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vendredi 5 octobre 2018

Guinée: les ministres de Macron boudent son 60e anniversaire

Alors que Macron se désiste, Philippe recherche désespérément un ministre pour l'accompagner

Nicole Belloubet a refusé catégoriquement de remplacer au pied levé Gérard Collomb
 


Collomb devait se rendre en Guinée pour les 60 ans de l’indépendance du pays.
Mais le ministre de l'Intérieur a refusé, lundi, de se rendre à Conakry pour représenter la France en Guinée et célébrer la décolonisation, 60 ans après l’indépendance du pays. Et la ministre de la Justice s'est aligné sur la position de Macron qui a décidé de bouder le président Alpha Condé, lequel se considère pourtant comme le frère jumeau de Bernard Kouchner.

Or, Macron avait reçu le président guinéen en visite officielle à Paris, le 22 novembre 2017. "Je me réjouis d’avoir accueilli ce jour à l’Elysée le président Alpha Condé, mon ami Alpha qui, depuis un peu plus de six mois que j’ai pris ces responsabilités, est pour moi un partenaire privilégié et un interlocuteur très précieux pour les sujets africains," avait-il déclaré.
Et d'ajouter une promesse : "Je tenais à ce que nous puissions échanger comme nous venons de le faire, avant de me rendre en Afrique et avant notre sommet Union africaine-Union européenne."

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Macron prend ombrage de la réussite du président africain.
Entre 2010 et 2017, la Guinée connaît une croissance annuelle relativement importante (4 % en moyenne), quand Macron fera moitié moins en 2018. Dans le même temps, le chômage reste stable, à 4,5 %, contre 9,2 en France. Par ailleurs, le pays voit sa dette publique passer de 68 % à 19 % du PIB, contre 99% du PIB hexagonal, au deuxième trimestre 2018, tandis que le déficit public, qui s’élevait à 14 % en 2010, devient un excédent (0,6 %) en 2017, à la différence de la France qui ne tiendra pas l'objectif de 2,3% en 2018.
Condé a été réélu président pour un second mandat en 2015, avec 57,9 % des voix au premier tour.

Panique au sommet de l’Etat : Macron ne tient pas ses engagements

On a craint l’incident diplomatique et Matignon a alors demandé à Nicole Belloubet de remplacer le ministre de l’Intérieur, au pied levé. Refus catégorique de la garde des Sceaux, qui  ne veut pas jouer les doublures. Elle fait valoir qu'elle revient tout juste d’un déplacement à Madrid avec Edouard Philippe et que le climat africain ne convient pas à son brushing.

C’est finalement Jean-Baptiste Lemoyne qui s'y colle : en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, du tourisme et de la francophonie, il a dû accepter la mission et son cheveu ne craint rien...

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait piscine ?
On en entend plus parler de celui-là: Il a démissionné ?


vendredi 9 février 2018

Corse: 61% des Français ne font pas confiance à Macron pour débloquer la situation

Six  Français sur dix ne font "pas confiance" à Macron "pour faire avancer la situation politique en Corse"

Les deux tiers se prononcent pour le statu quo en matière d'autonomie de l'île

Seules 39% des personnes interrogées font confiance à l'exécutif pour faire avancer le dossier, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Pour 64% des Français interrogés, l'Etat ne doit accorder "ni plus ni moins d'autonomie" à la Corse que ce que lui confère déjà son statut particulier. 19% souhaitent "plus d'autonomie" et 16% moins pour le territoire, selon cette enquête pour BFMTV, réalisée mardi, au premier jour de la visite d'Emmanuel Macron en Corse.

Seuls 27% pensent que les prisonniers dits "politiques" doivent être "amnistiés et libérés".

Les personnes interrogées sont également massivement opposées, à 74%, à l'indépendance de la Corse, contre 26% d'un avis contraire.

D'autres sujets, plus compassionnels, sont jugés moins sensibles.
57% (contre 42%) pensent ainsi que "les prisonniers dits 'politiques' par les nationalistes" doivent "être incarcérés en Corse pour se rapprocher de leur famille". Et les Bretons en Bretagne, les Basques  au Pays basque et ceux du 9.3 dans leur immeuble ?...

Les sondés ne se soucient pas de l'intégrité de la République 

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Pour 53%, "la spécificité de la Corse doit être inscrite dans la Constitution", comme c'est déjà le cas de certains territoires ultramarins.

Et 46% estiment que "le statut de résident corse doit être créé pour réserver l'achat immobilier aux personnes résidant depuis plus de cinq ans en Corse". La côte d'Opale ou la Côte d'Azur serait-elle pareillement réservée aux riverains ?...

Mais, en revanche, la langue corse ne doit devenir la langue co-officielle sur l'île avec le français que pour 43% des Français interrogés. 
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Enquête réalisée en ligne le 6 février auprès de 1.002 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

samedi 28 octobre 2017

Indépendance de la Catalogne : les indépendantistes corses applaudissent

La classe politique française, partagée sur le respect du droit et des institutions

Le président de la République française s'est montré très légaliste 

Indépendance de la Catalogne : la classe politique française divisée

Depuis la Guyane insurrectionnelle, suite à la proclamation d'indépendance de la Catalogne, il a affirmé que son seul interlocuteur restait Madrid après la proclamation de l'indépendance de la Catalogne, les élu-e-s français ont une appréciation variable du respect de la loi et des institutions.

Le président de l'Assemblée de Corse, dirigeant de Corsica Libera, mouvement indépendantiste, Jean-Guy Talamoni a salué la "naissance de la République de Catalogne" vendredi dans un communiqué publié sur son compte Twitter. 


Les présidents indépendantiste et autonomiste corses posent devant l'emblème du Pays basque 
Dirigeant de Corsica Libera, cet élu de Corse en a appelé à "tous les démocrates européens" qui,"doivent soutenir un peuple qui ne demande qu'à exercer librement ses droits naturels et inaliénables," selon lui.

"C'est une illusion"

L'ancien premier ministre Manuel Valls estime que l'indépendance proclamée vendredi repose sur des fausses promesses enracinées depuis de nombreuses années dans la population. "La société catalane est très divisée. Elle a été travaillée pendant plusieurs années par les mouvements indépendantistes", rappelle le natif de Barcelone au micro d'Europe 1. Catalan français de fraîche date, puisqu'il n'a pas demandé sa naturalisation avant 1982, à l'âge de 20 ans, il n'évoque pas l'impact de l'endoctrinement scolaire.

"Il y a des gens à qui on a fait croire que l'indépendance était possible, sans conséquences, qu'on pouvait sortir de l'Espagne en restant membre de l'UE et de la zone euro, que les entreprises locales resteraient et que d'autres viendraient même s'installer en Catalogne. C'est une illusion", dénonce encore ce "sécessionniste" du Parti socialiste qui, en juin 2017, a sollicité son adhésion au groupe présidentiel (LREM) à l'Assemblée nationale,  où il a un strapontin d'apparenté.

"Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique"

L'Andalouse Anne Hidalgo évoque, de son côté, une décision "dangereuse" pour la Catalogne, pour l'Espagne et pour l'Union européenne : "Franchement, est-ce qu'aujourd'hui le problème des Catalans et des Espagnols est vraiment l'indépendance, le séparatisme, alors qu'il y a des problèmes majeurs qui doivent amener l'Europe et les pays européens à être unis ?".

Sans afficher de soutien total au gouvernement Rajoy, Anne Hidalgo appelle  à une reprise du dialogue entre les deux camps : "Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique, institutionnel, dans le respect du droit, qui doit se faire dans le cadre des institutions démocratiques espagnoles qui font toute sa place, aujourd'hui, à la représentation de la Catalogne".

La forfaiture catalane

"Tous ceux qui souhaitent une issue pacifique et démocratique ne peuvent que s'alarmer de la situation de ce soir. La Catalogne espagnole doit-elle être indépendante ou pas ? C'est au peuple espagnol de le dire. C'est à eux de trouver leur point d'équilibre", estime de son côté Jean-Luc Mélenchon.


Lors de la manifestation indépendantiste catalane du 11 septembre dernier,  l’organisation Arran (membre de La Cup, 10 députés d'extrême gauche indépendantiste au parlement catalan, qualifiée d'ultra-gauche, pour la stigmatiser en la situant plus à gauche que Podemos), a brûlé un drapeau français, espagnol et européen. Comme déjà lors de la Diada de 2016, impunément. Une action qui a scandalisé la députée LREM des Français de l'étranger, Samantha Cazebonne.

Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup  accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone.


Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone. La Franche-Comté et la Gagaouzie ?

A suivre, Ensemble pour le oui (en catalan : Junts pel Sí), une coalition politique indépendantiste catalane formée de l'ERC (Gauche républicaine de Catalogne) qui réintégra le gouvernement de Catalogne à l'occasion de la victoire indépendantiste de 2015, Convergence démocratique de Catalogne (CDC, mouillé dans une affaire de pots-de-vin versés en échange de l'attribution de travaux publics), Démocrates de Catalogne (DC, aucun siège en 2016) et Mouvement des gauches (MES, issu du PS espagnol), ainsi que de groupuscules Assemblée nationale catalane, Òmnium Cultural et Association de communes pour l'indépendance en vue des élections régionales de 2015 en Catalogne.

Conseiller municipal de Perpignan, dernière grande ville catalan de France avant la frontière espagnole, Louis Aliot, député FN des Pyrénées-Orientales s'est dit assez "inquiet pour la paix civile". 
Sur France Info, il qualifie le référendum de "totalement irresponsable", chiffres à l'appui : "c'est quand même 90% de 46% de votants, paraît-il, sans aucun contrôle, ni quoi que ce soit. Et cet après-midi, le vote du Parlement, c'est quand même 70 pour, 10 contre, sur 135 élus, c'est-à-dire c'est un vote minoritaire. En droit, on appelle cela une forfaiture".
Quand Talamoni s'afficha devant le drapeau indépendantiste kanak

Trois drapeaux se disputent l'occupation des rues catalanes. 
Quatre bandes rouges sur un fond or, drapeau officiel catalan (la senyera), parfois accompagnées d’un triangle rouge (volonté de création d’un Etat indépendant communiste ou socialiste), ou bleu (fusion de la senyera et du drapeau de ...Cuba !). Il n’est pas toujours simple de s’y retrouver : les drapeaux nationaux sont des symboles conventionnels qui représentent des pays à l' intérieur comme à l’extérieur. Mais, dans les états pluriethniques, d’autres drapeaux peuvent apparaître et deviennent à leur tour des symboles distinctifs, plus ou moins utilisés, selon l’intérêt du groupe à revendiquer son identité comme distincte.
Pourquoi les quatre bandes rouges ? 
Selon la légende, l’origine des couleurs rouge et jaune remonte au roi Charles II le Chauve (IXe siècle). Il aurait rendu visite à Guifred le Velu, premier Comte de Catalogne, à l’agonie après un duel. Charles II lui aurait demandé ce qu’il désirait. Le mourant a alors affirmé vouloir l’unification pour son peuple. Charles le Chauve aurait trempé ses doigts dans la plaie de Guifred et laissé quatre bandes verticales ensanglantées sur un bouclier doré, donnant ainsi une armoirie à la Maison d’Aragon. Plusieurs versions de la légende circulent, mais toutes conservent l’idée de sacrifice et de richesse transmise par ces couleurs solaires. Un motif supplémentaire de griefs contre la France...

lundi 23 octobre 2017

Référendum en Italie: la Vénétie et la Lombardie votent pour les autonomistes

Vers une balkanisation de l'Union européenne ?

L'U.-E., c'est pour les défavorisés ? 

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Les riches régions italiennes de la Vénétie et de la Lombardie ont voté en faveur d'une plus grande autonomie, à une écrasante majorité, dimanche. 

Ce scrutin consultatif avait pris une connotation particulière après le vote d'autodétermination de la Catalogne, même si ses organisateurs ont répété dimanche soir que leur volonté est de rester dans le cadre de l'unité italienne. 

Les électeurs devaient dire s'ils souhaitaient que leur région dispose de "formes supplémentaires et conditions particulières d'autonomie", selon la formule inscrite dans la Constitution. La nature et l'ampleur de cette autonomie doit désormais être négociée avec Rome, puis validée par le Parlement.

Selon les chiffres quasi définitifs, les électeurs ont voté en faveur du oui à plus d'autonomie, à 95% en Lombardie et à 98% en Vénétie. La participation était elle estimée à respectivement quelque 40% et 57%. 
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La participation au scrutin est suffisamment importante pour que le référendum soit représentatif et  leur donne un pouvoir de négociation face à Rome.
Le président de la Lombardie, Roberto Maroni, avait indiqué qu'une participation supérieure à 34% serait un succès. En Vénétie, le scrutin n'était valide que si un quorum de 50% était dépassé.

Le président de la Vénétie a évoqué un "big bang" institutionnel, Luca Zaia soulignant que la volonté d'autonomie était partagée "par une population entière" et non portée par un seul parti.
Alors qu'en Vénétie la publication des résultats a été ralentie par une attaque de hackers, en Lombardie, où on votait pour la première fois sur des tablettes, le président de la région, Roberto Maroni, a assuré que le système avait fonctionné.

"J'ai voté oui pour donner davantage de pouvoir à la Vénétie dans une future Italie plus forte et plus fédérale. Non aux égoïsmes, oui à la bonne administration", a twitté le maire de Venise, Luigi Brugnaro, à la tête d'une municipalité de centre-droit.

La Ligue du Nord (anti-européenne) est le parti au pouvoir dans les deux régions et promoteur du référendum.
Matteo Salvini, son leader populiste, s'est félicité que des millions d'électeurs aient demandé "une politique plus proche, plus concrète et efficace, moins de bureaucratie et de gâchis".

Le oui avait aussi le soutien de Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre droit), du Mouvement Cinq étoiles (populiste) et de plusieurs syndicats et organisations patronales. Le Parti démocrate (centre gauche, au pouvoir) n'avait pas donné de consigne.

Les Vénitiens et les Lombards ont voté pour garder leur richesse

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Centre de Milan, capitale de la Lombardie
La Lombardie (10 millions d'habitants) et la Vénétie (5 millions) figurent parmi les régions les plus riches d'Italie. La Vénétie, qui compte un riche tissu de PME, a en outre une forte identité, notamment autour de Venise, qui fut indépendante pendant un millénaire.
Ces deux régions contribuent à elles seules à hauteur de 30% au PIB du pays. Elles sont aussi parmi les plus "vertueuses" en termes d'endettement, de dépenses publiques par habitant et de fonctionnement du système de santé.

Surtout, elles présentent à elles deux un solde fiscal (différence entre ce que les habitants versent en taxes et impôts et reçoivent au titre des dépenses publiques) de quelque 70 milliards d'euros.
Une somme colossale dont leurs présidents de régions entendent réclamer la moitié à Rome, parallèlement à des compétences renforcées en matière d'infrastructures, de santé ou d'éducation.
Ils estiment que les fonds publics sont mal gérés par l'Etat central et pourraient être utilisés de manière beaucoup plus efficace, y compris via des partenariats entre régions. "Je suis venu voter pour le oui parce que je pense qu'il est juste que (...) la richesse de la Lombardie y reste au moins à 50%", a déclaré Franco Bonadonna, un Milanais de 82 ans.

Le Brexit et l'exemple catalan peuvent-ils attiser d'autres volontés d'autonomie en Italie ?

Résultat de recherche d'images pour "autonomie Lombardie Venetie"Si l'insurrection de la Catalogne hante tous les esprits, "les similitudes sont minimes, le sentiment indépendantiste n'étant pas très répandu" dans ces deux régions italiennes, a souligné Nicola Lupo, professeur à la Luiss Business School de Rome.
La Ligue du Nord elle-même avait jusqu'ici abandonné les velléités indépendantistes de ses jeunes années.

Mais ce besoin d'autonomie s'appuie sur certains ressentiments qui ont conduit au Brexit ou à la crise catalane, d'après certains analystes, à savoir une certaine défiance commune envers les Etats centraux et l'UE.

Bien que le processus "ne menace pas l'unité du pays, cela risque d'ouvrir la boîte de Pandore et mettre en action de larges forces centrifuges en Italie," estime Lorenzo Codogno, expert chez LC Macro Advisors.
"Il est probable que la question se diffuse et requiert finalement une approche générale du gouvernement et une réforme de la Constitution", les différences entre régions risquant de devenir intenables, observe-t-il.

La tendance autonomiste semble se concrétiser et s'étendre.
Résultat de recherche d'images pour "balkanisation UE"En juin 2016, dans une conférence de presse dans l'avion le ramenant de son voyage en Arménie, le pape François a évoqué le risque que des régions comme l'Ecosse et la Catalogne fassent "sécession", ce qui risquerait de conduire à une "balkanisation" de l'Europe. "Le pas que l'Europe doit franchir pour retrouver la force qu'elle a eue dans ses racines est un pas de créativité et de saine désunion (...), c'est-à-dire donner plus d'indépendance, plus de libertés aux pays de l'Union européenne", a-t-il recommandé.

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Signe d'une crise et d'une situation qui ne s'améliore guère, 123 millions d'Européens sont "exposés au risque de pauvreté", sans être statistiquement pauvres, et pourraient rapidement basculer en-dessous de leur seuil national, selon un rapport du groupement d'ONG, Oxfam. 
Parmi eux, onze millions de Français. Et s'était en 2015, avant le déferlement de migrants. Pour mémoire, en France, le seuil de pauvreté défini par l'INSEE correspond à 60% du revenu médian, soit 977 euros pour 2015. 
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Image associéeEn France, une personne est considérée comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 1.015 euros (seuil à 60 %). Au cours des dix dernières années (2005-2015), le nombre de pauvres a augmenté d’un million au seuil à 60 % : la pauvreté a fortement progressé à partir de 2008 avec l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise économique et financière. Elle a rebondi avec l'accueil de clandestins. Près de 9 millions de Français vivent en-dessous de ce seuil (14,1 % de la population).

vendredi 24 juin 2016

Brexit: la promesse du chaos n'a pas fait trembler les Anglais

Il n'étaient pas dans la zone euro;
ils ne sont plus dans l'U.-E. non plus


Les quotidiens britanniques, dont certains s'étaient prononcés publiquement en faveur ou contre le Brexit, ont publiés des Unes marquantes ce vendredi, jour historique.
"We're out" ("Nous sommes sortis", ci-dessus), titre ce vendredi matin le tabloïd Daily Mirror, alors que les votes en faveur de la sortie de l'Union européenne l'ont emporté au Royaume-Uni. "Les Britanniques ont voté pour quitter l'Union européenne. La livre est en chute libre", sous-titre le journal populiste. 

Le Daily Mail a utilisé la même expression, "Nous sommes sortis". 
"Après 43 ans, le Royaume-Uni s'est libéré des entraves de l'Union européenne. Le Premier ministre bousculé après que les votants ont rejeté son projet. L'urgence de sortir a fait plonger la livre à son taux le plus bas depuis 31 ans", écrit-il pareillement.
"Nous sommes sortis", titre le Daily Mail.

Pour le bimensuel britannique The Economist, il s'agit d'une "fracture tragique"

"See EU later" ("A bientôt l'Union européenne")

C'est le jeu de mots ironique en titre du Sun
(See you later), qui s'était publiquement engagé en faveur du Brexit.
Le Sun était pro-Brexit.

Le Sun était pro-Brexit

"Jour historique pour le Royaume-Uni", titre le Daily Express.
"Jour historique pour le Royaume-Uni", titre le Daily Express.
"Jour historique pour le Royaume-Uni", titre le Daily Express.

D'autres media (centre gauche), comme The Guardian, Metro UK ou The Times ont bouclé leurs Unes sans attendre de connaître les résultats, et leur légèreté en circonstances "historiques" donne des titres très vagues. 

The Times, qui s'est engagé contre la sortie, a imprimé ses pages en pensant que les anti-Brexit avaient perdu, en se fiant au tout dernier sondage de la veille ! "Ce n'est pas passé loin pour le Royaume-Uni", titre donc le "très sérieux" journal (dixit la presse) ...

Le Times pensait jusqu'à son bouclage que le Brexit ne serait pas voté.

Le Times pensait jusqu'à son bouclage que le Brexit ne serait pas voté.

"On se dirige vers un Brexit", écrit quant à lui Metro UK, qui cite le leader de l'UKIP (Parti de l'indépendance du Royaume-Uni), Nigel Farage, député européen et coprésident du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD): " nouveau jour se lève".

La Une de Metro sur le Brexit.

"Les dirigeants de partis tendent la main à une nation divisée après l'amère référendum sur l'Union européenne", écrit dans sa Une The Guardian, anti-Brexit a priori, avant même d'avoir les résultats... Ainsi va la presse socialiste.

Le Guardian, qui s'est prononcé contre le Brexit, a publié sa Une sans connaître les résultats.

vendredi 22 avril 2016

Le ministre Emmanuel Macron s'affranchit du président François Hollande

Macron veut être calife à la place du calife Hollande

Leurs routes se séparent


Macron multiplie les petites phrases qui déplaisent à Hollande.
Après une critique de l’ISF mercredi, le ministre de l’Economie, s’est exprimé sur sa relation avec François Hollande jeudi.
Le ministre de l’Economie prend de plus en plus ses distances avec le chef de l’Etat et le point de rupture semble atteint.

Pour preuve, cette visite d’usine, jeudi, où François Hollande n’a cessé de surveiller Emmanuel Macron du coin de l'oeil, pendant que son ministre profitait de sa popularité en répondant aux sollicitations en tous genres des salariés.


Macron trace sa route

"Emmanuel Macron ne croit plus en les chances de François Hollande pour 2017."
Le jeune ministre de l'Economie devance Manuel Valls, Martine Aubry et François Hollande et il se voit en candidat providentiel.

Il est en effet la personnalité de gauche préférée des Français pour l'élection présidentielle de 2017, selon un sondage Viavoice pour
Libération, publié jeudi 21 avril.A la question, "pour 2017, chacune des personnalités suivantes serait-elle d'après vous un bon président de la République ?", Emmanuel Macron arrive en tête avec 38% devant le Premier ministre Manuel Valls (28%) et Martine Aubry (21%). François Hollande, lui, obtient 11%.
C’est un homme pressé, à l’énergie et à l’ambition débordante", observe Nathalie Saint-Cricq, en direct sur le plateau de France 2.


Emmanuel Macron pourrait préparer sa sortie du gouvernement,
où il irrite de plus en plus ses collègues, Manuel Valls en tête.
Le déplacement présidentiel de ce jeudi 21 avril au côté du chef de l'État visait à montrer un esprit collectif, mais Emmanuel Macron a fait sa petite visite personnelle et a discuté de son côté avec le PDG et les salariés de l'entreprise. L'image est furtive, mais symbolique d'un François Hollande et Emmanuel Macron qui arrivent dans la même voiture devait faire taire la rumeur. L'opération de communication n'a fonctionné que quelques minutes. Très vite, le trublion du gouvernement s'est dissocié du groupe présidentiel, se tenant à l'écart jusqu'à provoquer l'ordre du chef de l'État: "Allez me chercher Emmanuel Macron" !
Sur le qui vive, François Hollande avait du mal à cacher son agacement et botta en touche lorsqu'on l'interrogea sur son ministre. "Le sujet, c'est l'emploi, c'est le seul sujet", assura-t-il.

L'omniprésence, la popularité et la liberté de ton d'Emmanuel Macron irrite de plus en plus au sein du gouvernement.
Certains lui reprochent de ne pas jouer collectif. "On est là, on a travaillé ensemble collectivement pour cet investissement", assure quant à lui Emmanuel Macron face aux caméras. 

Ce comportement autonome du ministre alimente un peu plus chaque jour les suspicions sur ses intentions pour les présidentielles de 2017.

Son indépendance et sa liberté de ton irritent au sein du gouvernement

Emmanuel Macron fait sa petite visite personnelle en assurant face aux caméras qu' "on est là, on a travaillé ensemble collectivement pour cet investissement".

Or, le 8 mai, il sera au côté du maire Les Républicains d'Orléans pour la fête de Jeanne d'Arc. Au programme, un discours et un bain de foule. Emmanuel Macron compte bien jouer sa partition jusqu'au bout.