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vendredi 25 mars 2016

Jésus était-il marié? Une professeure de Harvard en est convaincue

La thèse n'est pas nouvelle, mais la provocation de BFMTV est manifeste

Le reportage n'apporte en effet aucun fait nouveau
Les libres-penseurs ont tenu à faire du Fils de Dieu un homme'normal'.
Faut-il 
 à tout prix maintenant qu'il ait été un homme marié ?
BFMTV ressort en 2016 un 'document' déjà exploité par France Télévisions, le 12 avril 2012 
Une professeure de Harvard, Karen Leigh King, se dit convaincue - une simple opinion affirmée - que Jésus aimait les femmes. Tant mieux, par les temps qui courent ! Mais delà à en faire un homme marié, il y avait une marge, qu'enjambe -sans arrière pensée- cette érudite. 

Le papyrus étudié à la Harvard Divinity School jette le doute sur le statut marital de Jésus.

La dame fonde sa thèse, publiée le jeudi 10 avril 2012 par des chercheurs américains, sur un fragment de papyrus authentifié postérieurement et encore source de controverse"Et Jésus leur a dit, ma femme...", dit un fragment du manuscrit rédigé en copte, et qui proviendrait d'Egypte ou de Syrie. Un flou qu'assume l'historien, sans sourciller.

L'étude relance le débat sur le célibat des prêtres et le conflit palestino-israélien

Pour le Vatican, le document de référence est un "faux absurde".
Si les historiens étaient sceptiques lors de sa divulgation en 2012, des analyses du papyrus et de l'encre situent le document entre 659 et 869, selon France Info, mais en vérité entre le Ve et le VIIIe siècles. Une précision qui prouve seulement que ce document n'est pas de première main et qu'il donne une représentation de Jésus non seulement tardive, mais soumise au lieu et à l'époque qui l'a produit.
Alors, il y a six ans, Michael Langlois, maître de conférences à l'université de Strasbourg et spécialiste de la littérature hébraïque et araméenne, avait tenté pour francetv info de démêler le vrai de faux sur ce que l'on sait de la vie de Jésus, à travers le prisme des intentions du chercheur.

Jésus, marié ou pas ?
Pour commencer, il n'y a "aucun vestige archéologique" qui prouve l'existence de Jésus, attaque Michael Langlois. Si les historiens savent qu'un homme appelé Jésus a bien existé en Judée autour de l'an 0, ils se fondent sur l'ensemble des textes écrits qui en témoignent. 
Difficile en revanche d'avoir une preuve directe d'un hypothétique mariage de Jésus. Mais si on accorde du crédit à Langlois, le manuscrit est authentique. "Si c'est un faux, il est très sophistiqué", considère Michael Langlois, qui estime qu'un faussaire "aurait plutôt intérêt à faire un document qui date du Ier siècle après J.-C.".  Nous y sommes ! Quelqu'un, un groupe, a un intérêt à cette exploitation du document, même controversé. Le papyrus est d'ailleurs trop tardif pour être une preuve historique sur la vie de Jésus, à l'inverse de certains manuscrits qui sont contemporains de sa vie.

Il est en revanche un vestige d'une vision de Jésus qui n'a pas été retenue quand il a fallu faire le partage entre le témoignage des proches de Jésus et le "on dit" de la mémoire orale et des détracteurs. Pour définir le "canon biblique", l'Eglise n'a retenu que les textes des Apôtres, ceux qui racontent la vie de Jésus telle qu'ils l'ont partagée. Ainsi, un débat oppose ceux qui croient au fils de Dieu et aux récits des Evangélistes  et ceux -à qui nous avons affaire- et qui ne veulent voir en lui qu'un homme, un fils de menuisier. 

Or "l’idée du mariage de Jésus entre en conflit avec l’idée que Jésus est Dieu, parce que Dieu ne peut pas être marié à une femme". Les contradicteurs ne reconnaissent en lui qu'un prophète, à l'instar de... Mahomet !  Michael Langlois lance un doute, voire une accusation, en envisageant la possibilité que la plupart des manuscrits décrivant un Jésus marié aient été détruits. Ont-ils seulement existé ? Or, ça non plus, Langlois ne peut l'affirmer... Il fait une fixation sur la situation maritale du Jésus historique et rage de ne rien pouvoir démontrer de ce qui l'arrangerait pour abattre la figure divine.  

Analyse au faciès: le Messie était-il blanc et barbu ?

L'historien imagine... "On n’a pas de photo de Jésus, sauf si on considère le Saint-Suaire comme authentique", ricane l'historien, mais on a des indications qui permettent d'imaginer à quoi ressemblait vraiment le fils de Dieu. La description en robe, ceinture et sandales en cuir est "crédible" : elle correspond aux morceaux de tissu que l'on a retrouvés et datant de cette période. De même, Jésus "a pu avoir les cheveux longs et de la barbe; c'était courant à l'époque", atteste-t-il. 
En revanche, "ce qui ne colle pas, c'est la peau pâle et les yeux bleus" qu'arbore Jésus dans la plupart de ses représentations constitue une critique indigne d'un historien "Jésus appartenait à une population orientale. Il avait la peau plus bronzée, les yeux sans doute pas bleus et les cheveux plutôt frisés", estime Michael Langlois, sans risque d'erreurs, à cela près que les apôtres sont allés partout dans le monde connu répandre la parole de Dieu (plutôt que sa représentation photoshopée) et qu'ils s'adressaient aux hommes de leur temps et du pays comme, après eux, les artistes.. En somme et en clair, la thèse de Langlois et des universitaires de Harvard, c'est que Jésus ressemblait moins au Romain Ponce Pilate qu'à un Palestinien d'aujourd'hui...

Le fils de Dieu était-il infaillible ?
Michael Langlois n'écrit pas l'Histoire seulement au faciès, lui qui préfère en outre les textes apocryphes aux Evangiles. L'histoire de Jésus, telle qu'elle a été rapportée dans le Nouveau Testament, est suspecte, selon lui, parce qu'elle ne s'attache pas à son aspect humain, lui qui est Dieu. D'ailleurs, les religions sémites ne lui accordent pas l'importance que lui prêtent les Américaines 'botoxées' de Harvard... 
Parmi les textes que l'on a préféré ne pas retenir, il y a ceux qui décrivent "le côté bon vivant de Jésus". Une trace persiste dans les Evangiles. "Il y a un moment dans l'évangile selon Matthieu où Jésus se compare à Jean-le-Baptiste. Il décrit Jean en ascète, qui vit dans le désert, ne mange pas et ne boit pas, et il dit qu’au contraire 'le fils de l'homme mange et boit' et l'on dit 'c'est un glouton et un ivrogne'," souligne Langlois 
Mais son absence de références textuelles empêchent la confrontation immédiate. ll lui serait pourtant facile de signaler ses sources, l'Evangile de St Matthieu qui oppose la rumeur concernant Saint Jean traité de 'possédé' parce qu'ascète et celle concernant le Christ, traité d' " ivrogne," parce qu'il ne refusait pas un verre de vin. Une manière de signaler que le Messie vit la condition humaine, avec ses tentations et ses émotions, comme ses souffrances. Dans ce passage, le "fils de l'homme", c'est Jésus, estiment les historiens, mais ces interprètes des textes n'apportent pas la précision de Matthieu, lequel fustigeait en fait ses détracteurs qui accusaient Jésus d'être "l'ami des publicains et des pécheurs". Ce qui ferait dire aujourd'hui que Jésus était socialiste...
"Au moment d’établir [sic] les évangiles, c’est un problème vis-à-vis du côté fils de Dieu, on n’aime pas trop le voir comme un homme qui aime manger, et boire, et peut-être le sexe aussi," commente l'universitaire partisan en croyant peut-être faire oeuvre d'historien. 

Une autre période est oubliée (selon Langlois), l'enfance de Jésus. 
Et pour cause, assure-t-il. "Si Jésus grandit, ça veut dire qu'il est imparfait", objecte Langlois qui, à l'occasion, se révèle capable de croire en la divinité de Jésus. Dans un évangile apocryphe, c'est-à-dire un texte religieux qui n'a pas été retenu dans la Bible, est décrit un Jésus enfant... Et bagarreur. Tantôt Langlois nie la divinité de Jésus, tantôt il s'y accroche, en fonction des besoins de sa cause. "Il joue avec un autre enfant, et à un moment il s’énerve et il punit son camarade en lui paralysant la main. Ce n’est pas un enfant comme les autres : il a des pouvoirs que les autres n'ont pas." Jésus est alors grondé par Joseph, son père, et forcé de guérir l'autre enfant. Dans les textes des premiers Chrétiens, Jésus fait des miracles, mais Jésus s'énerve et fait des bêtises, une vision beaucoup plus contrastée que celle de la Bible. Faux, puisque les Evangiles rapportent sa célèbre colère contre les marchands du temple. Comment un universitaire tel que Langlois peut-il ignorer cet épisode en relation directe avec son sujet d'étude ?

Jésus a-t-il vraiment ressuscité ?

Vingt-et-un siècle plus tard, Langlois et ses semblables prétendent réécrire la Bible. Il s'est donc mêlé du faciès de Jésus et a souligné les perfections du Christ. Va-t-il s'en prendre à l'immaculée conception? A l'heure de la GPA et de la GPA, il s'abstient. Mais a-t-il dit son dernier mot à propos de tests ADN sur l'activité sexuelle de Jésus adolescent ?

Il est révélateur que "la résurrection de Jésus n'a jamais été mise en doute par les premiers chrétiens"estime Michael Langlois, contrairement à son célibat, par exemple. Des textes datant de quelques décennies après la période où Jésus aurait vécu mentionnent la résurrection. "Luc, dans son évangile, dit qu’il a enquêté et qu’il a 500 témoignages de gens qui ont vu Jésus après sa mort." Difficile de les interroger aujourd'hui, ironise cet historien respectueux du passé. Mais ces histoires sont "trop proches dans le temps pour qu'elles soient des gros mensonges. Ça plaide pour leur véracité," juge-t-il encore. 
Alors miracle ou invention ? Les historiens comme Michael Langlois ne sont pas des hommes de foi mais plutôt des idéologues qui, dans leur mal-être et leur agacement face à la béatitude de l'Autre, se retranchent derrière le questionnement philosophique. Cet historien lâche des hypothèses sans autre intention que de réduire les croyant à son état de désespoir existentiel. "On pense qu’il y a réellement eu un événement spectaculaire, et que des gens l’ont vu [des imbéciles, disons-le?]. Peut-être qu’il a été laissé pour mort, peut être qu’il était dans le coma." Peut-être aussi Langlois est-il à plaindre dans cet acharnement à imposer aux autres le doute et la peur qui l'envahissent.

Choisir, pour une re-diffusion, la date du 25 mars 2016, un Vendredi Saint, relève de la malveillance

C'est une chose que la professeure bâtisse une notoriété sur du papyrus, mais c'en est une autre d'exhumer une interprétation fumeuse à partir d'un document datant de six ans, en pleine semaine sainte des mécréants...

vendredi 11 décembre 2009

Histoire au bac: Luc Ferry dénonce le corporatisme des intellectuels

Passerons-nous de l'hégémonie des maths à celle de l'histoire ?

Luc Ferry, ancien ministre de l'Education Nationale, fustige «le corporatisme des intellectuels» qui a mené à la grogne des historiens engagés contre la réforme de l'histoire-gérographie.
Lire PaSiDupes

VOIR et ENTENDRE Luc Ferry (lien à gauche: sur Le Figaro) et, ci-dessous, sur RTL, le 10 décembre:



L. Ferry : "La pétition contre la disparition de l'histoire"
envoyé par rtl-fr

Ce corporatisme est particulièrement conservateur parmi les militants nostalgiques d'une jeunesse trotskiste ou communiste, qu'ils le soient restés ou non.

Ce sont le plus souvent les mêmes qui prétendent obtenir la dissolution du ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale... Lire PaSiDupes

lundi 7 décembre 2009

Des historiens militants contre une disposition de la réforme des lycées

L'histoire à l'école, enjeux politiques

Corporatisme des historiens

Cette disposition ne mobilise pas les géographes...
L'histoire, plus que toute autre discipline scolaire, avant les sciences économiques, la philosophie et les lettres, est un outil de formatage des jeunes esprits. Si elle ne l'était pas, les historiens engagés qui comptent ne pas se priver du moyen de peser sur les consciences en devenir, seraient restés indifférents à cette disposition, au même titre que les géographes.
Avant même la présentation jeudi par le ministre de l'Education Nationale, Luc Chatel, de la réforme des lycées, une cinquantaine d'universitaires, d'artistes et d'homme politiques signent un appel contre la proposition de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale S prévue dans le projet de loi.

Ils ne sont pas élus et n'ont aucune représentativité, mais exigent, car ils prônent aussi l'interventionnisme citoyen.

"Il est impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens", déclarent les signataires de cet appel publié dans le "Journal du Dimanche".

Les points de vue
  • Selon les protestataires, l'éventualité de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique "ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle".
    "A l'heure de la mondialisation [?], les futurs bacheliers scientifiques n'auraient donc nul besoin de se situer dans le monde d'aujourd'hui par l'étude de son processus d'élaboration au cours des dernières décennies, pas plus que par l'analyse de sa diversité et des problèmes qui se posent à la planète et à son devenir", ajoutent-ils. Déni d'enseignement ininterrompu de l'histoire depuis l'école primaire. Tout se joue-t-il en terminales ?
  • Sur la même ligne politique, la FSU a estimé que la réforme des lycées dans son ensemble comportait des "projets dangereux pour l'avenir des jeunes et du système éducatif". Remarque passe-partout, sans grand intérêt...
    Un argumentaire généraliste et rudimentaire, mais à connotation fortement politique.
    "Cette réforme s'inscrit dans la logique des choix qui ont présidé à la loi LRU dans l'enseignement supérieur et la réforme de la voie professionnelle du lycée [hors sujet: nouvel amalgame; elles ne sont pas concernées et la conservatrice FSU est restée tournée vers le passé !] ; elle prépare aussi de nombreuses suppressions de postes dans les lycées à la rentrée 2011", a répété le syndicat, figé dans sa nostalgie de la co-gestion comptable de l'Education Nationale.
  • Le ministre de l'Education nationale souhaiterait être "certain que tous les universitaires qui ont signé aient bien compris" ce que souhaite faire le gouvernement.
    "L'histoire-géo sera confortée comme discipline fondamentale constitutive d'une culture partagée. Tous les élèves, qu'ils soient en littéraire, en ES (économique et sociale) ou en scientifique, auront dorénavant quatre heures d'histoire-géo par semaine, dans un tronc commun en première", a-t-il expliqué sur France-Info.
    "Ce que nous avons souhaité c'est qu'à la fin de la première, les scientifiques valident leurs acquis par une épreuve du baccalauréat anticipée", a-t-il ajouté. "En ES et en L, l'épreuve du baccalauréat aura toujours lieu en terminale, mais en scientifique (...) ils passeront l'épreuve du bac anticipée en première".
    Le cas n'est pas unique, puisqu' en section technologique moins élitiste, les historiens ont dédaigné de se mobiliser, lorsque l'histoire-géographie est venu rejoindre le français parmi les épreuves anticipées ddu baccalauréat en fin de premières... La filière S concentre décidemment toute l'attention sélective et l'énergie parcimonieuse des militants de l'histoire engagée, qui par ailleurs défilent contre toute forme d'élitisme dans l'E.N. ... Faut-il donc penser que ni la géographie, ni le français n'est nécessaire à "la formation des jeunes au début du XXIe siècle" et "à l'heure de la globalisation", à parité avec l'histoire ?

    Les historiens ont défilé avec la FSU pour l'allègement des programmes

    Des allègements, oui, mais des autres disciplines... Ils ne sont visiblement soucieux que de l'intérêt des élèves, mais peu leur chaut, à ces dignes historiens, que la barque de S soit plus chargée que celle des autres. Qu'ils nous disent quelle matière enseignée est moins digne que l'histoire et pourrait rendre des heures. Aussi bien, outre les professeurs de lettres, les professeurs de langue vivante 1 pourraient bientôt pétitionner du fait de l'activisme des historiens et du passage de 5h30 de cours en secondes dans le projet à 4h en terminales. (source Education Nationale )

    Nos distingués historiens envisagent-ils de pétitionner aussi pour réclamer le suivi en classes préparatoires scientifiques et en facs de sciences?
    Mais ce serait abuser l'opinion que de laisser entendre que les terminales seraient privés d'histoire.
    L'histoire-géographie en série S, c'est 4h par semaine, comme en ES et L, en premières générales, et c'est optionnel en Terminale, soit 2 heures, sachant que les élèves de S ont encore 1h hebdomadaire de cours en plus de ceux de ES et de L.
    A la différence des opposants au projet, les parents savent combien leurs adolescents négligent ce petit coefficient (3) de l'histoire-géographie en S, face aux lourds pavés des trois enseignements sientifiques. Mais, pas de souci: considérant, malgré cela, les témoignages (choisis par France Info) d'élèves qui regrettent de ne pas conserver l'histoire au tronc commun de terminale S, l'option histoire en terminale S devrait exploser !...

    Parmi les signataires de cet appel figurent notamment
  • plusieurs politiques
    - les socialistes Martine Aubry, Laurent Fabius et Jack Lang,
    - ou encore Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) et Marielle Sarnez (vice-présidente du MoDem)
  • et des artistes
    le chanteur Abd Al Malik, le comédien Pierre Arditi (socialiste) ou l'écrivain Philippe Delerm (1950)
  • les historiens

    - André Kaspi, 70 ans et retraité depuis 2006, est maire-adjoint de la ville de Saint-Maur-des-Fossés ;

    -Jacques Le Goff (1924),historien français spécialiste du Moyen Âge, se détourna du communisme lors du « coup de Prague » (1948), mais s'opposa à l'histoire "traditionnelle", celle de de Lavisse. .

    et Michel Winock (1937) fut déjà l'un des initiateurs de la pétition Liberté pour l'histoire, association lancée en décembre 2005 par 19 historiens, dont le communiste Pierre Vidal-Naquet . En réaction au collectif « Liberté pour l'histoire », 31 personnalités dont Serge Klarsfeld, Claude Lanzmann, Yves Ternon ont signé une lettre ouverte « Ne mélangeons pas tout » dans laquelle ils manifestent leur désaccord sur plusieurs points. Ils s'opposent à la suppression de la loi du 13 juillet 1990 dite loi Gayssot (ministre communiste) et rappellent notamment que « la loi du 29 janvier 2001 -reconnaissant le génocide arménien- ne dit pas l’histoire ».

    - Benjamin Stora , co-dirige l'Institut Maghreb-Europe à Paris VIII-St Denis depuis 1990 et a également enseigné à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, ou langues'O). Il a toujours défendu l'engagement politique comme partie intégrante de son travail de chercheur: l'histoirien ne prétend plus être objectif et impartial.
    Ancien militant trotskyste et âgé de 59 ans, Benjamin Stora a dénoncé la "droitisation" des élites intellectuelles françaises et a décidé de s'engager activement derrière la candidate socialiste avec notamment l'ambition de porter la voix de la jeunesse issue de l'immigration. "Ce n'est pas quand sa famille est en difficulté qu'on la quitte. Il se trouve que, moi, j'étais déjà de tous les combats de la gauche anti-autoritaire quand d'autres étaient "mao-stals" (pro-chinois en 1968). Alors oui, je vais me battre publiquement.", déclarait-il en 2007 dans le Nouvel Observateur.

    Que signifie ce vent de pétitions ?

    Existe-t-il un lien forfuit entre l'appel de ces intellos contre une disposition de la réforme des lycées et cet autre appel à la suppression du ministère de l'Identité Nationale ? Lire PaSiDupes: Des intellectuels prétendent censurer le ministère de l'Identité nationale (lien)

    => Pas seulement !

    Avec Patrick Weil, Sophie Wahnich, Emmanuel Terray, Gérard Noiriel, Marie et Pap Ndiaye, Mathieu Potte-Bonneville, François Maspéro, Françoise Héritier, et Etienne Balibar, Benjamin Stora signa l'appel des intellectuels à voter pour Royal, « candidate de l’espérance » à la Présidentielle de 2007... Lien PaSiDupes
  • lundi 22 octobre 2007

    Lettre de Guy Môquet aux lycéens qui en seront privés

    La gauche revendique son sectarisme
    Des enseignants, militants de gauche, refusent la lecture recommandée par le Président de la République d'une lettre qui, comme son auteur, appartient au patrimoine historique français. (LIRE un libellé précédent de PaSiDupes)

    Des enseignants -qui enseignent l'histoire, mais ne sont pas pour autant des historiens- démontrent que leur enseignement est politisé. Par les IUFM, les partis de gauche et les ouvrages scolaires. Pour être historien, il faudrait que les profeseurs réfractaires acquièrent un minimum de sens critique et d'autonomie; qu'ils ne regurgitent pas sans analyse critique des cours tendancieux, mal assimilés. Qu'ils s'ouvrent à des études contradictoires. Combien se soumettent à cette rigueur, avant de s'emballer, sous la pression des activistes de salles des profs?

    Pour pallier cette appropriation, et de la lettre et de l'enseignement, par les cogestionnaires de l'Education nationale, voici le texte de la lettre du jeune communiste Guy Môquet adressée à sa famille le 22 octobre 1941, avant d'être fusillé, à 17 ans, par les Allemands à Châteaubriant (Loire-Atlantique) avec 26 otages exécutés en représailles du meurtre d'un officier allemand.

    "Ma petite maman chérie,
    "Mon tout petit frère adoré,
    "Mon petit papa aimé,
    "Je vais mourir! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon coeur, c'est que ma mort serve à quelque chose.
    "Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas!
    "J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour.
    "A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman bien des peines, je te salue une dernière fois.
    "Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
    "Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
    Dix-sept ans et demie (sic), ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michel.
    "Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon coeur d'enfant. Courage!
    "Votre Guy qui vous aime.
    "Guy"