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dimanche 10 mai 2020

Macron ne crée pas la confiance pour la réouverture des écoles après déconfinement

Une reprise de l'école lourde d'incertitudes et d'inquiétudes


Une minorité d’enfants doit reprendre le chemin de l’école, lundi 11 mai, au premier jour du déconfinement en France

Tous les enfants doivent retourner à l’école "au moins une fois" avant fin mai, a décidé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer,  dimanche 10 mai. 
Or, la plupart des écoles sont  "en capacité de pouvoir" - admirez le pléonasme en cours parmi les "sachants", qu'ils nous expliquent ou nous décryptent la vie - accueillir seulement une minorité d’enfants dans le respect des règles sanitaires très strictes et irréalisables. Tout le monde le sait, sauf au gouvernement: le président qui se suffit amplement à lui-même ne sait pas ce que signifie "élever" un enfant.

Etape psychologique importante de la sortie progressive du confinement, la réouverture des écoles va se dérouler, lundi 11 mai, dans un climat d’inquiétude pour les parents, les enseignants et les élus. 
Un foyer de Covid-19 vient en effet d'être signalé après une réunion de préparation de la rentrée dans un collège de la Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, région classée en zone verte.

Les premiers élèves accueillis sous haute surveillance seront ceux de grande section de maternelle, CP et CM2, en plus des enfants dont les parents exercent des professions prioritaires, comme les personnels soignants.

"Près de 86 %" des écoles doivent ouvrir, a insisté le ministre de l’Education nationale.
"Ce qui correspond à 89 % des communes ayant au moins une école" et "représente plus de 1,5 million d’enfants", a estimé Blanquer, dans un entretien avec Le Journal du Dimanche du 10 mai, précisant qu’une proportion de "50 %" d’enseignants sera présente pour accompagner cette reprise scolaire.
L'autre moitié assurera la continuité pédagogique comme elle l'a fait pendant le confinement et ne restera donc pas sans rien faire comme le leur a reproché la porte-parole du gouvernement, qui répercute dans les media ce que pensent le président et son entourage. Nul ne peut imaginer en effet que 'Sibete' Ndiaye ait les qualités requises pour parler en majesté: "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas de traverser toute la France pour aller récolter des fraises" gariguettes et prêter main forte aux agriculteurs.


Pas de retour à l’école avant juin pour certains enfants.
Concernant les élèves des autres classes, le ministre ajoute: "Je souhaite que tous les enfants aient pu retrouver physiquement leur école au moins une fois d’ici à la fin du mois", "ce qui nécessitera de "s’adapter" ".

La déclaration du ministre suscite des interrogations de toutes parts

Les enseignants rappellent que ce sont d’abord les parents qui choisissent de remettre ou non leurs enfants à l’école. L’organisation et la configuration de chaque école seront ensuite des éléments déterminants, ainsi que les moyens hygiéniques indispensables.

"Dans le principe, cela ne se fera pas", réagit une directrice d’école élémentaire à Paris.
 
Car tout le deuxième groupe d'élèves, qui ne sont ni en CP ni en CM2, ne reviendra pas à l’école avant le mardi 2 juin, après le lundi de Pentecôte", souligne-t-elle. Ainsi, dans une classe de CE1 de son établissement, un premier groupe d’élèves sera admis le 25 mai et un second le 2 juin. "En quoi est-ce pertinent de faire revenir au moins une fois les enfants en mai ?", s’interroge en outre la directrice, s’inquiétant d’un "protocole sanitaire extrêmement contraignant et franchement anxiogène pour les enfants".

Des enseignants absents pour garder leurs propres enfants
"L’école sera un lieu de garde", estime-t-elle, regrettant que tous les efforts pour mettre en place un mode d’enseignement à distance, par visioconférence et travail en ligne, soient remis en question par la nécessité d’être présent à l’école pour une partie des élèves. "Ce qu’on va faire, c’est de la garderie", juge aussi un enseignant en classe de maternelle dans un département du Grand Est, inquiet, comme sa collègue, des risques de contamination pour les personnels des écoles.
Selon ce professeur des écoles, accueillir tous les enfants au moins une fois en mai est impossible. "La majorité des familles y sera opposée", fait-il valoir, avant d'observer que les enseignants qui ont des enfants de moins de 16 ans peuvent depuis peu obtenir une autorisation spéciale d’absence. 

Des parents ont d’ailleurs exprimé leur scepticisme à l'annonce du ministre, et pas seulement parce qu'une minorité de professeurs ne viendra pas jusqu’à nouvel ordre. "Tout cela est inquiétant pour septembre, souligne l’instituteur du Grand Est. On va servir de laboratoire mais, à la rentrée, comment fera-t-on ?"

Les sondages Odoxa ne plaident pas en faveur du pouvoir macronien






samedi 21 décembre 2019

Retraites: Blanquer promet 2.600 euros mensuel aux enseignants

"L'équivalent de 2.600 euros de pension mensuelle sera maintenu" aux enseignants
"On est à la veille d'une revalorisation historique", clame le ministre de l'Education





Les enseignants grévistes écrivent une nouvelle page de l'Histoire du mouvement social.
Blanquer avait besoin de rassurer les enseignants qui estiment être les "perdants" de la réforme des retraites. "C'est un point majeur" et "une énorme avancée," claironne Jean-Michel Blanquer en sonnant la retraite du gouvernement : après les concessions aux militaires, l'enthousiasme de Blanquer masque une déroute.
En première ligne face à la contestation de la réforme des retraites du gouvernement, le ministre de l'Education s'était invité sur France Culture vendredi 20 décembre pour publier cette promesse de nature à désamorcer la contestation des enseignants. Il promet que "l'équivalent de 2.600 euros de pensions mensuelles sera maintenu" pour les enseignants. Ce sera écrit dans la loi que nous garantissons un niveau de pension", a assuré Jean-Michel Blanquer.

"On est à la veille d'une revalorisation historique pour les professeurs en France", selon Blanquer. En fait, une annonce destinée à démobiliser les enseignants. 

Que cache cette soudaine reculade historique ?

La promesse ministérielle inquiète les enseignants : ils craignent d'être "les perdants" de la réforme et d'avoir à négocier des contreparties. Une crainte que le ministre de l'Education nationale affirme avoir anticipée: "Le cœur de la réforme des retraites, c'est le régime à points. Le premier à avoir identifié que cela pouvait poser un problème pour les enseignants, c'est moi, et je l'ai dit à Jean-Paul Delevoye. Aujourd'hui, la moyenne des retraites des enseignants, c'est 2.600 euros mensuels, c'est plutôt une bonne moyenne. C'est cela que l'on veut préserver."

Cette revalorisation "historique" ne concerne que les débuts de carrière.
Blanquer affirme que "pour la moitié la plus jeune des professeurs de France, cela va se traduire par plusieurs centaines d'euros d'augmentation mensuelles. C'est cela le schéma dans lequel nous entrons. C'est extrêmement concret et aucune profession, aujourd'hui en France, ne connaît une revalorisation pareille," Bonjour, donc, l'équité du régime universel...
"J'ai toujours reconnu qu'il fallait que nous avancions vers une augmentation de la rémunération des professeurs. Nous devons maintenant réussir ce passage qui aura lieu le 1er janvier 2021", conclut le ministre de l'Education.

Revalorisation ou entourloupe ? 
Les enseignants vont-ils prendre avant de contester les contreparties ?

Ils le savent, Macron et Blanquer lient revalorisation et redéfinition du métier. "La fonction professorale doit prendre un sens nouveau," a estimé le ministre, lors de la présentation de son budget devant la Commission de l'Education de l'Assemblée nationale, le 23 octobre 2019. Jean-Michel Blanquer a dû préciser ses intentions sur la revalorisation du métier enseignant. Il en ressort que? comme Macron, il ne conçoit pas de "revalorisation" sans une augmentation du travail enseignant.

Pour commencer, pas de revalorisation en 2020. 
Si, pour la députée LREM A-C. Lang, "les enseignants sont augmentés de 300 €; c'est incontestable", la réalité budgétaire pour 2020 est sensiblement différente et présage mal d'une véritable revalorisation. Selon BLanquer, le budget prévoit 300 millions pour le GVT (hausses de salaire liées à l'ancienneté), auxquels s'ajoutent 340 millions par application des accords PPCR signés en 2016 et retardés d'un an par le gouvernement Philippe. Il y a également 60 millions en règlement de la hausse de la prime de Rep+ (concernant les zones de renforcement de l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales). Cette augmentation est la seule à mettre au crédit du gouvernement et elle est loin de représenter 300 € par enseignant.

D'après le ministre, il reste 30 millions "pour l'agenda social", c'est à dire à négocier avec les syndicats. Ils seraient destinés à une amélioration du taux d'accès à la hors classe pour les enseignants du 1er degré (le taux d'accès des professeurs des écoles est nettement inférieur à celui des enseignants du second degré, en collège ou en lycée). Aucune revalorisation de la paie des enseignants ne peut donc être budgetée pour 2020.

Heures supplémentaires et personnalisation ?
"On va se revoir avec les syndicats sur l'articulation réforme des retraites, rémunération et définition du métier enseignant", annonce le ministre. Comme Macron, le 3 octobre, il lie ainsi toute revalorisation à une redéfinition du métier. Macron avait expliqué que ce serait lié à la hausse du temps de travail et à la réduction des congés.

Le ministre de Macron ouvre deux pistes. 
D'abord, les heures supplémentaires qui permettent aux enseignants de gagner plus. Mais on sait que cela ne concerne pas les enseignants du premier degré, dont les salaires sont équivalents à ceux du second degré, depuis qu'ils ont obtenu d'être des 'professeurs' et non plus des 'instituteurs'. Ces heures ne sont pas disponibles dans toutes les disciplines. De plus, globalement, ce sont les hommes (minoritaires dans l'éducation) et les enseignants des catégories les plus diplômées (agrégés, CPGE) qui en font davantage. Autrement dit, les heures supplémentaires augmentent les inégalités dabs le corps enseignant.

Ensuite, "la fonction professorale doit prendre un sens nouveau. Cela passe par la capacité à personnaliser la carrière du professeur". Autrement dit, aux carrières ponctuées par un avancement statutaire, succéderait une "personnalisation" de la carrière, selon le "mérite", à la discrétion subjective du chef d'établissement qui définit seul ses critères. Cela sera rendu possible grâce à la loi de réforme de la fonction publique adoptée cet été qui donne de nouveaux pouvoirs à la hiérarchie immédiate. Au ministère, on parle de "gestion de proximité" des relations humaines...

La commission de l'éducation rejette les amendements.
Elle a adopté le budget 2020 en en rejetant les amendements déposés par l'opposition et quelques députés de la majorité. Ainsi, trois amendements PS demandaient le rétablissement des 440 postes supprimés dans le second degré ou la création de postes dans le 2e degré pour accueillir les 40.000 élèves supplémentaires. Un autre amendement PS en faveur de la titularisation des contractuels a été pareillement repoussé du pied.

Frédéric Reiss (LR, ancien professeur de mathématiques) et Michèle Victory (suppléante depuis 2007 d'Olivier Dussopt, PS, et professeur d'anglais) ont relevé la baisse de 3.5% des crédits de formation du 1er degré, en contradiction avec le discours ministériel, et demandé son annulation. Les deux amendements d'un montant de 30 millions ont été repoussés par la majorité. Un amendement PS prévoyant de doter chaque professeur d'un crédit formation de 100€ a été aussi rejeté.

Des députés de la majorité sont intervenus pour défendre le service médical de l'éducation nationale en pleine déliquescence du fait des salaires insuffisants. M Isaac-Sébille et Mme Bannier, Mme Descamps et MM Bournazel et Zumkeller ont demandé un million pour revaloriser les salaires des médecins scolaires, en vain. Mme Temarelle Verhaeghe et les députés PS ne demandaient que 250.000 € . Ils ne les ont pas obtenus.

lundi 17 septembre 2018

Suppression de 1.800 postes de fonctionnaires de l'Education : priorité à la jeunesse ou aux économies ?

1.400 postes d'enseignants retirés au secondaire: Macron "dégraisse le mammouth"...

"Au moins 400 postes administratifs" sont concernés par les économies du pouvoir macronien. 

Selon Macron, on n'est pas encore à l'os...
Blanquer aborde ainsi l'austérité de manière trompeuse et méprisante. Les 1.800 suppressions de postes dans l'Education nationale annoncées dimanche soir ne sont pas tous des postes d'enseignants. Ainsi, d'une part, la précision apportée lundi par le ministre Jean-Michel Blanquer sur France Inter sous-entend que les personnels administratifs de l'Education sont quantité négligeable, et d'autre part, que la disparition massive de 1.400 enseignants du cycle secondaire ne devrait en rien affecter la qualité de l'enseignement.

"Il y a au moins 400 postes administratifs en moins, et probablement davantage. C'est des choses qui doivent s'affiner avec le temps et même avec la discussion budgétaire", a lâché le ministre de l'Education nationale, interrogé sur la répartition des 1.800 suppressions de postes, annoncées dimanche dans un entretien avec Le Figaro.

Le ministre a expliqué avoir "négocié avec Bercy (...), sachant qu'on vise l'intérêt général de tous les Français: réduire le déficit de l'Etat". Ces suppressions de postes ne concerneront que le second degré, c'est-à-dire les collèges et les lycées, ainsi que les services administratifs. 

Le privé et le public seront aussi mal lotis
"Il y a aussi les suppressions que nous ferons dans l'enseignement privé, 20% (...) Cela touche dans cette proportion-là l'enseignement privé", a-t-il ajouté.
L'Education nationale compte "un peu plus d'un million de fonctionnaires pour 12 millions d'élèves", a-t-il rappelé.

Parallèlement à ces suppressions, le budget du ministère sera augmenté de 850 millions d'euros, soit 1,7%.

Déshabiller Pierre pour habiller Fatima ?
Il s'agit, selon Blanquer, d'être en "capacité d'augmenter le pouvoir d'achat des professeurs, puisque tout le monde dit bien aujourd'hui que le problème, c'est l'attractivité du métier de professeur".
Le ministre vise ainsi "1.000 euros de plus sur une année en début de carrière" pour un professeur débutant. Rapidement, les victimes de ce miroir aux alouettes verront leur carrière stagner avec le gel des points d'indices, donc des fins de carrières problématiques avec de grands enfants à charge.

Le ministre a par ailleurs annoncé la création d'un gadget, un "observatoire du pouvoir d'achat des professeurs", afin, a-t-il expliqué, de "nourrir le dialogue social et avoir une vision à l'échelle du quinquennat des augmentations que nous allons faire". Fera-t-il bouillir la marmite ?

"Les taux d'encadrement dans tous les départements de France, ruraux et urbains vont s'améliorer à l'école primaire," promet le ministre : moins d'élèves par classe dans toutes les écoles primaires de France au cours des années qui viennent".

Fidèle à l'objectif fixé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de supprimer 120.000 postes dans l'ensemble des trois versants de la fonction publique au cours du quinquennat, le premier ministre Edouard Philippe avait déclaré au mois d'août que 4.500 postes seraient supprimés dans la fonction publique d'État en 2019 et plus de 10.000 en 2020.

mardi 10 octobre 2017

Grève des profs: 35% à 50% de participants, selon syndicats

Le ministère de l'Education nationale n'en dénombre que 17,5%

Bataille de chiffres, comme sur le chômage entre l'INSEE et Pôle emploi
Résultat de recherche d'images pour "greve enseignants octobre 2017"
Des villes mettent en place le Service Minimum d'Accueil (SMA) 
dans les écoles, ce mardi 10 octobre 2017

Les syndicats recensent tous les professeurs qui ne sont pas en présence d'élèves ce mardi. Le ministère exclut, en revanche, les enseignants qui se sont déclarés malades à l'occasion de la journée d'action des fonctionnaires... 
Selon les chiffres remontés au ministère de l'Education nationale par les chefs d'établissement zélés, 17,47% des professeurs, tous niveaux confondus, étaient en grève sur la totalité des académies: près de 20% dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et près de 16% dans le second degré (collèges et lycées).

Image associée
Lille, ce jour
Syndicat de gauche dominant dans les écoles, le SNUIpp-FSU,  a, quant lui, avancé un taux de 50% de grévistes dans le primaire. Dans le secondaire, le SNES-FSU indique qu'"un personnel du second degré sur trois a répondu à l'appel" à la grève et que la mobilisation de ce jour constitue "un sévère avertissement" au gouvernement.

A Paris, neuf lycées ont vu leurs entrées et sorties perturbées par des blocages - des poubelles amassées la plupart du temps - mis en place par quelques lycéens ou autres jeunes incontrôlés, selon le rectorat, mais qui répondent présents à tous les mots d'ordre...

De jeunes extrémistes ont déclenché un incendie devant le collège et lycée Voltaire, dans le XIe arrondissement (est parisien devenu bobo, tandis que Voltaire maintient sa réputation de radicalité : un feu de poubelles s'est propagé à une porte annexe, a indiqué le principal-adjoint Saïd Shauri. Un blocus mis en place "par des personnes extérieures à l'établissement et probablement des lycéens de Voltaire a dérapé en milieu de matinée", avec ce feu de poubelles, a-t-il raconté. L'équivalent lycéen des "casseurs", "en marge" des actions syndicales de rue. 
Les cours ont été suspendus et devraient reprendre mercredi matin. Les policiers sont venus effectuer des prélèvements et la direction de l'établissement va porter plainte.
Au classement national des lycées les plus efficaces au baccalauréat 2017, Voltaire est 2.230 sur 2.277...
A Paris toujours, l'accès de cinq lycées a été perturbé par des barrages filtrants  et quatre barrages ont interdit aux non-grévistes la possibilité de suivre leurs cours, ne laissant passer personnes, a souligné le rectorat.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), a condamné "avec la plus grande fermeté [selon la formule consacrée] les dégradations inadmissibles" au lycée Voltaire, et réclamé "des sanctions exemplaires". La région "portera plainte contre les auteurs des dégradations", a prévenu la gestionnaire des lycées d'Ile-de-France.

vendredi 18 novembre 2016

Les professeurs chahutent Macron à Marseille

Emmanuel Macron était attendu de pied ferme par des professeurs d'extrême gauche. 

Ces professeurs  de Marseille manifestaient pour la défense des moyens consacrés à l'éducation prioritaire, à l'occasion d'un déplacement mouvementé de l'ex-banquier. 

Jeudi 17 novembre, l'ex-ministre de l'Économie de Hollande, Emmanuel Macron, a été chahuté à Marseille, pour son premier déplacement de candidat déclaré à la présidentielle, par des enseignants de lycées en ZEP, en grève pour demander le maintien des moyens supplémentaires particuliers aux zones d'éducation prioritaire. 
Descendu de son train dans la cohue de la gare Saint-Charles vers 15 heures, le candidat était attendu par des professeurs qui manifestaient non loin de là, à deux pas du rectorat, dans le cadre d'un mouvement national pour la défense des moyens consacrés à l'éducation prioritaire. 

Des professeurs inquiets des mesures envisagées par Vallaud-Belkacem

Des professeurs d'un lycée voisin l'ont interpellé, disant se sentir "oubliés" par le gouvernement, malgré une visite ministérielle sans suites, l'an dernier. "Ils ont paradé dans le lycée, ils nous ont promis des moyens, nous n'avons rien eu", a lancé l'un d'eux à l'ancien ministre, qui tentait d'établir le dialogue. "Nous n'avons quasiment plus de moyens supplémentaires [par rapport aux lycées classiques]", a renchéri une autre. 
Le candidat s'est ensuite frayé un chemin jusqu'à une voiture qui devait le conduire à un IUT dans le nord de la ville. 

Emmanuel Macron avait ensuite à tenir à 18 h 30 son premier meeting de candidat aux Pennes-Mirabeau, lieu du e la plus grande zone commerciale de France, au nord de Marseille, puis dîner avec des "personnalités marseillaises issues du monde économique, culturel, sportif, et de la santé, en présence des parlementaires locaux". Ainsi a-t-il été accueilli par l'élue locale socialiste, rivale de Mennucci, Samia Ghalli qui la assuré de son amitié.

Les enseignants de lycées en zone prioritaire étaient en grève jeudi pour réclamer le maintien, dans la durée, des moyens supplémentaires dont ils bénéficient, estimant qu'ils sont "les grands oubliés" de la réforme de l'éducation prioritaire de 2014.


mardi 31 mai 2016

Le gouvernement tente de regagner son électorat d'enseignants: coût, 1 milliard à financer après 2017

Vallaud-Belkacem annonce une revalorisation des salaires des profs, financée par le prochain président...

Les retraités
, eux, peuvent attendre

Alors que les enseignants de la FSU et de SUD sont dans la rue et que le climat social ne se détend pas, l'exécutif socialiste tente une opération séduction auprès de son électorat traditionnel. Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé une revalorisation progressive de la rémunération des enseignants, avec 500 millions d'euros budgétés dès 2017, année électorale lourde, avec une présidentielle et des législatives, pour atteindre un milliard d'euros en ...2020.
Des professeurs davantage payés à partir du 1er janvier 2017, des carrières accélérées pour les enseignants les plus engagés, notamment en éducation prioritaire : Najat Vallaud-Belkacem fait ce mardi l'annonce d'une première tranche de revalorisations qui prendra effet dans sept mois et cinq mois avant cette présidentielle.

Pourquoi une augmentation ?

[Après quatre années de présidence socialiste] les professeurs français, moins payés que leurs homologues de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), attendent depuis des années d'être augmentés. "Cette revalorisation va permettre, d'après nos estimations, de replacer la France au-dessus de la moyenne de l'OCDE" et "d'atteindre pour les fins de carrière les niveaux des pays les plus favorables, l'Allemagne notamment", a promis la ministre. La dernière réorganisation générale des carrières des enseignants datait d'il y a 25 ans, sous Lionel Jospin, a déclaré Najat Vallaud-Belkacem.

L'objectif est par conséquent "d'accroître l'attractivité du métier", a expliqué la socialiste, accordant à l'argent un pouvoir politique inattendu, mais aussi de "mieux accompagner les enseignants tout au long de leur carrière et de mieux valoriser leur engagement".

De combien les enseignants seront-ils augmentés ?

Lors de leur première année d'enseignement, les professeurs [stagiaires et donc à temps partiel] gagneront à terme, d'ici 2020 [dans quatre ans], 1.400 euros bruts de plus par an [ils bénéficient déjà d'une indemnité annuelle...]. Un professeur des écoles qui exercera dix ans en éducation prioritaire ET deviendra [de surcroît ] directeur d'école [et à cette condition particulière] pourra gagner en fin de carrière 1.000 euros de plus par mois qu'actuellement. [Combien de privilégiés concernés?]

La revalorisation se reflétera aussi dans les retraites, calculées pour les profs sur la base des six derniers mois d'exercice. [un avantage spécifique maintenu, face au secteur privé, et de nature à amadouer les professeurs militants qui s'opposent actuellement à la loi Valls sur la réforme contestée du code duTravail...]  

Une alternance en 2017 peut-elle remettre en cause ce dispositif ? 

Interrogée, lors de la présentation de ces décisions à la presse, sur une éventuelle remise en cause de ces engagements en cas d'alternance, la ministre de l’Education nationale a lancé un défi à l'opposition : "je souhaite bien du courage à celui qui voudra remettre en question ce PPCR" [Parcours professionnels, carrières et rémunérations].

Des enseignants choyés pendant le quinquennat ? 

Depuis le début du quinquennat, plusieurs mesures de revalorisation ont été prises, a rappelé la ministre, au risque de livrer les enseignants à la vindicte publique. Vincent Peillon avait créé une indemnité de 400 euros par an pour les professeurs des écoles, qui sera alignée à la rentrée 2016 avec la prime correspondante des professeurs du secondaire fixée à 1.200 euros [soit 800 euros], comme l'a annoncé Manuel Valls, le 3 mai [suite aux violentes manifestations de rue  contre le projet de réforme Valls du Travail]. 
Dans le cadre de la réforme de l'éducation prioritaire, les primes des enseignants y ont été augmentées de 50% en REP et de 100% en REP+.

Les enseignants vont aussi bénéficier du dégel du point d'indice des fonctionnaires, avec deux revalorisations de 0,6%, en juillet 2016 et février 2017.

"Ça va mieux pour la France," mais les enseignants sont-ils toute la France ?

Il a fait valoir [plus que jamais] le redressement des indicateurs économiques : la croissance qui "va mieux" [sic]; les déficits publics à 3,5 % en 2015, et qui seront "à moins de 3 % en 2017"  [mais auxquels il faut toutefois encore ajouter 1 milliard]; l’ "investissement qui repart"; les "créations nettes d’emplois " [compte-tenu des radiations administratives et des défauts d'actualisation à Pôle Emploi ? Cf. lien PaSiDupes].

Ces cadeaux au monde éducatif seront-ils suffisants pour empêcher les perturbations des examens, notamment les épreuves du baccalauréat ? 
En tout état de cause, ils arrivent à temps...

jeudi 20 novembre 2014

L'Education est-elle bien toujours nationale entre les mains de Vallaud-Belkacem ?

Création de 500 postes supplémentaires d'enseignants dans le 9.3

Une annonce Vallaud-Belkacem, à la veille d'une grève d'enseignants...

La ministre de l'Education agit sous la pression
A la veille d'une grève des enseignants en Seine-Saint-Denis, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, a annoncé neuf mesures pour les écoles du 93.

Parmi elles, en plus des 300 déjà prévus, la création de 500 emplois de professeurs des écoles sur les trois prochaines années (2015, 2016 et 2017) doit permettre d' "accueillir dans de bonnes conditions les élèves supplémentaires" et "développer la scolarisation des moins de 3 ans". On arrive à 800 pour la seule Seine-Saint-Denis: de quoi faire pâlir le Pas-de-Calais...

Autres mesures, l'éducation prioritaire sera renforcée et le nombre de postes de professeurs des écoles mis au concours pour l'Académie de Créteil sera augmenté. En outre, la création d'un concours ...supplémentaire à la session 2015 devrait permettre à des candidats "de grande qualité" qui n'ont pas été recrutés dans certaines académies sélectives de concourir une deuxième fois en Seint-Saint-Denis. En somme, ceux qui ne sont pas à la hauteur ailleurs conviendront au 9.3 ? 

Le mensonge comme mode de gouvernement
Vallaud-Belkacem y excelle. "Ce concours aura les mêmes exigences que le
concours habituel (mêmes épreuves écrites et orales)", précise le ministère qui n'est pas à une contre-vérité près. Les postes ouverts à concours n'ont pas été pourvus pour la raison indiquée par la rue de Grenelle, mais aussi faute de candidat(e)s que la Seine-Saint-Denis effraie, avec quelque raison.

NVB fait entrer la sous-qualification par la porte de derrière
Des contractuels sont également à l'ordre du jour, mais ce qui surprend, c'est que les syndicats avale les couleuvres d'un soi-disant meilleur accompagnement et d'une meilleure formation. Des contractuels mieux formés, c'est nouveau: un tour de magie socialiste, avec la complicité du SNUipp. Concrètement, "pour les prochaines rentrées scolaires, les contractuels seront recrutés très en amont (en juin-juillet,pour septembre, c'est-à-dire 8 semaines avant la rentrée de 2015...) avec un contrat débutant [ce qui fait probablement sens] et avant la rentrée scolaire [ce qui semble préférable] et une formation [laquelle et par qui?] leur sera proposée avant la prise en charge des classes [par respect des parties]".

Pour améliorer la gestion des remplacements et la réactivité de l'Education nationale dans ce secteur "tendu", voire hyper-tendu, on peut même dire à risques, les équipes administratives du 93 seront réorganisées, puisque le recteur n'en avait pas encore  éprouvé la nécessité.
Concrètement, le flou cache un loup, mais le SNUipp n'a pas ouvert la battue.

VOIR et ECOUTER
improviser avec aplomb au micro bienveillant de France Info, le 19 novembre:
  

Pastille rouge pour Najat Vallaud-Belkacem: elle n'atteint pas la moyenne !
La ministre de l'Education nationale multiplie les expérimentations pour construire l'école de demain. Dernière en date : remplacer les notes par des couleurs. Erreur de diagnostic: lorsque les élèves souffrent de leurs résultats, ce ne sont pas les notes qui sont en question, mais l'évaluation. Et tous les éléments de langage ont été ressortis des armoires: elle est "injuste", elle est "stigmatisante", elle est "décourageante", elle mine la "confiance en soi" et fait tomber le taux d'hormones. Du coup, les professeurs sont-ils les auteurs d'un génocide. Ils manquent pour le moins de bienveillance. Au moins tient-on les coupables. 
Alors, l'école de demain sera-t-elle sans contrôles ?  Faut-il éradiquer l'espèce enseignante, la remplacer par des ordinateurs, des objets connectés ? Bientôt des e-t-shirts diffuseurs de connaissances ou des patches d'évaluation indolore? Les QCM ont en effet provoqué des troubles profonds et laissé des séquelles irréparables. Mais si on peut optimiser la performance de son aspirateur, pourquoi la géniale NVB, avec le soutien d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du Numérique, ne proposerait-elle pas demain d'optimiser les apprentissages et les évaluations ?  
L'UMP propose quant à elle le recrutement des enseignants par les chefs d'établissement. Sur critères de docilité ou flexibilité, politique ou syndical ? Les voies sans issue abondent.

6 sur 20, c'est la note qu'ont obtenue certains professeurs recrutés aux concours.
 
Pas de redoublement pour les candidats en difficulté avant même que d'embrasser la carrière. Et Najat Vallaud-Belkacem veut les multiplier... 
En visite à Bondy, elle s'est félicitée de leur accroissement quantitatif à l'échelon national  aussi : la qualité n'est pas requise. Plus de 11.000 en 2015 contre 8.000 en 2014 pour le primaire, et 2.000 de plus pour le secondaire. Et Vincent Peillon assurait que ce serait des postes d'encadrement au sens large et non pas exclusivement d'enseignement, mais les établissements attendent de voir venir les personnels de soutien à la réussite des élèves, ces jeunes qui étaient la priorité des priorités du candidat Hollande. 

Cette politique comptable est présentée comme la panacée pour remédier aux échecs de l'école. 
Ce dont la ministre évite soigneusement de parler, c'est du niveau des professeurs recrutés. Pour l'école élémentaire, certains ont été reçus avec des moyennes de 5 à 6 sur 20. Au collège et au lycée, ce n'est pas mieux. Les rapports de jury de CAPES (Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) pour l'année 2014, qu'ils adoptent la langue de bois ou, au contraire, un discours de vérité, montrent que les exigences du ministère sont très éloignées des critères d'excellence. De quoi décourager les jeunes impétrants qui se disent humiliés par cette notation sans rapport avec leurs résultats au bac. Mais là, c'est encore une autre histoire.

7 sur 20 en français et en maths: ça va suffire !
Des hommes sages?
Ce serait trop demander des féministes...
En lettres modernes, la barre d'admission (la note du dernier admis) s'élève à 7 sur 20. Une garantie e maîtrise de l'orthographe à enseigner ? Avec une note équivalente, un candidat au baccalauréat ne serait pas rattrapé à l'issue de l'oral: il n'aurait même pas droit de s'y présenter... Le niveau de la "barre", dans cette matière, ne cesse de baisser : 9 en 2010, 7,5 en 2011, 7,25 en 2012, 7,15 en 2013. C'était avant l'ABCD de l'égalité, mais les activités d'éveil dispersaient déjà les enfants des écoles et des collèges. 
En maths, c'est un peu mieux, ou moins mauvais, avec 7,8 sur 20. En sciences de la vie et de la terre on descend jusqu'à 8 sur 20 et la philosophie exige 8,6 sur 20, mais les postes sont rares. Seule l'histoire-géographie s'approche de la moyenne avec 9,42 sur 20. 
Le plus extraordinaire, c'est que le jury de ce concours se félicite de performances aussi accablantes pour le système scolaire entier. Du coup, au vu du "vivier important de candidats", le ministère décide d'admettre tous ceux et celles qui ont royalement obtenu plus de 7,75 sur 20. Il eût été dommage de se passer de telles compétences ! Elles seraient allées vers le journalisme où le régime fiscal est nettement plus attractif et ça, c'est un calcul accessible à tous...

Le seul, finalement, qui n'emploie pas la langue de bois, c'est Olivier Grenouilleau, le président du jury de l'autre concours d'histoire-géographie, réservé aux professeurs contractuels : "Le jury, écrit-il, a pu observer des lacunes graves et inquiétantes chez certains candidats qui ont déjà en charge des élèves. Les connaissances scientifiques de certains sont si minces qu'elles rendent difficile, voire impossible, toute réflexion didactique ou pédagogique." Il ne reste plus qu'une solution à Najat Vallaud-Belkacem : supprimer, aussi, les notes aux concours de recrutement des enseignants.

Vallaud-Belkacem, Valls et Hollande organisent la précarité

Ces "contractuels" sont "non-titulaires" et donc plus précaires que des CDD. Avant les recrutements de sous-professeurs, ils constituaient 20% des agents des collectivités territoriales, 16% de ceux des établissements de santé et 15% des agents de l’Etat. Soit, au total, presque 17 % des effectifs de la fonction publique. 
Pour lutter contre la précarité dans la fonction publique, une loi de 2012 prévoit la titularisation d'un certain nombre d'agents sous contrat ou le passage de leur CDD à un CDI, d'ici 2016. Mais, selon un rapport, nombre de contractuels ont refusé "l'emploi à vie" offert pas le statut. Alors attractif, Mme la ministre ? Doit mieux faire...
Au final, les privilèges accordés par NVB au 9.3 ne sont que tromperie et manque de respect envers les jeunes en déshérence. Les défavorisés des autres départements ne perdent pas grand chose. Ils gagnent la satisfaction de ne pas se laisser rouler dans la farine et traîner dans la boue.

mercredi 3 septembre 2014

Créations de postes à Education nationale: actées, mais non pourvus !

Vallaud-Belkacem enfume l'opinion sur les créations de postes promises 

Mais le SNES 
ne cache pas son inquiétude sur l’effet "assez nul" sur le terrain
Les profs de mathématiques (et autres), 
espèce en voie de disparition ?
" Les 60.000 postes sont actés, a lancé mercredi avec aplomb Najat Vallaud-Belkacem, la nouvelle ministre de l'Education nationale respectueuse des Français, en marge de l’université d’été de la Conférence des présidents d’université (CPU). Je ne les laisserai pas remettre en cause. L’éducation est la priorité budgétaire de ce gouvernement et il faut qu’elle le reste." Des propos de nature à rassurer les syndicats d’enseignants sur les intentions de la nouvelle ministre de l’Education nationale, après les interrogations qu’ils avaient exprimées dans la foulée de la nomination du nouveau gouvernement.

Las, les co-gestionnaires du ministère dénoncent l'embrouille. 
L’effet des créations de postes engagé depuis l’arrivée de François Hollande a été "assez nul", en tout cas "peu sensible sur le terrain", selon Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du SNES, le syndicat dominant du second degré. Car " la moitié des postes créés a servi à financer la décharge des stagiaires - c’est une bonne chose, mais on ne peut pas parler de moyens nouveaux. A la rentrée 2015, cela sera fini. Mais, pour l’instant, on doit financer la réforme des stagiaires."

 "On n’a pas pourvu tous les postes"

Au SNES, Frédérique Rolet pointe la crise du recrutement. Ainsi, l'enseignement aurait perdu tout pouvoir d'attraction et la ministre n'en aurait aucune conscience ? Le double-jeu de l'exécutif mène les jeunes en pédalo: Hollande leur fait des promesses, mais il ne fait rien pour les tenir: trop coûteuses, mais tellement séduisantes...

Le cumul des déficits de recrutement pour 2012 et 2013 se monte, selon le syndicat, à 7.000 postes. Ces 7.000 emplois existent au budget, affirme le SNES, mais "il n’y a pas eu les recrutements pour les pourvoir". Ces 7.000 postes "non consommés" pourraient monter à 10.000 l’an prochain "si on ne prend pas très vite à bras-le-corps cette question de la crise du recrutement et si le phénomène se poursuit".
 
On aurait alors "un affichage de 54.000 postes créés [dans l’enseignement scolaire] et 10.000 emplois qui passeraient à la trappe", prévient Frédérique Rolet. Pour juguler la crise du recrutement, le syndicat insiste sur le développement de l’aide aux étudiants et la revalorisation salariale des enseignants.

Les propos du SNES rappellent le rapport de la Cour des Comptes de mai dernier. La haute juridiction financière considérait ainsi que, pour la rentrée 2013, sur les 8.781 emplois d’enseignants prévus dans la loi de Finances, seuls 5.159 avaient été réalisés. 

Les comptables de l'Etat concluait à "un écart à la prévision de 3 622 équivalent temps plein (ETP), écart qui souligne les difficultés importantes de prévision du ministère". Surtout, les emplois manquent sur l’école primaire, affirmait la Cour : "Ce n’est pas cohérent avec la priorité affichée pour l’enseignement primaire dans la loi de refondation" de l’école.

L'engagement présidentiel de création de 60.000 postes dans l’Education nationale était clairement menacé fin mars 2014, déjà. Le gouvernement doit trouver de quoi économiser 50 milliards d’euros d’ici 2017, comme l’a demandé François Hollande et au cabinet de Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, on assurait désormais avoir trouvé où opérer des baisses de dépenses. Dans la ligne de mire, les fonctionnaires et une promesse en particulier, celles faites à l'Education nationale... 

La subite découverte du SNES est-elle honnête?

Juillet 2014: "Les profs de mathématiques en voie de disparition?", selon Le Monde. Belkacem ne lit pas Le Monde? L'éducation nationale ne parvient pas à recruter suffisamment d'enseignants dans cette discipline. Un tiers des postes ouverts restent non pourvus après les résultats du dernier concours des professeurs certifiés. Sur les 1.243 postes à pourvoir, seuls 836 candidats ont été admis... 
Ne nous a-t-on pas dit pourtant que le lauréat de la médaille Fields pour 2014 est français: Artur Ávila? Petite omission de la presse stalinienne aux ordres: le jeune génie est Brésilien d'origine et n'est arrivé en France qu'en 2003, recruté au CNRS à 23 ans, après avoir été formé au Brésil et au Canada.