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vendredi 9 février 2018

Corse: 61% des Français ne font pas confiance à Macron pour débloquer la situation

Six  Français sur dix ne font "pas confiance" à Macron "pour faire avancer la situation politique en Corse"

Les deux tiers se prononcent pour le statu quo en matière d'autonomie de l'île

Seules 39% des personnes interrogées font confiance à l'exécutif pour faire avancer le dossier, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Pour 64% des Français interrogés, l'Etat ne doit accorder "ni plus ni moins d'autonomie" à la Corse que ce que lui confère déjà son statut particulier. 19% souhaitent "plus d'autonomie" et 16% moins pour le territoire, selon cette enquête pour BFMTV, réalisée mardi, au premier jour de la visite d'Emmanuel Macron en Corse.

Seuls 27% pensent que les prisonniers dits "politiques" doivent être "amnistiés et libérés".

Les personnes interrogées sont également massivement opposées, à 74%, à l'indépendance de la Corse, contre 26% d'un avis contraire.

D'autres sujets, plus compassionnels, sont jugés moins sensibles.
57% (contre 42%) pensent ainsi que "les prisonniers dits 'politiques' par les nationalistes" doivent "être incarcérés en Corse pour se rapprocher de leur famille". Et les Bretons en Bretagne, les Basques  au Pays basque et ceux du 9.3 dans leur immeuble ?...

Les sondés ne se soucient pas de l'intégrité de la République 

Résultat de recherche d'images pour "langue corse"
Pour 53%, "la spécificité de la Corse doit être inscrite dans la Constitution", comme c'est déjà le cas de certains territoires ultramarins.

Et 46% estiment que "le statut de résident corse doit être créé pour réserver l'achat immobilier aux personnes résidant depuis plus de cinq ans en Corse". La côte d'Opale ou la Côte d'Azur serait-elle pareillement réservée aux riverains ?...

Mais, en revanche, la langue corse ne doit devenir la langue co-officielle sur l'île avec le français que pour 43% des Français interrogés. 
Résultat de recherche d'images pour "Asterix en Corse"
Enquête réalisée en ligne le 6 février auprès de 1.002 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

mercredi 7 février 2018

Corse : "rencontre-surprise" organisée entre la femme d'Yvan Colonna et Macron

Comment la femme d'Yvan Colonna a-t-elle pu interpeller le président Macron ?

La comédie du pouvoir : mise en scène d'une séquence humanitaire

La garde rapprochée du président s'est-elle laissée surprendre ?
Stéphanie Colonna interpelle Emmanuel Macron à la sortie du musée Fesch à Ajaccio.

"C’est une rencontre inattendue à la sortie de la visite du Palais Fesch," alors que quelques personnes attendaient le président de la République, raconte la presse corse. Stéphanie, la femme du tueur Yvan Colonna a pu interpeller le chef de l'Etat et lui demander le rapprochement de son mari dans une prison corse. 

Le dialogue surréaliste du scénario élyséen
"Bonjour [bonjour qui ?], je suis la femme d'Yvan Colonna". 
A la sortie de la visite du musée Fesch qui a duré une heure, Emmanuel Macron a été interpellé par Stéphanie Colonna qui lui a tendu la main et l’a supplié de rapprocher son mari qui est incarcéré à la centrale d'Arles, Bouches-du-Rhône, dans le Sud de la France. 
Condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre du Préfet Erignac, Yvan Colonna est emprisonné sous le statut de DPS (Détenu particulièrement surveillé) qui exclut tout rapprochement familial. Fin janvier, le Conseil d’Etat a rejeté un recours qui demandait la levée de son inscription sur le registre des DPS. 

"Mr le président, mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose… Ce n'est pas un animal, c'est un être humain… Il doit être près de sa famille", a-t-elle plaidé, éplorée. 

Jouant la surprise, le comédien formé au lycée par sa professeure de lettres et future épouse a lâché sa réplique: "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer". 

Le "dialogue" à la fois "surprise" et "sur le vif" avec un président Macron "mis au pied du mur" mais disponible intervient à point nommé, sous la caméra de LCI :  

La femme d'Yvan Colonna se dit "choquée" par les paroles prononcées par Macron

Le matin même, dans son discours d’hommage au préfet Erignac, Macron a en effet exclu toute amnistie pour les prisonniers corses.
"Personne n'oubliera ce qui s'est passé… Je ne parle pas d'amnistie, concède l'épouse éplorée dans le numéro de duettistes.

"Mais je vous en prie, mon fils est là. Faites quelque chose ! Je compte sur vous !".  La réponse de Jupiter tombe de l'Olympe: "Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas". Sur ce coup, l'auteur des dialogues a manqué d'habileté: il nous renvoie au mensonge effronté du ministre-fraudeur Jérôme Cahuzac, "les yeux dans les yeux" !...

Le psychodrame s'intègre à une vaste dramaturgie politique.
Cette requête de l'épouse du "berger" corse fait en effet écho au discours - sobre, celui-là - de la veuve du préfet de la République. 
Or, la supplique de l'épouse corse fait partie des revendications des nationalistes corses et, sur ce point précis - excluant l'amnistie, avec l'assentiment de la bergère - le président évoque  - Ô surprise encore ! - un éventuel geste d'ouverture sous les caméras lundi 6, la veille du "grand" discours du président à la Corse, ce mardi 7. 

A l'issue de ce "grand acte", Stéphanie Colonna se fondit, son fils dans les bras, dans les rues d'Ajaccio, côté jardin, côté gauche.

dimanche 4 février 2018

LREM : la majorité présidentielle se divise sur la Corse

Castaner désavoue le soutien d’élus LREM aux revendications nationalistes 

Des élus locaux du mouvement présidentiel soutiennent une résolution nationaliste en Corse

Dans la nuit de vendredi à samedi à l’Assemblée de Corse, les six élus macroniens corses ont voté une résolution solennelle déposée par les dirigeants nationalistes reprenant leurs principales demandes et qui sera remise au président Macron lors de sa venue dans l’île, mardi

Le premier article de la résolution de l’Assemblée de Corse appelle Emmanuel Macron à ouvrir "un dialogue sans préalable ni tabou entre l’Etat et la Corse"
Le second demande que "la Corse fasse l’objet d’une mention spécifique dans la Constitution"
Le troisième réclame le "rapprochement de tous les prisonniers condamnés pour des actes en relation avec la situation politique de la Corse" et qu’une "mesure d’amnistie intervienne au terme du règlement définitif de la question corse". 

Christophe Castaner a désavoué les soutiens LREM aux nationalistes

Délégué général de La République en Marche (LREM) et ministre des Relations avec le Parlement, Castaner a affirmé dimanche  qu’ils n’ont "pas voté une position de LREM".  "Le seul positionnement politique de La République en Marche n’est pas celui de la motion qui est adoptée, je vous le dis, il est celui du discours du président de la République qu’il a tenu à Furiani pendant la campagne”, a affirmé le délégué général de LREM lors du "Grand Jury" LCI-RTL-Le Figaro. 

"Ils n’ont pas voté une position qui est celle de la République en Marche", a-t-il dénoncé. Ce vote a également été désavoué dimanche par les "animateurs" des comités locaux de LREM dans l’île
Pour le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, il ne s’agit pas d’un "rappel à l’ordre", car les six élus macroniens de l’Assemblée de Corse sont "libres". 

Le patron des élus LREM de l’île et maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, a riposté.
Il a révélé qu'après cet épisode il a appris "de façon officieuse", l’annulation d’une étape de M. Macron dans sa ville de Corse-du-Sud, prévue "à titre privé". "J’ose espérer que c’est pour des raisons d’agenda”, a déclaré l’élu, dimanche soir, se défendant après avoir "tout fait pour que la résolution soit d’inspiration macronienne" et estimant qu’aucun point n’était "en contradiction avec le discours d’En Marche". 

Une visite sous tension d'Emmanuel Macron mardi et mercredi

L’un des déplacements les plus sensibles depuis son entrée à l’Elysée en se rendant en Corse, où il est très attendu sur sa vision de l’avenir de l’île, 72 heures après une manifestation à l’appel des dirigeants nationalistes. 
"Il aurait été préférable que Christophe Castaner et (le porte-parole du gouvernement) Benjamin Grivaux voient la résolution" avant de se prononcer a taclé Orsucci, lâchant que le texte des nationalistes avait été modifié sous l’impulsion d’En Marche, notamment sur la question des prisonniers et de l’amnistie. 

En langue de bois sur France 3, Benjamin Grivaux a appelé de son côté à se concentrer sur "l’avenir" de l’île. "Le dialogue a commencé il y a plusieurs semaines avec le nouvel exécutif" corse, a-t-il souligné.
Mais il a aussi rappelé plusieurs lignes rouges du gouvernement, sur le refus d’un statut fiscal pour les résidents ou l’examen "au cas par cas" de la situation des prisonniers

Absence annoncée de Jean-Guy Talamoni aux cérémonies d’hommage au préfet Erignac...
"C’est sa décision", a déclaré le porte-parole, avant de juger "important que la République puisse rendre hommage à ce préfet assassiné d’une balle dans le dos", le 6 février 1998, à Ajaccio par des indépendantistes corses.
Les auteurs de l'assassinat ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité; un autre indépendantiste corse, Yvan Colonna, jugé postérieurement au reste du groupe, a été condamné en appel à la même peine le 27 mars 2009, mais nie sa participation à l'attentat. Yvan Colonna a été jugé une troisième fois début mai 2011, après cassation de son procès en juin 2010. C’est pour n’avoir pas répondu aux conclusions de la défense concernant l’audition d’un expert en balistique que sa condamnation en appel avait été annulée.Le 11 juillet 2012, le pourvoi en cassation d'Yvan Colonna est rejeté, rendant sa condamnation à perpétuité définitive. Le 11 janvier 2013, Yvan Colonna a toutefois saisi la Cour européenne des droits de l'homme, estimant qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable.