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samedi 23 août 2014

Ukraine: les occidentaux contestent une aide humanitaire parce que russe

Les indépendantistes ukrainiens n'ont-ils droit à aucun secours?

Un convoi d’aide humanitaire russe en Ukraine qualifié d' "invasion directe


Un Ukrainien russophone accueille le 
 convoi humanitaire de Moscou avec un drapeau russe 
au passage à la frontière,
le 22 août 2014


Vendredi 22 août, "la Russie a commencé à faire entrer sur le territoire ukrainien son convoi bloqué depuis une semaine à la frontière.  Elle n’a pas attendu la fin de l’inspection par les gardes-frontières et les douaniers ukrainiens de ses camions censés apportés de l’aide humanitaire aux victimes du conflit entre Kiev et les rebelles pro-russes," écrivent en choeur l'AFP et Reuters. Ainsi, le sort des Ukrainiens est-il méprisable puisque se sont des séparatistes étiquetés "rebelles"... 

"Cet acheminement se fait également sans l’escorte du Comité international de la Croix-Rouge," écrivent les agences partisanes, alors que le CICR, la plus ancienne organisation humanitaire existante, a refusé son concours. "La Croix-Rouge n’a pas reçu suffisamment de garantie de sécurité pour accompagner ce convoi", a prétexté cette entité souveraine non-gouvernementale, soucieuse de préserver ses privilèges (essentiellement fiscaux) ainsi que ses immunités dans de nombreux pays.

Près de 100 des quelque 300 camions du camion avait franchi la frontière vers 11h30, heure de Paris. Seule une trentaine aurait été inspectée.
Selon l’agence Reuters, un petit nombre de "rebelles" pro-russes accompagnaient le convoi qui a pris la direction de Lougansk, l’un des bastions des insurgés. Moscou avait indiqué que tous les prétextes pour retarder la livraison de l’aide avaient été écartés.

Le chef des services de sécurité ukrainiens, a accusé la Russie "d’invasion directe", tandis que "des violations flagrantes du droit international" ont été dénoncées par le ministère ukrainien des Affaires étrangères du gouvernement des fantoches de KievLe président Petro Porochenko a en effet été élu au premier tour par 20 % des électeurs. Quant au premier ministre, Arseni Iatseniouk, issu des manifestations de la place Maïdan qui renversa le pouvoir légitime, il avait été désigné en février 2014 et démissionnaire en juillet 2014 et remplacé le lendemain par Volodymyr Hroïsman, premier ministre "de facto" ! Les "rebelles" ne sont donc pas ceux qu'Obama accable, avec le soutien d'une presse officielle soumise.
VOIR et ENTENDRE le parti-pris pro-occidental du reportage:

Le convoi d’aide humanitaire russe, controversé par Obama et ses vassaux occidentaux, est arrivé ce vendredi à Lougansk dans l’Est de l’Ukraine, selon les séparatistes pro-russes. Les séparatistes sont retranchés dans leurs deux derniers bastions, Lougansk et Donetsk.
"Sans attendre le feu vert [des autorités pro-occidentales] de Kiev, ni même la fin de l’inspection de ses centaines de camions par les douaniers ukrainiens [compatriotes des russophones en détresse], sans même l’escorte du Comité international de la Croix-Rouge [dont les activités sont statutairement cadrées par sept principes fondamentaux: humanité,volontariat,unité, universalité ET impartialité, neutralité et indépendance], la Russie a fait franchir la frontière ukrainienne ce matin à son convoi qui était bloqué depuis une semaine".

D’après un officier de police russe qui accompagnait les véhicules, la totalité des quelque 260 camions est entrée sur le territoire ukrainien. Seule une trentaine aurait été contrôlée. 

Les camions du convoi humanitaire russe ont été déchargés à Louhansk. 

Des camions qui seraient pour certains à moitié vides, dénoncent certains observateurs qui n'ont pas vu d'armement. On y voit parfois une seule palette dans un 25 tonnes [de quoi? Un tel flou cacherait-il un loup?], "de quoi susciter le doute plus que l’apaisement", commentent les agences inféodées.

Moscou garantit que les 300 camions blancs amènent 1800 tonnes d’aide humanitaire aux Ukrainiens piégés dans les zones de combats. Ils sont "censés" contenir des générateurs électriques, du sucre, du thé et de la nourriture pour bébé, supputent les agences partisanes. 
Ce vendredi, le Kremlin a décidé unilatéralement [parce que souverain?] de forcer le passage, à la frontière, accusent les organes de presse indifférents au sort des russophones.

La Russie doit se passer de l’escorte de la Croix Rouge qui faillit à ses obligations d'impartialité et de neutralité. L’ONG avait renoncé à accompagner le convoi, estimant que sa sécurité n‘est pas garantie. Il n'a pourtant été fait état d'aucun incident. 
Depuis une semaine, les camions d'aide humanitaire étaient stationnaient à la frontière, bloqués par Kiev aux ordres d'Obama. Kiev voulait d’abord contrôler le chargement, prétextant la peur d’y trouver des armes pour les séparatistes. Les fantoches de Kiev dénoncent, à présent, une "invasion" et Libération, nouveaux - pro-Américains et atlantistes: effet Obama? -  applaudit à la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU de se réunir après "l'incursion russe en Ukraine" ! Demain une "invasion" ? L'humanitaire est ainsi devenu une chasse gardée des "maîtres du monde"...

samedi 24 mai 2014

Ukraine: comment le scrutin serait-il plus légal à l'Ouest qu'à l'Est ?

En plein conflit, les électeurs se détermineront sous la pression de la ruine de leur économie

Les pays occidentaux, dont l'Europe et la France, ont fait du "
roi du chocolat" leur champion. 
Le milliardaire, candidat des Occidentaux,
prochain président annoncé de l'Ukraine
Le milliardaire Petro Porochenko serait un candidat de compromis qui pourrait convenir à une partie des gens de l’Est du pays, assure la sociologue Irina Bekechkina, témoin choisi par le journal socialiste Le Monde et le site socialiste Huffington PostCette Ukrainienne est tellement indépendante qu'elle raconte avoir rencontré des habitants de Kiev qui s'exprimaient en russe et qui sont passés à l'ukrainien en signe de protestation contre l'intervention russe... On peut aussi prétendre l'inverse en citant des opposants à Kiev habitant Lviv qui ont décidé fin février de passer au russe le temps d'une journée ! A la vérité, selon les études, seulement 1% de la population ne comprend pas l'ukrainien et 1% ne comprend pas le russe, souligne Mme Bekechkina. 
Le clivage linguistique entre le russe et l'ukrainien est donc artificiel et exploité en signe d'appartenance. Mais le floutage est en revanche réel. Le Monde, ni le Huffington Post passent d'ailleurs sur certains détails qui desservent leur thèse. Ainsi, originaire de l'est russophone et qualifié d'"homme de Moscou", le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est-il efforcé d'améliorer sa maîtrise de l'ukrainien pour être le président de tous. Pareillement, l'ex-Premier ministre pro-occidentale Ioulia Timochenko, aux accents volontiers nationalistes, est -contrairement aux apparences- elle aussi originaire de l'est russophone.

Obama, Hollande et Fabius soutiennent un ploutocrate
Le candidat des socio-démocrates  occidentaux est un capitaliste 
Petro Porochenko fut ministre des Affaires étrangères de Viktor Iouchtchenko, tandis que Ioulia Tymochenko, femme d'affaires de l'industrie gazière, était premier ministre: c'est dire l'importance du changement attendu à Kiev par Obama et l'Union européenne. Ni Le Monde, ni le HuffPost ne précise que le candidat de Fabius et Hollande est en fait un capitaliste Porochenko ne détient pas seulement le monopole de la confiserie en Ukraine, mais le favori de l'Europe libérale dénoncée par les socialistes possède surtout plusieurs sites de production d'automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninska Kuznya, la chaîne de télévision 5 Kanal et le magazine Korrespondent. Le magazine Forbes estime sa fortune à 1,6 milliard de dollars.

Les Ukrainiens votent dimanche pour la présidentielle, dans le chaos

Des combats se déroulent pendant le vote
Nos media pointent des "attaques meurtrières" de "rebelles pro-russes" contre l' "armée régulière". Pour tout dire, le climat s'est effectivement alourdi, mais les vertueux qui traitent la foule des "séparatistes" russo-phones de rebelles, mais qualifient de "régulière" une armée levée par les insurgés du Maïdan à Kiev, où le pouvoir transitoire n'a aucune légitimité. 
Les élections ukrainiennes du 25 mai visent en effet à donner un pouvoir légitime à l'Ukraine divisée depuis février 2014, quand des batailles de rue s'engagèrent entre les manifestants de l'opposition et les forces de sécurité, incluant des snipers, qui tiraient à balles réelles et firent des centaines de blessés et des dizaines de morts. Le pouvoir du président Ianoukovitch en place à Kiev fut renversé par les insurgés pro-occidentaux qui s'étaient emparés de la rue dans la nuit du 21 au 22 février.
Depuis, les puissances occidentales soutiennent un pouvoir insurrectionnel qui cherche à sauver l'économie en ruines de l'Ukraine en se tournant vers l'Union européenne. Dans cette lutte d'influence contre la Russie de Poutine, l'Union européenne risque d'imposer un nouveau fardeau  à ses populations elles-mêmes en prise avec la crise.
Les USA du démocrate Obama sont accusés d'ingérence armée 
"Quelque 400 membres des commandos d'une compagnie de sécurité privée auraient été déployés en Ukraine dans le cadre de l'opération qualifiée "d'anti-terroriste" par Kiev, selon Bild am Sonntag. Le journal allemand relie ces mercenaires à la défunte société de sécurité privée Blackwater," relaie La Tribune.

Les occidentaux ont décidé que le scrutin sera légal, quoi qu'il arrive
Près de deux millions d'électeurs pourraient avoir du mal à voter. 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour la présidentielle et pour assurer sa tenue, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires.
Mais à quarante-huit heures d'une élection présidentielle censée rétablir l'ordre dans un pays en proie à une guerre civile larvée, les affrontements, ponctuels mais meurtriers, se multipliaient dans l'est de l'Ukraine, avec notamment la présence de "milices" pro-ukrainiennes venues en découdre avec les séparatistes, rapporte Le Monde, avec des photos de militaires exclusivement ...pro-russes à l'appui.  
Le quotidien Le Monde se félicite de combats - à 24h du scrutin - opposant des miliciens pro-russes et, "pour la première fois" depuis le début de "la reconquête" (par un pouvoir illégitime !) du "front de l'Est" par l'armée ukrainienne, des hommes armés se réclamant du bataillon Donbass, une "milice pro-ukrainienne", dans la région de Donetsk. Une vingtaine de ces agresseurs ont attaqué un barrage pro-russe près du village de Karlivka, à 25 km à l'ouest de la capitale régionale. Des membres du groupe ultranationaliste Pravyi Sektor étaient également présents dans les alentours, et affirment avoir pris part aux combats.
Le ministre des Affaires étrangères de Hollande n'y voit pas d'obstacle
Lundi à Pékin, Laurent Fabius a estimé qu'"il serait "très difficilement admissible" que l'on s'oppose de l'extérieur à l'élection présidentielle en Ukraine dimanche, seule issue démocratique au "vide politique" dans le pays.
Les mêmes qui dénoncèrent les conditions du vote d'auto-détermination de deux régions russophones de l'Est de l'Ukraine
,
à la suite de la demande de la Crimée de son rattachement à le Russie, sont aujourd'hui moins regardant sur le respect des conditions légales du déroulement du scrutin. 
Fabius crache d'ailleurs toujours son fiel, se livrant à l'un de ses parallèles douteux que la presse qualifie pourtant volontiers d'analyse.  "Les Russes sont dans une situation peut-être un petit peu paradoxale, pour employer un mot neutre [sic], car il est assez difficile de soutenir --ce qu'ils ne font pas d'ailleurs-- [quelle est la motivation malsaine de cette élucubration fétide ?] que l'élection en Ukraine serait illégitime, alors que celle en Syrie ne le serait pas", a souligné le ministre français des Affaires étrangères en précisant qu'en Syrie, contrairement à l'Ukraine, "on sait (à l'avance) qui est le vainqueur" du scrutin.
Or, lors d'une visite dans le Caucase, le président François Hollande,  avec un parti-pris atlantiste, avait par avance déclaré "nul et non avenu" le référendum organisé par les séparatistes, estimant que la seule élection qui vaudrait à ses yeux serait la présidentielle du 25 mai...

A Kiev le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a appelé "chacun" des Ukrainiens à se rendre aux urnes pour donner "un pouvoir légitime" [!] à leur pays et à Saint-Pétersbourg Poutine a déclaré vendredi qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" dimanche et travaillerait avec le chef de l'Etat élu. "En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine.  Mais "nous voulons nous aussi qu'en fin de compte le calme revienne (en Ukraine), nous allons respecter le choix du peuple ukrainien", a-t-il ajouté, assurant que Moscou "travaillerait avec les nouvelles autorités".

   

dimanche 11 mai 2014

Ukraine: petit rappel des faits à l'heure du vote des habitants de l'Est

Référendum d'autodétermination dans l'Est de l'Ukraine: indépendance ou fédéralisme ?
"Le référendum sur l'indépendance, organisé par les séparatistes pro-russes"
s'est ouvert comme prévu, ce dimanche, dans l'Est de l'Ukraine", écrit la très "conservatrice" agence de presse française qui dramatise, n'envisageant pas un vote négatif et participe à la désinformation généralisée par les pays occidentaux, dits démocratiques. En effet, le référendum a lieu dans seulement deux régions frontalières de la Russie, puisque la Crimée s'est déjà prononcée en faveur de la Russie, et laisse évidemment le choix d'approuver (ou non) l'indépendance, ainsi qu'un éventuel fédéralisme de l'Ukraine, ou de s'abstenir. 

"
Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux régions qu'ils contrôlent s'est ouvert dimanche", continue ce journal.
Le quotidien socialiste Le Monde reconnaît un "enthousiasme populaire" pour ce référendum, ce qui implique que ce vote est légitime, mais s'entête également à qualifier de "séparatistes" les victimes de "Kiev", comme dit pudiquement l'AFP, admettant qu'il est "impossible de discuter avec le gouvernement ukrainien quand celui-ci mène "une guerre et un génocide" contre les populations de l’Est.
Ces interprétations contiennent un nombre extravagant de mensonges dans les termes. Dans la forme donc,     Sur le fond, en vérité, le référendum incriminé ne pose pas  la question unique et abrupte de l'indépendance: trois options
VOIR et ENTENDRE le journaliste Pierre Lorrain, consultant de BFMTV qui présente les cas de figure:

Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à voter pour décider du sort des régions de Donetsk et Lougantsk
, ce qui pourrait déboucher sur la sécession de cette partie du pays. "Cette consultation aux conséquences potentiellement historiques est considérée comme illégale par Kiev et la communauté internationale".  Les Occidentaux s'ingèrent sans aucune légitimité dans un conflit interne étranger: depuis Washington, l'Américain Obama continue de jouer les "gendarmes du monde", tout métis et démocrate soit-il, et son valet Hollande opine, pour exister à l'international, faute de réflexion et de politique indépendantes. 
Pourtant, ce soutien constitue un conflit d'intérêts puisque "Kiev" est ouvertement pro-occidental et souhaite à terme intégrer l'Union européenne. Pour les Européens, la question serait de savoir avant toute chose si notre intérêt bien compris est de supporter une Ukraine dont l'économie est dévastée. L'Union européenne a-t-elle les moyens politique  et économique d'un tel nouveau fardeau? 
La consultation se déroule en outre "sur fonds de nouveaux combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles" qui assiègent depuis plusieurs semaines la ville de Slaviansk, où l'on vote aussi.

Hollande reçoit les insurgés de Kiev
à l'Elysée
La presse aux ordres de l'Elysée travestit la réalité historique.
Les séparatistes sont maintenant qualifiés de "rebelles"... Il convient donc d'inlassablement rappeler aux journalistes à bac+5, d'une part que Kiev est un gouvernement insurrectionnel et transitoire installé par la rue et, d'autre part, que,  dans ce conflit, les rebelles ne sont pas les "séparatistes". L'AFP aux ordres de l'Elysée opère donc un "retournement" non pas économique, pour le coup, mais intellectuel. Ainsi, en soutenant des régimes à potentiel totalitaire, les politiques et les media réitèrent en Europe l'expérience souvent désastreuse des "printemps arabes" qui portent atteinte aux libertés fondamentales des populations qu'ils prétendaient libérer.

Détail de l'Histoire pour les "ingérents" occidentaux. 
Quand en 1944, l'Armée rouge annexa la plus grande partie de l'Ukraine, le indépendantistes étaient essentiellement situés dans les régions ouest et le contentieux reste vif avec l'ex-Union soviétique: ils poursuivent aujourd'hui leur résistance armée contre la Russie. À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million de militaires.

La dernière élection présidentielle remonte à dix ans

Alors que la présidence était assurée par Leonid Koutchma, un ancien apparatchik du Parti communiste, considéré comme corrompu et lié aux groupes mafieux, la dernière élection présidentielle a eu lieu en octobre et novembre 2004. Suite à des soupçons de fraude et à la pression populaire, plus ou moins spontanée, de la Révolution orange, la Cour suprême a annulé le résultat du second tour qui donnait vainqueur l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovytch sur Viktor Iouchtchenko. C'est ce dernier, jouant la carte de l'Europe et du libéralisme, qui emporta bien que son adversaire ait maintenu ses solides positions dans l'Est et le sud du pays russophones et russophiles. Viktor Iouchtchenko  désigna alors premier ministre Ioulia Tymochenko, femme d'affaires entrée en politique du temps du président Koutchma. Sur fond de corruption, le 8 septembre 2005 le président Viktor Iouchtchenko limogea le gouvernement de Ioulia Tymochenko. A travers plusieurs élections, il apparaît clairement une préférence pour les candidats pro-européens en Ukraine du nord-ouest proche de la Pologne, et pour les candidats pro-russes en Ukraine russophone du sud-est délivrée de la domination turco-tatare par les cosaques et la Russie.

Les bulletins à la vue de tous


"A Donetsk, principale ville de la région, avec un million d'habitants, "quelques feuilles" sont accrochées avec le mot référendum [...] juste en dessous du drapeau de la République de Donetsk, 'autoproclamée' par les 'rebelles', bleu et rouge avec l'aigle bicéphale. A l'intérieur de l'école, deux grandes urnes transparentes sont déposées à même le sol [Le scrutin n'étant pas alors ouvert, pourrait-on préciser]. Une dizaine de personnes sont déjà là pour encadrer le vote, de grandes listes électorales à la main." 
Si les organisateurs du vote sont des séparatistes, ce ne sont pas des rebelles.
Les rebelles sont à KievDepuis novembre 2004, Kiev est le centre d'une vaste campagne de protestation pacifique appelée Révolution orange, opposée au pouvoir légitime. En janvier 2014, des barricades furent érigées et de nombreux manifestants furent blessés par des cocktails Molotov. Ils affrontèrent  la police, réclama  la démission du Président Ianoukovitch faisant plusieurs centaines de blessés ou de morts. 
Fin janvier 2014, la contestation débutée à Kiev rencontra l'opposition des pro-russes qui refusaient d'être entraînés dans le chaos. "Je suis pour la paix et le calme et c'est pour cela que je suis venue voter", affirme Svetlana, médecin de 55 ans, qui dépose son bulletin dans l'urne en même temps qu'une femme et sa fillette "sortant du même isoloir", insinue le journaliste. Une fois le bulletin dans l'urne transparente, chacun peut sans difficulté lire le choix du votant, les bulletins n'étant pas placés sous enveloppes.
"Nous venons nous battre pour nos droits et devenir indépendants. Nous sommes heureux qu'on nous donne le droit de nous exprimer. Si nous devenons indépendants, ce sera dur au début, mais ce sera toujours mieux que d'être avec des fascistes", affirme Tatiana, 35 ans, fleuriste. Les "fascistes", pour les séparatistes russophones de l'Est de l'Ukraine, sont les autoritéspro-européennes du gouvernement autoproclamé et illégitime de Kiev, qui s'est installé au pouvoir après la contestation qui a renversé en février le président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou, accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont l'initiative du risque d'un retour à la "guerre froide".
Combats à Slaviansk

A l'approche de l'ouverture du scrutin,
les rebelles pro-occidentaux ont lancé une offensive contre Slaviansk dimanche dernier, car la ville est un
bastion des insurgés pro-russes encerclé par les forces ukrainiennes responsables début mai d'une vaste opération militaire. De nombreuses et très fortes détonations ont ainsi retenti en début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les affrontements ont recommencé dans le village d'Andriïvka, sur la "ligne de front", à l'entrée sud de cette cité de 110.000 habitants encerclée par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché depuis début mai une vaste opération "antiterroriste"... 

L'offensive de Kiev a fait une trentaine de victimes à Slaviansk
Mais Un commandant de l'OTAN accuse Poutine de chercher le "chaos". La crainte de Kiev et des Occidentaux est de voir se reproduire dans l'Est de l'Ukraine un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée russo-phone à la Russie, après un référendum contesté par les Occidentaux qui ont des vues sur l'Ukraine et des intérêts économiques à la maîtrise du gaz: la presse dénonce la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà réaffirmé qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ces référendums populaires. Avant même qu'ils aient eu lieu, ils les ont déclarés "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles", mais surtout en vertu de leur rivalité avec la Russie.

Le part-pris de la presse hexagonale
Le Monde publie des commentaires partisans d'illustres inconnus. "Ce scrutin organisé en quelques jours ressemblera à un coup de force", affirme le journaliste Benoît Vitkine dont la compétence reste à démontrer quand les envoyés spéciaux commentent les dépêches d'agences depuis leurs chambres d'hôtels. Comme ses confrères, il prétend "comprendre" mieux que quiconque et observe à la télévision que des hommes armés sont partout, que trois photocopieuses impriment des cartons entiers de bulletins, comme si c'était en soi une preuve de tricherie, et que des " volontaires" venus de toute la région pour charger ces cartons dans des voitures et convoyer les bulletins jusqu’aux chefs-lieux des différents districts de la région. En quoi est-ce illégal? "Même topo à Lougansk", écrit-il de manière tendancieuse. 

Hollande et Merkel jugent "illégaux" les référendums démocratiques et populaires prévus dans l'est du pays


Consulter le peuple est devenu critiquable pour François Hollande et Angela Merkel qui ont pris parti sur le conflit ukrainien. Dans un texte commun, ils ont à nouveau montré leurs biscoteaux mous, menaçant vaguement Moscou de "conséquences", en cas de non tenue des élections présidentielles en Ukraine.

Hollande et Merkel en écho aux insurgés
"Kiev" a qualifié dimanche le référendum pour l'"indépendance" dans l'Est de l'Ukraine de "farce criminelle" financée par le Kremlin, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. 

"Le référendum du 11 mai inspiré, organisé et financé par le Kremlin est juridiquement nul et n'aura aucune conséquence juridique pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine", souligne le ministère. "Les organisateurs de cette farce criminelle ont violé la Constitution et les lois ukrainiennes".

Depuis son forcing sur le mariage homosexuel, on sait en France que Hollande n'est pas favorable aux référendums démocratiques. Il se contente d'anaphores et de promesses floues de débat et de dialogue et autres concertations... 


Quand les Occidentaux ne traitaient pas les référendums de "farces illégales"
En 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, la légalité du référendum d'autodétermination de l'Ukraine ne fut pas contestée par les maîtres américains du monde. La libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques datait seulement de 1989 mais permit aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté (Mouvement national ukrainien, Roukh, en 1989. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtinrent alors environ 25 % des sièges au Parlement. En juillet, sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopta la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d'Ukraine, premier pas vers l'indépendance complète de l'Ukraine, proclamée en août 1991 et confirmée par le ...référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d'électeurs votent en faveur de l'indépendance. 

Le bloc occidental ne trouva rien à redire. Le journal L'Humanité, peut-être.
L'organe du PCF n'a pas la même analyse que l'AFP soumise à l'Elysée et  la presse paresseuse et dépendante de l'agence. Il parle d' "un référendum d'auto-détermination, maintenu malgré les appels au report et à l’apaisement de la Russie. Les violences ont repris dès les premières heures du vote autour de Slaviansk, où la présence de mercenaires américains a été confirmée.
La farce serait donc réelle, mais la comédie que jouent les occidentaux et leur presse pourrait virer à la tragédie. 

mercredi 16 avril 2014

Le soutien des Occidentaux aux rebelles de Kiev conduit à la guerre civile

Hollande et Obama ont mis le feu à l'Ukraine
Séparatistes pro-russes d'Ukraine de l'Est
En août 1991, le Parlement ukrainien proclama l'indépendance du pays, qui était sous le contrôle de   l'Union soviétique. En décembre de la même année, plus de 90% des Ukrainiens confirmèrent cette décision lors d'un référendum, à la suite de la chute du Mur de Berlin.

Nommé Premier ministre en 1999, Viktor Iouchtchenko rencontra des difficultés avec les oligarches, patrons des puissantes entreprises énergétiques, mais il rebondit en 2002, devenant le chef de la coalition qui remporta plusieurs sièges au Parlement lors des élections et deviet alors le principal chef d'opposition.



En 2004, la victoire de Viktor Ianoukovitch, proche de la Russie, est dénoncée comme frauduleuse par Viktor Iouchtchenko, son principal adversaire, ainsi que par son alliée Ioulia Timochenko. Tous deux organisent une série de manifestations politiques qui prennent rapidement de l'ampleur. C'est le début de la Révolution orange.


Egérie de la Révolution orange, Ioulia Timochenko est nommée Premier ministre par Viktor Iouchtchenko en 2006. A l'issue de nouvelles législatives anticipées, ses relations avec le président Iouchtchenko sont tellement vives que la coalition entre le Bloc Timochenko et le parti présidentiel vole en éclats en mai 2009. 
L'Union européenne conclut alors un partenariat avec l'Ukraine (et  l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et la Biélorussie). 
Au titre de "pays européen" voisin, l'Ukraine reçoit 300 millions d'euros d'aide financière. En 2010, Viktor Ianoukovitch remporte l'élection présidentielle avec 48,95 % des voix contre 45,47 % à Ioulia Timochenko.


L'Ukraine est tiraillée entre l'est et l'ouest comme en atteste cette carte des résultats de la présidentielle de 2010.

En octobre 2011, Ioulia Timochenko est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir.
En novembre 2011, inspiré par l'Union européenne, Vladimir Poutine lance un projet d'union douanière entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et d'autres États qui ont fait partie de l'Union soviétique. En 2013, l'Union européenne fait pression pour la signature d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine, mais Ianoukovitch renonce à signer l'accord avec UE et devient la cible des pro-européens.

En novembre 2013, des centaines de milliers d'Ukrainiens pro-européens descendent dans les rues pour réclamer le départ du président Ianoukovitch qui a jugé "humiliante" la somme de 600 millions d'euros proposée par l'Europe. La Russie presse l'Ukraine d'entrer dans l'Union eurasiatique. Plus de 2000 manifestants bloquent les accès au gouvernement ukrainien, conformément aux mots d'ordre lancés des leaders de l'opposition pour contraindre le pouvoir à la démission.
En décembre, la Russie s'engage à réduire d'un tiers le tarif de ses livraisons de gaz à l'Ukraine et prévoit d'acquérir pour 13,3 milliards de francs d'obligations émises par Kiev. Le président Vladimir Poutine confirme ainsi son soutien à Ianoukovitch. 
En janvier 2014, le Parlement ukrainien fait passer des lois répressives envers les manifestants. Elles prévoient des peines de prison de 15 jours pour l'installation de tentes et d'estrades dans des endroits publics et jusqu'à 5 ans de prison pour les personnes bloquant des bâtiments officiels. Ces textes remettent le feu aux poudres. Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, les deux meneurs de la rebellion communiquent leurs inquiétudes aux chefs des diplomaties américain, français et allemand.
Hollande reçoit à l'Elysée
l'un des meneurs rebelles
En février 2014, la police anti-émeute lance un assaut contre les manifestants hostiles au président Viktor Ianoukovitch et on rapporte des scènes de guerre à Kiev. Destitué par le Parlement issu de la rue, le président Viktor Ianoukovitch dénonce "un coup d'Etat" et se réfugié dans l'est du pays. L'opposante Ioulia Timochenko est libérée.
Des Occidentaux, hormis l'Allemagne, menacent la Russie de sanctions.

Dans l'est de l'Ukraine, le gouvernement de Kiev déplace des troupes
Garde ukrainienne
mais celles-ci n'étaient pas vraiment intervenues jusqu'ici. Ces autorités rebelles de transition savent que si elles interviennent militairement, elles se mettent dans leur tort face à la Russie qui a le soutien du peuple dans l'Est du pays et maintient des milliers de soldats cantonnés juste au-delà de la frontière. 
Charge ukrainienne contre les séparatistes
Et l'armée ukrainienne ne ferait pas le poids. En même temps le gouvernement ukrainien ne pouvait pas ne pas agir face à ces contestations de son autorité. Il a donc déplacé ses troupes, les a rapprochées des lieux tenus par les pro-russes et observe maintenant l'évolution de la situation.



Six blindés de l'armée ukrainienne ont rejoint les Ukrainiens russophones séparatistes dans la ville de Kramatorsk.

Ces événements prennent place alors que Vladimir Poutine a averti que l'Ukraine est au bord de la guerre civile après l'envoi par Kiev de l'armée contre les insurgés séparatistes dans l'Est du pays.


Des blindés arborant un drapeau russe ont été aperçus à Kramatorsk et des hommes en armes ont envahi la mairie de Donetsk.

Envoyés par le gouvernement transitoire constitué par les rebelles de Kiev pour contenir les velléités indépendantistes des militants pro-russes d'Ukraine, des soldats ukrainiens sont passés du côté russe ce mercredi.
Selon Der Spiegel, six blindés avec chacun une douzaine de militaires ont changé de camp, abandonnant leur mission à Kramatorsk et hissant des drapeaux russes avant de traverser la ville.
Horliwka, le drapeau ukrainien a été remplacé 
par le drapeau tricolore russe