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jeudi 23 mars 2017

Baptême du feu pour Fekl à Corte où 25 cocktails Molotov ont été lancés sur la sous-préfecture

Accueil en fanfare du quatrième ministre socialiste de l'Intérieur en cinq ans

Vingt-cinq cocktails Molotov ont été lancés contre la sous-préfecture de Corte, Haute-Corse,  

Sous-préfecture de Corte, avril 2012
dans la nuit de mercredi à jeudi sans faire de blessé, a annoncé le ministre de l'Intérieur - pour deux mois - Matthias Fekl, le quatrième, après Valls, Cazeneuve et Le Roux, démissionnaire.

Fekl, un quadra qui ne renouvelle pas le langage des communiqués officiels 
C'est en langue de bois quu'il a condamné "avec la plusen avril 2012 grande fermeté" ces violences, "une offense à la Corse et aux Corses, à leur profond attachement à la République et au respect de ses lois", prétend le communiqué. 

Le ministre n'a pas manqué de remercier tout le monde, les forces de l'ordre et des pompiers pour leur intervention -et probablement leur professionnalisme ?- les assurant de la mobilisation du ministère de l'Intérieur pour identifier les auteurs de cette opération "qui devront répondre de leurs actes devant la Justice." 

"Aucune victime n'est à déplorer mais une évaluation de l'étendue des dégâts est en cours"
Gérard Gavory, le préfet de Haute-Corse, n'avait pas attendu que le ministère s'exprime pour diffuser un communiqué distinct. Le préfet a apporté son soutien au sous-préfet de Corte et aux personnels de la sous-préfecture et remercié les pompiers dont l'intervention rapide a "permis de maîtriser le début d'incendie".

Beaucoup de paroles convenues, peu de faits

Les cocktails Molotov ont été lancés vers 23h30 sur la façade de la sous-préfecture, au centre de Corte, dans laquelle se trouve aussi la résidence du sous-préfet. L'action n'a pas été revendiquée et il n'y a pas eu d'interpellation.

Le "profond attachement [des Corses] à la République et au respect de ses lois", selon Fekl, restent à démontrer.
Cette sous-préfecture avait en effet déjà été la cible de jets de cocktails Molotov le 17 novembre 2016. Les prochains, dans quatre mois ?

Le 10 mars dernier, le commissariat de police d'Ajaccio avait été visé lors d'une action identique menée par une dizaine de jeunes nationalistes aux visages masqués.
La façade avait été endommagée, ainsi que plusieurs véhicules de service et voitures personnelles de policiers stationnées devant la commissariat. L'action n'avait pas été revendiquée, mais un mineur avait été interpellé peu après et mis en examen. 

Difficile de ne pas y voir la volonté de s'en prendre à un symbole de l'Etat centralisateur et une intimidation du nouveau ministre, grand intello mou à la voix fluette. L'image même d'un patron de la police nationale, BAC ou RAID, qu'avant Hollande on n'imaginait pas possible, physique de premier de la classe (dispensé de sport) et risée de ses congénères. Déjà souffre-douleur ? 
Et Fekl est chargé de faire peur aux terroristes ?  

mardi 16 février 2016

Football: l'arrestation de hooligans déclenche une insurrection à Bastia, puis Corte

Les violences contre des policiers au match de Reims ne suffisaient pas

La justice recule: les ultras obtiennent l'ajournement du procès au 22 mars.
Auteurs présumés de violences sur des policiers à l'issue de la victoire du club de football corse à Reims (Marne) samedi soir, sept jeunes supporteurs du Sporting Club de Bastia (Haute-Corse) n'ont finalement pas été jugés en comparution immédiate pour "menaces, rébellion et outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique," ce lundi, à 14h, alors que de nouveaux affrontements entre manifestants et gendarmes ont éclaté à Corte en début de soirée.
Jusqu'au 22 mars, les sept individus seront soumis à un contrôle judiciaire, avec notamment obligation de pointer au commissariat au début et à la mi-temps de chacun des matches du SC Bastia et interdiction de port d'armes. Le huitième supporter mis en garde à vue, âgé de 17 ans, devrait être présenté à un juge des enfants dans un délai d'un mois.

La violence s'étend en région de Haute-Corse depuis l'annonce de la mise en garde à vue des huit supporters bastiais, tous âgés de moins de 24 ans et accusés d'avoir provoqué les échauffourées avec les forces de l'ordre dans la cité champenoise samedi. 
Organisé dimanche soir devant le commissariat de Bastia pour soutenir le supporter blessé, le rassemblement de 400 personnes a été marqué par des affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre. Selon la préfecture, des cocktails molotov ont provoqué un "incendie près d'une station service", qui aurait à son tour occasionné l'explosion de plusieurs bouteilles de gaz. Un CRS a été blessé durant ces affrontements.

Les trois syndicats étudiants de Corse, tous nationalistes, ont appelé à une journée "université morte" à Corte

A 70 km au sud de Bastia, 200 étudiants se sont rassemblés dans la journée de lundi pour dénoncer les poursuites engagées contre les supporteurs et les violences policières. 

En début de soirée, un rassemblement de 500 personnes devant la gendarmerie de Corte a également été marqué par des affrontements. Quelques dizaines de jeunes manifestants encagoulés ont lancé divers projectiles (pierres, planches, gros pétards) en direction des gendarmes, massés derrières les grilles de la gendarmerie. Seuls deux jeunes "étudiants" ont été interpellés. Aucun blessé n'était à déplorer quand les échauffourées ont pris fin, vers 23h, mais la gendarmerie a subi d'importants dégâts (grilles enfoncées, vitres brisées, caméras de surveillance détruites).


Les gendarmes mobiles en tenue anti-émeute, massés derrières les grilles de la gendarmerie étaient les cibles des harceleurs. Les forces de l'ordre avaient riposté en lançant des grenades lacrymogènes, faisant reculer des émeutiers très aguerris. De petits groupes très mobiles étaient ensuite revenus harceler les gendarmes à plusieurs reprises.

Les agressions de hooligans sur les policiers de Reims

Samedi 13 février, des provocations de supporteurs ont dégénéré à Reims à la suite du match de ligue 1 Reims-Bastia, au cours desquelles un supporter bastiais de 22 ans, Maxime Beux, a été gravement blessé à l'oeil. D'après le récit du procureur, dès la fin du match, une vingtaine de supporters a commencé à lancer des engins incendiaires. "Un groupe très restreint" avait déjà  "proféré des insultes à l'encontre des forces de police pendant tout le match". Après le match, la majorité des supporters seraient remontée dans le bus, sauf une dizaine, qui a commencé à lancer des fumigènes sur les forces de l'ordre. Celles-ci auraient riposté, utilisant à une seule reprise un flash-ball envers un manifestant - sans conséquences pour sa santé, précise le procureur.

Certaines voix partisanes évoquent pourtant des violences policières injustifiées. 
Le président nationaliste de la Collectivité Territoriale corse (CTC), Gilles Simeoni, et le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, affirment que le jeune supporter blessé aurait été victime d'un tir de flash-ball, une version  défendue par Roger Castellani, un témoin cité par la presse locale. Dans un communiqué conjoint, ils évoquent "des témoignages concordants" qui "font état de comportements provocateurs et brutaux des forces de l'ordre: allusions directes à la situation politique en Corse, insultes racistes, passage à tabac de plusieurs jeunes."
Gilles Simeoni va jusqu'à parler de "racisme anti-corse" pour expliquer ces interpellations. Même son de cloche du côté du principal club de supporteurs bastiais, Bastia 1905, qui affirme sur son compte Facebook que le groupe de supporters aurait été "passé à tabac par des forces de police surexcitées et armées" et parle d' "un tir de flash-ball en plein visage". Une information judiciaire devrait être ouverte pour déterminer l'origine précise de la blessure de la victime parmi la dizaine d'excités, dont l'oeil serait "définitivement perdu".
Dans un communiqué publié dimanche, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a "fait part de son indignation" après ces incidents. Il demande aux "responsables du Sporting Club de Bastia d'intensifier leur travail de lutte contre les dérives de certains de leurs supporters ultras". Il appelle également à une poursuite de la lutte contre le "hooliganisme".

Les violences insurrectionnelles s'étendent de Bastia à Corte

De faux manifestants étudiants ou de vrais militants nationalistes ?
Quelque cinq cents fans de foot, en majorité des étudiants, mais aussi des militants nationalistes, s'étaient rassemblées en fin d'après-midi devant la gendarmerie, située à la périphérie de Corte dans un quartier pavillonnaire. Ils entendaient aussi  manifester leur soutien aux supporters du SC Bastia poursuivis à Reims pour violences lors de heurts avec la police samedi soir.


VOIR et ENTENDRE un reportage sur les affrontements entre manifestants et gendarmes mobiles à Corte: