POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est présidentielle. Afficher tous les articles

lundi 14 octobre 2019

Kaïs Saïed, élu président en Tunisie, sans conteste

L'arrivée au pouvoir de ce traditionaliste  soulève des interrogations sur l'avenir du pays

Ce juriste prône une révolution institutionnelle, un conservatisme moral et religieux et un souverainisme diplomatique.
Résultat de recherche d'images pour "Kaïs Saïed"
Kaïs Saïed, surnommé 'Robocop', du fait de
son allure ascétique, son élocution monocorde et ses traits figés
 
La mobilisation massive de la jeunesse de Tunisie relance le chantier tunisien de la "révolution" qui s’était dilué ces dernières années. La leçon à retenir de l’élection présidentielle du dimanche 13 octobre c'est que la victoire écrasante de Kaïs Saïed est une réplique sismique du fameux 'printemps tunisien' de 2011. Selon des estimations encore provisoires, cet enseignant sexagénaire en droit constitutionnel, en faveur duquel une jeunesse en quête de changement s’est massivement mobilisée, recueillerait entre 72 % et 77 % des suffrages exprimés

La Tunisie moderne construite par le président Bourguiba est-elle menacée ?
Et donc aussi les avancées permises par son action politique (1957-1987), dont le développement de l'éducation, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée. 

Plus de huit ans après la chute du régime fort de Zine El-Abidine Ben Ali, (sur)pris par la montée de l'islamisme dans la vague des "printemps arabes", la Tunisie porte à sa tête un chef d’Etat qui prétend réactiver le message de 2011, et son populisme : "pouvoir au peuple", justice sociale, moralisation de la vie publique,... Mais aussi renforcement de l'emprise de l'islam.

Dans cette accession au pouvoir, certains voit une victoire démocratique d'un pays arrivé à maturité. La séquence électorale que le pays vient de connaître – les élections législatives (6 octobre) s’ajoutant aux deux tours du scrutin présidentiel (15 septembre et 13 octobre) – s’est déroulée pacifiquement, sans trouble à l’ordre public ni fraude notable. Des débats télévisés ont opposé les candidats comme dans n’importe quelle vieille démocratie occidentale.

Mais d'autres n'occultent pas l’arrestation de Nabil Karoui pour des soupçons d'"évasion fiscale" et de "blanchiment d’argent" présumés, le 23 août, à la veille du premier tour de la présidentielle. Or, ce  magnat de la télévision était qualifié pour le second tour, et il a – de fait – été empêché de mener campagne jusqu’à sa libération, mercredi 9 septembre. Sa participation au dernier duel télévisé face à Kaïs Saïed n’a apparemment pas convaincu l’électorat, mais le candidat - encombré de ses casseroles - a-t-il eu le temps de s'y préparer ? L’écart final de 45 à 50 points entre les deux hommes peut s'expliquer par ses tracas judiciaires, et aussi surprendre, puisque Karoui apparaissait dès janvier en bonne place dans les sondages. 

L’installation de Kaïs Saïed au palais présidentiel à Carthage pourrait perturber le pays, jusqu'au-delà de ses frontières

Partisan du renversement de la pyramide des pouvoirs, au profit de "conseils locaux" et au détriment de l’échelon central, K. Saïed appelle à se "libérer" de " concepts classiques", parmi lesquels il range les partis politiques et la démocratie représentative. Un tel projet, s’il devait être mis à exécution, annonce bien des tensions. La crainte majeure serait qu'il instaure la primauté de la charia.

L'homme inquiète pour son conservatisme moral et religieux assumé et revendiqué. 
Invoquant l’opinion majoritaire, il ne cache pas son hostilité à la dépénalisation de l’homosexualité et son opposition à l’égalité homme-femme dans l’héritage

Ces convictions rétrogrades vont de pair avec
la présence centrale qu’occupera le parti islamo-conservateur Ennahda au Parlement, vont désormais placer la frange la plus progressiste – mais minoritaire – de la société civile tunisienne sur la touche. D'autant qu'avec 52 sièges, le parti islamo-conservateur présidé par Rached Ghannouchi devance la formation Qalb Tounès, du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, qui récolte 38 sièges.

Enfin, le souverainisme de Kaïs Saïed, puisé aux sources du nationalisme arabe – il tient toute relation avec Israël pour un acte de "haute trahison" –, ne manquera pas de tendre les relations entre la Tunisie et ses partenaires occidentaux. 

L’Europe va devoir composer avec ce recul de la démocratie au Maghreb
qu’elle n'avait peut-être pas anticipé. Kaïs Saïed n’est assurément pas le meilleur président tunisien que l'Union européenne fantasmait. Les Européens n'avait pas davantage prévu que les Tunisiens pouvaient basculer dans la révolution institutionnelle et le rigorisme religieux ultra conservateur.

Ni la gauche française et ses think tanks aveuglés d'idéologie, ni Macron, plein de ses certitudes et son ministre à côté de la plaque, Le Drian, n'ont vu venir l'islamisme, bien que la mouvance des Frères musulmans ait été légalisée, il y a neuf ans (le 1er mars 2011) par le gouvernement d'union nationale de Mohamed Ghannouchi, instauré après la révolution.

lundi 29 octobre 2018

Présidentielle au Brésil : le peuple chasse l'extrême gauche corrompue

Les populistes amènent la droite au pouvoir

Le plus grand pays d'Amérique latine a préféré la droite radicale au populisme de gauche

En dépit de la pression médiatique internationale, dont l'ensemble de la presse française, les électeurs ont rejeté le candidat du Parti des Travailleurs, celui de Lula, destitué le 31 août, et de Dilma Roussef, tous deux ex-présidents corrompus et condamnés en justice. La gauche vertueuse et démocratique a ainsi pavé le chemin du très controversé Jair Bolsonaro, qui a promis de "changer le destin du Brésil", mais que les media partisans l'ont diabolisé tout au long d'une campagne qui n'hésitait pas à le donner battu dimanche, puis vainqueur d'une élection facile... Le 7 octobre 2018, il arriva en tête du premier tour avec 46,03 %, soit un score plus important qu’annoncé par les sondages.
Quatre candidats se disputaient une place au second tour. Marina Silva, ex-ministre de l’environnement sous Lula, était, avec 12 % des intentions de vote, à égalité avec un autre candidat de gauche, Ciro Gomes. Geraldo Alckmin obtint 9 % des voix, et le potentiel remplaçant de Lula pour le Parti des travailleurs (PT), Fernando Haddad, inconnu en dehors de Sao Paulo où il a été maire, n’obtient que 6 % des voix. Mais dans cette élection incertaine, ce sont les votes blancs, nuls et indécis qui l’emportèrent avec 28 % des intentions de vote au premier tour.
Nos media, de BFMTV (Cédric Faiche) ou du service public (dont Jean-Bernard Cadier ou Fréderic Carbonne, mais aussi Fabienne Sintes et Thomas Snégaroff) à Libération ou Le Monde, en passant par Le Figaro, avaient donné à croire que Haddad rattrapait son retard, après que Bolsonaro  - favori du scrutin, avec 22 % des intentions de vote au premier tour - avait failli remporter la victoire dès le premier tour au début du mois. Ils affirment que Bolsonaro sera le premier militaire à occuper la présidence depuis 1985. Le vainqueur est en effet capitaine de réserve, mais surtout député de Rio.

Candidat du Parti social-libéral (PSL), traditionnellement de centre droit, Bolsonaro, 63 ans, a été élu avec près de 58 millions de voix, soit 55,13% des suffrages, contre 44,87% à son adversaire de gauche, Fernando Haddad, à l'issue d'une campagne très tendue et extrêmement binaire. En septembre dernier, La Croix écrivait du favori : "il suscitait également un vif rejet dans une partie de l’opinion : 44 % des Brésiliens le rejettent, ce qui pourrait l’empêcher de gagner au second tour."  Lors de cette campagne présidentielle de 2018, il fut d'ailleurs victime d'une tentative d’assassinat par un militant d'extrême gauche qui le blessa grièvement : sa vie fut mise en danger par un attentat au couteau (il fut poignardé à l'abdomen) à Juiz de Fora, le jeudi 6 septembre 2018.
"Sa blessure pourrait cependant l’empêcher de participer à des manifestations publiques, et peut-être même aux débats télévisés. Ses trois fils, également députés, et son colistier, devraient prendre le relais sur le terrain tandis que Jair Bolsonaro devrait apparaître dans des vidéos sur Internet," indiquait La Croix. 
"Nous ne pouvons plus continuer à flirter avec le socialisme, le communisme, le populisme de gauche", a affirmé lors de son premier discours de président élu, qui prendra ses fonctions pour un mandat de quatre ans en janvier.

"Nous sommes le peuple indigné, exaspéré par la violence et la corruption. Le peuple a parlé. C'est la première fois que je me sens représenté", s'est exclamé André Luiz Lobo, chef d'entreprise noir de 38 ans.

Des feux d'artifice ont été tirés sur la plage de Barra da Tijuca, où des dizaines de milliers de partisans de Bolsonaro étaient rassemblés devant son domicile pour célébrer sa victoire. Sur la plage de Barra da Tijuca, de nombreux militants criaient aussi leur joie d'avoir défait le Parti des Travailleurs (PT) de Fernando Haddad et son mentor.
Haddad a dû remplacer l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, dans la course à la présidence. Lula était en effet incarcéré pour corruption depuis avril, tandis que sa protégée, Dilma Rousseff, destituée par le Parlement: pour minimiser l'importance des déficits publics, la présidente avait en effet signé, en 2014 et 2015, des décrets faisant supporter provisoirement à des banques publiques des milliards de réaux de dépenses engagées par son administration.
A Sao Paulo, plus grande métropole du Brésil, des milliers de partisans de Bolsonaro sont également descendus dans les rues, notamment Avenue Paulista, une des principales artères de la mégalopole. 
"Le Brésil a été libéré du communisme, du communisme de Cuba et du Venezuela", a scandé Sheila Sani, 58 ans, déployant un grand drapeau du Brésil.

Des bousculades assez vives entre les deux camps ont eu lieu à Rio et une femme a été légèrement blessée dans des accrochages à Salvador de Bahia (nord-est).

Fernando Haddad n'a pas félicité son vainqueur 

Dans son premier discours après l'annonce des résultats, Fernando Haddad s'est contenté de demander que ses "45 millions d'électeurs soient respectés".

"Les droits civiques, politiques, du travail et sociaux sont en jeu maintenant", a estimé le mauvais perdant. "Nous avons la responsabilité de représenter une opposition qui place les intérêts de la Nation au-dessus de tout".

Entouré de son épouse Michelle et d'un pasteur évangéliste, Jair Bolsonaro a promis que son gouvernement "défendra(it) la Constitution, la démocratie, la liberté".
"Ceci n'est ni la promesse d'un parti, ni la parole vaine d'un homme, mais c'est un serment devant Dieu", a-t-il poursuivi, répondant ainsi à la gauche radicale qui se dit démocrate et respectueuse du vote populaire, mais qui le présentent comme une menace pour la démocratie.

Le président sortant Michel Temer a en revanche salué la victoire de son successeur, annonçant que la transition entre les deux gouvernements débuterait dès lundi. 
"Je viens de féliciter le président élu Jair Bolsonaro. J'ai pu percevoir son enthousiasme, non seulement quand il m'a parlé, mais aussi lorsqu'il a fait ses déclarations en faveur de l'unité du pays, de la pacification du pays, de l'harmonie du pays", a déclaré M. Temer depuis sa résidence officielle à Brasilia.

La star du football Neymar a affirmé qu'il espère que "Dieu puisse utiliser (Bolsonaro) pour aider notre pays".

Parfois caricaturé en "Trump tropical", Jair Bolsonaro a déclaré sur Twitter quelques heures après l'annonce des résultats avoir "reçu un appel du président américain, qui l'a félicité pour cette élection historique".
"Le président Trump a appelé ce soir le président élu du Brésil Bolsonaro pour le féliciter, ainsi que le peuple brésilien, pour les élections d'aujourd'hui", a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche.

Les partisans de la gauche corrompue ne désarment pas

Dans un Brésil miné par une violence record, le marasme économique, une corruption endémique et une crise de confiance aiguë dans la classe politique, l'héritage laissé par Lula et Rousseff est lourd à porter, mais l'ancien député a réussi à s'imposer comme l'homme à poigne dont le Brésil aura besoin.

Défenseur de la famille traditionnellec'est un reproche -, il a reçu le soutien crucial des puissantes églises évangélistes et a indigné, par ses déclarations, une partie de la population noire, des femmes et des membres de la communauté LGBT.

La gauche radicale n'a plus que les yeux pour pleurer. Et la haine.
"Je n'ai jamais vécu une élection aussi polarisée. Je pense que c'est à cause de Bolsonaro qui est quelqu'un d'agressif, de fou. J'ai très peur", a raconté, en larmes, Renata Arruda, 41 ans, électrice de Haddad à Sao Paulo.

Même si Jair Bolsonaro a promis d'être "esclave de la Constitution", Tomaz Paoliello, professeur de Relations internationales à l'université catholique PUC de Sao Paulo, porte un jugement subjectif de militant engagé, estimant que son élection présente "de gros risques pour la démocratie".

L'internationale socialiste refuse le vote populaire
Non sans indécence, la très tendancieuse ONG Human Rights Watch - supranationale et illégitime à toute ingérence - a lancé dimanche soir un "appel urgent à protéger" la démocratie brésilienne.

En revanche, Marcio Coimbra, de l'Université presbytérienne Mackenzie, considère  le Brésil dispose des garde-fous solides avec "un Parquet fort, une Cour suprême forte et un Congrès qui fonctionne", comme le démontrent les évictions de Lula et Rousseff, lesquels avaient pourtant le soutien de Human Rights Watch....

L'investiture de J. Bolsonaro à la présidence de la République fédérative du Brésil est prévue pour le 1er janvier 2019.

mercredi 11 mars 2015

Nouvelle affaire Taubira: Hollande confirme l'"apartheid ethnique" imposé aux Français

"Ca suffit," les vitupérations de Valls contre les victimes de l'exécutif

Pourquoi Taubira est-elle invitée à repartir à Cayenne ?

La couleur de peau s'oppose au droit à la critique
Au-delà des mots, comment en vient-on à écrire: "C’est pitoyable d’avoir une telle ministre de la Justice. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne, qu’elle reparte là-bas vu qu’elle a toujours détesté la France." Le Parisien révèle ce mardi ce message posté sur Facebook par Isabelle Guinot, la première adjointe (sans étiquette) au maire UMP de Juvisy, dans l’Essonne. On peut juger pitoyable l'inaction de Fleur Pellerin à la Culture ou du ministre de l'Industrie, comme le déplore Jean-Pierre Raffarin, mais ce qui est autorisé à un ancien premier ministre est interdit à une  élue communale. Il est permis de dénoncer les propos d'Emmanuel Macron stigmatisant les "illettrés" de GAD, mais les invectives de Madame Taubira à l'encontre d'un député-maire d'opposition seraient de bon aloi quand elle qualifie ses déclarations de "déchets de la pensée humaine"...

A Juvisy-sur-Orge, le bilan de la garde des Sceaux a donc été cinglant samedi sur Facebook, mais la première adjointe au maire UMP s’est vue taxée de racisme pour avoir invité Christiane Taubira à "repartir la-bas". Or, si Cayenne est en France, ce chef-lieu de département n'est ni Valenciennes, ni Limoges et jouit d'un statut particulier, parce que situé en Guyane. La gauche évoque sans cesse le sexe et la couleur de peau, dont ceux cumulés de Christiane Taubira, laquelle exploite à fond sa condition en y faisant référence pour en faire un argument de suspicion, voire d'attaque: l'une et l'autre  portent  à tout propos contre les autres des accusations de machisme et de racisme. Ce procès permanent en sorcellerie commence à dépasser les bornes du débat républicain pour confiner au totalitarisme. 

Quand le devoir de mémoire est interdit, on se dirige vers le négationnisme
Tandis qu’une habitante envisageait que la ministre perchée "partirait" quand "elle tombera de son arbre", l’élue Isabelle Guinot (récemment exclue du DLF pour avoir soutenu le candidat UMP aux prochaines départementales) commente : "C’est pitoyable d’avoir une telle ministre. Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne. Qu’elle reparte là-bas vu qu’elle a toujours détesté la France". Elle ne peut pas, elle est coincée dans son perchoir. Il va falloir le secouer très fort le c… !", lui a répondu l’habitante.

Or, que disent les faits?
Christiane Taubira, 62 ans, s'est portée candidate du PRG à l'élection présidentielle de 2002 et les voix qui se sont portées sur son nom au premier tour ont fait défaut au candidat socialiste Lionel Jospin qui a, de ce fait, été éliminé du second tour au profit du candidat du Front national. 
Avant ce forfait, en 1978, elle a débuté sa carrière politique comme militante indépendantiste, c'est-à-dire hostile à la France qu'elle a combattue, notamment au sein du Mouvement guyanais de décolonisation (MOGUYDE) fondé par son mari Roland Delannon. Ainsi a-t-elle dirigé la revue indépendantiste Mawina. Selon Robert Chaudenson, "ces mouvements anticolonialistes, impliqués dans nombre d'attentats, étaient très violents." Roland Delannon, avec l'aide de l'UTG, prépara contre les installations pétrolières de Guyane un attentat qui échoua (le complot de Noël). Il fut alors arrêté le 13 décembre 1974 avec 12 autres personnes. Elle affirme qu'elle avait alors été obligée de vivre en clandestinité.  Elle ne cessa son militantisme indépendantiste qu'à l'arrivée de François Mitterrand à la présidence en 1981. La crise de Valls est donc à la hauteur du lourd passé anti-France de sa ministre de la Justice et les propos de la petite élue ne sont pas diffamatoires. Seuls sont répréhensibles les images employées, dignes de Charlie hebdo, et les sous-entendus racistes présumés qui lui sont prêtés.  

Le Premier ministre érige la colère au rang de vertu républicaine
Il s'autorise lui-même des crises à répétition qui pervertissent l'usage des retransmissions télévisées des questions au gouvernement dévoyées en réglements de comptes d'un gouvernement aux abois à la veille d'élections qui devraient consacrer le rejet du pouvoir socialiste annoncé par des sondages de popularité calamiteux.

Avant même son accession à Matignon, le premier ministre stigmatisait déjà l'opposition.
En février 2014, une attaque de Manuel Valls contre leur collègue parisien Claude Goasguen, qu'il a accusé de venir de l'extrême droite - comme Cambadélis, entre autres, vient de l'extrême gauche - a provoqué le départ de l'hémicycle de députés UMP en pleine séance de questions au gouvernement.
Sectaire, le ministre de l'Intérieur avait encore lancé : "Contrairement à vous, nous ne sommes complaisants avec personne; vous, vous avez été complaisants avec ceux qui s'en prenaient aux valeurs de la République" lors des manifestations contre le mariage homosexuel. 

Marion Maréchal Le Pen (FN) a piqué Manuel Valls au vif lors de son intervention à l’Assemblée nationale : "Gardez-donc votre mépris crétin et vos leçons de République pour votre propre parti qui en moins de trois ans a oscillé entre phobie administrative et faux diplômes, compte en Suisse et prise illégale d’intérêt", a rappelé la jeune élue. Avant d’ajouter : "Sans doute Cambadélis a trouvé le sien [son diplôme, NDLR] au fond de sa poubelle" et de poursuivre : " Ce n’est pas du Front national que sont issus les Cahuzac, les Sylvie Andrieux, les Kader Arif et tant d’autres qui ont volé les Français. Au nom de la République, vous revendiquez la stigmatisation de Marine Le Pen et 30% des électeurs Français (…) Quand vous combattez toutes les autres formes de stigmatisation et toutes les autres formes d’amalgame".

VOIR et ENTENDRE Valls céder à la colère face au tableau dressé des échecs du pouvoir socialiste par la représentante de centaines de milliers de Français repoussés par la gauche dans les bras de la droite radicale: 
Un numéro bien réglé du FNPS...

VOIR et ENTENDRE Valls, une nouvelle fois en crise, tout rouge et postillonnant, invectiver le député Gérald Darmanin qui a souligné que la montée du Front national correspond à l'arrivée du PS au pouvoir :

Christiane Taubira n'a que haine et mépris pour ses détracteurs
La garde des Sceaux de Hollande s'abaisse au niveau de Twitter.

VOIR et ENTENDRE cette ministre de Valls déverser son tombereau d'insultes:

L'agressé rappelle que les attaques personnelles contre un jeune élu "indigent" sont indignes de la fonction où elle est placée:
 
La liberté de parole à géométrie variable est une dérive dangereuse 

L'Etat-PS est-il engagé sur la voie de la "poutinisation" de la liberté d'expression?
VOIR et ENTENDRE le coléreux Valls se faire doucereux et susurrer un appel au calme des autres:

Mise en scène de la sortie du Conseil des ministres du 11 mars. 

Le numéro de l'Elysée du 11 mars 2015
Le reality-show de l'Elysée continue. Longuement, ostensiblement, le président de la République a serré la main de la Ministre de la Justice qui a suscité une nouvelle attaque, taxée de raciste, tant il est vrai que Christiane Taubira peut se permettre tous les excès sous couvert de sa couleur de peau. Le faciès est ainsi devenu une arme défensive à toutes les ripostes à ses agressions et la population ne va pas tarder à en prendre avantage, suivant l'exemple d'en haut pour créer des conflits consacrant la fracture sociale entre les citoyens: les gens de couleur et les intouchables de la société française. Hollande est en train de faire des indigènes de métropole les nouveaux dalits de France. Le premier Ministre l'aura l'apartheid qu'il anticipe. En dénonçant les propos inacceptables d'une élue excédée, le chef de l'Etat a déjà pris le parti de la provocatrice. Se tenant en retrait dans la coulisse, Valls s'est bientôt avancé sur la scène du perron.

Le premier ministre saisit ainsi l'occasion de se refaire une virginité
Lors de ses vœux à la presse, voulant mettre en exergue "les maux qui rongent notre pays", Manuel Valls avait dénoncé "un apartheid territorial, social, ethnique qui s'est imposé". La référence à la ségrégation raciale institutionnelle qui sévissait en Afrique du Sud jusqu'en 1991 n'avait évidemment pas manqué de provoquer des remous dans la classe politique, de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Sarkozy. "Je suis consterné par cette expression," a confié Nicolas Sarkozy. "Comparer la République française à l'apartheid, c'est une faute".  

Les vagues d'indignation avaient atteint l'Elysée et, selon Le Canard enchaîné, François Hollande -qui reste branché sur Sarkozy- n'avait pas ménagé Manuel Valls. Il se serait essayé à une étude de texte. "Il y a plusieurs interprétations possibles à ce que Valls a voulu dire en parlant de l'apartheid dans les banlieues. Soit c'est un acte d'autorité, soit c'est une marque de commisération", aurait-il finalement conclu à l'attention de quelques visiteurs anonymes, missionnés toutefois pour diffuser ses propos publics.

Utiliser le mot "apartheid" pour stigmatiser les personnes vulnérabilisées par une politique toute orientée contre elles et en faveur de nouveaux venus exigeant des sacrifices des travailleurs et des contribuables est une entourloupe politique et médiatique qui joue sur l’émotion, comme joue sur l'ostentation la poignée de main du président à la provocatrice, suivie de son accompagnement jusqu'à sa voiture sous les caméras par le chef de gouvernement. Tant d'honneurs tuent la démonstration d'honorabilité.

Décidément très à l'écoute de l'Elysée, l'hebdomadaire satirique rapporte même que, la veille déjà, il aurait entendu Hollande appeler Valls à se calmer: "Fais attention à ne pas avancer des idées qui ne font pas consensus a priori, à ne pas te découvrir en prenant des risques", aurait-il expliqué un peu avant le Conseil des ministres. Avant d'ajouter qu' "il ne faut pas susciter les débats, il faut les laisser venir". Ces longues phrases ne sont pas dans le style primaire de Hollande, mais le Canard enchaîné est libre de faire parler ses sources prétendues comme il veut. 


samedi 6 décembre 2014

Hollande va sortir plus d' 1 milliard d'euros en faveur de la Côte d'Ivoire

Il gèle les salaires des fonctionnaires

C'est le prix payé par les Français pour que la présidentielle ivoirienne se déroule "dans la transparence et le pluralisme" 
en octobre 2015
,
Le socialiste français et
le libéral ivoirien
selon le président Hollande qui en a fait l'annonce ce jeudi.
Cette somme constitue la deuxième tranche d'un contrat de désendettement et de développement (C2D) conclu entre les deux pays, la première s'étant élevée à 630 millions d'euros pour la période 2012-2015. Le 29 juin 2012, les créanciers du Club de Paris avaient décidé d’annuler plus de 1,7 milliard d'euros de créances, ce qui représente l’effort d’annulation incombant au Club de Paris (groupe de créanciers présidé depuis 1956 par la France, c'est-à-dire par le directeur général du Trésor, DGT) dans le cadre de l’I-PPTE (initiative pays pauvres très endettés) renforcée. Les créanciers du Club de Paris ont par ailleurs confirmé leur volonté d’accorder un allègement de dette additionnel sur une base bilatérale, pour un montant de 4,7 milliards d’euros

Hollande promet un nouveau milliard qui ne sera donc jamais remboursé.
"Nous nous sommes mis d'accord sur le montant d'une deuxième tranche de plus d'un milliard d'euros, qui portera sur des secteurs prioritaires pour la Côte d'Ivoire et pour la France : éducation, santé, développement urbain et infrastructures de transports, tout en poursuivant une coopération en matière de justice", a déclaré le président français à l'issue d'un entretien avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, qu'il a reçu à l'Élysée. Lorsque les porte-parole de la diversité et ceux qui inondent les ondes de beaux sentiments altruistes s'indignent des mauvais traitements jadis infligés aux Africains par l'ancienne puissance colonisatrice, ils se moquent éhontément des travailleurs français qui culpabilisent depuis plusieurs générations, tout en renflouant constamment les finances africaines par leur travail quand ils en ont, mais en subissant néanmoins les remontrances des Africains nés en France qui leur serinent qu'ils ont envers eux une dette éternelle et que sans eux la France ne serait pas ce qu'elle est !... Que seraient toutefois la Côte-d'Ivoire - ou le Mali -sans l'aide française à fonds perdus?    

Le président français a souhaité
que l'élection présidentielle ivoirienne puisse avoir lieu "dans la transparence et le pluralisme". "Ca ne dépend pas que du président Ouattara (ADO); il convient que les forces qui veulent se présenter au scrutin puissent le faire librement et veuillent le faire", a-t-il précisé. Parce qu'il est économiste de profession ayant notamment travaillé au FMI, ADO devait tirer le Côte d'Ivoire de l'ornière, il y a plus de trois ans. Mais des violences armées interviennent encore régulièrement dans le pays et il a toujours pour tâche de réconcilier les Ivoiriens, d'autant que les partis d'opposition accusent son armée de perpétrer des exactions contre des partisans de son prédécesseur et sa justice de se livrer à une "justice des vainqueurs". 
Le bon déroulement de ce scrutin est primordial pour la Côte d'Ivoire, plongée après la présidentielle de 2010 dans des affrontements entre les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo et les soutiens de Ouattara. Les violences avaient fait plus de plus de 3.000 morts.

Les Français paient des impôts pour  préserver la "stabilité" du pays. 

Hollande veut "encourager, appuyer le développement de la Côte d'Ivoire", s'est justifié le socialiste français qui considère -à la différence du contribuable- que " ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye", selon lui, à propos du coût des emplois d'avenir... L'Express et le Monde volèrent alors au secours de la "gauche molle" suite à l'indignation générale des Français et soutinrent que c'est l'Etat qui prend en charge les emplois d'avenir et non pas les communes, les départements ou les régions... Comme si, quoi qu'en disent Hollande et sa presse aux régimes fiscaux spéciaux, ce n'étaient pas les Français qui payaient, au bout du compte et dans tous les cas de figure. Nul doute que cette presse, comme aussi Rokhaya Diallo et ses Indivisibles ou la franco-algérienne Houria Bouteldja et ses Indigènes de la République (qui distillent un discours fondé sur "la rancœur et la haine", selon le magazine Marianne) continueront d'assurer que la Côte d'Ivoire est une chance pour la France et que ce ne sont pas les Français qui entretiennent les Côte d'Ivoiriens, mais l'inverse ? Ce n'est ni Le Monde, ni L'Obs, ni Libération qui prendra le parti des contribuables.

Seul le président Ouattara est pour l'instant candidat déclaré pour 2015 
Mais, pour les partenaires de ce pays, la participation du Front populaire ivoirien (FPI), créé par Laurent Gbagbo (ici avec Lang et Le Guen), est essentielle à la réussite du scrutin. C'est bien à quoi Laurent Fabius travaille. (lien PaSiDupes)

L'ex-président socialiste, poursuivi pour "crimes contre l'humanité", est actuellement détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, où son procès doit s'ouvrir en juillet 2015. Laurent Gbagbo cherche malgré tout à reprendre la direction de son parti, actuellement dirigé par son ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan.

Alors que la Côte d'Ivoire a connu en novembre des manifestations de militaires réclamant notamment des arriérés de soldes, François Hollande a aussi insisté auprès de son homologue pour que «la réforme de l'armée ivoirienne puisse s'accélérer afin de garantir une paix durable». 

samedi 24 mai 2014

Ukraine: comment le scrutin serait-il plus légal à l'Ouest qu'à l'Est ?

En plein conflit, les électeurs se détermineront sous la pression de la ruine de leur économie

Les pays occidentaux, dont l'Europe et la France, ont fait du "
roi du chocolat" leur champion. 
Le milliardaire, candidat des Occidentaux,
prochain président annoncé de l'Ukraine
Le milliardaire Petro Porochenko serait un candidat de compromis qui pourrait convenir à une partie des gens de l’Est du pays, assure la sociologue Irina Bekechkina, témoin choisi par le journal socialiste Le Monde et le site socialiste Huffington PostCette Ukrainienne est tellement indépendante qu'elle raconte avoir rencontré des habitants de Kiev qui s'exprimaient en russe et qui sont passés à l'ukrainien en signe de protestation contre l'intervention russe... On peut aussi prétendre l'inverse en citant des opposants à Kiev habitant Lviv qui ont décidé fin février de passer au russe le temps d'une journée ! A la vérité, selon les études, seulement 1% de la population ne comprend pas l'ukrainien et 1% ne comprend pas le russe, souligne Mme Bekechkina. 
Le clivage linguistique entre le russe et l'ukrainien est donc artificiel et exploité en signe d'appartenance. Mais le floutage est en revanche réel. Le Monde, ni le Huffington Post passent d'ailleurs sur certains détails qui desservent leur thèse. Ainsi, originaire de l'est russophone et qualifié d'"homme de Moscou", le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est-il efforcé d'améliorer sa maîtrise de l'ukrainien pour être le président de tous. Pareillement, l'ex-Premier ministre pro-occidentale Ioulia Timochenko, aux accents volontiers nationalistes, est -contrairement aux apparences- elle aussi originaire de l'est russophone.

Obama, Hollande et Fabius soutiennent un ploutocrate
Le candidat des socio-démocrates  occidentaux est un capitaliste 
Petro Porochenko fut ministre des Affaires étrangères de Viktor Iouchtchenko, tandis que Ioulia Tymochenko, femme d'affaires de l'industrie gazière, était premier ministre: c'est dire l'importance du changement attendu à Kiev par Obama et l'Union européenne. Ni Le Monde, ni le HuffPost ne précise que le candidat de Fabius et Hollande est en fait un capitaliste Porochenko ne détient pas seulement le monopole de la confiserie en Ukraine, mais le favori de l'Europe libérale dénoncée par les socialistes possède surtout plusieurs sites de production d'automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninska Kuznya, la chaîne de télévision 5 Kanal et le magazine Korrespondent. Le magazine Forbes estime sa fortune à 1,6 milliard de dollars.

Les Ukrainiens votent dimanche pour la présidentielle, dans le chaos

Des combats se déroulent pendant le vote
Nos media pointent des "attaques meurtrières" de "rebelles pro-russes" contre l' "armée régulière". Pour tout dire, le climat s'est effectivement alourdi, mais les vertueux qui traitent la foule des "séparatistes" russo-phones de rebelles, mais qualifient de "régulière" une armée levée par les insurgés du Maïdan à Kiev, où le pouvoir transitoire n'a aucune légitimité. 
Les élections ukrainiennes du 25 mai visent en effet à donner un pouvoir légitime à l'Ukraine divisée depuis février 2014, quand des batailles de rue s'engagèrent entre les manifestants de l'opposition et les forces de sécurité, incluant des snipers, qui tiraient à balles réelles et firent des centaines de blessés et des dizaines de morts. Le pouvoir du président Ianoukovitch en place à Kiev fut renversé par les insurgés pro-occidentaux qui s'étaient emparés de la rue dans la nuit du 21 au 22 février.
Depuis, les puissances occidentales soutiennent un pouvoir insurrectionnel qui cherche à sauver l'économie en ruines de l'Ukraine en se tournant vers l'Union européenne. Dans cette lutte d'influence contre la Russie de Poutine, l'Union européenne risque d'imposer un nouveau fardeau  à ses populations elles-mêmes en prise avec la crise.
Les USA du démocrate Obama sont accusés d'ingérence armée 
"Quelque 400 membres des commandos d'une compagnie de sécurité privée auraient été déployés en Ukraine dans le cadre de l'opération qualifiée "d'anti-terroriste" par Kiev, selon Bild am Sonntag. Le journal allemand relie ces mercenaires à la défunte société de sécurité privée Blackwater," relaie La Tribune.

Les occidentaux ont décidé que le scrutin sera légal, quoi qu'il arrive
Près de deux millions d'électeurs pourraient avoir du mal à voter. 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour la présidentielle et pour assurer sa tenue, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires.
Mais à quarante-huit heures d'une élection présidentielle censée rétablir l'ordre dans un pays en proie à une guerre civile larvée, les affrontements, ponctuels mais meurtriers, se multipliaient dans l'est de l'Ukraine, avec notamment la présence de "milices" pro-ukrainiennes venues en découdre avec les séparatistes, rapporte Le Monde, avec des photos de militaires exclusivement ...pro-russes à l'appui.  
Le quotidien Le Monde se félicite de combats - à 24h du scrutin - opposant des miliciens pro-russes et, "pour la première fois" depuis le début de "la reconquête" (par un pouvoir illégitime !) du "front de l'Est" par l'armée ukrainienne, des hommes armés se réclamant du bataillon Donbass, une "milice pro-ukrainienne", dans la région de Donetsk. Une vingtaine de ces agresseurs ont attaqué un barrage pro-russe près du village de Karlivka, à 25 km à l'ouest de la capitale régionale. Des membres du groupe ultranationaliste Pravyi Sektor étaient également présents dans les alentours, et affirment avoir pris part aux combats.
Le ministre des Affaires étrangères de Hollande n'y voit pas d'obstacle
Lundi à Pékin, Laurent Fabius a estimé qu'"il serait "très difficilement admissible" que l'on s'oppose de l'extérieur à l'élection présidentielle en Ukraine dimanche, seule issue démocratique au "vide politique" dans le pays.
Les mêmes qui dénoncèrent les conditions du vote d'auto-détermination de deux régions russophones de l'Est de l'Ukraine
,
à la suite de la demande de la Crimée de son rattachement à le Russie, sont aujourd'hui moins regardant sur le respect des conditions légales du déroulement du scrutin. 
Fabius crache d'ailleurs toujours son fiel, se livrant à l'un de ses parallèles douteux que la presse qualifie pourtant volontiers d'analyse.  "Les Russes sont dans une situation peut-être un petit peu paradoxale, pour employer un mot neutre [sic], car il est assez difficile de soutenir --ce qu'ils ne font pas d'ailleurs-- [quelle est la motivation malsaine de cette élucubration fétide ?] que l'élection en Ukraine serait illégitime, alors que celle en Syrie ne le serait pas", a souligné le ministre français des Affaires étrangères en précisant qu'en Syrie, contrairement à l'Ukraine, "on sait (à l'avance) qui est le vainqueur" du scrutin.
Or, lors d'une visite dans le Caucase, le président François Hollande,  avec un parti-pris atlantiste, avait par avance déclaré "nul et non avenu" le référendum organisé par les séparatistes, estimant que la seule élection qui vaudrait à ses yeux serait la présidentielle du 25 mai...

A Kiev le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a appelé "chacun" des Ukrainiens à se rendre aux urnes pour donner "un pouvoir légitime" [!] à leur pays et à Saint-Pétersbourg Poutine a déclaré vendredi qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" dimanche et travaillerait avec le chef de l'Etat élu. "En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine.  Mais "nous voulons nous aussi qu'en fin de compte le calme revienne (en Ukraine), nous allons respecter le choix du peuple ukrainien", a-t-il ajouté, assurant que Moscou "travaillerait avec les nouvelles autorités".

   

dimanche 13 avril 2014

Algérie: la présidentielle soulèvera-t-elle le couvercle du chaudron ?

Un changement en Algérie menace-t-il la France? 

Une atmosphère de fin de règne
Cette campagne présidentielle inquiète de part et d'autre de la Méditerranée
Elle se déroule en Algérie pour l'élection présidentielle du 17 avril, marquée par l'absence physique du principal acteur, le président, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, élu depuis 1999 et candidat à un quatrième mandat. A une semaine du scrutin, le climat se tend. 

La contestation se manifeste désormais sur le terrain. La rumeur bruisse : Abdelaziz Bouteflika pourrait être présent lors du dernier meeting de sa campagne, prévu à Alger dimanche 13 avril. "Le peuple algérien va le voir et l'entendre; je ne sais pas sous quelle forme mais il va s'exprimer", a assuré l'un de ses porte-parole, Amara Benyounès, ministre du développement industriel.

Six candidats en lice
Composée de sept personnalités, trois anciens premiers ministres, deux ministres, le président du Conseil de la nation (équivalent du Sénat) et le président du principal parti politique, le Front de libération nationale, l'équipe représentant le candidat Bouteflika se déploie sans relâche sur tout le territoire, jusqu'en France et en Tunisie où résident d'importantes communautés algériennes. 

Mais les réunions publiques  sont de plus en plus l'objet d'incidents 
A Ghardaïa, aux portes du Sahara, mercredi 9 avril, la presse algérienne a rapporté la présence de manifestants hostiles en marge de plusieurs meetings tenus dans la vallée du Mzab par le directeur de campagne de Bouteflika, Abdelmalek Sellal, ex-premier ministre. Dans cette région située à 600 kilomètres au sud d'Alger, théâtre d'affrontements depuis des mois entre les communautés berbères musulmanes et arabes, des habitants, excédés par la reprise de violences qui ont de nouveau provoqué une quarantaine de blessés, ont crié des slogans hostiles et jeté des œufs sur le cortège.
A Béjaïa, en Kabylie, le 5 avril, la maison de la culture, où devait se tenir une rencontre animée par Sellal, a été incendiée. Ce mouvement de colère, au cours duquel ont été blessés des journalistes qui accompagnaient le directeur de campagne de Bouteflika, a provoqué l'annulation du meeting. Trois jours plus tard, quelque 2.000 étudiants sont sortis dans la rue pour exprimer leur rejet de l'élection présidentielle au cri de "système dégage". Un portrait géant du président-candidat a été déchiré. 

A Paris, le 6 avril, où avaient été dépêchés deux ministres, Amara Benyounès, et Amar Ghoul, un groupe de jeunes a tenté de perturber la rencontre et s'est fait évacuer sans ménagement de la salle. "Laissez-les crier, ils ne sont à chaque fois pas plus de dix", s'est indigné Benyounès à la tribune . "C'est hallucinant et ahurissant, des démocrates qui appellent l'armée à faire un coup d'Etat contre un président démocratiquement élu. On a tout vu dans ce pays ! ", a enchaîné le ministre, en référence à des appels lancés par des personnalités et des opposants.

A Batna, capitale des Aurès, un scénario identique à celui de Paris s'est déroulé : un groupe de jeunes a été expulsé manu militari. Résultat : la plupart des meetings de campagne se déroulent en présence d'un dispositif policier renforcé. Parfois, les salles sont fournies, parfois, elles ne le sont pas.

Le camp Bouteflika n'est pas le seul camp exposé à de rudes critiques  
Ali Benflis, 69 ans, prône une 
nouvelle Constitution "plus consensuelle"
A M'Chedallah, dans la région de Bouira,
un représentant d'Ali Benflis, principal rival du président sortant (photo ci-contre) a dû lui aussi renoncer. "On ne laissera personne organiser de meeting à M'Chedallah, nous rejetons carrément cette élection", ont clamé une centaine de jeunes manifestants selon l'agence algérienne APS. 

C'est un changement en Algérie où, avant le "printemps arabe", les  élections se déroulaient dans une quasi indifférence de la population.
Le président sortant paraît affaibli

Cette fois, l'entourage du président tente de faire campagne tant bien que mal, en l'absence de son candidat, affaibli par un accident vasculaire cérébral en 2013. Depuis mai 2012, Bouteflika ne s'est plus adressé directement au peuple algérien. Il n'apparaît plus à la télévision qu'à de courtes occasions, lorsqu'il reçoit des délégations étrangères. Ce fut le cas lors de la venue le 3 avril du secrétaire d'Etat américain John Kerry. Des images montrant le président saluant brièvement son hôte debout avaient alors été diffusées. "Il va bien", "il va de mieux en mieux", assurent à tour de rôle ses représentants. "C'est quelqu'un dont les fonctions mentales fonctionnent très bien, il a un problème de rééducation fonctionnelle", a affirmé Benyounès, interrogé le 6 avril dans le cadre de l'émission "Internationales" sur TV5, en partenariat avec RFI et Le Monde.

Suite au traumatisme de la décennie noire des années 1990-2000, qui avait vu s'opposer des groupes islamistes à l'armée, 
les hommes du président utilisent l'argument de la stabilité. 
Dans un meeting intégralement filmé à Tizi Ouzou, M. Sellal, qui s'est exprimé en arabe et en français, l'a dit et répété : « Si nous perdons la stabilité, nous perdons la souveraineté. (…) La stabilité est un acte de souveraineté, si on touche à la stabilité, on a touché à la souveraineté nationale ».

Cet argument a cependant été retourné par les opposants au quatrième mandat qui dénoncent le facteur d'instabilité que constituerait, selon eux, la réélection d'un chef de l'Etat malade. « Il a tout sacrifié » à l'Algérie, a répliqué M. Sellal, « jusqu'à sa santé », avait-il déjà affirmé dans une autre réunion. "Pourquoi ne pas vouloir le faire roi ?" s'est-il écrié à Alger le 8 avril.

Manifestation d’étudiants hostiles à Abdelaziz Bouteflika, à Tizi Ouzou, en Kabylie, le 6 avril.A Tizi Ouzou, au lendemain des incidents de Béjaïa, des jeunes venus manifester sont restés à l'extérieur de la salle sans que cela dégénère, et le directeur de campagne du président a mis en garde contre les impatiences qui s'expriment. "On doit avancer doucement, car nous avons une société compliquée et complexe". Celui qui a déjà qualifié de "moustique" le " printemps arabe" contre lequel l'Algérie dispose du "fly-tox" [insecticide], a insisté : "Les Algériens connaissent leur bonheur". Et il a promis des lendemains encore meilleurs. " Une République démocratique, égalitaire, où nous ne connaîtrons que le bonheur, où nous respecterons que les libertés individuelles et collectives !"

Puis, les promesses se sont accumulées. Le programme de constructions de logements commencé depuis le début du deuxième mandat de Bouteflika en 2004, à l'origine de nombreuses émeutes dans le pays, "continuera" a annoncé Sellal "jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une demande en Algérie… selon les capacités financières du pays".

Pas d'observateurs européens

Extrême gauche souriante...
"Tant qu'il y aura une rente [pétrolière], elle profitera aux Algériens, aux plus démunis", a-t-il enchaîné. La préoccupation majeure dans le camp Bouteflika reste le taux de participation, déjà faible par le passé et qui pourrait s'aggraver pour ce scrutin si particulier suivi avec attention par la communauté internationale.

Dans un mémorandum sur les relations avec l'Algérie à laquelle elle est liée par un accord de coopération depuis 2002, l'Union européenne s'est inquiétée de la lenteur des réformes politiques. Rendu public le 27 mars, le rapport relève aussi qu' "aucun progrès notable n'a été enregistré dans la mise en œuvre des recommandations de la mission d'observation électorale de l'UE" lors des législatives de 2012. Or, cette fois, aucun observateur européen ne sera présent le 17 avril.  "Nous avons reçu très tard l'invitation à observer les élections présidentielles algériennes", indique au Monde Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, représentante de l'UE pour les affaires étrangères. "Conformément à notre méthodologie, nous ne pouvions déployer, avec un préavis aussi court, une mission d'observation électorale à part entière », ajoute-t-il. Deux experts seulement seront dépêchés. Pour une "évaluation technique".

Un parti islamiste menace l'Algérie d'une révolution

Président fondateur du Front de la justice et du développement qui porte une idéologie islamiste réformiste, Abdallah Djaballah dénonce la "mascarade" des élections.

Les partis islamistes qui totalisent 59 députés constituent la 3e force à l'Assemblée.  Abdallah Djaballah est fondateur des deux partis Al-Islah (Réforme) et Ennahda (Renaissance), dont il a été éjecté et qui ont gagné des sièges dans le Parlement actuel. Il a été deux fois candidat à la présidentielle en 1999 et 2004 contre Abdelaziz Bouteflika, et il est arrivé troisième avec un score de 4,8 % en 2004.
Parmi les contestataires, l'Alliance de l'Algérie verte, formée du Mouvement de la société et la paix (MSP), Al-Islah et Ennahda, pour lesquels "le Printemps algérien par les urnes a été reporté".

Hollande menacé de mort sur un site islamiste: le Parquet de Paris a ouvert une enquête
Il s'agit de représailles après les interventions françaises au Mali et en République centrafricaine, où les troupes françaises ont à plusieurs reprises, tué des rebelles musulmans de la Séléka, indique SITE, le service qui surveille l'activisme fondamentaliste sur le web.
"A nos loups solitaires en France, nous disons : assassinez le président." C'est le message diffusé par un site internet islamiste, rapporte, mardi 11 mars, SITE, le service qui surveille l'activisme fondamentaliste sur le web. "Terrifiez son gouvernement maudit, et faites exploser des bombes, effrayez-les, en signe de soutien à ceux qui sont vulnérables en République centrafricaine !" pouvait-on également lire.Au total, six bannières ont été publiées sur ce site islamiste qui publie des informations à destination de la mouvance Al-Qaïda et des autres jihadistes, et dispose d'un magazine en ligne depuis juillet 2013.