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dimanche 25 février 2018

Nombre de SDF : près de 3.000 sans-abri recensés à Paris

Incompétent et aveugle à la misère, Julien Denormandie n'en dénombre qu'une  ...cinquantaine !

Polémique sur le nombre de SDF : le secrétaire d'Etat Julien Denormandie en voit 60 fois moins. Déconnecté des réalités ?

Une personne sans-abri. (Illustration)
Pour le gouvernement, ils seraient une cinquantaine de sans-abri, mais la Ville de Paris en recense près de 3.000... 
Bruno Juliard, premier adjoint socialiste à la mairie de Paris a déclaré ce mercredi qu’une opération de recensement a permis d'établir ce nombre de sans-abri la semaine dernièreDans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 février, ce sont ainsi 2.000 personnes, dont 1.700 bénévoles qui ont essayé de recenser le nombre de sans-abri. 

Or, sur France Inter le 30 janvier, Julien Denormandie, 37 ans, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires (et du Logement),  Jacques Mézard, avait créé la polémique en racontant que le nombre de personnes isolées dormant à la rue - et en Ile-de-France - correspond à une cinquantaine d’hommes isolés. 
Manière sotte de défendre l'objectif - trop irréaliste - qu'avait fixé Emmanuel Macron de ne plus avoir de personnes à la rue fin 2017.

"Ces propos sont insupportables", avait répondu, dans un entretien avec le JDD, Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.
Paris Match rapporte d'ailleurs le 5 janvier que "le secrétaire d'Etat Julien Denormandie l'assure : l'action du gouvernement pour les sans-abris porte ses fruits.
Invité sur Europe 1 jeudi, il a martelé : "
Il y a beaucoup moins de sans-abris dans les rues et nous on le voit au quotidien notamment avec ce qu'on appelle les maraudes."
Et il n'était pas sobre sur la sujet, affirmant : "Je travaille main dans la main avec les associations, je participe moi-même à des maraudes et je peux vous dire qu'il y a moins de sans-abris dans les rues qu'il n'y en avait il y a quelques mois." Sans doute Juju dispose-t-il de nombreux points de comparaison antérieurs à l'arrivée de Macron à l'Elysée...
Ces propos du jeune freluquet, plus habitué des cabinets ministériels (Nicole Bricq et Pierre Moscovici) que de la vraie vie, 
gendre du président de l’Autorité des marchés financiers (depuis le 1er août 2017, par la grâce de Macron), n'avaient d'ailleurs pas manqué de donner lieu à une réaction sarcastique de la Fondation Abbé-Pierre, sur Twitter : "Le père Nöel existe; j'ai vu des cadeaux au pied du sapin." 
Le gouvernement "fait un effort sans précédent pour ouvrir des places d'hébergement d'urgence," selon Julien Denormandie. "Cette, année, c'est plus 13.000 places (...) C'est 13.000 hommes et femmes qui aujourd'hui dorment au chaud, alors que, l'année dernière, ils n'en avaient pas la possibilité." Pour 500 sans-abri... 

Un chiffre "probablement en dessous de la réalité" 

Si Bruno Juliard a reconnu que ce nombre de 3.000 était "beaucoup trop important", il a estimé qu’il "est probablement en dessous de la réalité". "Tous les parkings n'ont pas été pris en compte, l'ensemble des cages d'escalier d'immeuble, notamment des bailleurs sociaux, n'ont pas été pris en compte; nous n'avons pas réveillé les sans domicile fixe; nous n'avons pas ouvert les tentes dans lesquelles il pouvait y avoir plusieurs personnes", a-t-il expliqué. 

L’adjointe en charge des solidarités et de la lutte contre l’exclusion, Dominique Versini a aussi souligné que les 672 personnes hébergées dans le cadre du plan grand froid, viendraient grossir les rangs des sans-abris, une fois celui-ci levé. 

Selon le Samu social, qui a pris part à l’opération, le chiffre réel serait plutôt de "5.000".

Un décompte au plus juste doit permettre de "mieux adapter ensuite le dispositif" d'accueil et de lutte contre l'exclusion

Actuellement, selon la mairie et Dominique Versini, 16.000 places d'hébergement d'urgence sont ouvertes toute l'année à Paris, auxquelles s'ajoutent 1.500 dans le cadre du plan hivernal. Le défi est possible à condition que tout le monde se mette autour de la table. 

Dans son interview au JDD, l'ancien président de la SNCF, Louis Gallois, avait "déploré une volonté politique de minorer le nombre de SDF". 
"Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations", réplique dans le Louis Gallois, actuel président de la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe 870 associations et organismes de lutte contre la pauvreté. "Je pense que les préfets se sentent liés par l'engagement pris par le président" et minorent les chiffres dans leurs régions, explique-t-il, avant d'affirmer: "Je ne crois pas qu'on traitera le problème des SDF par un traitement comptable".
"2.000 à 3.000 personnes" sont "durablement à la rue à Paris". En réponse, Julien Denormandie met l'accent sur l'action du gouvernement pour prendre en charge les 143.000 SDF dénombrés ...en France. Surenchère ou volonté de brouiller les chiffres ?

Une accusation dont s’était défendu Julien Denormandie.
Après coup, le secrétaire d'Etat affirme se référer au nombre de personnes appelant le Samu social en fin de journée et à qui aucune solution d'hébergement ne peut être proposée. 

Lundi 5 février, l'entrepreneur en composants électroniques et député LREM (La République en marche) de 44 ans Sylvain Maillard avait cru malin de déclarer par solidarité que "l’immense majorité" des sans-abri dort dans la rue "par choix". Un choix de mort ?

La question du nombre de sans-abri est en effet un sujet politiquement sensible depuis la promesse 'forte" d’Emmanuel Macron formulée pendant l’été, puis renouvelée lors de ses vœux aux Français, d' "apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans-abri. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi." Et c'est bien parlé ! 

Les associations ont constaté l'échec de cet engagement. 
Le 30 décembre, le porte-parole de Droit au logement, Jean-Baptiste Eyraud avait affirmé que cet hiver comme les précédents, "le problème est le même". "Il n'y a pas suffisamment de place dans les structures d'hébergement d'urgence", avait-il indiqué. "On risque de se retrouver encore avec des sans-abri qui décèdent dans la rue alors qu'on est un pays riche", avait-il déploré démagogiquement, animé par son idéologie radicale.

"Le défi est possible à condition que tout le monde se mette autour de la table : l'Etat, la ville, les associations et les citoyens. C'était extrêmement important de donner un peu d'objectivité", a en revanche positivé Eric Pliez, président du Samu social. 

Le plan 'grand froid" a été déclenché dans 37 départements, ce dimanche.
Le froid doit encore s’accentuer avec l’arrivée par l’Est dans l’après-midi de masses d’air froid intenses venues de Sibérie. Ce phénomène connu sous le nom de « Moscou Paris » va ensuite se propager au reste du pays qui devrait vivre entre lundi et mercredi les journées les plus froides de l’hiver.

Cet épisode a poussé les autorités à déclencher dans 37 départements le plan "grand froid', avec plus de 3.100 places temporaires d’hébergement supplémentaires pour les sans-abri.
"Des consignes très fermes ont été données à l’ensemble des préfets pour qu’ils mettent tout le monde à l’abri, c’est-à-dire qu’on va demander aux maires de pouvoir ouvrir des gymnases, des équipements publics pour que personne ne soit ce soir dehors", a assuré Gérard Collomb dimanche sur Europe 1.
Trois SDF de 40, 50 et 55 ans ont été retrouvés morts, cette semaine, en moins de dix jours, dans trois communes des Pyrénées-Atlantiquesà Biarritz, Bayonne et Boucau.Un homme de 62 ans qui vivait dans une cabane dans les bois dans les Yvelines a ainsi été retrouvé mort vendredi, un décès dû en partie au froid, selon la gendarmerie.
En charge de l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa va probablement réagir au constat que les hommes sont plus souvent à la rue que les femmes.  Puisse-t-elle laisser son féminisme se faire prendre par les glaces à venir...

vendredi 5 janvier 2018

"Apporter un toit à tous" : pourquoi Macron prend-il des engagements qu'il ne peut pas tenir ?

Macron sait qu'il ne peut réaliser sa promesse aux sans-abri


Il a pourtant réitéré sa volonté d'"apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri"

Le château de Chambord (Loir-et-Cher), photographié en avril 2017.
Anniversaire du président Macron au château de Chambord

En exprimant une résolution hors de portée, Emmanuel Macron a donné un faux espoir aux 4 millions de personnes de sans abri, mal logées ou sans logement personnel en France (SIPA), selon la Fondation Abbé Pierre
Lors de ses vœux, Emmanuel Macron a renouvelé son engagement "d'apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans-abri". Une promesse déjà formulée pendant l'été, quand le président avait déclaré ne plus vouloir d'ici à "la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues".  

Le chef de l'Etat a estimé que le gouvernement "s'était beaucoup engagé" sur le sujet. Mais ses affirmations  lui valent à chaque fois les critiques des associations qui lui reprochent son manque d'action en la matière. 

Dimanche soir, devant les Français, il a reconnu qu'il y avait "beaucoup à faire". En effet, son engagement est borderline de la provocation pour les 4 millions de mal-logés

Première donnée : le nombre de sans-abri fixe augmente en France, depuis huit mois qu'il pérore. 
"En 2012, l'Insee recensait déjà plus de 140.000 personnes sans domicile. Aujourd'hui, après 5 ans de socialisme, elles sont plutôt autour de 200.000.  
Et surtout, beaucoup de personnes défavorisées sont à la frange, hébergées soit chez des tiers, soit dans la famille. De la marge, ils peuvent se retrouver à la rue et "arriver au 115", explique Eric Pliez, président du Samu social. 

Le profil des personnes mal logées a également changé

Le mal-logement sévit partout
"On note une augmentation de la proportion des familles avec enfants qui appellent le 115", observe Florent Guéguen, directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité, avant de poursuivre : "C'est un changement majeur du visage de la grande exclusion, puisqu'on est clairement sorti du modèle assez classique d'une personne sans abri comme un homme seul, isolé et un peu âgé. 

Défaillance du système d'hébergement d'urgence 
Le 22 décembre dernier, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, soulignaient l'action du gouvernement pour venir en aide aux plus démunis. Ainsi, 9.000 places supplémentaires en hébergement d'urgence ont été ouvertes dans le cadre du plan hivernal, soit 13.000 de plus que l'an dernier à la même période, précisaient les deux ministres.
Le parc d'hébergement d'urgence s'élève au total à 140.000 places, auxquelles viennent s'ajouter 80.000 places réservées aux demandeurs d'asile. 

Insuffisant, répondent les associations. "On est très loin d'avoir un système capable de proposer une place à toute personne qui sollicite un hébergement et qui est en situation de détresse. Au mois de novembre, sur des grandes villes comme Paris, Lyon ou Lille, on a constaté qu'entre 60 et 80% des demandes d'hébergement qui sont formulées au 115 n'obtiennent pas de solutions d'hébergement", explique ainsi Florent Guéguen.

Le président du Samu social dresse le même constat : "Il manque au moins 3.000 places en Ile-de-France", révèle-t-il.
Il estime que les places créées pour l'hiver "devraient être pérennisées". Dans le dispositif actuel, les personnes qui sont hébergées cet hiver vont se retrouver de nouveau à la rue au 31 mars, date qui marque la fin du plan hivernal.


"Il y a un deuxième problème : la fluidité. C'est un système dont on ne sort pas. On a des gens qui restent bloqués: autour de 25% de travailleurs pauvres se trouvent dans les hébergements, alors qu'ils devraient être dans des logements", analyse-t-il encore.
Là aussi, le changement du profil des personnes qui se retrouvent sans abri joue. Sur les places disponibles en hébergement d'urgence, "l'immense majorité est dédiée aux hommes seuls et aux couples sans enfants, alors qu'il y a de plus en plus de familles. Cela interroge sur l'inadaptation du parc d'hébergement" à la nouvelle réalité du terrain, note le directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité. 


La promesse du "zéro SDF" sera-t-elle à Macron ce que l'inversion de la courbe du chômage a été pour Hollande ? 

Ces faits soulignent l'irresponsabilité de l'engagement pris par Emmanuel Macron, comme celui de son mentor socialiste, le 9 décembre 2012. A savoir, inverser la courbe du chômage "d'ici un an". "Je n'en dévierai pas. Non par obstination, mais par conviction. C'est l'intérêt de la France", avait lancé l'ancien président socialiste. Une promesse ambitieuse et au-dessus de ses forces.

En période de reprise de la croissance, la promesse "zéro SDF" devrait devenir accessible, quand la crise économique et financière de 2008 en fit soudain une chimère.
Lors de la campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin bénéficiait de circonstances favorables et avait fixé, comme ligne de mire, la fin du quinquennat. Un engagement qui était rapidement devenu un "objectif idéal", qu'il n'aura finalement jamais eu l'énergie de mettre en œuvre.
En 2007, Nicolas Sarkozy était tout aussi sincère sur le même type de promesse. "Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid", avait-il ainsi déclaré. Trois ans plus tard, la crise avait frappé et 141.500 personnes étaient sans domicile fixe en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50 % sur 11 ans, selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.
Or, en 2017, même si la France est à la traîne des pays européens, le contexte économique a changé et Macron a ses promesses sociales à réaliser. Le début de quinquennat est le moment idéal à saisir...


"On n'a pas vu vraiment sur le terrain de concrétisation de ce type de grande déclaration", commente Florent Guéguen, 

La ministre du Logement
était écologiste


avant de poursuivre : "Avec la déclaration du président, on est un peu dans le même processus. Ce qui est dommageable, c'est qu'il y a un vrai décalage entre la parole présidentielle et les décisions qui sont prises." En effet, dans le projet de loi de finances pour 2018, le gouvernement a réduit le budget dédié au logement social de 1,7 milliard d'euros, passant de 18,3 milliards en 2017 à 16,5 milliards d'euros en 2018. Et sa majorité de députés godillots issue de la "société civile" n'a pas manqué de la voter sans état d'âme.
Ce qui autorise même Castaner
, chef de ce parti présidentiel, d'assurer, contrairement aux associations, que Macron a tenu sa promesse.

dimanche 31 décembre 2017

Sans-abri : Castaner raconte que Macron a tenu sa promesse

Les faits le contredisent, selon les associations

Macron n'a pas trahi son engagement de ne plus avoir de sans-abri dans les rues "d'ici la fin de l'année", claironne  Christophe Castaner.

"Des hommes et des femmes refusent d'être logés", explique sans rire le bouffon qui sert de patron de La République en marche. 
"Je veux partout des hébergements d'urgence. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus", avait promis Emmanuel Macron en juillet dernier, lors d'un discours sur l'accueil des migrants. Et Castaner est content...
Les associations jugent que l'engagement du chef de l'Etat était "impossible" à tenir sans moyens supplémentaires. En effet, de nombreux sans-abris affrontent pourtant encore un froid glacial à quelques heures de l'échéance et du passage à 2018. Or, le ravi de la crèche provençale placé  par Macron à la tête du parti La République en marchea assuré le contraire. 

Image associéeSur un sujet aussi humainement sensible, Castaner n'hésite pas à jouer sur les mots. 
"La promesse de l’Etat, c’est de garantir des places d’accueil, et vous avez encore des places d’accueil disponibles en Ile-de-France et dans les grandes villes, à l’heure où je vous parle. Peut-être pas assez, il faut un peu de temps pour améliorer cela", s'est contredit, vendredi sur BFMTV, le secrétaire d'Etat pour qui gouverner, ce n'est pas prévoir. 

"Il y a des femmes et des hommes qui refusent aussi, dans le cadre de maraudes, d’être logés," dénonce le délégué général du parti présidentiel. 

"La responsabilité de la réponse publique, c’est d’offrir des capacités d’accueil, au chaud dans de meilleures conditions que celles qu’ils connaissent dans la rue, se défend Castaner. C’était ça l’engagement du président de la République au nom de l'action publique, explique-t-il. Et il tente de convaincre : "parce que vous savez bien que ce n'est pas le Président qui gère ça tout seul."

Castaner met d'ailleurs les autres en accusation.
"Ce sont tous les acteurs : les collectivités locales, les associations...", a conclu Christophe Castaner.  

Mais les associations s'inscrivent en faux contre la déclaration satisfaite du responsable macronien

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"Le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité dénonce une "continuité dans l'échec." "On a soutenu cette volonté forte" explique Florent Gueguen, , "mais sur le terrain, il n'y a rien de nouveau, pas de mobilisation particulière.
"Il faut mettre fin à cette gestion du thermomètre", insiste Gueguen, consistant à adapter la capacité d'hébergement aux baisses de température. 

"Il manque 3.000 places d'hébergement d'urgence", selon Eric Pliez, président du Samu Social. Car, chaque soir, le 115 est saturé. En novembre, avant les grands froids, le baromètre du 115 révélait que sur 35.380 demandes d'hébergement, soit des appels passés par 5.900 personnes, seules 25% ont abouti.

Le président d'Emmaüs France, Thierry Kuhn estime que la promesse est "impossible à tenir à ce jour," car "aucune mesure sérieuse n'a été prise", a-t-il souligné vendredi matin au micro de RFI. 

Lundi, le DAL (Droit au logement) a manifesté sous les fenêtres du ministère de la Cohésion des territoires, en charge du logement. Le porte-parole de l'association, le militant radical Jean-Baptiste Eyraud, a appelé les ministres Jacques Mézard et Julien Demormandie à la démission, "parce qu'ils ont failli à la mission que leur a donnée le président". 

Association qui vient en aide aux étrangers, la Cimade, pointait également le nombre de personnes encore à la rue, dans une vidéo postée sur son compte Twitter, le 21 décembre. "On fait le constat que la parole présidentielle n'est pas suivie d'effets", a déclaré Jean-Claude Mas, secrétaire général de l'association. 

Le ministère de la Cohésion des territoires a répliqué vendredi  

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"
Il affirme que 9.000 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes cet hiver. En 2016, 10.000 places avaient été ouvertes, selon Florent Gueguen. Au total, 140.000 places sont disponibles sur tout le territoire "soit 13.000 de plus que l'an dernier", selon le ministère. En plus de ces places, 80.000 sont destinées aux demandeurs d'asile. 

"La différence importante est que cette année, le gouvernement ne s'est pas engagé à pérenniser des places", dénonce Gueguen. La Fédération demande ainsi à l'exécutif de "pérenniser au moins 5.000 places" en 2018. Le gouvernement a donc redit son intention de lancer en 2018 un "plan quinquennal pour le logement d'abord", déjà annoncé en septembre par Emmanuel Macron. Il vise à développer "des solutions pérennes de retour au logement". 
Un tel flou peut-il réussir  à réchauffer les coeurs ? Castaner en est sûr...

mardi 8 septembre 2015

Accueil de migrants: François Baroin recadre la propagande officielle amplifiée par les media

Le président de l'Association des maires de France met la presse et les associations au clair

Des communes françaises accueilleront des migrants, mais "uniquement les réfugiés et naufragés", précise François Baroin

Les communes françaises accueilleront des migrants, mais avec l'aide de l'État. C'est le message de nombreux maires de l'Association des petites villes de France (APVF, présidée par une ambitieuse petite crevure ardéchoise, Olivier Dussopt, PS, et apparatchik sans aucune expérience de la vraie vie), et de François Baroin, le président de l'Association des maires de France (AMF), association dont la représentativité (35.528 maires sur 36.681 communes) en fait l'un des interlocuteurs incontournables des pouvoirs public, ancien ministre et maire de Troyes (Les Républicains).

Il confirme que les communes accompagneront "l'État dans cette mission", faisant référence à "l'honneur de notre pays, pays de la Déclaration des droits de l'homme". Le président de l'AMF a précisé que cet accueil sera limité "aux réfugiés et aux naufragés", rappelant ensuite que "c'est à l'État d'assurer l'accueil, la mise à disposition des moyens, de négocier avec l'Europe les moyens financiers, de proposer une méthode, des calendriers, des partenaires, une organisation générale."

Les aides financières prévues seront peut-être versées

"Fidèles à la tradition humaniste de la France, (...) de nombreux maires, lorsqu'ils disposent des moyens suffisants, sont à pied d'oeuvre en mobilisant leurs outils municipaux", écrit l'APVF dans un communiqué. "Les collectivités ne pourront cependant pas résoudre seules ce défi européen et international : le rôle de l'État dans la résolution de cette crise est essentiel."

Un plan d'action, présenté en juin par le gouvernement, prévoit des aides financières afin d'accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d'asile et de créer de nouvelles places dans les centres d'accueil. Ces aides sont-elles arrivées ? Si, en Haute-Garonne, le socialiste Christophe Borgel répondait par l'affirmative, il serait un veinard privilégié, mais suspect... Lien Pasidupes

Des maires appellent à l'aide

"La création (...) de 11.000 places d'hébergement supplémentaires est une bonne nouvelle, mais elle pourrait rapidement se révéler insuffisante face à l'ampleur de cette crise", s'alarme l'APVF, qui se dit cependant "consciente des efforts engagés" par l'État.

Les maires des petites villes de France "souhaitent que ces moyens puissent être pérennisés le temps nécessaire" mais sans que cela se fasse au détriment de "la prise en charge des plus précaires, notamment pour ce qui concerne l'hébergement d'urgence des personnes sans abri".


Comment ne pas sacrifier la population de France ?
L'APVF appelle par ailleurs l'État à tenir compte, dans l'organisation de l'accueil des migrants, de la situation de chaque ville : capacité d'accueil, conditions économiques, sociales et financières, mais aussi "efforts déjà engagés par ceux (...) qui, depuis de nombreuses années par exemple, travaillent avec les structures gestionnaires des centres d'accueil des demandeurs d'asile installés sur leur territoire". Ainsi la propagande des associations met en exergue l'investissement des mairies  de son choix, mais ne précise pas que nombre de ces communes ont déjà fait dans l'été 2014 le choix des Syriens chrétiens persécutés.

Le ministre de l'Intérieur et des Cultes recevra des maires désireux de participer à l'accueil des migrants.
Bernard Cazeneuve annonce en effet une réunion de travailpour samedi.

Lundi, Hollande a assuré, mais un peu vite, que la France est prête à accueillir 24.000 personnes de plus sur deux ans. Le beau parleur se soumet ainsi à la Commission européenne qui lui a imposé cette semaine les quotas qu'il refusait huit jours plus tôt.


mardi 9 juin 2015

Clandestins: Olivier Besancenot dénonce les "mesures racistes et xénophobes" du gouvernement socialiste

L'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) fustige la politique  du gouvernement PS à l'encontre des clandestins...

Les évacuations à répétition n' "agacent" (sic) plus le PS: seulement l'extrême gauche !
Le parti-pris socialiste de l'AFP s'aligne sur l'hypocrisie de l'Etat-PS. Non, toute opposition à Hollande n'est pas d'extrême droite: elle peut être républicaine, comme l'indignation contre les violences policières est trans-politique.
Quand Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) dénonce l'évacuation de clandestins d'un troisième campement parisien, comme ce mardi 9, le responsable du NPA est qualifié de trotskiste, un étiquetage en usage contre les opposants d'extrême gauche, depuis 2012. 
VOIR et ENTENDRE ce reportage BFMTV sur l'évacuation et le déplacement en bus de clandestins soudanais, égyptiens ou érythréens sans liens historiques avec la France, à la porte de la Chapelle à Paris, le 2 juin 2015:

Le trotskiste a pointé  la supercherie du prétendu relogement
Sur BFMTV et RMC, l'ex-candidat à l'Elysée a porté témoignage de la rudesse de l'intervention policière à laquelle il a assisté lundi. Elle a été "particulièrement musclée, mal maîtrisée", estime-t-il soudain, bien que ce soit une caractéristique des méthodes de Valls et de son préfet de police de Paris -Bernard Boucault, 67 ans- depuis qu'il est passé par le ministère de l'Intérieur.

"La prochaine étape, c'est de les tuer ?"


Les accusations de Besancenot sont-elles devenues plus sujettes à caution que lors des précédents quinquennats?

"Quand vous délogez, le problème se recrée le lendemain", a souligné le révolutionnaire, en soutien permanent aux flux de migrants. 
Avant 2012, ils évoquaient
la rafle du Vél' d'Hiv'
Plusieurs dizaines de clandestins ont encore été délogés lundi 8, alors que, depuis le démantèlement le 2 juin du campement de La Chapelle, clandestins et policiers jouent au chat et à la souris, puisque le pouvoir n'a pas les solutions d'hébergement qu'il avait garanties - avec le soutien de l'association France Terre d'Asile - lors de la première opération d'expulsions. Il y a cinq jours déjà, 380 migrants et demandeurs d'asile avaient été délogés de la place de la Chapelle. Ancien de Villiers-le-Bel (PS), Pierre Henry (FTA) couvrait l'opération, qualifiée  d' "humanitaire et sanitaire", assurant même que des mesures de logement étaient prévues.

"Il y a une instrumentalisation politique de la part du gouvernement"

Rien de moins, selon le responsable trotskiste, "de grands appels de phare à l'électorat de droite, d'extrême droite pour dire, selon le trotskiste : 'nous au PS, nous aussi on peut être durs' "
Il s'agit de "faire diversion, c'est vieux comme le monde". "C'est le poison de la division qu'on est en train d'installer au sein des classes laborieuses" et c'est  l'anarcho-révolutionnaire qui le dit.
VOIR et ENTENDRE Besancenot assurer que "la répression" ne réglera rien :

"En 1979, la France a secouru plus de 100.000 boat people", assure le facteur que Valls et Hollande menacent dans son poste de guichetier de La Poste. Pourtant, "on était quatre ans après la crise économique de 1974". 
"Les mesures gouvernementales sont racistes et xénophobes pour une raison", explique le responsable d'extrême gauche. "Cette opération en prépare une autre, pas policière mais politique, la remise en cause du droit d'asile", avec le projet de loi le réformant que le sournois Manuel Valls souhaite voir adopter avant l'été. Ni vu ni connu.


Après avoir été encadrée par le Sénat,
la réforme du droit d'asile doit faire l'objet d'une commission mixte paritaire: députés et sénateurs devront s'accorder sur une version commune du texte. En cas d'échec, les députés godillots auront le dernier mot.

lundi 4 août 2014

"Jungle" de Calais: renforts policiers après une rixe entre migrants africains

Une quinzaine de migrants africains blessés 

Bras ballants, Valls compte les blessés
La dernière rixe entre migrants a éclaté dans la nuit de dimanche à lundi près du port de Calais. 
Cette bagarre générale a fait 13 blessés légers, selon l'Intérieur, mais seize selon le quotidien La Voix du Nord: le gouvernement n'est pas à 3 près. Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, a annoncé lundi l'arrivée de 40 policiers supplémentaires pour ..."améliorer la protection" du port, d'où plusieurs centaines de migrants tentent de passer chaque jour en Angleterre.
"Une rixe a éclaté à Calais entre migrants de la communauté soudanaise et de la communauté érythréenne. Il y a eu une bagarre à coups de bâtons, ramassés par terre, et de jets de pierres", a indiqué la préfecture, après la publication de l'information par le journal Nord Littoral.

"Les CRS sont intervenus, les pompiers et le Samu étaient également présents. Il y a eu plusieurs blessés, dont 13 qui ont été emmenés à l'hôpital mais les blessures ne présentaient pas de facteur de gravité. Il s'agissait des blessures légères", selon la même source. "Le calme a été rétabli vers 3h30 du matin et il n'y a pas eu d'interpellation", a admis la préfecture du Pas-de-Calais.

Ce squat doit être prochainement évacué

La rixe a eu lieu dans la zone du campement de la plaine des Dunes, à proximité de l'usine Tioxide, où se trouvent plusieurs centaines de migrants. Ce squat devait être prochainement évacué, tout comme le plus grand squat de migrants de la ville, établi depuis le 12 juillet sur un ancien site de recyclage de métaux.
La situation dure en fait depuis plus de cinq ans: lien PaSiDupes

Denis Robin, le préfet du Pas-de-Calais, a accordé aux huissiers le concours de la force publique. Il a déclaré lundi qu'il ne déclencherait pas dans l'immédiat l'opération d'évacuation des deux sites reconstitués à la suite de précédents démantèlements, souhaitant donner "un temps supplémentaire" de réflexion aux migrants pour qu'ils sortent "de leur situation d'errance". 

Les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) et de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) se rendront dans les deux squats "dès demain (mardi), vendredi prochain et les mercredis des semaines qui suivent" pour présenter les dispositifs existants aux migrants, comme le droit d'asile, l'hébergement d'urgence ou une aide au retour dans leur pays d'origine, et "ce n'est qu'ensuite que je procéderai au démantèlement", a expliqué le préfet. 

Outre les tensions entre communautés et entre migrants et chauffeurs de poids-lourds, la "pression migratoire" présente un "risque" d'une baisse de "l'attractivité du port de Calais" et de l'activité économique, a estimé M. Robin. Il a appelé les opérateurs économiques et la mairie à prendre aussi leurs "responsabilités" pour sécuriser la zone portuaire. 

120 CRS mobilisés autour du port de Calais

Une demi-compagnie de CRS, soit environ 40 policiers, est affectée depuis la nuit de dimanche à lundi sur la zone portuaire, en complément de deux autres demi-compagnies, a déclaré Denis Robin. "J'ai obtenu des renforts supplémentaires sur le port de Calais pour améliorer la protection et assurer une surveillance sur la totalité de la nuit, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent", s'est-il félicité. 

Cette mesure vise à endiguer "la pression migratoire extrêmement forte sur le port de Calais", les candidats à l'exil "opèrent maintenant directement sur les rocades d'accès du port et en très grand nombre, essayant peut-être de saturer les dispositifs de sécurité mis en place", alors qu'ils recherchaient auparavant "la plus grande discrétion" dans leur tentative de passage en Angleterre.

La pression migratoire s'est intensifiée ces derniers mois dans le port de Calais 

L'augmentation du nombre de migrants, "de l'ordre de 50% en quelques mois", entraîne "une augmentation de l'insécurité, pour les migrants eux-mêmes", a déploré le préfet.
Selon les associations qui leur viennent en aide, 1.000 à 1.200 migrants, venus principalement de l'Est de l'Afrique, d'Afghanistan, de Syrie et de Libye, se trouvent actuellement dans la cité portuaire.  

Selon les chiffres officiels, près de 7.500 clandestins, majoritairement africains, ont été interpellés depuis le début de l'année alors qu'ils tentaient d'embarquer clandestinement pour la Grande-Bretagne, considérée comme un Eldorado.