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lundi 6 avril 2020

Macron restitue le stock de masques piraté à la Suède...

La "réquisition" de masques par la France provoque un incident diplomatique avec la Suède

La France a-t-elle intercepté des masques à destination de la Suède ?


Dans un article intitulé "Guerre des masques entre la Suède et la France," 
L'Express a révélé l'acte de piraterie de Macron sur plusieurs millions de masques appartenant à la Suède: Stockholm demande à Macron de rendre ce qu'il a pris. Une action qui rappelle les heures sombres de notre Histoire et la confiscation des biens des Juifs par les nazis.

Le 5 mars, à Lyon,
la France s'est livrée à une "attaque de la diligence" en réquisitionnant « 4 millions de masques appartenant à l’entreprise suédoise Mölnlycke, un géant du secteur médical spécialisé dans les produits jetables (masques, blouses pour bloc opératoires, etc.,". Deux millions d’entre eux étaient destinés à deux de nos partenaires européens, l’Espagne et à l’Italie. Un million devait partir en Suisse, le dernier million restant étant réservé pour la France.

Ni Macron, ni Philippe, ni Bercy ne voulait restituer le butin
Service gouvernemental français attaché au premier ministre, chargé d'assister le chef du gouvernement dans l'exercice de ses responsabilités en matière de Défense nationale et de Sécurité nationale, le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale refusait de lâcher sa prise de guerre. Il aura fallu plusieurs semaines de tractations et l'entrée en scène de la diplomatie suédoise auprès de Claire Landais, présidente du secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (ex-directrice des affaires juridiques de Le Drian au ministère de la défense), pour régler le contentieux. Au final, Macron a rendu la moitié de la cargaison, soit 2 millions de masques.


Un coup monté juridique
Amazon.fr - Un vol organisé : L'Etat français et la spoliation des ...
Cette main basse de Macron s'inscrit dans le contexte d’un décret, signé deux jours auparavant (le 3 mars) permettant la réquisition de l’ensemble des stocks et productions de masques de protection respiratoire, ainsi que des masques antiprojections, présents ou produits sur le territoire, jusqu’au 31 mai.

L’entreprise Mölnlycke raille la France : "Au téléphone, nos interlocuteurs étaient en pleurs, ils avaient un besoin urgent de ces masques, c’était terrible." Depuis, elle ne souhaite plus s’étendre sur le nombre de masques confisqués puis restitués mais souligne le cynisme de l'Etat français: "La France a imposé une interdiction de l’export des masques. Cela rend encore plus difficile d’effectuer une distribution de matériel médical dans de bonnes conditions, ce qui est urgent dans cette situation."
L'entreprise observe que la France imite certains de ses voisins : "Les gouvernements de la plupart des pays dans lesquels nous sommes actifs [Finlande, République tchèque ou Belgique] ont mis en place des restrictions."


Les méthodes de Macron indignent Stockholm


Etat membre de l'UE, la Suède est un des pays les plus démocratiques au monde (premier en 2008, troisième en 2019 derrière la Norvège et l'Islande), tandis que la France était 20e, selon l'indice de démocratie du groupe de presse britannique The Economist Group (lié à la famille Rothschild). Le 31 décembre 2010, elle a même reçu le prix de l'Excellence 2010 (pays le mieux réputé). 

Les « Monuments Men » remettent un « album Hitler » aux archives ...

Le ministère des Affaires étrangères suédois n'a pas de mots assez durs pour qualifier le comportement de Macron. "Nous suivons de très près cette situation. Le marché commun doit fonctionner, particulièrement en temps de crise. La Suède est en contact avec les autorités françaises et a exprimé ses inquiétudes quant aux restrictions mises en place et à leurs conséquences pour la disponibilité de l’équipement médical vital (parmi lequel, des masques). Le gouvernement a eu plusieurs fois l’occasion de faire savoir auprès des officiels français que nous attendons de la France qu’elle cesse rapidement ses réquisitions de l’équipement médical et fasse ce qu’il faut pour assurer la sécurité du transport de ces biens.

Le ministère ajoute : "La Suède a alerté la Commission européenne et affirmé que toutes les restrictions d’export au sein du marché interne doivent être levées. Il est dans l’intérêt de la France, aussi, de s’inscrire dans un marché qui fonctionne bien et procure des équipements médicaux." 
Par ailleurs, le 26 mars, le Conseil européen, a recommandé une coopération étroite entre Etats membres.


A Matignon, la levée des réquisitions ne semble pas à l'ordre du jour.
D'autant moins que sont pointés la politique d'austérité de Macron et l'imprévoyance  du gouvernement en matière de santé publique, ajoutés à leur manque de réactivité face à l'épidémie signalée par Agnès Buzyn dès la fin décembre 2019. De nombreux personnels de santé alertent d'ailleurs sur la pénurie de masques adaptés.

La France n'hésite pas à jurer de sa mise en œuvre d’une solidarité européenne. "Si les mesures de réquisition sont guidées par l’impératif de protection des Français, le gouvernement a toutefois bien réaffirmé son attachement à la solidarité européenne et la nécessité d’en tenir compte dans l’affectation des biens qui ont été [et restent] réquisitionnés, en permettant à certaines livraisons d’être effectuées vers d’autres Etats membres de l’Union européenne. En vertu du principe de solidarité européenne, le gouvernement a autorisé l’entreprise suédoise Mölnlycke Health Care à exporter 2 millions de masques, qui étaient stockés sur le territoire français, vers la Suède."  Macron bloque et débloque !

Au final, Mölnlycke aurait fait le choix de ne plus transiter par la France
pour l’instant, afin d’éviter les saisies.

La France, mise au ban de la communauté européenne

Suite aux pressions exercées par Stockholm, Macon a cédé : Paris a levé, samedi, l’interdiction d’exportation.
Le groupe suédois Mölnlycke est désormais autorisé, comme avant, à utiliser sa plate-forme de distribution basée à Lyon, pour alimenter le sud de l’Europe. Au mépris des principes fondateurs du Marché commun et de l'Union européenne.
Après avoir démontré sa patience pendant un mois, la Suède avait haussé le ton, vendredi 3 avril. Abordant, en visioconférence depuis Bruxelles,  le sujet de la confiscation des stocks du groupe suédois Mölnlycke à Lyon , et des restrictions imposées par la France sur les exportations de matériel médical au reste de l'Europe,  la commissaire européenne suédoise Ylva Johansson avait estimé qu'elles étaient "inacceptables", alors que le ministère des affaires étrangères, à Stockholm, jugeait la situation "sérieuse".

Samedi midi,  Ann Linde, la cheffe de la diplomatie suédoise,a annoncé, sur Twitter, que les pressions exercées par la Suède avaient porté leurs fruits :
"Suite aux efforts du gouvernement [suédois], la France a décidé de lever les restrictions à l’export des masques de protection de Mölnlycke. Cela signifie que des équipements essentiels à la lutte contre le coronavirus peuvent être distribués au reste de l’Europe."

Côté français, le ministère de Jean-Yves Le Drian tente de sauver la face:
"On fait des exceptions au cas par cas, a-t-il tenté d'expliquer. Et de se justifier : "sinon on perd la vision d’ensemble des stocks disponibles et on risque les fuites hors UE. Mais, pour les Européens, on débloque aussi vite que possible à chaque fois," assurait-il, la queue entre les jambes, dans un entretien avec Le  Monde. 

Les révélations de L'Express ont obligé Macron à manger son chapeau. 
L'individualisme de l'ex-banquier et l'autoritarisme du président sans foi ni loi mettent un coup d'arrêt aux prétentions de l'arrogant Macron en termes de leadership en Europe

"Un regrettable hoquet dans des relations diplomatiques," ironise l’ambassadrice de Suède en poste à Paris, Veronika Wand-Danielsson. 
La guerre des masques n'aura pas lieu : elle aurait été la première depuis 1939... 

vendredi 5 octobre 2018

Guinée: les ministres de Macron boudent son 60e anniversaire

Alors que Macron se désiste, Philippe recherche désespérément un ministre pour l'accompagner

Nicole Belloubet a refusé catégoriquement de remplacer au pied levé Gérard Collomb
 


Collomb devait se rendre en Guinée pour les 60 ans de l’indépendance du pays.
Mais le ministre de l'Intérieur a refusé, lundi, de se rendre à Conakry pour représenter la France en Guinée et célébrer la décolonisation, 60 ans après l’indépendance du pays. Et la ministre de la Justice s'est aligné sur la position de Macron qui a décidé de bouder le président Alpha Condé, lequel se considère pourtant comme le frère jumeau de Bernard Kouchner.

Or, Macron avait reçu le président guinéen en visite officielle à Paris, le 22 novembre 2017. "Je me réjouis d’avoir accueilli ce jour à l’Elysée le président Alpha Condé, mon ami Alpha qui, depuis un peu plus de six mois que j’ai pris ces responsabilités, est pour moi un partenaire privilégié et un interlocuteur très précieux pour les sujets africains," avait-il déclaré.
Et d'ajouter une promesse : "Je tenais à ce que nous puissions échanger comme nous venons de le faire, avant de me rendre en Afrique et avant notre sommet Union africaine-Union européenne."

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Macron prend ombrage de la réussite du président africain.
Entre 2010 et 2017, la Guinée connaît une croissance annuelle relativement importante (4 % en moyenne), quand Macron fera moitié moins en 2018. Dans le même temps, le chômage reste stable, à 4,5 %, contre 9,2 en France. Par ailleurs, le pays voit sa dette publique passer de 68 % à 19 % du PIB, contre 99% du PIB hexagonal, au deuxième trimestre 2018, tandis que le déficit public, qui s’élevait à 14 % en 2010, devient un excédent (0,6 %) en 2017, à la différence de la France qui ne tiendra pas l'objectif de 2,3% en 2018.
Condé a été réélu président pour un second mandat en 2015, avec 57,9 % des voix au premier tour.

Panique au sommet de l’Etat : Macron ne tient pas ses engagements

On a craint l’incident diplomatique et Matignon a alors demandé à Nicole Belloubet de remplacer le ministre de l’Intérieur, au pied levé. Refus catégorique de la garde des Sceaux, qui  ne veut pas jouer les doublures. Elle fait valoir qu'elle revient tout juste d’un déplacement à Madrid avec Edouard Philippe et que le climat africain ne convient pas à son brushing.

C’est finalement Jean-Baptiste Lemoyne qui s'y colle : en tant que secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, du tourisme et de la francophonie, il a dû accepter la mission et son cheveu ne craint rien...

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait piscine ?
On en entend plus parler de celui-là: Il a démissionné ?


samedi 22 septembre 2018

Achats de 36 Rafale : Hollande froisse l'acheteur indien

Indélicat et stupide, l'ex-président Hollande relance la polémique sur les Rafale en Inde

La France n'a "pas eu le choix" du partenaire indien du constructeur Dassault, a déclaré l'ex-président François Hollande au site Mediapart.

:copyright: Présidence de la RépubliqueCe commentaire inutile a ravivé vendredi la polémique en Inde autour de l'achat de 36 avions de chasse Rafale en 2016. Lâchée dans la soirée après un repas bien arrosé, cette remarque fait la Une de la presse indienne et relance la controverse déclenchée l'année dernière par le parti du Congrès indien, la principale formation d'opposition. Le sujet a gagné en ampleur ces dernières semaines dans le débat politique du géant de l'Asie du Sud.

Le gouvernement de Narendra Modi a favorisé le conglomérat privé d'un industriel présumé proche du Premier ministre, accuse notamment l'opposition indienne. 
Le but aurait été de bénéficier d'une partie des "compensations" (ou "offsets") contractuelles de Dassault, au détriment de l'entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL).
Des responsables indiens et français assurent que l'avionneur français a librement choisi de s'associer à Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani. Cette société n'avait pourtant aucune expérience préalable dans l'aéronautique.

"Nous n'avions pas notre mot à dire à ce sujet", a déclaré l'ancien président de la République française (2012-2017) François Hollande au site révolutionnaire trotskiste Mediapart, dans un article mis en ligne vendredi. "C'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services et Dassault qui a négocié avec Ambani".
"Nous n'avons pas eu le choix; nous avons pris l'interlocuteur qui nous a été donné", a ajouté le démissionnaire de la course à l'Elysée.

Hollande use notamment de cet argument pour se défendre de tout possible conflit d'intérêts avec Reliance Group.
© Présidence de la RépubliqueCelui-ci a en effet partiellement financé en 2016 un film de sa compagne Julie Gayet. "C'est pourquoi, par ailleurs, ce groupe n'avait pas à me faire quelque grâce de quoi que ce soit. Je ne pouvais même pas imaginer qu'il y avait un quelconque lien avec un film de Julie Gaye,t", assure le "capitaine de pédalo".

Le nom de Reliance Group était apparu dans le cadre de la "nouvelle formule" de négociations sur l'achat de Rafale, décidée par le gouvernement Modi après son arrivée au pouvoir, a encore expliqué Hollande, interrogé lors d'une conférence qu'il donnait vendredi à Montréal.

"La France n'a en aucune manière choisi Reliance", a-t-il insisté. "Les autorités françaises n'avaient pas à choisir le partenaire, Dassault s'est retrouvé avec Reliance sans que le gouvernement français ait été consulté, insiste-t-il (...) Ce sont des partenaires qui se sont choisis eux-mêmes".

Interrogé pour savoir si l'Inde avait fait pression pour que Reliance Group soit partenaire de Dassault, Hollande a en revanche assuré qu'il n'était "pas au courant". "Dassault est seul capable de le dire", a-t-il ajouté, soucieux de ne pas intervenir dans la polémique indienne.

Hollande rend compliqué de réinvestir en Inde

:copyright: Présidence de la RépubliqueCet accord portait "sur les seules obligations du gouvernement français de s'assurer de la livraison et de la qualité de cet équipement," selon le ministère français des Affaires étrangères, dans un communiqué vendredi soir.
"Le gouvernement français n'est en aucune façon impliqué dans le choix des partenaires industriels indiens qui ont été, sont ou seront sélectionnés par les industriels français", a-t-il ajouté.

Sur Twitter, le ministère indien de la Défense a "répété que ni le gouvernement indien ni le gouvernement français n'avaient eu leur mot à dire dans cette décision commerciale".

"Grâce à François Hollande, nous savons désormais que (Narendra Modi) a personnellement accordé un marché au potentiel de milliards de dollars à un Anil Ambani en faillite", a tweeté le président du Congrès Rahul Gandhi.
"Le Premier ministre a trahi l'Inde", a ajouté l'héritier de la célèbre dynastie politique indienne.

Le contrat a été "établi de gouvernement à gouvernement," a expliqué Dassault Aviation, vendredi soir, par communiqué
Peu après l'officialisation de l'achat des 36 Rafale en septembre 2016, Dassault et Reliance Group avaient annoncé la création d'une coentreprise, Dassault Reliance Aerospace. La société française y a investi plus de 100 millions d'euros.
Le partenariat avec le groupe indien Reliance est "le choix de Dassault Aviation", précise encore l'entreprise française. Les deux sociétés ont construit à "Nagpur une usine pour produire des pièces de Falcon et de Rafale", a-t-elle rappelé.
Les industriels étrangers obtenant des contrats d'armement en Inde doivent contractuellement réinvestir une partie des sommes perçues sur le territoire indien. Dans le cadre du contrat Rafale, ces "compensations" portent sur environ la moitié des quelque huit milliards d'euros payés par le gouvernement indien.
Dassault avait négocié pendant plusieurs années avec HAL dans le cadre d'un appel d'offres pour 126 avions de chasse, majoritairement assemblés en Inde, mais les tractations n'avaient pas abouti. Peu après l'arrivée au pouvoir du nationaliste hindou Narendra Modi, New Delhi avait annulé cette procédure et préféré acquérir directement 36 Rafale fabriqués en France.

Le Premier ministre Modi veut remettre sur pied une armée indienne insuffisamment équipée, avec un arsenal de plus en plus obsolète face aux défis géopolitiques de l'Asie, notamment à l'affermissement de la puissance chinoise.
Premier importateur mondial d'armements, l'Inde cherche via les "compensations" à faire naître une industrie de défense locale pour réduire à l'avenir sa dépendance vis-à-vis de l'étranger.

Voici de qu'écrivait Les Echos

:copyright: Présidence de la République

François Hollande en Inde tente de faire progresser la vente des Rafale.

Par Anne Bauer

Pas d'accord sur le prix, mais l’Inde et la France finalisent un accord intergouvernemental. Paris promet d’investir dans les infrastructures indiennes.

Symbole du lien entre l’Inde et la France, la visite d’Etat de trois jours entamée dimanche en Inde [janvier 2016] par le président de la République François Hollande, la deuxième depuis le début du quinquennat, a démarré à Chandigarh, la ville conçue par l’architecte français Le Corbusier. Soixante ans après sa conception, la ville reste l’une des plus vertes, les moins polluées et les moins encombrées d’Inde. Une source d’inspiration pour le premier ministre Narendra Modi, qui veut développer une centaine de «smart cities » pour anticiper l’urbanisation galopante de sa population. La densité urbaine devrait gonfler de plus de 220 millions d’habitants au cours des quinze prochaines années et les besoins d’investissements en infrastructures sont à l’échelle. Ils sont si importants que l’Inde doit à tout prix attirer des investissements étrangers, de crainte qu’à terme, ses déficits d’électricité, de transport, de services urbains ne freinent la croissance du pays. Avec un taux de 7,5 %, l’Inde affiche aujourd’hui la meilleure performance de tous les pays émergents.
C’est pourquoi le président a invité la quasi-totalité du Cac 40 à l’accompagner pour sa visite d’Etat de trois jours, qui doit s’achever le 26 janvier par le défilé militaire du «Republic Day », la fête nationale qui célèbre la création de la République en 1950. Parmi ceux-ci figuraient les patrons de tous les groupes intéressés par la vente des avions de combat Rafale, d’Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviations à Patrice Caine (Thales), en passant par MBDA ou Safran. Mais dès son arrivée, le président François Hollande a douché tout espoir d’une issue rapide des négociations, bien qu’en avril dernier, le premier ministre Narendra Modi ait annoncé à Paris vouloir acheter vite 36 Rafales clé en main« Les négociations progressent et nous allons franchir une nouvelle étape, qui va dans le sens, nous l’espérons tous, de l’acquisition par l’Inde de 36 Rafale », a-t-il précisé en descendant de l’avion. Le Président souhaite conclure aujourd’hui un accord inter-gouvernemental entre l’Inde et la France, sorte d’accord chapeau qui va encadrer les paramètres de la négociation commerciale.
Cet accord d’Etat à Etat, un document de l’ordre de 150 pages, est une étape fondamentale pour lever toute ambiguïté sur l’utilisation de technologies sensibles. En présence du premier ministre indien, François Hollande a semblé s’impatienter, insistant: « derrière les échanges de notre industrie de défense, il s’agit aussi de lier deux des plus grandes démocraties pour agir pour la sécurité du monde ». New Delhi veut obtenir des garanties sur le montant des contreparties (offset) et exige qu’elles atteignent 50% de la valeur du futur contrat, évalué entre 6 et 10 milliards d’euros. L’Inde veut les les appareils les plus sophistiqués, mais au meilleur prix, ce qui annonce de longues négociations... A Chandigarh, plusieurs projets ont été engagés sur la ville durable. La France compte être pilote dans trois des 100 « smart cities » : Chandigarh, Pondichéry et Nagpur. Plusieurs accords de coopération dans les technologies solaires ont été signés, l’Inde souhaitant développer jusqu’à 100 gigawatts d’énergie solaire d’ici 2020. Reconnaissant à l’Inde de n’avoir pas bloqué à Paris l’accord sur le climat, alors que le pays a toujours attribué la responsabilité climatique aux pays développés, le président doit inaugurer, ce lundi, l’Alliance solaire internationale, le projet défendu par Narendra Modi pour équiper les pays pauvres d’énergie solaire.
(Envoyée spéciale à Chandigarh)
Par Anne Bauer

jeudi 30 novembre 2017

Les enfantillages de Macron au Burkina-Faso nuisent aux relations diplomatiques dans la région africaine

Emmanuel Macron disjoncte devant les étudiants de l'université de Ouagadougou

Macron doit inaugurer la plus grande centrale solaire d'Afrique de l'Ouest ce mercredi 29 novembre au Burkina Faso
Emmanuel Macron devant les étudiants de l'université de Ouagadougou.
Emmanuel Macron devant les étudiants de l'université de Ouagadougou 

Emmanuel Macron est parti en vrille quand, au cours de sa tournée africaine, une étudiante burkinabée l'a interrogé  sur l'ouverture d'une centrale électrique française et son impact sur la climatisation dans l'université de Ouagadougou car, s'il a d'abord répondu très justement : "Vous m’avez parlé comme si j’étais le président du Burkina Faso [Rires et applaudissements]! [...] 
Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu’il y a derrière votre interpellation et l’enthousiasme que ça a créé.



Vous m’avez parlé comme si j’étais le Président du Burkina Faso.

Il a ensuite perdu le contrôle.
 

"Vous me parlez comme si j’étais toujours une puissance coloniale [il incarne la fonction !], mais moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso! [sourire embarrassé du président Kaboré] C’est le travail du Président ! Alors, par contre, je vous rassure [le Président burkinabé quitte la salle, sans se retourner, adressant un geste ambigu à l'assistance]... du coup il s'en va," se gausse le showman en stand-up.
"Reste là ! [Un tutoiement que les étudiants n'apprécient pas: ils ne goûtent pas la plaisanterie et restent tout à coup silencieux]. "Du coup, il est parti réparer la climatisation," insiste Macron, croyant son humour irrésistible et inconscient de son manque de respect en présence de témoins sidérés.

Macron a-t-il créé un incident diplomatique au Burkina Faso ?" s'interroge l'AFP dans un "décryptage", comme Libération


"Il est parti réparer la climatisation", a lancé  à Ouagadougou mardi un président français exalté comme après un repas bien arrosé, devant quelque 800 étudiants que la plaisanterie n'a pas fait rire dans une ambiance pourtant très détendue par ailleurs, alors que son homologue burkinabé préférait s'éclipser discrètement.
Une familiarité très critiquée par l'opposition française, seule, puisque la presse de la majorité aux garde-à-vous nie farouchement que Macron ait pu provoquer un "incident diplomatique". Savoir donc si le président a eu un besoin urgent diplomatique ou s'il a voulu manifester son mécontentement.

A Ouagadougou, Macron a-t-il enterré la politique africaine de la France ?



6mediaBURKINA POLEMIQUE

OBSERVER l'insolence de la moquerie du Français :


L'AFP a pourtant réussi à aligner les rédactions de Libération ou Le Monde sur l'Elysée.
Sur Playbuzz ci-dessus, un anonyme a mis le paquet. On sait en revanche que "Brut" [de décoffrage?] est un media en ligne français exclusivement diffusé sur les réseaux sociaux et uniquement sous format vidéo. Co-fondé fin 2016 par Renaud Le Van Kim, directeur de la société KM Productions et issu de Canal+, ce media privé bénéficie désormais de la monétisation de son audience par France Télévisions qui diffuse certaines vidéos de cette société sur le site de la chaîne France Info.   

Revenu sur terre et à la raison, Jupiter ne se satisfait pas de la complicité des inconditionnels. Le Burkina-Faso aurait-il exprimé son mécontentement ? 

Sur RFI et France 24 mercredi soir, Emmanuel Macron a réagi sans tarder aux critiques. 

"Ce sont eux, les paternalistes car, c'est considérer qu'on ne peut pas faire d'humour quand on parle avec un dirigeant africain. J'aurais fait de l'humour avec tout dirigeant européen avec qui j'ai cette relation. Nous n'avons pas ce type de relation avec Angela Merkel. Je l'ai par exemple avec Jean-Claude Juncker. Je l'ai avec le Premier ministre luxembourgeois. Ça dépend de la relation personnelle. Il se trouve qu'avec Roch Kaboré, nous nous entendons bien et donc, nous plaisantons et d'ailleurs, ça ne vous aura pas échappé que ça l'a fait rire." Son hôte africain n'a plus ri lorsque Macron a répondu à la question déjà en soi insolente d'ironie de l'étudiante sur la clim activée pour sa venue... 

Le JDD est péremptoire : "Macron n'a pas créé d'incident diplomatique"

Le groupe Lagardère ne s'interroge pas. 
Il est monté au créneau pour soutenir Macron. "Contrairement aux dires de plusieurs media et de personnalités politiques, le président du Burkina Faso ne s'est pas du tout indigné d'un trait d'humour d'Emmanuel Macron," affirme la succursale d'Europe 1. 
Le groupe propriétaire Lagardère Active a rapproché les deux rédactions (Journal du Dimanche et Europe 1) qui doivent emménager dans les mêmes locaux en 2018, alors que la radio continue de perdre des parts de marché. Un sondage officiel la place en terme d'audience après RTL, France Inter, NRJ, France Info et RMC, soit en sixième position. Les recrutements de Frédéric Taddéï, un protégé de Jean-François Bizot, fils de grand bourgeois d'affaires (Novapress et Actuel, cultures alternatives), ex-Radio Nova, de Raphaëlle Duchemin, qui est passée du service public au privé, serpentant de France Info à Europe 1, en passant par RMC, de Patrick Cohen, mistigri de la presse sur RTL, puis France Inter et Europe 1, puis France Inter et France 5, avant d'échouer sur Europe1, en perdition, des humoristes Mathieu Madénian (ex-chroniqueur à Charlie Hebdo) ou Camille Chamoux (qui s'est distinguée sur France 2 en agressant Alain Finkielkraut dans ONPC.
Quant aux journalistes vedettes du JDD, Hervé Gattegno et Anna Cabana, ils ont table ouverte à BFMTV qui est pareillement soumis au pouvoir, après Hollande, Macron, suscitant la critique du monde de la presse.
Comme à l'accoutumée, "Emmanuel Macron était plutôt satisfait de ce moment", assure le JDD qui n'en veut pour preuve que le fait qu' "'il l'a isolé sur son compte Twitter, même s'il ne montre pas le moment où le président Kaboré quitte la scène."

VOIR et ENTENDRE
la séquence en intégralité avec les plans de coupe sur le président Kaboré :

Macron sape les efforts de sa presse : il assure qu'il aurait fait la même à un dirigeant européen

Le président français a qualifié de "ridicule" le reproche d'indélicatesse qui lui est adressé. Dans un entretien avec France 24 et RFI, le banquier en gros sabots a estimé que l'humour est le signe d'une relation "d'égal à égal" avec le président détenteur d'un DESS de gestion...

Pour le président français, ce sont ses détracteurs qui sont "les vrais paternalistes qui considèrent que l’on ne peut pas faire de l’humour avec un dirigeant africain". Tentant de se justifier de ses remarques venues dans "l'énergie et la vitalité d'un moment", il a assuré qu'elles avaient amusé son homologue Roch Kaboré, qui aurait quitté la salle non pas en réaction, mais pour une "pause technique". Sur les images, on voit le président Kaboré faire un geste de la main, interprété comme un signe d'amusement par Macron.

Déjà connu pour son arrogance et sa désinvolture, Macron se défend de toute condescendance et soutient la thèse "d'une relation d’égal à égal". "J'aurais fait de l'humour avec tout dirigeant européen avec qui j'ai cette relation", tient-il à faire comprendre. "Nous n'avons pas ce type de relation avec Angela Merkel", qui n'est pas soupçonnée de problèmes de prostate, mais "je l'ai par exemple avec Jean-Claude Junker [63 ans]. Je l'ai avec le Premier ministre luxembourgeois [44 ans...]. Il se trouve qu'avec Roch Kaboré, nous nous entendons bien, et donc nous plaisantons." L'ennui, avec Macron, c'est qu'il plaisante aux dépens des autres.

Au final, 
le trentenaire a fait buzzer les media internationaux avec son manque de doigté sur la prostate du président burkinabè de 60 ans. Tout en finesse ?

En humiliant le président Kaboré, Macron met surtout l'équilibre politique du sub-saharien en péril

Plusieurs élus politiques et certains media ont dénoncé la plaisanterie relou du nouveau président français. 
Dans un communiqué, le groupe parlementaire d'extrême gauche mené par Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une parole "indigne de la part du président de la République française." 
Le numéro 2 du FN, Nicolas Bay, y a lui vu une "attitude assez scandaleuse" d'Emmanuel Macron. "Le voir sur la scène internationale aller critiquer ouvertement un chef d'Etat dans son pays, c'est comme si un chef d'État venait en France, devant des étudiants à la Sorbonne, pour critiquer ouvertement et insulter Emmanuel Macron en le méprisant", a-t-il observé.
Pour Debout la France (DLF), Nicolas Dupont-Aignan s'est également indigné mercredi matin sur Europe 1 : "Si un homme de droite, ou Donald Trump, s'était comporté comme Emmanuel Macron au Burkina Faso, toute la presse en parlerait ce matin. Il a été d'une arrogance, d'une violence à l'égard des autorités du Burkina Faso à la limite du racisme."

Thierry HOT
@Hotthierry1  [directeur camerounais du magazine panafricain Notre Afrik]
Pour rassurer ceux qui n'ont pas eu la bonne information [hautain...].
Pendant le discours de @EmmanuelMacron, le Président Kaboré s'était éclipsé juste pour une petite pause technique [à ce moment précis !] avant de revenir dans l'amphi.





@AvaDjamshidi 
[journaliste pour Aujourd'hui en France, diplômée de l'école supérieure de journalisme de Lille...]


Même pas.... On est plein de journalistes sur place. Vous voulez pas demander au lieu d’interpréter? [et avec ça, diplômée de l'école supérieure de journalisme de Lille...] Selon son entourage, le président Kaboré, qui est un être humain, a fait... une pause technique. [la journaliste cite l'entourage qui lui tenait la main]
https://

Plus grave encore est l'impact sur l'Ouest africain d'une fâcherie franco-burkinabée.
Politiquement, Macron est venu tirer les dividendes de l'installation de la centrale solaire de Zagtouli, la première dans le pays et la plus grande de toute l'Afrique de l'Ouest, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Ouagadougou. Près de 13.000 panneaux photovoltaïques sont installés sur 55 hectares.
Financée par l'UE et par l'Agence française de développement, cette centrale doit favoriser l'indépendance énergétique du pays, qui importe actuellement 30% de son électricité de la Côte d'Ivoire voisine.
Stratégiquement, le pays hôte de Macron est situé à l'interface entre le Mali (où l'islam est la principale religion, à 90 %, au sud-ouest de l'Algérie, également en lutte contre le terrorisme islamiste) d'une part et la Côte d'Ivoire (islam, 43 % et christianisme, 34%) et le Nigeria (christianisme et islam, à part presque égales) d'autre part, si bien que les Etats-Unis, qui comme la France a des liens historiques avec le Burkina Faso, suit de très près la politique de ce pays chrétien à 24%, face à 60% de musulmans. Washington apporte un soutien financier en échange de l'autorisation d'espionner les mouvements islamistes.
Or, ce pays d'élevage, qui est l'un des moins développés au monde, compte une très forte diaspora : par exemple, trois millions de Burkinabè vivent au Ghana, trois millions en Côte d'Ivoire et 1.5 million au Soudan.
La "nouvelle politique" de Macron reste alignée, on le voit, sur celle ...d'Obama au Burkina-Faso. La France a fait en sorte que "l’évacuation de Blaise Compaoré puisse se faire sans drame", avait expliqué François Hollande, après le départ de l’ex-président du Burkina. Ensuite, la France a demandé au nouvel homme fort du pays,  le lieutenant-colonel Isaac Zida, désigné chef de l'État de transition du Burkina Faso par l'armée en novembre 2014, de rendre le pouvoir aux civils, mais il dut faire face au coup d'État du 17 septembre 2015. En décembre, le nouveau président de la République, Roch Marc Christian Kaboré, chargea alors Isaac Zida d'expédier les affaires courantes, mais il partit au Canada et Kaboré ordonna à la justice de le poursuivre pour "désertion". Il est par ailleurs accusé de corruption durant la transition, ainsi que de la répression de l'insurrection d'octobre 2014, en tant que chef des opérations de l'ex-RSP (Régiment de sécurité présidentielle dont des membres avaient retenu en otage Kafando, président de transition de 2014 à 2015), et Zida. En janvier 2017, le président Kaboré radie Isaac Zida de l'effectif des Forces armées nationales.
Deux semaines après son élection, le président Kaboré fait face à une première vague d'attentats islamistes. Le 15 janvier 2016, un restaurant et un hôtel du centre de Ouagadougou, notamment fréquenté par des expatriés, fut la cible d’une attaque terroriste revendiquée par Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le bilan fait état de trente morts. Alors que les chancelleries du monde entier témoignent de leur solidarité avec le Burkina Faso, les forces de sécurité nationales sont mises en cause devant la facilité avec laquelle les trois assaillants ont manœuvré, pour leur temps de réaction ou pour la pauvreté du renseignement national. Cumulant le ministère de la Défense, Roch Marc Christian Kaboré a confié à son armée les moyens d’assurer la sécurité du pays et d’en faire une institution "apolitique".
Un pays politiquement instable à la portée des islamistes.
Et qui n'a pas les moyens de manier l'humour avec légèreté.