante sociale de gauche – et ses choix politiques (la monnaie unique, "l'acceptation" d'un taux de chômage à 10%...), Emmanuel Todd explique que François Hollande incarne une gauche "xénophobe objective", une gauche qui n'est pas consciente d'être xénophobe. 
Guidée par des valeurs autoritaires héritées du catholicisme, "hiérarchie, obéissance, matriarcat" -on tombe dans la caricature au trait épais-, cette gauche ferait ainsi le jeu du FN. Rappelons qu'Emmanuel Todd avait appelé à voter pour François Hollande en 2012.
Encore un déçu, avec l'aigreur en sus...

dimanche 21 juillet 2013

Contrôle de burqa et émeutes de Trappes: Valls et la stratégie de l'évitement

Valls "ne doute pas" du respect des policierspour la femme voilée de Trappes  

Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, tombe volontiers dans la panneau de la controverse

Abribus incendié

Il semble apporter son soutien aux policiers de Trappes
"C'est inacceptable qu'une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire s'en prenne aux forces de l'ordre", a-t-il déclaré dimanche, répétant ce qu'il a souvent dit: "Ce voile qui nie l'identité même de la femme n'a pas lieu d'être dans l'espace public".

Une femme intégralement voilée a refusé de se laisser contrôler et l'opération de respect de la loi a dégénéré jeudi à Trappes et s'est conclu par l'interpellation du "mari", un Français (sic) de 21 ans converti à l'islam. Selon le procureur, cet jeune homme à peine majeur a agressé un policier qu'il a tenté d'étrangler.

Mais le ministre contourne la loi qu'il est censé faire respecter par la femme voilée
Valls a dit ne pas douter "un seul instant" de l'attitude respectueuse des policiers lors du contrôle d'une femme entièrement voilée à Trappes qui a été suivi de violences contre le commissariat de la ville. "Je ne doute pas un seul instant que c'est ce qu'ont fait ces policiers" lors du contrôle qui a mis le feu aux poudres dans cette ville des Yvelines, a-t-il ajouté à BFM TV. Et pourtant ! 

En fait, le dur nuance son propos et mollit en versant dans le compromis démagogique

La loi interdisant le port du voile intégral "doit s'appliquer avec discernement, avec le respect des personnes. C'est en ces termes que le velléitaire ouvre la porte par laquelle le collectif contre l'Islamophobie en France peut s'engoufrer. 
Association loi de 1901 dont la liste des membres est "confidentielle", ce collectif milite pour le port du voile islamique depuis 2003 et incarne un " islam identitaire agressif […]. Conduit par une jeune génération de musulmans nés en France, il s'est affranchi des grandes fédérations instituées et travaille en réseau avec une stratégie médiatique moderne, peu soucieux des questions du culte, mais en pointe pour une présence musulmane dans la société civile", selon un expert cité par Le Figaro.


La version de la femme en burqa citée par le Collectif  accuse les forces de l'ordre de l'avoir provoquée en la contrôlant. 

Jeudi soir à 21 h 50, trois policiers, en mission de sécurisation près du square Albert-Camus, constatent, selon le rapport de police que le JDD a pu consulter, l'arrivée d'une "personne vêtue d'un vêtement noir sur l'ensemble du corps et d'une pièce de tissu de couleur noire masquant son visage et ne laissant apparaître que ses yeux". 
Pour la suite, deux versions s'opposent. Celle, à charge, privilégiée par les media, a été transmise aux responsables du site Internet du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en Francepar la contrevenante, Cassandra B., 20 ans, sous le nom de Hajar. Selon celle-ci, le contrôle aurait dégénéré à cause de l'un des policiers qui aurait bousculé sa mère, entraînant une réaction de son mari. "Le policier a alors dit à mon mari, de manière très agressive et en bombant le torse : 'Tu vas faire quoi?' Je me suis interposée entre eux pour que ça ne dégénère pas," raconte la militante, se donnant le beau rôle. Et de dénoncer le langage "agressif" des policiers à son égard. "Il m'a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant : 'C'est à moi que tu parles? C'est à moi que tu parles, hein?' Une fois dans la voiture, ils nous criaient dessus comme si on était des chiens. Ils menaçaient mon mari en disant “Qu'est-ce que tu vas faire maintenant, p'tite tafiole, hein ?”, tout cela avec les poings serrés et en donnant des coups dans la voiture. Une fois arrivés au commissariat, les agents m'insultent de fantôme. Je ne cesse pas de demander à Dieu de l'aider contre cette violence…"

La version policière est quelque peu différente.
Le couple, accompagné de la mère de la fille et d'un bébé, aurait, selon cette version, commencé par ignorer les injonctions,
avant de percuter avec la poussette le fonctionnaire qui s'est placé devant et de refuser "catégoriquement" tout contrôle. "Allah est grand, il va te réduire en poussière, fils de pute. Touche pas à ma mère !", aurait dit la jeune femme au fonctionnaire qui s'occupait de sa mère venue s'interposer. Puis son compagnon s'en serait mêlé lorsqu'un policier aurait saisi la jeune femme par le bras : "Toi, tu touches pas à ma femme, fils de pute." Puis, selon le rapport de police, "l'individu saute au cou du fonctionnaire et lui porte un coup de poing à la pommette droite", avant de "l'étrangler par l'arrière". Une version reprise par le procureur de la République. "Plusieurs jeunes du quartier entourent les policiers sans leur être hostiles" (sic), stipule encore le télégramme signé du contrôleur général Jean-Marie Salanova, directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines.

Le laxisme du ministre ouvre la voie à la polémique

Le lendemain de ce contrôle,
près de 400 personnes s'en sont prises au commissariat de Trappes où l'homme était en garde à vue, jettant des pierres, brûlant des poubelles et des abri-bus. Malgré les renforts policiers, la nuit de samedi à dimanche a de nouveau été émaillée d' "incidents", notamment une vingtaine de voitures incendiées
Les violences urbaines se sont même étendues de Trappes dans les Yvelines à Elancourt et Guyancourt. Lors du bac professionnel hôtellerie 2013 dans cette dernière commune, les épreuves avaient été interrompues par un incendie, 90 minutes après la distribution des sujets.

Dans ce contexte,
l'ambigü Manuel Valls a lancé un nouvel appel "au calme", alors qu'un adolescent a été gravement blessé à l'oeil. 
"Cette nuit encore, les familles le savent, les enfants doivent rester à la maison", a-t-il dit en qualifiant ces émeutes d'"inacceptables".
Mais chacun "doit avoir son examen de conscience et ne pas en rajouter comme font certains responsables de l'opposition", a polémiqué le ministre foireux, lançant : "Attention aux propos que l'on tient sur les banlieues, sur l'islam avec les amalgames permanents. Je ne confonds pas ces incendiaires avec l'immensité majorité des quartiers populaires (...) et encore moins avec l'immense majorité des musulmans."

Le démagogue évite en revanche d'évoquer le couple rebelle à la loi de la République.
Parce qu'elle doit allaiter son bébé, Cassandra a été remise en liberté avec une convocation ultérieure. 

Quant à son mari,
Michael K., 21 ans, il a été placé en garde à vue au commissariat de Trappes, d'où il a été exfiltré vers celui de Versailles vendredi vers 22 heures, alors que 200 personnes exigeaient sa libération. Il a finalement été relâché hier après avoir été placé sous un contrôle judiciaire qui lui interdit de fréquenter Trappes. Le jeune homme, domicilié en Seine-Saint-Denis, sera jugé en septembre.

En juin dernier, le militant pacifique anti-mariage homosexuel de La Manif pour Tous,
Nicolas Buss, 23 ans, a en revanche été condamné à deux mois de prison ferme pour rébellion, en comparution immédiate
La condamnation avait été assortie d'un mandat de dépôt, ce qui signifie que le jeune homme avait été expédié directement en prison à la sortie de l'audience.

samedi 14 avril 2012

Hollande à la faute: il interfère dans l'affaire Cassez

L'entourage de Florence Cassez condamne son envoi d'un émissaire au Mexique


Couac: l'impatient candidat Hollande cherche à récupérer la prisonnière


Un ancien ministre socialiste, Michel Vauzelle, se prête à sa manoeuvre politicienne

Le président de la région PACA se rend samedi au Mexique, comme émissaire du candidat socialiste à la présidence française, François Hollande. 

Un monsieur-bons-offices qui polémique

Il déclare vouloir "réparer le climat" créé par l'affaire Florence Cassez et cette initiative intempestive  est d'autant plus vivement condamnée par l'entourage de la prisonnière française.

Moscovici se défend de toute mauvaise intention

"Il ne s'agit en aucun cas de s'immiscer dans cette affaire", a assuré Pierre Moscovici, directeur de campagne de M. Hollande.


Hollande court-circuite le vote des Français


Le candidat agit en président

Moscovici s'y croit déjà, annonçant froidement que Michel Vauzelle se rend au Mexique samedi pour préparer le sommet du G20 organisé dans ce pays les 18 et 19 juin:  sans attendre le 6 mai, il considère  le candidat du PS déjà élu et estime  par avance devoir "réparer le climat" créé entre les deux pays par l'affaire Florence Cassez.

L'avocat de la Française condamne cette démarche

Furieux, Me Berton a dénoncé une "initiative totalement électoraliste" qui va à l'encontre des intérêts de la jeune condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour des enlèvements, .
Une interférence sans aucune concertation avec la famille
"Hollande est en train de mettre au premier plan Florence Cassez dans la campagne" présidentielle française, "dans le dos de Florence Cassez, de ses parents, de sa défense", a-t-il observé Me Berton, alors que Hollande fustige chaque action du président-sortant l'accusant de les médiatiser.
"Pourquoi maintenant, quelle est l'urgence ?", s'est-il interrogé, accusant le candidat socialiste de "sacrifier Florence Cassez en envoyant un émissaire dans une affaire qu'il ne connaît pas".

Moscovici rétropédale

Le directeur de campagne assume a faute et blanchit le candidat
"Jamais François Hollande n'a souhaité qu'on s'immisce dans cette affaire", a affirmé Moscovici, ancien ministre des Affaires européennes. Le malveillant tente de faire croire à la volonté du candidat à la présidence française d'instaurer avec le Mexique des relations fondées sur "le respect".

L'équipe Hollande a craint la libération de Florence Cassez
Il a précisé que le déplacement de M. Vauzelle avait été décidé il y a quelques semaines lors d'un déjeuner avec l'ambassadeur du Mexique à Paris. C'était donc au moment où la Justice mexicaine envisageait la libération de la Française en pleine campagne présidentielle.
Le directeur de campagne (et de la propagande  communication) de F. Hollande s'est justifié en invoquant "un traitement trop spectaculaire", à son avis, du cas de Florence Cassez par Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui a, selon lui, "empoisonné les relations" franco-mexicaines.

Un mauvais coup à Florence Cassez pour nuire à Sarkozy


Le président sortant Nicolas Sarkozy s'est fortement impliqué pour obtenir sa libération.

La première chambre de la Cour suprême du Mexique a rejeté le 21 mars une proposition de libération immédiate de Florence Cassez, mais elle a nommé un nouveau rapporteur sur ce dossier.
Arrêtée en novembre 2005, accusée d'enlèvements, délinquance organisée et port d'armes prohibé, la Française de 37 ans a été condamnée par la justice mexicaine à 60 ans de prison.

La défense de la jeune Francaise s'indigne
"Je ne suis ni pro Sarkozy ni pro Hollande; je suis un avocat indépendant", a précisé Me Berton, qui a rappelé que le chef de l'Etat a soutenu pendant cinq ans la jeune femme.

La famille dit sa colère contre la machiavélique offensive de Hollande
"Je suis en colère", a déclaré la mère de Florence, Charlotte Cassez, pour qui, "le 21 mars, il y a eu une décision au Mexique extrêmement importante, qui a ouvert une brèche. La France n'a pas à s'en mêler."

Hollande sacrifie-t-il la prisonnière  pour  une opération politicienne ?
"Qu'on ne se serve pas de ma cliente à une semaine du premier tour de la présidentielle", a ajouté Frank Berton.

Le PS est en recherche d'un grand coup médiatique

Un député socialiste, Arnaud Montebourg, doit rencontrer mardi les familles de deux otages français enlevés au Niger en janvier 2011, dossier dans lequel Me Berton intervient également.
"Et dans l'affaire du Carlton, ils envoient qui ?", a-t-il ironisé, en référence à l'affaire dans la quelle est impliqué l'ancien responsable du FMI Dominique Strauss-Kahn.

Hollande fait l'unanimité contre lui

Bernard Cassez, père de la prisonnière française, s'est déclaré "surpris" de cette démarche et a estimé lui aussi que sa fille ne devait pas faire "l'objet d'une campagne électorale".

mardi 1 novembre 2011

Denise Bombardier n'a aucune indulgence complice pour Dominique Strauss-Kahn

Anne Sinclair n'est pas un exemple à suivre

Les comportements du couple Strauss-Kahn dépassent l'entendement

Dans l'émission 5 minutes avec..., la chroniqueuse Denise Bombardier a commenté sévèrement l'affaire Dominique Strauss-Kahn au micro de Pascale Clark, journaliste de France Inter.
Denise Bombardier s'insurge contre la banalisation du harcèlement sexuel et contre le fait que des hommes et des femmes en vue n'ont jamais tenu compte de la victime. Elle parle du machisme de la société française.
VOIR et ENTENDRE Denise Bombardier, le 20 mai 2011:

Denise Bombardier par franceinter

Journaliste, essayiste et chroniqueuse au journal 'Le devoir' à Montréal, Denise Bombardier (née le 18 janvier 1941 à Montréal (Québec, Canada) est aussi romancière et animatrice de télévision. Elle a travaillé pour la chaîne de télévision francophone Radio-Canada pendant plus de 30 ans.
" Mes projets sont donc des projets d’écriture. On m’a proposé d’aller travailler en France pour les stations de radio RMC et BFM, mais on ne s’est pas encore entendus sur le cachet. Ça serait notamment pour une émission qui s’appelle Les grandes gueules, tous les jours pendant trois mois au cours des présidentielles ", ajoute-t-elle.

jeudi 30 décembre 2010

Delanoë se défend dans l'affaire des logements sociaux à Paris

Le maire PS récuse les chiffres bruts du journal Les Echos

La controverse

Le quotidien d’information économique et financière Les Echos a affirmé mardi que Paris, Neuilly et Nice sont les trois mauvais élèves du logement social et qu'ils ont dû s'acquitter de lourdes amendes. Les trois municipalités ont répliqué, soutenues par le ministère.

Il fallait en effet distinguer l'esprit de la loi et la lettre
La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU)
Le dispositif adopté en novembre 2000 concerne les villes de plus de 3500 habitants. Il prévoit l'obligation d'atteindre 20% de logements sociaux et des amendes pour les municipalités qui ne compteraient pas au moins un logement considéré comme social sur cinq. Conscient de la difficulté pour certaines communes d'atteindre immédiatement cet objectif, les parlementaires ont prévu plusieurs recours.
La lettre est plus complexe
D'abord, le montant de l'amende est plafonné à 5% du montant des dépenses réelles de fonctionnement, pour éviter que de modestes mairies aient à s'endetter pour payer leur dû.
Ensuite, les élus locaux s'appuient sur la possibilité de déduction de dépenses liées au logement social, prévue dans l'article L302-7 du code de la construction et de l'habitation. Plus ce budget est important, plus le montant de l'amende réelle diminue. Et cela pour ne pas pénaliser les villes, qui partent de loin, mais qui manifestent la volonté de rattraper leur retard jusqu'en 2020, date limite pour atteindre les 20%.

Ce dispositif est méconnu
En 2008, Rue89 faisait l'amalgame entre toutes les communes de la Côte d'Azur et sur la base de données brutes et ...démagogiques. L'erreur n'est humaine que lorsque la gauche la commet: lien Rue89


Il est donc inexact d'affirmer que Paris est la ville la plus pénalisée de France pour non-respect de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain), comme le faisait 'Les Echos' de mardi dernier. Il n'y a certes que 16% de logements sociaux dans la capitale - et donc 46 000 habitations manquantes - et l'amende est en effet de 15,1 millions d'euros, mais l'effort de la municipalité - qui a dépensé plus de 152 millions pour combler son retard - est pris en considération. C'est ce qu'indique, noir sur blanc, la préfecture de Paris. En conséquence, le " montant du prélèvement net " est nul.

La municipalité de Nice, également épinglée par Les Echos, recourt sensiblement aux mêmes arguments. "La somme allouée pour la production de logements [sociaux] sera supérieure au montant des pénalités prévues." Avec un argument supplémentaire: " Christian Estrosi a été élu maire en mars 2008 et il a dû assumer, cette année là, les choix de la précédente municipalité."

"Les seules amendes prévues par cette loi concernent les communes qui ne financent pas suffisamment de logements sociaux au regard de leur potentiel fiscal notamment (...) Cette notion d'amende 'théorique' n'existe donc pas et est même une dénaturation pure et simple du sens de la loi," s'insurge le maire de Paris dans un courrier à Benoist Apparu.
Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a d'ailleurs confirmé les explications de la municipalité socialiste: " C'est une amende théorique. En raison des fonds propres consacrés par Paris au logement social, la Ville n'a rien à payer."




Campement du Colonel Mouammar Khadafi

Hôtel Marigny, Paris






Le maire de Paris crée une polémique

B.Delanoë en a profité pour accuser ce mercredi le secrétaire d'Etat au Logement d'avoir fait "un contresens, voire une forme de manipulation" en évoquant un montant d'amendes "théoriques" pour non-respect du quota de 20% de logements sociaux par certaines communes.

Il estime en outre qu' "évoquer de la même manière Paris, Neuilly-sur-Seine et Nice relèverait de la manipulation pure et simple".
"Paris est passé de 2001 à 2010 de 13% à 17% de logements sociaux, la ville de Neuilly ne compte à ce jour que 3,6% de logements sociaux et la ville de Nice a effectivement payé une amende", rappelle-t-il.

Bertrand Delanoë ajoute que "la question du logement dans notre pays est suffisamment grave et sérieuse pour éviter de créer de la confusion" et estime que "plusieurs informations gravement inexactes" auraient été diffusées par le ministère.
Et de conclure: " Paris entend atteindre les 20% de la loi SRU dès 2014, soit avec 6 ans d'avance, au terme d'un effort sans précédent ni équivalent en France ".

La loi SRU n'est donc pas si contraignante que cela

Les recours ne manquent pas et, en publiant les données brutes, Les Echos ont donc omis cet effet de rattrapage.

Dans le cas de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin évalue à "environ 12 millions d'euros les subventions versées aux bailleurs sociaux". Le maire n'a donc pas eu à payer ses 3,3 millions d'amendes.

Devoir de mémoire: affaire des HLM de Paris
Liens PaSiDupes:
2- le PS Jean-Yves Mano cumule la RIVP et l'OPAC
Le socialiste
Delanoë est responsable, mais jamais coupable.