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jeudi 6 février 2020

Pour un Français sur deux, le blasphème n'est pas un droit et 53% des Français "sont Mila"

Un Français sur deux s'oppose au droit nouveau de blasphémer !

Un sondage Ifop commandé par Charlie Hebdo assure que la question divise la France en deux

Résultat de recherche d'images pour "Charlie Hebdo du 1er novembre 2017, avec une caricature de Tariq Ramadan par Juin"

Avant l'affaire Mila, les Français ne se posaient pas la question de ce nouveau droit à l'irrespect.  Le second degré en matière d'humour a ouvert une brèche dans les égards dus à toutes et tous, partout et en tout lieu, mais les religions feraient exception, comme la vie embryonnaire.

Le sondage, technique sournoise éventée pour faire évoluer les mentalités à leur corps défendant. A en croire les libertaires de Charlie hebdo, les Français seraient désormais taraudés  par le besoin d'un nouveau droit, celui de baver, salir et insulter son voisin : en somme, les réseaux sociaux n'y suffiraient pas...

Les Français sont divisés sur la question du droit au blasphème. 

Preuve que cet outrage marginal n'est pas leur principal sujet de préoccupation. 
Il faut donc qu'elle le devienne: telle est la mission idéologique de Charlie hehdo, connu pour ses caricatures, singulièrement anti-cléricale, mais à spectre large, s'attaquant au fait religieux, croyance et croyants mêlés partout sur cette planète désorientée par le réchauffement climatique supposé, comme  par la perte avérée de tout repère, offrant une voie royale à la haine.

Telle une pub commerciale créant un besoin de consommation, un sondage Ifop financé par Charlie Hebdo est publié ce mardi, à la faveur de l'affaire Mila pour instrumentaliser les propos échangés entre cette adolescente virulente et un agresseur verbale musulman qui la traitait de "sale lesbienne", déclenchant un flot de menaces homophobes, sorte d'appel au caillassage de la lycéenne, à la suite de ses répliques frontales sur les réseaux sociaux: dommage collatéral non assumé des campagnes féministes qui entretiennent la guerre des sexes après l'avoir rallumée au détour d'affaires de harcèlement sexuel et d'agressions sexiste et homophobe. 

Ce sondage partisan est réalisé quinze jours après la publication sur les réseaux sociaux d'une vidéo de cette lycéenne iséroise de 16 ans.
Elle y riposte à l'agression homophobe dont elle est victime et critique l'islam crûment, sans crainte d'une escalade de l'irrespect. 
La militante de la cause LGBT a depuis été menacée de mort et de viol, et n'a toujours pas pu réintégrer son établissement scolaire, ni aucun : en classe de seconde, cette lycéenne de l'école de la République laïque est déscolarisée.

56% en désaccord avec Belloubet, ministre de Macron 

Les sondés savent-ils ce qu'est le blasphème ?

D'après TF1 qui a cartonné avec son émission-choc "Stars à nu", les hommes de France applique strictement le principe "Ton corps t'appartient" et avoue de sévères réticences à faire pratiquer un examen de leur prostate.
Une émission a priori racoleuse, mais bon enfant au final. Et salutaire.


A la question
"êtes-vous favorable à ce droit de critiquer - ce qui est jusqu'ici un droit fondamental (dans le respect) -, Charlie hebdo introduit une extension : "même de manière outrageante, une croyance [sectaire, complotiste, etc], un symbole [républicain ?] ou un dogme religieux [nous y voilà !] ?", les personnes interrogées répondent à tout juste 50% y être favorables (21% "tout à fait favorables" et 29% "plutôt favorables"), et à 50% "pas favorables" (33 % "plutôt pas favorables" et 17% "pas du tout favorables").

Par ailleurs, 58% des sondés estiment que les propos tenus par Mila ne relèvent pas de la "provocation à la haine à l'égard d'un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée". Le parquet de Vienne avait initialement ouvert une enquête pour ce motif, avant de la classer sans suite.
En revanche, le sondage IFOP n'évoque à aucun moment l'insulte homophobe.

Autre objectif du sondage pour Charlie hebdo: 56% des personnes interrogées ne sont "pas d'accord" avec les propos de Nicole Belloubet


La garde des Sceaux avait d'abord déclaré que "l'insulte à la religion est évidemment une atteinte à la liberté de conscience", avant de plaider la maladresse.

70% ne sont pas non plus d'accord avec les déclarations du CFCM.
Le délégué général du Conseil français du culte musulman - proche des Frères musulmans -  avait critiqué les menaces dont l'adolescente lesbienne était la cible, tout en affirmant entre autres, "qui sème le vent récolte la tempête", un appel à la lapidation.

53% des Français se sont déclarés #jesuisMila

Les Musulmans interrogés ne sont que 18%.

Un Français sur deux est contre le droit au blasphème.
Mila "regrette la vulgarité" de ses propos sur les réseaux sociaux.
Blanquer assure "aider" l'adolescente toujours déscolarisée.

vendredi 25 mars 2016

Jésus était-il marié? Une professeure de Harvard en est convaincue

La thèse n'est pas nouvelle, mais la provocation de BFMTV est manifeste

Le reportage n'apporte en effet aucun fait nouveau
Les libres-penseurs ont tenu à faire du Fils de Dieu un homme'normal'.
Faut-il 
 à tout prix maintenant qu'il ait été un homme marié ?
BFMTV ressort en 2016 un 'document' déjà exploité par France Télévisions, le 12 avril 2012 
Une professeure de Harvard, Karen Leigh King, se dit convaincue - une simple opinion affirmée - que Jésus aimait les femmes. Tant mieux, par les temps qui courent ! Mais delà à en faire un homme marié, il y avait une marge, qu'enjambe -sans arrière pensée- cette érudite. 

Le papyrus étudié à la Harvard Divinity School jette le doute sur le statut marital de Jésus.

La dame fonde sa thèse, publiée le jeudi 10 avril 2012 par des chercheurs américains, sur un fragment de papyrus authentifié postérieurement et encore source de controverse"Et Jésus leur a dit, ma femme...", dit un fragment du manuscrit rédigé en copte, et qui proviendrait d'Egypte ou de Syrie. Un flou qu'assume l'historien, sans sourciller.

L'étude relance le débat sur le célibat des prêtres et le conflit palestino-israélien

Pour le Vatican, le document de référence est un "faux absurde".
Si les historiens étaient sceptiques lors de sa divulgation en 2012, des analyses du papyrus et de l'encre situent le document entre 659 et 869, selon France Info, mais en vérité entre le Ve et le VIIIe siècles. Une précision qui prouve seulement que ce document n'est pas de première main et qu'il donne une représentation de Jésus non seulement tardive, mais soumise au lieu et à l'époque qui l'a produit.
Alors, il y a six ans, Michael Langlois, maître de conférences à l'université de Strasbourg et spécialiste de la littérature hébraïque et araméenne, avait tenté pour francetv info de démêler le vrai de faux sur ce que l'on sait de la vie de Jésus, à travers le prisme des intentions du chercheur.

Jésus, marié ou pas ?
Pour commencer, il n'y a "aucun vestige archéologique" qui prouve l'existence de Jésus, attaque Michael Langlois. Si les historiens savent qu'un homme appelé Jésus a bien existé en Judée autour de l'an 0, ils se fondent sur l'ensemble des textes écrits qui en témoignent. 
Difficile en revanche d'avoir une preuve directe d'un hypothétique mariage de Jésus. Mais si on accorde du crédit à Langlois, le manuscrit est authentique. "Si c'est un faux, il est très sophistiqué", considère Michael Langlois, qui estime qu'un faussaire "aurait plutôt intérêt à faire un document qui date du Ier siècle après J.-C.".  Nous y sommes ! Quelqu'un, un groupe, a un intérêt à cette exploitation du document, même controversé. Le papyrus est d'ailleurs trop tardif pour être une preuve historique sur la vie de Jésus, à l'inverse de certains manuscrits qui sont contemporains de sa vie.

Il est en revanche un vestige d'une vision de Jésus qui n'a pas été retenue quand il a fallu faire le partage entre le témoignage des proches de Jésus et le "on dit" de la mémoire orale et des détracteurs. Pour définir le "canon biblique", l'Eglise n'a retenu que les textes des Apôtres, ceux qui racontent la vie de Jésus telle qu'ils l'ont partagée. Ainsi, un débat oppose ceux qui croient au fils de Dieu et aux récits des Evangélistes  et ceux -à qui nous avons affaire- et qui ne veulent voir en lui qu'un homme, un fils de menuisier. 

Or "l’idée du mariage de Jésus entre en conflit avec l’idée que Jésus est Dieu, parce que Dieu ne peut pas être marié à une femme". Les contradicteurs ne reconnaissent en lui qu'un prophète, à l'instar de... Mahomet !  Michael Langlois lance un doute, voire une accusation, en envisageant la possibilité que la plupart des manuscrits décrivant un Jésus marié aient été détruits. Ont-ils seulement existé ? Or, ça non plus, Langlois ne peut l'affirmer... Il fait une fixation sur la situation maritale du Jésus historique et rage de ne rien pouvoir démontrer de ce qui l'arrangerait pour abattre la figure divine.  

Analyse au faciès: le Messie était-il blanc et barbu ?

L'historien imagine... "On n’a pas de photo de Jésus, sauf si on considère le Saint-Suaire comme authentique", ricane l'historien, mais on a des indications qui permettent d'imaginer à quoi ressemblait vraiment le fils de Dieu. La description en robe, ceinture et sandales en cuir est "crédible" : elle correspond aux morceaux de tissu que l'on a retrouvés et datant de cette période. De même, Jésus "a pu avoir les cheveux longs et de la barbe; c'était courant à l'époque", atteste-t-il. 
En revanche, "ce qui ne colle pas, c'est la peau pâle et les yeux bleus" qu'arbore Jésus dans la plupart de ses représentations constitue une critique indigne d'un historien "Jésus appartenait à une population orientale. Il avait la peau plus bronzée, les yeux sans doute pas bleus et les cheveux plutôt frisés", estime Michael Langlois, sans risque d'erreurs, à cela près que les apôtres sont allés partout dans le monde connu répandre la parole de Dieu (plutôt que sa représentation photoshopée) et qu'ils s'adressaient aux hommes de leur temps et du pays comme, après eux, les artistes.. En somme et en clair, la thèse de Langlois et des universitaires de Harvard, c'est que Jésus ressemblait moins au Romain Ponce Pilate qu'à un Palestinien d'aujourd'hui...

Le fils de Dieu était-il infaillible ?
Michael Langlois n'écrit pas l'Histoire seulement au faciès, lui qui préfère en outre les textes apocryphes aux Evangiles. L'histoire de Jésus, telle qu'elle a été rapportée dans le Nouveau Testament, est suspecte, selon lui, parce qu'elle ne s'attache pas à son aspect humain, lui qui est Dieu. D'ailleurs, les religions sémites ne lui accordent pas l'importance que lui prêtent les Américaines 'botoxées' de Harvard... 
Parmi les textes que l'on a préféré ne pas retenir, il y a ceux qui décrivent "le côté bon vivant de Jésus". Une trace persiste dans les Evangiles. "Il y a un moment dans l'évangile selon Matthieu où Jésus se compare à Jean-le-Baptiste. Il décrit Jean en ascète, qui vit dans le désert, ne mange pas et ne boit pas, et il dit qu’au contraire 'le fils de l'homme mange et boit' et l'on dit 'c'est un glouton et un ivrogne'," souligne Langlois 
Mais son absence de références textuelles empêchent la confrontation immédiate. ll lui serait pourtant facile de signaler ses sources, l'Evangile de St Matthieu qui oppose la rumeur concernant Saint Jean traité de 'possédé' parce qu'ascète et celle concernant le Christ, traité d' " ivrogne," parce qu'il ne refusait pas un verre de vin. Une manière de signaler que le Messie vit la condition humaine, avec ses tentations et ses émotions, comme ses souffrances. Dans ce passage, le "fils de l'homme", c'est Jésus, estiment les historiens, mais ces interprètes des textes n'apportent pas la précision de Matthieu, lequel fustigeait en fait ses détracteurs qui accusaient Jésus d'être "l'ami des publicains et des pécheurs". Ce qui ferait dire aujourd'hui que Jésus était socialiste...
"Au moment d’établir [sic] les évangiles, c’est un problème vis-à-vis du côté fils de Dieu, on n’aime pas trop le voir comme un homme qui aime manger, et boire, et peut-être le sexe aussi," commente l'universitaire partisan en croyant peut-être faire oeuvre d'historien. 

Une autre période est oubliée (selon Langlois), l'enfance de Jésus. 
Et pour cause, assure-t-il. "Si Jésus grandit, ça veut dire qu'il est imparfait", objecte Langlois qui, à l'occasion, se révèle capable de croire en la divinité de Jésus. Dans un évangile apocryphe, c'est-à-dire un texte religieux qui n'a pas été retenu dans la Bible, est décrit un Jésus enfant... Et bagarreur. Tantôt Langlois nie la divinité de Jésus, tantôt il s'y accroche, en fonction des besoins de sa cause. "Il joue avec un autre enfant, et à un moment il s’énerve et il punit son camarade en lui paralysant la main. Ce n’est pas un enfant comme les autres : il a des pouvoirs que les autres n'ont pas." Jésus est alors grondé par Joseph, son père, et forcé de guérir l'autre enfant. Dans les textes des premiers Chrétiens, Jésus fait des miracles, mais Jésus s'énerve et fait des bêtises, une vision beaucoup plus contrastée que celle de la Bible. Faux, puisque les Evangiles rapportent sa célèbre colère contre les marchands du temple. Comment un universitaire tel que Langlois peut-il ignorer cet épisode en relation directe avec son sujet d'étude ?

Jésus a-t-il vraiment ressuscité ?

Vingt-et-un siècle plus tard, Langlois et ses semblables prétendent réécrire la Bible. Il s'est donc mêlé du faciès de Jésus et a souligné les perfections du Christ. Va-t-il s'en prendre à l'immaculée conception? A l'heure de la GPA et de la GPA, il s'abstient. Mais a-t-il dit son dernier mot à propos de tests ADN sur l'activité sexuelle de Jésus adolescent ?

Il est révélateur que "la résurrection de Jésus n'a jamais été mise en doute par les premiers chrétiens"estime Michael Langlois, contrairement à son célibat, par exemple. Des textes datant de quelques décennies après la période où Jésus aurait vécu mentionnent la résurrection. "Luc, dans son évangile, dit qu’il a enquêté et qu’il a 500 témoignages de gens qui ont vu Jésus après sa mort." Difficile de les interroger aujourd'hui, ironise cet historien respectueux du passé. Mais ces histoires sont "trop proches dans le temps pour qu'elles soient des gros mensonges. Ça plaide pour leur véracité," juge-t-il encore. 
Alors miracle ou invention ? Les historiens comme Michael Langlois ne sont pas des hommes de foi mais plutôt des idéologues qui, dans leur mal-être et leur agacement face à la béatitude de l'Autre, se retranchent derrière le questionnement philosophique. Cet historien lâche des hypothèses sans autre intention que de réduire les croyant à son état de désespoir existentiel. "On pense qu’il y a réellement eu un événement spectaculaire, et que des gens l’ont vu [des imbéciles, disons-le?]. Peut-être qu’il a été laissé pour mort, peut être qu’il était dans le coma." Peut-être aussi Langlois est-il à plaindre dans cet acharnement à imposer aux autres le doute et la peur qui l'envahissent.

Choisir, pour une re-diffusion, la date du 25 mars 2016, un Vendredi Saint, relève de la malveillance

C'est une chose que la professeure bâtisse une notoriété sur du papyrus, mais c'en est une autre d'exhumer une interprétation fumeuse à partir d'un document datant de six ans, en pleine semaine sainte des mécréants...

vendredi 8 mai 2015

"L'esprit Charlie", une imposture, selon Emmanuel Todd

"Qui est Charlie?" Cinq citations pour comprendre le livre controversé d'Emmanuel Todd 

L'anthropologue revient sur les événements qui ont suivi les attentats islamistes de Paris
L'anthropologue Emmanuel Todd publie "Qui est Charlie ?" (Seuil), une étude sociologique sur les manifestants du 11 janvier 2015.
dans son dernier essai "Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse" (Seuil) pour y dénoncer “l’imposture” des manifestations.

"Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 un accès d’hystérie." Quatre mois après les manifestations du 11 janvier, qui ont réuni plus de quatre millions de Français, l'anthropologue et historien Emmanuel Todd partage sa vision de la 'France de Charlie'. Dans Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse, publié le 7 mai, il analyse les fondements de "l’hystérie collective" et du "flash totalitaire" qui ont caractérisé, selon lui, les rassemblements qui ont suivi les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

A l’aide de cartes et de statistiques, Emmanuel Todd décortique les origines sociales des manifestants, et s'efforce de percer leurs motivations, une méthode aussitôt critiquée par le géo-politicien Jacques Lévy ou le démographe François Héran, dans Libération. Les manifestants, pris individuellement, "avaient de bonnes têtes, étaient sympas, ne disaient rien d'horrible"explique l'auteur. Mais en défendant les caricatures de Mahomet, ils auraient fait preuve d'islamophobie et de repli sur soi.


Cinq citations permettent de comprendre, étape par étape, le cheminement de sa vision.

1- La perte d'influence du catholicisme a laissé un grand vide

La citation : "Le basculement de la France dans l'incroyance généralisée (...) pose des problèmes d'équilibre psychologique et politique à la population." 

Explication : La France de 2015 est "un pays de sceptiques". Selon Emmanuel Todd, l'effondrement du catholicisme a provoqué une perte de sens en France. Pour expliquer ce phénomène, l'auteur remonte aux années 1960. A cette époque, la France vit une période de "déchristianisation" qui s'illustre en partie par une baisse de la fréquentation des églises et par l'augmentation du nombre d'enfants nés hors mariage. La religion catholique servait d'unité et de socle de valeurs communes entre les Français, souligne l'auteur. Sa disparition a provoqué un "vide existentiel" dans la population. 

2- Ce vide doit être comblé par un bouc émissaire : l'islam

La citation : "L’athéisme est générateur d’angoisse, la population de l’Hexagone est en risque métaphysique et donc à la recherche d’un adversaire structurant, d’une cible : l’islam.

Explication : Les pancartes brandies le 11 janvier en faveur de la liberté d'expression ou contre l'intégrisme religieux masquent une autre motivation plus implicite : l'islamophobie. "L'esprit Charlie" que Valls et Hollande veulent entretenir est-il en fait islamophobe ? 
En défendant le droit de caricaturer Mahomet, en demandant que l'Etat "sacralise une image de Mahomet en forme de bite" (selon Emmanuel Todd), les manifestants ont voulu écarter les musulmans de la République. Ce serait d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Barack Hussein Obama n'a pas fait le déplacement de Paris. 
Pour l'auteur, le rassemblement du 11 janvier n'est pas égalitaire ni universel, comme il le prétend, puisque la demande des libertaires du droit de blasphémer le "personnage emblématique" d'une"religion minoritaire et opprimée" est, pour l'auteur, un moyen d'affirmer "sa domination et son droit de cracher sur la religion des faibles." Si tant est que les auteurs d'enlèvements, d'égorgements et de tueries soient des faibles sans défense.

3- Cette islamophobie est portée par les relents des valeurs du catholicisme

La citation : "Ce qui a marché en tête des manifestations, ce n’était pas la vieille laïcité, mais une mutation des forces qui avaient autrefois soutenu l'Eglise catholique, c’est le catholicisme zombie." 

Explication : Toute la France n'a pas manifesté le 11 janvier. Emmanuel Todd rappelle que "seuls" 4 millions de Français sur 65 millions sont descendus dans les rues après l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo. A l'aide de cartes répertoriant les régions les plus mobilisées lors des manifestations et de données socioprofessionnelles de l'Insee, le démographe dresse le profil type du manifestant: un cadre supérieur appartenant à la classe moyenne supérieure, un bourgeois "catholique zombie" de gauche. Si Todd dénonce la supposée islamophobie larvée du moment, c'est en fait pour stigmatiser notre civilisation judéo-chrétienne composite, faite de bourgeois  privilégiés et d'intellos, qu'ils soient Chrétiens, athées ou libre-penseurs.

Pour l'auteur, cette étrange expression de "catholicisme zombie" est l'empreinte des valeurs catholiques chez les individus, parmi lesquelles il mentionne la hiérarchie, l'obéissance et l'inégalité. A travers deux cartes, il montre que les régions les plus marquées par le catholicisme – la Bretagne, Rhône-Alpes (mais alors les Chrétiens, s'il ne faisait pas l'amalgame catholiques/protestants), l'Ile-de-France – sont aussi les régions qui se sont le plus mobilisées le 11 janvier au nom de la laïcité et de la liberté d'expression. Et en effet, la région PACA ne s'est guère sentie concernée par le massacre de 12 libertaires au siège de Charlie hebdo et de 5 Juifs au magasin casher. Vauzelle (PS) s'est d'ailleurs dit "fier d'être président de la plus grande région musulmane".

Emmanuel Todd souligne le paradoxe, puisque ces mêmes régions étiquetées "catholiques zombies" sont celles qui ont été les plus réfractaires à la Révolution de 1789, qui ont le plus soutenu l'Eglise catholique, qui se sont opposées à la laïcité, qui ont été le plus anti-dreyfusardes à la fin du XIXe siècle. Les Français sont donc plus profondément et intimement catholiques qu'il n'y paraît, lors des pointages (statistiques autorisées) aux sorties des églises. En somme, la France, république laïque et terre d'immigration, serait restée imperméable aux courants révolutionnaire et islamique. Et c'est dérangeant ? 
Todd est saisi d'un doute sur notre modèle d'organisation nationale qui permettait jusqu'ici d'assurer une cohérence dans une grande diversité. L'intrusion islamique -et en l'occurrence, islamiste- perturbe à la fois ce modèle et Todd: la conquête ne se passe pas sans résistance et sans heurts, insidieusement, comme il voudrait. Mais n'est-ce pas la méthode musulmane qui est en cause ?

Allié à l'islamophobie nouvelle, comme à l'antisémitisme dont les Français sont déjà si souvent accusés depuis des lustres, cet héritage culturel forme donc une "néo-République", un mélange de laïcité et d'acceptation des inégalités prôné par une partie de la France, à majorité socialiste, dont les manifestants faisaient partie, du point de vue d'Emmanuel Todd, au travers de son prisme marxisant.

4- Les "Charlie" favorisent aussi l'antisémitisme

La citation : "Il est clair qu'assassiner des enfants ou des hommes, simplement parce qu'ils sont juifs, est plus ignoble que de massacrer une rédaction engagée dans un combat."

Explication : Selon Emmanuel Todd, Charlie est donc athée, mais imprégné de culture catholique (et non plus "judéo"-chrétienne ?), à la façon de l'ado qui veut tuer le père pour exister, islamophobe refoulé, artisan des inégalités. 
Pire, la manifestation aurait directement favorisé la montée de l'antisémitisme dans les communautés noire et arabe de confession musulmane. Dans un entretien au journal Libération, le démographe développe son raisonnement : "C’est logique, la montée d’une passion religieuse islamophobe (...) ne peut que raviver, inévitablement, toutes les passions religieuses et finalement cibler la religion des autres minorités, conduire donc à l’antisémitisme. C’est ce qui se passe.
Malgré l'apparente compassion, au-delà des signaux sans portée et des propos creux de circonstance, les virevoltes de l'exécutif ne réalise pas la synthèse et brouillent les bonnes intentions plaquées : en voulant donner des gages aux Juifs et aux anarcho-révolutionnaires qui meurent sous les tirs de kalachnikov, mais aussi aux Chrétiens dont les églises sont profanées, sans condamner, ni même responsabiliser, les cadres du culte musulman, le pouvoir socialiste entretient la confusion. Soumise au dogme de la laïcité, la gauche est, dans tous les cas de figure, désarmée, que ce soit face à la montée de l'islam ou de l'islamophobie, dont les populations chrétienne et juive pâtissent profondément, puisque porteuses de l'ADN contraire.

Même si Emmanuel Todd rappelle que les manifestants sont individuellement de "bons gars", il suggère que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Le chercheur affirme que les #JeSuisCharlie sont passés à côté des vrais enjeux des attentats contre Charlie Hebdo : "Les manifestants ne sont plus réunis pour dénoncer ce qu'il y avait de plus grave, l'antisémitisme [les attentats de l'Hyper Casher, les tueries perpétrées par Mohamed Merah] et le danger croissant auquel une religion minoritaire, le judaïsme, doit faire face, car tout baigne pour les chrétiens (fusse dans le sang du Proche Orient) mais pour sacraliser la violence idéologique faite à une autre religion minoritaire : l'islam.
Pour l'auteur anti-sionniste et pro-palestinien, Charlie a réussi "au terme d'une gigantesque partie de billard sociologique, à mettre en danger les Français juifs en menaçant les Français musulmans." Ainsi, en dépit des réactions de musulmans hostiles qui ont saccagé des églises, partout à travers  le monde musulman, les Chrétiens restent un détail de l'Histoire, selon Todd. Contre l'incroyance et au nom de l'égalité sociale, il suggère la solution musulmane comme alternative au catholicisme en voie d'extinction...

5- Les manifestations ont fait le jeu du Front national

La citation : "Cette classe moyenne confite de bonne conscience qui a, par son égoïsme et son mépris, autorisé le pourrissement au bas de la société française et qui persiste, jour après jour, à condamner des catégories entières à la relégation sociale dans laquelle elles auront tout loisir de recuire leur frustration et leur rage."

Explication : Pour Emmanuel Todd, l'unification de "la France d'en haut" par l'immobilisme supposé face à l'antisémitisme et son "phobisme religieux" vis-à-vis de l'islam, et l'exclusion d'une partie de la population (ouvriers, habitants des banlieues) lors des manifestations, comme si une quelconque tranche avait été chassés des rues, singulièrement dans les quartiers, ont accentué le pouvoir de l'extrême droite et "ouvert les vannes à une nouvelle poussée du FN." Le chercheur serait plus crédible si ce fameux 11 janvier, il avait quitté son bureau et sa télé. Malgré l'âge, le sexagénaire n'a toujours pas tué le père et reste soumis à l'idéologie de son adolescence comme à son propre héritage culturel. 

Au premier rang lors de la marche du 11 janvier, François Hollande incarne, pour Emmanuel Todd, cette "gauche catholique zombie" qui a renoncé à défendre les inégalités et qui favorise la montée du FN.

Quand l'idéologie brouille l'esprit, est-on crédible et un chercheur fiable ?
En rapprochant les origines sociales et géographiques du président – né à Rouen d'un médecin catholique d'extrême droite et fils d'une assistante sociale de gauche – et ses choix politiques (la monnaie unique, "l'acceptation" d'un taux de chômage à 10%...), Emmanuel Todd explique que François Hollande incarne une gauche "xénophobe objective", une gauche qui n'est pas consciente d'être xénophobe. 
Guidée par des valeurs autoritaires héritées du catholicisme, "hiérarchie, obéissance, matriarcat" -on tombe dans la caricature au trait épais-, cette gauche ferait ainsi le jeu du FN. Rappelons qu'Emmanuel Todd avait appelé à voter pour François Hollande en 2012.
Encore un déçu, avec l'aigreur en sus...

mercredi 18 février 2015

L'"esprit Charlie", c'est un cimetière vandalisé dans le Calvados

La liberté d'expression des libertaires nuit à la laïcité

Qui s'en prend à la religion historique de France ? 

Sont-ce les "valeurs" dont parlent
Hollande et Cazeneuve ?
Situé sur le littoral normand, à moins de 2 kilomètres des plages du Débarquement, le cimetière catholique de Tracy-sur-Mer (Calvados et 350 âmes) a été profané, six semaines après les attentats islamistes et deux jours après la profanation de 250 tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-RhinCe nouvel acte de vandalisme a été constaté mardi en fin de journée par la gendarmerie.  

"Plusieurs dizaines de crucifix ont été déplacés, certains d'entre eux retournés et plantés dans le sol, ont confirmé  par communiqué les services du ministricule des cultes, Bernard Cazeneuve. "Tout sera mis en oeuvre pour identifier, interpeller et déférer à la justice les auteurs de ces actes révoltants qui bafouent nos valeurs et le respect qui scellent notre vivre ensemble," affirme, comme à chaque fois, le ministère.
La brigade de recherches de Bayeux est chargée de l'enquête et "les techniciens en identification criminelle du groupement de gendarmerie du Calvados procéderont aux constatations dès mercredi matin", a-t-il été précisé.


Le maire du village, Jean Bedez, a fait part de sa consternation. 
"C'est une habitante qui allait sur la tombe familiale qui est venue me prévenir", précise-t-il. C'est révoltant. "On ne comprend pas très bien ce qui a pu passer par la tête de ces gens," a-t-il commenté mercredi matin sur RTL. "Une petite dizaine de croix ont été retournées sur un total d'une trentaine de tombes touchées. Il n'y a pas d'inscription sur les tombes", a précisé le maire.

Sénateur du Calvados et président du département, Jean-Léonce Dupont (UDI) dénonce vivement ce mercredi les
dégradations "qui rappellent celles intervenues en janvier dans plusieurs autres cimetières de communes voisines, à Ryes, Longues-sur-Mer et Sommervieu". Le savait-on ?

Taisez-vous, Manuel Valls, plutôt que de parler pour ne rien dire

Matigon a fait parler le premier ministre. Manuel Valls aurait  réagi, mais c'est sur son compte... Twitter, en exprimant son "dégoût" et son "indignation".


Cet "assez !" souligne l'impuissance gouvernementale.

Hollande s'y est collé!
Le chef de guerre au Mali et faiseur de paix en Ukraine est désarmé. Mais il parle... François Hollande a lui aussi condamné "fermement" les profanations. "Ces actes indignes portent atteinte aux valeurs de notre République. Tout sera mis en œuvre pour que leurs auteurs soient rapidement identifiés et punis", a ajouté le président. Des propos redondants par rapport à ceux de Cazeneuve.

Humour au 36e degré  dessous
Cet acte de vandalisme intervient deux jours après la découverte de la profanation de 250 tombes dans le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin. Cinq profanateurs présumés, des "adolescents mineurs" -ce qui est le propre des adolescents- âgés de 15 à 17 ans, originaires de la région - ce qui ne dit rien du profil des suspects- et sans antécédents judiciaires, sont depuis lundi en garde à vue.
Ils se défendent de tout antisémitisme: des "déséquilibrés", comme à chaque fois que les victimes ne sont ni des dessinateurs, tels ceux de Charlie hebdo, ni des libre-penseurs, comme lors du débat de Copenhague interrompu par des tirs d'islamiste. 

Imagine un monde
sans athéisme "d'Etat" 
Le Parquet de Saverne devrait s'exprimer mercredi en fin d'après-midi sur les suites de la procédure. Mais le magistrat a déjà exprimé son empathie pour ces scolaires de lycées de Sarre-Union et de Sarrebourg, qui seraient "très choqués de la tournure des événements et [surtout] de la mesure de garde à vue dont ils font l'objet". Il livre leur sottise comme excuse : "ils prétendent n'avoir pas eu conscience du fait qu'il s'agissait de tombes juives". Des sépultures chrétiennes, ça passe, mais des tombes juives ou musulmanes, certainement pas.

Le club des cinq adolescents  pourrait être mis en examen pour "profanation de sépultures en raison de la religion" ce mercredi à l'issue de leur garde à vue, au lendemain de simagrées de François Hollande sur place.


Le Figaro banalise les profanations en assurant que "les dégradations contre les sépultures juives ne sont pas une spécificité française" ! "D'autres pays européens sont concernés" et les Français ne devraient donc pas se formaliser que l'Europe retourne à la barbarie. A croire que Daesh est le bienvenu. 


vendredi 19 décembre 2014

Béziers: le tribunal maintient le droit de cité aux Chrétiens

La crèche de Béziers pourra rester dans la mairie

Le tribunal administratif de Montpellier n'encourage pas les délires de libres penseurs

Jouet subversif
La magistrate a rejeté la demande d'enlèvement de la crèche de Noël installée par le maire apparenté FN de Béziers.  Qu'ils soient croyants ou athées, attachés ou non à la culture ancestrale de leur pays, les Biterrois pourront profiter de la proposition du maire apparenté FN de Béziers, Robert Ménard, qui en a installé une crèche dans le hall de l'hôtel de ville: cela ne pose aucun problème de laïcité, malgré la demande de retrait, début décembre, du représentant du gouvernement dans le département, le préfet de l'Hérault.
L'élu de la majorité des habitants de Beziers était donc dans son bon droit en que estimant que la crèche est un élément de la "politique culturelle" de la commune.
Ce vendredi 19 décembre, ljustice a tranché en faveur de partisans du patrimoine français et contre l'attaque d'un habitant de la ville qui se croyait en état d'imposer la libre pensée à tous, avec le soutien de la Ligue des droits de l'homme (LDH) demandant au tribunal administratif de Montpellier en référé - en urgence absolue -  d'ordonner le retrait de la crèche, bien qu'elle ne soit pas mise en évidence de façon ostentatoire.

"Pas d'atteinte à la laïcité", selon la juge

La juge a rejeté cette demande d'enlèvement. La presse livre son nom en pâture aux malveillants, ce qui ne serait pas le cas dans une affaire de délinquance.  
Dans un document de cinq pages, la magistrate justifie sa décision par défaut d'urgence, "en l'absence de circonstances particulières qui auraient pu résulter, notamment de troubles à l'ordre public". Elle conclut : "Il ne résulte pas de l'instruction, ni des explications apportées à l'audience que la décision d'installer une crèche dans le hall serait de nature à porter" atteinte "aux principes de laïcité et de neutralité."

Un objet "au cœur de la religion chrétienne"
Lors de l'audience, l'avocate des plaignants, Me Sophie Mazas, avait décrit la crèche comme une "atteinte à la laïcité". L'objet "symbolise" la naissance du Christ, un événement "au cœur de la religion chrétienne", avait soutenu la défenseuse du Biterrois et de la LDH.
Cette avocate n'est autre que la présidente de la Ligue des Droits de l’homme à Montpellier. C'est déjà à ce titre qu'elle jugea très sévèrement le comportement du préfet, Pierre de Bousquet de Florian, lors d’une expulsion de demandeurs d’asile somaliens, le 13 septembre 2013.

De son côté, l'avocate de la ville de Béziers, Me Raphaële Hiault-Spitzer, a fait valoir que cette crèche n'a "rien de cultuel" aux termes de la loi de 1905 qui interdit les emblèmes (la croix, le foulard...) ou les signes religieux, mais qu'elle a une valeur "culturelle"  ne contrevenant donc en rien à la législation..

Un recours similaire à Melun

Le tribunal administratif de Melun a également dû se pencher vendredi sur la requête de défenseurs de la laïcité réclamant au maire UMP de cette commune de Seine-et-Marne de retirer la crèche installée à l'hôtel de ville. Il rendra sa décision lundi.

Début décembre, une crèche de Noël, installée dans le hall du conseil général de la Vendée, avait été retirée - sans résistance, par Bruno Retailleau, président du groupe UMP au Sénat - après une décision du tribunal administratif de Nantes, au nom du principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'association La Libre Pensée était à l'origine du recours.

71 % des Français sont "plutôt favorables" à la présence de crèches de Noël dans les administrations et les bâtiments publics

Seulement 18 % des sectaires sondés y sont "plutôt opposés car il s'agirait d'un symbole religieux incompatible avec les principes de neutralité et de laïcité du service public", selon le même sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.
Le tribunal a entendu l'immense majorité des 71 % de Français qui estiment qu'elles constituent plus un élément de tradition culturelle qu'un symbole chrétien"

Les Catholiques ne fréquentent plus beaucoup les églises mais
, qu'ils soient pratiquants ou non, ils restent à 81 %, en faveur de la présence des crèches dans les lieux publics.

Bruno Retailleau et Robert Ménard peuvent s'attendre à ce que des musulmans soutenus par la LDH demandent aux élus des espaces pour y pratiquer leurs cultures exogènes, mais n'est-ce pas déjà le cas ? En revanche, les musulmans ne sont pas prêts au mariage en mairie, selon un loi mécréante, avec le silence complice de SOS Racisme, du MRAP et de la LDH...
Le principe de laïcité permet à l'islam des discriminations institutionnalisées.