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mardi 2 avril 2019

La venue de Macron en Corse fait monter les tensions dans l'île

Les dirigeants autonomistes ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. 

Des charges explosives ont été retrouvées à Bastia
Simeoni et Talamoni font peu cas de Macron (Ajaccio, février 2018)

Alors que le chef de l'Etat est attendu jeudi en Corse, les dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. C'est la dernière étape - explosive - du tour de France en gilet jaune que Macron a engagé dans le cadre de son grand débat, pré-campagne électorale déguisée.

Jeudi 4 avril, Emmanuel Macron va se rendre en Corse pour une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano (Corse-du-Sud). Sa visite suscite des craintes d'une reprise des violences : la police a fait la découverte lundi de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. Des événements qui n'ont pas été revendiqués, mais qui n'ont pas non plus été ébruités par les grands media institutionnels.

"Ça n'a pas explosé, c'est un avertissement, c'est une charge pour impressionner et avertir", a commenté lundi après-midi Jean-Pierre Battestini, secrétaire général local de la CGT Finances Publiques, présent sur place. Il a fustigé, dans un communiqué, des attentats et tentatives d'attentats qui "mettent en péril la vie des personnels et fragilisent (...) nos missions de services publics au moment où justement le président Macron veut les supprimer. Macron et poseurs de bombe poursuivent les mêmes objectifs au détriment de l'intérêt général de la Corse".

Une journée "Ile Morte", 
comme Bordeaux "ville morte" pour l'Acte XX...

La visite du chef de l'Etat sur l'Ile de Beauté s'annonce délicate. Dès lundi matin, le président autonomiste du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni avait annonçait qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à la rencontre avec les élus. Estimant que "la venue du président de la République s'inscrit dans un climat tendu", il craint que la "situation de crise économique et sociale structurelle et de blocage politique ne p(uisse) conduire qu'à la résurgence de la logique de conflit, et donc à une impasse, aussi bien pour la Corse que pour l'Etat".

Vendredi, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni avait déjà indiqué qu'il "n'irait pas à Cozzano", assurant que les nationalistes ne pratiquent "pas une politique de la chaise vide" mais que "cette visite n'a strictement aucune chance de déboucher sur un dialogue".

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée des partis de Gilles Simeoni (Femu a Corsica), Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) et Jean-Christophe Angelini (PNC), a par ailleurs appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ce jeudi entre 12h et 18h.

Macron se dit "disponible et volontaire"

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce de son côté le chef de l'Etat dans un entretien à Corse-matin publié mardi matin. Au cours du débat, il entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.
Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée""Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

La marche-arrière de Macron

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutient le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

lundi 5 novembre 2018

Nouvelle-Calédonie : l'indépendance, c'est non dans les urnes

Les Calédoniens choisissent par référendum de laisser flotter le drapeau tricolore

Les résultats du référendum sur l'autodétermination sont clairs et nets.


La victoire du "'Non" est plus modeste qu'annoncée par les sondages et les partisans du Oui en tirent des conclusions. 56,4% des électeurs ont préféré rester Français, mais ils font un pas vers les indépendantistes. "Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu, parce que nous respectons le combat qui est le leur", expliquent les vainqueurs par la voix de Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens.
Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron appelle d'ailleurs aussi au dialogue entre toutes les parties.

Référendum : les Calédoniens disent "non" à l'indépendance
Les militants indépendantistes donnent en revanche l'impression d'avoir gagné. Ce n'est pas le cas, mais s'ils ont perdu cette bataille, ils n'ont pas perdu la guerre.
Les accords de Nouméa prévoient en effet l'organisation d'autres référendums, alors les indépendantistes donnent rendez-vous au prochain scrutin. 

Avec une participation exceptionnelle de plus de 80% des électeurs, ce scrutin marquera quoiqu'il arrive l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Macron devra gérer la "lèpre nationaliste" dans les territoires français

"Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur," a déjà conclu le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui "prend acte du résultat démocratique" en Nouvelle-Calédonie, mais ajoute que "les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu".

franceinfo :
Que pensez-vous des résultats de ce référendum ?

Gilles Simeoni : Je pense qu'il faut prendre acte du résultat démocratique, qui intervient au terme d'un processus qui a été validé par toutes les parties. Un résultat qui a toute sa légitimité. J'ai une pensée pour celles et ceux qui ont eu le courage il y a 30 ans de choisir le chemin de paix. Je pense notamment à Michel Rocard, à Jean-Marie Tjibaou à Jacques Lafleur et dix ans après à Lionel Jospin. Maintenant, que faire avec ce résultat ? Parce que l'écart est beaucoup plus mince que ce qui avait été annoncé.

On se rend compte, si on affine un peu la lecture, que les Kanaks représentent environ 40% de la population totale de la Nouvelle-Calédonie, cela veut dire que la quasi-totalité des Kanaks a voté en faveur de l'indépendance. Ce que démontrent ce résultat et la réalité de l'état actuel de la société en Kanaky [Siméoni va un peu vite en besogne : ce terme désigne la Nouvelle Calédonie, et c'est le nom du futur Etat indépendant rêvé par le Front de libération nationale kanak et socialiste, FLNKS], c'est que les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu. Je pense notamment aux disparités économiques et sociales, en matière d'éducation. Le combat du peuple kanak va continuer. Les Corses, celles et ceux qui partagent nos idées, sommes solidaires de ce peuple.

Que doit-on faire et de quelle manière pour garantir le respect de la dignité du peuple kanak et de toutes les composantes de la Nouvelle-Calédonie ?

Dans le discours du président Emmanuel Macron, pas une fois il n'a cité le peuple kanak. Je pense que c'est une omission qui est regrettable. Il suffit de voir les statistiques, notamment le taux de jeunes qui accède à l'enseignement supérieur, je crois que c'est 4% sur les dernières statistiques. On disait que les jeunes Kanaks allaient se désintéresser de ce scrutin et manifestement ils s'y sont largement investis pour revendiquer leur fierté d'appartenir à ce peuple. Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur.

On est dans une logique de paix et pas dans une logique d'hostilité, de rejet, mais simplement d'affirmation de la dignité de ce peuple, des prises en compte d'une histoire qui a été injuste, qui a été une histoire coloniale. Il y a aussi la volonté de redéfinir librement le rapport à la France et à la République. L'indépendance ne peut se concevoir en 2018 comme elle pouvait se concevoir dans les années 50.

La Nouvelle-Calédonie est la collectivité la plus autonome de France avec des pouvoirs régaliens, notamment sur les programmes scolaires. Cela explique-t-il le choix exprimé aujourd'hui ?

Je dirais, avec un petit sourire, souvent lorsqu'on revendique pour la Corse l'autonomie, on dit que l'autonomie, c'est l'antichambre de l'indépendance. Or, je note qu'en Nouvelle-Calédonie, il y a une autonomie très large et pour autant les électeurs n'ont pas choisi l'indépendance

La situation corse et la situation en Nouvelle-Calédonie ne sont pas identiques, même si il y a des traits de similarité entre les deux peuples et un grand respect. En ce qui concerna la Corse, une très large autonomie comme celle que connaissent actuellement les Kanaks nous suffirait largement, mais la situation n'est pas la même. Nous allons continuer, nous aussi de façon démocratique, pour faire prendre en compte ces attentes. 


samedi 3 février 2018

Des milliers de manifestants nationalistes à Ajaccio

Entre 5.600 à 6.000, selon la préfecture et 22.000 à 25.000, selon les organisateurs 

Les Corses ont défilé à l'appel des dirigeants nationalistes, samedi après-midi dans les rues d'Ajaccio

"C'est une mobilisation sans précédent ces dernières années", s'est félicité le leader nationaliste Gilles Simeoni. "C'est un message très fort qui est envoyé par les Corses. Maintenant, au président de la République de dire, de parler et, je l'espère, de montrer qu'il a entendu ce que nous avons dit aujourd'hui", a ajouté Simeoni à la fin de cette manifestation, qui s'est achevée dans le calme, 

Trois jours avant une visite du président de la République Emmanuel Macron sur l'île

Résultat de recherche d'images pour "ajaccio manifestation 2018"Les Corses étaient appelés à manifester afin de "convaincre" le président français Emmanuel Macron, d'"ouvrir un dialogue" sur leurs revendications, selon le président autonomiste du conseil exécutif. 

Le 11 février 1998, cinq jours après l'assassinat du préfet Claude Erignac, quelque 15.000 personnes avaient manifesté à Ajaccio, selon la police et environ 13.000 à Bastia, selon la police, pour exprimer leur refus de la violence. (Avec AFP)

mardi 24 octobre 2017

Elections territoriales : les nationalistes corses s'unissent pour obtenir l'autonomie

Après le Brexit et la Catalogne, la Corse. Et la Nouvelle Calédonie et la Guyane ?

Les Corses pourraient poursuivre leur marche vers l'autonomie

Résultat de recherche d'images pour "independance de la Corse"
Appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre,  porteront-ils à nouveau au pouvoir les candidats nationalistes qui se présentent unis pour obtenir un statut d'autonomie, alors que le Brexit pose problème et que le spectre de l'indépendance catalane agite l'Espagne.

Pour cette élection, le mot d'ordre des autonomistes et indépendantistes unis est simple: "construire un pays". Pas question pour eux de rater la marche des élections démocratiques des 3 et 10 décembre, qui donneront naissance en 2018 à une Collectivité unique qui remplacera les deux départements et la collectivité territoriale (CTC). 

Depuis deux ans, les nationalistes accumulent les succès: après avoir gagné les élections territoriales des 6 et 13 mars 2015, décroché la direction de la CTC en décembre 2015, ils ont obtenu en juin dernier trois sièges de députés sur les 4 que compte l'île. "Le nationalisme en Corse a symbolisé ce que le vote Macron a symbolisé sur le continent: le dégagisme", assène Jean-Charles Orsucci, candidat LREM à ces élections. 

"Des citadelles sont tombées", se félicite Jean-Guy Talamoni, président de l'actuelle Assemblée de Corse, et dirigeant de Corsica Libera, indépendantiste. Le prochain scrutin devrait confirmer, selon lui, le vote de 2015, pour cette "collectivité unie", comme il la surnomme, rappelant: "Nous avons plaidé pendant 40 ans pour la suppression des conseils départementaux qui faisaient le jeu du clientélisme". 

Les adversaires des nationalistes manifestent leur inquiétude

L'Assemblée de Corse a reconnu publiquement la légitimité du gouvernement de la Catalogne. "On ne peut pas continuer à laisser penser que seule la voie de l'autodétermination, de l'indépendance soit une voie salutaire", s'est insurgé Jean-Martin Mondoloni, tête de liste LR, sur Corse Net Infos.

"Nos adversaires politiques essaient de dramatiser les enjeux et de construire artificiellement la campagne comme si l'enjeu était l'indépendance d'un côté et le maintien des liens avec la République de l'autre", accuse Gilles Simeoni, qui dirige l'exécutif corse.

"L'objectif, c'est d'obtenir un statut d'autonomie dans les trois ans à venir,"
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Gilles Simeoni confirme même encore que leur volonté est de "le mettre en oeuvre sur une période de dix ans". Pour le leader autonomiste, l'indépendance de l'île de Beauté "n'est pas souhaitable". C'est ce qu'il affirme pour l'heure, comme les tenants du PACS qui ne voulaient pas du "mariage pour tous" ou le passage de la PMA (procréation médicalement assistée) à la GPA (gestation pour autrui)...

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"Je pense rigoureusement le contraire de Simeoni sur ce point", réagit Jean-Guy Talamoni. Mais le leader indépendantiste reconnaît "l'avance qu'a la Catalogne sur le plan institutionnel et économique par rapport à la Corse"

Les deux alliés objectifs s'accordent pour dire que les Corses décideront "plus tard"

Résultat de recherche d'images pour "independance de la Corse"
"Notre accord stratégique est la demande d'autonomie, et il n'y a aucun caractère mécanique pour aller plus loin", insiste Gilles Simeoni. Dans leur programme en dix points, les nationalistes se prononcent pour "une autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire et fiscal".

Le chercheur Thierry Dominici, docteur en sciences politiques, ne veut pas croire en un scénario à la catalane pour la Corse, même si les idées nationalistes progressent dans l'électorat - "la 'corsité' touche tout le monde", prévient-il. Mais il compare plutôt l'île de Beauté à l'Ecosse où, "par crainte économique, 55% ont voté contre l'indépendance en 2014". 
Ce socio-politologue auteur d'une étude comparée des forces nationalitaires contemporaines corses estime que les mouvements nationalistes sont plus culturels que politiques et conclut : "Aujourd'hui en Corse, je ne suis pas certain que les insulaires voteraient même pour l'autonomie".

Ce spécialiste de la jeunesse insulaire l'assure, "la plupart des jeunes n'adhèrent pas à la démarche hégémonique de Femu a Corsica (de Gilles Simeoni), et le militant de base ne comprend pas la démarche de l'exécutif". "Ils pensaient qu'en mettant des élus nationalistes au pouvoir, ils auraient un gouvernement corse, alors que ce ne sont que les gestionnaires d'une région", commente-t-il.

Les nationalistes "n'ont pas révolutionné le système, d'autant plus qu'ils ne le peuvent pas : ils sont tenus par le droit", poursuit le chercheur. Jean-Guy Talamoni juge néanmoins que ces deux ans à diriger la CTC ont "rassuré ceux qui n'avaient pas voté pour nous". L'indépendantiste mise manifestement sur la durée.
Aux élections de décembre, un petit parti indépendantiste fera cavalier seul : le Rinnovu promet d'ailleurs aux insulaires un référendum d'autodétermination, en 2032.

L'Outre-mer a-t-il aussi des velléités d'autonomie ?

Après une troisième et vaine tentative d'élection, la Nouvelle-Calédonie se cherche toujours un chef de l'exécutif.
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Nouvelle caledonie INDEPENDANTISTE"Les onze membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont tenté ce jour - pour la troisième fois depuis le 31 août - d'élire leur président, mais les divisions entre non-indépendantistes ont à nouveau conduit à l'échec. "Il n'y avait qu'un seul candidat en lice, Philippe Germain. Il a recueilli cinq voix et six bulletins étaient blancs", a déclaré à la presse une porte-parole du gouvernement collégial de l’archipel, déjà très autonome. Le président sortant et candidat de la Plateforme, qui réunit les principaux partis de la droite, Philippe Germain, n'a pas obtenu la voix du sixième ministre non-indépendantiste et non membre de la Plateforme.
Selon des sources concordantes, le comité des signataires de l'Accord de Nouméa, qui rassemblera les acteurs locaux début novembre à Matignon sous l'égide d'Edouard Philippe, pourrait amorcer une sortie de crise. La Nouvelle-Calédonie traverse une période politiquement sensible avec la tenue au plus tard en novembre 2018 d'un référendum sur l'indépendance.

Macron favorable au maintien dans la communauté nationale.
"J’ai la volonté de travailler davantage à l’inclusion des territoires d’outre-mer dans leur environnement régional. Dans ce cadre-là, il est important pour la France de rappeler son attachement au Pacifique ", a affirmé, dans un entretien avec Nouvelles Calédoniennes, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement dans l’archipel du Pacifique, cet été. "La France respectera le choix qui sera fait, a-t-elle assuré. 
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré souhaiter "que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale. […] Je suis convaincu que la présence de la France est nécessaire pour garantir la paix civile et le développement."
Deux options : Etat associé ou Etat fédéré ?
"Aucun État associé n’est pleinement indépendant, mais les compétences régaliennes qu’il délègue le sont toujours de manière volontaire", expliquait Jean-Jacques Urvoas. Alors ministre, il rappela que l’article 88 de la Constitution autorise la France à "conclure des accords avec des États, qui désirent s’associer à elle". Ils demandent à entrer dans la communauté française et non à en sortir.
La seconde option serait la création d’un État fédéré, une fédération de Nouvelle-Calédonie qui "permettrait de satisfaire les revendications des deux parties - un État pour les indépendantistes, le maintien dans la République pour les non-indépendantistes ". Ce statut nécessiterait une révision constitutionnelle pour créer "un lien de nature fédérale entre la République et un seul de ses territoires", instituant "un fédéralisme asymétrique d’une rare originalité sans équivalent dans le reste du monde !"

Et la Guyane ?
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Guyane INDEPENDANTISTE"
Un référendum local sur l'autonomie de la Guyane a eu lieu le 10 janvier 2010, le même jour que le référendum sur l'autonomie de la Martinique, organisé en Martinique. Comme ce dernier, il se solda par une large victoire du Non. Il avait été décidé courant 2009 à la suite de la grève générale aux Antilles en début d'année. Cette consultation proposait une autonomie accrue, en passant sous le statut de collectivité d'outre-mer au lieu de celui de département et de région.
A la suite de ce rejet, un nouveau référendum fut organisé le 24 janvier, proposant simplement un régime d'assemblée unique remplaçant le Conseil général et le Conseil régional. Après ce scrutin, la création de l’Assemblée de Guyane était prévue pour le 1er janvier 2016. C'est l'assemblée délibérante de la collectivité territoriale unique de Guyane (CTG), présidée par Rodolphe Alexandre (DVG) qui fut exclu du PS de Guyane et battit Christiane Taubira aux Régionales de 2010. Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique du caractère flou du projet, cette ministre PRG de Hollande appella à voter "Oui". Cette militante indépendantiste devenue députée de Guyane retournait donc ainsi à ses amours de jeunesse.