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dimanche 25 février 2018

Nombre de SDF : près de 3.000 sans-abri recensés à Paris

Incompétent et aveugle à la misère, Julien Denormandie n'en dénombre qu'une  ...cinquantaine !

Polémique sur le nombre de SDF : le secrétaire d'Etat Julien Denormandie en voit 60 fois moins. Déconnecté des réalités ?

Une personne sans-abri. (Illustration)
Pour le gouvernement, ils seraient une cinquantaine de sans-abri, mais la Ville de Paris en recense près de 3.000... 
Bruno Juliard, premier adjoint socialiste à la mairie de Paris a déclaré ce mercredi qu’une opération de recensement a permis d'établir ce nombre de sans-abri la semaine dernière. Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 février, ce sont ainsi 2.000 personnes, dont 1.700 bénévoles qui ont essayé de recenser le nombre de sans-abri. 

Or, sur France Inter le 30 janvier, Julien Denormandie, 37 ans, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires (et du Logement),  Jacques Mézard, avait créé la polémique en racontant que le nombre de personnes isolées dormant à la rue - et en Ile-de-France - correspond à une cinquantaine d’hommes isolés. 
Manière sotte de défendre l'objectif - trop irréaliste - qu'avait fixé Emmanuel Macron de ne plus avoir de personnes à la rue fin 2017.

"Ces propos sont insupportables", avait répondu, dans un entretien avec le JDD, Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.
Paris Match rapporte d'ailleurs le 5 janvier que "le secrétaire d'Etat Julien Denormandie l'assure : l'action du gouvernement pour les sans-abris porte ses fruits.
Invité sur Europe 1 jeudi, il a martelé : "
Il y a beaucoup moins de sans-abris dans les rues et nous on le voit au quotidien notamment avec ce qu'on appelle les maraudes."
Et il n'était pas sobre sur la sujet, affirmant : "Je travaille main dans la main avec les associations, je participe moi-même à des maraudes et je peux vous dire qu'il y a moins de sans-abris dans les rues qu'il n'y en avait il y a quelques mois." Sans doute Juju dispose-t-il de nombreux points de comparaison antérieurs à l'arrivée de Macron à l'Elysée...
Ces propos du jeune freluquet, plus habitué des cabinets ministériels (Nicole Bricq et Pierre Moscovici) que de la vraie vie, 
gendre du président de l’Autorité des marchés financiers (depuis le 1er août 2017, par la grâce de Macron), n'avaient d'ailleurs pas manqué de donner lieu à une réaction sarcastique de la Fondation Abbé-Pierre, sur Twitter : "Le père Nöel existe; j'ai vu des cadeaux au pied du sapin." 
Le gouvernement "fait un effort sans précédent pour ouvrir des places d'hébergement d'urgence," selon Julien Denormandie. "Cette, année, c'est plus 13.000 places (...) C'est 13.000 hommes et femmes qui aujourd'hui dorment au chaud, alors que, l'année dernière, ils n'en avaient pas la possibilité." Pour 500 sans-abri... 

Un chiffre "probablement en dessous de la réalité" 

Si Bruno Juliard a reconnu que ce nombre de 3.000 était "beaucoup trop important", il a estimé qu’il "est probablement en dessous de la réalité". "Tous les parkings n'ont pas été pris en compte, l'ensemble des cages d'escalier d'immeuble, notamment des bailleurs sociaux, n'ont pas été pris en compte; nous n'avons pas réveillé les sans domicile fixe; nous n'avons pas ouvert les tentes dans lesquelles il pouvait y avoir plusieurs personnes", a-t-il expliqué. 

L’adjointe en charge des solidarités et de la lutte contre l’exclusion, Dominique Versini a aussi souligné que les 672 personnes hébergées dans le cadre du plan grand froid, viendraient grossir les rangs des sans-abris, une fois celui-ci levé. 

Selon le Samu social, qui a pris part à l’opération, le chiffre réel serait plutôt de "5.000".

Un décompte au plus juste doit permettre de "mieux adapter ensuite le dispositif" d'accueil et de lutte contre l'exclusion

Actuellement, selon la mairie et Dominique Versini, 16.000 places d'hébergement d'urgence sont ouvertes toute l'année à Paris, auxquelles s'ajoutent 1.500 dans le cadre du plan hivernal. Le défi est possible à condition que tout le monde se mette autour de la table. 

Dans son interview au JDD, l'ancien président de la SNCF, Louis Gallois, avait "déploré une volonté politique de minorer le nombre de SDF". 
"Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations", réplique dans le Louis Gallois, actuel président de la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe 870 associations et organismes de lutte contre la pauvreté. "Je pense que les préfets se sentent liés par l'engagement pris par le président" et minorent les chiffres dans leurs régions, explique-t-il, avant d'affirmer: "Je ne crois pas qu'on traitera le problème des SDF par un traitement comptable".
"2.000 à 3.000 personnes" sont "durablement à la rue à Paris". En réponse, Julien Denormandie met l'accent sur l'action du gouvernement pour prendre en charge les 143.000 SDF dénombrés ...en France. Surenchère ou volonté de brouiller les chiffres ?

Une accusation dont s’était défendu Julien Denormandie.
Après coup, le secrétaire d'Etat affirme se référer au nombre de personnes appelant le Samu social en fin de journée et à qui aucune solution d'hébergement ne peut être proposée. 

Lundi 5 février, l'entrepreneur en composants électroniques et député LREM (La République en marche) de 44 ans Sylvain Maillard avait cru malin de déclarer par solidarité que "l’immense majorité" des sans-abri dort dans la rue "par choix". Un choix de mort ?

La question du nombre de sans-abri est en effet un sujet politiquement sensible depuis la promesse 'forte" d’Emmanuel Macron formulée pendant l’été, puis renouvelée lors de ses vœux aux Français, d' "apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sans-abri. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi." Et c'est bien parlé ! 

Les associations ont constaté l'échec de cet engagement. 
Le 30 décembre, le porte-parole de Droit au logement, Jean-Baptiste Eyraud avait affirmé que cet hiver comme les précédents, "le problème est le même". "Il n'y a pas suffisamment de place dans les structures d'hébergement d'urgence", avait-il indiqué. "On risque de se retrouver encore avec des sans-abri qui décèdent dans la rue alors qu'on est un pays riche", avait-il déploré démagogiquement, animé par son idéologie radicale.

"Le défi est possible à condition que tout le monde se mette autour de la table : l'Etat, la ville, les associations et les citoyens. C'était extrêmement important de donner un peu d'objectivité", a en revanche positivé Eric Pliez, président du Samu social. 

Le plan 'grand froid" a été déclenché dans 37 départements, ce dimanche.
Le froid doit encore s’accentuer avec l’arrivée par l’Est dans l’après-midi de masses d’air froid intenses venues de Sibérie. Ce phénomène connu sous le nom de « Moscou Paris » va ensuite se propager au reste du pays qui devrait vivre entre lundi et mercredi les journées les plus froides de l’hiver.

Cet épisode a poussé les autorités à déclencher dans 37 départements le plan "grand froid', avec plus de 3.100 places temporaires d’hébergement supplémentaires pour les sans-abri.
"Des consignes très fermes ont été données à l’ensemble des préfets pour qu’ils mettent tout le monde à l’abri, c’est-à-dire qu’on va demander aux maires de pouvoir ouvrir des gymnases, des équipements publics pour que personne ne soit ce soir dehors", a assuré Gérard Collomb dimanche sur Europe 1.
Trois SDF de 40, 50 et 55 ans ont été retrouvés morts, cette semaine, en moins de dix jours, dans trois communes des Pyrénées-Atlantiques, à Biarritz, Bayonne et Boucau.Un homme de 62 ans qui vivait dans une cabane dans les bois dans les Yvelines a ainsi été retrouvé mort vendredi, un décès dû en partie au froid, selon la gendarmerie.
En charge de l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa va probablement réagir au constat que les hommes sont plus souvent à la rue que les femmes.  Puisse-t-elle laisser son féminisme se faire prendre par les glaces à venir...

vendredi 5 janvier 2018

"Apporter un toit à tous" : pourquoi Macron prend-il des engagements qu'il ne peut pas tenir ?

Macron sait qu'il ne peut réaliser sa promesse aux sans-abri


Il a pourtant réitéré sa volonté d'"apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri"

Le château de Chambord (Loir-et-Cher), photographié en avril 2017.
Anniversaire du président Macron au château de Chambord

En exprimant une résolution hors de portée, Emmanuel Macron a donné un faux espoir aux 4 millions de personnes de sans abri, mal logées ou sans logement personnel en France (SIPA), selon la Fondation Abbé Pierre. 
Lors de ses vœux, Emmanuel Macron a renouvelé son engagement "d'apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans-abri". Une promesse déjà formulée pendant l'été, quand le président avait déclaré ne plus vouloir d'ici à "la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes dans les rues".  

Le chef de l'Etat a estimé que le gouvernement "s'était beaucoup engagé" sur le sujet. Mais ses affirmations  lui valent à chaque fois les critiques des associations qui lui reprochent son manque d'action en la matière. 

Dimanche soir, devant les Français, il a reconnu qu'il y avait "beaucoup à faire". En effet, son engagement est borderline de la provocation pour les 4 millions de mal-logés. 

Première donnée : le nombre de sans-abri fixe augmente en France, depuis huit mois qu'il pérore. 
"En 2012, l'Insee recensait déjà plus de 140.000 personnes sans domicile. Aujourd'hui, après 5 ans de socialisme, elles sont plutôt autour de 200.000.  
Et surtout, beaucoup de personnes défavorisées sont à la frange, hébergées soit chez des tiers, soit dans la famille. De la marge, ils peuvent se retrouver à la rue et "arriver au 115", explique Eric Pliez, président du Samu social. 

Le profil des personnes mal logées a également changé
. 

Le mal-logement sévit partout
"On note une augmentation de la proportion des familles avec enfants qui appellent le 115", observe Florent Guéguen, directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité, avant de poursuivre : "C'est un changement majeur du visage de la grande exclusion, puisqu'on est clairement sorti du modèle assez classique d'une personne sans abri comme un homme seul, isolé et un peu âgé. 

Défaillance du système d'hébergement d'urgence 
Le 22 décembre dernier, Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, soulignaient l'action du gouvernement pour venir en aide aux plus démunis. Ainsi, 9.000 places supplémentaires en hébergement d'urgence ont été ouvertes dans le cadre du plan hivernal, soit 13.000 de plus que l'an dernier à la même période, précisaient les deux ministres.
Le parc d'hébergement d'urgence s'élève au total à 140.000 places, auxquelles viennent s'ajouter 80.000 places réservées aux demandeurs d'asile. 

Insuffisant, répondent les associations. "On est très loin d'avoir un système capable de proposer une place à toute personne qui sollicite un hébergement et qui est en situation de détresse. Au mois de novembre, sur des grandes villes comme Paris, Lyon ou Lille, on a constaté qu'entre 60 et 80% des demandes d'hébergement qui sont formulées au 115 n'obtiennent pas de solutions d'hébergement", explique ainsi Florent Guéguen.

Le président du Samu social dresse le même constat : "Il manque au moins 3.000 places en Ile-de-France", révèle-t-il.
Il estime que les places créées pour l'hiver "devraient être pérennisées". Dans le dispositif actuel, les personnes qui sont hébergées cet hiver vont se retrouver de nouveau à la rue au 31 mars, date qui marque la fin du plan hivernal.


"Il y a un deuxième problème : la fluidité. C'est un système dont on ne sort pas. On a des gens qui restent bloqués: autour de 25% de travailleurs pauvres se trouvent dans les hébergements, alors qu'ils devraient être dans des logements", analyse-t-il encore.
Là aussi, le changement du profil des personnes qui se retrouvent sans abri joue. Sur les places disponibles en hébergement d'urgence, "l'immense majorité est dédiée aux hommes seuls et aux couples sans enfants, alors qu'il y a de plus en plus de familles. Cela interroge sur l'inadaptation du parc d'hébergement" à la nouvelle réalité du terrain, note le directeur-général de la Fédération des acteurs de la solidarité. 


La promesse du "zéro SDF" sera-t-elle à Macron ce que l'inversion de la courbe du chômage a été pour Hollande ? 

Ces faits soulignent l'irresponsabilité de l'engagement pris par Emmanuel Macron, comme celui de son mentor socialiste, le 9 décembre 2012. A savoir, inverser la courbe du chômage "d'ici un an". "Je n'en dévierai pas. Non par obstination, mais par conviction. C'est l'intérêt de la France", avait lancé l'ancien président socialiste. Une promesse ambitieuse et au-dessus de ses forces.

En période de reprise de la croissance, la promesse "zéro SDF" devrait devenir accessible, quand la crise économique et financière de 2008 en fit soudain une chimère.
Lors de la campagne présidentielle de 2002, Lionel Jospin bénéficiait de circonstances favorables et avait fixé, comme ligne de mire, la fin du quinquennat. Un engagement qui était rapidement devenu un "objectif idéal", qu'il n'aura finalement jamais eu l'énergie de mettre en œuvre.
En 2007, Nicolas Sarkozy était tout aussi sincère sur le même type de promesse. "Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid", avait-il ainsi déclaré. Trois ans plus tard, la crise avait frappé et 141.500 personnes étaient sans domicile fixe en France métropolitaine début 2012, soit une progression de près de 50 % sur 11 ans, selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.
Or, en 2017, même si la France est à la traîne des pays européens, le contexte économique a changé et Macron a ses promesses sociales à réaliser. Le début de quinquennat est le moment idéal à saisir...


"On n'a pas vu vraiment sur le terrain de concrétisation de ce type de grande déclaration", commente Florent Guéguen, 

La ministre du Logement
était écologiste


avant de poursuivre : "Avec la déclaration du président, on est un peu dans le même processus. Ce qui est dommageable, c'est qu'il y a un vrai décalage entre la parole présidentielle et les décisions qui sont prises." En effet, dans le projet de loi de finances pour 2018, le gouvernement a réduit le budget dédié au logement social de 1,7 milliard d'euros, passant de 18,3 milliards en 2017 à 16,5 milliards d'euros en 2018. Et sa majorité de députés godillots issue de la "société civile" n'a pas manqué de la voter sans état d'âme.
Ce qui autorise même Castaner
, chef de ce parti présidentiel, d'assurer, contrairement aux associations, que Macron a tenu sa promesse.

dimanche 31 décembre 2017

Sans-abri : Castaner raconte que Macron a tenu sa promesse

Les faits le contredisent, selon les associations

Macron n'a pas trahi son engagement de ne plus avoir de sans-abri dans les rues "d'ici la fin de l'année", claironne  Christophe Castaner.

"Des hommes et des femmes refusent d'être logés", explique sans rire le bouffon qui sert de patron de La République en marche. 
"Je veux partout des hébergements d'urgence. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus", avait promis Emmanuel Macron en juillet dernier, lors d'un discours sur l'accueil des migrants. Et Castaner est content...
Les associations jugent que l'engagement du chef de l'Etat était "impossible" à tenir sans moyens supplémentaires. En effet, de nombreux sans-abris affrontent pourtant encore un froid glacial à quelques heures de l'échéance et du passage à 2018. Or, le ravi de la crèche provençale placé  par Macron à la tête du parti La République en marchea assuré le contraire. 

Image associéeSur un sujet aussi humainement sensible, Castaner n'hésite pas à jouer sur les mots. 
"La promesse de l’Etat, c’est de garantir des places d’accueil, et vous avez encore des places d’accueil disponibles en Ile-de-France et dans les grandes villes, à l’heure où je vous parle. Peut-être pas assez, il faut un peu de temps pour améliorer cela", s'est contredit, vendredi sur BFMTV, le secrétaire d'Etat pour qui gouverner, ce n'est pas prévoir. 

"Il y a des femmes et des hommes qui refusent aussi, dans le cadre de maraudes, d’être logés," dénonce le délégué général du parti présidentiel. 

"La responsabilité de la réponse publique, c’est d’offrir des capacités d’accueil, au chaud dans de meilleures conditions que celles qu’ils connaissent dans la rue, se défend Castaner. C’était ça l’engagement du président de la République au nom de l'action publique, explique-t-il. Et il tente de convaincre : "parce que vous savez bien que ce n'est pas le Président qui gère ça tout seul."

Castaner met d'ailleurs les autres en accusation.
"Ce sont tous les acteurs : les collectivités locales, les associations...", a conclu Christophe Castaner.  

Mais les associations s'inscrivent en faux contre la déclaration satisfaite du responsable macronien

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"Le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité dénonce une "continuité dans l'échec." "On a soutenu cette volonté forte" explique Florent Gueguen, , "mais sur le terrain, il n'y a rien de nouveau, pas de mobilisation particulière." 
"Il faut mettre fin à cette gestion du thermomètre", insiste Gueguen, consistant à adapter la capacité d'hébergement aux baisses de température. 

"Il manque 3.000 places d'hébergement d'urgence", selon Eric Pliez, président du Samu Social. Car, chaque soir, le 115 est saturé. En novembre, avant les grands froids, le baromètre du 115 révélait que sur 35.380 demandes d'hébergement, soit des appels passés par 5.900 personnes, seules 25% ont abouti.

Le président d'Emmaüs France, Thierry Kuhn estime que la promesse est "impossible à tenir à ce jour," car "aucune mesure sérieuse n'a été prise", a-t-il souligné vendredi matin au micro de RFI. 

Lundi, le DAL (Droit au logement) a manifesté sous les fenêtres du ministère de la Cohésion des territoires, en charge du logement. Le porte-parole de l'association, le militant radical Jean-Baptiste Eyraud, a appelé les ministres Jacques Mézard et Julien Demormandie à la démission, "parce qu'ils ont failli à la mission que leur a donnée le président". 

Association qui vient en aide aux étrangers, la Cimade, pointait également le nombre de personnes encore à la rue, dans une vidéo postée sur son compte Twitter, le 21 décembre. "On fait le constat que la parole présidentielle n'est pas suivie d'effets", a déclaré Jean-Claude Mas, secrétaire général de l'association. 

Le ministère de la Cohésion des territoires a répliqué vendredi  

Résultat de recherche d'images pour "sans abri dessin"
Il affirme que 9.000 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes cet hiver. En 2016, 10.000 places avaient été ouvertes, selon Florent Gueguen. Au total, 140.000 places sont disponibles sur tout le territoire "soit 13.000 de plus que l'an dernier", selon le ministère. En plus de ces places, 80.000 sont destinées aux demandeurs d'asile. 

"La différence importante est que cette année, le gouvernement ne s'est pas engagé à pérenniser des places", dénonce Gueguen. La Fédération demande ainsi à l'exécutif de "pérenniser au moins 5.000 places" en 2018. Le gouvernement a donc redit son intention de lancer en 2018 un "plan quinquennal pour le logement d'abord", déjà annoncé en septembre par Emmanuel Macron. Il vise à développer "des solutions pérennes de retour au logement". 
Un tel flou peut-il réussir  à réchauffer les coeurs ? Castaner en est sûr...

dimanche 4 juin 2017

Marseille : le directeur du Samu social en garde à vue

A Marseille, du mi-temps payé à plein temps

Le directeur du Samu social, René Giancarli, a enfin été entendu sous le régime de la garde à vue

Cette audition  révélée le 2 juin par le site d'information Marsactu, a eu lieu dans le cadre de l'enquête préliminaire en cours - depuis janvier 2017 - sur des soupçons d'emplois fictifs et de détournement de fonds publics au service municipal du Samu social. 

Le préjudice s'élèverait à cinq millions d'euros au détriment de la collectivité et sa solidarité. 
L'organisation du temps de travail est au centre de ce dossier dans lequel la Ville a annoncé s'être constituée partie civile. Ces agents municipaux travaillent une semaine sur deux, soit 10 à 12 jours par mois pour un fonctionnement 7 jours sur 7, 24h sur 24, en équipes.

Le Samu social est un ensemble d'associations non gouvernementales

Ces associations sont regroupées en France par la Fédération nationale des samus sociaux, et au niveau international par le Samu social International.
Pendant la période hivernale (du 1er novembre au 31 mars), les équipes du Samu social sont renforcées par des équipes partenaires : Brigade d’Assistance aux Personnes Sans Abri (BAPSA), Croix Rouge Française, Ordre souverain de Malte France, Transports Automobiles Municipaux (TAM), Restos du Cœur et Protection Civile). 

Cette nébuleuse, où le flou est la règle, échappe à un contrôle strict des financeurs. C'est ainsi que le Samu social peut aisément être confondu avec le "SAMU". Ce dernier signifie initialement "service d'aide médicale urgente", évoquant un organisme s'occupant en urgence de la détresse, tandis que le "Samu social", qui est distinct, désigne le "service d'aide mobile d'urgence social". Le 19 juillet 2011, Xavier Emmanuelli démissionne de la présidence, à la suite de l'annonce par l'État de réductions drastiques des moyens alloués à l'hébergement d'urgence. Le problème de l'encadrement de la gestion du Samu social tentaculaire n'était pas pour autant réglé.

L'incurie générale récupérée pour accuser la municipalité

L'opposition au maire instrumentalise les infractions du Samu social
La gauche détourne l'attention des emplois fictifs et des détournement de fonds publics. La question majeure n'est plus la faute, mais sa connaissance, ou non, par la Ville de Marseille.

Aux dires des agents incriminés, cette organisation illégale du temps de travail aurait cours depuis 10 ans au Samu social. Jean-Claude Gaudin se voit reprocher d'avoir très souvent exprimé sa confiance en ce service, composé de 80 agents chargés de l'accueil des sans-abri, dans la deuxième ville de France, un port ouvert sur l'Orient méditerranéen.

Ces agents se disent "sous le choc"
Leur directeur, René Giancarli, a été placé en garde à vue, mardi 30 et mercredi 31 mai, et l'enquête sur d’éventuels détournements de fonds publics au Samu social de Marseille ébranle ce service municipal destiné au secours et à l’hébergement des SDF. Après douze années d'existence, 2005 fut, disait-on alors, une année marquante sous le signe du renouveau pour le Samu social marseillais, incarné par un homme, René Giancarli, ancien policier du GIPN qui prenait la direction de l'association, à la demande de Jean-Claude Gaudin, avec la charge de changer en profondeur son fonctionnement.
VOIR et ENTENDRE les agents déterminés à "rétablir leur ...honneur" dans cette affaire de "malversation présumée" :

Le mouvement associatif est ainsi une nouvelle fois pris en défaut.

Depuis une dizaine d’années,
la majorité des 80 agents ne travaillait que 10 à 12 jours par mois. Un mi-temps payé plein temps: la pénibilité expliquant cela... L’enquête a débuté fin 2016 dans le sillage de la plainte d’un employé pour un banal différend avec son employeur, ce qui a révélé ce que certains qualifient déjà de "système frauduleux à la marseillaise", en plus du "fini-parti" instauré  par FO avec la complicité de Gaston Deferre (PS), dans les années 70, au profit des éboueurs marseillais, comme à La Poste.
La pratique du "fini-parti" permettait aux éboueurs de la cité phocéenne de partir dès leur tournée terminée, le travail étant plus ou moins bien fait... Il y fut mis un terme pendant la mandature du sénateur-maire Gaudin, avec l'annulation, le 26 avril 2014, d'un règlement intérieur de la communauté urbaine de Marseille (CUM, devenue Marseille Provence Métropole) par la Cour administrative d'Appel.la chambre régionale des comptes.
Dans un rapport publié en 2007, elle estimait que
l'autorisation faite aux 500 éboueurs marseillais de quitter leur poste dès leur service terminé, sans considération horaire, aboutissait à une présence journalière de 3h30, soit "la moitié du temps de travail légal". Des horaires de travail réduits auxquels beaucoup de Marseillais attribuaient les problèmes de propreté de leur ville.
S
elon le quotidien régional La Provence, des agents municipaux d'encadrement sont depuis en charge de vérifier, que le travail a été fait correctement et qu'aucun déchet n'a été oublié. Ils doivent aussi s'assurer que les containers ont été bien refermés et ne traînent plus au milieu de la chaussée.
Le 19 janvier, les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Marseille ont perquisitionné les locaux du Samu social et saisi plannings, feuilles de présence, fiches de paie... 
Le 10 février 2016, la Cour des comptes a épinglé  la pratique du "fini-parti" des facteurs, considérant qu’elle génère de la sous-activité. Une observation que conteste, non pas FO, mais  la CGT-FAPT, cette fois, pour qui la charge de travail n’est pas la même chaque jour. "Persistent sur le terrain des situations de sous-occupation pour certains facteurs, et donc un potentiel de productivité inexploité et qui n'est pas toujours mesuré par La Poste", juge l’institution dans son rapport annuel. Le facteur trotskiste Olivier Besancenot (NPA) en a-t-il, ou non, connaissance ?

jeudi 15 octobre 2015

Recrudescence des expulsions, dénonce DAL désabusé

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", accuse Droit au logement

L'association 'Droit au Logement' organisait ce jeudi un rassemblement pour protester contre la recrudescence des expulsions,
à l'approche de la trêve hivernale.  

En octobre, sous la pression des bailleurs et des huissiers, les expulsions se multiplient,
car c’est la dernière ligne droite d’ici à la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars.  Une pratique "brutale et massive", selon l’association Droit au Logement, qui constate une recrudescence depuis deux ans. Entre 2013 et 2014, les jugements d’expulsion pour impayé ont progressé de 5%, s’établissant l’an passé à 126.440. Les expulsions effectivement réalisées avec le concours des forces de l’ordre sont aussi en nette hausse (+15%), avec un nombre de 11.600 en 2014. 

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", souligne Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL. Pour se faire entendre, l’association organisait ce jeudi après-midi un rassemblement à deux pas de l’Elysée. "La ministre du Logement, Sylvia Pinel, est inexistante et ne veut plus nous recevoir. 
A Matignon, on se heurte à un mur, donc on a décidé d’aller voir directement le président de la République", dans le but de lui remettre une pétition signée par plus de 6.000 personnes revendiquant "l’arrêt des expulsions", ainsi qu' "un logement digne pour tous".  

Les people habituels du DAL étaient présents. 

La comédienne nantie 
Josiane Balasko interpelle les autorités sur leur "durcissement", "alors qu’on a voté pour le contraire en 2012".
 
Le comique Christophe Alévêque s’en prend aux media. Selon lui, la presse - la CGT - s’intéressent davantage aux "chemises déchirées" d’Air France - "des problèmes de chippendales" (sic)- qu’aux familles expulsées ces dernières semaines. 

L’exemple de Romainville a particulièrement choqué. 
Le 13 octobre, la famille Diassiguy de onze personnes a été évacuée de son logement dans la cité... Gagarine après l’intervention d’une vingtaine de CRS envoyés par la préfecture, malgré l'activisme des voisins, des membres de l’association de défense des intérêts des habitants de Gagarine, Spoutnik et de l’association Droit au logement (Dal). Moctar, l'un des enfants, parle d’une action "inhumaine" et précise que ses frères et soeurs doivent désormais dormir dans des voitures ou chez des voisins. 
DAL : expulsion très violente ce matin de la famille Diassiguy & ses 9 enfants - locataire HLM de l'OPH Romainville, cité Gagarine ! La famille avait épuré sa dette locative ! Les habitantEs mobilisés sont aussi très choqués ! RDV aujourd'hui 17h pour exiger leur réintégration & la libération immédiate du vice-pdt de l'asso des locataires spoutnik-DAL HLM interpellé et tabassé !! RDV 17h Batiment J cité Gagarine (métro mairie des lilas & bus129 arrêt Fort de Romainville).Plus que jamais, "Messieurs-Dames les Autorités" : STOP EXPULSIONS, RELOGEZ! IL Y A URGENCE!http://stopexpulsions.wesign.it/fr(ami-e-s des expulsé-e-s, expulsables, mal logés, sans toit : signez l'Appel et faites circuler svp)Images brutes tournées par les voisin-e-s de la cité et les militant-e-s du DAL sur place.https://www.facebook.com/sareem.bade/videos/10208354856414689/?pnref=story
Posted by Sareem Bade on mardi 13 octobre 2015
Pourtant, rappelle le DAL, 2,6 millions de logements sont aujourd’hui vacants dans le pays. L’association réclame leur "mobilisation" ou "réquisition". Elle espère aussi, comme l’explique Jean-Baptiste Eyraud, que les autorités avanceront la date du début de la trêve hivernale, ce qui bloquerait de facto les expulsions. 
La maire DVG de Romainville, Corinne Valls, cadre territorial de 58 ans et d'origine espagnole, est une ancienne élue du PCF (adjointe au maire communiste précédent, chargée de... l’urbanisme à partir de 1995), puis d'EELV, et vice-présidente chargée des transports et des déplacements du département de Seine-Saint-Denis (9.3), et suppléante du député, président de l'Assemblée nationale...Claude Bartolone.
Fazia, 46 ans, fait partie de ces Français sous le coup d’une procédure. 
Avec son mari - invalide comme elle - cette habitante de Boulogne-Billancourt habite et ses quatre enfants vivent à six dans un F4. Pas facile en effet de trouver de grands appartements pour familles nombreuses. Mercredi, elle a reçu une convocation au commissariat en vue de son expulsion. "Je n’ai pas dormi de la nuit, se plaint-elle. Après avoir vu les images de Romainville, forcément, on a peur," commente-t-elle.

D’autres manifestants souffrent de mal-logement,
 
et pas tous immigrés ou clandestins. Sur les listes d’attente pour accéder au logement social, ils ont l’impression de ne pas pouvoir imaginer d’avenir dans l'habitation adaptée dont leur pays d'origine. Fela, 33 ans, vit avec son époux et ses trois filles dans une pièce de… 20 m². Cela fait des années qu’elle patiente pour un hypothétique relogement par la mairie de Paris. "C’est infernal, j’ai l’impression que ça va durer encore longtemps."

Seuls les témoignages de femmes sont sollicités.  Une autre, qui ne veut pas donner son prénom, raconte ses années de pérégrinations d’un hôtel à l’autre et qu’elle habite dans un hôtel du XVIIIe arrondissement, dans lequel le Samu social de Paris l’a orientée : 420 euros de loyer mensuel pour deux pièces de 14 et 9 m². Et pourtant, elle travaille parfois dans un supermarché, alors que son mari est déménageur et veilleur de nuit. "Mes trois enfants ont grandi à l’hôtel, rage-t-elle. Mon fils me dit que je lui ai gâché son rêve d’enfant, celui d’avoir une chambre à lui." Rêves d'immigrants déçus, malgré les aides et allocations sociales et l'accueil scolaire (notamment au collège Abbé Houël).

Une gauche bien peu sociale

Corinne Valls indique que la famille ne sera pas relogée par Romainville Habitat, car, en plus des impayés de loyers (une dette de loyer s’élevant à 9 220 €), elle fait actuellement l’objet d’une procédure pour "troubles du voisinage". DAL avait, quant à lui, indiqué le 5 octobre que de nouvelles actions de soutien seraient organisées dans les jours suivants.
Mardi soir, des militants du Dal ont perturbé le conseil communautaire d’Est à Ensemble à Romainville.

Compte tenu de la pénurie d'habitations à loyers accessibles et bien qu'elle approuve le principe de ce droit, Ségolène Royal estime que la réforme du gouvernement "n'est pas applicable":  "c'est une forme de tromperie", assurait-elle dans Le Monde du21 janvier 2007. Et dans un discours du 11 février 2007 devant les militants socialistes, François Hollande avait tourné en ridicule pour son irréalisme la reconnaissance du droit opposable par le gouvernement.
Et encore, les réfugiés syriens et irakiens n'avaient pas encore déferlé. 

mardi 30 décembre 2014

Cinq SDF sont morts en France, dont trois à Paris depuis samedi

Ainsi, l'"hypothermie" ferait-elle plus de victimes que le "froid" !

Décembre noir, sauf pour Thierry Lepaon (CGT)

Trois SDF sont morts de froid ce week-end à Paris, à Douai et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres ont péri dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer. 

Les SDF payent de leur vie l'impréparation des services à la vague de froid annoncée. 
Trois d'entre eux ont vraisemblablement été victimes d'hypothermie, à Paris, à Douai et dans les Alpes-Maritimes. 
Avec la volonté d'amalgame, la presse fait également état de l'incendie mortel - par imprudence - d'un squat en Seine et Marne. A Brie-Comte-Robert, deux sans domicile fixe ont péri mardi matin dans l'incendie du logement illégal dans lequel ils ont vraisemblablement tenté de faire un feu. L'incendie s'est déclaré vers 5h30 dans ce bâtiment désaffecté situé à une trentaine de kilomètres à l'est de la capitale. "Les corps de deux hommes, deux SDF, ont été retrouvés carbonisés à l'intérieur. Nous pensons qu'ils s'étaient réfugiés là à cause du froid".

A Paris, le froid serait la cause d'un malaise cardiaque 
Un SDF mort à Paris dimanche soir, "vraisemblablement," puis "manifestement" en raison du froid (lien PaSiDupes), selon la mairie de Paris mardi matin. L'homme, âgé de 50 ans, a été trouvé aux environs de 21 heures, place du colonel Bourgoin, dans le 12e arrondissement de la capitale, par les services de secours: la Croix-Rouge, qui n'est pas citée, était attentive à soutenir les SDF qui ne voulaient pas quitter ces lieux pour un lieu d'hébergement. Ils craignent en effet d'y être dépouillés (volés) ou séparés de leur chien, leur fidèle compagnon d'infortune.
Le quinquagénaire était alors "en état d'hypothermie" et a fait un malaise cardiaque alors qu'on lui prodiguait les premiers soins dans le véhicule sanitaire. La personne "n'a pas sollicité les services du 115" qui l'avaient approché quelques jours auparavant, insiste la préfecture, visiblement préoccupée de couper court à tout reproche d'impéritie. 

Hypothermie fatale à un Belge de 46 ans dans les Alpes-Maritimes. 
La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé mardi qu'un SDF belge de 46 ans était mort de froid dimanche. Un SDF belge de 46 ans est mort de froid dimanche matin sous sa tente à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, a annoncé mardi la préfecture du département. "Le décès est dû au froid, combiné à l'alcoolémie", a informé la préfecture. Dans la nuit de samedi à dimanche, Mandelieu-la-Napoule avait été balayée par un vent glacial fort, sans doute à l'origine d'une hypothermie fatale à cet homme fortement alcoolisé, a estimé la police municipale.

A Douai, le SDF avait 29 ans.
Samedi, c'est un homme sans domicile fixe de 29 ans qui avait retrouvé inanimé dans le Nord (lien PaSiDupes), dans le local à conteneurs de la cantine du lycée technique de Douai. Il a "perdu la vie" dans les heures qui ont suivi sa découverte, là encore, vraisemblablement victime d'hypothermie, mais la préfecture révèle des éléments qui accablent la victime et déculpabilisent ses services.

A noter que les mendiants venus de l'Est qui squattent les trottoirs de France ont en revanche disparu avec les premiers froids.