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vendredi 27 mars 2015

Les accès de compassion médiatique des acteurs politiques en échec

Tout est-il perdu quand le pouvoir passe en mode compassionnel ?  

De la politique de l'émotion à l’épidémie de "compassionnite"

Hollande, directeur d'acteurs,
met en scène
(Seyne, 24 mars 2015)
Nicolas Beytout, directeur de la rédaction de L'Opinion, propose un néologisme qui rend compte de la régression d'une gauche de "progrès" qui s'abandonne aux artifices de la communication populiste à mesure que ses "performances" sèment partout le désarroi. "Compassionnite: inflammation de la compassion; dérive fréquemment observée dans l’univers politique où, sous l’effet d’une fièvre liée à l’accélération et à l’universalité de l’information,
Valls passe par tous les états:
il verse ici une larme
lors des attentats de Paris
les élus accumulent les démonstrations compassionnelles face à un événement tragique". Voilà, telle qu’elle pourrait figurer dans une prochaine édition d’un dictionnaire, la définition de cette étrange maladie qui semble emporter de plus en plus de politiques.
C’est bien sûr quelque chose de difficile à dire, tant l’émotion suscitée par le crash de l’Airbus A320 est grande. Face à un sentiment si fort, tout recul, toute réserve peut paraître indigne. Et bien sûr politicienne. 

Pourtant, la question est légitime : nos hommes et femmes politiques n’en font-ils pas trop ?

Cazeneuve prend la pose à Seyne (04)
Voir les dirigeants de trois pays se précipiter derrière les micros, se déplacer en une marche funèbre et ostentatoire au pied d’une montagne de mort était-il utile à l’évolution de l’enquête, à la mobilisation des équipes de secours, à l’apaisement du chagrin des familles, au "travail de deuil" (comme on dit désormais) de ces pays ? On peut en douter. Autre manière de poser la question : ces manifestations compassionnelles et télévisées de nos dirigeants sont-elles plus utiles aux peuples qu’ils gouvernent ou à leur propre image personnelle ?

Certes, les médias ont une responsabilité dans la propagation de cette épidémie. Le tout info, la tension permanente qu’installe le 24/24, leur délocalisation pour assurer des directs sur les lieux mêmes d’une catastrophe, créent 
Epidémie ou pandémie ?
une surenchère à laquelle les politiques se laissent prendre. Mais, de recueillement sur les lieux d’un drame en "marche blanche" pour protester contre l’innommable, la compassionnite transforme la mission des politiques : oubliant toute réserve et pudeur, ils font désormais systématiquement passer la gestion des émotions devant l’exigence d’action, souligne Nicolas Beytout.

En se rendant aux urnes - et dans l'intimité de l'isoloir - les électeurs sacrifieront à la "compassionnite" ambiante: pour
délivrer la France de la grande souffrance dans laquelle Hollande et Valls l'ont plongée, dimanche, les Français accompagneront le PS dans son "travail de deuil" du pouvoir.


jeudi 26 mars 2015

Crash dans les Alpes : nouveaux délires des chaînes info

Les chaînes d'info en continu ont pourtant été mises en garde 

Au festin de la tragédie, les loups de la presse et de la politique se pourlèchent les babines 
Nul besoin des loups pour ajouter de l'horreur à la catastrophe aérienne qui a vu un Airbus A320 s'écraser dans les Alpes-de-Haute-Provence avec 147 personnes à son bord. Pourtant, l'AFP, suivie par S.V. pour BFM-TV ainsi que Léo Klimm et Aurélie Abadie pour Les Echos, reprend une information du quotidien belge La Dernière Heure, alertaient, mercredi, sur un risque de loups qui "pourraient être attirés par l'odeur des corps des 150 victimes". Une information qui pourrait être prise au sérieux à l'heure où Valls dit sa "peur" de Marine Le Pen, prédatrice plus redoutable que ses alliés communistes, et où Hollande veut "arracher" les électeurs aux griffes du FN... Tandis que personne ne vient en défense des loups du FN, les experts de la faune sauvage nient en bloc comme abjecte la menace animale sur les victimes de la Lufthansa dans les Alpes.
"Le site du crash, qui a coûté la vie à 150 personnes, est cependant gardé par de nombreux gendarmes même la nuit. Car, d’après les gendarmes eux-mêmes, la montagne héberge aussi de nombreux loups. Des animaux qui pourraient être attirés par les cadavres des victimes," écrit le journal belge.
Le Monde conteste
L'écologiste Audrey Garric dénonce un canular. Pour cela, elle appelle à la rescousse un expert de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui déclare: "La région de l'accident, située entre Digne-les-Bains et Barcelonnette, s'avère bien une zone de présence permanente du loup, revenu naturellement dans les Alpes françaises en 1992. " Depuis 2006, il y a effectivement une meute sur le secteur dit des Trois-Evêchés-Bachelard. Sa taille est variable selon les hivers, mais on y relève des effectifs en général de l’ordre de cinq individus." Pour autant, assure-t-elle, si les loups peuvent atteindre les zones escarpées, les dépouilles des victimes ne risquent rien, tant le prédateur est un animal farouche et méfiant. "Les rotations constantes des hélicoptères dans les airs et les équipes de gendarmes, d'experts sans oublier les badauds au sol, sont autant de facteurs de perturbation très importants pour les loups, au même titre que pour le reste de la faune sauvage. Il y a tout ce qu'il faut pour les faire fuir", assure Pierre Athanaze, président de l'association Action Nature et ancien président de l'Association pour la protection des animaux sauvages.

En revanche, la meute des journalistes s'est répandue sur la zone

"A quelques pas de la mairie, la Maison de la jeunesse s’est, elle, reconvertie en centre médias, accueillant les journalistes européens venus en masse. Le procureur de la République devrait donner une conférence de presse ce matin," écrit Les Echos. 

"Angela Merkel, Mariano Rajoy et François Hollande sont attendus vers 14h sur les lieux du crash", poursuit le journal économique.
Le président Hollande n'a pas manqué de se précipiter


A défaut d’information, l’imagination prend le pouvoir à l'antenne

Chaque organe de presse déclenche sa "propre" opération médiatique qui doit capter l'auditeur et les recettes publicitaires: il faut meubler pour tenir.
"J’atterris sur BFMTV à midi passé. 'Alerte Info BFMTV – Crash d’un A320 près de Digne : Airbus n’a 'aucune information'", témoigne un Samuel Gontier stupéfait, dans Télérama. "Pas d’informations, confirme le correspondant à Toulouse, devant le siège du constructeur. Mais on imagine le choc parmi les personnels des chaînes de montage.
"Il y aura beaucoup de larmes dans leurs yeux. " Oui, en général, on pleure des yeux, s'agace S. Gontier. Mais quand le reporter en vient enfin aux faits, c'est pour dire : " Tous les jours, on fabrique des avions ici. Il en sort des quantités incroyables." Bac +5 et régime fiscal spécial totalement justifié...

"En Allemagne, on est très inquiet", selon le correspondant de BFMTV, qui précise n’avoir "aucune information". "Est-ce qu’une cellule psychologique a été mise en place ?", s’enquiert le présentateur. "Aucune information ici", avoue à son tour la correspondante en Espagne. "Est-ce qu’une cellule psychologique a été mise en place ?", s’inquiète à son tour la présentatrice, avant de rappeler Toulouse. "Toujours pas d’information ici", confirme l’envoyé spécial au siège d’Airbus. Pour l’instant, les versions convergent : "On a très peu d’éléments." " Donc, très peu d’informations." Le client de ces chaînes a-t-il le sentiment de vivre le drame en direct? La tragédie provoque-t-elle en lui une montée d'adrénaline? Il éprouvera peut-être bientôt la belle secousse annoncée... 

A 12h29, une "alerte info" me révulse : " 'C’est terrible, c’est un drame épouvantable.' (Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence/BFMTV)". Je ne vois pas ce que les élections départementales viennent faire dans ce crash. Un peu de décence, s’il vous plaît.  Faut-il que les autorités fassent  à n'importe quel prix la preuve de leur efficacité ?
Enfin, les premières infos vérifiées surgissent. "L’avion a décollé à 10h01, confirme l’aéroport de Barcelone." "Un gymnase aurait été réquisitionné", lance un journaliste, bien qu'incertain. "La responsabilité de la télé-réalité est écartée", assure le blog de Morandini, en allusion au drame argentin de l'émission de TF1.


Pendant ce temps, "François Hollande reçoit le roi d’Espagne" devant une envoyée spéciale d’i-télé. "Felipe VI reçu à l’Elysée dans ces conditions particulièrement dramatiques." (info i-télé) Le palais présidentiel aurait-il été touché par des débris de l’A320?  
De son côté, le président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence continue à faire campagne, déclarant : "Notre département n’avait pas besoin de tout ça." Quelle inconvenance ! Ce n’est pas le moment de disserter sur les élections départementales. Interrogé par i-télé, le maire de Barcelonnette, en vrai montagnard, se montre plus sobre : "Quelles informations avez-vous ? — Les mêmes que les vôtres !" 

En plateau, on annonce comme le Messie la venue de Bernard Cazeneuve. 
La pilote de l'avion de la gauche qui s'est écrasé à la présidentielle de 2007, "Ségolène Royal va aussi se rendre sur les lieux du crash." Elle plaidera la circulation alternée des Airbus A320...
Manuel Valls fait savoir en revanche qu'il a mieux à faire que de se déplacer: pendant la tragédie, il est en campagne des départementales. Le Premier ministre fait toutefois dire que son agenda est bouleversé: le drame n'était pas là où on croyait.

"Est-ce qu’une cellule psychologique a été mise place ?", demande le présentateur de BFMTV au maire socialiste de Digne qui un bref instant se demande s'il est question des départementales. "Une cellule de crise a été mise en place au ministère de l’Intérieur", annonce l’envoyée spéciale place Beauvau. Mais toujours pas de cellule psychologique. Et à Toulouse, au siège d’Airbus ? " Toujours pas d’information ici", rapporte l’envoyé spécial. "Merci pour ces informations." On ne sait qu'une chose, c'est qu'on ne sait rien".

Sur BFMTV, "on s’interroge beaucoup sur l’avion, l’Airbus 4U9525" et surtout sur les chances d’établir un nouveau record. Est-ce "le plus grave accident depuis le crash du Concorde à Gonesse" ? En tout cas, c’est "l’une des plus grandes catastrophes aériennes de l’histoire de France". Au moins depuis Henri IV. 
La présentatrice est seule et n'a personne avec qui passer un pari: les binômes ont éclaté; les garçons ont été envoyés au froid sur le terrain, mais les dames en décolleté arborent leur brushing impeccable en plateau: un drame peut être la chance d'une vie de femme. Pour juger du record à afficher en bandeau déroulant qui mangera le tiers de l'écran, des escadrilles de consultants aéronautiques à peine débarqués de la collision d’hélicoptères de TF1 reprennent place dans les cockpits, pardon, les studios des chaînes infos. " L’avion s’est déclaré en détresse", rappelle le présentateur. Non, c’est le contrôle aérien qui l’a déclaré en détresse, corrige l’expert. 



Escalade escarpée de la compassion et de la légende Cazeneuve










"C’est un décrochage, ce n’est pas un piqué", assure Michel Chevalet, pilote d’essai de 76 ans qu'i-télé a dû sortir de la naphtaline. "Le fait que les débris s'étendent sur deux hectares, est-ce que ça dit quelque chose ? — Ce n’est pas très grand." "Un rectangle de 400 mètres sur 500 mètres", traduit un expert de BFMTV. Soit à peu près "20.000 mètres carrés", selon i-télé. Et en terrains de football, ça fait combien ?

"On n’a aucune certitude sur une explosion à bord", me rassure i-télé. Qui croit tenir un formidable scoop avec son entretien avec un "pilote ayant participé aux recherches". "Je n’ai pas vu les débris, avoue Gérard Monchablon. A priori, l’avion a dû avoir un problème." Voire un pépin. Et de conclure très sagement : "Ça sert à rien de faire des hypothèses." "Vous nous parliez de dépressurisation brutale", rappelle Bruce Toussaint, tentant de relancer l'indispensable Gérard Feldzer, chef d’escadrille sur i-télé mais aussi sur BFMTV, qui avertit : "Nous saurons avant la fin de la semaine ce qui s’est passé." "Mais avez-vous une intuition ? Est-ce que l’hypothèse terroriste ou crapuleuse est à exclure ?" En tout cas, le conflit d’intérêts est avéré : l’expert aéronautique d’i-télé est aussi l’instructeur qui a appris le pilotage à Michel Chevalet.

C’est une info iTélé, "il semblerait qu’il n'y ait pas de Français parmi les victimes". C'est plié: on remballe les gaules ? Mais non, c'est pas fini ! François Hollande le décrète, "c’est un deuil que nous devons éprouver, car le crash s’est produit sur notre sol". Le croque-mort de l'Elysée n'en a pas eu assez pour faire remonter sa popularité et i-télé encourage aussi sec les Français à présenter leurs condoléances au numéro d’urgence de la compagnie Germanwings :
A 14h10, i-télé est fière d’annoncer la présence d'un reporter "sur place, à quelques centaines de mètres du crash" (à peine) et triomphe bientôt : "Vous voyez ici les images de Seyne-les-Alpes." Et ce n'est pas tout, l'envoyé spécial à l’aéroport de Barcelone aussi dévoile un document exclusif. "Vous avez d’autres éléments sur les familles qui sont bouleversées ?" "Oui, on a la première photo des familles." Génial ! Mais… déception… On ne les voit pas pleurer.

A 14h28 sur BFMTV, "c’est l’heure d’un premier bilan : 150 morts, aucun survivant ". Michel Vauzelle, président de la région PACA, ne veut pas manquer le fête et adresse en direct "un message réconfortant pour/à ceux qui sont en deuil : la région est très bien équipée. Nous avons les meilleures technologies au monde." Nous vous promettons des morts high-tech, un deuil up to date...

"A 14h58, i-télé offre à son public la première vue exceptionnelle de la vallée de l’Ubaye et le certifie, "ce sont des images d'aujourd’hui".
A 15h15, BFMTV réalise son premier duplex avec l’envoyé spécial tout juste arrivé à Seyne-les-Alpes. Pour avoir interrogé des témoins directs, il est en mesure de décrire la scène du drame : "C’est une scène assez simple, celle d’un avion qui a percuté une montagne. Ce que nous savons, c’est que la phase de secours est terminée, nous sommes dans la phase judiciaire." La montagne a été mise en examen ? s'interroge Gontier, résolument indécrottable. " On est dans un cadre classique: pour l’instant, c’est un homicide involontaire", se risque en plateau le précautionneux Dominique Rizet, chef du service police-justice-crash. Comme pour le drame de Dropped. Sauf que, "pour la collision des hélicoptères, on avait des images précieuses". Il faudrait songer à équiper nos montagnes de caméras de surveillance.


Un expert prévient : "Il faut être extrêmement prudent: même les autorités se contredisent." Sans doute parce que les autorités regardent les chaînes info. Sur i-télé, on écarte définitivement l’hypothèse d’une disparition au large de l’Australie : "Contrairement à ce qui s’est produit pour le Boeing de la Malaysia, on saura très vite ce qui s’est passé." Un expert - un de plus-  de BFMTV - car la presse ne recèle aucun guignol: que des experts, analystes et décrypteurs de haut vol, si on peut dire - s’étonne que les pilotes n’aient pas composé le code "alpha zéro-zéro-sept-sept" et donne ses consignes en cas de décrochage : "First, fly the plane, toujours en cross check." Do you read me ? Over. 
"On est obligé de vous couper, intervient en plateau le contrôleur aérien, soumis aux "impératifs du direct": nous avons l’image en direct du roi d’Espagne, place Beauvau. François Hollande devrait faire le trajet à pied." C’est plus sûr.





Le présentateur de BFMTV fait le point.

"On rappelle ce chiffre : huit minutes de décrochage." "Non, de descente prononcée, corrige un expert. Un décrochage, c’est proche du piqué ou de l’avion qui part en vrille." Compliqué, pour le péquin moyen, mais c'est à cette distance que l'expert s'évalue. Je décroche. "Les éléments s’affinent, triomphe le présentateur: les débris ne sont pas à 2700 mais à 1800 mètres." "Le résultat est le même", note l’expert. "Premier bilan des victimes : 60 femmes 82 hommes, 2 bébés." Et 0 candidat de télé-réalité. "Est-ce qu’une cellule psychologique a été mise en place à l’aéroport de Düsseldorf ?", s’enquiert le présentateur. Un communiqué de la société de production ALP rappelle que toutes les victimes étaient très heureuses de participer à cette aventure.

I-télé révèle que "Barack Obama propose l’aide des Etats-Unis." Mais pas de nouvelles d'al-Assad ni de Vladimir Poutine: c’est bien le signe d'une reprise de la Guerre froide. Et voici la première image des lieux du crash : "On voit des restes de fumée." Elle n’aura pas survécu. En exclusivité, Laurence Ferrari recueille le témoignage de Christophe Castaner, apparatchik socialiste replié sur Forcalquier, député PS des Alpes-de-Haute-Provence, qui vient de survoler la zone de l’impact : "Il y a des débris de femmes, d’enfants et d’hommes," a distingué ce socialiste rompu à tous les aléas de la vie. "Est-ce que vous craignez que l’avion ait pu faire des victimes au sol ?" Marmottes ? Loups ? Chenilles processionnaires ?… de quoi mobiliser les écologistes ! Pas de réponse de l'élu interloqué. "Nous avons été coupés", conclut la parano, Laurence Ferrari. 


Le député Castaner n’est pas perdu pour tout le monde, il accorde successivement des entretiens exclusifs et gracieux à i-télé, au Grand frère Canal+, au Grand soir 3, comme à la petite BFMTV . "Nous avons vu l’horreur, des petits bouts de l’avion totalement explosé. Et des corps des hommes des femmes." Le commun des mortels aurait lancé, l'oeil humide: "Y a pas d'mots!" Mais les experts s'en distinguent par la richesse du vocabulaire: "Ce sont des scènes effroyables pour les sauveteurs, épouvantables", s’émeut Laulau Ferrari (à ne pas confondre avec Lolo, son homonyme).

A la Seyne-les-Alpes, "tout à côté des lieux de l’accident", le reporter d’i-télé a aussi trouvé un témoin direct, "un des habitants a réussi à aller au plus près de la zone; il a même pu distinguer l'impact du crash". Mais "il ne voyait pas de corps". Ça ne compte pas, alors. 

Heureusement, Laurence Ferrari est consciente de l'indigence de l'information forcée et montre qu'à défaut de jus à exprimer, elle a du biscuit (de survie) dans sa musette : "C’est une vraie information : une des deux boîtes noires a été retrouvée." Ça change des fausses informations, mais ce n'est pas grâce à la liseuse de dépêches.



"Résumons tout cela, propose le présentateur de BFMTV, les questions fondamentales." "C’est totalement incompréhensible", estime un... expert. Comment avez-vous deviné? "On maintient l’idée d’une intrusion dans le cockpit ", précise un autre surdoué, plus aventureux, qui cherche à sortir du lot. 

Conseil à l’attention des familles : "Faut pas aller sur Internet: on voit des débris de l’avion, mais ce n'est pas le bon." Cette zone serait-elle une décharge aéronautique qui aurait échappé à la vigilance scrupuleuse des vertueux écolos radicaux ? D'ici que des espèces florales aient été percutées, on n'ose y penser. Restez sur BFMTV, nous vous garantissons des débris authentifiés. 





"Pourquoi on ne connaît pas encore l'identité des victimes ?", s’impatiente le présentateur qui dans tous les faits divers crapuleux se satisfait pourtant de l'anonymat de "jeunes adolescents" et de "personne" connue des services de police. "Il y a une simple question de décence, prétend un expert. On avertit d’abord les familles." 
Il y aussi des problèmes d’accès : "La salle de décision sécurisée est enterrée sous Beauvau, explique l’envoyée spéciale. "On y descend par un tout petit escalier (également escarpé?): c’est pour ça que les équipes de télé ne sont pas admises." 
Le présentateur n’est pas dupe et, en digne représentant du peuple (et du SNJ) il réclame que toute la lumière soit faite. Pas de complot avec nous: on veut, on exige la transparence. "On a l’impression que c’est le même problème à chaque catastrophe aérienne : on n’arrive pas à savoir ce qui s’est passé." Scandaleux. On nous cache quelque chose: complot juif, terrorisme islamiste, homophobie corporative ? Valls a sa petite idée: là-dessous, il y a Nicolas Sarkozy ! En effet, sa crise anti-FN lui a passé. C'est l'UMP qui risque de ramasser la mise: adieu l'Essonne ? 

Mais il y a encore plus inquiétant, c’est "le ballet des hélicoptères " 
"Le ballet des hélicoptères a duré toute la journée." "Ce matin, le ballet des hélicoptères a repris". "Vous voyez derrière moi le ballet des hélicoptères". Et au-dessus ? "Le ballet d’hélicoptères est incessant." "C’est le ballet des hélicoptères que l'on entend derrière vous." "Il n’y aucun répit dans le ballet des hélicoptères"… Pourvu qu’ils ne dansent pas un tango argentin. Et les drones? Y a même pas un un illuminé qui a vu drone ici ou là ? Un lynx, qui sait ?

Vous reprendrez bien un peu de
 
Christophe Castaner - pour la route - maire de Forcalquier, prolixe mais flou, et surtout politicien socialiste :
Le discours du député Castaner, 49 ans, peut plaire à tout le monde.


Il assure qu'il connaît bien la région (qu'il aime, et ses habitants aussi) de la catastrophe, alors qu'elle est située à 100km et qu'il est à Forcalquier depuis 2001. En effet, il a fait carrière à Paris comme conseiller technique de la ministre de la culture Catherine Trautmann en 1997, avant de devenir son chef de cabinet en 1998, et chef de cabinet de Michel Sapin, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat (2000-2002).


samedi 23 août 2014

Austérité: Montebourg appelle à "redresser" les supposés torts de l'Allemagne

Pour sa rentrée, Montebourg appelle les autres à l'action 

Montambour voudrait que la France "hausse le ton" contre l'Allemagne
 

Le ministre français de l'Economie adopte une posture victimaire. Faisant sa Ségolène Royal, l'ancien ministre du Redressement productif en échec, le ministre "prise au piège de la politique austéritaire", dans un contexte où la France ne peut "plus (se) laisser faire".

Montebourg: pas de
croissants pour Hollande
Une attaque frontale qui n'efface pas les échecs des gouvernements auquel il a pris part. "Il faut hausser le ton. L'Allemagne est prise au piège de la politique austéritaire (!) qu'elle a imposée à toute l'Europe. [Montebourg s'est-il laissé enfler ?] Quand je dis l'Allemagne, je veux parler de la droite allemande qui soutient Angela Merkel. La France n'a pas vocation à s'aligner sur les axiomes idéologiques de la droite allemande. Je ne peux que remercier Sigmar Gabriel, mon homologue socialiste à l'économie, qui pousse dans le même sens que nous" [à moins que ce ne soit l'inverse...], a déclaré Montebourg dans un entretien au journal officieux du PS, Le Monde.

Souffleté, Montebourg en a gardé la joue cuisante


Mariage pour tous franco-allemand:
une étreinte étouffante ?

Cette déclaration de guerre intervient après la fin de non recevoir infligée par Berlin à l'appel de François Hollande à une politique allemande plus favorable à la croissance.
"Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique", avait répliqué le 6 août le gouvernement allemand, après des propos du chef de l'Etat français déplaçant les responsabilités: il attendait que la reprise vienne de l'Allemagne, mais se trouve fort dépourvu quand rien de vient. C'est toutefois toujours de l'Allemagne  qu'il attend "un soutien plus ferme à la croissance".

Montebourg secoue Hollande rentré dans le rang  après cet épisode

Alors que le président vient tout juste de renoncer mercredi à un "face à face" avec Berlin, en position de faiblesse,  Montebourg fait néanmoins le roquet, s'en prenant en outre à l'Allemagne pour son rôle à la BCE dans la détermination de la politique monétaire en zone euro. Selon lui, "aujourd'hui, malheureusement, les faucons de l'inflation qui combattent l'inflation quand elle disparaît en oubliant de combattre l'essentiel, le chômage de masse, sont surreprésentés à la Banque centrale européenne", a accusé Montebourg.
Aux premiers rangs de ces "faucons" figurent les Allemands qui estiment traditionnellement que le rôle de la BCE doit se limiter à limiter l'inflation, et qui son opposés à l'idée qu'elle puisse racheter des obligations d'Etat, ce qui reviendrait à financer presque directement les pays.

Arnaud Montebourg l'assure: "la BCE doit changer de braquet et se mettre à faire ce que font toutes les banques centrales du monde, notamment des pays qui ont su faire repartir la croissance, à savoir racheter de la dette publique", a-t-il exigé. Ces pays, qui ont adopté une politique d' "assouplissement quantitatif ", ne sont pas membres de la zone euro: parmi eux, la Réserve fédérale américaine (FED) la banque d'Angleterre ou la Chine.

Selon ce partisan du "non" lors de la campagne du référendum sur le "projet de traité établissant une Constitution pour l'Europe" (2004-2005), nous avons deux problèmes: la politique budgétaire européenne, avec l'accumulation des plans d'austérité dans tous les pays de l'Union, et la politique monétaire, excessivement verrouillée. Les leçons des années 1930 devraient nous faire comprendre que c'est le chômage qui provoque un durcissement et une montée de la violence dans les sociétés européennes", a-t-il résumé. Et qu'est-ce qui provoque le chômage, Mr Redressement?

Alors que Hollande est entré dans la seconde moitié de son mandat, Montebourg, qui joue sur l'aile gauche du gouvernement, a estimé, concernant la politique budgétaire française, que "la mi-temps est toujours le moment de la revue tactique et stratégique"

"Je défends la règle des "trois tiers", reprend Montambour 

Et le coeur de la cible,
c'est qui ?
"Concernant la répartition de l'effort de 50 milliards d'euros d'économies voulu par le gouvernement, "j'ai adressé une proposition en ce sens au Premier ministre et au président de la République. Un premier tiers de ces économies doit servir à réduire le déficit (...) Un deuxième tiers est déjà affecté au soutien des entreprises (...) Enfin, le dernier tiers doit être consacré aux ménages pour stimuler leur pouvoir d'achat et la croissance." Et de faire la leçon à l'Europe: " Il serait d'ailleurs très bon que tous les pays européens fassent de même"...
"Pour l'instant, je fais des propositions, explique-t-il, faussement modeste et un brin accablé. Je souhaite qu'au sein du gouvernement et de la majorité nous puissions les faire progresser", a-t-il ajouté, quelque peu désabusé sur sa capacité de conviction.

dimanche 11 mai 2014

Ukraine: petit rappel des faits à l'heure du vote des habitants de l'Est

Référendum d'autodétermination dans l'Est de l'Ukraine: indépendance ou fédéralisme ?
"Le référendum sur l'indépendance, organisé par les séparatistes pro-russes"
s'est ouvert comme prévu, ce dimanche, dans l'Est de l'Ukraine", écrit la très "conservatrice" agence de presse française qui dramatise, n'envisageant pas un vote négatif et participe à la désinformation généralisée par les pays occidentaux, dits démocratiques. En effet, le référendum a lieu dans seulement deux régions frontalières de la Russie, puisque la Crimée s'est déjà prononcée en faveur de la Russie, et laisse évidemment le choix d'approuver (ou non) l'indépendance, ainsi qu'un éventuel fédéralisme de l'Ukraine, ou de s'abstenir. 

"
Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux régions qu'ils contrôlent s'est ouvert dimanche", continue ce journal.
Le quotidien socialiste Le Monde reconnaît un "enthousiasme populaire" pour ce référendum, ce qui implique que ce vote est légitime, mais s'entête également à qualifier de "séparatistes" les victimes de "Kiev", comme dit pudiquement l'AFP, admettant qu'il est "impossible de discuter avec le gouvernement ukrainien quand celui-ci mène "une guerre et un génocide" contre les populations de l’Est.
Ces interprétations contiennent un nombre extravagant de mensonges dans les termes. Dans la forme donc,     Sur le fond, en vérité, le référendum incriminé ne pose pas  la question unique et abrupte de l'indépendance: trois options
VOIR et ENTENDRE le journaliste Pierre Lorrain, consultant de BFMTV qui présente les cas de figure:

Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à voter pour décider du sort des régions de Donetsk et Lougantsk
, ce qui pourrait déboucher sur la sécession de cette partie du pays. "Cette consultation aux conséquences potentiellement historiques est considérée comme illégale par Kiev et la communauté internationale".  Les Occidentaux s'ingèrent sans aucune légitimité dans un conflit interne étranger: depuis Washington, l'Américain Obama continue de jouer les "gendarmes du monde", tout métis et démocrate soit-il, et son valet Hollande opine, pour exister à l'international, faute de réflexion et de politique indépendantes. 
Pourtant, ce soutien constitue un conflit d'intérêts puisque "Kiev" est ouvertement pro-occidental et souhaite à terme intégrer l'Union européenne. Pour les Européens, la question serait de savoir avant toute chose si notre intérêt bien compris est de supporter une Ukraine dont l'économie est dévastée. L'Union européenne a-t-elle les moyens politique  et économique d'un tel nouveau fardeau? 
La consultation se déroule en outre "sur fonds de nouveaux combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles" qui assiègent depuis plusieurs semaines la ville de Slaviansk, où l'on vote aussi.

Hollande reçoit les insurgés de Kiev
à l'Elysée
La presse aux ordres de l'Elysée travestit la réalité historique.
Les séparatistes sont maintenant qualifiés de "rebelles"... Il convient donc d'inlassablement rappeler aux journalistes à bac+5, d'une part que Kiev est un gouvernement insurrectionnel et transitoire installé par la rue et, d'autre part, que,  dans ce conflit, les rebelles ne sont pas les "séparatistes". L'AFP aux ordres de l'Elysée opère donc un "retournement" non pas économique, pour le coup, mais intellectuel. Ainsi, en soutenant des régimes à potentiel totalitaire, les politiques et les media réitèrent en Europe l'expérience souvent désastreuse des "printemps arabes" qui portent atteinte aux libertés fondamentales des populations qu'ils prétendaient libérer.

Détail de l'Histoire pour les "ingérents" occidentaux. 
Quand en 1944, l'Armée rouge annexa la plus grande partie de l'Ukraine, le indépendantistes étaient essentiellement situés dans les régions ouest et le contentieux reste vif avec l'ex-Union soviétique: ils poursuivent aujourd'hui leur résistance armée contre la Russie. À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million de militaires.

La dernière élection présidentielle remonte à dix ans

Alors que la présidence était assurée par Leonid Koutchma, un ancien apparatchik du Parti communiste, considéré comme corrompu et lié aux groupes mafieux, la dernière élection présidentielle a eu lieu en octobre et novembre 2004. Suite à des soupçons de fraude et à la pression populaire, plus ou moins spontanée, de la Révolution orange, la Cour suprême a annulé le résultat du second tour qui donnait vainqueur l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovytch sur Viktor Iouchtchenko. C'est ce dernier, jouant la carte de l'Europe et du libéralisme, qui emporta bien que son adversaire ait maintenu ses solides positions dans l'Est et le sud du pays russophones et russophiles. Viktor Iouchtchenko  désigna alors premier ministre Ioulia Tymochenko, femme d'affaires entrée en politique du temps du président Koutchma. Sur fond de corruption, le 8 septembre 2005 le président Viktor Iouchtchenko limogea le gouvernement de Ioulia Tymochenko. A travers plusieurs élections, il apparaît clairement une préférence pour les candidats pro-européens en Ukraine du nord-ouest proche de la Pologne, et pour les candidats pro-russes en Ukraine russophone du sud-est délivrée de la domination turco-tatare par les cosaques et la Russie.

Les bulletins à la vue de tous


"A Donetsk, principale ville de la région, avec un million d'habitants, "quelques feuilles" sont accrochées avec le mot référendum [...] juste en dessous du drapeau de la République de Donetsk, 'autoproclamée' par les 'rebelles', bleu et rouge avec l'aigle bicéphale. A l'intérieur de l'école, deux grandes urnes transparentes sont déposées à même le sol [Le scrutin n'étant pas alors ouvert, pourrait-on préciser]. Une dizaine de personnes sont déjà là pour encadrer le vote, de grandes listes électorales à la main." 
Si les organisateurs du vote sont des séparatistes, ce ne sont pas des rebelles.
Les rebelles sont à KievDepuis novembre 2004, Kiev est le centre d'une vaste campagne de protestation pacifique appelée Révolution orange, opposée au pouvoir légitime. En janvier 2014, des barricades furent érigées et de nombreux manifestants furent blessés par des cocktails Molotov. Ils affrontèrent  la police, réclama  la démission du Président Ianoukovitch faisant plusieurs centaines de blessés ou de morts. 
Fin janvier 2014, la contestation débutée à Kiev rencontra l'opposition des pro-russes qui refusaient d'être entraînés dans le chaos. "Je suis pour la paix et le calme et c'est pour cela que je suis venue voter", affirme Svetlana, médecin de 55 ans, qui dépose son bulletin dans l'urne en même temps qu'une femme et sa fillette "sortant du même isoloir", insinue le journaliste. Une fois le bulletin dans l'urne transparente, chacun peut sans difficulté lire le choix du votant, les bulletins n'étant pas placés sous enveloppes.
"Nous venons nous battre pour nos droits et devenir indépendants. Nous sommes heureux qu'on nous donne le droit de nous exprimer. Si nous devenons indépendants, ce sera dur au début, mais ce sera toujours mieux que d'être avec des fascistes", affirme Tatiana, 35 ans, fleuriste. Les "fascistes", pour les séparatistes russophones de l'Est de l'Ukraine, sont les autoritéspro-européennes du gouvernement autoproclamé et illégitime de Kiev, qui s'est installé au pouvoir après la contestation qui a renversé en février le président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou, accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont l'initiative du risque d'un retour à la "guerre froide".
Combats à Slaviansk

A l'approche de l'ouverture du scrutin,
les rebelles pro-occidentaux ont lancé une offensive contre Slaviansk dimanche dernier, car la ville est un
bastion des insurgés pro-russes encerclé par les forces ukrainiennes responsables début mai d'une vaste opération militaire. De nombreuses et très fortes détonations ont ainsi retenti en début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les affrontements ont recommencé dans le village d'Andriïvka, sur la "ligne de front", à l'entrée sud de cette cité de 110.000 habitants encerclée par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché depuis début mai une vaste opération "antiterroriste"... 

L'offensive de Kiev a fait une trentaine de victimes à Slaviansk
Mais Un commandant de l'OTAN accuse Poutine de chercher le "chaos". La crainte de Kiev et des Occidentaux est de voir se reproduire dans l'Est de l'Ukraine un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée russo-phone à la Russie, après un référendum contesté par les Occidentaux qui ont des vues sur l'Ukraine et des intérêts économiques à la maîtrise du gaz: la presse dénonce la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà réaffirmé qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ces référendums populaires. Avant même qu'ils aient eu lieu, ils les ont déclarés "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles", mais surtout en vertu de leur rivalité avec la Russie.

Le part-pris de la presse hexagonale
Le Monde publie des commentaires partisans d'illustres inconnus. "Ce scrutin organisé en quelques jours ressemblera à un coup de force", affirme le journaliste Benoît Vitkine dont la compétence reste à démontrer quand les envoyés spéciaux commentent les dépêches d'agences depuis leurs chambres d'hôtels. Comme ses confrères, il prétend "comprendre" mieux que quiconque et observe à la télévision que des hommes armés sont partout, que trois photocopieuses impriment des cartons entiers de bulletins, comme si c'était en soi une preuve de tricherie, et que des " volontaires" venus de toute la région pour charger ces cartons dans des voitures et convoyer les bulletins jusqu’aux chefs-lieux des différents districts de la région. En quoi est-ce illégal? "Même topo à Lougansk", écrit-il de manière tendancieuse. 

Hollande et Merkel jugent "illégaux" les référendums démocratiques et populaires prévus dans l'est du pays


Consulter le peuple est devenu critiquable pour François Hollande et Angela Merkel qui ont pris parti sur le conflit ukrainien. Dans un texte commun, ils ont à nouveau montré leurs biscoteaux mous, menaçant vaguement Moscou de "conséquences", en cas de non tenue des élections présidentielles en Ukraine.

Hollande et Merkel en écho aux insurgés
"Kiev" a qualifié dimanche le référendum pour l'"indépendance" dans l'Est de l'Ukraine de "farce criminelle" financée par le Kremlin, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. 

"Le référendum du 11 mai inspiré, organisé et financé par le Kremlin est juridiquement nul et n'aura aucune conséquence juridique pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine", souligne le ministère. "Les organisateurs de cette farce criminelle ont violé la Constitution et les lois ukrainiennes".

Depuis son forcing sur le mariage homosexuel, on sait en France que Hollande n'est pas favorable aux référendums démocratiques. Il se contente d'anaphores et de promesses floues de débat et de dialogue et autres concertations... 


Quand les Occidentaux ne traitaient pas les référendums de "farces illégales"
En 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, la légalité du référendum d'autodétermination de l'Ukraine ne fut pas contestée par les maîtres américains du monde. La libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques datait seulement de 1989 mais permit aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté (Mouvement national ukrainien, Roukh, en 1989. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtinrent alors environ 25 % des sièges au Parlement. En juillet, sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopta la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d'Ukraine, premier pas vers l'indépendance complète de l'Ukraine, proclamée en août 1991 et confirmée par le ...référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d'électeurs votent en faveur de l'indépendance. 

Le bloc occidental ne trouva rien à redire. Le journal L'Humanité, peut-être.
L'organe du PCF n'a pas la même analyse que l'AFP soumise à l'Elysée et  la presse paresseuse et dépendante de l'agence. Il parle d' "un référendum d'auto-détermination, maintenu malgré les appels au report et à l’apaisement de la Russie. Les violences ont repris dès les premières heures du vote autour de Slaviansk, où la présence de mercenaires américains a été confirmée.
La farce serait donc réelle, mais la comédie que jouent les occidentaux et leur presse pourrait virer à la tragédie.