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jeudi 24 octobre 2019

101 musulman(e)s signent une tribune contre le port du voile islamique en France

Ces musulmans affirment que "voiler les femmes, c'est stigmatiser leur présence dans l'espace public": sont-ils islamophobes ? 

Ces 101 personnalités musulmanes soulignent que le voile n'est pas un pilier de l'islam. 

Dans une tribune publiée par le magazine Marianne, en réponse à la lettre ouverte publiée dans Le Monde où 90 personnalités n'hésitent pas à accuser de haine contre les musulmans ceux de leurs pairs qui dénoncent le port du voile, 101 musulmans et musulmanes ont signé une tribune dans le magazine Marianne, pour expliquer pourquoi elles mettent en garde la société française. 
Les signataires constatent que "notre pays se déchire depuis trente ans au sujet du port du voile de certaines Françaises de confession musulmane" et observent observent que "ces femmes sont de plus en plus nombreuses, tant l'influence des prédicateurs extrémistes est très forte". Des femmes qui avaient cherché à s'intégrer, les mères et les grands-mères, auraient même repris le voile sous la pression des jeunes de leur quartier et des associations ou collectifs de la commune, une génération sous l'influence des imams, mais aussi de l'école (ses profs politisés et ses programmes orientés et sélectifs) et de l'Internet. Lire aussi dans Le Point :  Comment les salafistes endoctrinent

Ces 101 personnes ont décidé " de prendre la parole publiquement", en tant que "Français de culture ou de confession musulmane, humanistes, progressistes et féministes" - c'est du lourd !. 

"Il est grand temps que nos compatriotes sachent que le port du voile ne fait pas l'unanimité, chez "les" musulmans", expliquent-ils, insistant sur le fait que ce linge "ne relève pas du culte, contrairement au jeûne du ramadan ou aux cinq prières quotidiennes".

"Le sexisme et la diabolisation du corps des femmes sont contraires à nos idéaux".
Ils affirment donc "haut et fort" que "le port du voile est le signe ostentatoire d'une compréhension rétrograde, obscurantiste et sexiste du Coran". "Voiler les femmes, c'est stigmatiser leur présence dans l'espace public. Faire d'elles des citoyennes assignées à la scandaleuse identité de "subordonnées au désir supposé des hommes", ajoutent les signataires, dont des féministes, rappelons-le. Or, notre beau pays lutte pour aller vers toujours plus d'égalité entre les sexes. Le sexisme et la diabolisation du corps des femmes sont contraires à nos idéaux".

Les signataires en ont assez de l'emprise de l'islam radical sur la France

Préoccupés par l'imprégnation clivante de la société française, depuis  sa  vie publique quotidienne jusqu'aux sphères politique et médiatique, ils  ajoutent avoir décidé de faire entendre leur voix, car "les événements [les] obligent à prendre [leurs] responsabilités". 

"Nous ne pouvons plus rester spectateurs lointains et désabusés d'un débat qui a tant d'importance", ajoutent-ils, appelant leurs concitoyens à 
soutenir "les Françaises et les Français de confession ou de culture musulmanes qui se battent contre cette terrible vague néoconservatrice, venue des pays du Golfe arabo-persique, il y a 30 ans ". 
En conclusion, ils souhaitent que ne soit plus confondus "CES musulmans orthodoxes, qui prônent le sexisme par le port du voile, réflexe bien plus identitaire que religieux, et tous LES musulmans".
"LES musulmanes ne portent pas le voile, sachez-le bien. Ce sont DES musulmanes qui le portent. DES musulmanes qui font une lecture patriarcale et faussement littéraliste du texte coranique. DES musulmanes et DES musulmans qui refusent l'intelligence de la foi, qui refusent d'allier la foi avec l'exercice de la Raison critique", précisent encore les 101 signataires.
Et d'ajouter :
"DES musulmans veulent figer l'islam dans le paradigme du VIIe siècle, celui du désert arabique, en y greffant le port d'un voile, par ailleurs inexistant dans le Coran. Ces musulmans donnent une telle importance à cet accessoire sexiste créé dans l'Antiquité, qu'ils en ont quasiment fait le 6e pilier de l'islam."

Les 101 signataires, pour qui "le voile est sexiste et obscurantiste", ne sont plus que 100

Un nom a été retiré de l'appel, l'un des signataires initiaux nous ayant informé qu'il n'avait pas donné son accord formel aux initiateurs du texte qui l'avaient inclus dans leur liste. Le texte devient donc "l'appel de 100 musulman(e)s de France" et non plus "l'appel de 101 musulman(e)s de France".

Leîla AJDIR

Aïda AKARI-CHERIF

Bahia ALAOUI

Kaoukab ALAOUI

Nader ALLOUCHE

Elise AMAIRI

Fatty AMINE

El Mahdi AOUS

Karim AZAIZ

Khadija AZZAOUI-IHDA

Habib BARKIA

Nadia BARO-IHIOUI

Naïma BELALOUZE

Rachida BELHAJ

Nadia BENABDALLAH

Aïcha BENABDELJALIL

Kamel BENCHEIKH

Messaouda BENIA LATRECHE

Nadia BENMISSI

Zaïnab BENSOUILAH

Nadia BENYOUCEF

Yassine BERRADA

Najiba BERRADA

Afafe Elyssa BESSA

Naëm BESTANDJI

Zohra BITAN, cadre de la fonction publique territoriale, et membre des 'Grandes Gueules', émission radiophonique de débat d'actualité, diffusée quotidiennement sur RMC

Samy Mahmoud BOUACHOUR

Nathalie BOUDHABAY

Fadela BOUHOUCHI

Catherine BOUNOUAR

Noura BOUNOURI

Leïla BOURAS

Kaci BOURICHE

Massi BOURIF

Nesrine BRIKI

Hassen CHALGHOUMI, religieux franco-tunisien, président de l'association culturelle des musulmans de Drancy, qui gère la mosquée Al-Nour dont il est l'un des imams

Malika CHELALI

Mohamed Salah DJAROUD

Nassira DJENASSE-GUERID

Nadia DOGHMI

Hocine DROUICH

Lalia DUCOS

Redouan ELAB

Sylvette FERRARA

Jean-Marc Abderahmane FERRY

Myriam FILALI MAIN

Yasmina FLAIOU-KOUCHNIR

Rabia FRANOUX MOKHLESSE

Jiji GAYANEH

Nora GHEMMOURI

Smain GOUDANE

Ziad GOUDJIL

Omar GOUSMI

Mohamed GUERROUMI, coraniste et délégué régional à l'instance nationale de dialogue avec l'islam

Asmaa HACENE

Rachida HAMDAN

Hassan HAMITOUCHE

Keltoum HARMOUZ

Hinda HASNI

Sälin HELAR

Zahra HOUARI

Marie-Myriam IBN ARABI

Craima IKHLEF-GONZALEZ

Mehemet KAZ

Francoise KENNICHE

Nadia KONDREK-BAOUZ

Abla KOURZI

Julie KOURZI

Ibtissame Bentty LACHGAR

Faiza LAHLOU

Abdallah LAKROUF

Aziz LAMRANI

Eve LIVET, journaliste (affaire Omar Raddad)

Mohamed LOUIZI

Nadia LOUIZI

Fouziya MEDOUKALI

Abdelghani MERAH, militant algérien en lutte contre l'islam radical et frère aîné du terroriste Mohammed Merah

Samira MICHMICH

Fadila MIMOUNI

Chadia MLAHFI

Nadia NAIB

Nora NAIB

Saida NAIB

Kaoukab OMANI

Mohamed OMRI

Daouda OUATTARA

Dounia OUCHALLAL

Maria OUDGHIRI

Najoua RACHED

Malika Taous RAHMANI

Michel RENARD, historien

Fouad SAADY

Yassine SADJI

Hubert Youssef SAGE

Najet SAIDI

Djamila SANGAN

Wacyl SAOULI

Abdelaouhed SEDJARI

Mia SLAOUI

Mouna SLAOUI

Khaled SLOUGHI

Assia SMAIL

Zineb TIJANI

Mounia ZAIMI

Nadia ZIRI

dimanche 21 juillet 2013

Contrôle de burqa et émeutes de Trappes: Valls et la stratégie de l'évitement

Valls "ne doute pas" du respect des policierspour la femme voilée de Trappes  

Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, tombe volontiers dans la panneau de la controverse

Abribus incendié

Il semble apporter son soutien aux policiers de Trappes
"C'est inacceptable qu'une personne veuille se soustraire à un contrôle et pire s'en prenne aux forces de l'ordre", a-t-il déclaré dimanche, répétant ce qu'il a souvent dit: "Ce voile qui nie l'identité même de la femme n'a pas lieu d'être dans l'espace public".

Une femme intégralement voilée a refusé de se laisser contrôler et l'opération de respect de la loi a dégénéré jeudi à Trappes et s'est conclu par l'interpellation du "mari", un Français (sic) de 21 ans converti à l'islam. Selon le procureur, cet jeune homme à peine majeur a agressé un policier qu'il a tenté d'étrangler.

Mais le ministre contourne la loi qu'il est censé faire respecter par la femme voilée
Valls a dit ne pas douter "un seul instant" de l'attitude respectueuse des policiers lors du contrôle d'une femme entièrement voilée à Trappes qui a été suivi de violences contre le commissariat de la ville. "Je ne doute pas un seul instant que c'est ce qu'ont fait ces policiers" lors du contrôle qui a mis le feu aux poudres dans cette ville des Yvelines, a-t-il ajouté à BFM TV. Et pourtant ! 

En fait, le dur nuance son propos et mollit en versant dans le compromis démagogique

La loi interdisant le port du voile intégral "doit s'appliquer avec discernement, avec le respect des personnes. C'est en ces termes que le velléitaire ouvre la porte par laquelle le collectif contre l'Islamophobie en France peut s'engoufrer. 
Association loi de 1901 dont la liste des membres est "confidentielle", ce collectif milite pour le port du voile islamique depuis 2003 et incarne un " islam identitaire agressif […]. Conduit par une jeune génération de musulmans nés en France, il s'est affranchi des grandes fédérations instituées et travaille en réseau avec une stratégie médiatique moderne, peu soucieux des questions du culte, mais en pointe pour une présence musulmane dans la société civile", selon un expert cité par Le Figaro.


La version de la femme en burqa citée par le Collectif  accuse les forces de l'ordre de l'avoir provoquée en la contrôlant. 

Jeudi soir à 21 h 50, trois policiers, en mission de sécurisation près du square Albert-Camus, constatent, selon le rapport de police que le JDD a pu consulter, l'arrivée d'une "personne vêtue d'un vêtement noir sur l'ensemble du corps et d'une pièce de tissu de couleur noire masquant son visage et ne laissant apparaître que ses yeux". 
Pour la suite, deux versions s'opposent. Celle, à charge, privilégiée par les media, a été transmise aux responsables du site Internet du CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France) par la contrevenante, Cassandra B., 20 ans, sous le nom de Hajar. Selon celle-ci, le contrôle aurait dégénéré à cause de l'un des policiers qui aurait bousculé sa mère, entraînant une réaction de son mari. "Le policier a alors dit à mon mari, de manière très agressive et en bombant le torse : 'Tu vas faire quoi?' Je me suis interposée entre eux pour que ça ne dégénère pas," raconte la militante, se donnant le beau rôle. Et de dénoncer le langage "agressif" des policiers à son égard. "Il m'a alors attrapée par le voile au niveau de la tête et traînée avec une force monstrueuse, avant de me plaquer sur le capot de la voiture en me criant : 'C'est à moi que tu parles? C'est à moi que tu parles, hein?' Une fois dans la voiture, ils nous criaient dessus comme si on était des chiens. Ils menaçaient mon mari en disant “Qu'est-ce que tu vas faire maintenant, p'tite tafiole, hein ?”, tout cela avec les poings serrés et en donnant des coups dans la voiture. Une fois arrivés au commissariat, les agents m'insultent de fantôme. Je ne cesse pas de demander à Dieu de l'aider contre cette violence…"

La version policière est quelque peu différente.
Le couple, accompagné de la mère de la fille et d'un bébé, aurait, selon cette version, commencé par ignorer les injonctions,
avant de percuter avec la poussette le fonctionnaire qui s'est placé devant et de refuser "catégoriquement" tout contrôle. "Allah est grand, il va te réduire en poussière, fils de pute. Touche pas à ma mère !", aurait dit la jeune femme au fonctionnaire qui s'occupait de sa mère venue s'interposer. Puis son compagnon s'en serait mêlé lorsqu'un policier aurait saisi la jeune femme par le bras : "Toi, tu touches pas à ma femme, fils de pute." Puis, selon le rapport de police, "l'individu saute au cou du fonctionnaire et lui porte un coup de poing à la pommette droite", avant de "l'étrangler par l'arrière". Une version reprise par le procureur de la République. "Plusieurs jeunes du quartier entourent les policiers sans leur être hostiles" (sic), stipule encore le télégramme signé du contrôleur général Jean-Marie Salanova, directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines.

Le laxisme du ministre ouvre la voie à la polémique

Le lendemain de ce contrôle,
près de 400 personnes s'en sont prises au commissariat de Trappes où l'homme était en garde à vue, jettant des pierres, brûlant des poubelles et des abri-bus. Malgré les renforts policiers, la nuit de samedi à dimanche a de nouveau été émaillée d' "incidents", notamment une vingtaine de voitures incendiées. 
Les violences urbaines se sont même étendues de Trappes dans les Yvelines à Elancourt et Guyancourt. Lors du bac professionnel hôtellerie 2013 dans cette dernière commune, les épreuves avaient été interrompues par un incendie, 90 minutes après la distribution des sujets.

Dans ce contexte,
l'ambigü Manuel Valls a lancé un nouvel appel "au calme", alors qu'un adolescent a été gravement blessé à l'oeil. 
"Cette nuit encore, les familles le savent, les enfants doivent rester à la maison", a-t-il dit en qualifiant ces émeutes d'"inacceptables".
Mais chacun "doit avoir son examen de conscience et ne pas en rajouter comme font certains responsables de l'opposition", a polémiqué le ministre foireux, lançant : "Attention aux propos que l'on tient sur les banlieues, sur l'islam avec les amalgames permanents. Je ne confonds pas ces incendiaires avec l'immensité majorité des quartiers populaires (...) et encore moins avec l'immense majorité des musulmans."

Le démagogue évite en revanche d'évoquer le couple rebelle à la loi de la République.
Parce qu'elle doit allaiter son bébé, Cassandra a été remise en liberté avec une convocation ultérieure. 

Quant à son mari,
Michael K., 21 ans, il a été placé en garde à vue au commissariat de Trappes, d'où il a été exfiltré vers celui de Versailles vendredi vers 22 heures, alors que 200 personnes exigeaient sa libération. Il a finalement été relâché hier après avoir été placé sous un contrôle judiciaire qui lui interdit de fréquenter Trappes. Le jeune homme, domicilié en Seine-Saint-Denis, sera jugé en septembre.

En juin dernier, le militant pacifique anti-mariage homosexuel de La Manif pour Tous,
Nicolas Buss, 23 ans, a en revanche été condamné à deux mois de prison ferme pour rébellion, en comparution immédiate. 
La condamnation avait été assortie d'un mandat de dépôt, ce qui signifie que le jeune homme avait été expédié directement en prison à la sortie de l'audience.