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lundi 5 novembre 2018

Nouvelle-Calédonie : l'indépendance, c'est non dans les urnes

Les Calédoniens choisissent par référendum de laisser flotter le drapeau tricolore

Les résultats du référendum sur l'autodétermination sont clairs et nets.


La victoire du "'Non" est plus modeste qu'annoncée par les sondages et les partisans du Oui en tirent des conclusions. 56,4% des électeurs ont préféré rester Français, mais ils font un pas vers les indépendantistes. "Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu, parce que nous respectons le combat qui est le leur", expliquent les vainqueurs par la voix de Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens.
Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron appelle d'ailleurs aussi au dialogue entre toutes les parties.

Référendum : les Calédoniens disent "non" à l'indépendance
Les militants indépendantistes donnent en revanche l'impression d'avoir gagné. Ce n'est pas le cas, mais s'ils ont perdu cette bataille, ils n'ont pas perdu la guerre.
Les accords de Nouméa prévoient en effet l'organisation d'autres référendums, alors les indépendantistes donnent rendez-vous au prochain scrutin. 

Avec une participation exceptionnelle de plus de 80% des électeurs, ce scrutin marquera quoiqu'il arrive l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Macron devra gérer la "lèpre nationaliste" dans les territoires français

"Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur," a déjà conclu le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui "prend acte du résultat démocratique" en Nouvelle-Calédonie, mais ajoute que "les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu".

franceinfo :
Que pensez-vous des résultats de ce référendum ?

Gilles Simeoni : Je pense qu'il faut prendre acte du résultat démocratique, qui intervient au terme d'un processus qui a été validé par toutes les parties. Un résultat qui a toute sa légitimité. J'ai une pensée pour celles et ceux qui ont eu le courage il y a 30 ans de choisir le chemin de paix. Je pense notamment à Michel Rocard, à Jean-Marie Tjibaou à Jacques Lafleur et dix ans après à Lionel Jospin. Maintenant, que faire avec ce résultat ? Parce que l'écart est beaucoup plus mince que ce qui avait été annoncé.

On se rend compte, si on affine un peu la lecture, que les Kanaks représentent environ 40% de la population totale de la Nouvelle-Calédonie, cela veut dire que la quasi-totalité des Kanaks a voté en faveur de l'indépendance. Ce que démontrent ce résultat et la réalité de l'état actuel de la société en Kanaky [Siméoni va un peu vite en besogne : ce terme désigne la Nouvelle Calédonie, et c'est le nom du futur Etat indépendant rêvé par le Front de libération nationale kanak et socialiste, FLNKS], c'est que les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu. Je pense notamment aux disparités économiques et sociales, en matière d'éducation. Le combat du peuple kanak va continuer. Les Corses, celles et ceux qui partagent nos idées, sommes solidaires de ce peuple.

Que doit-on faire et de quelle manière pour garantir le respect de la dignité du peuple kanak et de toutes les composantes de la Nouvelle-Calédonie ?

Dans le discours du président Emmanuel Macron, pas une fois il n'a cité le peuple kanak. Je pense que c'est une omission qui est regrettable. Il suffit de voir les statistiques, notamment le taux de jeunes qui accède à l'enseignement supérieur, je crois que c'est 4% sur les dernières statistiques. On disait que les jeunes Kanaks allaient se désintéresser de ce scrutin et manifestement ils s'y sont largement investis pour revendiquer leur fierté d'appartenir à ce peuple. Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur.

On est dans une logique de paix et pas dans une logique d'hostilité, de rejet, mais simplement d'affirmation de la dignité de ce peuple, des prises en compte d'une histoire qui a été injuste, qui a été une histoire coloniale. Il y a aussi la volonté de redéfinir librement le rapport à la France et à la République. L'indépendance ne peut se concevoir en 2018 comme elle pouvait se concevoir dans les années 50.

La Nouvelle-Calédonie est la collectivité la plus autonome de France avec des pouvoirs régaliens, notamment sur les programmes scolaires. Cela explique-t-il le choix exprimé aujourd'hui ?

Je dirais, avec un petit sourire, souvent lorsqu'on revendique pour la Corse l'autonomie, on dit que l'autonomie, c'est l'antichambre de l'indépendance. Or, je note qu'en Nouvelle-Calédonie, il y a une autonomie très large et pour autant les électeurs n'ont pas choisi l'indépendance

La situation corse et la situation en Nouvelle-Calédonie ne sont pas identiques, même si il y a des traits de similarité entre les deux peuples et un grand respect. En ce qui concerna la Corse, une très large autonomie comme celle que connaissent actuellement les Kanaks nous suffirait largement, mais la situation n'est pas la même. Nous allons continuer, nous aussi de façon démocratique, pour faire prendre en compte ces attentes. 


mardi 24 octobre 2017

Elections territoriales : les nationalistes corses s'unissent pour obtenir l'autonomie

Après le Brexit et la Catalogne, la Corse. Et la Nouvelle Calédonie et la Guyane ?

Les Corses pourraient poursuivre leur marche vers l'autonomie

Résultat de recherche d'images pour "independance de la Corse"
Appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre,  porteront-ils à nouveau au pouvoir les candidats nationalistes qui se présentent unis pour obtenir un statut d'autonomie, alors que le Brexit pose problème et que le spectre de l'indépendance catalane agite l'Espagne.

Pour cette élection, le mot d'ordre des autonomistes et indépendantistes unis est simple: "construire un pays". Pas question pour eux de rater la marche des élections démocratiques des 3 et 10 décembre, qui donneront naissance en 2018 à une Collectivité unique qui remplacera les deux départements et la collectivité territoriale (CTC). 

Depuis deux ans, les nationalistes accumulent les succès: après avoir gagné les élections territoriales des 6 et 13 mars 2015, décroché la direction de la CTC en décembre 2015, ils ont obtenu en juin dernier trois sièges de députés sur les 4 que compte l'île. "Le nationalisme en Corse a symbolisé ce que le vote Macron a symbolisé sur le continent: le dégagisme", assène Jean-Charles Orsucci, candidat LREM à ces élections. 

"Des citadelles sont tombées", se félicite Jean-Guy Talamoni, président de l'actuelle Assemblée de Corse, et dirigeant de Corsica Libera, indépendantiste. Le prochain scrutin devrait confirmer, selon lui, le vote de 2015, pour cette "collectivité unie", comme il la surnomme, rappelant: "Nous avons plaidé pendant 40 ans pour la suppression des conseils départementaux qui faisaient le jeu du clientélisme". 

Les adversaires des nationalistes manifestent leur inquiétude

L'Assemblée de Corse a reconnu publiquement la légitimité du gouvernement de la Catalogne. "On ne peut pas continuer à laisser penser que seule la voie de l'autodétermination, de l'indépendance soit une voie salutaire", s'est insurgé Jean-Martin Mondoloni, tête de liste LR, sur Corse Net Infos.

"Nos adversaires politiques essaient de dramatiser les enjeux et de construire artificiellement la campagne comme si l'enjeu était l'indépendance d'un côté et le maintien des liens avec la République de l'autre", accuse Gilles Simeoni, qui dirige l'exécutif corse.

"L'objectif, c'est d'obtenir un statut d'autonomie dans les trois ans à venir,"
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Gilles Simeoni confirme même encore que leur volonté est de "le mettre en oeuvre sur une période de dix ans". Pour le leader autonomiste, l'indépendance de l'île de Beauté "n'est pas souhaitable". C'est ce qu'il affirme pour l'heure, comme les tenants du PACS qui ne voulaient pas du "mariage pour tous" ou le passage de la PMA (procréation médicalement assistée) à la GPA (gestation pour autrui)...

Résultat de recherche d'images pour "independance de la Corse"
"Je pense rigoureusement le contraire de Simeoni sur ce point", réagit Jean-Guy Talamoni. Mais le leader indépendantiste reconnaît "l'avance qu'a la Catalogne sur le plan institutionnel et économique par rapport à la Corse"

Les deux alliés objectifs s'accordent pour dire que les Corses décideront "plus tard"

Résultat de recherche d'images pour "independance de la Corse"
"Notre accord stratégique est la demande d'autonomie, et il n'y a aucun caractère mécanique pour aller plus loin", insiste Gilles Simeoni. Dans leur programme en dix points, les nationalistes se prononcent pour "une autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire et fiscal".

Le chercheur Thierry Dominici, docteur en sciences politiques, ne veut pas croire en un scénario à la catalane pour la Corse, même si les idées nationalistes progressent dans l'électorat - "la 'corsité' touche tout le monde", prévient-il. Mais il compare plutôt l'île de Beauté à l'Ecosse où, "par crainte économique, 55% ont voté contre l'indépendance en 2014". 
Ce socio-politologue auteur d'une étude comparée des forces nationalitaires contemporaines corses estime que les mouvements nationalistes sont plus culturels que politiques et conclut : "Aujourd'hui en Corse, je ne suis pas certain que les insulaires voteraient même pour l'autonomie".

Ce spécialiste de la jeunesse insulaire l'assure, "la plupart des jeunes n'adhèrent pas à la démarche hégémonique de Femu a Corsica (de Gilles Simeoni), et le militant de base ne comprend pas la démarche de l'exécutif". "Ils pensaient qu'en mettant des élus nationalistes au pouvoir, ils auraient un gouvernement corse, alors que ce ne sont que les gestionnaires d'une région", commente-t-il.

Les nationalistes "n'ont pas révolutionné le système, d'autant plus qu'ils ne le peuvent pas : ils sont tenus par le droit", poursuit le chercheur. Jean-Guy Talamoni juge néanmoins que ces deux ans à diriger la CTC ont "rassuré ceux qui n'avaient pas voté pour nous". L'indépendantiste mise manifestement sur la durée.
Aux élections de décembre, un petit parti indépendantiste fera cavalier seul : le Rinnovu promet d'ailleurs aux insulaires un référendum d'autodétermination, en 2032.

L'Outre-mer a-t-il aussi des velléités d'autonomie ?

Après une troisième et vaine tentative d'élection, la Nouvelle-Calédonie se cherche toujours un chef de l'exécutif.
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Nouvelle caledonie INDEPENDANTISTE"Les onze membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont tenté ce jour - pour la troisième fois depuis le 31 août - d'élire leur président, mais les divisions entre non-indépendantistes ont à nouveau conduit à l'échec. "Il n'y avait qu'un seul candidat en lice, Philippe Germain. Il a recueilli cinq voix et six bulletins étaient blancs", a déclaré à la presse une porte-parole du gouvernement collégial de l’archipel, déjà très autonome. Le président sortant et candidat de la Plateforme, qui réunit les principaux partis de la droite, Philippe Germain, n'a pas obtenu la voix du sixième ministre non-indépendantiste et non membre de la Plateforme.
Selon des sources concordantes, le comité des signataires de l'Accord de Nouméa, qui rassemblera les acteurs locaux début novembre à Matignon sous l'égide d'Edouard Philippe, pourrait amorcer une sortie de crise. La Nouvelle-Calédonie traverse une période politiquement sensible avec la tenue au plus tard en novembre 2018 d'un référendum sur l'indépendance.

Macron favorable au maintien dans la communauté nationale.
"J’ai la volonté de travailler davantage à l’inclusion des territoires d’outre-mer dans leur environnement régional. Dans ce cadre-là, il est important pour la France de rappeler son attachement au Pacifique ", a affirmé, dans un entretien avec Nouvelles Calédoniennes, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement dans l’archipel du Pacifique, cet été. "La France respectera le choix qui sera fait, a-t-elle assuré. 
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré souhaiter "que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale. […] Je suis convaincu que la présence de la France est nécessaire pour garantir la paix civile et le développement."
Deux options : Etat associé ou Etat fédéré ?
"Aucun État associé n’est pleinement indépendant, mais les compétences régaliennes qu’il délègue le sont toujours de manière volontaire", expliquait Jean-Jacques Urvoas. Alors ministre, il rappela que l’article 88 de la Constitution autorise la France à "conclure des accords avec des États, qui désirent s’associer à elle". Ils demandent à entrer dans la communauté française et non à en sortir.
La seconde option serait la création d’un État fédéré, une fédération de Nouvelle-Calédonie qui "permettrait de satisfaire les revendications des deux parties - un État pour les indépendantistes, le maintien dans la République pour les non-indépendantistes ". Ce statut nécessiterait une révision constitutionnelle pour créer "un lien de nature fédérale entre la République et un seul de ses territoires", instituant "un fédéralisme asymétrique d’une rare originalité sans équivalent dans le reste du monde !"

Et la Guyane ?
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Guyane INDEPENDANTISTE"
Un référendum local sur l'autonomie de la Guyane a eu lieu le 10 janvier 2010, le même jour que le référendum sur l'autonomie de la Martinique, organisé en Martinique. Comme ce dernier, il se solda par une large victoire du Non. Il avait été décidé courant 2009 à la suite de la grève générale aux Antilles en début d'année. Cette consultation proposait une autonomie accrue, en passant sous le statut de collectivité d'outre-mer au lieu de celui de département et de région.
A la suite de ce rejet, un nouveau référendum fut organisé le 24 janvier, proposant simplement un régime d'assemblée unique remplaçant le Conseil général et le Conseil régional. Après ce scrutin, la création de l’Assemblée de Guyane était prévue pour le 1er janvier 2016. C'est l'assemblée délibérante de la collectivité territoriale unique de Guyane (CTG), présidée par Rodolphe Alexandre (DVG) qui fut exclu du PS de Guyane et battit Christiane Taubira aux Régionales de 2010. Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique du caractère flou du projet, cette ministre PRG de Hollande appella à voter "Oui". Cette militante indépendantiste devenue députée de Guyane retournait donc ainsi à ses amours de jeunesse.

dimanche 11 mai 2014

Ukraine: petit rappel des faits à l'heure du vote des habitants de l'Est

Référendum d'autodétermination dans l'Est de l'Ukraine: indépendance ou fédéralisme ?
"Le référendum sur l'indépendance, organisé par les séparatistes pro-russes"
s'est ouvert comme prévu, ce dimanche, dans l'Est de l'Ukraine", écrit la très "conservatrice" agence de presse française qui dramatise, n'envisageant pas un vote négatif et participe à la désinformation généralisée par les pays occidentaux, dits démocratiques. En effet, le référendum a lieu dans seulement deux régions frontalières de la Russie, puisque la Crimée s'est déjà prononcée en faveur de la Russie, et laisse évidemment le choix d'approuver (ou non) l'indépendance, ainsi qu'un éventuel fédéralisme de l'Ukraine, ou de s'abstenir. 

"
Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux régions qu'ils contrôlent s'est ouvert dimanche", continue ce journal.
Le quotidien socialiste Le Monde reconnaît un "enthousiasme populaire" pour ce référendum, ce qui implique que ce vote est légitime, mais s'entête également à qualifier de "séparatistes" les victimes de "Kiev", comme dit pudiquement l'AFP, admettant qu'il est "impossible de discuter avec le gouvernement ukrainien quand celui-ci mène "une guerre et un génocide" contre les populations de l’Est.
Ces interprétations contiennent un nombre extravagant de mensonges dans les termes. Dans la forme donc,     Sur le fond, en vérité, le référendum incriminé ne pose pas  la question unique et abrupte de l'indépendance: trois options
VOIR et ENTENDRE le journaliste Pierre Lorrain, consultant de BFMTV qui présente les cas de figure:

Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à voter pour décider du sort des régions de Donetsk et Lougantsk
, ce qui pourrait déboucher sur la sécession de cette partie du pays. "Cette consultation aux conséquences potentiellement historiques est considérée comme illégale par Kiev et la communauté internationale".  Les Occidentaux s'ingèrent sans aucune légitimité dans un conflit interne étranger: depuis Washington, l'Américain Obama continue de jouer les "gendarmes du monde", tout métis et démocrate soit-il, et son valet Hollande opine, pour exister à l'international, faute de réflexion et de politique indépendantes. 
Pourtant, ce soutien constitue un conflit d'intérêts puisque "Kiev" est ouvertement pro-occidental et souhaite à terme intégrer l'Union européenne. Pour les Européens, la question serait de savoir avant toute chose si notre intérêt bien compris est de supporter une Ukraine dont l'économie est dévastée. L'Union européenne a-t-elle les moyens politique  et économique d'un tel nouveau fardeau? 
La consultation se déroule en outre "sur fonds de nouveaux combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles" qui assiègent depuis plusieurs semaines la ville de Slaviansk, où l'on vote aussi.

Hollande reçoit les insurgés de Kiev
à l'Elysée
La presse aux ordres de l'Elysée travestit la réalité historique.
Les séparatistes sont maintenant qualifiés de "rebelles"... Il convient donc d'inlassablement rappeler aux journalistes à bac+5, d'une part que Kiev est un gouvernement insurrectionnel et transitoire installé par la rue et, d'autre part, que,  dans ce conflit, les rebelles ne sont pas les "séparatistes". L'AFP aux ordres de l'Elysée opère donc un "retournement" non pas économique, pour le coup, mais intellectuel. Ainsi, en soutenant des régimes à potentiel totalitaire, les politiques et les media réitèrent en Europe l'expérience souvent désastreuse des "printemps arabes" qui portent atteinte aux libertés fondamentales des populations qu'ils prétendaient libérer.

Détail de l'Histoire pour les "ingérents" occidentaux. 
Quand en 1944, l'Armée rouge annexa la plus grande partie de l'Ukraine, le indépendantistes étaient essentiellement situés dans les régions ouest et le contentieux reste vif avec l'ex-Union soviétique: ils poursuivent aujourd'hui leur résistance armée contre la Russie. À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million de militaires.

La dernière élection présidentielle remonte à dix ans

Alors que la présidence était assurée par Leonid Koutchma, un ancien apparatchik du Parti communiste, considéré comme corrompu et lié aux groupes mafieux, la dernière élection présidentielle a eu lieu en octobre et novembre 2004. Suite à des soupçons de fraude et à la pression populaire, plus ou moins spontanée, de la Révolution orange, la Cour suprême a annulé le résultat du second tour qui donnait vainqueur l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovytch sur Viktor Iouchtchenko. C'est ce dernier, jouant la carte de l'Europe et du libéralisme, qui emporta bien que son adversaire ait maintenu ses solides positions dans l'Est et le sud du pays russophones et russophiles. Viktor Iouchtchenko  désigna alors premier ministre Ioulia Tymochenko, femme d'affaires entrée en politique du temps du président Koutchma. Sur fond de corruption, le 8 septembre 2005 le président Viktor Iouchtchenko limogea le gouvernement de Ioulia Tymochenko. A travers plusieurs élections, il apparaît clairement une préférence pour les candidats pro-européens en Ukraine du nord-ouest proche de la Pologne, et pour les candidats pro-russes en Ukraine russophone du sud-est délivrée de la domination turco-tatare par les cosaques et la Russie.

Les bulletins à la vue de tous


"A Donetsk, principale ville de la région, avec un million d'habitants, "quelques feuilles" sont accrochées avec le mot référendum [...] juste en dessous du drapeau de la République de Donetsk, 'autoproclamée' par les 'rebelles', bleu et rouge avec l'aigle bicéphale. A l'intérieur de l'école, deux grandes urnes transparentes sont déposées à même le sol [Le scrutin n'étant pas alors ouvert, pourrait-on préciser]. Une dizaine de personnes sont déjà là pour encadrer le vote, de grandes listes électorales à la main." 
Si les organisateurs du vote sont des séparatistes, ce ne sont pas des rebelles.
Les rebelles sont à KievDepuis novembre 2004, Kiev est le centre d'une vaste campagne de protestation pacifique appelée Révolution orange, opposée au pouvoir légitime. En janvier 2014, des barricades furent érigées et de nombreux manifestants furent blessés par des cocktails Molotov. Ils affrontèrent  la police, réclama  la démission du Président Ianoukovitch faisant plusieurs centaines de blessés ou de morts. 
Fin janvier 2014, la contestation débutée à Kiev rencontra l'opposition des pro-russes qui refusaient d'être entraînés dans le chaos. "Je suis pour la paix et le calme et c'est pour cela que je suis venue voter", affirme Svetlana, médecin de 55 ans, qui dépose son bulletin dans l'urne en même temps qu'une femme et sa fillette "sortant du même isoloir", insinue le journaliste. Une fois le bulletin dans l'urne transparente, chacun peut sans difficulté lire le choix du votant, les bulletins n'étant pas placés sous enveloppes.
"Nous venons nous battre pour nos droits et devenir indépendants. Nous sommes heureux qu'on nous donne le droit de nous exprimer. Si nous devenons indépendants, ce sera dur au début, mais ce sera toujours mieux que d'être avec des fascistes", affirme Tatiana, 35 ans, fleuriste. Les "fascistes", pour les séparatistes russophones de l'Est de l'Ukraine, sont les autoritéspro-européennes du gouvernement autoproclamé et illégitime de Kiev, qui s'est installé au pouvoir après la contestation qui a renversé en février le président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou, accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont l'initiative du risque d'un retour à la "guerre froide".
Combats à Slaviansk

A l'approche de l'ouverture du scrutin,
les rebelles pro-occidentaux ont lancé une offensive contre Slaviansk dimanche dernier, car la ville est un
bastion des insurgés pro-russes encerclé par les forces ukrainiennes responsables début mai d'une vaste opération militaire. De nombreuses et très fortes détonations ont ainsi retenti en début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les affrontements ont recommencé dans le village d'Andriïvka, sur la "ligne de front", à l'entrée sud de cette cité de 110.000 habitants encerclée par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché depuis début mai une vaste opération "antiterroriste"... 

L'offensive de Kiev a fait une trentaine de victimes à Slaviansk
Mais Un commandant de l'OTAN accuse Poutine de chercher le "chaos". La crainte de Kiev et des Occidentaux est de voir se reproduire dans l'Est de l'Ukraine un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée russo-phone à la Russie, après un référendum contesté par les Occidentaux qui ont des vues sur l'Ukraine et des intérêts économiques à la maîtrise du gaz: la presse dénonce la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà réaffirmé qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ces référendums populaires. Avant même qu'ils aient eu lieu, ils les ont déclarés "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles", mais surtout en vertu de leur rivalité avec la Russie.

Le part-pris de la presse hexagonale
Le Monde publie des commentaires partisans d'illustres inconnus. "Ce scrutin organisé en quelques jours ressemblera à un coup de force", affirme le journaliste Benoît Vitkine dont la compétence reste à démontrer quand les envoyés spéciaux commentent les dépêches d'agences depuis leurs chambres d'hôtels. Comme ses confrères, il prétend "comprendre" mieux que quiconque et observe à la télévision que des hommes armés sont partout, que trois photocopieuses impriment des cartons entiers de bulletins, comme si c'était en soi une preuve de tricherie, et que des " volontaires" venus de toute la région pour charger ces cartons dans des voitures et convoyer les bulletins jusqu’aux chefs-lieux des différents districts de la région. En quoi est-ce illégal? "Même topo à Lougansk", écrit-il de manière tendancieuse. 

Hollande et Merkel jugent "illégaux" les référendums démocratiques et populaires prévus dans l'est du pays


Consulter le peuple est devenu critiquable pour François Hollande et Angela Merkel qui ont pris parti sur le conflit ukrainien. Dans un texte commun, ils ont à nouveau montré leurs biscoteaux mous, menaçant vaguement Moscou de "conséquences", en cas de non tenue des élections présidentielles en Ukraine.

Hollande et Merkel en écho aux insurgés
"Kiev" a qualifié dimanche le référendum pour l'"indépendance" dans l'Est de l'Ukraine de "farce criminelle" financée par le Kremlin, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. 

"Le référendum du 11 mai inspiré, organisé et financé par le Kremlin est juridiquement nul et n'aura aucune conséquence juridique pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine", souligne le ministère. "Les organisateurs de cette farce criminelle ont violé la Constitution et les lois ukrainiennes".

Depuis son forcing sur le mariage homosexuel, on sait en France que Hollande n'est pas favorable aux référendums démocratiques. Il se contente d'anaphores et de promesses floues de débat et de dialogue et autres concertations... 


Quand les Occidentaux ne traitaient pas les référendums de "farces illégales"
En 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, la légalité du référendum d'autodétermination de l'Ukraine ne fut pas contestée par les maîtres américains du monde. La libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques datait seulement de 1989 mais permit aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté (Mouvement national ukrainien, Roukh, en 1989. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtinrent alors environ 25 % des sièges au Parlement. En juillet, sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopta la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d'Ukraine, premier pas vers l'indépendance complète de l'Ukraine, proclamée en août 1991 et confirmée par le ...référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d'électeurs votent en faveur de l'indépendance. 

Le bloc occidental ne trouva rien à redire. Le journal L'Humanité, peut-être.
L'organe du PCF n'a pas la même analyse que l'AFP soumise à l'Elysée et  la presse paresseuse et dépendante de l'agence. Il parle d' "un référendum d'auto-détermination, maintenu malgré les appels au report et à l’apaisement de la Russie. Les violences ont repris dès les premières heures du vote autour de Slaviansk, où la présence de mercenaires américains a été confirmée.
La farce serait donc réelle, mais la comédie que jouent les occidentaux et leur presse pourrait virer à la tragédie. 

samedi 24 novembre 2012

Valls est-il maître au ministère de l'Intérieur ?

Manuel Valls est manipulé par ses propres services…

Entretien réalisé par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger.

Alain Orsoni,  activiste corse,
président AC Ajaccio
Alain Orsoni est aujourd’hui au cœur de la polémique. Plusieurs de ses " amis " — ou présentés comme tels dans les media — ont été assassinés. Figure du nationalisme corse — il fut le fondateur du MPA (Mouvement pour l’autodétermination) —, actuel président de l’ACA (un des clubs de football d’Ajaccio), il a accordé un long entretien à Boulevard Voltaire. Voici le premier volet…
BV. Vous dites que vous êtes serein, mais en même temps, que vous avez peur…
AO. Avec les journalistes, il faut bien peser ses mots car ils ont tendance à tout interpréter comme ça les arrange.
J’ai très exactement déclaré que j’étais terrorisé par la campagne de presse qui s’est développée à la suite de la mort de Jacques Nacer 1. On a le sentiment que les médias ont trouvé la solution (la police en étant, elle, incapable) : en Corse, on tue les amis d’Orsoni.
Je me pose une question étrange : comment se fait-il, alors que je pars tous les matins à 9h de chez moi et que je rentre tous les soirs entre 18 et 20h en fonction de ma charge de travail, que des gens se donnent autant de mal pour liquider des personnes que je connais, afin de m’atteindre si je comprends bien, alors qu’il serait si simple de me tuer directement… Donc, pour revenir à votre question, je suis terrorisé par le fait qu’on me fasse systématiquement endosser la responsabilité de ces histoires et qu’on me colle, d’une certaine manière, une cible dans le dos…
A force de tout ramener à moi, un de ces quatre matins, je vais effectivement finir par m’en prendre une…
Vous n’avez donc pas peur et vous n’allez pas quitter la France, comme on peut le lire dans la presse.
Je vous ai expliqué le contexte dans lequel j’avais peur. A force d’en faire des tonnes sur Orsoni, on me met en danger. En Corse, la rumeur tue, malheureusement.
Avec mon passé politique mouvementé, on peut décider de faire resurgir une vieille histoire et hop ! On n’aura ensuite qu’à la relier aux événements de ces derniers mois… La rumeur est relayée par les médias, sans qu’ils ne se posent aucune question. On affirme des choses de façon péremptoire, on se copie les uns les autres…
Mais lorsque quatre de vos amis sont assassinés, on peut y voir un lien…
C’est faux ! Le mot ami a un sens précis. Parmi ces quatre personnes, Antoine Nivaggioni 2 était un intime. Pour Noël Andréani 3, la police connaît très bien les probables raisons de son assassinat, qui n’ont rien à voir avec moi…
Quant à Antoine Sollacaro 4 et Jacques Nacer, on dit n’importe quoi. Le premier était mon avocat, et un ami, c’est vrai. Sans être un intime.
Jacques Nacer, lui, était un supporter de l’ACA, seul club professionnel de France géré par une association qui n’a pas le droit de faire des bénéfices et réinvestit tous les profits qu’elle fait immédiatement. Le seul dirigeant salarié de cette association, c’est moi, à hauteur de 4 000 € par mois. Point barre.
Mais quand Manuel Valls laisse entendre que le sport pourrait servir au blanchiment d’argent, c’est évidemment vous qu’il vise ?
C’est énorme ! Car, évidemment, quand il parle du sport, il parle de l’ACA. Comment Manuel Valls, ministre, peut-il dire une énormité pareille ? Je crois sincèrement qu’il est manipulé par certains éléments de ses propres services. La DNCG (Direction générale de contrôle de gestion des clubs) est d’une rigueur incroyable ! Tout est contrôlé au centime près. Nous passons tous les ans devant elle, au contraire de certains grands clubs, et notre audition dure au maximum un quart d’heure. Pourquoi ? Parce que nos comptes sont limpides.
Blanchir de l’argent signifie injecter de l’argent sale pour le récupérer blanchi.
L’ACA a un budget de 20 millions d’euros, répartis de la façon suivante :
- 12,5 millions d’euros pour les droits de transmission télévisée. C’est la part fixe que touchent tous les clubs ;
- 2,3 millions d’euros au titre des droits télévisés répartis en fonction du classement du club ;
- 1 million au titre de la vente des panneaux de publicité, ce qui est une somme ridicule pour un club de foot. La plupart des clubs vendent aussi l’emplacement de leurs maillots. Nous l’avons offert aux Restos du cœur ;
On arrive à 16,8 millions. Ajoutez les subventions accordées à tout club de foot dans toutes les villes et toutes les régions de France (et on est les derniers), qui correspondent, pour Ajaccio, à 800 000 euros. Le reste est constitué des recettes de la boutique, des recettes des visiteurs du club et de celles des abonnés.
On n’achète jamais de joueurs parce qu’on n’en a pas les moyens. Quand on achète un joueur, c’est qu’il est libre et on n’a qu’à se mettre d’accord avec lui sur le montant de son salaire. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’on blanchisse de l’argent ? Comment peut-on dire une bêtise pareille ? C’est hallucinant.
Comment l’expliquez-vous ?
En ce qui concerne Manuel Valls, il doit être extrêmement mal informé, pour ne pas dire manipulé. Ou alors on nage en plein délire… J’invite le ministre à envoyer ses services passer au crible la comptabilité de notre club.
Dans quel but les médias colporteraient-ils de fausses rumeurs ?
La presse dit beaucoup de bêtises. Beaucoup plus que vous ne le soupçonnez… Vous désirez que je vous explique pourquoi ils mentent et pourquoi ils sont incompétents ? Pourquoi ils se copient les uns les autres ? Mais je ne peux pas vous donner d’explication. C’est tellement ahurissant que je n’arrive pas à comprendre. Je suis atterré.
Pourquoi tout le monde vous accuse-t-il de dérives mafieuses ?
J’aimerais bien le savoir. Je lis la presse comme vous et je vois des informations étonnantes comme : « Orsoni est un homme d’affaires. » Depuis quand ? Je ne possède aucune affaire, ni en Corse ni sur le continent. Je n’ai aucun restaurant. Je ne suis ni dans le BTP ni dans l’immobilier. Je ne vends pas de terrains non plus. Je suis uniquement gérant de mon club de foot et ça me rapporte 4 000 € par mois, je vous l’ai dit. C’est tout. Je ne pleure pas d’ailleurs. Beaucoup de gens aimeraient gagner cette somme. Je ne suis pas malheureux mais je suis loin d’être quelqu’un de riche…
Vous travaillez toujours pour la PEFACO, une société de machines à sous à Barcelone ?
Bien sûr que non ! Je n’en ai plus le droit depuis que j’ai été impliqué dans cette affaire 5 en 2009. Comment voulez-vous que je fasse des affaires à l’étranger alors que je suis assigné à résider en France ?
Donc, la presse raconte encore une fois n’importe quoi ?
Vous faites allusion aux articles qui prétendent que je travaille pour PEFACO ? C’est moi qui devrais vous interroger, vous journalistes : comment pouvez-vous vous permettre, sans avoir fait l’ombre d’une vérification, d’affirmer des saloperies pareilles ? Je mets au défi quiconque de sortir quoi que ce soit sur ma prétendue fortune. Je n’en ai pas… Je gagne correctement ma vie mais ceux qui veulent insinuer que je brasse des millions d’euros sont dans le fantasme. C’est inimaginable.
C’est à cause de votre parcours. Vous avez quitté la France pour aller travailler en Amérique latine pendant 12 ans, dans l’industrie du jeu…
Vous venez de parler de l’industrie du jeu : c’est ainsi que le jeu est considéré dans quasiment le monde entier. Sauf en France. Quant à la Française des jeux, sorte de mafia organisée, elle escroque l’ensemble des parieurs français de manière éhontée. Mais tout le monde s’en fout ! Personne n’en parle. Mais c’est un vrai scandale !
Alors, l’industrie du jeu, comme vous dites, qui existe depuis la nuit des temps et qui fonctionne dans quasiment tous les pays du monde, m’a demandé de travailler pour elle en tant que consultant. J’ai démarché pour elle en Amérique Latine, j’ai été payé pour cela et je n’en ai pas honte. Je regrette de ne pas gagner plus d’argent, ça me plairait. Mais on raconte vraiment n’importe quoi. Encore une fois, je ne travaille plus pour PEFACO depuis 2009.
Alain Orsoni, le 24 novembre 2012
  1. Jacques Nacer, Président de la chambre de commerce et d’industrie de la Corse du Sud et secrétaire général de l’ACA, a été abattu par un tireur le 14 novembre 2012. 
  2. Antoine Nivaggioni, ancien militant nationaliste du MPA, a été abattu le 18 octobre 2010. 
  3. Noël Andréani, Ancien militant nationaliste du MPA, a été tué par balles le 27 juin 2009. 
  4. Antoine Sollacaro, avocat et ancien bâtonnier d’Ajaccio, a été abattu sur l’aire d’une station-service de la route des Sanguinaires, au volant de sa voiture, le 16 octobre 2012. 
  5. En juin 2009, Alain Orsoni a été interpellé avec plusieurs personnes dans le cadre de l’enquête sur la vague d’assassinats en Corse dans le milieu du grand banditisme. En l’absence de preuves à son encontre, il sera relâché après une grève de la faim de trente-six jours.