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mardi 13 février 2018

L’ex-leader du FNLC en garde à vue pour injures à la veuve du préfet assassiné

Le terroriste libéré injurie la veuve du préfet Erignac

L’ex-leader du FLNC Charles Pieri a été placé en garde à vue mardi dans l’enquête sur un odieux message Facebook

Le nationaliste corse Charles Pieri, lors d'une manifestation à Ajaccio,
le 3 février 2018
Il injurie  la veuve du préfet Erignac, au moment même où se tenait à Paris une réunion sur l’avenir de l’île en présence de ses dirigeants, sous l’égide de la 'Mme Corse' du gouvernement, Jacqueline Gourault, 67 ans, et en présence des dirigeants nationalistes de l’île, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, et sur l’inscription de la spécificité Corse dans la Constitution, mesure contestée annoncée par Emmanuel Macron lors de sa visite.
L’inscription de la Corse dans la Constitution est la seule des revendications à laquelle Emmanuel Macron n’a pas opposé une fin de non-recevoir : MM. Simeoni et Talamoni doivent l'évoquer avec Mme Gourault. "C’est le début d’une discussion concrète", "nous allons demander aux représentants de la collectivité de Corse ce qu’ils souhaitent précisément à travers la modification constitutionnelle", a-t-elle expliqué. Macron a donc donné son accord de principe à une modification du contenu de la Constitution dont il ne connaît pas la teneur.
L’enquête, visant des faits d’ "injure par voie de communication", a été ouverte par le procureur de la République à Ajaccio, Eric Bouillard. Convoqué à 10h00 à la gendarmerie de Ghisonaccia (Haute-Corse), Charles Pieri, 67 ans, est arrivé avec ses deux enfants, soutenu par une dizaine de sympathisants réunis à l’appel de Sulidarita, une association de défense des prisonniers dits "politiques". Il devait être interrogé sur un message publié sur Facebook dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 février, après la cérémonie d’hommage au préfet Erignac organisée en présence d’Emmanuel Macron. 

Diffusé sur le compte 'Di l’altu pianu' attribué à Charles Pieri, ce court texte comparait notamment la veuve du préfet aux femmes françaises ayant eu des relations sexuelles avec des soldats allemands pendant la Seconde guerre mondiale. 

Une "déclaration immonde, abjecte" dénoncée par la ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur

J. Gourault a salué la réaction "rapide, claire et nette" de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif corse, qui a dénoncé fermement, dès dimanche midi, le message publié sur Facebook. Cette MoDem avait soutenu Alain Juppé, puis avait parrainé Macron.

La ministre a en revanche jugé "inquiétant" que Pieri reprenne un rôle de premier ordre "dans le parti de Jean-Guy Talamoni", Corsica Libera, mouvement nationaliste. "Le contenu de ce texte est inacceptable et contraire à ce que je suis et ce que je pense, au plan philosophique, éthique et politique", avait déclaré Gilles Simeoni. 

Jean-Guy Talamoni a attendu lundi pour réagir en son nom, après une réaction de son parti: "Quel qu’en soit l’auteur, je n’en partage évidemment pour ma part ni la forme ni la teneur"

Dans un entretien accordé à Corse-matin, avant la visite d’Emmanuel Macron en Corse, Charles Pieri avait annoncé "reprendre une place de responsable dans l’exécutif" de Corsica Libera. Il avait ensuite participé à la manifestation organisée à l’appel de MM. Talamoni et Simeoni, le 3 février, juste avant la visite du chef de l’Etat. A propos du retour au premier plan de Ch. Pieri dans les instances dirigeantes de Corsica Libera, J.-G. Talamoni avait jugé que sa présence était "dans l’ordre des choses". "Charles Pieri a toujours fait partie de Corsica Libera. Aujourd’hui, il est à nouveau responsable", avait-il confirmé, jugeant que c’était "le fonctionnement normal d’une organisation politique". 

La réapparition sur la scène publique de Charles Pieri pourrait toutefois constituer une épine dans le pied des dirigeants nationalistes, au moment où les nationalistes semblaient accepter de reprendre des discussions avec le gouvernement. 

L’ex-dirigeant du FLNC sera "utilisé par Paris pour mettre à distance un certain nombre des revendications nationalistes," 
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prévient le politologue Xavier Crettiez (professeur de sciences politiques à l'université de Versailles Saint-Quentin, auteur de nombreux ouvrages et articles sur les thèmes de la violence, du nationalisme et de l'analyse des mouvements sociaux, des islamistes à l'extrême gauche et à l'extrême droite, en passant par l'IRA, l'ETA ou les clandestins corses, pêle-mêle) qui voit en lui une "ombre tutélaire" au-dessus des têtes de MM. Talamoni et Simeoni.
Egalement connu pour ses liens supposés avec le grand banditisme corse, Charles Pieri est un ex-syndicaliste CFDT.
Candidat nationaliste aux élections municipales de Bastia, il est alors soupçonné d'avoir participé à l'assassinat d'un légionnaire, tué à Sorbo-Ocagnano, le 11 février 1982. Incarcéré, évadé, repris et de nouveau écroué, il est finalement acquitté par la cour d'Assises de Bordeaux en 1988. Entre-temps, Pieri s'est forgé une réputation : il figure sur l'affiche des six militants les plus recherchés par la police.
A la fin des années 1990, il est le principal leader du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) en Haute-Corse. Il échappera à un attentat à la voiture piégée le 1er juillet 1996 à Bastia. Il est aujourd'hui considéré comme un des ex-chefs du FLNC Union des combattants (FLNC UC), l'une des deux actuelles organisations clandestines nationalistes corses.
Il a été condamné en 2005 à dix ans de prison pour malversations financières en relation avec une entreprise terroriste, peine réduite à huit ans en appel.
Son fils, Christophe Pieri, a été acquitté dans l'affaire de l'assassinat de Christophe Garelli, un militant d'une organisation nationaliste rivale abattu lors d'une fête du village de Lucciana en août 1998. Il ne s'était pas rendu à l'audience.
Le 27 mai 2006, Christophe Pieri a été interpellé sur une route de Haute-Corse par le service régional de police judiciaire de Corse et des policiers du RAID sur commission rogatoire du juge anti-terroriste. Il est soupçonné d'avoir été mêlé à des rackets d'entreprises du BTP, des opérations qui ont pu servir à financer la cause nationaliste.
En 2013, il est condamné à deux ans de prison ferme pour acquisition et détention illicite d'arme de poing.
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Autre indépendantiste célèbre de Haute-Corse, le nationaliste Yvan Colonna, ci-contre à droite, surnommé le berger de Cargèse par la presse française, militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, du préfet Claude Érignac, commis le 6 février 1998 à Ajaccio. C'est pour lui que son épouse adressa à Macron une supplique qui apparut suspecte à l'ensemble de la presse et des réseaux sociaux.  

mercredi 7 février 2018

Corse : "rencontre-surprise" organisée entre la femme d'Yvan Colonna et Macron

Comment la femme d'Yvan Colonna a-t-elle pu interpeller le président Macron ?

La comédie du pouvoir : mise en scène d'une séquence humanitaire

La garde rapprochée du président s'est-elle laissée surprendre ?
Stéphanie Colonna interpelle Emmanuel Macron à la sortie du musée Fesch à Ajaccio.

"C’est une rencontre inattendue à la sortie de la visite du Palais Fesch," alors que quelques personnes attendaient le président de la République, raconte la presse corse. Stéphanie, la femme du tueur Yvan Colonna a pu interpeller le chef de l'Etat et lui demander le rapprochement de son mari dans une prison corse. 

Le dialogue surréaliste du scénario élyséen
"Bonjour [bonjour qui ?], je suis la femme d'Yvan Colonna". 
A la sortie de la visite du musée Fesch qui a duré une heure, Emmanuel Macron a été interpellé par Stéphanie Colonna qui lui a tendu la main et l’a supplié de rapprocher son mari qui est incarcéré à la centrale d'Arles, Bouches-du-Rhône, dans le Sud de la France. 
Condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre du Préfet Erignac, Yvan Colonna est emprisonné sous le statut de DPS (Détenu particulièrement surveillé) qui exclut tout rapprochement familial. Fin janvier, le Conseil d’Etat a rejeté un recours qui demandait la levée de son inscription sur le registre des DPS. 

"Mr le président, mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose… Ce n'est pas un animal, c'est un être humain… Il doit être près de sa famille", a-t-elle plaidé, éplorée. 

Jouant la surprise, le comédien formé au lycée par sa professeure de lettres et future épouse a lâché sa réplique: "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer". 

Le "dialogue" à la fois "surprise" et "sur le vif" avec un président Macron "mis au pied du mur" mais disponible intervient à point nommé, sous la caméra de LCI :  

La femme d'Yvan Colonna se dit "choquée" par les paroles prononcées par Macron

Le matin même, dans son discours d’hommage au préfet Erignac, Macron a en effet exclu toute amnistie pour les prisonniers corses.
"Personne n'oubliera ce qui s'est passé… Je ne parle pas d'amnistie, concède l'épouse éplorée dans le numéro de duettistes.

"Mais je vous en prie, mon fils est là. Faites quelque chose ! Je compte sur vous !".  La réponse de Jupiter tombe de l'Olympe: "Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas". Sur ce coup, l'auteur des dialogues a manqué d'habileté: il nous renvoie au mensonge effronté du ministre-fraudeur Jérôme Cahuzac, "les yeux dans les yeux" !...

Le psychodrame s'intègre à une vaste dramaturgie politique.
Cette requête de l'épouse du "berger" corse fait en effet écho au discours - sobre, celui-là - de la veuve du préfet de la République. 
Or, la supplique de l'épouse corse fait partie des revendications des nationalistes corses et, sur ce point précis - excluant l'amnistie, avec l'assentiment de la bergère - le président évoque  - Ô surprise encore ! - un éventuel geste d'ouverture sous les caméras lundi 6, la veille du "grand" discours du président à la Corse, ce mardi 7. 

A l'issue de ce "grand acte", Stéphanie Colonna se fondit, son fils dans les bras, dans les rues d'Ajaccio, côté jardin, côté gauche.

dimanche 4 février 2018

LREM : la majorité présidentielle se divise sur la Corse

Castaner désavoue le soutien d’élus LREM aux revendications nationalistes 

Des élus locaux du mouvement présidentiel soutiennent une résolution nationaliste en Corse

Dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée de Corse, les six élus macroniens corses ont voté une résolution solennelle déposée par les dirigeants nationalistes reprenant leurs principales demandes et qui sera remise au président Macron lors de sa venue dans l’île, mardi

Le premier article de la résolution de l’Assemblée de Corse appelle Emmanuel Macron à ouvrir "un dialogue sans préalable ni tabou entre l’Etat et la Corse"
Le second demande que "la Corse fasse l’objet d’une mention spécifique dans la Constitution"
Le troisième réclame le "rapprochement de tous les prisonniers condamnés pour des actes en relation avec la situation politique de la Corse" et qu’une "mesure d’amnistie intervienne au terme du règlement définitif de la question corse". 

Christophe Castaner a désavoué les soutiens LREM aux nationalistes

Délégué général de La République en Marche (LREM) et ministre des Relations avec le Parlement, Castaner a affirmé dimanche  qu’ils n’ont "pas voté une position de LREM".  "Le seul positionnement politique de La République en Marche n’est pas celui de la motion qui est adoptée, je vous le dis, il est celui du discours du président de la République qu’il a tenu à Furiani pendant la campagne”, a affirmé le délégué général de LREM lors du "Grand Jury" LCI-RTL-Le Figaro. 

"Ils n’ont pas voté une position qui est celle de la République en Marche", a-t-il dénoncé. Ce vote a également été désavoué dimanche par les "animateurs" des comités locaux de LREM dans l’île
Pour le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, il ne s’agit pas d’un "rappel à l’ordre", car les six élus macroniens de l’Assemblée de Corse sont "libres". 

Le patron des élus LREM de l’île et maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, a riposté.
Il a révélé qu'après cet épisode il a appris "de façon officieuse", l’annulation d’une étape de M. Macron dans sa ville de Corse-du-Sud, prévue "à titre privé". "J’ose espérer que c’est pour des raisons d’agenda”, a déclaré l’élu, dimanche soir, se défendant après avoir "tout fait pour que la résolution soit d’inspiration macronienne" et estimant qu’aucun point n’était "en contradiction avec le discours d’En Marche". 

Une visite sous tension d'Emmanuel Macron mardi et mercredi

L’un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l’Elysée en se rendant en Corse, où il est très attendu sur sa vision de l’avenir de l’île, 72 heures après une manifestation à l’appel des dirigeants nationalistes. 
"Il aurait été préférable que Christophe Castaner et (le porte-parole du gouvernement) Benjamin Grivaux voient la résolution" avant de se prononcer a taclé Orsucci, lâchant que le texte des nationalistes avait été modifié sous l’impulsion d’En Marche, notamment sur la question des prisonniers et de l’amnistie. 

En langue de bois sur France 3, Benjamin Grivaux a appelé de son côté à se concentrer sur "l’avenir" de l’île. "Le dialogue a commencé il y a plusieurs semaines avec le nouvel exécutif" corse, a-t-il souligné.
Mais il a aussi rappelé plusieurs lignes rouges du gouvernement, sur le refus d’un statut fiscal pour les résidents ou l’examen "au cas par cas" de la situation des prisonniers

Absence annoncée de Jean-Guy Talamoni aux cérémonies d’hommage au préfet Erignac...
"C’est sa décision", a déclaré le porte-parole, avant de juger "important que la République puisse rendre hommage à ce préfet assassiné d’une balle dans le dos", le 6 février 1998, à Ajaccio par des indépendantistes corses.
Les auteurs de l'assassinat ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité; un autre indépendantiste corse, Yvan Colonna, jugé postérieurement au reste du groupe, a été condamné en appel à la même peine le 27 mars 2009, mais nie sa participation à l'attentat. Yvan Colonna a été jugé une troisième fois début mai 2011, après cassation de son procès en juin 2010. C’est pour n’avoir pas répondu aux conclusions de la défense concernant l’audition d’un expert en balistique que sa condamnation en appel avait été annulée.Le 11 juillet 2012, le pourvoi en cassation d'Yvan Colonna est rejeté, rendant sa condamnation à perpétuité définitive. Le 11 janvier 2013, Yvan Colonna a toutefois saisi la Cour européenne des droits de l'homme, estimant qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable.

dimanche 27 décembre 2015

"Les sales Corses de merde" ont encore réagi au guet-apens d'Arabes d'Ajaccio

Les media inféodés au pouvoir confondent cause et conséquence au détriment des Corses

"On a vu des jeunes arriver avec des battes de base-ball," témoigne une femme pompier d'
Ajaccio agressée

Tiffany, sapeur-pompier à Ajaccio blessée lors d'un guet-apens durant la veillée de Noël, raconte les violences subies et les injures essuyées par les forces de la sécurité civile. "On est intervenus sur un incendie dans le quartier des Jardins de l'empereur", se souvient-elle sur BFMTV. Soudain, "une bande de jeunes nous a insultés de 'sales Corses de merde'. Ils avaient des battes de base-ball et des clubs de golf". Les pompiers ont finalement réussi à se sortir du traquenard et à quitter le quartier arabe d'Ajaccio, mais deux d'entre eux ont été blessés et brièvement hospitalisés.

Pompiers agressés à Ajaccio: "On a vu des... par BFMTV

La population corse outragée a manifesté sa colère

Vendredi en fin de journée, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés sur les lieux du guet-apens dans cette cité populaire d'Ajaccio, en présence des policiers déployés pour tenter de maintenir de calme, mais aussi pour essayer d'identifier et de retrouver les auteurs de l'agression de la veille.
VOIR et ENTENDRE l'un des pompiers corses agressés assurer qu'"il aurait pu y avoir des morts":

En marge de ce rassemblement de solidarité avec les pompiers et la police, une salle de prière musulmane de la cité des Jardins de l'Empereur, a été saccagée par un groupe de Corses qui ont aussi tenté de mettre le feu à de nombreux livres, dont des exemplaires du Coran, sans y parvenir vraiment. "50 livres de prières ont été jetés sur la voie publique (seules quelques feuilles ont été consumées)",  avait précisé François Lalanne, mais 30, selon d'autres sources. 

Une boutique de kebab a également été endommagée.

La situation s'est à nouveau tendue et le préfet a interdit les manifestations dans le quartier

Débuté dans le calme aux abords du quartier des Jardins de l'Empereur à Ajaccio, ce samedi 26 décembre, le rassemblement prévu à 15 heures a rapidement tourné à l'émeute. 
Plus tôt, plus de 300 manifestants ont forcé le barrage des policiers pour accéder au quartier où une salle de prière musulmane avait été saccagée vendredi soir.
Deux explosions auraient été entendues, d'après les journalistes et un important dispositif comportant des gendarmes et des CRS a été mis en place aux pieds des immeubles pour empêcher les manifestants de passer.

Un dispositif conséquent de gendarmes mobiles et CRS a été "déployé" dans le quartier. Les portes vitrées de trois halls d'entrée ont été brisées par des pierres. Peu avant 17h00, les manifestants ont commencé à progresser en direction de Saint-Jean, un autre quartier d'Ajaccio, situé à une dizaines de minutes de là. Comme la veille, certains scandaient "Arabes dehors" ("Arabi fora"), "Islame fora" (Islam dehors) ou encore "On est chez nous".

"C'est un tout petit groupe de jeunes", a minimisé Mehdi, un habitant des Jardins de l'Empereur, âgé de 35 ans: "les parents abandonnent, le problème c'est l'éducation", a-t-il estimé, "mais nous, nous voulons tous vivre ensemble, sans problème". 
Selon la préfecture, quelques heures avant ces incidents, les forces de l'ordre et les services municipaux avaient procédé à l'enlèvement préventif de "400 palettes de bois, une tonne de pneumatiques et un engin incendiaire", qui ont pu servir à alimenter des incendies lors de la nuit de Noël, célébration chrétienne.

Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, 
a annoncé qu'il va prendre un arrêté d'interdiction de manifester dans la cité.
En début de soirée, le préfet de Corse, Christophe Marmand, a demandé aux manifestants de cesser leur mouvement, "qui donne une image désastreuse de la Corse". Ces derniers se sont dit satisfaits des engagements du représentant de l'Etat, qui a annoncé que "des policiers seront présents dans tous les quartiers", ont-ils précisé. 
Une ville en "état d'urgence"...

Personne n'a vu le premier ministre dont on dit qu'il serait en soins, mais les services de Manuel Valls s'expriment sur Twitter:
Depuis, les media négligent le guet-apens qui a fait des blessés mais reprennent l'adjectif "inacceptable" en boucle à propos du saccage de salle...

La ville est désormais sous haute surveillance. 
De nombreux policiers sont restés déployés toute la nuit devant les cinq lieux de culte musulmans de la ville, et dans la cité des Jardins de l'Empereur. "Nuit calme à Ajaccio, très fortement encadrée par des effectifs des forces de l'ordre", s'est félicité par SMS le sous-préfet François Lalanne.

Le mot d'ordre est à l'incompréhension malgré la mise en garde du maire
Il est inacceptable que les pompiers et policiers soient l'objet d'agression de la part d'un petit groupe, insiste-t-on, qui a tenu une embuscade. Mais l'émotion suscitée par cette agression ne doit "en aucun cas se traduire par des réglements de compte et des récupérations", a soupçonné le préfet de Corse,  Christophe Mirmand, à France Info.
Le préfet de Corse dénonce les débordements des deux côtés : "Il est inacceptable que les pompiers et policiers soient l'objet d'agression. (...) Mais l'émotion que peut entraîner cet événement ne doit en aucun cas se traduire par des règlements de compte et des récupérations."
"Ça n'est pas tolérable et ça ne sera pas toléré" Christophe Mirmand, préfet de Corse
Jean-Guy Talamoni, le président nationaliste  de l'Assemblée de Corse condamne lui aussi ces faits : aussi bien l'agression "inqualifiable" des pompiers et du policier "qui n'est pas tolérable et ne sera pas tolérée", que le saccage de la salle de prière, "acte inqualifiable sur une terre qui a institué la tolérance religieuse depuis le XVIIIe siècle". 

De même, Gilles Simeoni,
président du Conseil éxécutif de Corse, dénonce des dérives racistes inacceptables.
"Il y a des tensions dues à des décennies de politique de ghettoïsation," commente Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse:
"Ce n'est pas tolérable et ça ne sera pas toléré", a ajouté le préfet. "Un petit groupe de personnes a commis ces agressions aux Jardins de l'Empereur, un tout petit groupe de plusieurs personnes qui seront, je l'espère, rapidement identifiés", a ensuite lancé le préfet de Corse. 

"J'avais des craintes", rappelle en revanche le maire LR de la ville
Laurent Marcangeli, député-maire Les Républicains d'Ajaccio, déclare ne pas être "surpris" de ce qui s'est passé. "Depuis plusieurs mois, je sentais la tension monter. Il en fallait très peu pour déclencher ces événements. Depuis le 13 novembre, j'avais des craintes", explique-t-il. L'élu précise que le quartier des jardins de l'empereur à Ajaccio est dans la même situation que les quartiers défavorisés sur tout le territoire. Laurent Marcangeli dit bien qu'il sentait "la tension monter" depuis plusieurs mois, mais précise aussi qu'en tant que maire, il ne peut "pas accepter ce type de comportement".
"Si demain chacun veut se faire justice lui-même, on tombe dans l'anarchie" Laurent Marcangeli, député-maire LR d'Ajaccio

Les critiques politiques reprennent le dessus
"Aujourd'hui, il y a des tensions dues à des décennies de politique de ghettoïsation ici comme en France. Ces phénomènes sont bien sûr accentués avec les événements récents. Je pense qu'il faut avoir le courage de dire qu'il y a des problèmes politiques et économiques", a déclaré le tout nouveau président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni (Parti nationaliste 'Inseme per a Corsica' qui en français hexagonal signifie 'ensemble pour une Corse une') et avocat d'Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat de Claude Érignac. 

mardi 2 juin 2015

Violences aux femmes: Guy Bedos devra répondre de ses insultes machistes

Un membre de la Ligue des droits de l'homme en correctionnelle

Guy Bedos renvoyé au tribunal pour avoir insulté Nadine Morano publiquement

Le comique Guy Bedos a effectivement été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nancy, poursuivi pour "injure publique", le 30 mai 2015, après avoir notamment traité la députée européenne UMP Nadine Morano de "conne" lors d'un spectacle à Toul en 2013. 
"Le juge d'instruction en charge de l'affaire a rendu une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel pour injure publique envers un corps constitué, un fonctionnaire, un dépositaire de l'autorité ou un citoyen chargé d'un service public", a indiqué l'avocat de Mme Morano, Me Alain Behr. Le procès de l'octogénaire,  mis en examen  en juillet 2014 pour ces faits, devrait se tenir "vraisemblablement début juillet", selon le quotidien L'Est Républicain.

Le "malade mental" encourt une peine d'amende de 12.000 euros.

Pour ne pas accomplir son service militaire durant la guerre civile en Algérie, Bedos avait fait la grève de la faim et réussi à se faire réformer pour...  maladie mentale.
Bedos-Lang-Mitterrand-Dray
Le 10 octobre 2013, il avait donné un spectacle à Toul (Meurthe-et-Moselle) à l'occasion de l'inauguration d'une nouvelle salle, alors que Nadine Morano était à l'époque conseillère municipale d'opposition au maire PS.

Devant un public d'un millier de personnes, ce soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) en 2012 avait interrogé: "Nadine Morano a été élue ici à Toul? Vous l'avez échappé belle! On m'avait promis qu'elle serait là... Quelle conne !" Avec ses 21,48 %, le patron du Parti de gauche ne s'était pas qualifier pour le second tour, remporté par le FN avec deux fois plus de voix (42,36 %) sur la circonscription.

Militant de Droit au logement
Le gauchiste avait ensuite récidivé avec plusieurs autres injures à l'encontre de l'élue UMP, comme "connasse" ou encore "salope". Saisie d'une constitution de partie civile par l'ancienne ministre, un juge d'instruction de Nancy avait alors confié une enquête au SRPJ de cette ville, qui avait recueilli des témoignages et des vidéos attestant du prononcé des phrases litigieuses.
 
VOIR et ENTENDRE son sketch "Toutes des salopes" et la grossièreté machiste du membre de la Ligue des droits de l'homme:

Interrogé après son agression verbale,
le déserteur avait déclaré avec mépris dans la presse qu'il n'allait "pas demander pardon à Nadine Morano pour (sa) langue rabelaisienne". "J'ai mon langage à moi et c'était un spectacle, pas un meeting", avait ajouté celui qui soutient Yvan Colonna, militant indépendantiste corse condamné pour l'assassinat du préfet Claude Érignac, le 6 février 1998, évoquant un "incident minime, régional".

Présidentielle 2012
Antifasciste proclamé, mais pote de Mélenchon, Guy Bedos, s’est rendu aux obsèques de l’écrivain Louis Carette – déchu de sa nationalité belge en 1946 et condamné par contumace à 15 ans de travaux forcés par le Conseil de guerre de Bruxelles en raison d’activités antisémites et pro nazies. Sa proximité avec le parti fasciste présidé par Léon Degrelle ("le fils qu’Hitler aurait aimé avoir") ne faisait aucun doute. Après avoir fui la Belgique, il trouva un temps refuge en Italie et arriva en France où il obtint la nationalité en 1959 sous le nom de Félicien Marceau. Un antifasciste qui honore de sa présence l’enterrement d’un fasciste, c’est de la cohérence de gauche à géométrie variable.
G. Bedos, un proche de la ministre de la Justice
Nadine Morano avait au contraire affirmé s'être sentie "attaquée" dans son statut d'élue et de femme.
"Si je gagne, (les dommages et intérêts) iront (à une association) de lutte (contre les) violences aux femmes", a-t-elle dit vendredi matin sur son compte Twitter.
Le comique de la gauche caviar a en revanche refusé tout commentaire. Mais un peu tard.

mercredi 21 novembre 2012

Valls enregistre un 18e assassinat en Corse

La 18e victime depuis le début de l'année

Cinq jours après le déplacement des ministres de la Justice Christiane Taubira et de l'Intérieur Manuel Valls en Corse, un nouveau meurtre a eu lieu ce mardi 20 novembre, dans une station-service de Cervione en Haute-Corse, près de Bastia. C'est le 18e assassinat depuis le début de l'année.

Victor Ribeiro, 45 ans, patron d'une entreprise de bâtiment et travaux publics dans le village de Moriani (Haute-Corse), a été abattu vers 13h30 de plusieurs décharges de chevrotines à la tête et au thorax, a déclaré sur place le procureur de la République Dominique Alzéari.

Alors qu'il était seul au volant de sa voiture, près du village de Prunete, sur la côte orientale, à 50 km au sud de Bastia après avoir déjeuné en famille dans un restaurant du bord de mer, plusieurs personnes armées d'armes longues et cagoulées l'ont bloqué et ont fait feu sur lui à plusieurs reprises. Il est décédé immédiatement", a déclaré D. Alzéari (photo ci-contre), ajoutant: "Il était attendu. C'est manifestement un assassinat".
La victime était suivie par un autre véhicule à bord duquel se trouvait un employé, son épouse et son fils, "ce qui est d'autant plus dramatique car des proches ont assisté au déroulement des faits", a souligné le procureur.

Victor Ribeiro avait travaillé sur plusieurs chantiers avec un ancien militant nationaliste reconverti dans l'immobilier, Charles-Philippe Paoli, lui-même assassiné le 29 juin 2011 à Folelli (Haute-Corse), un village voisin, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"Vous pouvez être certains de la détermination du gouvernement à lutter contre ces crimes organisés, contre cette dérive mafieuse", a déclaré peu après Manuel Valls à l'Assemblée nationale.

Appelant les Corses à "assumer leurs responsabilités" dans la lutte contre le crime, le ministre de l'Intérieur de François Hollande a ajouté ce truisme, avec gravité : "La Corse, c'est la France. La Corse, c'est la République. Les Corses sont des Français, ils ont donc droit à la protection de l'Etat et de la République."
Le chiffon rouge, Christiane Taubira, ministre de la Justice, a exprimé sa "stupeur" et réaffirmé, dans un communiqué,"la volonté du gouvernement à faire rétablir le respect des personnes et l'Etat de droit en Corse".


Renforcement des moyens d'enquête

Ce nouvel assassinat a été commis le lendemain de la prise de fonction à Ajaccio d'un nouveau directeur régional de la police judiciaire, le commissaire Philippe Chadrys, de la sous-direction antiterroriste.

Cinquième homicide en cinq semaines, il est aussi intervenu six jours après une visite de M. Valls et Mme Taubira à Ajaccio, après l'assassinat du président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer.

Dépêchés "en urgence" par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour qui "la mafia est à l'oeuvre en Corse", Valls avait observé que l'île est le théâtre d'"environ 20% des règlements de comptes" commis en France.


VOIR et ENTENDRE
Jean-Marc Ayrault pointer l'argent sale corse, plutôt que le nationalisme indépendantiste:


Les deux ministres comptent faire barrage de leurs corps à la mafia:  
Manuel Valls   et Mme Taubira  reviendront en Corse dimanche.(photos ci-dessus)
Jacques Nacer, 49 ans, avait été assassiné le 14 novembre dans son magasin du centre d'Ajaccio par un homme seul au visage masqué qui était parvenu à s'enfuir.


Le 16 octobreAntoine Sollacaro, 63 ans, un ex-militant nationaliste,  était tué par balles au volant de sa voiture par deux tueurs en moto qui avaient pris la fuite. Ce célèbre avocat ajacien avait notamment défendu Yvan Colonna dans l'affaire dite de l'" Assassinat du préfet Érignac ". 

=> Son fils, Paul Sollacaro, avocat de 31 ans, s'exprime pour la première fois lundi 22 octobre dans une interview au Parisien.
Selon lui, "les services de police sont responsables de [la] mort" de son père.
"Je veux une enquête parlementaire sur le fonctionnement de la JIRS. Je souhaite aussi que le ministre de l'intérieur saisisse l'inspection générale des services. Il faut faire le ménage si on veut enrayer le phénomène au lieu de l'entretenir", a exigé le fils de l'avocat. En Corse, "il a fallu qu'on tue un avocat, qu'une barrière tombe, pour qu'on se rende compte à quel point la situation est folle", souligne-t-il, avant d'ajouter : "Ça me scandalise."
Les dossiers de ces deux assassinats ont été transférés à la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, chargée des affaires de grand banditisme et qui traite de nombreux dossiers corses.

Le gouvernement avait annoncé le 22 octobre un "renforcement des moyens d'enquête spécialisés" avec l'affectation de 14 officiers de police judiciaire de la gendarmerie, spécialistes de la lutte contre la délinquance économique et financière.

Le Groupement d'intervention régional (
GIR, combinant notamment police, gendarmerie, douanes et services fiscaux) sera renforcé de quatre fonctionnaires et la Coordination des services de sécurité intérieure en Corse d'un spécialiste des enquêtes financières.

Visiblement, le milieu corse ne semble pas très impressionné par la mobilisation du gouvernement. 
Bizarrement, Christiane Taubira n'épouvante pas la mafia.  "Sa "stupeur" et "la volonté du gouvernement à faire rétablir l'Etat de droit en Corse ", rien n'y fait. 

Reste que les renforcements des mesures de sécurité annoncées la semaine dernière à grand renfort de publicité ne devraient pas suffire à rassurer une population inquiète et fatiguée par ce déchaînement de violence qui s'abat sur l'île et qui fait de la Corse la région la plus criminogène d'Europe.


VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur affirmer que l'Etat ne peut pas tout et mettre en cause l'argent, élément de langage déjà exprimé par le Premier ministre:

Faudra-t-il envoyer l'illustre Ayrault, faiseur de boulettes, ou le "capitaine de pédalo", pour noyer le poisson ?

Si une ancienne indépendantiste guyanaise comme Christiane Taubira ne fait pas l'affaire, la célèbre  comploteuse lilloise ne serait-elle mieux adaptée ?