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jeudi 20 novembre 2014

L'Education est-elle bien toujours nationale entre les mains de Vallaud-Belkacem ?

Création de 500 postes supplémentaires d'enseignants dans le 9.3

Une annonce Vallaud-Belkacem, à la veille d'une grève d'enseignants...

La ministre de l'Education agit sous la pression
A la veille d'une grève des enseignants en Seine-Saint-Denis, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, a annoncé neuf mesures pour les écoles du 93.

Parmi elles, en plus des 300 déjà prévus, la création de 500 emplois de professeurs des écoles sur les trois prochaines années (2015, 2016 et 2017) doit permettre d' "accueillir dans de bonnes conditions les élèves supplémentaires" et "développer la scolarisation des moins de 3 ans". On arrive à 800 pour la seule Seine-Saint-Denis: de quoi faire pâlir le Pas-de-Calais...

Autres mesures, l'éducation prioritaire sera renforcée et le nombre de postes de professeurs des écoles mis au concours pour l'Académie de Créteil sera augmenté. En outre, la création d'un concours ...supplémentaire à la session 2015 devrait permettre à des candidats "de grande qualité" qui n'ont pas été recrutés dans certaines académies sélectives de concourir une deuxième fois en Seint-Saint-Denis. En somme, ceux qui ne sont pas à la hauteur ailleurs conviendront au 9.3 ? 

Le mensonge comme mode de gouvernement
Vallaud-Belkacem y excelle. "Ce concours aura les mêmes exigences que le
concours habituel (mêmes épreuves écrites et orales)", précise le ministère qui n'est pas à une contre-vérité près. Les postes ouverts à concours n'ont pas été pourvus pour la raison indiquée par la rue de Grenelle, mais aussi faute de candidat(e)s que la Seine-Saint-Denis effraie, avec quelque raison.

NVB fait entrer la sous-qualification par la porte de derrière
Des contractuels sont également à l'ordre du jour, mais ce qui surprend, c'est que les syndicats avale les couleuvres d'un soi-disant meilleur accompagnement et d'une meilleure formation. Des contractuels mieux formés, c'est nouveau: un tour de magie socialiste, avec la complicité du SNUipp. Concrètement, "pour les prochaines rentrées scolaires, les contractuels seront recrutés très en amont (en juin-juillet,pour septembre, c'est-à-dire 8 semaines avant la rentrée de 2015...) avec un contrat débutant [ce qui fait probablement sens] et avant la rentrée scolaire [ce qui semble préférable] et une formation [laquelle et par qui?] leur sera proposée avant la prise en charge des classes [par respect des parties]".

Pour améliorer la gestion des remplacements et la réactivité de l'Education nationale dans ce secteur "tendu", voire hyper-tendu, on peut même dire à risques, les équipes administratives du 93 seront réorganisées, puisque le recteur n'en avait pas encore  éprouvé la nécessité.
Concrètement, le flou cache un loup, mais le SNUipp n'a pas ouvert la battue.

VOIR et ECOUTER
improviser avec aplomb au micro bienveillant de France Info, le 19 novembre:
  

Pastille rouge pour Najat Vallaud-Belkacem: elle n'atteint pas la moyenne !
La ministre de l'Education nationale multiplie les expérimentations pour construire l'école de demain. Dernière en date : remplacer les notes par des couleurs. Erreur de diagnostic: lorsque les élèves souffrent de leurs résultats, ce ne sont pas les notes qui sont en question, mais l'évaluation. Et tous les éléments de langage ont été ressortis des armoires: elle est "injuste", elle est "stigmatisante", elle est "décourageante", elle mine la "confiance en soi" et fait tomber le taux d'hormones. Du coup, les professeurs sont-ils les auteurs d'un génocide. Ils manquent pour le moins de bienveillance. Au moins tient-on les coupables. 
Alors, l'école de demain sera-t-elle sans contrôles ?  Faut-il éradiquer l'espèce enseignante, la remplacer par des ordinateurs, des objets connectés ? Bientôt des e-t-shirts diffuseurs de connaissances ou des patches d'évaluation indolore? Les QCM ont en effet provoqué des troubles profonds et laissé des séquelles irréparables. Mais si on peut optimiser la performance de son aspirateur, pourquoi la géniale NVB, avec le soutien d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du Numérique, ne proposerait-elle pas demain d'optimiser les apprentissages et les évaluations ?  
L'UMP propose quant à elle le recrutement des enseignants par les chefs d'établissement. Sur critères de docilité ou flexibilité, politique ou syndical ? Les voies sans issue abondent.

6 sur 20, c'est la note qu'ont obtenue certains professeurs recrutés aux concours.
 
Pas de redoublement pour les candidats en difficulté avant même que d'embrasser la carrière. Et Najat Vallaud-Belkacem veut les multiplier... 
En visite à Bondy, elle s'est félicitée de leur accroissement quantitatif à l'échelon national  aussi : la qualité n'est pas requise. Plus de 11.000 en 2015 contre 8.000 en 2014 pour le primaire, et 2.000 de plus pour le secondaire. Et Vincent Peillon assurait que ce serait des postes d'encadrement au sens large et non pas exclusivement d'enseignement, mais les établissements attendent de voir venir les personnels de soutien à la réussite des élèves, ces jeunes qui étaient la priorité des priorités du candidat Hollande. 

Cette politique comptable est présentée comme la panacée pour remédier aux échecs de l'école. 
Ce dont la ministre évite soigneusement de parler, c'est du niveau des professeurs recrutés. Pour l'école élémentaire, certains ont été reçus avec des moyennes de 5 à 6 sur 20. Au collège et au lycée, ce n'est pas mieux. Les rapports de jury de CAPES (Certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) pour l'année 2014, qu'ils adoptent la langue de bois ou, au contraire, un discours de vérité, montrent que les exigences du ministère sont très éloignées des critères d'excellence. De quoi décourager les jeunes impétrants qui se disent humiliés par cette notation sans rapport avec leurs résultats au bac. Mais là, c'est encore une autre histoire.

7 sur 20 en français et en maths: ça va suffire !
Des hommes sages?
Ce serait trop demander des féministes...
En lettres modernes, la barre d'admission (la note du dernier admis) s'élève à 7 sur 20. Une garantie e maîtrise de l'orthographe à enseigner ? Avec une note équivalente, un candidat au baccalauréat ne serait pas rattrapé à l'issue de l'oral: il n'aurait même pas droit de s'y présenter... Le niveau de la "barre", dans cette matière, ne cesse de baisser : 9 en 2010, 7,5 en 2011, 7,25 en 2012, 7,15 en 2013. C'était avant l'ABCD de l'égalité, mais les activités d'éveil dispersaient déjà les enfants des écoles et des collèges. 
En maths, c'est un peu mieux, ou moins mauvais, avec 7,8 sur 20. En sciences de la vie et de la terre on descend jusqu'à 8 sur 20 et la philosophie exige 8,6 sur 20, mais les postes sont rares. Seule l'histoire-géographie s'approche de la moyenne avec 9,42 sur 20. 
Le plus extraordinaire, c'est que le jury de ce concours se félicite de performances aussi accablantes pour le système scolaire entier. Du coup, au vu du "vivier important de candidats", le ministère décide d'admettre tous ceux et celles qui ont royalement obtenu plus de 7,75 sur 20. Il eût été dommage de se passer de telles compétences ! Elles seraient allées vers le journalisme où le régime fiscal est nettement plus attractif et ça, c'est un calcul accessible à tous...

Le seul, finalement, qui n'emploie pas la langue de bois, c'est Olivier Grenouilleau, le président du jury de l'autre concours d'histoire-géographie, réservé aux professeurs contractuels : "Le jury, écrit-il, a pu observer des lacunes graves et inquiétantes chez certains candidats qui ont déjà en charge des élèves. Les connaissances scientifiques de certains sont si minces qu'elles rendent difficile, voire impossible, toute réflexion didactique ou pédagogique." Il ne reste plus qu'une solution à Najat Vallaud-Belkacem : supprimer, aussi, les notes aux concours de recrutement des enseignants.

Vallaud-Belkacem, Valls et Hollande organisent la précarité

Ces "contractuels" sont "non-titulaires" et donc plus précaires que des CDD. Avant les recrutements de sous-professeurs, ils constituaient 20% des agents des collectivités territoriales, 16% de ceux des établissements de santé et 15% des agents de l’Etat. Soit, au total, presque 17 % des effectifs de la fonction publique. 
Pour lutter contre la précarité dans la fonction publique, une loi de 2012 prévoit la titularisation d'un certain nombre d'agents sous contrat ou le passage de leur CDD à un CDI, d'ici 2016. Mais, selon un rapport, nombre de contractuels ont refusé "l'emploi à vie" offert pas le statut. Alors attractif, Mme la ministre ? Doit mieux faire...
Au final, les privilèges accordés par NVB au 9.3 ne sont que tromperie et manque de respect envers les jeunes en déshérence. Les défavorisés des autres départements ne perdent pas grand chose. Ils gagnent la satisfaction de ne pas se laisser rouler dans la farine et traîner dans la boue.

vendredi 19 juillet 2013

Education: les socialistes recrutent des professeurs au rabais pour faire nombre

4/20 suffit pour être admissible au concours de professeurs des écoles

Difficile de recruter des enseignants? 
Peillon, retour à 
l'école élémentaire
Pour parvenir à pourvoir les postes ouverts, le ministère est contraint, dans certaines académies, d'abaisser jusqu'à 4/20 la barre d'admissibilité aux concours. 

Le ministre de l'Education nationale 
Vincent Peillon aurait pu s'abstenir cette semaine de se féliciter de "la capacité retrouvée de l'Education nationale à attirer les étudiants". A y regarder de plus près, la réalité est moins enthousiasmante. 

Quel sera en effet le niveau des enseignants recrutés durant le quinquennat? 
L'inquiétude grandit au vu des barres d'admissibilité retenues aux concours enseignants cette année. Obligées de recruter d'importants volumes d'enseignants, sans toujours disposer d'un vivier suffisant, les académies ont été contraintes de baisser de 2 à 3 points la barre d'admissibilité aux concours, notamment pour le premier degré. 

Les concours assurent-ils l'égalité entre les candidats à travers la France?
Pour la session extraordinaire 2014 des concours de professeurs des écoles (PE), la barre d'admissibilité est ainsi fixée à 4/20 à Créteil, 5/20 à Paris, 4,5/20 à Versailles, et 7/20 à Strasbourg. 

A des volumes trop importants, un recrutement au rabais

Sébastien Sihr, syndicaliste
 au rabais du SNUIPP ?
Une situation qui préoccupe les recteurs. "Si la barre était à 10/20, nous ne pourrions recruter que quelques centaines de candidats!", se désole un haut fonctionnaire. 

La raison de
cette baisse spectaculaire des exigences aux concours tiendrait aux importants volumes de recrutement prévus cette année, conséquence de la promesse présidentielle d'embaucher 60.000 personnels de plus en 5 ans. 

Le ministère concède des difficultés de recrutement dans certaines académies. 19.413 postes ont été ouverts aux concours pour la session 2013. Pour la session extraordinaire de 2014, 8.500 postes étaient ouverts dans le premier degré et 10.750 dans le second degré. Mais, pour la session 2014, s'étonne-t-on rue de Grenelle, "il n'y a aucune raison de baisser les barres d'admissibilité puisque l'on compte un tiers de présents en plus aux concours, et que le volume de postes offerts reste stable par rapport à la session 2013". 

Même en baissant la barre d'admissibilité, près de 2000 postes n'ont toutefois pu être pourvus cette année aux concours 2013. 
Des profs 'low cost.' De quoi jeter le doute sur l'opportunité du recrutement de près de 12 000 enseignants par an durant toute la durée du quinquenat. Plus de profs certes, mais à quel prix? 
Bernadette Groison, ancienne institutrice 
du courant "cégétiste" , 
promue à la tête de la FSU,
fédération syndicale de l'enseignement,
2e syndicat de l'Education, derrière FO
D'autant que, dans un rapport, la Cour des comptes estime que l'Education nationale ne souffre pas d'un manque de moyens mais d'un problème de "gestion défaillante". 
Les promesses démagogiques de Hollande mettent Peillon en difficulté et l'école à mal. 
Quel avenir pour nos enfants ? 
Si seulement les syndicalistes se dégageaient du lot par leur intellect...

vendredi 14 décembre 2012

Hollande achète des profs (et des médecins) au prix fort

Les socialistes tentent de séduire par l'argent


Le gouvernement Ayrault tente d'appâter les jeunes avec l'argent


Marisol Touraine garantit 4600 euros aux jeunes humanitaires  médecins, "volontaires" pour les déserts médicaux



Crises des vocations dans l'enseignement et la santé
Dans l'Education, Peillon crée 43.000 postes qui ne trouvent pas preneurs
Les postes mis au concours de recrutement restent non pourvus, faute de candidats. La sécurité d'un emploi de fonctionnaire ne motive pas les étudiants à se présenter aux concours et les rectorats devront recruter 15 % de leurs effectifs comme vacataires.En septembre 2012, 15 % des postes à pourvoir au concours du CAPES sont restés vacants. Le recrutement en mathématiques est de loin le plus déficitaire, avec un manque de 298 candidats (37 % des postes à pourvoir dans cette discipline), suivi de l’anglais (131 postes manquant, soit 16 %), pour un total toutes disciplines confondues de 706 postes vacants.

La SNES FSU dresse un constat plus sombre encore. Agrégation et Caplp (lycées professionnels) compris, le déficit atteint 853 postes, auxquels il faut selon le syndicat ajouter 267 candidats admis à la fois au CAPES et à l’Agregation: ces " doubles admissions " sont autant de postes non pourvus au détriment du CAPES.

Le gouvernement socialiste prépare un enseignement au rabais
Comme par magie égalitaire, 280 candidats admissibles à l’agrégation  - donc refusés aux épreuves orales (en anglais, par exemple !) - se verront proposer une admission au CAPES, pour combler ce manque, selon Catherine Gaudy, directrice générale des ressources humaines des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, selon le Figaro.fr. 
Pour relever le niveau "Pour le reste des postes laissés vacants (526), nous allons recourir à des contractuels ", expliquait-elle le 12 juillet. Par le passé, le SNES était pourtant opposé à l'emploi de "maîtres auxiliaires" corvéables à merci, non ? Mais voilà un des aspects du "changement", à commencer parmi les militants...

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé un recul de la date limite des inscriptions aux concours (en juillet 2012) pour tenter d’attirer plus de candidats.

Et Peillon de maquiller cette désaffection des étudiants pour l'enseignement. Comme la nationalisation "transitoire" brandie contre Mittal à Florange, un "concours transitoire" en première année de master va avoir lieu en 2013 pour ..."pallier les départs à la retraite de 2014", à ce qu'il dit !
Caroline Lechevallier, secrétaire nationale du SNES FSU, syndicat dominant de l'E.N. associé à toutes les grèves nationales, explique une telle désaffection par la chute du nombre de postes mis aux concours, bien qu'elle corresponde au contraire à l'énorme diminution du nombre de candidats. Elle estime aussi que la difficulté des épreuves du concours du CAPES freine les vocations. La FSU accrédite ainsi l'idée qu'on doive abaisser le niveau d'exigences aux concours, lesquels débouchent sur un métier discrédité par l'idéologie régnante et des salaires bas pour un niveau bac +5. Titulaires du master  requis, il leur faut, en plus, obtenir des certifications obligatoires en langue (CLES) et en informatique (C2I). 

La FSU approuve le gouvernement qui embauche des contractuels, recrutés sans concours et sans formation. Ils ne sont pas titulaires et restent dans des situations précaires, qui les exposent à des pressions. Ils ne sont même pas sûrs d’être réemployés l’année suivante. Les recteurs essaient de recruter des gens qui ont un master avant de passer finalement des annonces à Pôle emploi.

Surcoût  de 2 milliards d'euros jusqu'à 2017 : mais 
combien en 2050 ?


Les recrutements de professeurs vont se poursuivre année après année pendant tout le quinquennat.

L'ouverture de 43.000 places aux concours aboutira, en 2013, à la création d'à peine 8281 postes équivalent temps plein. En effet, une grande partie des recrutés remplaceront des professeurs partant à la retraite: le solde des postes sera nul pour l'Éducation nationale. Et les autres recrues ne seront pas toutes présentes à temps plein (six heures seulement), puisqu'elles seront encore en formation.
Dans  son budget 2013, le ministère n'a pas détaillé le surcoût lié à ces nouveaux postes. Les chiffrages les plus précis ont été réalisés par deux think-tanks, l'Institut de l'entreprise et l'Institut Montaigne, lors de la campagne électorale. Le premier a évalué à 30.000 euros par an le coût d'un jeune enseignant, et donc à 360 millions d'euros par an le coût de la création de 12.000 postes, une somme supportable, la première année, rapportée aux 62,6 milliards de budget de l'Éducation nationale.
Mais le surcoût total des recrutements est énorme en 2017, lorsque  l'Éducation comptera 60.000 postes en plus par rapport à 2012, comme l'avait promis  le candidat Hollande.
Sur tout cela, l'enchanteur Hollande ne voulait entendre raison. 
La presse militante occultait d'ailleurs aussi le coût final de ces créations de postes de fonctionnaires, refusant d'évaluer le prix à supporter par les budgets pour les 75 années à venir (et plus), et non pas non seulement leurs 37 années d'activité.
D'après les deux instituts s'accordent pour prévenir qu'en 2017, la masse salariale de l'Éducation se trouvera alors être supérieure de 1,8 milliards d'euros à ce qu'elle aurait été sans ces recrutements. La facture supportée par les générations montantes n'est donc pas négligeable. À titre de comparaison, le relèvement cette année de 5,5% à 7% de la TVA dans de nombreux secteurs (restauration, travaux de la maison) doit rapporter 1,8 milliards.
Néanmoins, le gouvernement prévoit de stabiliser la masse salariale de l'État de 2012 à 2015 par des suppressions dans les autres ministères. Au total, le nombre de fonctionnaires d'État devrait rester stable.

En outre, les rémunérations devraient être "contenues", selon la sémantique en usage au gouvernement à laquelle adhère la presse engagée. 
Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget, a annoncé la poursuite, en 2013, du "gel" du point d'indice qui sert de base à la rémunération des fonctionnaires. Les enseignants étaient sous-payés et le resteront, mais la FSU n'y voit cependant pas une cause de démotivation parmi les étudiants...

dimanche 27 mai 2012

Eurovision: les tocards français se disent victimes d'un complot...


Anggun et la France) ont-elles été saquées à l'Eurovision ? 



Pfffft !

Les nuls ne sont pas " fair-play"



Produisons français, mais...


Personne ne croyait en la chanson de notre représentante samedi soir à Bakou. Son charme et son talent n'avaient aucune chance de sauver le produit et le désarroi de l'artiste, ce dimanche, s'ajoute à trente autres. 

Comme no, sans que rien ne soit fait pour coller à l'épreuve.

Anggun avait un favori pour ce concours de l'Eurovision: la Suède. Mais si la chanteuse admet que c'est la meilleure qui a gagné samedi soir, elle a du mal à digérer le bide retentissant de sa chanson Echo (You and I). 

Depuis les coulisses du show,  la claque a un retentissement planétaire

Anggun s'est confiée à RTL. Et elle est pour le moins perplexe de n'avoir récolté que 21 petits points, qui lui ont valu une bien triste 22e place (sur 26 concurrents): " Je ne comprends pas ce vote, car on a fait une très belle prestation. On n'a absolument rien à nous reprocher et l'on ne prend pas cette défaite personnellement ". Au vu des autres chansons présentées, poursuit-elle, " on méritait largement d'être dans le 10, le top 5 ou le top 3 ".  C'est ce que son entourage lui a laissé croire, mais quand la bulle éclate, la désillusion est cuisante.


Encore un complot ? Une alliance des pays de l'Est...

Comment donc expliquer ce fiasco de la chanson, puisque ne dira que la chanson est d'un ennui mortel ? 
Anggun a le sentiment  que ses musiciens, ses danseurs et elle auraient peut-être été victimes d'une alliance supposée des pays de l'Est... " Il faut peut-être représenter la Serbie pour être bien classé (…). Les pays de l'Est se sont tapés dessus pendant des années et aujourd'hui, ils font bloc, c'est peut-être leur manière de se dire “excuse-moi” , avance la chanteuse.

Une certitude en tout cas: l'exception culturelle française n'a pas fait recette à l'Eurovision depuis belle lurette.

L'Eurovsion non plus, ce n'est  pas maintenant !

samedi 17 septembre 2011

Faites l'amour pour la Patrie

Et gagnez un réfrigérateur !

Il s'agit d'une invitation officielle à faire l'amour pour la patrie, avec une motivation supplémentaire, celle de gagner un réfrigérateur neuf.

En septembre (2004), les couples de Oulianovsk, en Russie centrale, ont été encouragés à prendre une journée de congé pour se livrer à de la procréation patriotique. Sergueï Morozov, gouverneur de la région, a imaginé la Journée de la Procréation, en réponse à l'agravation de la crise démographique en Russie.

Les femmes qui donnent naissance exactement neuf mois plus tard, le 12 Juin, fête nationale de la Russie, peuvent gagner de l'argent, des téléviseurs, des réfrigérateurs et même une voiture.

M. Morozov justifia l'initiative comme moyen de promotion des valeurs familiales en Russie, où la population est en diminution de 700.000 personnes par an, car le nombre des décès dépasse gravement celui des naissances.

"Si l'atmosphère est saine au sein de la famille, si le mari, la femme et leur enfant s'aiment, leur bonne humeur se prolongera sur le lieu de travail. Il y aura alors une saine atmosphère dans tout le pays", a-t-il déclaré.

Le plan en faveur des naissances, initié en 2004 par le gouverneur, qui est aujourd'hui dans sa septième année, semble porter ses fruits.
Le nombre de bébés nés le 12 Juin 2007 a été trois fois plus élevé que la moyenne quotidienne à Oulianovsk, la capitale régionale, à environ 900 km à l'est de Moscou. 78 bébés ont été déclarés, contre 26 habituellement. Andrei Malykh, médecin-chef à Oulianovsk, a déclaré: " Le plan est efficace. Les gens veulent des prix. "

Il semble également avoir un effet d'entraînement.
Les autorités ont déclaré que le taux de natalité régionale en cours d'année 2007 était de 4,5% plus élevé qu'à la même période en 2006.

Selon Yelena Yakovleva, porte-parole du gouverneur, " l'initiative vise à améliorer la situation démographique dans la région. C'est normalement quelque chose pour la maison - un réfrigérateur ou un téléviseur. Peu importe si c'est une fille ou un garçon. "

Alors qu'à la maison les couples tiraient les rideaux, les responsables régionaux organisaient des concerts et des expositions pour susciter des grossesses.

Des psychologues et des gynécologues pacoururent aussi la région en "agit-train" pour donner des conseils et des encouragements. Les bolcheviks inventèrent l'agit-train pour diffuser des films de propagande à travers la Russie sur le nouveau régime communiste.

Le comité du concours, officiellement appelé 'Pour la Russie, donnez naissance à un patriote' attribue le premier prix au couple sur des critères tels que la "respectabilité" et de la "parentalité exemplaire". La voiture qu'ils reçoivent est un véhicule utilitaire de fabrication locale, appelé l'UAZ Patriot. Une idée que la Gelée Royal pourrait recycler pour booster sa voiture hybride nouvelle génération...

Andreï et Irina Kartuzov ont remporté le Grand Prix 2007 après la naissance de leur quatrième bébé. M. Kartuzov a déclaré que de toute façon ils avaient déjà programmé un autre enfant quand ils ont entendu parler du concours, mais a estimé que celui-ci encouragerait les autres à fonder une famille.

La Russie a un urgent besoin de population.
President Putin called the demographic crisis the most serious problem facing the country in his annual address to the nation last year. Dans son discours annuel à la nation de 2006, le président Poutine a qualifié la crise démographique de plus grave problème que connaît le pays. Il a créé des allocations en espèces pour encourager les femmes à avoir plus d'un enfant. They now receive payments of 250,000 rubles (£5,000) for a second and subsequent children. Ils reçoivent maintenant des versements de 250.000 roubles (£ 5,000) pour un deuxième enfant.

Lors d'une conférence, Dmitri Medvedev, alors premier vice-Premier ministre, exprima le souhait que la Russie stabilise sa population à environ 142 millions en 2015 et qu'elle atteigne 145 millions en 2025. Il a admis que la population russe allait perdre 27 millions à 115 en 2025, si la tendance actuelle n'était pas inversée. Le vieillissement de la population conduirait à une crise de l'emploi et à la hausse des charges fiscales.

La tradition de la Russie soviétique voulait que les mères de famille nombreuse soient honorées du titre de "Mères Héros" et l'initiative de M. Morozov a suscité des critiques dans certains milieux, en tant que retour à la tradition soviétique d'ingérence dans la vie des gens. Alexander Bragin, un militant des droits de l'homme, a déclaré: " Nous sommes déjà tombés au niveau où le gouverneur nous ordonne quel jour concevoir un enfant et quel jour lui donner naissance."

En revanche, l'incitation matérialiste d'un bien de consommation en prime à la naissance ne dérange pas le militant. Jean-Luc Mélenchon n'aura pas assez de 35 heures pour éveiller la conscience politique russe: un combat - saine et de longue haleine - à mener sur le terrain russe, après le premier tour de la présidentielle !
Saines lectures


jeudi 30 juin 2011

Sauvons le CAPES, concours national de certification des enseignants du secondaire


Le CAPES est-il un concours national en voie de disparition ?


Document périmé ?



Coup de tonnerre dans l'Education nationale

Un rapport parlementaire propose une véritable révolution dans la sélection des maîtres. Parmi les vingt propositions phares, celle qui supprimerait carrément le concours de recrutement des enseignants, le fameux CAPES (certificat d’ aptitude au professorat de l’enseignement du second degré -
lien officiel) a fait l'effet d'une bombe.
Considérant que les professeurs sont désormais recrutés - sur examen - au niveau master (Bac +5), il n'apparaît plus nécessaire de passer un concours d'aptitude à l'enseignement.

Népotisme et cooptation

Le master d'enseignement - obtenu localement, sans garantie aucune d'un niveau satisfaisant, ni d'anonymat et donc d'équité - suffirait pour postuler directement auprès des chefs d'établissement ou des autorités académiques, avec tous les risques ajoutés de favoritisme politique ou syndical.
Sur des critères personnels et aléatoires, les petits chefs choisiraient directement les futurs professeurs, à leur convenance, sur dossier et entretien.
Or, seuls des concours nationaux fondent la sélection des candidats sur leurs connaissances disciplinaires, évaluées par des spécialistes universitaires et des enseignants des disciplines concernées. La formation proprement pédagogique doit intervenir en aval, dans une année de stage pratique en alternance et en situation, dont on ne saurait faire l’économie.

La proposition qui envisagerait une évaluation de l'aptitude psychologique des postulants constituerait en revanche une avancée.

Pouvoirs renforcés des Conseils d'Etablissement
Les représentants des collectivités locales de rattachement, des personnalités qualifiées, les parents d'élèves et les élèves auront-ils voie au chapître dans le recrutement -et le renvoi- des enseignants ?
Des enseignants à la merci des pressions locales en tous genres vont-ils gagner en autonomie et autorité ?
Le PS, qui détient actuellement une majorité de départements et de régions, et la FSU n'ont encore pas protesté !

Choisis localement, les professeurs garderaient pourtant le statut de fonctionnaire... National ou territorial ? Il faut donc fermement écarter le spectre d'un concours de recrutement établissant des listes d'aptitude, donc ne garantissant pas le recrutement et la titularisation en tant que fonctionnaires des candidats reçus au concours.


samedi 20 novembre 2010

Primaires du PS: Nono Montebourg se dévoile

Rénovateur du PS depuis deux ans , Montebourg entend toujours transformer son parti

'Transformer 3' arrive au PS

Transformers est une science-fiction américaine. Le dernier épisode de cette trilogie est prévu pour le 1er juillet 2011.
De mystérieux robots d'origine extra-terrestre, capables de se transformer en véhicules (électriques: Bumblebee ou Mia ?) et objets de manufacture humaine, attaquent les systèmes de défense de l'armée américaine la démocratie française.
Avec l'aide de robots, les Autobots dirigés par Optimus Prime, il s'agit d'empêcher les redoutables Decepticons (strauss-kahniens) dirigés par Mégatron (DSK) de s'emparer du cube (l'Elysée) qui leur permettra de dominer la planète.

Optimus Prime
Or, Arnaud Montebourg, 48 ans (lien PaSiDupes) et en crise de la cinquantaine précoce, le député socialiste officialise samedi dans son fief de Frangy-en-Bresse son union avec la journaliste Audrey Pulvar de i-télé sa candidature aux primaires socialistes. En se mettant sur les rangs, l'ex-époux divorcé de la fille du comte Antoine de Labriffe le secrétaire national du PS à la Rénovation a l'ambition de faire son petit G1 rue de Solférino et de "transformer le système économique et socialiste".
Lien PaSiDupes sur la rupture du contrat avec la petite-fille de Jacques de Lacretelle

Visiblement au stade des intentions et des déclarations, le candidat à la candidature se dévoile peu.
Le recalé au concours de l'ENA a déclaré vendredi: "La gauche en France est attendue sur sa capacité à tracer un autre chemin, elle doit parler aux Français et à la société, le moment est venu de dire qu'il y a un autre chemin, d'autres réformes possibles".
Lien PaSiDupes: Aubry ne convainc pas Nono
Lien PaSiDupes: Montebourg demandait la révocation de Frédéric Mitterrand

Critique du PS, il promet de faire mieux ou moins pire.
"Le PS a fait des propositions, ce sont de bonnes propositions, mais elles sont souvent gestionnaires du système, alors que MOI JE me propose de le transformer", a affirmé le "jeune lion", se voulant porteur d'une "transformation exigeante et audacieuse".
Lien PaSiDupes: MOI Je - selon les méchantes langues - ne serait pas un député assidu...

Nono-le-petit robot n'a pas la marche arrière
A la question de savoir s'il retirerait sa candidature si Dominique Strauss-Kahn (ci-contre à droite) se présentait aux primaires, Nono-le-petit-robot (ci-contre à gauche) a répondu au journal de 20h de France 2 vendredi soir: "Je ne me présente pas contre les autres. Je suis porteur d'un certain nombre de propositions qui sont le résultat d'expériences de terrain, d'explorations, de rencontres".

Vous irez jusqu'au bout ?
"Si le bout,

c'est la victoire, je suis candidat à la victoire", a bravement éludé Nono-le-petit robot (ci-dessus à gauche), député (ric-rac) de Saône-et-Loire.

Reuters fait de l'à-peu-près

Optimus Prime n'est pas le « seul défaut » du PS
Bien qu'ils s'y soient mis à deux, Jean-Baptiste Vey, édité par Alexandre Boksenbaum-Granier, la dépêche de l'agence de presse fait erreur en affirmant « L'élu de Saône-et-Loire est après le député-maire d'Evry Manuel Valls le deuxième candidat déclaré à l'investiture. »
Pour être exact et sérieux, il fallait en effet respecter toutes les candidatures, car le député socialiste Nono Montebourde (ci-contre) n'est que le troisième candidat déclaré aux primaires socialistes "après le député-maire d'Evry Manuel Valls" (Sam Witwicky incarné par Shia Saide LaBeouf dans Transformers et étoile montante du cinéma socialiste), Christian Pierret, ancien ministre et maire de Saint-Dié (Vosges), déclaré le 25 septembre et Daniel Le Scornet, ancien responsable mutualiste (Mutuelles de France), candidat depuis le 5 octobre... Il s'est déclaré candidat aux primaires en octobre dernier, dans une vidéo mémorable postée sur YouTube. Une vidéo qui n'avait pas été vue moins de ...1.800 fois, dès la première journée. Mais soit Reuters n'en a pas entendu parler, ce qui serait embarrassant, soit cette agence partisane fait d'autorité le tri entre les candidats, ce qui serait grave. Ils sont en effet dix, mais elle a déjà dépouillé les votes des militants avant même l'ouverture des primaires...

Une dernière pour la route...
Le postulant n°3 des primaires est animateur d'un courant du Parti socialiste intitulé Rénover Maintenant (sic !), créé le 10 décembre ...2005 !

lundi 1 décembre 2008

Le « Manifeste pour l'égalité réelle » est-il une proposition égalitaire et équitable?

Dernière version en date de la discrimination positive…
Malgré Christiane Taubira qui ne compte pas sur la « discrimination positive » (cf. PaSiDupes), Yazid Sabeg, un chef d’entreprise français d’origine algérienne, vient de lancer un « Manifeste pour l'égalité réelle » en faveur des minorités de notre pays, profitant de la dynamique de l'élection du métis Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Jean-François Copé, Patrick Devedjian, Arnaud Montebourg et Dominique Voynet soutiennent cet appel, qui a la sympathie déclarée de Caria Bruni-Sarkozy.

Le promoteur soutient que ce manifeste ne trahit aucun des grands principes de notre République et renforce même au contraire son souci de justice.
Il prend l’exemple des Etats-Unis, qui sont arrivés à élire un Noir (dont on dénie le métissage...) à la tête de l'Etat, pour affirmer que c’est en raison d'un processus très déterminé en faveur des minorités, mené depuis des décennies par les associations, les réseaux et les collectifs outre-atlantique. Ils ont édifié ainsi une conscience civique collective et une fierté d'appartenance nationale, qui a commencé avec le slogan « Black is beautiful », et leur ont permis de transcender les clivages. Sabeg prétend que les électeurs ont vu dans Obama un homme d'Etat, et non un Noir : c’est dire que les media auraient perdu leur temps et leur énergie, qu’en dernier ressort le système électoral aurait laissé aux électeurs le choix entre Hillary Clinton et Obama, et qu’il n’auraient nullement souhaité l’alternance. C’est ce qu’il qualifie de maturité, laquelle donnerait -au passage- une leçon et un vrai coup de vieux à nos habituels principes franco-français.
Or,
« l’égalité réelle » recherchée serait réellement inégalitaire
En évacuant le terme dérangeant de ‘discrimination’ et en introduisant ce concept mou, Yazid Sabeg remet en cause l'égalité devant la loi républicaine sur le critère de la couleur de la peau. Sa vraie fausse solution serait pire que le mal ! Et, outre que le succès d'Obama est largement dû à l’échec du candidat républicain, il est maintenant le prétexte à nombre de divagations, qui n’ont d’autre mérite que d’être tentées au moment opportun, avant que le président élu n’ait eu le temps de prendre ses fonctions. Au communautarisme, on devrait pourtant pouvoir préférer mérite et assimilation en France .
Le mot « discrimination » heurte donc les esprits, alors, bien qu’il traduise exactement la réalité de la voie où Sabeg veut pourtant nous mener, il l’élimine, sans rien changer au problème, mais en remplaçant une injustice par une autre.
Créer du politiquement correct n’a jamais rien changé à la réalité.
> Dans la réalité des faits, l’égalité face aux concours d’accession aux différents postes sera retirée aux "pâlots". Mettre le doigt dans le communautarisme, c’est victimiser les uns, favoriser les autres et jetter le discrédit sur ses bénéficiaires. Les concours offrent un nombre limité de places : ceux qui profiteraient des privilèges froidement souhaités par Y. Sabeg priveraient le pays des contributions des meilleurs et des plus méritants de ses enfants, pour peu qu'ils n'aient pas la couleur de peau 'politiquement correcte'. Ce serait ainsi la fin du système qui a permis, dans le passé, à des gens compétents, mais d'origines diverses, de progresser à force de travail et de mérite. Ce système de quotas, qui ne dit pas son nom, mais qui faisait jusqu'ici grincer les dents des immigrants, comblerait désormais les nouveaux arrivés, au détriment des plus anciens, et aggraverait la déstructuration de la France !

Les plus méritants seront spoliés, mais heureux d’apprendre que l’ « égalité réelle » ne serait nullement fondée sur des critères ethniques. Il faut qu’ils sachent dès à présent, et se convainquent, que les concours sont devenus des instruments de calcification sociale et que leur groupe social est facteur de dégénérescence sociale. Pour protéger contre eux le pays, le docteur Sabeg imagine donc d'autres voies d'accès -équitables- à nos filières prestigieuses, à travers des jurys qui valoriseraient, comme dans les universités américaines, autant le niveau d'étude que le potentiel personnel. Contrairement à ce que nous pouvions penser, l’évaluation du ‘potentiel’ n’a en effet jamais rien eu de subjectif. Une autre initiative d'action positive consisterait d’ailleurs à décider, sans aucun risque d’arbitraire, qu'une partie des élèves des lycées parisiens, et encore pas tous, proviennent de l'autre côté du périphérique.[en Vélib’ ?]. Autant dire de l’autre côté de la Méditerranée. Quiconque jugerait que la proposition n’est pas équitable, serait décidemment bien réactionnaire et manquerait cruellement d’abnégation et de charité judéo-chrétienne.
D’ailleurs, en supprimant l'anonymat avec les concours, ne casserait-on pas les meilleurs moyens de débloquer l'ascenseur social. Mais si, cerise sur le gâteau à l’occasion des concours, l’ « action – ô combien- positive » pouvait donner aux ‘culs blancs’ un aperçu de ce qu’est le délit de fasciès, ne serait-ce pas un juste retour des choses ? Quant à faire son marché dans les banlieues, comme le pratique Sciences-Po de manière démagogique et scandaleuse (sous la houlette de Recoing), cela donnerait en effet bonne conscience aux élites parisiennes repentantes.
Pourquoi affaiblir le sommet de la pyramide, quand il faut irriguer la base ? Est-il indispensable et judicieux de frapper à la tête avant même d’avoir réussi à élever le niveau général ? Comment peut-on ignorer à ce point le risque de frustration collective qui pourrait aboutir à une véritable guerre civile ?
Yazid Sabeg nous fait observer que la République nous ressert le principe d'égalité à toutes les sauces et que le terme, voire la notion même, serait « presque galvaudé ». A des obligations de moyens, il oppose seulement une obligation de résultats. La fin, on ne le sait donc pas suffisamment, justifierait désormais les moyens.

Comment évaluer la situation des minorités ou mesurer des évolutions ?
Yazid Sabeg ne prétend plus quantifier, mais « normer », c'est-à-dire qualifier une situation. Il ne sert donc à rien, selon lui, de parler de discrimination, car encore faudrait-il d'abord l'évaluer. On peut toujours objecter que les statistiques ethniques étant interdites en France, mais alors la subjectivité ferait donc loi. Il ne s'agirait pas en effet de catégoriser les populations sur des critères objectifs établis, mais seulement de demander aux individus s'ils « se sentent » - ou non – membres d’une minorité, à un moment donné. Cette photographie en noir et blanc de la diversité ne permettrait donc pas à la France de se voir telle qu'elle est, mais telle qu’elle se sent. Nous ignorions en outre jusqu’ici que, s’il est vrai que les CV anonymes sont un échec, la Constitution ne nous interdirait pas, en revanche, de mener une enquête anonyme, avec possibilité de rétractation de la personne interrogée. En admettant que son anonymat permette la démarche à ce repentant-là. Mais on entend aussi bien qu’en jouant sur l'origine des parents, on ne joue pas le jeu franchement!
L’engrenage fatal de la couleur, de l'origine et du « comment vous vous sentez ? » des populations minoritaires, a pourtant déjà armé la bombe du Liban. L’ « action positive » prend ainsi le risque de renforcer leur victimisation, de faire qu’ aucune catégorie ne se sentira assez représentée, pour au final aller s’écraser contre le mur et à l'explosion.
Bizarrement, Yazid Sabeg rappelle au passage que le système confessionnel libanais a été conçu par la France et qu’elle a fait de même en Algérie en instituant un tri ethno-racial durant la colonisation. Pourquoi ne pas le retenter en France : l’histoire est un éternel recommencement, mais en l’occurrence, le « sens de l’histoire » serait plutôt un retour à la case départ. Mieux, il évoque une constitution qui proclamait l’égalité de tous, mais qui a été trahie. Pourquoi ne pas la trahir à nouveau, en effet ? D’ailleurs, ce ne serait pas la trahir, en refusant en France la construction d’une séparation ethnique et sociale, si ce sont désormais les Parisiens intra-muros qui passent le périphérique, dans le seul sens qui vaille. Telle est sa façon d’avoir des« politiques différenciées ». C’est son idée neuve et décapante de la diversité et des statuts des populations de la France de demain.

L’ « action positive » , moyen de lutte contre le chômage
Certes, l’exemption de concours ou la sympathie des jurys ad hoc pour les populations de couleur ne serait pas équitable pour ceux qui seraient écartés sur le critère de la pâleur de leur teint, mais ce serait un faux cadeau pour les premiers. Finis dans l’école de la République les mêmes exigences de niveau pour tous, l’émulation et le mérite scolaire ! Vive la graduation du niveau des bourses sur l’intensité du travail teint et la péréquation massive en faveur des communes les plus pauvres. Si toutefois elles ne sont pas trop massivement rurales mais plutôt ethnicisées…!
Le XXIe siècle aura le teint mat, ou ne sera pas...