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samedi 23 mai 2015

La loi contre le gaspillage alimentaire est-elle une fausse bonne idée?

La lutte contre le gaspillage alimentaire créera un besoin de nouveaux dons

Chaque année, 1,3 milliard de tonnes de nourriture gaspillées:
effet pervers du principe de sécurité

Les Français gaspillent 30 kg par habitant et par an, 
si on en croit 'France nature environnement' (FNE), Présidée par un écologiste de 67 ans, ancien conseiller municipal Europe Ecologie Les Verts de Quimper), cette fédération française force le trait. Nous gaspillons en fait moins de 20 kg (dont 7 non déballés), d'après l'ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)

En 2012, le gaspillage vient également de la restauration commerciale (environ 230 g par personne et par repas, étant entendu que, s'agissant des clients, ils finissent leur assiette
et collective (environ 167 g par personne et par repas, notamment à l’hôpital (mais aussi en médicaments); dans les cantines scolaires, près de 30 % du contenu des assiettes partent à la poubelle, un effet induit des menus à la carte, notamment de substitution). Par ailleurs, 10.000 à 13.000 tonnes de poissons seraient invendus en France, parce que la réglementation sanitaire est particulièrement rigoureuse.
Seulement 10 % est reversé à l'aide alimentaire, le reste étant pour partie transformé en farine animale, pour partie détruit par ajout de matière non comestible. Au total, le gaspillage sur l'ensemble de la chaîne alimentaire est estimé à 150 kilos par personne et par an en France, pour 190 kilos en moyenne en Europe.

Trois amendements qui interdisent à la grande distribution de jeter ses invendus ont été adopté

Les députés les ont votés à l’unanimité, jeudi 21 mai, dans le cadre de l’examen de loi sur la transition énergétiqueElle fait suite au vote du Parlement européen, le 19 janvier 2012, et à l'engagement de la France à diviser par deux le gaspillage d'ici 2025. Les moyennes et grandes surfaces, au-delà de 400 m², devront désormais passer des conventions avec les associations afin de faciliter les dons alimentaires.

Une obligation légale qui ne fait que consolider un système déjà existant, rappelle Jacques Bailet, président de la Fédération française des banques alimentaires : "Cet amendement renforce la solidarité qui était déjà présente entre distributeurs et associations. Nous travaillons avec près de 2.000 grandes surfaces, c’est notre principal contributeur." Ainsi, sur les 100.000 tonnes de denrées alimentaires que distribuent chaque année les Banques alimentaires, 35 % viennent des grandes surfaces. "Et il y a eu une progression de 10 % entre 2013 et 2014", précise Jacques Bailet.

Une obligation défavorable aux petites surfaces

Mais si l’unanimité a été trouvée dans l’Hémicycle et les associations alimentaires, la grande distribution ne s’associe pas à ce consensus politique. Pour Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), ces amendements "viennent ajouter de nouvelles contraintes et de la paperasse supplémentaire". "Nous comptons 4.500 magasins qui ont déjà des partenariats avec les associations alimentaires, précise J. Creyssel. Ces amendements viennent compliquer un système qui marche."

"Le système de conventions entre les associations et la grande distribution existe déjà", reconnaît la Croix-Rouge. Mais pour Patrice Dalem, directeur de l’Urgence et du secourisme dans cette association humanitaire, le vote des députés permet "une prise de conscience de la part de ceux qui n’étaient pas dans cette démarche. C’est une dynamique vertueuse qui est mise en place." En clair, le pouvoir se fait mousser sur un problème soulevé au niveau européen et sur lequel le précédent gouvernement a déjà pris des engagements

Mais le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution se soucie particulièrement des plus petites surfaces : "On sait bien que dans les grandes surfaces ça se passe bien, mais pour les plus petites, celles qui font entre 400 et 1.000 m², ça sera plus compliqué de respecter ces obligations. Elles se situent souvent en centre-ville, elles ont peu de produits qui peuvent être donnés et elles n’ont pas forcément d’entrepôt de stockage."

Les associations réclament aussi des moyens

Le vote des députés embarrasse aussi l’association 'Le Chaînon manquant'
Elle fait le lien entre la grande distribution et les associations alimentaires et commence par applaudir à ces trois amendements. Pour son délégué général, Julien Meimon, "ce vote contribue à mettre l’accent sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Ça va permettre d’amplifier et de dynamiser un système qui existe déjà".

Les entreprises ne sont pas seules à subir les contraintes socialistes. Ces nouvelles obligations vont en effet exiger une logistique accrue aux associations alimentaires. 
Elles vont devoir s’adapter à l’explosion des dons. C’est le cas des Banques alimentaires, prévient Jacques Bailet  : "Il va falloir assurer des moyens humains et matériels pour gérer ces nouveaux dons. Il faut que les associations bénéficient de moyens complémentaires de la part des collectivités locales, des mécènes et des enseignes de la grande distribution."

Les associations balancent notamment sur la déduction fiscale de 60 % dont bénéficient les grandes surfaces après chaque don. Pour J. Bailet (Fédération française des banques alimentaires), "il paraît normal qu’une partie de cette déduction fiscale soit recyclée vers les associations, pour nous permettre de nous équiper en biens logistiques". Si le président des Banques alimentaires accorde un bon point à Carrefour, "qui nous a déjà livré près de 200 camions frigorifiques", il tacle certains autres groupes qui ne voudront pas apporter une aide financière aux associations : "Nous mettrons les autres enseignes en face de leurs responsabilités," menace-t-il.

Les acteurs de la lutte contre le gaspillage alimentaire se repassent la patate chaude.
Ainsi, pour le délégué général de la FCD (distribution): "On aide déjà beaucoup les associations. Des fondations ont été créées par les grands groupes pour financer des camionnettes, des entrepôts… On ne peut pas à la fois donner et financer le système.
Pour lui, c’est désormais à... "l’Etat et aux... collectivités locales de prendre leurs responsabilités". Nous allons devoir les prendre, ces responsabilités de l'Etat, au tri sélectif, à la lutte contre le gaspillage et au financement de la logistique !


mardi 30 décembre 2014

Vague de froid : comment donner un peu de chaleur humaine à un sans-abri ?

Rendre leur visibilité aux sans-abri

Voici les recommandations des associations
face à une personne dans la rue en plein froid hivernal. 

Tous les jours, nous la croisons, panier chargé, au coin de notre rue et aux abords des magasins d'alimentation. Avec le froid qu’il fait, nous nous demandons comment bien faire pour aider un SDF. Vaut-il mieux donner de l’argent ou de la nourriture ? Appeler le 115 ou donner directement une couverture ?
Alors que cinq  SDF sont morts de froid depuis ce week-end, Europe1 a posé la question à Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. 

Communiquer

"C’est fondamental", explique Christophe Robert. "Les gens dans la rue nous disent souvent : 'le pire, c’est d’être invisible' ", raconte-t-il. "Parfois, les gens sont inquiets à l’idée d’engager la conversation avec un SDF, ils se disent : ‘qu’est-ce qui va se passer si je lui parle ?’ Mais la question de la relation humaine est essentielle", souligne-t-il.

Discuter vous permettra d'évaluer les besoins de la personne et de la renseigner au mieux. Celle-ci ne connaît pas forcément, par exemple, l’existence du 115 ou des points de distribution de repas gratuits.

Ne cherchez pas toutefois à entrer en contact à tout prix avec une personne en état de crise (quelqu’un qui crie, qui est fortement alcoolisé…). Dans ce cas, si cela est nécessaire, appelez les secours.

Offrir un bol de soupe ou un café

"Bien sûr, cela ne résout pas le problème de la personne, mais tout témoignage de chaleur humaine est le bienvenu", relève le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

Appeler le 115

Christophe Robert recommande de demander régulièrement aux SDF que vous croisez s’ils ont besoin que vous appeliez le 115 pour eux. Si, à cause de la fatigue, du froid ou de l’alcool, la personne n’est plus en état de sentir le froid n’hésitez pas à appeler le 115 de votre propre chef. "Le numéro est là pour cela", insiste Christophe Robert.  

Donner une couverture ou des gants

Est-ce utile de donner une doudoune, un bonnet, une couverture ou un sac de couchage alors qu’il y a des maraudes régulières dans votre quartier ? Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre encourage ce genre de gestes car "c’est une manière d’engager la conversation". 
Et si la personne vous dit qu’elle aurait davantage besoin d’un sandwich que de gants, vous saurez comment vous rendre utile...

Donner de l’argent

Vaut-il mieux donner régulièrement des pièces ou un petit billet d’un coup ? Pour Christophe Robert, apporter une aide financière à un SDF est positif, mais "il n’y a pas de règle" sur la façon de procéder. "On est face à une telle diversité de situations entre le clochard à la rue depuis des années, le jeune SDF, celui qui vient de perdre son logement…", explique-t-il.

Il y a aussi la possibilité de faire un don aux associations qui viennent en aide aux SDF. "La fondation Abbé Pierre vit grâce à la générosité publique", rappelle Christophe Robert. 

Beaucoup d’associations organisent des maraudes auprès des SDF avec des degrés d’engagement variable en termes de temps. C'est le cas d'Emmaüs Solidarités, de la Croix-Rouge, des Restos du cœur… Prenez contact avec l'antenne locale de l'association de votre choix, ils vous y renseigneront.

Héberger un sans-abri ?

D’une manière générale, il n’est pas recommandé de loger un SDF chez soi. Mais Christophe Robert, estime, lui, qu’"il ne faut rien s’empêcher".
"Tout est une question de bon sens", explique-t-il, "si quelqu’un avec qui vous avez établi un lien se retrouve à la rue, vous n’allez pas vous interdire de le loger". Mais, rappelle-t-il, "la question du logement ne règle pas tout". D’où l’importance de toujours chercher à mettre la personne démunie en contact avec des associations qualifiées ou des institutions de réinsertion. 

samedi 23 août 2014

Ukraine: les occidentaux contestent une aide humanitaire parce que russe

Les indépendantistes ukrainiens n'ont-ils droit à aucun secours?

Un convoi d’aide humanitaire russe en Ukraine qualifié d' "invasion directe


Un Ukrainien russophone accueille le 
 convoi humanitaire de Moscou avec un drapeau russe 
au passage à la frontière,
le 22 août 2014


Vendredi 22 août, "la Russie a commencé à faire entrer sur le territoire ukrainien son convoi bloqué depuis une semaine à la frontière.  Elle n’a pas attendu la fin de l’inspection par les gardes-frontières et les douaniers ukrainiens de ses camions censés apportés de l’aide humanitaire aux victimes du conflit entre Kiev et les rebelles pro-russes," écrivent en choeur l'AFP et Reuters. Ainsi, le sort des Ukrainiens est-il méprisable puisque se sont des séparatistes étiquetés "rebelles"... 

"Cet acheminement se fait également sans l’escorte du Comité international de la Croix-Rouge," écrivent les agences partisanes, alors que le CICR, la plus ancienne organisation humanitaire existante, a refusé son concours. "La Croix-Rouge n’a pas reçu suffisamment de garantie de sécurité pour accompagner ce convoi", a prétexté cette entité souveraine non-gouvernementale, soucieuse de préserver ses privilèges (essentiellement fiscaux) ainsi que ses immunités dans de nombreux pays.

Près de 100 des quelque 300 camions du camion avait franchi la frontière vers 11h30, heure de Paris. Seule une trentaine aurait été inspectée.
Selon l’agence Reuters, un petit nombre de "rebelles" pro-russes accompagnaient le convoi qui a pris la direction de Lougansk, l’un des bastions des insurgés. Moscou avait indiqué que tous les prétextes pour retarder la livraison de l’aide avaient été écartés.

Le chef des services de sécurité ukrainiens, a accusé la Russie "d’invasion directe", tandis que "des violations flagrantes du droit international" ont été dénoncées par le ministère ukrainien des Affaires étrangères du gouvernement des fantoches de KievLe président Petro Porochenko a en effet été élu au premier tour par 20 % des électeurs. Quant au premier ministre, Arseni Iatseniouk, issu des manifestations de la place Maïdan qui renversa le pouvoir légitime, il avait été désigné en février 2014 et démissionnaire en juillet 2014 et remplacé le lendemain par Volodymyr Hroïsman, premier ministre "de facto" ! Les "rebelles" ne sont donc pas ceux qu'Obama accable, avec le soutien d'une presse officielle soumise.
VOIR et ENTENDRE le parti-pris pro-occidental du reportage:

Le convoi d’aide humanitaire russe, controversé par Obama et ses vassaux occidentaux, est arrivé ce vendredi à Lougansk dans l’Est de l’Ukraine, selon les séparatistes pro-russes. Les séparatistes sont retranchés dans leurs deux derniers bastions, Lougansk et Donetsk.
"Sans attendre le feu vert [des autorités pro-occidentales] de Kiev, ni même la fin de l’inspection de ses centaines de camions par les douaniers ukrainiens [compatriotes des russophones en détresse], sans même l’escorte du Comité international de la Croix-Rouge [dont les activités sont statutairement cadrées par sept principes fondamentaux: humanité,volontariat,unité, universalité ET impartialité, neutralité et indépendance], la Russie a fait franchir la frontière ukrainienne ce matin à son convoi qui était bloqué depuis une semaine".

D’après un officier de police russe qui accompagnait les véhicules, la totalité des quelque 260 camions est entrée sur le territoire ukrainien. Seule une trentaine aurait été contrôlée. 

Les camions du convoi humanitaire russe ont été déchargés à Louhansk. 

Des camions qui seraient pour certains à moitié vides, dénoncent certains observateurs qui n'ont pas vu d'armement. On y voit parfois une seule palette dans un 25 tonnes [de quoi? Un tel flou cacherait-il un loup?], "de quoi susciter le doute plus que l’apaisement", commentent les agences inféodées.

Moscou garantit que les 300 camions blancs amènent 1800 tonnes d’aide humanitaire aux Ukrainiens piégés dans les zones de combats. Ils sont "censés" contenir des générateurs électriques, du sucre, du thé et de la nourriture pour bébé, supputent les agences partisanes. 
Ce vendredi, le Kremlin a décidé unilatéralement [parce que souverain?] de forcer le passage, à la frontière, accusent les organes de presse indifférents au sort des russophones.

La Russie doit se passer de l’escorte de la Croix Rouge qui faillit à ses obligations d'impartialité et de neutralité. L’ONG avait renoncé à accompagner le convoi, estimant que sa sécurité n‘est pas garantie. Il n'a pourtant été fait état d'aucun incident. 
Depuis une semaine, les camions d'aide humanitaire étaient stationnaient à la frontière, bloqués par Kiev aux ordres d'Obama. Kiev voulait d’abord contrôler le chargement, prétextant la peur d’y trouver des armes pour les séparatistes. Les fantoches de Kiev dénoncent, à présent, une "invasion" et Libération, nouveaux - pro-Américains et atlantistes: effet Obama? -  applaudit à la décision du Conseil de Sécurité de l'ONU de se réunir après "l'incursion russe en Ukraine" ! Demain une "invasion" ? L'humanitaire est ainsi devenu une chasse gardée des "maîtres du monde"...

vendredi 19 juillet 2013

Catastrophe de Brétigny: des preuves contre le déni de vols et de caillassage

La droite est réprimée, mais la diversité est protégée

Le pouvoir a-t-il voulu cacher une réalité trop clivante ? 

Il y a bel et bien eu des scènes de vol et de caillassage après le déraillement du train Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge, contrairement à la version officielle véhiculée par les autorités politiques policières ou sanitaires et sa suite de media dociles. Une page du rapport de synthèse des affaires marquantes du 10 au 16 juillet de la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (DCCRS)  est consacrée à l'opération de sécurisation mise en place après la catastrophe ferroviaire par deux sections de la CRS 37-Strasbourg retirées au cantonnement de Meaux. 

Or, ce compte rendu des forces de l'ordre est sans ambiguïté. 
"À leur arrivée, les effectifs de la CRS 37 devaient repousser des individus, venus des quartiers voisins, qui gênaient la progression des véhicules de secours en leur jetant des projectiles", note la synthèse de la DCCRS. 
Un constat fort différent de celui dressé par les responsables de la Croix-Rouge et du SAMU qui affirmaient n'avoir constaté "aucune agression et avoir travaillé de façon tout-à-fait normale" en gare de Brétigny. 

Pourtant le rapport de synthèse de la DCCRS va même plus loin
"Certains de ces fauteurs de troubles avaient réussi à s'emparer d'effets personnels - doux euphémisme!- éparpillés sur le sol ou sur les victimes." Et la note d'enfoncer le clou : "Les fonctionnaires protégeaient ensuite les lieux de l'accident pour favoriser le travail des enquêteurs et des techniciens et sécuriser la visite des nombreuses autorités (président de la République, Premier ministre, ministre de l'Intérieur, ministre des Transports, ministre de la Santé...).

Les démentis officiels sont autant de promesses d'impunité

La lecture de la synthèse révèle qu'un dispositif de sécurité très important a été déployé pour faire face aux débordements sur place. Ainsi, pour assurer des escortes d'ambulances, un équipage motocycliste de la CRS autoroutière Sud-Ile-de-France était également réquisitionné. Par ailleurs, deux autres sections de la compagnie 37, employées sur le département de la Seine-et-Marne, ainsi que les fonctionnaires de la CRS 51-Orléans, utilisés sur le département de la Seine-Saint-Denis étaient appelées en renfort.

Pourtant, ministres et sous-préfet présents sur place ont démenti à l'unisson tout caillassage sur les forces de secours et vol sur les victimes. 
Ainsi, sur i>Télé, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier déclara ne pas avoir eu connaissance "de victimes dépouillées", faisant simplement état "d'actes isolés" et "de pompiers qui par petits groupes ont été accueillis de façon un peu rude". 
Le sous-préfet d'Estampes, Ghyslain Chatel, démentait pour sa part que les secours aient fait l'objet de jets de projectiles, à l'exception "d'un camion de pompiers, qui pourrait avoir été visé mais pas touché".

Le défilé des élus a-t-il facilité la tâche des secouristes et des forces de sécurité ou Hollande et Ayrault, Valls et Touraine, Placé, Huchon et Guedj ont-ils contribué au désordre et ajouté au chaos ?

Rien que trois enquêtes...

Luc-Didier Mazoyer, le directeur départemental de la sécurité publique de l'Essonne, persiste et signe jeudi: "J'étais sur place; il y a certes eu des tensions pour repousser des individus, mais je n'ai vu ni scène de pillages ni violences urbaines. J'ai déclenché une enquête pour en avoir le coeur net." 

Le Parquet d'Évry a ouvert une enquête préliminaire pour vol en réunion avec violences, à la suite des incidents qui se sont déroulés sur les lieux de la catastrophe. 
Les autorités avaient seulement reconnu qu'un urgentiste du SAMU s'était fait voler son portable, tandis que le SAMU prétendait n'avoir rien constaté.

Quelques 90 "équipiers" de la Croix-Rouge, ont été mobilisés "à partir de 18h30", selon Jean-François Riffaud, le directeur de la communication de la Croix-Rouge, soit 1 heure 15 après l'accident. "Nos équipiers n'ont rencontré aucun problème avec des badauds. Il n'y a pas eu d'agressions, nous avons travaillé de façon tout à fait normale", a affirmé J.-F. Riffaud, qui était pourtant sur place à Brétigny vendredi. 

Même mot d'ordre du côté du SAMU de Paris. Le chef de service
Pierre Carli a dit à la presse qu'il n'avait pas eu connaissance d'éventuels caillassage ou pillage, dont ses équipes auraient été victimes, tout en notant que la zone d'intervention était étendue. Joint par l'AFP, les pompiers de l'Essonne n'étaient pas en mesure de répondre samedi après-midi.
Dans le cadre de cette affaire, seulement cinq personnes ont pourtant été placées en garde à vue puis relâchées, les perquisitions à leurs domiciles n'ayant rien donné. Eux-mêmes ont nié toute participation à ces vols. L'un d'eux a néanmoins été formellement reconnu comme l'auteur du vol du téléphone par sa victime. Selon le Parquet d'Évry, aucune plainte pour d'autres vols n'aurait été à ce jour déposée.

Les responsables politiques à droite et à l'extrême droite qui ont dénoncé les pillages et les violences pillage se sont vu opposer des réactions indignées. Le délégué général de l'UMP, Eric Ciotti a dénoncé "des agressions barbares" contre les victimes et les secouristes, tandis que le député UMP Lionnel Luca s'en prenait sur Twitter à "des attitudes scandaleuses de voyous charognards". 

Le FN a pointé des"comportements abjects et immoraux".

Les socialistes,
 en revanche, n'ont pas été villipendés.


Le sénateur PS n'a pas tardé à se soummettre à la thèse officielle:

Ces révélations du rapport ne vont pas manquer de relancer la polémique. 
En effet, dès le vendredi, le syndicat de police Alliance avait fait état de scènes de pillage, un quart d'heure après la catastrophe, par un groupe de jeunes "qui semblaient porter secours aux victimes" mais qui "aurait dépouillé les victimes et notamment les premiers cadavres".

Selon des témoins interrogés par Le Monde, une trentaine de jeunes charognards venus des environs avaient caillassé des pompiers qui portaient secours aux victimes.

De nombreux responsables socialistes ou ministres du gouvernement avaient apporté des démentis virulents

Des commentaires avaient visé le syndicat. 
Le syndicat avait alors quelque peu molli. Aujourd'hui, la synthèse de la DCCRS, même si elle ne mentionne pas le terme de cadavre, ni celui de pillage, semble bel et bien donner raison au syndicat.

N'aurait-il fallu un "accueil un peu rude" des autorités qui sont allées parader sous haute protection et ont ainsi accaparés l'attention des effectifs mobilisés, mais les ont détournés des soins d'urgence et de la sécurité à apporter aux victimes ? 

jeudi 2 mai 2013

Montreuil :expulsion de Rom dans l'indifférence des associations

Les expulsions de Rom continuent, mais sans plus créer d'incidents

Les associations et les "people" lâchent les Rom 

Une soixantaine de Rom a été expulsée ce jeudi matin de leur campement de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. En 2010, ils étaient 15.000 en France. 
En début de soirée, ils attendaient  une proposition d'hébergement d'urgence devant la mairie, a-t-on appris de sources concordantes. 
Le maire est pourtant Dominique Voynet, Europe Écologie-Les Verts, comme Cécile Duflot, la ministre du Logement de Hollande...

Ces familles avec enfants ont été
évacuées de leur campement au petit matin, situé près d'une friche industrielle. Comme par le passé, l'évacuation fait suite à "une décision de justice obtenue par le propriétaire privé du terrain", a indiqué la mairie EELV de Montreuil par communiqué. 

"Depuis plus d'un an, plus d'une centaine de [Rom] squattaient ce site dans des conditions de vie, de salubrité et de sécurité inacceptables, pour eux-mêmes comme pour les riverains", a-t-elle ajouté, rappelant qu'un incendie s'était déclaré dans le camp le 17 avril.

Le problème de salubrité érigé en bonne raison
 

"Dans le respect des textes, des hébergements provisoires ont été proposés par la préfecture aux familles qui en ont fait la demande", a-t-elle ajouté. 

La préfecture de Seine-Saint-Denis a précisé qu'un "diagnostic social complet" avait été réalisé le 8 avril dans le campement et que "des capacités d'accueil en hôtel avaient été réservées" à destination de quelques familles le jour de l'évacuation. "Mais personne ne s'est manifesté au moment de l'opération", a-t-elle souligné. 

Le Parti de gauche de Montreuil a pour sa part dénoncé jeudi dans un communiqué "le démantèlement des camps sans solution d'hébergement", qu'il qualifie de "vaste mascarade".

Avec Valls, pas de changement de méthode

Place Beauvau, 
 Manuel Valls n'innove pas sur la question des Roms. 

Le 26 juillet 2012, le ministre de l'Intérieur indique que "la situation aujourd'hui à Lyon, à Aix-en-Provence, en Seine-Saint-Denis, dans une partie de l'agglomération lilloise, (nous) oblige à prendre des décisions de démantèlement." Sans toutefois prétendre "que les démantèlements règlent le problème", nuance-t-il. Dans la région lyonnaise, quelque 270 Roms ont été chassés, à Vaulx-en-Velin, le lundi 6 août, et à Villeurbanne, le mardi 7 août 2012.

Le réalisme reprend ses droits et le ton se durcit en mars 2013.

Dans un entretien au Parisien, Manuel Valls déclare qu'
il ne "veut pas laisser perdurer cette situation intolérable. Plus que jamais, les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront. Il en va du respect de la loi, et de la sécurité de leurs résidents." Le ministre persiste et signe dans Le Figaro: "La situation, devenue intolérable, ne peut plus perdurer: il faut faire respecter la loi en démantelant le maximum de camps de Roms insalubres..." 


Les associations vitupérèrent quand, dans son discours de Grenoble, l’ancien président Nicolas Sarkozy annonça le démantèlement des camps de Rom sur le territoire français en juillet 2010.

En juillet 2012, le collectif Romeurope invita courtoisement le ministre de l’Intérieur Manuel Valls au dialogue. Secours Populaire, Secours Catholique, Croix-Rouge et Médecins du monde accompagnent les rafles du gouvernement.
S
ans le porte-voix de la presse officielle, les associations l'accusent certes de poursuivre la politique du président précédent, mais ne relancent pas le combat.
Le gouvernement est divisé aussi sur ce sujet
Cécile Duflot veille à camper sur une ligne "humaniste" en multipliant les promesses verbales de relogement d'urgence, et Manuel Valls peut passer pour l'inhumain de service, puisque DAL est absent !