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mardi 2 avril 2019

La venue de Macron en Corse fait monter les tensions dans l'île

Les dirigeants autonomistes ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. 

Des charges explosives ont été retrouvées à Bastia
Simeoni et Talamoni font peu cas de Macron (Ajaccio, février 2018)

Alors que le chef de l'Etat est attendu jeudi en Corse, les dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. C'est la dernière étape - explosive - du tour de France en gilet jaune que Macron a engagé dans le cadre de son grand débat, pré-campagne électorale déguisée.

Jeudi 4 avril, Emmanuel Macron va se rendre en Corse pour une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano (Corse-du-Sud). Sa visite suscite des craintes d'une reprise des violences : la police a fait la découverte lundi de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. Des événements qui n'ont pas été revendiqués, mais qui n'ont pas non plus été ébruités par les grands media institutionnels.

"Ça n'a pas explosé, c'est un avertissement, c'est une charge pour impressionner et avertir", a commenté lundi après-midi Jean-Pierre Battestini, secrétaire général local de la CGT Finances Publiques, présent sur place. Il a fustigé, dans un communiqué, des attentats et tentatives d'attentats qui "mettent en péril la vie des personnels et fragilisent (...) nos missions de services publics au moment où justement le président Macron veut les supprimer. Macron et poseurs de bombe poursuivent les mêmes objectifs au détriment de l'intérêt général de la Corse".

Une journée "Ile Morte", 
comme Bordeaux "ville morte" pour l'Acte XX...

La visite du chef de l'Etat sur l'Ile de Beauté s'annonce délicate. Dès lundi matin, le président autonomiste du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni avait annonçait qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à la rencontre avec les élus. Estimant que "la venue du président de la République s'inscrit dans un climat tendu", il craint que la "situation de crise économique et sociale structurelle et de blocage politique ne p(uisse) conduire qu'à la résurgence de la logique de conflit, et donc à une impasse, aussi bien pour la Corse que pour l'Etat".

Vendredi, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni avait déjà indiqué qu'il "n'irait pas à Cozzano", assurant que les nationalistes ne pratiquent "pas une politique de la chaise vide" mais que "cette visite n'a strictement aucune chance de déboucher sur un dialogue".

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée des partis de Gilles Simeoni (Femu a Corsica), Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) et Jean-Christophe Angelini (PNC), a par ailleurs appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ce jeudi entre 12h et 18h.

Macron se dit "disponible et volontaire"

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce de son côté le chef de l'Etat dans un entretien à Corse-matin publié mardi matin. Au cours du débat, il entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.
Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée""Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

La marche-arrière de Macron

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutient le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

mercredi 7 février 2018

Corse : Macron aurait porté "atteinte aux droits de la défense"

Le bâtonnier de l'ordre des avocats d'Ajaccio  porte cette accusation contre le chef de l'Etat

Le chef de l‘Etat crée une polémique dès le premier jour de sa visite officielle en Corse

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Le président de la République n'est pas au centre...
Lors de sa participation aux commémorations de l‘assassinat au préfet Claude Erignac, lâchement tué dans le dos à Ajaccio le 6 février 1998 par un commando nationaliste, Emmanuel Macron a souligné dans son discours que "ce qui s‘est passé ici ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s'explique pas, ce fut un assassinat, un attentat".

Le chef de l‘Etat s‘est exprimé devant le président de la collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, qui a défendu en tant qu'avocat le nationaliste Yvan Colonna, définitivement condamné pour l‘assassinat du préfet.

Le bâtonnier Stéphane Nesa a protesté suite aux propos du président de la République mardi sur l'assassinat du préfet Claude Erignac

Dire, comme Macron, que l'assassinat du préfet Claude Erignac ne peut ni se justifier, ni "se plaider"  constitue une "atteinte aux droits de la défense".
"Malgré la douleur de la famille du préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s‘interroger sur cette formulation qui ne peut qu‘apparaître comme une atteinte aussi violente qu‘infondée aux droits de la défense", soutient Stéphane Nesa dans un communiqué commun, émanant simultanément des barreaux d’Ajaccio et de Bastia..

"Le président de la République affirme par ses propos (...) que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l‘assistance d'un avocat, au regard des actes qu‘ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime”, ajoute ce conseil de Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio et soutien d'Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

La déclaration du président est "une atteinte sans précédent aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République", insiste Stéphane Nasa, en fonctions à la tête de l'ordre des avocats depuis janvier 2018.
Un rôle d'avocat qui se perd... "Regardez, on est tellement en perte de repère qu'on en arrive à des dérives totalement inacceptables, comme ce qu'il s'est passé dernièrement à Ajaccio avec le bâtonnier Me Gatti, explique Me Nasa Me Gatti a été insulté pour avoir défendu une personne et ce en raison de l'origine de cette personne, et parce qu'il a eu l'audace d'évoquer un certain nombre de sujet à la barre. C'est inacceptable, donc je le répète : il faut que l'on recentre aussi l'avocat, au coeur de la société."
"En privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, la parole présidentielle contrevient à l'Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines", explique-t-il.
Voici le communiqué commun des bâtonniers de l’ordre des avocats du barreau d’Ajaccio et de Bastia, Stéphane Nesa et Gilles Antomarchi : 
"Ce jour, à l’occasion de la commémoration des 20 ans de l’assassinat du préfet Claude Erignac, M. Emmanuel Macron, Président de la République, en cette qualité garant des institutions et de la séparation des pouvoirs, a déclaré : 
"… car ce qui s’est passé ici le 6 février 1998, ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas…"
Malgré la douleur de la famille du Préfet qui impose le plus profond respect et la plus grande empathie, on ne peut que s’interroger sur cette formulation qui ne peut qu’apparaître comme une atteinte aussi violente qu’infondée aux droits de la défense. 
Le Président de la République affirme par ses propos, qui ne peuvent être le fruit d’une improvisation maladroite étant donné la solennité du moment, que certains justiciables ne sauraient bénéficier de l’assistance d’un avocat, au regard des actes qu’ils ont commis et surtout de la personnalité et des fonctions occupées par la victime. 
Il s’agit d’une atteinte sans précédent aux Principes Fondamentaux Reconnus par les Lois de la République, intégrés dans le bloc de constitutionnalité, et dont l’avocat est l’un des piliers essentiels. 
La parole présidentielle, en privant un justiciable du droit d’être assisté et défendu, contrevient à l’Etat de droit et fragilise le socle même des valeurs républicaines. 
Nous entendons solennellement rappeler, comme d’autres l’ont fait avant nous, que nous avons prêté serment d’exercer notre mission avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, de sorte qu’il nous faut "les défendre tous", sous la seule réserve de notre conscience et du choix des moyens de défense. 
Telles sont les valeurs auxquelles nous n’entendons pas renoncer."
L'Elysée estime que cette "polémique n‘avait pas lieu d’être"

"L'expression du président visait la notion d‘une défense politique et ne visait absolument pas la défense judiciaire", a-t-on nuancé. 

"Son propos visait le sujet politique. Il considère qu'on ne peut pas plaider ni défendre un attentat contre un préfet".

Mais la LDH Corsica se dit "interpellée" par les propos d'Emmanuel Macron
"La Ligue des droits de l'Homme est interpellée par les propos du Président de la République tenus lors de la cérémonie d'hommage au préfet Claude Erignac ce mardi 6 février. Alors qu'il affirme la nécessité de l'Etat de droit, il déclare dans le même temps "ce qui s'est passé ici ne se plaide pas". 
Il semble pour le moins contradictoire d'associer l'Etat de droit et, dans le même propos, la négation du droit à la défense constitutif du procès équitable et d'une justice démocratique."

samedi 3 février 2018

Des milliers de manifestants nationalistes à Ajaccio

Entre 5.600 à 6.000, selon la préfecture et 22.000 à 25.000, selon les organisateurs 

Les Corses ont défilé à l'appel des dirigeants nationalistes, samedi après-midi dans les rues d'Ajaccio

"C'est une mobilisation sans précédent ces dernières années", s'est félicité le leader nationaliste Gilles Simeoni. "C'est un message très fort qui est envoyé par les Corses. Maintenant, au président de la République de dire, de parler et, je l'espère, de montrer qu'il a entendu ce que nous avons dit aujourd'hui", a ajouté Simeoni à la fin de cette manifestation, qui s'est achevée dans le calme, 

Trois jours avant une visite du président de la République Emmanuel Macron sur l'île

Résultat de recherche d'images pour "ajaccio manifestation 2018"Les Corses étaient appelés à manifester afin de "convaincre" le président français Emmanuel Macron, d'"ouvrir un dialogue" sur leurs revendications, selon le président autonomiste du conseil exécutif. 

Le 11 février 1998, cinq jours après l'assassinat du préfet Claude Erignac, quelque 15.000 personnes avaient manifesté à Ajaccio, selon la police et environ 13.000 à Bastia, selon la police, pour exprimer leur refus de la violence. (Avec AFP)

mardi 16 février 2016

Football: l'arrestation de hooligans déclenche une insurrection à Bastia, puis Corte

Les violences contre des policiers au match de Reims ne suffisaient pas

La justice recule: les ultras obtiennent l'ajournement du procès au 22 mars.
Auteurs présumés de violences sur des policiers à l'issue de la victoire du club de football corse à Reims (Marne) samedi soir, sept jeunes supporteurs du Sporting Club de Bastia (Haute-Corse) n'ont finalement pas été jugés en comparution immédiate pour "menaces, rébellion et outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique," ce lundi, à 14h, alors que de nouveaux affrontements entre manifestants et gendarmes ont éclaté à Corte en début de soirée.
Jusqu'au 22 mars, les sept individus seront soumis à un contrôle judiciaire, avec notamment obligation de pointer au commissariat au début et à la mi-temps de chacun des matches du SC Bastia et interdiction de port d'armes. Le huitième supporter mis en garde à vue, âgé de 17 ans, devrait être présenté à un juge des enfants dans un délai d'un mois.

La violence s'étend en région de Haute-Corse depuis l'annonce de la mise en garde à vue des huit supporters bastiais, tous âgés de moins de 24 ans et accusés d'avoir provoqué les échauffourées avec les forces de l'ordre dans la cité champenoise samedi. 
Organisé dimanche soir devant le commissariat de Bastia pour soutenir le supporter blessé, le rassemblement de 400 personnes a été marqué par des affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre. Selon la préfecture, des cocktails molotov ont provoqué un "incendie près d'une station service", qui aurait à son tour occasionné l'explosion de plusieurs bouteilles de gaz. Un CRS a été blessé durant ces affrontements.

Les trois syndicats étudiants de Corse, tous nationalistes, ont appelé à une journée "université morte" à Corte

A 70 km au sud de Bastia, 200 étudiants se sont rassemblés dans la journée de lundi pour dénoncer les poursuites engagées contre les supporteurs et les violences policières. 

En début de soirée, un rassemblement de 500 personnes devant la gendarmerie de Corte a également été marqué par des affrontements. Quelques dizaines de jeunes manifestants encagoulés ont lancé divers projectiles (pierres, planches, gros pétards) en direction des gendarmes, massés derrières les grilles de la gendarmerie. Seuls deux jeunes "étudiants" ont été interpellés. Aucun blessé n'était à déplorer quand les échauffourées ont pris fin, vers 23h, mais la gendarmerie a subi d'importants dégâts (grilles enfoncées, vitres brisées, caméras de surveillance détruites).


Les gendarmes mobiles en tenue anti-émeute, massés derrières les grilles de la gendarmerie étaient les cibles des harceleurs. Les forces de l'ordre avaient riposté en lançant des grenades lacrymogènes, faisant reculer des émeutiers très aguerris. De petits groupes très mobiles étaient ensuite revenus harceler les gendarmes à plusieurs reprises.

Les agressions de hooligans sur les policiers de Reims

Samedi 13 février, des provocations de supporteurs ont dégénéré à Reims à la suite du match de ligue 1 Reims-Bastia, au cours desquelles un supporter bastiais de 22 ans, Maxime Beux, a été gravement blessé à l'oeil. D'après le récit du procureur, dès la fin du match, une vingtaine de supporters a commencé à lancer des engins incendiaires. "Un groupe très restreint" avait déjà  "proféré des insultes à l'encontre des forces de police pendant tout le match". Après le match, la majorité des supporters seraient remontée dans le bus, sauf une dizaine, qui a commencé à lancer des fumigènes sur les forces de l'ordre. Celles-ci auraient riposté, utilisant à une seule reprise un flash-ball envers un manifestant - sans conséquences pour sa santé, précise le procureur.

Certaines voix partisanes évoquent pourtant des violences policières injustifiées. 
Le président nationaliste de la Collectivité Territoriale corse (CTC), Gilles Simeoni, et le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, affirment que le jeune supporter blessé aurait été victime d'un tir de flash-ball, une version  défendue par Roger Castellani, un témoin cité par la presse locale. Dans un communiqué conjoint, ils évoquent "des témoignages concordants" qui "font état de comportements provocateurs et brutaux des forces de l'ordre: allusions directes à la situation politique en Corse, insultes racistes, passage à tabac de plusieurs jeunes."
Gilles Simeoni va jusqu'à parler de "racisme anti-corse" pour expliquer ces interpellations. Même son de cloche du côté du principal club de supporteurs bastiais, Bastia 1905, qui affirme sur son compte Facebook que le groupe de supporters aurait été "passé à tabac par des forces de police surexcitées et armées" et parle d' "un tir de flash-ball en plein visage". Une information judiciaire devrait être ouverte pour déterminer l'origine précise de la blessure de la victime parmi la dizaine d'excités, dont l'oeil serait "définitivement perdu".
Dans un communiqué publié dimanche, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a "fait part de son indignation" après ces incidents. Il demande aux "responsables du Sporting Club de Bastia d'intensifier leur travail de lutte contre les dérives de certains de leurs supporters ultras". Il appelle également à une poursuite de la lutte contre le "hooliganisme".

Les violences insurrectionnelles s'étendent de Bastia à Corte

De faux manifestants étudiants ou de vrais militants nationalistes ?
Quelque cinq cents fans de foot, en majorité des étudiants, mais aussi des militants nationalistes, s'étaient rassemblées en fin d'après-midi devant la gendarmerie, située à la périphérie de Corte dans un quartier pavillonnaire. Ils entendaient aussi  manifester leur soutien aux supporters du SC Bastia poursuivis à Reims pour violences lors de heurts avec la police samedi soir.


VOIR et ENTENDRE un reportage sur les affrontements entre manifestants et gendarmes mobiles à Corte:




mercredi 8 mai 2013

Légion d’Honneur: Filippetti rivalise de stupidité

Bob Dylan, "indigne" de la Légion d’Honneur

Selon le "Canard Enchaîné", la proposition d'Aurélie Filippetti de récompenser "le prophète de la folk" a été refusée par la chancellerie de l'ordre.
  

Icône de la contestation lors de la guerre du Vietnam, consommateur de cannabis…   Né Robert Allen Zimmerman en 1941, Bob Dylanl’insoumis, sera-t-il bientôt nommé chevalier de la Légion d’Honneur ? D’après le Canard Enchaîné, la réponse est non, pour le grand chancelier Jean-Louis Georgelin, qui aurait refusé la candidature de l’artiste au motif qu’il en serait "indigne".


Comme le veut la procédure, le nom de Bob Dylan a été donné par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, qui laisse ensuite les 17 membres du Conseil de l'Ordre de la Légion d'honneur examiner ses propositions, et en éliminer 15%. 


Les noms restants sont ensuite soumis au président de la République.



Mais "dans le cas de la liste avec Bob Dylan, rien n'a encore été fixé," insiste-t-elle


A la suite de l’article du Canard Enchaîné, la chancellerie n’a pas démenti mais a tenu à rectifier:
"Le général Georgelin ne décide pas seul des attributions de la Légion d'honneur, mais en concertation avec le Conseil de l'Ordre. Ensuite, ce dernier n'a pas encore délibéré de la liste que le ministère de la Culture a transmise et qui contient effectivement le nom de Bob Dylan. Cette délibération est normalement confidentielle, et l'on ne communique que la liste des personnes retenues. Dans le cas de la liste avec Bob Dylan, rien n'a encore été fixé"rapporte Actualitté. Autrement dit, l'exécutif continue d'imposer ses choix et préférences partisane: Hollande se targuait de changer certaines pratiques, mais c'est un mensonge de plus.


Comme le rappelle d'ailleurs Le FigaroBob Dylan est déjà Chevalier des Arts et Lettres depuis 1990, à l'initiative de Jack Lang. En mai 2012, l’artiste avait par ailleurs reçu la "médaille de la liberté", équivalent américain de la Légion d’honneur, des mains de Barack Obama. 

Alors que la Grande Chancellerie a émis des réserves sur une décoration du rocker Bob Dylan, de nombreuses remises de la  Légion d'honneur ont fait polémique.

=>
 En 1981, le général d’armée Alain de Boissieu, grand chancelier de la Légion d’honneur depuis 1975, démissionne pour ne pas avoir à remettre, comme cela est la tradition pour tout président élu, le collier de grand maître de l’ordre à François Mitterrand, parce que ce dernier avait par le passé traité Charles de Gaulle de " dictateur ".


Ces autres légions d'honneur qui ont fait polémique


Le couturier John Galliano s'est vu retirer sa Légion d'honneur 
après sa condamnation pour propos antisémites


















• John Galliano déchu de la Légion d'honneur

Condamné en septembre 2011 à 6000 euros d'amende avec sursis pour 
injures antisémites, le couturier britannique John Galliano s'est vu retirer sa Légion d'honneur le 20 août 2012 par un décret du président de la République, François Hollande, publié au Journal officiel. L'ancien directeur artistique de Dior avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur lors de la promotion du 1er janvier 2009, aux de Zinédine Zidane, du prix Nobel de médecine, Luc Montagnier, et de Simone Veil. Il avait été auparavant licencié par la maison de couture en mars dans la même affaire.
Bien que s’étant vu retirer cette décoration, Maurice Papon a néanmoins tenu à être enterré avec.

• La controversée Légion d'honneur de Patrice de Maistre

En juin 2010, en pleine affaire Bettencourt, la révélation de la décoration de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal.
L'ex-employé de la milliardaire a été inculpé de trafic d'influence actif le 12 juin suivant.

• Jacques Chirac décore Vladimir Poutine

La décoration du président russe par son homologue français en septembre 2006 devait rester secrète. Si Jacques Chirac avait pris soin de ne pas convier la presse à cette cérémonie très privée, Vladimir Poutine avait quant à lui invité un caméraman et un photographe qui ont fait diffuser à la télévision russe la remise des insignes de Grand Croix de la Légion d'honneur à leur président, dans les salons de l'Élysée.
Ces images ont rapidement gagné la France via Dailymotion (France Télécom), provoquant un vif émoi. Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une cérémonie "choquante". "Qu'un prédateur de la liberté de la presse soit élevé à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur est une insulte faite à tous ceux qui, en Russie, luttent pour la défense de la liberté de la presse, la liberté d'être informé et pour l'existence d'une démocratie effective dans ce pays", s'est insurgée l'organisation progressiste.

  • Nicolas Sarkozy remet la légion d'honneur à... Lionel Jospin 



  • Un décret du président Sarkozy prévoit que la "dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins"...

    • Gérard Romiti, un ex-nationaliste corse décoré

    La nomination de Gérard Romiti, le président du comité national des pêches maritimes et des élevages marins, comme chevalier de la Légion d'honneur en janvier 2013, a fait quelques vagues sur l'île de Beauté, celui-ci étant une ancienne figure de l'indépendantisme corse. Pouvait-il, dès lors, accepter cette décoration d'un État qu'il a autrefois honni? Si ses compagnons nationalistes l'appelaient à refuser, l'intéressé affirmait le 7 janvier à Corse Matin qu'une telle décoration "ne se refuse pas". "Je ne la porterai pas", avait-il toutefois ajouté.
    Christiane Taubira, ancienne indépendantiste, est Grand Croix. 
    D'office ! Mais elle ne portera pas sa distinction et c'est mieux comme ça.

  • Les premières femmes décorées


    L'ordre est très majoritairement masculin. Depuis 2008, Le Conseil de l'Ordre veille à la parité au total, autant de décorés femmes que hommes.
    Première femme chevalier : Marie-Angélique Duchemin, veuve Brûlon, militaire, par Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la seconde république, en 1851.
    Première femme officier : Rosa Bonheur, artiste-peintre, sculptrice et féministe, en 1894 .
    Première femme commandeur : Anna de Noailles, poétesse et romancière française, d'origine roumaine, en 1931.
    Première femme grand officier : l'écrivain Colette en 1953Première femme grand-croix : Élisabeth II du Royaume-Uni en 1948.
    Le 13 juillet 2012, Simone Veil devient la douzième femme à obtenir la distinction suprême de Grand-Croix.
    Et Najat, elle a pensé à qui ? Gisèle Halimi ?

  • Et ceux qui ont refusé le "ruban rouge" ? 

    De nombreuses personnalités se flattent de l'avoir refusé

    La FayetteGeorge Sand (qui écrivit au ministre qui lui proposait la Croix : " Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille cantinière !"), Honoré Daumier (qui déclara : " Je prie le gouvernement de me laisser tranquille !"), Émile LittréGustave CourbetGuy de MaupassantMaurice Ravel (qui refuse immédiatement cette distinction, sans donner de justification),Pierre et Marie Curie (Pierre rétorqua simplement : "Je n’en vois pas la nécessité"), Claude MonetGeorges BernanosJean-Paul SartreSimone de BeauvoirAlbert CamusAntoine PinayBrigitte Bardot (qui est décorée en 1985 mais refuse d’aller la chercher), Aimé CésaireCatherine Deneuve, Mylène Farmer...
    Hector Berlioz, auquel l’État désargenté voulait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de verser les 3 000 francs promis, s’écria : "Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! "
    Marcel Aymé, en 1949, termine ainsi ses mots de refus : " [...] pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi désirables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens."
    Edmond Maire (CFDT) la refusa en déclarant : "Ce n’est pas à l’État de décider ce qui est honorable ou pas." A qui, alors ? Aux syndicats ?
    En 2009, les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont clamé leur refus de la décoration : "Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction."
    L'auteur de bandes dessinées Jacques Tardi l'a refusé le 2 janvier dernier voulant "rester un homme libre et ne pas être pris en otage par quelque pouvoir que ce soit".
    En août 2012, la chercheuse Annie Thébaud-Mony, spécialiste des cancers professionnels, avait refusé cette décoration pour dénoncer l'"indifférence" qui touche la santé au travail et l'impunité des "crimes industriels", avait-elle alors écrit à la ministre du Logement, Cécile Duflot.

  • Ceux qui, quoi qu'on en dise, n’ont jamais été nommés dans la Légion d’honneur, et ne peuvent donc l’avoir officiellement refusée...

  • Geneviève de Fontenay;  Victor Moreau. 

    La légende communiste veut que 
    Louis Aragon l'aurait refusée mais le président François Mitterrand lui remit ses insignes de chevalier de la Légion d’honneur le 19/11/1981. Réaction de Jacques Prévert qui, feignant la sévérité, lui lance : "C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée."

    Les anarchistes Georges Brassens 
    écrivit  même une chanson irrespectueuse et Léo Ferré fustigea pour sa part "ce ruban malheureux et rouge comme la honte" !

  • Les erreurs


  • En 1957, alors que Mitterrand  était ministre d'Etat, le Conseil d'État consentit à rendre la Légion d'honneur décernée par le président Gaston Doumergue à ...
    René Bousquet.
    Pierre Bergé est commandeur de la Légion d'honneur.

    Le 1er janvier 2013, à l'instar de ...681 autres récipiendaires, Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, a été promu chevalier de la Légion d'honneur, sans qu'on sache quels services ila rendu à la France.
    A Pâques 2013, ce sont 563 décorés de la Légion d'Honneur qui ont été décernées, à Lilian Thuram, la chanteuse Juliette, Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France des dopés, Jean-Louis Bianco, ancien ministre et co-directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, Serge Moscovici, père de l'actuel ministre de l'économie, Pierre. Cécile Duflot, nouveau ministre du Logement, vient de faire pleuvoir deux croix d'officier et vingt-huit croix de chevalier.


  • Ceux et celles qui manquent (peut-être) à la liste
    Franck Ribéry, Edwy Plenel, Laurent Mouchard-)Joffrin, Yvan Colonna ou Élie Domota, Abdelaziz BouteflikaDaniel Cohn-Bendit ou Eva Joly, Ségolène Royal ou Valérie Trierweiler, ...