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mardi 10 octobre 2017

Grève des profs: 35% à 50% de participants, selon syndicats

Le ministère de l'Education nationale n'en dénombre que 17,5%

Bataille de chiffres, comme sur le chômage entre l'INSEE et Pôle emploi
Résultat de recherche d'images pour "greve enseignants octobre 2017"
Des villes mettent en place le Service Minimum d'Accueil (SMA) 
dans les écoles, ce mardi 10 octobre 2017

Les syndicats recensent tous les professeurs qui ne sont pas en présence d'élèves ce mardi. Le ministère exclut, en revanche, les enseignants qui se sont déclarés malades à l'occasion de la journée d'action des fonctionnaires... 
Selon les chiffres remontés au ministère de l'Education nationale par les chefs d'établissement zélés, 17,47% des professeurs, tous niveaux confondus, étaient en grève sur la totalité des académies: près de 20% dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et près de 16% dans le second degré (collèges et lycées).

Image associée
Lille, ce jour
Syndicat de gauche dominant dans les écoles, le SNUIpp-FSU,  a, quant lui, avancé un taux de 50% de grévistes dans le primaire. Dans le secondaire, le SNES-FSU indique qu'"un personnel du second degré sur trois a répondu à l'appel" à la grève et que la mobilisation de ce jour constitue "un sévère avertissement" au gouvernement.

A Paris, neuf lycées ont vu leurs entrées et sorties perturbées par des blocages - des poubelles amassées la plupart du temps - mis en place par quelques lycéens ou autres jeunes incontrôlés, selon le rectorat, mais qui répondent présents à tous les mots d'ordre...

De jeunes extrémistes ont déclenché un incendie devant le collège et lycée Voltaire, dans le XIe arrondissement (est parisien devenu bobo, tandis que Voltaire maintient sa réputation de radicalité : un feu de poubelles s'est propagé à une porte annexe, a indiqué le principal-adjoint Saïd Shauri. Un blocus mis en place "par des personnes extérieures à l'établissement et probablement des lycéens de Voltaire a dérapé en milieu de matinée", avec ce feu de poubelles, a-t-il raconté. L'équivalent lycéen des "casseurs", "en marge" des actions syndicales de rue. 
Les cours ont été suspendus et devraient reprendre mercredi matin. Les policiers sont venus effectuer des prélèvements et la direction de l'établissement va porter plainte.
Au classement national des lycées les plus efficaces au baccalauréat 2017, Voltaire est 2.230 sur 2.277...
A Paris toujours, l'accès de cinq lycées a été perturbé par des barrages filtrants  et quatre barrages ont interdit aux non-grévistes la possibilité de suivre leurs cours, ne laissant passer personnes, a souligné le rectorat.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (LR), a condamné "avec la plus grande fermeté [selon la formule consacrée] les dégradations inadmissibles" au lycée Voltaire, et réclamé "des sanctions exemplaires". La région "portera plainte contre les auteurs des dégradations", a prévenu la gestionnaire des lycées d'Ile-de-France.

mercredi 12 avril 2017

Guyane se fracture avec une manifestation anti-blocage

Le gouvernement Cazeneuve fait se dresser les Guyanais les uns contre les autres

Après trois semaines de révolte contre l'insécurité en Guyane, le fossé semblait difficile à combler mercredi 
Pro et anti-blocage sont descendus dans les rues de Guyane,
mardi 11 avril 2017
Les opposants  à la poursuite du blocage ont dressé à ses partisans onze plaintes pour "entrave à la libre circulation". Au lendemain de la manifestation anti-blocage à Kourou, où une "main courante" avait été déposée en gendarmerie, un cap a été franchi mercredi à Cayenne. Une centaine de chefs d'entreprise, commerçants et artisans s'est massée devant le commissariat, pour déposer plainte.
Financièrement, "on n’a plus le moyen de suivre", a justifié Ysabel, propriétaire d'une boutique de prêt-à-porter qui vient de mettre "quatre salariés en chômage technique". Marie, fleuriste qui participait également au rassemblement, a assuré avoir "jeté pour 4.000 euros de fleurs". Preuve que Kourou génère des emplois et des retombées financières sur l'ensemble de la population locale.  

Manifestants faisant la queue pour déposer des plaintes contres les blocages en Guyane, à Kourou le 11 avril 2017
L'entrave à la circulation étant établie dans une Guyane bloquée depuis trois semaines par de nombreux barrages, la justice doit désormais prendre une décision sur la réponse à apporter à ces plaintes. "Une enquête est en cours", a déclaré le procureur de Cayenne Eric Vaillant, sans plus de précisions.

"C’est une minorité contre une majorité", a estimé Olivier Goudet, un des porte-paroles des "500 frères contre la délinquance", groupe dont les membres marchent cagoulés et qui a pris l'ascendant sur le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" pilotant le mouvement social depuis trois semaines.

La cour de la sous-préfecture de Saint-Laurent du Maroni est actuellement occupée par des membres du collectif des "Iguanes de l'Ouest" qui appellent à la poursuite du blocage.

slm


Les barrages sont "maintenus jusqu’à nouvel ordre"
, a affirmé Ma.

La Guyane est agitée depuis trois semaines par un important mouvement de rejet de l'insécurité, sur fond de revendications et sociales. Alors que le gouvernement a validé la semaine dernière un plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros pour ce territoire, "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,1 milliards supplémentaires.

"On passe à une autre phase du combat", a promis Mikaël Mancée, co-fondateur et porte-parole des "500 frères" (ci-dessus au premier rang, à droite, devant la préfecture à Cayenne, le 7 avril 2017), sur la radio Péyi, très populaire depuis le début du conflit, évoquant l'annonce "dès demain" d'une "évolution du mouvement". "L'objectif n'est pas de pénaliser la population", a-t-il assuré.

François Hollande a estimé que "l'économie guyanaise ne doit pas être fragilisée plus longtemps", ajoutant aux appels à lever les barrages"On ne peut pas multiplier les annonces, les promesses" intenables, à douze jours du premier tour de l'élection présidentielle, a encore reconnu le chef de l'Etat lundi.

Les barrages ne laissent plus passer les voitures depuis dimanche minuit, hors véhicules d'urgence ou production par les conducteurs d'un document démontrant l'urgence de leur voyage (rendez-vous médial, billet d'avion). Devant les critiques de la population, les piétons, les vélos et les scooters peuvent toutefois passer. 

"Il n'est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire", selon les signataires d'une pétition en ligne qui avait recueilli mercredi plus de 2.800 paraphes. Plus de 4.300 internautes font aussi partie d'un groupe Facebook "Stop aux barrages en Guyane".

Mais une autre pétition, intitulée "Pour le maintien des barrages en Guyane"
, mise en ligne mardi, a recueilli en quelques heures plus de 4.500 signatures.

La "grève générale illimitée", décrétée le 25 mars et qui bloque le port de Cayenne, entraîne des pénuries, notamment de produits frais, tandis que les ordures ne sont plus ramassées depuis mardi dans Cayenne et ses environs.
A la mi-journée, 325 conteneurs étaient en train d’être déchargés, a indiqué Philippe Lemoine, directeur général du port. "On en sait pas si tous les containers seront livrés, mais certains ont été sortis car ils répondaient à des besoins urgents, comme du matériel médical", a-t-il expliqué.

Et les professions de foi des candidats à l'élection présidentielle ne seront pas distribuée dans les boîtes aux lettres en Guyane
vu "l'impossibilité d'expédier les circulaires des candidats aux électeurs guyanais avant le premier tour du scrutin", a annoncé la préfecture mercredi.

vendredi 24 mars 2017

Guyane en pleine révolte sociale : pour Hollande et Cazeneuve, ça peut attendre encore un mois ?

Violences, barrages, écoles fermées, racket...

Hollande n'a toujours pas signé le Pacte pour l'Avenir de la Guyane, promis en ...2013

La situation restait très difficile jeudi 23 mars en Guyane, paralysée par un mouvement de grogne sociale d'ampleur qui a conduit Arianespace à ajourner le lancement d'une fusée, et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu'à nouvel ordre (voir la vidéo en tête de cet article).

La mobilisation des transporteurs et chefs d'entreprise a commencé le 16 mars avec l'arrivée en Guyane de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. Ils ont lancé l'appel de Guyane pour un déblocage du fameux pacte d'avenir appelant à la mise en place d'un véritable plan Marshall pour booster l'économie et stopper l'hémorragie.

La ministre des Outre-mer a appelé jeudi à la levée des barrages, et proposé des discussions à Paris autour de l'économie, alors que Sapin est soupçonné, de la santé, alors que Touraine est persona non grata au côté de Macron,  et de la sécurité, alors que le ministère de l'Intérieur vient de passer aux mains d'un quatrième ministre en cinq ans. 

Fonctionnaire territoriale réunionnaise, la ministre  Ericka Bareigts dit soudain vouloir aborder ces vastes sujets de revendication, sous la pression et à un mois du premier tour de la présidentielle,  et "traiter sans délai les problèmes immédiats" que le pouvoir socialiste laisse pendant depuis plusieurs semaines.


Mais en Guyane, les  manifestants, organisateurs  depuis lundi des barrages bloquants, "ont fait part de leur refus d'une négociation à Paris". Et, demandeurs mercredi d'un plan Marshall, les députés et sénateurs de Guyane, ont jugé "inconcevable de demander aux manifestants de (...) lever les blocages pour venir s'entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens".

Situation insurrectionnelle avec pénuries et appels à fermer les magasins

Le lancement de la fusée Ariane 5, vitrine économique du territoire et de la France, a été empêché par plusieurs mouvements sociaux déclenchés depuis le début de semaine. Initialement prévu lundi, le transfert de la fusée vers son pas de tir n'a jamais pu être mis en œuvre à cause d'un barrage à l'entrée du Centre spatial guyanais à Kourou et d'une grève au sein de la société Endel qui assure le transfert. Un accord a été trouvé mercredi entre la direction d'Endel et ses salariés, portant sur la revalorisation des salaires. Mais le blocage du site se poursuivant, le directeur du Centre spatial guyanais, Didier Faivre, a annoncé, après trois reports successifs, qu'il n'y aurait "pas de lancement tant que la situation sociale ne sera pas réglée".

La mobilisation a pris une dimension plus large pour dénoncer des problèmes de santé, d'éducation, d'économie et de sécurité. Sont aussi bloqués le Grand Port Maritime, la Collectivité Territoriale de Guyane,  les axes routiers et ...la Préfecture, symbole du pouvoir. 

Mais, certains de ces barrages, sont "sauvages" et sources de "racket", a dénoncé jeudi soir le préfet de la région Guyane, ordonnant aux forces de l'ordre de les "éradiquer". "Seuls les barrages dressés par les collectifs seront maintenus", a-t-il prévenu, validant les actions subversives de collectifs que la presse évite de caractériser. Elles sont principalement orchestrées par le syndicat UTG (Union des travailleurs guyanais)-CGT

Jeudi, plus d'une dizaine de barrages ont été érigés, bloquant plusieurs ronds-points autour des villes, comme à l'entrée de Cayenne. A l'un d'eux, des manifestants avaient installé de petits chapiteaux et jouaient du tambour. Dans un communiqué, le recteur a annoncé que les écoles, collèges, lycées sont fermés "jusqu'à nouvel ordre".

Un Boeing 777 d'Air France assurant la liaison Paris-Cayenne a dû faire demi-tour après 4 heures de vol, et un autre vol d'Air Caraïbes a été dérouté vers Pointe-à-Pitre, à la suite d'une notification de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) sur le nombre insuffisant, à l'aéroport de Cayenne en raison des blocages, de personnel de lutte anti-incendie pour assurer la sécurité des gros-porteurs. 

Certaines stations services commencent à rencontrer des difficultés d'approvisionnement en essence sans plomb, et des appels à fermer les magasins ont été lancés. 

Notamment à l'initiative de l'extrême gauche, les barrages rassemblent pêle-mêle des salariés en grève d'EDF, dont le PDG est un ami d'adolescence de François Hollande qui l'a fait nommer en 2014 par Emmanuel Macron, tandis que des personnels du centre médico-chirurgical de Kourou, inquiets d'un désengagement de La Croix Rouge qui gère l'établissement, alors que la ministre Marisol Touraine fait la morte.
Un collectif réclame un commissariat à Kourou et un autre collectif contre la délinquance, "les 500 frères", qui défilent cagoulés.
Le collectif des 500 frères a tenté de pénétrer dans l'enceinte de la base spatiale, 
en état d'alerte maximale pendant les campagnes de tir.



Cagoules, tee-shirts et pantalons noirs, uniformes anarchistes ? Depuis sa première apparition il y a deux mois à Cayenne, le Collectif "les 500 frères" contre la délinquance interpelle. 
Créé après le meurtre d’un habitant d’un quartier populaire, ce collectif constitué en réalité d’une bonne centaine de personnes propose aux autorités ses solutions contre l’insécurité record qui frappe la Guyane, territoire français le plus meurtrier, avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants. Parmi les pistes proposées, l’éradication des squats, le maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort ou encore le renvoi dans leur pays des détenus étrangers pour y purger leur peine (plus de 50 % des détenus en Guyane).
"Il y a eu, depuis vingt ans, de nombreuses marches blanches contre la violence, personne n’a été entendu", explique Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole du collectif. Et pourtant, l'ex- ministre de la Justice et élue de Guyane, Christiane Taubira, se défendait avec véhémence des accusations de laxisme. "
La cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent", raconte-t-il, malgré les poings levés. Le 17 mars, à Cayenne, une quarantaine de 'frères' est entrée en force dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) où se tenait la conférence des pays de la convention de Carthagène sur la protection des milieux marins, présidée par Ségolène Royal. Si la ministre du développement durable, entourée de ses gardes du corps, est restée stoïque, dialoguant brièvement avec le collectif, certains représentants étrangers ont eu peur, croyant à un moment à une "attaque terroriste", selon le président de la CTG, Rodolphe Alexandre.
"Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule", précise Zadkiel Saint-Orice, qui présente le mouvement comme non violent. Mardi, les '500 frères' ont rejoint un autre collectif, les Toukans, et le syndicat Union des travailleurs guyanais (UTG) d’EDF -Eclairage et du CMCK (Centre Médico Chirurgical Kourou), qui bloquent depuis lundi 20 mars le rond-point à l’entrée du Centre spatial guyanais, à Kourou. Les grévistes d’EDF réclament des recrutements pour combler des dizaines de postes vacants – selon le syndicat – , et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers d’habitants n’ont pas l’électricité.Les Toukans revendiquent le gel de la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé, et des mesures contre l’insécurité dans la ville. Quant au Collectif Trop violans, il dit combattre la diversification de la violence.
Des agriculteurs bloquent aussi des locaux de la Direction de l'agriculture (DAAF). Le Foll n'a encore pas décidé de faire le voyage  et les rebelles reprochent des lenteurs administratives et des refus d'aide et des transporteurs bloquent le port de Degrad des Cannes (15 km de Cayenne), inquiets de la répartition des marchés du chantier du futur pas de tir d'Ariane 6. 

Les Amérindiens ont aussi appelé à se mobiliser, notamment contre le "vol" de leur terre et un projet d'extraction aurifère controversé, ainsi que les associations de lutte contre l'orpaillage et le pillage des ressources minières.

lundi 12 mars 2012

Le nucléaire, prétexte à l'activisme révolutionnaire international

Bientôt des marches contre les tsunamis, les tornades et feux follets ?





Les révolutionnaires internationalistes
intrumentalisent le nucléaire




Il y a un an jour pour jour, un accident nucléaire majeur est survenu à la centrale de Fukushima à la suite d'une catastrophe naturelle, un tsunami, qui a fait plus de 19 000 morts et disparus dans le nord-est du Japon.
Des dizaines de milliers d’opposants à l’énergie nucléaire ont manifesté dimanche à travers le monde, un an après le tsunami qui a provoqué la catastrophe de la centrale de Fukushima au Japon.

En France, la centrale de Fessenheim est-elle exposée au risque d'un tsunami ?


Faut-il aussi détruire les barrages hydroélectriques de Donzère-Mondragon ou de Génissiat, à titre préventif, contre le risque qu'un avion vienne s'y écraser. Le barrage de l'Aigle (ci-dessous), dit " barrage de la Résistance " sur la Dordogne, aux confins de la Corrèze et du Cantal, doit-il être désaffecté par mesure de précaution, au prétexte qu'il fut construit pendant la Seconde Guerre mondiale ? Peut-être François Hollande, le président de Conseil général, y serait-il opposé ?
En Allemagne, pays qui a décidé d’abandonner progressivement le nucléaire après le séisme et le tsunami qui ont endommagé les réacteurs de la centrale de Fukushima Daichi, près de 50 000 personnes (mais c'est selon les organisateurs), ont protesté dans six régions. " Fukushima nous avertit : il faut fermer les centrales maintenant !, clamaient les activistes. Sur près de 80 kilomètres, quelque 24 000 manifestants antinucléaires revendiqués ont formé dans la soirée une chaîne humaine, brandissant des flambeaux, dans la région de Braunschweig (nord). Quelque 3 000 personnes ont encerclé la centrale de Brokdorf (nord), selon les organisateurs. Des actions de protestation ont également eu lieu près des réacteurs de Gundremmingen (sud), Neckarwestheim (sud) et Grohnde (nord).
En France, pays où l'industrie nucléaire est la plus développée au monde et produit 75% de l’électricité produite, une chaîne humaine aurait rassemblé 60 000 selon les organisateurs (difficile à croire au vu de la photo ci-contre) mais seulement 31 300 personnes selon les forces de l’ordre. Venus d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et de toute la France, les extrémistes se sont déployés sur les 230 km séparant Lyon (centre-est) d’Avignon (sud), le long de la vallée du Rhône, région où l'industrie du nucléaire fournit le plus d'emplois en Europe avec ses quatorze réacteurs.
A l’ouest de la Suisse, quelque 5 000 militants antinucléaires ont marché pendant plus d’une heure aux abords de la centrale de Mühleberg. Les marcheurs "Sortons du nucléaire" exigeaient l’ "arrêt immédiat des centrales de Mühleberg et de Beznau ". Depuis l’accident de Fukushima, les autorités suisses ont recommandé de ne pas remplacer les cinq réacteurs en fonctionnement à l’issue de leur période d’exploitation d’ici à 2034.
En Espagne, plusieurs centaines d'activistes se sont rassemblés près de la centrale de Garona, dans le nord du pays, pour réclamer sa fermeture. Le gouvernement vient de décider de prolonger de cinq ans l’exploitation de cette centrale, la plus ancienne du pays.
En Australie, quelque 500 manifestants contre le nucléaire se sont rassemblés près des sièges des groupes miniers BHP Billiton et Rio Tinto, à Melbourne, à l’initiative d’une association d’expatriés japonais appelée " Les Japonais pour la paix ", ce qui donne un aperçu de l'orientation politique des extrémistes. " Il est très important pour nous de commémorer cette journée, afin que les Australiens se souviennent de ce qui s’est passé à Fukushima et du rôle de l’Australie comme fournisseur important d’uranium au Japon, y compris aux réacteurs de Fukushima ", a déclaré un organisateur, Kazuyo Preston. Il demande également au gouvernement travailliste de Julia Eileen Gillard de mettre un terme à ses exportations d'uranium. L’Australie n’est pas une puissance nucléaire, mais elle est le troisième producteur mondial d’uranium (10% de la production mondiale, sans compter ses projets Honeymoon et Four Mile), derrière le Kazakhstan et le Canada. Les réserves d'uranium australien sont estimées à 31% des réserves mondiales.

A Taiwan
, 5 000 militants (selon les organisateurs qui n'ont pas dû les minorer), ont défilé dans les rues de Taipei pour demander la fermeture des trois centrales nucléaires "dès que possible", dans ce pays régulièrement ébranlé par de puissants séismes.

Les nucléaires iranien et coréen du Nord sont à l'abri de ce genre de manifestations révolutionnaires: une explication ??


mercredi 23 novembre 2011

Nucléaire: annonce d'une campagne UMP d'affichage contre la "tambouille" PS-EELV

L'UMP dénonce les menaces socialo-écolos sur le nucléaire
Aucune énergie alternative au nucléaire n'est sans risques:
la rupture du barrage de Malpasset (Fréjus, Var)
le 2 décembre 1959, cinq ans après sa construction,
compte parmi les plus grandes catastrophes civiles du XXe siècle en France,
faisant 423 morts et disparus

L'UMP va lancer lundi une campagne d'affichage et de tractage contre le "marchandage" entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts sur le nucléaire, qui menace "400.000 emplois", a annoncé mercredi son secrétaire général, Jean-François Copé.

" Parmi les sujets sur lesquels nous ne lâcherons pas nos adversaires socialistes, il y a la question du nucléaire ", a-t-il déclaré lors du point-presse hebdomadaire de l'UMP.
L'Union pour un Mouvement Populaire a fait tirer " plusieurs millions de tracts " et " un peu plus de cinq millions d'affiches ", précise l'UMP.

La visite de Nicolas Sarkozy à la centrale de Tricastin (Drôme), vendredi, doit marquer le démarrage de sa campagne sur les marchés, dans les gares et transports en commun, ainsi qu'à la sortie des sites nucléaires.
Ce tract représente une carte de France avec les différentes centrales nucléaires, barrée d'un " 400.000 emplois menacés " et surmontée d'un "Marchandage PS-Verts sur le nucléaire: le gigantesque plan social du PS".
Sur les affiches, on peut également lire " 400.000 emplois menacés " et " +50% sur votre facture d'électricité ".

L'UMP réclame une campagne digne et respectueuse

" Eva Joly a dit que nous étions des ennemis, conception très particulière de la démocratie... L'approche des Verts français n'est pas du tout écologique mais exclusivement idéologique et, à mes yeux, gauchiste et trotskiste", a-t-il observé.

" Elle a injurié également le candidat socialiste " François Hollande, " qui doit regretter d'avoir aussi promptement sous-traité les thèmes écologiques aux Verts et cédé à des Verts très agressifs pour un accord extrêmement ambigu qui, si par malheur la gauche arrive au pouvoir, va mettre à terre toute notre filière nucléaire et des dizaines de milliers d'emplois
", a déploré Jean-François Copé.

Parce que les négociations à gauche en vue du second tour de la présidentielle ont échoué sur des désaccords actés qui faisaient pourtant l'objet d'un ultimatum (sur l'EPR, la sortie du nucléaire, le dossier de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ou encore la question des déficits), l'intransigeante candidate va jusqu'à insulter les socialistes, au nom d'une République exemplaire "

La bi-nationale les accuse vertement d'être du bois dont on fait les marionnettes ", se déclarant de surcroît "scandalisée de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS".

Issue de la société civile, l'ex-juge à la retraite s'en prend au monde politique, disant d'ailleurs n'être " pas entrée en politique pour accepter les moeurs de ce petit monde, mais pour les changer ".

" La vérité, c'est que les amis de François Hollande se sont révélés archaïques face à la modernité de notre projet", lance aussi la candidate de la sortie du nucléaire (3 à 6 % dans les sondages).

Auto-satisfaite, elle n'y va pas avec le dos de la cuillère et se flatte de ne pas s'être mêlée à la " tambouille politicienne ".

Et d'enchaîner sur le cas trouble de la patronne des Verts, pour se démarquer de la petite arriviste volubile mais sans foi ni loi : "Cécile (Duflot) est une négociatrice aguerrie", mais " moi, je défends une politique de civilisation ".

Et tout cela pour en arriver au final à appeler à voter Hollande !

Une autre campagne de protection des intérêts de la population

En lutte contre le saccage de notre industrie nucléaire par la gauche, l'UMP prépare aussi des affiches et des tracts contre le vote des étrangers non communautaires aux élections locales, annonce l'UMP.
Elle sera lancée au moment du vote au Sénat, début décembre, d'une proposition de loi PS en ce sens.

vendredi 27 février 2009

Terrorisme du gang LKP en Guadeloupe

L’empire des tontons macoutes syndicalistes

Les méthodes d'intimidation de l'UGTG font penser aux tontons macoutes d'Haïti, la milice paramilitaires des Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN,). créé en 1958 à la suite d'un attentat contre le président François Duvalier de sinistre mémoire, en raison de ses violations graves des droits de l’homme (meurtres, arrestations arbitraires, extorsions) contre les opposants politiques et les populations civiles. Cette milice de plusieurs milliers d’hommes répondait à l'idée de Duvalier de faire de chaque Haitien un défenseur de la « Révolution ». Ce qu’a réalisé LKP.
L’expression « macoutisme » sera employée pour désigner les régimes politiques qui s'appuient sur l’intimidation et la peur, voire la violence contre les opposants.. D'une manière plus générale, le terme s'applique aussi à une forme de terrorisme révolutionnaire , avant de devenir institutionnel, avec l’accession au pouvoir..


Le Figaro a publié le 21/02/09 un article de Véronique Grousset, dont voici l’intégralité :

Guadeloupe : ces vérités qui dérangent

Après un mois de conflit, marqué par la violence et les surenchères des manifestants, la tonalité désormais raciale et politique du discours de leur leader, Elie Domota, commence à inquiéter les Guadeloupéens.
Un premier mort. Par balle. Dans la nuit de mardi à mercredi, un syndicaliste d'une cinquantaine d'années, Jacques Bino, a été mortellement touché au volant de sa voiture alors qu'il s'approchait d'un barrage tenu par des jeunes dans la cité Henri-IV, une zone sensible de Pointe-à-Pitre. Et trois policiers escortant les pompiers venus le secourir ont également été blessés, par des plombs provenant «vraisemblablement d'une arme de chasse». Après quatre semaines de conflit, la Guadeloupe basculait dans le drame.

Lundi matin, tout était encore à peu près calme. A part le fait, naturellement, qu'on ne pouvait plus du tout circuler dans l'île. Peu avant l'aube, les troupes du LKP (Liyannaj kont pwofitasyon - Collectif contre l'exploitation) avaient barré la plupart des routes. Pas seulement neuf d'entre elles, comme il a été indiqué, mais absolument tous les accès (rocades ou venelles) qu'il leur plaisait d'interdire : rien que dans une petite ville comme Le Gosier, nous avons compté six barrages, dont deux en feu.
Presque tous étaient environnés de débris de pare-brise et d'effets personnels (sacoches, photos, livres, chaussures...) éparpillés sur le bitume, qui témoignaient de la violence avec laquelle certains conducteurs avaient dû être « convaincus » du bien-fondé des thèses du LKP.


Cette organisation très bien réglée, de la part d'un collectif regroupant quelque 43 organisations syndicales ou culturelles dont la création ne date pourtant que d'un mois, apparaît sans faille, car copiée sur celle des comités de surveillance révolutionnaires cubains : au moins un groupe par commune, sinon par quartier, composé de militants connaissant parfaitement leur voisinage, ce qui leur permet de bloquer n'importe quelle route ou hôtel (avec des pneus, des parpaings arrachés aux trottoirs, un cocotier ou un véhicule renversé) sur un simple coup de téléphone, même en ne disposant que d'une vingtaine de volontaires, gamins de 12 ans compris.

Echauffés pendant des heures à écouter leurs meneurs
Les gendarmes ne pouvaient évidemment pas laisser faire, et les manifestants n'attendaient que cela. Certains l'ont joué « pacifiste », en levant bien haut les mains devant les caméras, pendant que, à l'arrière-plan, les autres continuaient à balancer sur les forces de l'ordre tout ce qui leur tombait sous la main : des pierres, le plus souvent, et jamais choisies parmi les plus légères. Une cinquantaine d'entre eux ont été interpellés, puis relâchés avant la nuit. Ce qui leur a permis de regagner très vite le palais de la Mutualité de Pointe-à-Pitre, où les militants et les sympathisants du LKP se retrouvent tous les soirs, depuis un mois, pour écouter leur leader Elie Domota [...] les haranguer, ou pour danser, chanter, dîner d'un colombo de poisson cuisiné sur place, et recevoir leurs consignes pour le lendemain.
Après avoir gagné Pointe-à-Pitre en Zodiac depuis Le Gosier, avec une poignée de touristes qui n'avaient pas d'autre solution pour tenter d'attraper leur avion, nous en avons vu arriver quelques-uns, tous accueillis en héros, et très pressés d'y retourner. Trois heures après la tombée de la nuit, vers 20 h 30, les choses sérieuses commençaient : brutalement plongés dans l'obscurité totale par une panne de courant généralisée, les coteaux du Gosier résonnaient de galopades et de cris, rompus de temps à autre par une détonation sourde, tandis qu'un hélicoptère ne cessait de tourner en tentant d'éclairer les recoins du faisceau de son projecteur. Au cœur de Pointe-à-Pitre, c'était pire : échauffés par des heures passées à écouter leurs meneurs répéter leur indignation face à la «violence arbitraire» dont ils se prétendaient victimes, les casseurs se déchaînaient. Pillages, incendies, affrontements directs avec les forces de l'ordre, gaz lacrymogènes, grenades assourdissantes. Et nouveaux barrages dans de nombreuses communes de l'île - sachant que la plupart de ceux érigés la veille n'avaient jamais été démantelés.
Le matin du mardi, on pouvait parler sans exagérer de climat insurrectionnel. L'aéroport, qui avait résisté jusque-là aux nombreuses tentatives de blocage des grévistes, était fermé.
Les touristes, regroupés dans les hôtels encore ouverts (la plupart du temps sans télévision, sans service de chambre, sans eau chaude et sans aucune possibilité d'en sortir), étaient exaspérés, parfois même paniqués. Elie Domota avait enfin obtenu ce qu'il désirait.


Dès la nuit du vendredi 13 février, lorsqu'il nous reçoit, il ne cache déjà plus, en effet, que les 200 euros d'augmentation pour tous les salaires inférieurs à 1,4 fois le smic - ce fameux « point » qui fait officiellement blocage et dont «les médias nationaux font tant de cas» - ne sont pas sa priorité. Tout en estimant qu'aucune de ses 131 revendications n'a été satisfaite, il ne nous parle alors que de sa colère contre ce qui se passe en Guadeloupe, du point de vue racial, économique et culturel. «Ce que nous voulons, c'est que la France cesse de nous mépriser et nous fasse enfin confiance en rétablissant les droits légitimes des Noirs en tant que peuple majoritaire sur cette île», nous dit-il en insistant sur l'urgence d'un «rétablissement aussi rapide que possible d'un meilleur équilibre sociologique, professionnel et économique entre les différentes composantes, dont les Blancs, bien entendu- personne ne dit qu'ils ne sont pas Guadeloupéens - de la société guadeloupéenne». Les mots « indépendance » (honni par l'immense majorité des électeurs d'outre-mer) ou « révolution » (Haïti est très proche, et ne fait pas vraiment rêver) ne sont évidemment pas prononcés. Mais l'expression «libre droit des peuples à disposer d'eux-mêmes», si.
Un discours foncièrement politique, qui présente l'incontestable avantage de permettre à Elie Domota de sortir la tête haute de ce conflit, en s'assurant le soutien d'une partie non négligeable des Antillais, effectivement convaincus d'être «exploités et méprisés» (lien PaSiDupes), non seulement par les Blancs en général, mais aussi par l'Etat français. Il est en effet sidérant de constater que beaucoup d'entre eux croient sincèrement qu'ils rapportent davantage à la métropole («en impôts, en taxes, et en consommation des surplus de l'Union européenne», ainsi que le proclame Elie Domota) qu'ils ne lui coûtent. Et qu'ils sont en revanche très peu nombreux à réaliser que les prix baisseraient d'eux-mêmes si les fonctionnaires (presque tous les militants du LKP le sont ; Elie Domota étant lui-même directeur-adjoint de l'ANPE) n'étaient pas payés 40 % de plus en Guadeloupe qu'en métropole. Ou si les élus des Antilles cessaient de défendre la défiscalisation (voir aussi lien PaSiDupes: nouvelles mesures douanières) , conçue au départ pour augmenter le nombre de logements, mais qui n'a fait que renchérir la valeur des terrains et le coût des travaux.


Le paiement des jours de grève est bien sûr exigé
Mais, en favorisant les émeutes, son unique carte vu la fin de non-recevoir qu'il n'a cessé d'opposer au secrétaire d'Etat, Yves Jégo, comme aux élus de l'île, Elie Domota fait un pari des plus risqués. Car les Guadeloupéens ont commencé de le lâcher et de s'en méfier depuis au moins trois semaines, dès qu'il est devenu évident que le combat du LKP n'était pas dirigé uniquement «contre la vie chère». La fermeture des stations-service et des commerces, l'impossibilité d'envoyer leurs enfants à l'école, les barrages et les menaces auxquels ils se heurtent sans arrêt lorsqu'ils tentent de se rendre à pied à leur travail, la peur qu'ils ont de perdre leur emploi (une angoisse qui n'épargne que les militants fonctionnaires du LKP, et d'autant plus que leurs dirigeants syndicaux ont d'ores et déjà prévenu que, «bien entendu», ils exigeraient le paiement des jours de grève), les exactions contre les rares commerçants qui refusent de s'incliner face aux intimidations dont ils sont quotidiennement victimes, l'exode des touristes (30 % d'occupation dans les hôtels, contre 70 % en cette période de l'année en temps normal), et les dépôts de bilan en chaîne (185 pour les quatre premières semaines du conflit), les avaient déjà considérablement détourné d'un mouvement qui n'a, de toute façon, jamais été majoritaire. La tonalité désormais raciale et politique du discours de Domota n'a fait que renforcer leurs craintes. Mais maintenant, avec les pillages et les affrontements, la coupe est pleine. Dès lundi, tous les Guadeloupéens que nous avons croisés ne disaient déjà plus «les grévistes» en parlant des militants du LKP, mais «les voyous». Un glissement sémantique qui équivaut à une condamnation dans une société qui déteste la violence, et qui n'a déjà que trop subi - toujours à son détriment - celle des gros bras de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe).
Des cases en tôle avec «un veau au piquet»
Jusqu'à présent, toutes les grèves menées par ce syndicat, le plus important de l'île, dirigé depuis avril dernier par Elie Domota, n'ont en effet profité qu'à ceux qui ont déjà le plus : les dockers, payés 6 000 euros net par mois, les fonctionnaires, les employés des banques, les transporteurs. Et ce, tout en renforçant à chaque fois les monopoles, privilèges, rentes de situation et autres abus du droit et de la morale qui foisonnent de toute façon sur l'île. Car, quoi qu'en dise Elie Domota, les plus pauvres n'y ont jamais rien gagné. Les plus pauvres, c'est-à-dire 40 % de la population : tous ceux qui n'ont rien à faire de 200 euros de plus, puisqu'ils ne touchent pas de salaire, ni du gel des loyers puisqu'ils vivent dans des cases en tôle avec «un veau au piquet» (revendu cinq fois son prix d'achat après un an passé à brouter l'herbe saturée d'essence du bord des routes), en donnant ce qu'on appelle ici des «kou de main» (travail au noir). Et tous ceux qui souffrent aussi le plus de cette grève, avec l'explosion des prix que pratiquent les «lolos», ces petites épiceries locales que le LKP autorise à ouvrir et à s'approvisionner, mais qui abusent souvent de la situation. Comme quoi la «pwofitasyon» n'est pas toujours du côté des mêmes... Et cela aussi, les Guadeloupéens sont bien placés pour le savoir.

mardi 17 février 2009

Les révolutionnaires du LKP renforcent les rapports de force

Appel du "Comité pour la sauvegarde des libertés" guadeloupéen à une manifestation silencieuse mardi à Pointe-à-Pitre

87,8 millions d'euros, auxquelles s'ajoutent 97,5 millions d'euros d'"autres mesures", tel est le montant des nouvelles mesures du gouvernement pour la Guadeloupe en 2009, selon un tableau présenté lundi par le secrétaire d'Etat, Yves Jégo. Pourtant, au 27e jour de grève générale, le LKP (Lire PaSiDupes sur les éléments qui le composent) a encore fait monter la tension d’un cran et le conflit s'envenime en Guadeloupe.

L’état de la situation

  • La majorité de la population reste dans l’expectative et se plaint des menaces et exactions diverses que subissent les Guadeloupéens qui souhaitent reprendre leur activité professionnelle et ne manifestent pas d’animosité contre les « béké ». Mais la presse ne rend compte que des actes de violence, du spectaculaire au détriment de la majorité silencieuse prise en otage.
  • Plusieurs communes de l'île ont été en proie à des violences dans la nuit de lundi avec des barrages routiers (présentés comme spontanés) en plusieurs points de la périphérie de Pointe-à-Pitre. La matinée de lundi avait été marquée par l'érection de barrages à des points stratégiques, puis par leur démantèlement par les forces de l'ordre. Autant les actions de la matinée semblaient organisées - cocotiers coupés à la tronçonneuse par exemple -, autant celles du soir paraissaient anarchiques, à l’initiative de jeunes gens, le visage masqué par des foulards, avec tous les matériaux à leur portée : troncs, détritus.
  • Ainsi, à Grand-Baie, des groupes de jeunes cagoulés ont érigé des barrages dont certains ont été incendiés. Au Gosier, petite commmune à 5 km de Pointe-à-Pitre, un incendie a été allumé. Des CRS munis de boucliers sont intervenus, accueillis par des jets de pavés pris par les manifestants dans le cimetière, selon un journaliste témoin.
    Sur le pont de La Boucan à Sainte-Rose (Basse-Terre), des groupes de jeunes ont caillassé les forces de l'ordre, selon des journalistes qui ont évoqué des scènes de "guérilla urbaine".
    Ces barrages avaient été levés pour empêcher à nouveau la circulation alors que la réouverture de stations services le week-end avait mis fin à la pénurie d'essence sévissant depuis des jours.

    Caillassées à plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et détonantes. Une voiture a été brûlée par les manifestants qui s’en prennent désormais aux représentants de l’Etat : la voiture du procureur de la République a été saccagée. Les forces de l'ordre ont été. Trois gendarmes mobiles caillassés ont été blessés, selon la même source, Aucune information n'avait cependant pu être obtenue en préfecture sur ce point.
    Les policiers ont procédé à une cinquantaine d'interpellations.Tous les interpellés du matin on été libérés au bout de quelques heures. Dix ont été convoquées en justice en juin pour notamment "violences avec armes".
  • Malgré près de 200 millions d’euros de mesures gouvernementales, Charlie Lendo, adjoint du leader des activistes du collectif de grève LKP, Elie Domota menace que faute de "satisfaction sur nos revendications, la mobilisation ira s'amplifiant". Lors d'un meeting du LKP à Pointe-à-Pitre lundi 16 au soir de leurs démonstrations de violence, les dirigeants du collectif révolutionnaire ont affirmé qu'ils ne se laisseraient pas "abattre par la répression", et réaffirmé que les revendications formulées par le collectif de syndicats, partis et associations étaient "justes", selon eux. Élie Domota, leader du LKP et du syndicat UGTG, avait déjà durci le ton durant le week-end, accusant une nouvelle fois le gouvernement de manquer à sa parole et avertissant que le mouvement allait "s'amplifier". Quelque soient les efforts financiers de la collectivité nationale.
  • Nicolas Sarkozy reprend la main

  • Le secrétaire d'État à l'Outre-Mer
    "Notre politique n'est pas d'acheter, comme ce fut tant de fois le cas auparavant, une illusoire paix provisoire", a affirmé de son côté Yves Jégo. "Chacun doit admettre qu'il est temps qu'une vie économique normale reprenne son cours. Mais ne nous méprenons pas : finir la grève, ce n'est pas en finir avec la crise", a-t-il prévenu dans une tribune parue dans Le Figaro de mardi . Et de poursuivre : "Il ne s'agit pas d'un mouvement de protestation sporadique, mais bien d'une triple crise. Une crise économique qui frappe toute la planète et atteint plus vite les économies fragiles, une crise structurelle liée aux dérives ultimes mais encore observables de l'héritage d'une économie de comptoir, et enfin, et peut-être surtout, une crise existentielle, en tout cas une crise sociétale."
  • Le Chef de l’Etat
    Face à ce regain de tension, Nicolas Sarkozy a décidé d'intervenir directement en fixant un rendez-vous jeudi aux élus de tous les départements d'Outre-Mer. C'est la première initiative directe du chef de l'État dans la crise antillaise .
  • Le Premier Ministre
    En marge d'un déplacement dans le Pas-de-Calais, François Fillon a indiqué que les médiateurs envoyés en Guadeloupe allaient faire "dans les prochaines heures" des propositions qui pourront "servir de base à une vraie négociation".
    Il a en même temps justifié l'intervention des forces de l'ordre, estimant que les barrages ne constituent pas des "moyens légaux" d'expression. "En même temps que nous encourageons le dialogue, nous sommes aussi en train de faire en sorte que la liberté de circulation soit respectée", a-t-il expliqué.

    L’Outre-Mer et l’effet d’aubaine
  • En Martinique
    Dans l’île voisine en grève depuis onze jours, la situation semble également bloquée. Entre 8.000 (selon la préfecture) à 15.000 personnes (selon les organisateurs) ont manifesté à Fort-de-France.
  • En Guyane
    Dans la foulée des conflits antillais, un collectif guyanais a lancé un appel à une marche de protestation mercredi "contre la vie chère". La population fait la queue devant les stations-service martiniquaises. La minorité activiste impose également la loi de la force à la majorité et a autorisé le réapprovisionnement de 28 des 85 stations, mais a forcé les petites stations, qui avaient rouvert ce week-end, à fermer de nouveau, bloquant ainsi les activités industrielles. Les tensions ont ravivé des rivalités raciales latentes, dans lesquelles la députée PRG Christiane Taubira, proche de Sa Cynique Majesté Royal, porte un lourde responsabilité. (Lire PaSiDupes) Les békés, des Blancs représentant 1 % de la population, sont accusés de détenir l'essentiel du business local.

    L’état de droit est menacé par une minorité d'extrémistes
  • A Paris, treize mouvements de gauche ont défilé en solidarité avec les Antilles.
  • En revanche, en Guadeloupe, un "Comité pour la sauvegarde des libertés" a appelé lundi à une manifestation silencieuse mardi à Pointe-à-Pitre contre la paralysie de l'île en raison de la grève. Parmi les signataires, Nicolas Vion, président de la fédération des professionnels de l'hôtellerie, a souhaité que cette manifestation se passe "dans le calme", tout regrettant les "exactions" qui ont marqué la journée de lundi.