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mardi 2 avril 2019

La venue de Macron en Corse fait monter les tensions dans l'île

Les dirigeants autonomistes ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. 

Des charges explosives ont été retrouvées à Bastia
Simeoni et Talamoni font peu cas de Macron (Ajaccio, février 2018)

Alors que le chef de l'Etat est attendu jeudi en Corse, les dirigeants nationalistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont annoncé qu'ils ne participeront pas à la rencontre prévue avec les élus insulaires. C'est la dernière étape - explosive - du tour de France en gilet jaune que Macron a engagé dans le cadre de son grand débat, pré-campagne électorale déguisée.

Jeudi 4 avril, Emmanuel Macron va se rendre en Corse pour une rencontre avec les élus insulaires à Cozzano (Corse-du-Sud). Sa visite suscite des craintes d'une reprise des violences : la police a fait la découverte lundi de deux tentatives d'attentat contre des bâtiments des finances publiques à Bastia, et le plasticage de plusieurs résidences secondaires depuis le début mars. Des événements qui n'ont pas été revendiqués, mais qui n'ont pas non plus été ébruités par les grands media institutionnels.

"Ça n'a pas explosé, c'est un avertissement, c'est une charge pour impressionner et avertir", a commenté lundi après-midi Jean-Pierre Battestini, secrétaire général local de la CGT Finances Publiques, présent sur place. Il a fustigé, dans un communiqué, des attentats et tentatives d'attentats qui "mettent en péril la vie des personnels et fragilisent (...) nos missions de services publics au moment où justement le président Macron veut les supprimer. Macron et poseurs de bombe poursuivent les mêmes objectifs au détriment de l'intérêt général de la Corse".

Une journée "Ile Morte", 
comme Bordeaux "ville morte" pour l'Acte XX...

La visite du chef de l'Etat sur l'Ile de Beauté s'annonce délicate. Dès lundi matin, le président autonomiste du Conseil exécutif corse Gilles Simeoni avait annonçait qu'il ne "participera(it) pas en l'état" à la rencontre avec les élus. Estimant que "la venue du président de la République s'inscrit dans un climat tendu", il craint que la "situation de crise économique et sociale structurelle et de blocage politique ne p(uisse) conduire qu'à la résurgence de la logique de conflit, et donc à une impasse, aussi bien pour la Corse que pour l'Etat".

Vendredi, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni avait déjà indiqué qu'il "n'irait pas à Cozzano", assurant que les nationalistes ne pratiquent "pas une politique de la chaise vide" mais que "cette visite n'a strictement aucune chance de déboucher sur un dialogue".

La coalition nationaliste Pe a Corsica, formée des partis de Gilles Simeoni (Femu a Corsica), Jean-Guy Talamoni (Corsica Libera) et Jean-Christophe Angelini (PNC), a par ailleurs appelé à une demi-journée "Isula Morta" (Île morte) ce jeudi entre 12h et 18h.

Macron se dit "disponible et volontaire"

"Je viens en Corse disponible et volontaire. Disponible pour toutes celles et ceux qui seront présents, et volontaire pour échanger et apporter ma part de réponses de manière concrète", annonce de son côté le chef de l'Etat dans un entretien à Corse-matin publié mardi matin. Au cours du débat, il entend échanger "sur les sujets nationaux et la crise que nous traversons aujourd'hui, mais également pour répondre directement aux questions spécifiques de la Corse", qu'elles soient économiques, sociales ou politiques.
Indiquant avoir récemment eu "une longue discussion" avec Gilles Simeoni, le chef de l'Etat souligne que leur responsabilité commune "est de ne pas faire bégayer l'histoire" et de "tout faire pour que la page de la violence soit définitivement tournée""Je pense qu'on peut défendre l'identité de la Corse et respecter profondément la République et ses valeurs", précise-t-il.

Interrogé sur l'impression de rigidité qu'il avait laissée après sa première visite en Corse en février 2018, le président met en avant "la certaine tonalité" liée à la 20e anniversaire du préfet Claude Erignac, assassiné en février 1998. "Je dis toujours, là où je m'exprime, ce à quoi je crois très profondément", souligne-t-il.

La marche-arrière de Macron

Emmanuel Macron confirme que la principale annonce de cette première visite, l'inscription de la Corse dans la Constitution, est "toujours d'actualité". "C'est un geste politique fort. Un projet de texte a été débattu entre les représentants de la Collectivité de Corse et des maires et la ministre Jacqueline Gourault. Il a fait l'objet d'un compromis entre les attentes des Corses et les souhaits de la représentation nationale", indique-t-il, tout en reconnaissant que le texte "ne va pas aussi loin que certains l'auraient voulu". "Dès lors que la Constitution reconnaît la spécificité corse, l'efficacité sera au rendez-vous", assure-t-il.

Pour soutenir la langue corse, que les nationalistes souhaiteraient rendre obligatoire jusqu'en Terminale, il annonce une concession : le corse sera sur l'île l'une des spécialités du baccalauréat, avec quatre heures par semaine en première et six heures en terminale. Le chef de l'Etat a réaffirmé qu'il soutient le bilinguisme mais refusé la co-officialité du corse, "car il n'y a qu'une langue officielle dans la République".

Par ailleurs seront créés 55 postes dans les établissements scolaires à la rentrée 2019 et 40 à l'université. Ces avancées ont été actées lors d'une rencontre lundi entre les ministres Jean-Michel Blanquer (Éducation) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.

mardi 13 février 2018

L’ex-leader du FNLC en garde à vue pour injures à la veuve du préfet assassiné

Le terroriste libéré injurie la veuve du préfet Erignac

L’ex-leader du FLNC Charles Pieri a été placé en garde à vue mardi dans l’enquête sur un odieux message Facebook

Le nationaliste corse Charles Pieri, lors d'une manifestation à Ajaccio,
le 3 février 2018
Il injurie  la veuve du préfet Erignac, au moment même où se tenait à Paris une réunion sur l’avenir de l’île en présence de ses dirigeants, sous l’égide de la 'Mme Corse' du gouvernement, Jacqueline Gourault, 67 ans, et en présence des dirigeants nationalistes de l’île, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, et sur l’inscription de la spécificité Corse dans la Constitution, mesure contestée annoncée par Emmanuel Macron lors de sa visite.
L’inscription de la Corse dans la Constitution est la seule des revendications à laquelle Emmanuel Macron n’a pas opposé une fin de non-recevoir : MM. Simeoni et Talamoni doivent l'évoquer avec Mme Gourault. "C’est le début d’une discussion concrète", "nous allons demander aux représentants de la collectivité de Corse ce qu’ils souhaitent précisément à travers la modification constitutionnelle", a-t-elle expliqué. Macron a donc donné son accord de principe à une modification du contenu de la Constitution dont il ne connaît pas la teneur.
L’enquête, visant des faits d’ "injure par voie de communication", a été ouverte par le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard. Convoqué à 10h00 à la gendarmerie de Ghisonaccia (Haute-Corse), Charles Pieri, 67 ans, est arrivé avec ses deux enfants, soutenu par une dizaine de sympathisants réunis à l’appel de Sulidarita, une association de défense des prisonniers dits "politiques". Il devait être interrogé sur un message publié sur Facebook dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février, après la cérémonie d’hommage au préfet Erignac organisée en présence d’Emmanuel Macron. 

Diffusé sur le compte 'Di l’altu pianu' attribué à Charles Pieri, ce court texte comparait notamment la veuve du préfet aux femmes françaises ayant eu des relations sexuelles avec des soldats allemands pendant la Seconde guerre mondiale. 

Une "déclaration immonde, abjecte" dénoncée par la ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur

J. Gourault a salué la réaction "rapide, claire et nette" de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, qui a dénoncé fermement, dès dimanche midi, le message publié sur Facebook. Cette MoDem avait soutenu Alain Juppé, puis avait parrainé Macron.

La ministre a en revanche jugé "inquiétant" que Pieri reprenne un rôle de premier ordre "dans le parti de Jean-Guy Talamoni", Corsica Libera, mouvement nationaliste. "Le contenu de ce texte est inacceptable et contraire à ce que je suis et ce que je pense, au plan philosophique, éthique et politique", avait déclaré Gilles Simeoni. 

Jean-Guy Talamoni a attendu lundi pour réagir en son nom, après une réaction de son parti: "Quel qu’en soit l’auteur, je n’en partage évidemment pour ma part ni la forme ni la teneur"

Dans un entretien accordé à Corse-matin, avant la visite d’Emmanuel Macron en Corse, Charles Pieri avait annoncé "reprendre une place de responsable dans l’exécutif" de Corsica Libera. Il avait ensuite participé à la manifestation organisée à l’appel de MM. Talamoni et Simeoni, le 3 février, juste avant la visite du chef de l’Etat. A propos du retour au premier plan de Ch. Pieri dans les instances dirigeantes de Corsica Libera, J.-G. Talamoni avait jugé que sa présence était "dans l’ordre des choses". "Charles Pieri a toujours fait partie de Corsica Libera. Aujourd’hui, il est à nouveau responsable", avait-il confirmé, jugeant que c’était "le fonctionnement normal d’une organisation politique". 

La réapparition sur la scène publique de Charles Pieri pourrait toutefois constituer une épine dans le pied des dirigeants nationalistes, au moment où les nationalistes semblaient accepter de reprendre des discussions avec le gouvernement. 

L’ex-dirigeant du FLNC sera "utilisé par Paris pour mettre à distance un certain nombre des revendications nationalistes," 
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prévient le politologue Xavier Crettiez (professeur de sciences politiques à l'université de Versailles Saint-Quentin, auteur de nombreux ouvrages et articles sur les thèmes de la violence, du nationalisme et de l'analyse des mouvements sociaux, des islamistes à l'extrême gauche et à l'extrême droite, en passant par l'IRA, l'ETA ou les clandestins corses, pêle-mêle) qui voit en lui une "ombre tutélaire" au-dessus des têtes de MM. Talamoni et Simeoni.
Egalement connu pour ses liens supposés avec le grand banditisme corse, Charles Pieri est un ex-syndicaliste CFDT.
Candidat nationaliste aux élections municipales de Bastia, il est alors soupçonné d'avoir participé à l'assassinat d'un légionnaire, tué à Sorbo-Ocagnano, le 11 février 1982. Incarcéré, évadé, repris et de nouveau écroué, il est finalement acquitté par la cour d'Assises de Bordeaux en 1988. Entre-temps, Pieri s'est forgé une réputation : il figure sur l'affiche des six militants les plus recherchés par la police.
A la fin des années 1990, il est le principal leader du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) en Haute-Corse. Il échappera à un attentat à la voiture piégée le 1er juillet 1996 à Bastia. Il est aujourd'hui considéré comme un des ex-chefs du FLNC Union des combattants (FLNC UC), l'une des deux actuelles organisations clandestines nationalistes corses.
Il a été condamné en 2005 à dix ans de prison pour malversations financières en relation avec une entreprise terroriste, peine réduite à huit ans en appel.
Son fils, Christophe Pieri, a été acquitté dans l'affaire de l'assassinat de Christophe Garelli, un militant d'une organisation nationaliste rivale abattu lors d'une fête du village de Lucciana en août 1998. Il ne s'était pas rendu à l'audience.
Le 27 mai 2006, Christophe Pieri a été interpellé sur une route de Haute-Corse par le service régional de police judiciaire de Corse et des policiers du RAID sur commission rogatoire du juge anti-terroriste. Il est soupçonné d'avoir été mêlé à des rackets d'entreprises du BTP, des opérations qui ont pu servir à financer la cause nationaliste.
En 2013, il est condamné à deux ans de prison ferme pour acquisition et détention illicite d'arme de poing.
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Autre indépendantiste célèbre de Haute-Corse, le nationaliste Yvan Colonna, ci-contre à droite, surnommé le berger de Cargèse par la presse française, militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, du préfet Claude Érignac, commis le 6 février 1998 à Ajaccio. C'est pour lui que son épouse adressa à Macron une supplique qui apparut suspecte à l'ensemble de la presse et des réseaux sociaux.  

samedi 28 octobre 2017

Indépendance de la Catalogne : les indépendantistes corses applaudissent

La classe politique française, partagée sur le respect du droit et des institutions

Le président de la République française s'est montré très légaliste 

Indépendance de la Catalogne : la classe politique française divisée

Depuis la Guyane insurrectionnellesuite à la proclamation d'indépendance de la Catalogne, il a affirmé que son seul interlocuteur restait Madrid après la proclamation de l'indépendance de la Catalogne, les élu-e-s français ont une appréciation variable du respect de la loi et des institutions.

Le président de l'Assemblée de Corse, dirigeant de Corsica Liberamouvement indépendantiste, Jean-Guy Talamoni a salué la "naissance de la République de Catalogne" vendredi dans un communiqué publié sur son compte Twitter. 


Les présidents indépendantiste et autonomiste corses posent devant l'emblème du Pays basque 
Dirigeant de Corsica Libera, cet élu de Corse en a appelé à "tous les démocrates européens" qui,"doivent soutenir un peuple qui ne demande qu'à exercer librement ses droits naturels et inaliénables,selon lui.

"C'est une illusion"

L'ancien premier ministre Manuel Valls estime que l'indépendance proclamée vendredi repose sur des fausses promesses enracinées depuis de nombreuses années dans la population. "La société catalane est très divisée. Elle a été travaillée pendant plusieurs années par les mouvements indépendantistes", rappelle le natif de Barcelone au micro d'Europe 1. Catalan français de fraîche date, puisqu'il n'a pas demandé sa naturalisation avant 1982, à l'âge de 20 ans, il n'évoque pas l'impact de l'endoctrinement scolaire.

"Il y a des gens à qui on a fait croire que l'indépendance était possible, sans conséquences, qu'on pouvait sortir de l'Espagne en restant membre de l'UE et de la zone euro, que les entreprises locales resteraient et que d'autres viendraient même s'installer en Catalogne. C'est une illusion", dénonce encore ce "sécessionniste" du Parti socialiste qui, en juin 2017, a sollicité son adhésion au groupe présidentiel (LREM) à l'Assemblée nationale,  où il a un strapontin d'apparenté.

"Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique"

L'Andalouse Anne Hidalgo évoque, de son côté, une décision "dangereuse" pour la Catalogne, pour l'Espagne et pour l'Union européenne : "Franchement, est-ce qu'aujourd'hui le problème des Catalans et des Espagnols est vraiment l'indépendance, le séparatisme, alors qu'il y a des problèmes majeurs qui doivent amener l'Europe et les pays européens à être unis ?".

Sans afficher de soutien total au gouvernement Rajoy, Anne Hidalgo appelle  à une reprise du dialogue entre les deux camps : "Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique, institutionnel, dans le respect du droit, qui doit se faire dans le cadre des institutions démocratiques espagnoles qui font toute sa place, aujourd'hui, à la représentation de la Catalogne".

La forfaiture catalane

"Tous ceux qui souhaitent une issue pacifique et démocratique ne peuvent que s'alarmer de la situation de ce soir. La Catalogne espagnole doit-elle être indépendante ou pas ? C'est au peuple espagnol de le dire. C'est à eux de trouver leur point d'équilibre", estime de son côté Jean-Luc Mélenchon.


Lors de la manifestation indépendantiste catalane du 11 septembre dernier,  l’organisation Arran (membre de La Cup, 10 députés d'extrême gauche indépendantiste au parlement catalan, qualifiée d'ultra-gauche, pour la stigmatiser en la situant plus à gauche que Podemos), a brûlé un drapeau français, espagnol et européen. Comme déjà lors de la Diada de 2016, impunément. Une action qui a scandalisé la députée LREM des Français de l'étranger, Samantha Cazebonne.

Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup  accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone.


Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone. La Franche-Comté et la Gagaouzie ?

A suivre, Ensemble pour le oui (en catalan : Junts pel Sí), une coalition politique indépendantiste catalane formée de l'ERC (Gauche républicaine de Catalogne) qui réintégra le gouvernement de Catalogne à l'occasion de la victoire indépendantiste de 2015, Convergence démocratique de Catalogne (CDC, mouillé dans une affaire de pots-de-vin versés en échange de l'attribution de travaux publics), Démocrates de Catalogne (DC, aucun siège en 2016) et Mouvement des gauches (MES, issu du PS espagnol), ainsi que de groupuscules Assemblée nationale catalane, Òmnium Cultural et Association de communes pour l'indépendance en vue des élections régionales de 2015 en Catalogne.

Conseiller municipal de Perpignan, dernière grande ville catalan de France avant la frontière espagnole, Louis Aliot, député FN des Pyrénées-Orientales s'est dit assez "inquiet pour la paix civile". 
Sur France Info, il qualifie le référendum de "totalement irresponsable", chiffres à l'appui : "c'est quand même 90% de 46% de votants, paraît-il, sans aucun contrôle, ni quoi que ce soit. Et cet après-midi, le vote du Parlement, c'est quand même 70 pour, 10 contre, sur 135 élus, c'est-à-dire c'est un vote minoritaire. En droit, on appelle cela une forfaiture".
Quand Talamoni s'afficha devant le drapeau indépendantiste kanak

Trois drapeaux se disputent l'occupation des rues catalanes. 
Quatre bandes rouges sur un fond or, drapeau officiel catalan (la senyera), parfois accompagnées d’un triangle rouge (volonté de création d’un Etat indépendant communiste ou socialiste), ou bleu (fusion de la senyera et du drapeau de ...Cuba !). Il n’est pas toujours simple de s’y retrouver : les drapeaux nationaux sont des symboles conventionnels qui représentent des pays à l' intérieur comme à l’extérieur. Mais, dans les états pluriethniques, d’autres drapeaux peuvent apparaître et deviennent à leur tour des symboles distinctifs, plus ou moins utilisés, selon l’intérêt du groupe à revendiquer son identité comme distincte.
Pourquoi les quatre bandes rouges ? 
Selon la légende, l’origine des couleurs rouge et jaune remonte au roi Charles II le Chauve (IXe siècle). Il aurait rendu visite à Guifred le Velu, premier Comte de Catalogne, à l’agonie après un duel. Charles II lui aurait demandé ce qu’il désirait. Le mourant a alors affirmé vouloir l’unification pour son peuple. Charles le Chauve aurait trempé ses doigts dans la plaie de Guifred et laissé quatre bandes verticales ensanglantées sur un bouclier doré, donnant ainsi une armoirie à la Maison d’Aragon. Plusieurs versions de la légende circulent, mais toutes conservent l’idée de sacrifice et de richesse transmise par ces couleurs solaires. Un motif supplémentaire de griefs contre la France...

samedi 3 novembre 2012

Valls fragilise Hollande en livrant une Française à l'Espagne

Protestations contre Valls, notamment à gauche


Nombreuses condamnations de l'extradition de la militante française de Batasuna, organisation légale en France.


Les critiques de la livraison d'Aurore Martin (ci-contre) - premier ressortissant français remis à l'Espagne dans une affaire basque franco-espagnole- visent le gouvernement socialiste et le ministre de l'Intérieur de Hollande.  "La situation est absurde, voire injuste", expliquait vendredi au JDD.fr, Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature.

Le Comité de défense des droits de l'Homme Pays basque a rappelé que "François Hollande lui-même avait apporté son soutien à la jeune Aurore" quand il était candidat.

Manuel Valls jette le trouble au plan politique, dans un contexte d'avancées inédites vers la paix au Pays basque, et bien au-delà des cercles militants basques. De Didier Borotra (Modem) et Max Brisson (UMP), à Olivier Dartigolles (PC), en passant par Frédérique Espagnac (PS), tous dénoncent cette " disproportion ". 
A noter toutefois le silence éloquent de François Bayrou, ex-candidat régional à la présidence de la République. 


Parti politique indépendantiste basque d'extrême gauche, Batasuna (unité en basque) est principalement actif en Espagne, dans le Pays basque et en Navarre, apparaissait jusqu'en 2009 sur la liste officielle des organisations terroristes de l'Union européenne, au même titre que l'Organisation Abou Nidal (alias Conseil révolutionnaire du Fatah), le Hamas, le FPLP, la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa ou la Jihad islamique palestinienne, mais n'y figure plus depuis 2010. Elle est en revanche interdite en Espagne depuis 2003, du fait de ses liens avec l'ETA.

Collaboration active

Le communiqué du ministère de l'Intérieur espagnol, hier, entretient ce doute : " Les ministres de l'Intérieur d'Espagne et de France, Jorge Fernandez Diaz et Manuel Valls, se félicitent de cette dernière opération policière qui marque le magnifique niveau d'harmonie entre la France et l'Espagne ".

Un autre est venu de Manuel Valls : la création de la fameuse collectivité Pays basque n'aurait pas sa place, à l'en croire, dans l'acte 3 de la décentralisation. Propos dans lequel il se prêtait à un amalgame malheureux entre la question institutionnelle et la fin d'ETA.

 
Une manifestation s'est tenue vendredi

Manifestation de Bayonne-2/11/2012
Seize élus "socialistes et républicains" du Pays Basque se sont dits "consternés", alors que le concert de protestations avait démarré jeudi après l'arrestation de la jeune ressortissante française à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques).


Dans un texte commun, co-signé notamment par trois parlementaires PS, ils condamnent l'application du mandat d'arrêt européen (MAE) dont elle faisait l'objet depuis 2010 et réclament son "retour immédiat" en France.
L'exécution de la procédure l'a conduite à la prison de Soto del Real, près de Madrid. Le juge Pablo Ruz l'a placée en détention provisoire.

A Bayonne, 500 personnes de toutes obédiences se sont rassemblées, hier soir vendredi 2
, derrière le slogan "Nous sommes tous des Aurore Martin", rapporte Sud-Ouest.

Un Etat républicain n’extrade pas ses nationaux

Les signataires indignés rappellent leur opposition constante au MAE qui, dans son cas, vise des faits interdits en Espagne, mais autorisés en France: Madrid reproche à Aurore Martin d'avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna, parti considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA par l'Espagne.


La jeune femme de 33 ans a finalement été incarcérée vendredi à Madrid après avoir été présentée à un juge de l'Audience nationale (tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme). Elle encourt 12 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste".

La gauche radicale se mobilise en faveur de la terroriste

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a qualifié cette interpellation de "honte". 

"Ce que (Claude) Guéant (prédécesseur du ministre de l'Intérieur de François Holande) n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre. Quelle honte !", a-t-il dénoncé. Selon lui, "les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement" la semaine prochaine à ce sujet. "Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays», fustige le conseiller municipal à Pau.

Dans deux communiqués régionaux, Aquitaine et Pays basque, Europe Ecologie-Les Verts (EELV)  se sont dits "choqués.

Le député-maire EELV de Bègles (Gironde) Noël Mamère a estimé que M. Valls "joue un jeu extrêmement dangereux dans le but de soigner son image de ministre de l'Intérieur intransigeant".


Lundi, un entretien de Manuel Valls au quotidien espagnol El Pais avait déjà suscité l'indignation de plusieurs élus basques, de gauche comme de droite, le ministre semblant soumettre l'existence d'une collectivité basque à l'obligation pour l'ETA de déposer les armes.

Aurore Martin, nouveau look...
De leur côté, les révolutionnaires trotskistes du NPA notent avec amertume que, "ironie de l'histoire, la première exécution du mandat d'arrêt européen contre une ressortissante du Pays Basque Nord risque de voir le jour sous un gouvernement à majorité socialiste".
Le Parti de Gauche mené par Mélenchon observe que "là où en 2011, Guéant et Sarkozy avaient reculé (...) Valls et Hollande n'ont pas hésité une seconde à livrer" une Française "poursuivie pour des faits légaux dans notre pays".

Aurore Martin a aussi reçu le soutien du groupe Corsica Libera à l'Assemblée de Corse et de Partis et Peuples Solidaires, une fédération de partis régionalistes et autonomistes.

La présidente du Front National (FN) Marine Le Pen a de son côté souligné qu'"un gouvernement français n'a pas à extrader ses nationaux".

Valls, homme d'honneur ?
Lors d'une conférence de presse à Bayonne, Jean-François Lefort (Batasuna) a estimé que M. Valls a "cassé un accord tacite", doutant du caractère "fortuit" de l'arrestation. Selon le mouvement, "8 à 12" militants basques français sont encore sous le coup de MAE non activés.
La décentralisation mise  à mal par les divergences entre ministres
Le lundi 29 octobre 2012, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a pris le contre-pied de la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu,en fermant définitivement la porte dans une interview accordée à El Pais, à la création d'une collectivité spécifique du Pays Basque. Pourtant, le jeudi 11 octobre, Marylise Lebranchu avait reçu une délégation de parlementaires du Conseil des élus du Pays Basque et avait assuré, dans un communiqué, que "le Gouvernement était attentif au débat qui se déroulait actuellement pour mieux prendre en compte l'identité basque".

Face au déferlement de critiques, deux proches de Manuel Valls sont montés au créneau vendredi soir.
Le sénateur PS de Seine-et-Marne et maire d'Alforville,  Luc Carvounas, assume la responsabilité de son mentor, Manuel Valls.
Il a dénoncé bassement "le petit jeu des élus qui, par jalousie ou pur intérêt médiatique, se servent de cette arrestation pour critiquer Manuel Valls".
Luc Carvounas était vice-président du Conseil général de Seine-et-Marne qui a accordé un "congé de parentalité" à une salariée lesbienne dont la compagne attend un enfant.

Selon le président de la commission des Lois de l'Assemblée, le sénateur PS du Finistère,  Jean-Jacques Urvoas, il n'y aurait en revanche "aucune raison" de reprocher au ministre de l'Intérieur cette interpellation car elle ne "relève pas de sa compétence". M. Valls "n'a pris aucune décision. Il n'y a donc nulle raison de le mêler à cette polémique", a-t-il souligné dans un communiqué. Qui  a pris cette jolie décision ? 

La chancellerie aux mains de Christiane Taubira? 
Plus que douteux au vu de son passé d'indépendantiste guyanaise. 

Il est plus vraisemblable que ce soit donc  Ayrault-la-bavure !...
"Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays"», fustige O. Dartigolle, conseiller municipal à Pau.