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mardi 31 mai 2016

Le gouvernement tente de regagner son électorat d'enseignants: coût, 1 milliard à financer après 2017

Vallaud-Belkacem annonce une revalorisation des salaires des profs, financée par le prochain président...

Les retraités
, eux, peuvent attendre

Alors que les enseignants de la FSU et de SUD sont dans la rue et que le climat social ne se détend pas, l'exécutif socialiste tente une opération séduction auprès de son électorat traditionnel. Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé une revalorisation progressive de la rémunération des enseignants, avec 500 millions d'euros budgétés dès 2017, année électorale lourde, avec une présidentielle et des législatives, pour atteindre un milliard d'euros en ...2020.
Des professeurs davantage payés à partir du 1er janvier 2017, des carrières accélérées pour les enseignants les plus engagés, notamment en éducation prioritaire : Najat Vallaud-Belkacem fait ce mardi l'annonce d'une première tranche de revalorisations qui prendra effet dans sept mois et cinq mois avant cette présidentielle.

Pourquoi une augmentation ?

[Après quatre années de présidence socialiste] les professeurs français, moins payés que leurs homologues de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), attendent depuis des années d'être augmentés. "Cette revalorisation va permettre, d'après nos estimations, de replacer la France au-dessus de la moyenne de l'OCDE" et "d'atteindre pour les fins de carrière les niveaux des pays les plus favorables, l'Allemagne notamment", a promis la ministre. La dernière réorganisation générale des carrières des enseignants datait d'il y a 25 ans, sous Lionel Jospin, a déclaré Najat Vallaud-Belkacem.

L'objectif est par conséquent "d'accroître l'attractivité du métier", a expliqué la socialiste, accordant à l'argent un pouvoir politique inattendu, mais aussi de "mieux accompagner les enseignants tout au long de leur carrière et de mieux valoriser leur engagement".

De combien les enseignants seront-ils augmentés ?

Lors de leur première année d'enseignement, les professeurs [stagiaires et donc à temps partiel] gagneront à terme, d'ici 2020 [dans quatre ans], 1.400 euros bruts de plus par an [ils bénéficient déjà d'une indemnité annuelle...]. Un professeur des écoles qui exercera dix ans en éducation prioritaire ET deviendra [de surcroît ] directeur d'école [et à cette condition particulière] pourra gagner en fin de carrière 1.000 euros de plus par mois qu'actuellement. [Combien de privilégiés concernés?]

La revalorisation se reflétera aussi dans les retraites, calculées pour les profs sur la base des six derniers mois d'exercice. [un avantage spécifique maintenu, face au secteur privé, et de nature à amadouer les professeurs militants qui s'opposent actuellement à la loi Valls sur la réforme contestée du code duTravail...]  

Une alternance en 2017 peut-elle remettre en cause ce dispositif ? 

Interrogée, lors de la présentation de ces décisions à la presse, sur une éventuelle remise en cause de ces engagements en cas d'alternance, la ministre de l’Education nationale a lancé un défi à l'opposition : "je souhaite bien du courage à celui qui voudra remettre en question ce PPCR[Parcours professionnels, carrières et rémunérations].

Des enseignants choyés pendant le quinquennat ? 

Depuis le début du quinquennat, plusieurs mesures de revalorisation ont été prises, a rappelé la ministre, au risque de livrer les enseignants à la vindicte publique. Vincent Peillon avait créé une indemnité de 400 euros par an pour les professeurs des écoles, qui sera alignée à la rentrée 2016 avec la prime correspondante des professeurs du secondaire fixée à 1.200 euros [soit 800 euros], comme l'a annoncé Manuel Valls, le 3 mai [suite aux violentes manifestations de rue  contre le projet de réforme Valls du Travail]. 
Dans le cadre de la réforme de l'éducation prioritaire, les primes des enseignants y ont été augmentées de 50% en REP et de 100% en REP+.

Les enseignants vont aussi bénéficier du dégel du point d'indice des fonctionnaires, avec deux revalorisations de 0,6%, en juillet 2016 et février 2017.

"Ça va mieux pour la France," mais les enseignants sont-ils toute la France ?

Il a fait valoir [plus que jamais] le redressement des indicateurs économiques : la croissance qui "va mieux" [sic]; les déficits publics à 3,5 % en 2015, et qui seront "à moins de 3 % en 2017"  [mais auxquels il faut toutefois encore ajouter 1 milliard]; l’ "investissement qui repart"; les "créations nettes d’emplois " [compte-tenu des radiations administratives et des défauts d'actualisation à Pôle Emploi ? Cf. lien PaSiDupes].

Ces cadeaux au monde éducatif seront-ils suffisants pour empêcher les perturbations des examens, notamment les épreuves du baccalauréat ? 
En tout état de cause, ils arrivent à temps...

dimanche 27 septembre 2015

Hollande ouvre la chasse aux vrais-faux chômeurs

Le contrôle "renforcé" des demandeurs d'emploi passifs débute ce lundi 

Pôle emploi 
lance un dispositif de traque des chômeurs défaillants  dans leur re
cherche d'un emploi 
Dès ce lundi, soit quatre jours après la publication des mauvais chiffres du chômage, une hausse de 0,6% en août, le pouvoir socialiste prend tous les moyens pour contribuer à l'inversion de la courbe du chômage, annoncée de longue date et attendue fébrilement par François Hollande. Or, pour le candidat putatif à sa réélection, la situation est grave, voire désespérée.
  
Quels que soient les ministres du Travail -de l'optimisme professionnel de Michel Sapin aux balbutiements de Myriam El Khomri, en passant par l'accablement non dissimulé de François Rebsamen, le chômage demeure à des niveaux historiquement haut en France. Le gouvernement a donc décidé de faire porter la responsabilité de ses échecs par les travailleurs en recherche d'un emploi, quitte à stigmatiser par une traque les chômeurs installés dans leur statut d'assistés. Testé dans quatre régions entre la fin 2013 et l'été 2014, il a encore fallu une année de plus -et la fin de l'été 2015-  pour que Hollande se décide  à lancer, ce lundi, le contrôle renforcé des demandeurs d'emploi. La dernière trouvaille du gouvernement pour tordre, enfin, une courbe du chômage rétive à toute inversion depuis le début du mandat Hollande, consistera à tordre le bras des bénéficiaires de l'allocation chômage. 20.000 suspects de plus se sont en effet inscrits à Pôle emploi en août. 

Elément de langage volontariste: "contrôle renforcé des chômeurs"
En clair, sans fioriture sémantique, Valls est en charge de l'ouverture d'une chasse aux démarcheurs mous d'un emploi, les "demandeurs passifs" dénoncés par Rebsamen, en septembre 2014. 
VOIR et ENTENDRE Rebsamen, le 2 septembre 2014:

Ces propos étaient alors jugés "scandaleux et indécents" par le secrétaire national de la CGT Chômeurs, Jean-François Kiefer qui estimait que "ce gouvernement de gauche mène une politique de droite", et dénonce la volonté du gouvernement d'avoir de "belles statistiques" grâce à l'augmentation des radiations, comme le souligna également Eric Aubin, membre de la direction de la CGT chargé de l'emploi : "La seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage, c'est de sanctionner les demandeurs d'emploi en considérant qu'ils ne recherchent pas activement des emplois." Le syndicaliste estimait par ailleurs que le chiffre de 350.000 emplois non pourvus évoqué par le ministre pour justifier une décision autoritaire et brutale ne s'appuie que "sur des projections" qui ne prennent pas en compte "la nature" des emplois en question, révélant un "manque de sérieux".
Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, avait réagi aux déclarations de François Rebsamen : "des propos provocateurs qui prétendent [...] détourner l’attention sur l’échec flagrant de la politique économique et sociale du gouvernement."


Lien PaSidupes (septembre 2014): "Chasse aux chômeurs: Rebsamen veut radier les demandeurs d'emploi passifs"
  

Les soupçons émis par François Rebsamen et désormais assumés par Myriam El Khomri, ne manquent pas de froisser les quelque 5 millions de demandeurs d'emploi répertoriés en France, selon la presse qui arrondit les chiffres vers le bas. D'autant qu'à la vérité, fin août 2015, le nombre de demandeurs d'emploi de catégories A, B, C s'établissait à
5.420.900 en métropole (5.726.300 Dom compris): 20.000 inscrits de plus qu'en juillet. 

En quoi consiste ce dispositif d'ampleur aux effets incertains? 

Des créations d'emploi dans la fonction publique qui accroissent la dette publique... Au total, 200 agents ont été recrutés pour s'acquitter de la mission. A terme, ils devraient permettre à Pôle emploi de passer au crible l'état des recherches de quelque 180.000 chômeurs suspects chaque année, soit près de 5% des 3,57 millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité. Officiellement, aucune obligation chiffrée de résultats, ni en terme de cas traités ni en terme de radiations, ne sera toutefois assigné aux contrôleurs, assure la direction de l'agence publique. 

Mais le contrôle renforcé a déjà du retard à l'allumage. 
Ce lundi, seuls 15 agents seront opérationnels. Ils seront répartis dans trois régions: en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, cette dernière ayant déjà servi de région pilote lors des tests réalisés en 2014. Pour voir l'intégralité des nouveaux effectifs demander des comptes au inscrits, il faudra attendre au moins la fin du mois d'octobre, le temps d'achever leur formation et leur répartition géographique. L'Ile-de-France devrait être dotée d'une trentaine d'agents. Qui sera la cible d'un contrôle? Théoriquement, nul n'a la garantie d'échapper aux contrôles, pas même ceux qui ne bénéficient d'aucune indemnisation. 

Mais certains passifs seront davantage ciblés que d'autres. 
Dans 50% des cas, les dossiers seront choisis "aléatoirement", dit-on. Mais l'autre moitié des dossiers traités aura fait l'objet d'un ciblage particulier au préalable. 
Parmi les critères déjà évoqués par la direction de Pôle emploi, sont prioritairement visés les chômeurs qualifiés recherchant un emploi dans des secteurs "en tension" (l'hôtellerie, les métiers de bouche ou le secteur du bâtiment, par exemple). Mais aussi les chômeurs de longue durée. 

En quoi consiste la procédure? 
Contrairement à ce qui se passe en Belgique, pas question d'aller visiter les chômeurs à domicile ou d'éplucher leurs comptes bancaires. La procédure débute par un examen informatique de chaque dossier. En cas de doute sur un profil, le "contrôleur" adresse, dans un premier temps, un questionnaire au chômeur qui a éveillé ses soupçons. Charge à ce dernier d'apporter la preuve de ses démarches en mettant à disposition de l'agence ses lettres de motivation et l'agenda de ses éventuels entretiens d'embauche. A défaut de réponse satisfaisante, le contrôleur prend directement contact pour un entretien téléphonique qui, si les doutes n'étaient pas levés, débouche alors sur une convocation physique, en agence, avec un conseiller. Les contrôleurs ne doivent pas rencontrer eux-mêmes les contrôlés. 
Les tests en régions ont-ils déjà apporté la preuve de l'efficacité d la procédure Même si l'échelle du test réalisé l'an passé (trois régions) est limitée, elle aurait toutefois apporté quelques enseignements. Les 6.515 contrôles, réalisés en PACA, Franche-Comté et Poitou-Charentes à cette occasion, avaient donné lieu à 1.168 radiations. Soit plus de 15% des dossiers traités. Dans le cas de contrôles ciblés, les radiations atteignaient même 35%

Mais ces chiffres élevés cachent de nombreuses 'subtilités'. 
Ainsi, une part importante des défauts de recherche détectés s'expliquent davantage par le découragement des candidats que par une volonté de fraude avérée, estimait l'étude de Pôle emploi, où le syndicat arrivé en tête aux élections professionnelles est la CFDT, proche du PS et donc du pouvoir. 
Mais surtout, toutes régions confondues, 55% des chômeurs radiés ne bénéficiaient de toute façon d'aucune indemnité chômage... Ces radiations ont donc eu un impact plus statistique que budgétaire. A plus forte raison dans la mesure où les radiations prononcées n'excédaient pas 15 jours. Restait donc à contrôler les bénéficiaires frappés de découragement. 

La mesure est loin de faire l'unanimité: elle est perçue comme une agression
Pôle emploi se défend de vouloir "fliquer" les chômeurs - "il ne s'agit en aucun cas de surveillance, mais d'un soutien bienveillant à la remobilisation à travers une prise de contact", a assuré à plusieurs reprises la direction de l'agence.
Syndicats et chômeurs y voient surtout
une volonté de faire baisser les (très mauvais) chiffres du chômage en augmentant même temporairement le nombre de radiations administratives. Dans son rapport sur l'état de la France en 2015 voté ce mercredi, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) préconise lui aussi le "contrôle renforcé". Non pas celui des chômeurs, mais plutôt celui de l'ensemble "des politiques de lutte contre le chômage", alors que leurs effets sur la croissance et l'emploi apparaissent plus que jamais incertains. 
Lien PaSiDupes : "Escalade dans la traque du chômeur: le contrôle des demandeurs d'emploi n'est pas suffisant"

On comprend
pourquoi Hollande et Valls ont préféré "ministre passive"  néophyte,  ambitieuse et manipulable au Travail, plutôt qu'un vieux briscard retors. Surtout pas une personnalité intègre et respectueuse des chômeurs, victimes de la politique de Hollande, les 'sans-dents' de l'emploi.

mardi 2 septembre 2014

Les chômeurs, cibles d'un ministre social-libéral du gouvernement Valls

Le premier ministre est étrangement absent de la polémique

Le ministre du Travail accuse les chômeurs de ne pas chercher fort un emploi
Rebsamen, nouveau comique,
après Bricq et Hamon
Pour les contraindre, il les menace de "sanction". Cette abondance de propos stigmatisants de l'ensemble des victimes des décisions et reculades du président est fort mal venue dans la séquence actuelle  de déconfiture de l'exécutif dans l'opinion. Cette annonce d'une chasse aux fraudeurs et demandeurs passifssuscité  mardi l'indignation sur l'ensemble de l'échiquier politique.
Samedi, Frère Rebsamen, ministre depuis début avril, avait reconnu "un échec" en matière d'emploi depuis le début du quinquennat. Plus de 500.000 nouveaux demandeurs d'emploi sans activité ont poussé la porte de Pôle emploi, qui en recense désormais plus de 3,4 millions, du jamais vu.

Le ministre du Travail évalue le nombre de postes non pourvus à 350.000. Selon lui, Pôle emploi doit adopter "un état d'esprit différent", avec "des convocations et des vérifications".

Le suspicieux Rebsamen n'est pourtant pas un néophyte de la politique
Rebsamen, le ravi
de la crèche socialiste
"Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi"; "il faut qu'il y ait, à un moment, une sanction", a lancé le ministre sur i-télé. La violence de ces déclarations du ministre du Travail de Hollande ont aussitôt provoqué une montée aux créneaux des syndicats et des associations, "abasourdis" d'entendre le ministre français du Travail "tenir le même discours" que la droite.
Interrogé lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis, le président de la République François Hollande a éludé la polémique.

Ces déclarations ont déchaîné la colère des syndicats

"Je suis atterré", a lui-même réagi le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, qui a jusqu'à présent soutenu toutes les réformes du gouvernement, sans sourciller, jugeant ces propos "scandaleux" et "stigmatisants".
Eric Aubin, membre de la direction de la CGT, a lui déploré que "la seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage" soit de "sanctionner les demandeurs d'emploi". Il a remis en cause le chiffre de 350.000 emplois non pourvus, regrettant que le gouvernement reprenne des arguments qui donnent raison au président Sarkozy.

"La politique menée par François Hollande depuis son arrivée au pouvoir n’a pas permis d’inverser la courbe du chômage et la meilleure façon aujourd’hui de l’inverser, c’est de radier les demandeurs d’emploi pour qu’ils n’apparaissent plus sur les listes."

La CGT rappelle aussi que
"la recherche active est déjà prévue et obligatoire pour obtenir une indemnisation" et que le renforcement des contrôles serait difficile à mettre en oeuvre alors que certains agents [de Pôle Emploi] s'occupent de "300 demandeurs d'emploi". 
"C’est un constat d’échec du gouvernement" : Eric Aubin, CGT
Le chômage a augmenté à nouveau en juillet pour atteindre le nombre record de 3.424.400 demandeurs d’emploi dans la seule France métropolitaine.
FO est "abasourdie". "Si la politique de l'emploi de notre gouvernement c'est simplement stigmatiser des chômeurs, franchement je trouve que c'est assez pathétique", a regretté Stéphane Lardy, secrétaire confédéral.

La déclaration de Rebsamen a été jugée "malvenue et désolante" par la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, proche de la CGT.

Inversant les responsabilité la radio d'Etat en continu France Info estime que "
la gauche tire à boulets rouges sur François Rebsamen"... Elle propose, selon ses termes, un "florilège des mots doux réservés au ministre parti en guerre contre les 'fraudeurs' " . 

Le gouvernement solidaire de l'initiative de Rebsamen... 

"Ce n'est pas la solution", a affirmé le secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, Thierry Mandon, ancien porte-parole du PS: "Ce n'est pas parce qu'on contrôle un peu plus les chômeurs qu'on va vaincre le chômage", "il faut surtout se concentrer sur le réponses pour développer l'emploi".

"Il est temps d'en finir avec la culpabilisation des chômeurs et avec le mythe d'un chômage volontaire", a réclamé le Parti de gauche. "En 2012, alors que Nicolas Sarkozy parlait comme le fait aujourd'hui François Rebsamen, François Hollande répondait qu'il ne fallait pas 's'en prendre aux plus fragiles' ", a de son côté rappelé Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.
Sur son site, le PCF s'en prend avec virulence au ministre, le renvoyant à l'échec de l'inversion de la courbe du chômage :
"Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination."
Et le PCF de soumettre sa propre idée : que "les 5 millions de chômeurs" s'organisent eux-mêmes pour contrôler l'action de l'exécutif :
"Au lieu de singer la droite, le ministre du Travail ferait mieux de changer de politique. Il serait bien à la peine si les 5 millions de chômeurs décidaient d'installer des comités locaux pour mesurer les dégâts économiques et sociaux des choix gouvernementaux.
Si, à l'échelle des départements et des territoires, un suivi des aides publiques aux entreprises, comme pour le CICE, était mis en place par les citoyens, avec, d'un côté, des records de dividendes versés aux actionnaires et, de l'autre, des licenciements, des femmes et des hommes et des familles brisés."
Pour terminer, les communistes se font clairement menaçants. "La peur doit vite changer de camp. [...] Le gouvernement et le patronat doivent aujourd'hui rendre des comptes". 

Le Mouvement national des chômeurs et précaires, "abasourdi", estime que les gouvernements, qu'ils soient de gauche ou de droite, "tiennent le même discours". "On dit aux chômeurs 'tout est de votre faute, vous êtes malhonnêtes, fraudeurs, au mieux feignants' ", juge Pierre-Edouard Magnan, délégué fédéral.

"Ca faisait un petit moment qu'on se posait des questions sur des consignes de radiations à Pôle emploi, maintenant, c'est clair", estime quant à elle Rose-Marie Péchallat, de l'association Recours radiation.

Depuis 2008, les "devoirs" des demandeurs d'emploi sont inscrits dans la loi. Ils doivent notamment "effectuer des actes positifs et répétés de recherche d'emploi" et "accepter les offres raisonnables". "Le refus, sans motif légitime, à deux reprises d'une offre raisonnable d'emploi", entraîne la suspension des allocations pendant deux mois.
A Pôle Emploi, on estime "qu'on peut difficilement forcer les gens" à accepter des offres, soulignant que "la principale problématique reste de trouver des offres raisonnables d'emploi", mais il est également vrai que si les postes offerts en surnombre dans l'Education nationale ne trouvent pas suffisamment preneurs...

Rebsamen a-t-il voulu donner un coup de menton pour se donner de l'importance ?
En effet, Pôle emploi expérimente déjà  des dispositifs de "contrôle de la recherche d'emploi", dans quatre régions et depuis 2013... "L'objectif est avant tout de contrôler, par téléphone ou lors d'un rendez-vous physique, que la recherche est efficace : si les demandeurs d'emplois font des candidatures qui n'aboutissent pas dans les secteurs qui recrutent, on cherche où est le problème", explique-t-on. Le rappel de la menace de sanction par radiation est particulièrement intempestive alors que Pôle Emploi compte plus de 5 millions d'inscrits toutes catégories confondues. .

L'heure est à la solidarité gouvernementale
Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l'Economie, n'a pas hésité à soutenir son collègue du Travail. Un exercice politique aussitôt relayé par i-télé (groupe Canal+) : "Je ne vais pas commenter ce qui ne relève pas de ma compétence ministérielle, (...) mais il est normal que François Rebsamen demande qu'il y ait des pratiques de contrôle. Je crois que c'est ce que veulent tous les Français"...
Pôle Emploi refuse de communiquer des données sur la proportion de chômeurs radiés après ces contrôles...

Valls et Hollande se sont bien gardés d'entrer dans la polémique: la solidarité, c'est pour les sous-fifres.
Dans l'entourage de François Hollande, la gêne est palpable, selon une journaliste qui accompagnait le président en déplacement en Seine-Saint-Denis pour la rentrée scolaire.

Alors qu'il poursuivait sa visite d'un collège flambant neuf, le chef de l'Etat a donc préféré botter en touche. Interpellé par un journaliste qui lui demandait s'il fallait contrôler davantage les chômeurs, François Hollande a répondu d'une phrase lapidaire : "Les élèves, quelquefois, oui".

Chasse aux chômeurs: Rebsamen veut radier les demandeurs d'emploi passifs

Vers un harcèlement "vertueux" des victimes des destructions d'emplois de Hollande et Montebourg

La chasse aux chômeurs est ouverte


Mais on est en Wallonie...
"Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour être sûr que les gens cherchent bien un emploi." Cette offensive de François Rebsamen, ministre du Travail sur i>télé mardi matin enflamme les Français respectueux de la souffrance des victimes du soi-disant redressement de l'industrie par Montebourg. La "gauche sociale" tarde à s'indigner à la différence de son emportement contre les propos des gouvernements précédents confrontés au même problème: des gouvernements de "droite", ou considérés comme plus à droite que celui du social-libéral Manuel Valls.

Le ministre de Hollande estime même que leur "sanction" est nécessaire. "Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi", a déclaré le ministre sur i>Télé. Interrogé sur la difficulté de pourvoir à certains postes, évalués à 350.000, et sur la possibilité de changer les règles d'indemnisation du chômage, François Rebsamen a rappelé qu'être "chômeur au sens du bureau international du travail", c'est rechercher un emploi. Et, dans le cas contraire "il faut qu'il y ait, à un moment, une sanction", a-t-il insisté.


Rebsamen ne passait déjà pas pour un malin

Socialiste désinvolte
"C'est négatif pour ceux qui recherchent des emplois d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi. Donc je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles." A sa portée selon le ministre, cette nouvelle mission de Pôle emploi nécessite un "état d'esprit différent, des convocations et des vérifications (...) Sinon on est radié". "Il n'est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d'avoir des gens qui " ne cherchent pas d'emploi, a-t-il ajouté, précisant qu'il y en avait mais que ce n'était "pas la majorité"...

Rebsamen a toutefois  rectifié le tir, soulignant les "problèmes de salaires" et "d'adéquation" rencontrés par certains chômeurs auxquels sont censées répondre les "formations prioritaires" mises en place par le gouvernement. 

Samedi, le ministre du Travail avait de surcroît reconnu "un échec" en matière de chômage depuis le début du quinquennat de François Hollande, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en métropole atteignant le record de 3,424 millions, après neuf mois de hausse consécutive. Plus de 5 millions, si on prend respectueusement en compte la souffrance des Outre-mer.



Des propos "scandaleux et indécents"

La CGT dénonce la volonté du gouvernement d'avoir de "belles statistiques"
Le secrétaire national de la CGT Chômeurs, Jean-François Kiefer, insiste sur le tour de passe-passe de l'augmentation des radiations, comme le souligne également Eric Aubin, membre de la direction de la CGT chargé de l'emploi : "La seule solution que trouve le gouvernement pour faire baisser la courbe du chômage, c'est de sanctionner les demandeurs d'emploi en considérant qu'ils ne recherchent pas activement des emplois.
Le syndicaliste estime par ailleurs que le chiffre de 350.000 emplois non pourvus évoqué par le ministre pour justifier une décision autoritaire et brutale ne s'appuie que "sur des projections" qui ne prennent pas en compte «la nature» des emplois en question, révélant un "manque de sérieux".
La CFDT n'a rien à dire...

Quand le PS s'insurgeait contre la stigmatisation des demandeurs d'emploi

En 2005, le Parti socialiste s'indignait de la chasse aux chômeurs, initiée par le gouvernement Villepin, dénonçant un "harcèlement des demandeurs d'emploi".
Ainsi, par communiqué daté de 2005 et signé d'Alain Vidalies, actuel secrétaire d'État aux Transports, le Parti socialiste fustigeait "la chasse aux chômeurs" initiée par la droite, selon celui qui était alors secrétaire national aux entreprises.

A son tour, le gouvernement socialiste mènera la lutte contre les chômeurs
Voici le communiqué de Vidalies, version démagogue d'opposition
"Pour le gouvernement, la lutte contre le chômage est une lutte contre les chômeurs. En adoptant un nouveau décret visant à renforcer le contrôle des demandeurs d'emploi, le gouvernement confirme que pour lui, la lutte contre le chômage est d'abord une lutte contre les chômeurs. Le Code du travail, dans sa rédaction actuelle, permet déjà aux agents de contrôle de se faire communiquer tous documents et informations nécessaires à l'accomplissement de leur mission. 
Ironie de 2007: plan d'accompagnement des chômeurs
Autoriser ces autorités à croiser les informations qu'elles détiennent avec les documents de l'administration fiscale revient à encourager un véritable harcèlement des demandeurs d'emploi, qui aura pour seul effet d'hypothéquer le contrat de confiance nécessaire à leur réinsertion.
Plutôt que de chercher à rogner par tous les moyens les droits des demandeurs d'emploi, le gouvernement serait bien inspiré de favoriser leur retour à l'emploi et de s'attaquer aux causes du chômage. Alors que la France ne crée toujours aucun emploi et que le chômage baisse depuis sept mois par le seul effet des radiations administratives et des départs massifs à la retraite, cette nouvelle décision, prise en catimini en pleines vacances de Noël, sans la moindre concertation avec les organisations syndicales et les associations de chômeurs, traduit l'incapacité du gouvernement à redonner confiance aux Français."

L'
actuelle ministre de la Santé, Marisol Touraine, y était également allée de son communiqué en mars 2012 : "Pour masquer son échec social, le président sortant refait le coup de la chasse aux fraudeurs !"

En 2012, quand Nicolas Sarkozy faisait déjà face à la crise
François Hollande répondait qu'il ne fallait pas "s'en prendre aux plus fragiles." Aujourd'hui, Rebsamen commente la même réalité, aggravée. 
Comme le souligne le porte parole du PCF, Olivier Dartigolles, à la différence de mon beau Sapin, roi des sombres forêts socialistes, "ce ministre du travail ne commente plus les chiffres du chômage tant il sont catastrophiques et contredisent, mois après mois, les prophéties présidentielles."
"Il s'agit aujourd'hui de contrôler l'activité réelle de Monsieur Rebsamen, François, recruté en avril dernier pour s'occuper de l'emploi. Certains chiffres et résultats enregistrés dernièrement nous font douter de sa capacité réelle et de sa détermination. Le gouvernement et le patronat doivent aujourd'hui rendre des comptes", tacle le porte parole du PCF.

Retour de Roselyne Bachelot au bercail ?


On attend aussi les justifications du journal Le Monde ou de Libération !