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mercredi 9 décembre 2015

La petite tambouille des frères siciliens Bartolone

Un conflit d'intérêts de plus éclabousse le PS, de l'Assemblée nationale au gouvernement Valls

Renato, le frère de Claude Bartolone, décoré de l'ordre national du mérite
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Mafia socialiste: le grand frère, parrain de son cadet
Le ministre de l'Economie a décidé de décorer le frère du président de l'Assemblée nationale,  pour les "34 ans de services" de ce restaurateur dont l'établissement gastronomique est fréquenté par des responsables politiques.  Lorsque l'ex-président socialiste du très populaire département de Seine-Saint-Denis parle de son frère, il lance tout de go: "C'est celui qui a réussi dans la famille". Mais pas tout seul... Et les résultats de la Régionale en Ile-de-France pourrait le confirmer en envoyant Claudio à la plonge.la promotionde l'entreprise de son frère. 

Le 20 aout 2015, RTL révéla un conflit d'intérêts familiaux:  Claudio Bartolone fait la promotion de l'entreprise de son frère. La radio confiait en effet que "Claude Bartolone y déjeune régulièrement et invite ses amis du Palais Bourbon et du Parti socialiste à déguster un plat de pâtes qui n'excède pas les 22 euros."

Et ça marche ! En salle, il n’est pas rare de déguster son plat de pastas à deux tables de Jane Birkin ou à côté d’Alice Taglioni, d’Audrey Tautou, d’Omar et Fred ou de Catherine Deneuve. Le dessinateur Sempé, grand habitué du lieu leur a même fait des dessins spécialement pour leurs menus !

Et v
endredi, pendant que les fours étaient encore tièdes, 
Claude Bartolone  a fait chevalier de l'ordre national du mérite son frangin, le restaurateur Renato Bartolone. Ce qui ne manque pas de sel, c'est que l'Etat-PS a publié dimanche, un décret révélant que la décoration provient du contingent du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

Si ce petit commerce de bouche est connu des responsables politiques, c'est bien grâce à Claudio Bartolone
Un lieu très chic qui ne reçoit pas les "sans dents" de Hollande,
ni  les "illettrés" bretons de Macron (électeurs de Le Drian)
Situé rive gauche, rue de Condé dans le VIe arrondissement, à deux pas de l'Assemblée nationale et du Sénat, "Le Marco Polo" est surtout couru par les nantis de gauche, mais des parlementaires de droite s'y fourvoient parfois, ignorant que la politique socialiste est une grosse tambouille familiale. Dernièrement, c'est la mésaventure du député de droite Thierry Solère, resté coincé dans les toilettes du restaurant, qui donnait à croire au microcosme que Claudio avait tout intérêt à le garder en otage au chaud, le temps de la campagne. 

L'indécence des frères Bartolone atteint sur son site internet des limites que la déontologie socialiste ne cesse de repousser, puisque le Marco Polo ne manque pas de faire sa promotion en affichant les photos de ses illustres clients, François Hollande en tête.

"Plus je travaillais, plus mon frère faisait toutes les bêtises de la terre"
Pourtant, le succès de Renato Bartolone n'était pas gagné. "Plus je travaillais, plus mon frère faisait toutes les bêtises de la terre", se souvient Claude Bartolone. En septembre, le président de l'Assemblée nationale et candidat à la présidence de l'Ile-de-France se voyait encore vainqueur du scrutin et  confiait aux étudiants de l'Essec: "Nous étions ensemble au lycée Turgot et j'entends encore mon professeur de maths de l'époque me dire “Monsieur Bartolone voulez-vous descendre à l'étage du dessous pour calmer votre frère”.  

Un jour de 1979, un "riche" investisseur (italien) a proposé à Renato Bartolone de s'occuper de la gestion d'un restaurant italien du VIe arrondissement. "Mon frangin gérait le restaurant; le gars était en Italie et en France pour jouer au casino", raconte Claudio, à sa façon. Et de poursuivre l'histoire de sa famille sicilienne: "Un soir, il a perdu et il est venu voir mon frère pour lui dire 'J'ai perdu, je vends le restaurant' ". Ca tombait bien: comme si c'était convenu par contrat... tacite !

A l'époque, le député socialiste s'apprêtait à acheter son premier appartement. "J'ai été voir le banquier pour lui dire de me refuser mon prêt. Ce que j'avais à ma disposition pour acheter cet appartement je l'ai prêté à mon frère et depuis ce jour là, il a arrêté de faire la java et il a travaillé comme un dingue. Ça explique la relation que nous avons". Travailler plus pour gagner plus, en somme...

La success story du cadet bon à rien
En octobre 2011, pendant la campagne présidentielle que les sondages donnait gagnante pour le PS, c'est
sur une pleine page que le magazine de la commune de Noisy en Seine-Saint-Denis célébra l'ouverture d'une trattoria chic en centre-ville. Et la revue du maire de s'enthousiasmer pour le caractère bucolique des lieux : "La cour intérieure est bordée par un jardinet où poussent des lavandes (en plastique du 93 !), un olivier (bien acclimaté...) et des cyprès. En salle, des portes en bois anciennes ont été détournées en d'élégants miroirs"... La trattoria Marco Polo est situé en plein coeur de la ville et à proximité du quartier d'affaires, mais quand Noisy-Le-Grand devint la 21e ville sur 40 conquise par Les Républicains dans le bastion de gauche de la Seine-Saint-Denis, les socialistes accusèrent le Front de Gauche d'avoir fait gagner la droite et commencèrent à craindre la contagion lors des régionales. D'autant que des membres du gouvernement avaient fait campagne, telle Christiane Taubira, ainsi que... Claude Bartolone, qui a un sens des affaires aussi poussé que son esprit de famille  !


Bartolone et l'augmentation du taux de TVA dans la restauration rapide

Pour avoir rédigé un rapport critique sur la baisse de la TVA dans la restauration rapide, le député PS Thomas Thévenoud - celui qui souffre de "phobie administrative" au moment de payer ses impôts - s'était placé au centre de violentes attaques de la part de certains acteurs de la restauration. Il avait McDo dans le collimateur
Depuis le premier janvier 2014, le taux de TVA pour la restauration rapide a été relevé de 7% à 10%, c'est-à-dire aligné au niveau des restaurants servant des plats cuisinés ou fabriqués en vue d’une consommation immédiate. Le mérite en revient à Claudio.  Le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, affublé de son président de groupe PS, Bruno Le Roux, avaient volé en soutien au joueur de Scrabble pendant les séances de l'Assemblée. Alors, surpris ? 

jeudi 25 juin 2015

La mafia des taxis traditionnels manifeste: barrages filtrants, voitures sur le toit et autres violences

Les chauffeurs de taxi "se font justice" jeudi pour... "faire respecter la loi"

Les taxis défendent leur monopole par la force

Palettes en feu sur le périphérique, bretelles d'accès à l'aéroport de Roissy bloquées et confrontations tendues, parfois violentes, avec les chauffeurs de VTC. "C'est mon outil de travail, ça va me coûter une fortune, je ne sais pas comment je vais faire", se lamente Julien Cinquin en regardant son van aux quatre pneus crevés et à la vitre arrière éclatée, Porte Maillot, dans le Far-West parisien. "Pourquoi t'es venu travailler; tu savais qu'il y avait grève aujourd'hui", rétorque un gros chauffeur de taxi à ce chauffeur de "transport de personnes" à son compte qui assure ne travailler "ni pour Uber, ni pour aucune application".
Julien Cinquin est tombé sur un barrage d'une dizaine de taxis. En quelques secondes, ils l'ont extirpé du van, lui ont cassé les rétroviseurs et jeté un gros pétard sur la banquette arrière. Une charge de CRS les a empêchés  in extremis de renverser le véhicule. Une chance que n'a pas eue un de ses collègues, dont le van Mercedes s'est retrouvé sur le toit à quelques dizaines de mètres de là (photo ci-dessous).
Malia, 50 ans, dont trois comme taxi, observe la scène: "Les taxis, ok c'est des grandes gueules, mais habituellement c'est pas agressif", assure-t-il contre l'avis de tous, qui ont un jour ou l'autre subi leur mauvaise volonté à aider à charger-décharger le bagage, voire leur grossièreté à la moindre contestation du montant de la course d'approche, du barème des tarifs ou de l'itinéraire choisi à rallonge. 

"Jusqu'il y a trois ans, on manifestait jamais. Mais là vous avez des gens qui ont une famille à nourrir, un crédit... Ils sont acculés," raconte-t-il, va qui veut l'entendre.

Depuis l'aube, des centaines de taxis perturbent fortement la circulation dans et autour de la capitale pour dénoncer la "concurrence déloyale" d'UberPOP, qui met en relation des passagers et des conducteurs non professionnels assurant le transport avec leurs propres véhicules.
Les manifestants ont occupé les voies du périphérique

VTC, porte Maillot à Paris
Peu avant 07h00, ils ont brûlé pneus et palettes au niveau de la Porte Maillot, avant d'être délogés par les policiers. Quelques dizaines d'entre eux essaient à nouveau vers 09h30, mais ont été rapidement dispersés.
"UberPOP est illégal. C'est la loi et il faut la faire respecter. Nous n'avons pas l'impression que le gouvernement est volontaire en la matière", se plaint René Pierre-Jean, délégué CGT devant la gare du Nord, dont les accès sont bloqués.

Sur les vitres de leur taxi, des tracts: "Ne nous laissons pas uberiser", "Non à la précarisation des chauffeurs de taxi" qui, en d'autres temps, se disent exploités par les patrons des groupes G7 et Taxis Bleus. "UberPOP, c'est du dumping. Ils n'ont pas de contrainte, de charge, d'obligation légale", plaide Thierry Boyadjan, un taxi de 54 ans. 

Mais les VTC ont le soutien du public et roulent dans le sens du covoiturage et de l'Histoire, 

contre les privilèges et pour la fin du monopole de Nicolas Rousselet, PDG du Groupe G7, également investisseur dans la société Les Taxis Bleus, et fils d'André Rousselet (fondateur de la chaîne à péage Canal+, en 1984, et de l'entreprise de taxis G7).
Les taxis traditionnels ont en revanche le soutien de Marine Le Pen. La présidente du Front national a affirmé jeudi matin sur France 2 qu'elle "comprend la colère" des chauffeurs de taxi, qui ont manifesté dans plusieurs villes, face à une "concurrence déloyale". "Et je trouve que le gouvernement a une lourde responsabilité, car il laisse depuis des mois pourrir la situation".

La manière forte des taxis contre la concurrence
Abords de l'aérogare de Marseille-Provence
Des barrages filtrent les accès à l'aéroport d'Orly, tout comme à Roissy. Un véhicule conduit par un chauffeur UberPOP a été piégé par l'appel d'un syndicaliste. Pris en chasse, il est intercepté alors qu'il tente de débarquer une cliente devant le terminal 2E.
Sous les cris d'une vingtaine de grévistes, il doit être protégé sur quelques mètres par une escorte policière qui a fait sortir la cliente. La plaque d'immatriculation du chauffeur est relevée sous les huées des chauffeurs de taxi. Il devrait être convoqué ultérieurement par la police. 
"C'est un POP illégal, c'est un POP illégal", lance la meute des taxis qui encerclent une autre petite cylindrée qui contraste avec les grosses berlines des chauffeurs établis. "Verbalisez verbalisez", ordonnent-ils aux policiers. "A Roissy, les chauffeurs UberPOP on les reconnaît vite", explique José Diogues, taxi depuis 38 ans. "On a envie de les buter; c'est interdit et ils continuent de faire chier."
Certains taxis arborent un drapeau français et des affiches xénophobes  "Uber go home" contre le groupe américain. Impossible d'accéder aux aérogares en voiture. Quelques passagers arpentent l'asphalte déserté, traînant vaille que vaille leur valise à roulettes. "Mon mari m'a laissée au niveau du barrage de taxis et j'ai marché plus d'un quart d'heure!", dit Christine, une femme d'affaires en partance pour Stockholm. "Ca me révolte, on empêche tout le monde de bosser".

dimanche 22 février 2015

Marseille: Jean-Noël Guérini tient la presse régionale par les cordons de la bourse

Mythe de la presse nationale indépendante contre la réalité de la presse régionale soumise

"Unité nationale" ? Le PS préférera Guérini à la droite
En cas de duel Jean-Noël Guérini-candidat de droite le PS choisira le président sortant du Conseil général des Bouches-du-Rhône, en rupture pourtant avec le PS, a informé mardi le secrétaire de la fédération départementale Jean-David CiotLe PS présentera un candidat à la présidence du conseil général contre J.-N. Guérini, dit Ciot au journal La Provence, mais "si, à la fin (...), nous assistons à un duel entre (Martine) Vassal [chef de file UMP-UDI], et  Guérini, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la candidate de droite pro-métropole ne gagne pas", poursuit-il, assurant qu' "il n’y a pas d’alliance entre le PS et la Force du 13pour conserver la présidence du Conseil général des Bouches-du-Rhône...

En délicatesse apparente avec le PS depuis sa mise en examen pour association de malfaiteurs dans une affaire de marchés présumés truqués, Guérini, démissionnaire du PS au printemps 2014, a été réélu sénateur des Bouches-du-Rhône en septembre 2014 à la tête d’une liste dissidente de gauche (Force du 13) et il a demandé son rattachement au groupe PRG, cousin docile du PS.

Le parrain peut aussi compter sur certains media qu'il tient par les bourses

R
emplaçant les élections cantonales, les départementales de fin mars vont désigner les membres du Conseil départemental (ex-Conseil général) dans le cadre du canton. Les conseillers généraux élus en 2008 et en 2011 seront ainsi tous remplacés en mars 2015 par des conseillers départementaux.

"Connards !" A peine tourné le coin du couloir, Jean-Noël Guérini se croit seul et se lâche. Très énervé, le président du Conseil général vient de présenter ses voeux au monde des media, de louer la liberté de la presse et d'écraser une larme sur le sort de Charlie Hebdo. L'insulte vise deux journalistes du site Marsactu, qu'il vient de quitter. L'un d'eux l'a interpellé publiquement, évoquant les lourdes difficultés des titres locaux, les publicités institutionnelles distribuées sans transparence et la placardisation d'un journaliste de La Provence qui a longtemps couvert les affaires judiciaires de Jean-Noël Guérini.

Le patron du département s'en prend à l'opposition 

Marsactu "n'est pas indépendant" et ne l'a jamais invité à l'un de ses talk-shows, se plaint-il. Les publicités achetées avec l'argent de la collectivité ? "Je fais ce que je veux !" s'étrangle l'ex-socialiste, qui affirme que l'actionnaire de Marsactu - et co-fondateur et directeur général de LCM, chaîne locale de télévision à Marseille - "vient sans cesse demander de l'argent". "C'est faux ! répond l'intéressé. Je ne lui ai pas demandé un sou en cinq ans." 

Guérini est dans la logique du carnet de chèques ou du baiser de la mort
Fondateur, au début de l'année 2010, de ce site d'investigation, Pierre Boucaud  poursuit : "Nous vivons toujours l'héritage du defferrisme. Gaston Defferre, maire et patron de presse, concentrait tous les pouvoirs. Dans l'inconscient collectif, à Marseille, tu es donc toujours censé rouler pour quelqu'un. Guérini, comme Gaudin, ne pensent pas que tu puisses être indépendant. Le président du Conseil général est dans la logique du revolver ou du carnet de chèques: soit il tue financièrement, soit il distribue à sa guise. Un acteur économique privé peut éventuellement être dans cette logique. Mais là, il s'agit d'argent public."

Avec les affaires, les relations entre le président du Conseil général et les rédactions se sont encore un peu plus tendues. Marc Auburtin, directeur général du quotidien La Provence reconnaît "un fort ralentissement de la publicité" à partir de 2011. Le Conseil général a totalement fermé le robinet de ses "budgets com" au plus important quotidien régional. "Nous avons arrêté nos relations à une certaine époque, car nous n'étions pas d'accord, non pas sur le contenu des articles, mais sur la façon que nous étions traités, nous, conseil général. Les choses ont été rétablies, ça se passe bien", savoure Jean-Noël Guérini.

Les voeux du Conseil général sur une pleine page de La Provence

Depuis l'été dernier, la communication du conseil général est en effet réapparue dans le journal, pour faire sa promotion. D'abord via les annonces légales, puis à travers l'achat d'encarts. En début d'année, la collectivité a même présenté ses voeux aux lecteurs sur une pleine page. Une première depuis quatre ans ! Un signe que les relations se normalisent, assure le parrain des Bouches-du-Rhône... et que le président sortant repart en campagne.

Le directeur général de La Provence résume ainsi la situation : "Jean-Noël Guérini comprend nos impératifs, et nous comprenons les siens." Quitte à écarter un membre de la rédaction de la couverture des "affaires Guérini" ? "Aucun journaliste n'est propriétaire des sujets qu'il traite !" rétorque Marc Auburtin. Le président du Conseil général, lui, se réjouit de la mise à l'écart de Fred Guilledoux, une signature qu'il jugeait trop proche de son ennemi déclaré Patrick Mennucci.
Ce journaliste de La Provence "devait devenir son directeur de la presse et de la communication", affirme-t-il - ce que Patrick Mennucci dément. "C'est ça, la liberté de la presse ?" Il amène les doigts à sa bouche, fait mine de recevoir la becquée, puis se tape sur le ventre. "Mangiare ! mangiare ! C'est pas des journalistes, pour moi", dit-il.

Jean-Noël Guérini aurait-il oublié que trois membres de son cabinet sont d'anciens journalistes de La Provence, à commencer par Gilbert Gaudin (photo ci-dessus), son directeur de la communication assis à son côté?




mardi 18 juin 2013

Affaire Bettencourt: faut-il mettre le juge Gentil en examen ?

Le tribunal de Bordeaux fonctionne-t-il en réseaux ?

La Cour de cassation examine ce mardi la requête en dessaisissement déposée par plusieurs mis en examen dans l'affaire Bettencourt. 
L'avocat général y est favorable et préconise aussi le dépaysement de l'instruction. La plus haute juridiction suivra-t-elle ses recommandations? Ce n'est pas sa seule option. 

Son choix de témoin de mariage va-t-il conduire le juge Jean-Michel Gentil à lâcher l'affaire Bettencourt? La Cour de cassation examine ce mardi la requête en dessaisissement de ce dossier. Ils pointent les liens privilégiés qui existent entre Jean-Michel Gentil, juge dominant de  l'affaire, et le Pr Sophie Gromb, qui fait partie du groupe d'experts ayant conclu à l'état de faiblesse de Liliane Bettencourt depuis septembre 2006. 

La décision de la plus haute juridiction française devrait être mise en délibéré à une date ultérieure, selon des sources judiciaires. En attendant cette échéance, L'Express passe au crible les différents scénarios possibles. 

> Scénario 1: circulez, il n'y a rien à voir

La Cour de cassation rejette la "requête aux fins de suspicion légitime" et les trois juges d'instruction restent en poste.
Ce cas de figure reviendrait à suivre l'avis du parquet général de Bordeaux, où est instruite l'affaire Bettencourt. Le procureur général a recommandé de laisser le juge Gentil et ses deux collègues, Valérie Noël, sorte de Femen étriquée, et Cécile Ramonatxo, et aller au terme de l'instruction. 

Soutenu par le procureur général à Bordeaux,
le procureur de la République Claude Laplaud, soumis à sa ministre, n'a pas manqué en outre d'estimer que Sophie Gromp n'était qu'un expert parmi cinq, et que Jean-Michel Gentil lui-même avait agi dans cette affaire en collégialité avec deux autres juges d'instruction.
C'est la thèse de la Place Vendôme 

Quelle répercussion? Aucune. L'instruction reprend exactement là où elle avait été laissée. Prochaine étape: la décision d'un éventuel renvoi en procès des mis en examen, dont Nicolas Sarkozy

> Scénario 2: on sauve les meubles

La plus haute juridiction peut également opter pour une mise à l'écart du juge Gentil et le maintien de ses deux collègues, Cécile Ramonatxo et Valérie Noël.  Une cote mal taillée qui stigmatise le "cow-boy" du tribunal de Bordeaux.

Quelle répercussion? Cette option n'entraîne pas la nullité des pièces versées au dossier et l'affaire Bettencourt reste instruite par les deux autres magistrats au tribunal de grande instance de Bordeaux. 

> Scénario 3: on délocalise

La Cour de cassation peut également choisir de suivre les préconisations de l'avocat général Gilles Lacan et de dépayser à nouveau l'affaire Bettencourt. Cela revient à dessaisir les trois juges instructeurs actuellement en charge du dossier. 

Dans son avis, Gilles Lacan considère que le fait, pour le juge Gentil, d'
avoir désigné comme expert Sophie Gromb est "maladroit", mais qu'il ne suffit pas, en soi, à faire naître de doute sur son impartialité. 

En revanche, poursuit l'avocat général, le fait que
Jean-Michel Gentil n'ait pas informé les deux autres juges de ses liens et que Cécile Ramonatxo et Valérie Noël soient intervenus par voie de presse pour répliquer aux critiques formulées par la défense est, lui, de nature à instiller le doute. 
"On tombe une fois de plus dans le domaine de la déstabilisation, avait indiqué Valérie Noël à FTVi. Ce n'est pas sérieux, nous nageons en plein délire!" Pour l'avocat général, la magistrate est "non seulement entrée dans la polémique, mais a donné l'image d'un juge n'acceptant pas sereinement l'exercice par les justiciables des voies de recours contre ses actes ou décisions", rapporte Le Monde

Les propos de l'avocat de Jean-Michel Gentil, Me Rémi Barbousse- "Dès que l'on touche au monarque, à un ancien monarque ou à des proches du monarque, c'est une atteinte au sacré et on est mis en cause violemment" - posent également problème, selon Gilles Lacan. Ils "peuvent faire naître plus qu'un doute sur les conditions d'objectivité, de sérénité ou d'impartialité dans lesquelles l'un au moins des mis en examen est jugé à ce stade de l'instruction"

Quelle répercussion? Le dossier Bettencourt est transmis au procureur de la République d'une autre juridiction et de nouveaux juges d'instruction sont désignés. C'est donner une chance à l'affaire de retour à lasérénité. Toutes les pièces de la procédure - qui restent exploitables - sont alors transférées à ces nouveaux magistrats instructeurs. Ce transfert peut cependant ralentir la procédure, notamment pour se prononcer sur des renvois devant un tribunal correctionnel. 

> Scénario 4: on annule l'expertise

Outre le dessaisissement,
le trio Gentil-Ramonatxo-Noël n'est pas à l'abri d'une annulation de l'expertise de Liliane Bettencourt qui a conclu à l'état de faiblesse de l'héritière de L'Oréal, dès 2006. La défense cherche à savoir dans quelles conditions cet examen a été réalisé et quel rôle exactement Sophie Gromb a joué...

Quelles répercussions? Si cette expertise est annulée, les mises en examen qui en découlent, dont celles de Nicolas Sarkozy, pourraient aussi l'être comme par magie. 

La chambre de l'instruction de la cour d'Appel de Bordeaux examinera les nouveaux éléments sur les relations personnelles entre le juge Gentil et le Pr Gromb le 2 juillet prochain. 

> Scénario 5: c'est pas moi c'est lui

La Cour de Cassation peut également se déclarer incompétente concernant cette requête en dessaisissement des trois juges bordelais.




lundi 27 mai 2013

Festival de Cannes: les techniciens ne remettent pas la palme d'or à Kechiche

Palme anti-sociale au lauréat du Festival de Cannes, couvert par le groupe Canal+

Les bobos intellos ne sont-ils plus non plus de la "gauche sociale" ?



Kechiche et le réseau Canal+
font-ils suer le burnous
des techniciens?

Horaires impossibles, tarifs au rabais, exigences frôlant le harcèlement moral, etc. Un communiqué du Spiac-CGT, le syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma, a relayé les plaintes des techniciens du Nord-Pas-de-Calais embauchés sur le tournage de La Vie d'Adèle du franco-tunisien Abdellatif Kechiche, 52 ans.
Arrivé en France à l'âge de 6 ans, il décroche un premier rôle dans Thé à la menthe grâce à Abdelkrim Bahloul, un franco-algérien né en Algérie. Il y incarne un immigré algérien débarqué à Paris, qui vit de vols et trafics. Viennent ensuite un rôle de gigolo arrogant dans Les Innocents, 1987, d'André Téchiné, puis celui d'un beau Tunisien qui vend ses charmes aux touristes, dans un film de Nouri Bouzidil, un autre Tunisien. 

Kechiche a ensuite réalisé quatre longs-métrages avant La Vie d'Adèle, L'Esquive, Vénus noire et
La Graine et le Mulet, grâce au soutien et au financement du réalisateur et producteur français Claude Berri. Aujourd'hui disparu, le "parrain" du cinéma français n'est pas le seul lien du gigolo Kechiche avec le pouvoir et l'argent. 

Le cinéma français n'est certes pas une mafia, mais son actrice, Léa Seydoux se trouve être une fille de..., celle de l'homme d'affaires Henri Seydoux et petite-fille de Jérôme Seydoux, le président de Pathé. Son talent ne peut être mis en question tant il vaut d'or, avant de décrocher la palme du même métal.  

Il n'est donc pas davantage étonnant que ce soit
Kechiche qui filme les amours saphiques de deux adolescentes, que son (très) long métrage soit sélectionné pendant la discussion du projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe et qu'il soit primé le jour de la grande manifestation de ses opposants, le 26 mai.

Comment le jury de gauche à Cannes pouvaient-ils ignorer ?

Ce n'est pas le fait du hasard que les premiers remerciements de Léa Seydoux, héroïne de La vie d'Adèle, sont allés aux technciens du film.
La fête de la Palme d'Or de cette 66e édition du Festival de Cannes à peine terminée, les techniciens de ce film évoquent les conditions difficiles dans lesquelles ils ont été contraints de travailler, de mars à août 2012.
Ils  ont d'ailleurs crié leur indignation envers l'équipe d'Abdellatif Kechiche, dès la montée des marches, le 23 mai. Le même jour,  dans un communiqué, le principal syndicat des professionnels de l'industrie de l'audiovisuel et du cinéma, le Spia-CGT a dénoncé les manquements au Code du travail (horaires volumineux et changeants, tarifs au rabais) et exigences intenables dont les techniciens auraient été victimes. Les entorses au Code du travail sont certes fréquentes sur les plateaux de cinéma: l'évolution d'un tournage n'étant que peu prévisible, des "adaptations" sont souvent nécessaires. Mais pour La vie d'Adèle, "les choses sont allés trop loin", a affirmé au Monde un des techniciens. "On n'a même pas été invités à la projection. Il paraît, aussi, qu'il n'y a pas de générique de fin. C'est comme si nos noms avaient été effacés, on n'existe plus !", s'indigne un autre professionnel.

Le Code du travail malmené


"
Le tournage était prévu pour deux mois et demi. Finalement, il a duré le double, à budget constant. Et pour faire du Kechiche, il faut être là à 100 %. Sur cinq mois, ce n'est pas tenable", a rapporté l'un d'eux. Ces horaires supplémentaires n'ont même pas été déclarés, affirme le communiqué du Spiac-CGT, qui évoque ainsi des "journées de travail de 16 heures, déclarés 8". Sur certains postes, il y aurait eu des "journées de travail de 11 heures, payées 100 € bruts, alors que 100 € nets avaient été promis". 
Sont pointés, aussi, des "horaires de travail anarchiques ou modifiés au dernier moment", avec "convocation par téléphone pendant les jours de repos ou pendant la nuit, modification du plan de travail au jour le jour". "Les gens ne savaient pas le vendredi soir s'ils allaient travailler ou non le samedi et le dimanche suivant", apprend-on ainsi.

Plusieurs techniciens ont préféré rompre leur contrat en cours de tournage.
"(...) Nos collègues ayant travaillé sur ce film nous ont rapporté des faits révoltants et inacceptables. La majorité d'entre eux, initialement motivés, à la fois par leur métier et le projet du film, en sont revenus écœurés, voire déprimés», peut-on lire dans ce même communiqué du Spia-CGT. Certains ont également abandonné "en cours de route", "soit parce qu'ils étaient exténués, soit qu'ils étaient poussés à bout par la production, ou usés moralement par des comportements qui dans d'autres secteurs d'activités relèveraient sans ambiguïté du harcèlement moral". "Au total, quinze techniciens de la région Nord- Pas-de-Calais ont été embauchés sur le tournage de La Vie d'Adèle. Ils se sont succédés, et il y a eu effectivement des départs", reconnaît Vincent Leclercq, directeur général de Pictanovo, l'organisme qui a géré le tournage de La vie d'Adèle.

Le producteur du film est Wild Bunch
, société européenne créée en 2002 par les anciens dirigeants et fondateurs de StudioCanal, filiale du Groupe Canal+, créé par la volonté du président François Mitterrand.

La production se défend


Ce n'est d'ailleurs pas à Pictanovo qu'incombe de faire respecter le Code du travail, mais au producteur du film Wild Bunch, société européenne créée en 2002 par les anciens dirigeants et fondateurs de StudioCanal, qui a également produit The Artist de Michel Hazanavicius en 2012, avec un oscar du meilleur film pour Thomas Langmann, fils de ...Claude Berri. Est-il abusif de déclarer le festival de Cannes succursale de Canal+.

même si le Spiac-CGT affirme que Pictanovo a lui aussi reçu des plaintes de salariés. Le directeur général de Wild Bunch, Brahim Chioua, né en 1955 en Algérie, s'est dit surpris de ce communiqué. "Je n'ai pas entendu parler de plaintes, mais cela ne veut pas dire qu'elles n'existent pas. Certains techniciens de la région Nord-Pas-de-Calais sont partis en cours de route, car ils n'acceptent pas les conditions de Kechiche. Mais certains collaborateurs de Kechiche sont toujours là, depuis son premier film. Demandez aussi aux comédiennes, Kechiche est très exigeant! Et c'est comme ça qu'il obtient ces résultats", a-t-il justifié. En off, certains se plaignaient justement que le réalisateur ne s'occupe que de ses actrices et pas du reste de l'équipe.
Et le patron de Wild Bunch d'ajouter: "Je ne vois pas comment on peut se donner à fond pour un tournage, avec un chronomètre dans la main. Nous faisons partie des opposants à la convention collective de 2012, et sommes partisans du texte alternatif, qui sera déjà difficile à tenir".
Est-il abusif d'affirmer que le cinéma français fonctionne en réseau et que le Maghreb n'y est pas exploité? Peut-on en dire autant des techniciens ?

Contexte tendu autour de la convention collective

Pour Le Monde , ce n'est pas un hasard si le Spiac-CGT a attendu aussi longtemps pour dénoncer les conditions de travail sur le tournage
de La vie d'Adèle. Le quotidien socialiste se range du côté du plus fort, estimant qu'il s'agit pour le syndicat de brandir l'exemple d'un "mauvais élève", dans le contexte tendu des négociations autour d'une Convention collective du cinéma. Le Spiac-CGT, la plupart des syndicats de salariés, l'organisation patronale API (réunissant Gaumont, MK2, Pathé, UGC), en sont signataires depuis janvier 2012, ce qui n'est pas le cas de nombreux syndicats de producteurs indépendants, dont ...Wild Bunch (Canal+). 
Ces derniers ont même ratifié une contre-convention en janvier 2013 avec la CFDT. Devant cette levée de bouclier, la ministre de la Culture Aurélie Filippeti a nommé un médiateur, le haut-fonctionnaire Raphaël Hadas-Lebelex-directeur général de France 2, et décidé de suspendre l'extension de la convention collective, initialement prévue au 1er juillet 2013.
Cette convention collective est une petite révolution au sein de ce monde d'arrangements en marge de la loi. Elle prévoit, entre autres, des minima salariaux, et le paiement des heures supplémentaires, du travail de nuit ou du dimanche. Autant de points sensibles pour les films à petit budget, qui ont souvent du mal à payer leurs techniciens au plein tarif. La convention alternative propose notamment d'adapter les rémunérations des techniciens en fonction du budget du film. Celui de La vie d'Adèle a dépassé les 4 millions d'euros.
"Si ce long-métrage devait devenir une référence artistique, nous espérons qu'il ne devienne jamais un exemple en termes de production", conclut le Spiac-CGT dans son communiqué. La médiation en cours entre partisans et opposants de la convention collective devrait aboutir le 6 juin. Pour l'instant, Adbdellatif Kechiche n'a pas encore daigné s'exprimer sur le sujet.

samedi 24 novembre 2012

Valls est-il maître au ministère de l'Intérieur ?

Manuel Valls est manipulé par ses propres services…

Entretien réalisé par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger.

Alain Orsoni,  activiste corse,
président AC Ajaccio
Alain Orsoni est aujourd’hui au cœur de la polémique. Plusieurs de ses " amis " — ou présentés comme tels dans les media — ont été assassinés. Figure du nationalisme corse — il fut le fondateur du MPA (Mouvement pour l’autodétermination) —, actuel président de l’ACA (un des clubs de football d’Ajaccio), il a accordé un long entretien à Boulevard Voltaire. Voici le premier volet…
BV. Vous dites que vous êtes serein, mais en même temps, que vous avez peur…
AO. Avec les journalistes, il faut bien peser ses mots car ils ont tendance à tout interpréter comme ça les arrange.
J’ai très exactement déclaré que j’étais terrorisé par la campagne de presse qui s’est développée à la suite de la mort de Jacques Nacer 1. On a le sentiment que les médias ont trouvé la solution (la police en étant, elle, incapable) : en Corse, on tue les amis d’Orsoni.
Je me pose une question étrange : comment se fait-il, alors que je pars tous les matins à 9h de chez moi et que je rentre tous les soirs entre 18 et 20h en fonction de ma charge de travail, que des gens se donnent autant de mal pour liquider des personnes que je connais, afin de m’atteindre si je comprends bien, alors qu’il serait si simple de me tuer directement… Donc, pour revenir à votre question, je suis terrorisé par le fait qu’on me fasse systématiquement endosser la responsabilité de ces histoires et qu’on me colle, d’une certaine manière, une cible dans le dos…
A force de tout ramener à moi, un de ces quatre matins, je vais effectivement finir par m’en prendre une…
Vous n’avez donc pas peur et vous n’allez pas quitter la France, comme on peut le lire dans la presse.
Je vous ai expliqué le contexte dans lequel j’avais peur. A force d’en faire des tonnes sur Orsoni, on me met en danger. En Corse, la rumeur tue, malheureusement.
Avec mon passé politique mouvementé, on peut décider de faire resurgir une vieille histoire et hop ! On n’aura ensuite qu’à la relier aux événements de ces derniers mois… La rumeur est relayée par les médias, sans qu’ils ne se posent aucune question. On affirme des choses de façon péremptoire, on se copie les uns les autres…
Mais lorsque quatre de vos amis sont assassinés, on peut y voir un lien…
C’est faux ! Le mot ami a un sens précis. Parmi ces quatre personnes, Antoine Nivaggioni 2 était un intime. Pour Noël Andréani 3, la police connaît très bien les probables raisons de son assassinat, qui n’ont rien à voir avec moi…
Quant à Antoine Sollacaro 4 et Jacques Nacer, on dit n’importe quoi. Le premier était mon avocat, et un ami, c’est vrai. Sans être un intime.
Jacques Nacer, lui, était un supporter de l’ACA, seul club professionnel de France géré par une association qui n’a pas le droit de faire des bénéfices et réinvestit tous les profits qu’elle fait immédiatement. Le seul dirigeant salarié de cette association, c’est moi, à hauteur de 4 000 € par mois. Point barre.
Mais quand Manuel Valls laisse entendre que le sport pourrait servir au blanchiment d’argent, c’est évidemment vous qu’il vise ?
C’est énorme ! Car, évidemment, quand il parle du sport, il parle de l’ACA. Comment Manuel Valls, ministre, peut-il dire une énormité pareille ? Je crois sincèrement qu’il est manipulé par certains éléments de ses propres services. La DNCG (Direction générale de contrôle de gestion des clubs) est d’une rigueur incroyable ! Tout est contrôlé au centime près. Nous passons tous les ans devant elle, au contraire de certains grands clubs, et notre audition dure au maximum un quart d’heure. Pourquoi ? Parce que nos comptes sont limpides.
Blanchir de l’argent signifie injecter de l’argent sale pour le récupérer blanchi.
L’ACA a un budget de 20 millions d’euros, répartis de la façon suivante :
- 12,5 millions d’euros pour les droits de transmission télévisée. C’est la part fixe que touchent tous les clubs ;
- 2,3 millions d’euros au titre des droits télévisés répartis en fonction du classement du club ;
- 1 million au titre de la vente des panneaux de publicité, ce qui est une somme ridicule pour un club de foot. La plupart des clubs vendent aussi l’emplacement de leurs maillots. Nous l’avons offert aux Restos du cœur ;
On arrive à 16,8 millions. Ajoutez les subventions accordées à tout club de foot dans toutes les villes et toutes les régions de France (et on est les derniers), qui correspondent, pour Ajaccio, à 800 000 euros. Le reste est constitué des recettes de la boutique, des recettes des visiteurs du club et de celles des abonnés.
On n’achète jamais de joueurs parce qu’on n’en a pas les moyens. Quand on achète un joueur, c’est qu’il est libre et on n’a qu’à se mettre d’accord avec lui sur le montant de son salaire. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’on blanchisse de l’argent ? Comment peut-on dire une bêtise pareille ? C’est hallucinant.
Comment l’expliquez-vous ?
En ce qui concerne Manuel Valls, il doit être extrêmement mal informé, pour ne pas dire manipulé. Ou alors on nage en plein délire… J’invite le ministre à envoyer ses services passer au crible la comptabilité de notre club.
Dans quel but les médias colporteraient-ils de fausses rumeurs ?
La presse dit beaucoup de bêtises. Beaucoup plus que vous ne le soupçonnez… Vous désirez que je vous explique pourquoi ils mentent et pourquoi ils sont incompétents ? Pourquoi ils se copient les uns les autres ? Mais je ne peux pas vous donner d’explication. C’est tellement ahurissant que je n’arrive pas à comprendre. Je suis atterré.
Pourquoi tout le monde vous accuse-t-il de dérives mafieuses ?
J’aimerais bien le savoir. Je lis la presse comme vous et je vois des informations étonnantes comme : « Orsoni est un homme d’affaires. » Depuis quand ? Je ne possède aucune affaire, ni en Corse ni sur le continent. Je n’ai aucun restaurant. Je ne suis ni dans le BTP ni dans l’immobilier. Je ne vends pas de terrains non plus. Je suis uniquement gérant de mon club de foot et ça me rapporte 4 000 € par mois, je vous l’ai dit. C’est tout. Je ne pleure pas d’ailleurs. Beaucoup de gens aimeraient gagner cette somme. Je ne suis pas malheureux mais je suis loin d’être quelqu’un de riche…
Vous travaillez toujours pour la PEFACO, une société de machines à sous à Barcelone ?
Bien sûr que non ! Je n’en ai plus le droit depuis que j’ai été impliqué dans cette affaire 5 en 2009. Comment voulez-vous que je fasse des affaires à l’étranger alors que je suis assigné à résider en France ?
Donc, la presse raconte encore une fois n’importe quoi ?
Vous faites allusion aux articles qui prétendent que je travaille pour PEFACO ? C’est moi qui devrais vous interroger, vous journalistes : comment pouvez-vous vous permettre, sans avoir fait l’ombre d’une vérification, d’affirmer des saloperies pareilles ? Je mets au défi quiconque de sortir quoi que ce soit sur ma prétendue fortune. Je n’en ai pas… Je gagne correctement ma vie mais ceux qui veulent insinuer que je brasse des millions d’euros sont dans le fantasme. C’est inimaginable.
C’est à cause de votre parcours. Vous avez quitté la France pour aller travailler en Amérique latine pendant 12 ans, dans l’industrie du jeu…
Vous venez de parler de l’industrie du jeu : c’est ainsi que le jeu est considéré dans quasiment le monde entier. Sauf en France. Quant à la Française des jeux, sorte de mafia organisée, elle escroque l’ensemble des parieurs français de manière éhontée. Mais tout le monde s’en fout ! Personne n’en parle. Mais c’est un vrai scandale !
Alors, l’industrie du jeu, comme vous dites, qui existe depuis la nuit des temps et qui fonctionne dans quasiment tous les pays du monde, m’a demandé de travailler pour elle en tant que consultant. J’ai démarché pour elle en Amérique Latine, j’ai été payé pour cela et je n’en ai pas honte. Je regrette de ne pas gagner plus d’argent, ça me plairait. Mais on raconte vraiment n’importe quoi. Encore une fois, je ne travaille plus pour PEFACO depuis 2009.
Alain Orsoni, le 24 novembre 2012
  1. Jacques Nacer, Président de la chambre de commerce et d’industrie de la Corse du Sud et secrétaire général de l’ACA, a été abattu par un tireur le 14 novembre 2012. 
  2. Antoine Nivaggioni, ancien militant nationaliste du MPA, a été abattu le 18 octobre 2010. 
  3. Noël Andréani, Ancien militant nationaliste du MPA, a été tué par balles le 27 juin 2009. 
  4. Antoine Sollacaro, avocat et ancien bâtonnier d’Ajaccio, a été abattu sur l’aire d’une station-service de la route des Sanguinaires, au volant de sa voiture, le 16 octobre 2012. 
  5. En juin 2009, Alain Orsoni a été interpellé avec plusieurs personnes dans le cadre de l’enquête sur la vague d’assassinats en Corse dans le milieu du grand banditisme. En l’absence de preuves à son encontre, il sera relâché après une grève de la faim de trente-six jours.