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mercredi 21 novembre 2012

Valls enregistre un 18e assassinat en Corse

La 18e victime depuis le début de l'année

Cinq jours après le déplacement des ministres de la Justice Christiane Taubira et de l'Intérieur Manuel Valls en Corse, un nouveau meurtre a eu lieu ce mardi 20 novembre, dans une station-service de Cervione en Haute-Corse, près de Bastia. C'est le 18e assassinat depuis le début de l'année.

Victor Ribeiro, 45 ans, patron d'une entreprise de bâtiment et travaux publics dans le village de Moriani (Haute-Corse), a été abattu vers 13h30 de plusieurs décharges de chevrotines à la tête et au thorax, a déclaré sur place le procureur de la République Dominique Alzéari.

Alors qu'il était seul au volant de sa voiture, près du village de Prunete, sur la côte orientale, à 50 km au sud de Bastia après avoir déjeuné en famille dans un restaurant du bord de mer, plusieurs personnes armées d'armes longues et cagoulées l'ont bloqué et ont fait feu sur lui à plusieurs reprises. Il est décédé immédiatement", a déclaré D. Alzéari (photo ci-contre), ajoutant: "Il était attendu. C'est manifestement un assassinat".
La victime était suivie par un autre véhicule à bord duquel se trouvait un employé, son épouse et son fils, "ce qui est d'autant plus dramatique car des proches ont assisté au déroulement des faits", a souligné le procureur.

Victor Ribeiro avait travaillé sur plusieurs chantiers avec un ancien militant nationaliste reconverti dans l'immobilier, Charles-Philippe Paoli, lui-même assassiné le 29 juin 2011 à Folelli (Haute-Corse), un village voisin, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"Vous pouvez être certains de la détermination du gouvernement à lutter contre ces crimes organisés, contre cette dérive mafieuse", a déclaré peu après Manuel Valls à l'Assemblée nationale.

Appelant les Corses à "assumer leurs responsabilités" dans la lutte contre le crime, le ministre de l'Intérieur de François Hollande a ajouté ce truisme, avec gravité : "La Corse, c'est la France. La Corse, c'est la République. Les Corses sont des Français, ils ont donc droit à la protection de l'Etat et de la République."
Le chiffon rouge, Christiane Taubira, ministre de la Justice, a exprimé sa "stupeur" et réaffirmé, dans un communiqué,"la volonté du gouvernement à faire rétablir le respect des personnes et l'Etat de droit en Corse".


Renforcement des moyens d'enquête

Ce nouvel assassinat a été commis le lendemain de la prise de fonction à Ajaccio d'un nouveau directeur régional de la police judiciaire, le commissaire Philippe Chadrys, de la sous-direction antiterroriste.

Cinquième homicide en cinq semaines, il est aussi intervenu six jours après une visite de M. Valls et Mme Taubira à Ajaccio, après l'assassinat du président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, Jacques Nacer.

Dépêchés "en urgence" par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour qui "la mafia est à l'oeuvre en Corse", Valls avait observé que l'île est le théâtre d'"environ 20% des règlements de comptes" commis en France.


VOIR et ENTENDRE
Jean-Marc Ayrault pointer l'argent sale corse, plutôt que le nationalisme indépendantiste:


Les deux ministres comptent faire barrage de leurs corps à la mafia:  
Manuel Valls   et Mme Taubira  reviendront en Corse dimanche.(photos ci-dessus)
Jacques Nacer, 49 ans, avait été assassiné le 14 novembre dans son magasin du centre d'Ajaccio par un homme seul au visage masqué qui était parvenu à s'enfuir.


Le 16 octobreAntoine Sollacaro, 63 ans, un ex-militant nationaliste,  était tué par balles au volant de sa voiture par deux tueurs en moto qui avaient pris la fuite. Ce célèbre avocat ajacien avait notamment défendu Yvan Colonna dans l'affaire dite de l'" Assassinat du préfet Érignac ". 

=> Son fils, Paul Sollacaro, avocat de 31 ans, s'exprime pour la première fois lundi 22 octobre dans une interview au Parisien.
Selon lui, "les services de police sont responsables de [la] mort" de son père.
"Je veux une enquête parlementaire sur le fonctionnement de la JIRS. Je souhaite aussi que le ministre de l'intérieur saisisse l'inspection générale des services. Il faut faire le ménage si on veut enrayer le phénomène au lieu de l'entretenir", a exigé le fils de l'avocat. En Corse, "il a fallu qu'on tue un avocat, qu'une barrière tombe, pour qu'on se rende compte à quel point la situation est folle", souligne-t-il, avant d'ajouter : "Ça me scandalise."
Les dossiers de ces deux assassinats ont été transférés à la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, chargée des affaires de grand banditisme et qui traite de nombreux dossiers corses.

Le gouvernement avait annoncé le 22 octobre un "renforcement des moyens d'enquête spécialisés" avec l'affectation de 14 officiers de police judiciaire de la gendarmerie, spécialistes de la lutte contre la délinquance économique et financière.

Le Groupement d'intervention régional (
GIR, combinant notamment police, gendarmerie, douanes et services fiscaux) sera renforcé de quatre fonctionnaires et la Coordination des services de sécurité intérieure en Corse d'un spécialiste des enquêtes financières.

Visiblement, le milieu corse ne semble pas très impressionné par la mobilisation du gouvernement. 
Bizarrement, Christiane Taubira n'épouvante pas la mafia.  "Sa "stupeur" et "la volonté du gouvernement à faire rétablir l'Etat de droit en Corse ", rien n'y fait. 

Reste que les renforcements des mesures de sécurité annoncées la semaine dernière à grand renfort de publicité ne devraient pas suffire à rassurer une population inquiète et fatiguée par ce déchaînement de violence qui s'abat sur l'île et qui fait de la Corse la région la plus criminogène d'Europe.


VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur affirmer que l'Etat ne peut pas tout et mettre en cause l'argent, élément de langage déjà exprimé par le Premier ministre:

Faudra-t-il envoyer l'illustre Ayrault, faiseur de boulettes, ou le "capitaine de pédalo", pour noyer le poisson ?

Si une ancienne indépendantiste guyanaise comme Christiane Taubira ne fait pas l'affaire, la célèbre  comploteuse lilloise ne serait-elle mieux adaptée ?

mercredi 11 juillet 2012

Y.Colonna: pourvoi en cassation définitivement rejeté


La Cour de cassation ne bafoue pas la mémoire du préfet Erignac


La haute juridiction a confirmé la condamnation à perpétuité de l'assassin...


Il n'y aura pas de quatrième procès. 

La Cour de cassation a annoncé le rejet du pourvoi d'Yvan Colonna, dont la condamnation à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac devient ainsi définitive.
Elle confirme  la condamnation à perpétuité d'Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Celle-ci est donc définitive, et le berger nationaliste de Cargese ne sera donc pas jugé une quatrième fois. 

Le 20 juin 2011, à l'issue de son troisième procès, le terroriste corse de Cargese avait été condamné à perpétuité pour l'assassinat du  représentant de l'Etat le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.


Il y a deux ans, la haute juridiction, qui se prononce sur la forme et non sur le fond des dossiers dont elle est saisie, avait annulé la condamnation en appel d'Yvan Colonna, pour un vice de procédure. Il était donc retourné aux assises. Mais le 20 juin 2011, il était à nouveau condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque quelques mois plus tôt de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.


Des gardes à vue "pas conformes au droit à un procès équitable"

Le terroriste s'était donc de nouveau pourvu en cassation. 
Yvan Colonna, qui n'a jamais cessé de clamer son innocence, est incarcéré depuis la fin août 2011 à Toulon (Var), après avoir passé huit années à Fresnes (Val-de-Marne). Lors de l'audience de cassation du 21 juin, le parquet général a recommandé un rejet de son pourvoi. Cet avis n'est pas contraignant et il appartient à la chambre criminelle de décider si elle ordonne un quatrième procès.

Patrice Spinosi, l'un des avocats d'Yvan Colonna,  a plaidé six motifs de cassation, soulevant notamment la question des gardes à vue durant lesquelles les autres hommes poursuivis pour l'assassinat du préfet et leurs épouses avaient mis en cause son client. Selon Me Spinosi, ces gardes à vue "n'étaient pas conformes au droit à un procès équitable".


Recours devant la Cour européenne des Droits de l'Homme ?


L'avocat a également contesté la décision de la Cour d'assises spéciale de verser au débat une lettre de menaces qu'aurait envoyée Colonna à un membre du commando condamné avant lui, afin qu'il le disculpe. L'avocat a par ailleurs mis en cause la décision de la Cour d'assises de motiver son verdict, six mois avant l'entrée en vigueur de la loi à cet effet.

Il a prévenu la Cour de cassation que si elle rejetait le pourvoi, la défense d'Yvan Colonna en appellerait à la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH), procédure qui pourrait cependant prendre "quatre à cinq ans" pour aboutir. 


L'avocat de la famille Erignac, Emmanuel Piwnica, avait au contraire appelé la Cour à "rendre définitive la condamnation" d'Yvan Colonna, au nom de "la mémoire du préfet Erignac".



vendredi 10 juin 2011

Colonna décharge sa haine sur ses accusateurs


Troisième procès: les menteurs haineux n'assument toujours pas

Les faits


Le 6 février 1998, le préfet de Corse, Claude Érignac était assassiné rue Colonna-d’Ornano à Ajaccio, abattu de trois balles de calibre 9 mm, une dans la nuque à bout portant, deux pour l'achever, alors qu'il est à terre.
Les 21 et 22 mai 1999, la DNAT arrête Didier Maranelli, Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, ainsi que leurs épouses et concubines, et Marcel Istria. Dans la nuit du 22 au 23 mai, Didier Maranelli, confirmant les déclarations de sa compagne, livre les noms de trois autres membres du commando et désigne Yvan Colonna comme le tueur du préfet.

Le 23 au matin, les policiers interpellent Joseph Versini et Martin Ottavioni, mais Yvan Colonna parvient à prendre la fuite.
Le 28 mai, les parents d'Yvan Colonna écrivent à Mme Erignac pour lui demander pardon.

Le procès

Le 2 juin 2003
, ouverture devant la Cour d'assises spéciale de Paris, du procès des huit hommes accusés d'être membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Érignac en Corse.
Le 11 juillet 2003, la cour condamne :
Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, à la réclusion criminelle à perpétuité;
Jean Castela et Vincent Andriuzzi, à 30 ans de prison;
et Joseph Versini, Marcel Istria, Martin Otaviani et Didier Maranelli, à des peines de 15 à 25 ans de prison.

Le 26 août 2003, Marc Simeoni, un des fils d’Edmond Simeoni, figure historique de l’autonomisme corse, est arrêté dans le cadre de l’enquête sur les complicités dont aurait bénéficié Yvan Colonna dans sa cavale.
Le 23 février 2006, la Cour d'Assises spéciale de Paris acquitte en appel Jean Castela et Vincent Andriuzzi, accusés de « complicité d'assassinat » du préfet de Corse Claude Érignac

Premier procès Colonna

Le 4 juillet 2003, après 4 années de fuite, Yvan Colonna est arrêté et mis en détention provisoire. Il est renvoyé devant la cour d'Assises spéciale de Paris pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » du 12 novembre au 12 décembre 2007.
Après cinq semaines d'un procès que ses avocats jugent « équitable », le Parquet requiert la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Ses avocats demandent l'acquittement. La Cour le condamne le 13 décembre 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité en première instance. Ses avocats interjettent appel, suivis en cela par le parquet de Paris.

Le procès
en appel
A nouveau devant une cour spéciale, il se tient du 9 février au 27 mars 2009. L'avocat général, Jean-Claude Kross, dénonce la défense de rupture mise en œuvre par Me Sollacarno, et les injures et outrages exceptionnels qu'a subi la Cour. Le 2e jour de procès, la défense adopte des comportements terroristes: Yvan Colonna affirme que la Cour est sous l'influence de Nicolas Sarkozy, tandis que ses avocats, au nombre de cinq, plaident fréquemment en direction de la presse, mettant en doute l'intégrité de la justice, refusant de saluer la Cour et les victimes comme le veut l'usage. Le 11 mars 2009, Yvan Colonna récuse ses avocats et quitte le procès, au motif que la reconstitution a été refusée. Ses avocats quittent également l'audience. Le procès se terminera sans eux. La reconstitution a été refusée au motif que les membres du commando refusaient d'y participer.
Fin juin 2009, la FIDH affirme que « la question du caractère équitable de ce procès est clairement posée » et indique que l'accusé a politisé son procès tandis que la défense a « tout fait pour déstabiliser » le président. L'avocat général critique en retour la FIDH pour sa suspicion systématique et outrancière, ainsi que pour son dédain des victimes.
Yvan Colonna est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Le troisième procès Colonna


Les terroristes engorgent les tribunaux


Déjà condamnés pour l'assassinat du préfet, Alessandri et Ferrandi ont témoigné sans répondre à Colonna.
Yvan Colonna, tueur présumé, Pierre Alessandri, condamné à la perpétuité en 2003 pour sa participation au crime, Alain Ferrandi, chef supposé du commando, sont « les trois doigts de la main », pour les policiers antiterroristes.
Mais le président Hervé Stephan n'a pas souhaité, jeudi, les confronter.


Les deux derniers, condamnés en 2003 à la perpétuité pour leur participation à l'assassinat du préfet Érignac, sont donc revenus séparément à la barre des témoins, pour évoquer la fameuse lettre qu'aurait écrite en décembre 2010 l'accusé à M. Alessandri pour le menacer de représailles s'il ne l'innocentait pas de manière convaincante.

«Je vis avec la rage», mais encore le maître-chanteur vit-il...
D'abord, Yvan Colonna s'est exprimé sur ce document
, livré à la cour vendredi 27 mai par le directeur de la police judiciaire, et sur lequel il était, depuis, resté muet. Ses avocats, fébriles et désordonnés, puis pugnaces et ressoudés autour de Mes Dupond-Moretti et Dehapiot,l'avaient authentifié, le 28 mai, quoi qu'ils aient pu dire.

L'accusé est habile à l'oral, à condition de n'être pas pris au dépourvu.
Or, en l'occurrence, le 'berger' a eu le temps de préparer son exposé. Après une introduction passablement dilatoire, dans laquelle il justifie comme il peut ces cinq longs jours de mutisme, temps de réflexion personnelle et d'analyse de la forme par les parties, avant d'aborder le fond…
Méthodiquement, Colonna embraye ensuite sur son argumentaire: « C'est mon écriture, mes mots, mes expressions, mais cette lettre je ne l'ai pas écrite, c'est un faux !» Selon lui, le « torchon » aurait pu être fabriqué à partir d'échantillons de ses courriers authentiques, interceptés - comme l'autorise la loi - par l'Administration pénitentiaire et, croit savoir l'accusé, «photocopiés puis archivés ».
Habilement victimaire, Y. Colonna fait étalage du ressentiment qui l'anime: « Je vis avec la rage, avec la haine de tous ceux qui m'ont accusé alors que je suis innocent. Mais je réaffirme solennellement que jamais, jamais, jamais je n'ai écrit à Pierre Alessandri ni à aucun membre du commando. Ce qu'ils nous ont fait subir, à moi et à ma famille, ça ne passe pas.» Le ton travaillé prête à la prestation les accents de la sincérité, de la colère juste... On en oublie presque les déclarations hâtives du week-end dernier. Mais rien de ce qui est à son désavantage n'est jamais de lui.

La haine comme excuse
Sur ce, mine sombre et survêtement noir, entre Pierre Alessandri.
«Je n'ai jamais eu cette lettre entre les mains. Yvan Colonna ne l'a pas écrite, je pense que ma comparution va être assez brève », affirme-t-il. À une question de la partie civile, il ajoute, en symbiose avec le ton guerrier de la missive que son ex-ami ne lui a pas écrite et qu'il ne l'a pas reçue: « Je ne crois pas qu'il aurait pris le risque majeur de m'envoyer une telle lettre, sans quoi ma réaction aurait été tout autre…»



L'innocent du box, colère contenue, envoie son message: « J'ai dit tout à l'heure que j'avais, vis-à-vis de toi et des autres, des sentiments que je te laisse imaginer. » Pierre Alessandri tourne les talons, son imagination n'ayant pas de gros efforts à fournir pour décrypter l'oracle du berger de Cargèse.


Et voici enfin Alain Ferrandi, plus sombre que jamais.

Il n'a « absolument rien à dire » du courrier dont son complice ne fut - c'est, pour lui, une certitude - ni l'auteur ni le destinataire. Me Baudelot, partie civile, lui rappelle en quels termes choisis il apparaissait dans le texte: « L'autre merde d'Alain », «cette ordure»… « Comment réagissez-vous ? »
Mains crispées sur la barre des témoins, Ferrandi lâche, lucide: « Je ne réagis pas. Vous souhaitez que je m'invective [sic] avec Yvan ? » L'injure aurait pu conduire naturellement à la mise en cause. L'accusé répète son message: « Comme je l'ai dit à Pierre, les sentiments que j'ai à l'égard de vous tous sont mêlés de rage et de haine pour ce que vous m'avez fait. » Alain Ferrandi laisse dire et s'en va.
A la "haine" de l'un, l'autre oppose le "mépris".

Le berger corse promène la Cour

La Cour d’Assises de Paris se déplace le 6 juin à Ajaccio pour une audience dans la rue où fut assassiné le préfet de Corse Claude Erignac par un commando de nationalistes dissidents voulant « refonder la cause » corse. Yvan Colonna, jugé pour la troisième fois pour ce crime, va quitter sa prison pour l’île mais sera témoin passif des débats, puisqu’il affirme qu’il n’était pas là ce soir-là. L’accusation ne voit au contraire en lui que celui qui tira trois balles dans la tête du plus haut représentant de l’Etat.

Les avocats d’Yvan Colonna, qui ont demandé ce transport, assurent que la Cour pourrait être convaincue de son innocence, grâce à la présence de deux experts en balistique, d’un médecin légiste, ainsi que de Pierre Alessandri, ami d’enfance d’Yvan Colonna au village de Cargèse, qui s'accuse depuis 2004 des coups de feu et condamné à perpétuité.
A part lui, la Cour n’a pas jugé utile la présence des témoins oculaires et les autres condamnée refusent de participer.

Ce déplacement, d’un coût de plusieurs centaines de milliers d’euros, satisfait aux exigences de la défense, mais ne constitue donc qu'une simple remise en situation avec la Cour et les avocats qu’une reconstitution. La procédure ressemble fort au « transport » de la justice déjà opéré é en 2007, au premier procès Colonna.

En 2009, en appel, le refus de la cour de procéder à une reconstitution plus approfondie avait amené l’accusé et ses avocats à quitter l’audience qu’ils jugeaient biaisée. La Cour de cassation l’a annulée, provoquant ce troisième procès.

La défense entend par ailleurs mettre à profit les discordances entre ces témoins oculaires, certains ayant vu deux tueurs près du préfet et d’autres trois. La version jusqu’ici retenue par la justice est que trois hommes, dont Yvan Colonna, ont approché le préfet pour le tuer.

Entretenir la confusion



Quatre participants au crime, dont Pierre Alessandri, ont désigné Yvan Colonna en 1999 comme l’auteur des coups de feu, avant de se rétracter de manière tardive et contestée. Pierre Alessandri est dans la version initiale l’homme en faction en bas de la rue.

Comme celle de ses amis, sa rétractation paraît d’autant moins crédible à l’accusation qu’est apparue au dossier la semaine dernière une lettre de chantage où Yvan Colonna le menaçait de « guerre » s’il ne déposait pas en sa faveur.
La défense a d’abord admis qu’Yvan Colonna était bien l’auteur de cette lettre avant de faire volte-face et de parler d’un « faux » fabriqué selon elle par la police.

Le procès doit se terminer mi-juin.

dimanche 29 mars 2009

Procès Colonna : l’intimidation passe du côté Cour au côté rue

Manifestation à Ajaccio contre le verdict
A la différence d'Yvan Colonna, qui s'était dispensé du verdict depuis le box des accusés et que La Provence a décrit "reclus" dans sa cellule, ses camarades Corses se sont montrés.

Mais quel est l’intérêt pour les organisateurs -forcément partiaux- de lancer le chiffre de "près de" 15.000 personnes, si la police ne comptait que 3.500 manifestants, samedi après-midi dans les rues d'Ajaccio ? Quel idée l’agence de presse française partisane se fait-elle en outre de l’impartialité des huissiers, lorsqu’elle déclare "avoir constaté" un rassemblement contre la condamnation en appel d'Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998 ? D’autant que la ville d’Ajaccio compte "près de" 65.000 habitants, la Corse du Sud, 120.00 habitants et l’île entière "près de" 300.000 Corses. Soit, dans l'hypothèse la plus favorable, un manifestant pour 20 habitants.


La démonstration
Le défilé avait débuté vers 15H30 sous une pluie fine et en silence sur le cours Napoléon, alors que bon nombre des magasins bordant cette artère avaient fermé leurs portes. "C'est par solidarité. Il n'y a aucun mot d'ordre en ce sens", a précisé une commerçante, qui à Saint Quentin aurait probablement regretté un manque à gagner…

La manifestation était organisée à l'appel du comité de soutien à l’assassin de Cargèse, condamné vendredi par la Cour d'Assises spéciale de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, à laquelle il avait échappé en première instance, fin 2007.

En tête de cortège, une grande banderole proclamait, en langue corse, "Justice pour Yvan", avec de chaque côté un portrait du « jeune » berger de 49 ans. Des manifestants brandissaient aussi un grand drapeau à tête de Maure, l'emblème de l'île.
Le cortège a évolué dans le calme, marquant régulièrement des pauses pour applaudir et scander "Yvan" ou "Liberté !", en corse, faut-il le préciser….

Dans les premiers rangs figuraient Christine Colonna, la soeur du condamné, la plus médiatique de la famille, bien que le père (ci-dessus) soit un ancien élu socialiste , ainsi que les élus autonomistes Jean-Christophe Angelini et Edmond Siméoni, avec Me Antoine Sollacaro, l'un des avocats d'Yvan Colonna.
"Ce procès a été une pantalonnade, une mascarade, une parodie de justice", a reconnu Me Sollacaro l’un des principaux acteurs, en début de manifestation.
"Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, notre parole n'est pas entendue", a déploré de son côté Christine Colonna, ajoutant en corse à l'attention de son frère: "tiens bon, on est tous avec toi". Et la parole corse, c’est quelque chose !

La présence la plus remarquée était celle d’André Paccou, le représentant de la Ligue des Droits de l'Homme en Corse, qui s’affichait en opposante de la République.

Le leader nationaliste, Edmond Siméoni, a estimé, à l'issue du défilé, qu'"avec la condamnation d'Yvan, le masque était tombé": "on a voulu l'emmurer vivant, mais il est debout", a-t-il affirmé.

Or, E. Siméoni est:
-> l’un des auteurs de la première action violente près d'Aléria, le 21 août 1975;
->
le père de Gilles Simeoni, un des quatre avocats d'Yvan Colonna au procès de l'assassinat du préfet Claude Érignac;
->
un
membre d’« Action pour la renaissance de la Corse » (qui s’est substitué à Action régionaliste corse (ARC),. a également dénoncé "les outils répressifs rétrogrades d'une police et d'une justice d'exception" et indiqué que le comité de soutien à Yvan Colonna allait "préparer le troisième procès".
"En Corse, l'injustice a toujours été subie, jamais acceptée", a-t-il lancé.

Quelques débordementsSamedi peu avant 18h30, la principale artère de la ville, le cours Napoléon, était envahie par les fumées bleues des grenades lacrymogènes et rouges des incendies allumés par des manifestants.

A 20h00, le calme était revenu, la circulation rétablie après l’extinction par les pompiers de feux de poubelles allumés sur le cours. Aucune arrestation n’a été effectuée et les gardes mobiles ont dénombré un blessé léger dans leurs rangs, de source policière.

Les policiers ont également été pris à partie par certains consommateurs massés aux terrasses. Quelques coups ont été échangés et quelques chaises des débits de boissons ont été lancées en direction des forces de l'ordre, comme nous avons pu le « constater » au JT.

A l'issue de la manifestation
  • Quelques manifestants encagoulés ont lancé des pierres, des pétards et deux cocktails Molotov en direction des forces de l'ordre. Les policiers massés en haut d'une rue près de la préfecture ont bien dû répondre en tirant quelques grenades lacrymogènes pour disperser les innocents agresseurs.
  • "Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, notre parole n'est pas entendue", a déploré de son côté la sœur du condamné, Christine Colonna, ajoutant à l'attention de son frère, quelque chose comme: "Tiens bon, on est tous avec toi" ! , en corse, pour associer les Français à la juste cause de l’assassin d’un préfet de la République, puisque la langue officielle, en Corse, n’est pas le français.
  • jeudi 26 mars 2009

    Procès en appel d'Yvan Colonna : l'heure du verdict

    Le terrorisme judiciaire de la défense sera-t-il récompensé ?

    La Cour d'Assises spéciale de Paris rend vendredi son verdict sur la culpabilité ou l'innocence d'Yvan Colonna, accusé d'être l'assassin du préfet de Corse Claude Erignac, abattu de trois balles dans la tête dans une rue d'Ajaccio, le 6 février 1998.

    Le procès d’un terroriste mis à mal par une bande de cinq avocats (cinq !) aux procédés terroristes.
    On savait qu’en Corse les morts touchent des pensions et votent. Les amis et les épouses des condamnés se rétractent aussi allégrement. Mais la défense voudrait que l’on prenne en compte les déclarations de témoins que les assureurs rejettent : quelle foi accorder en effet aux témoignages des proches et des apparentés ? La défense a alors joué l’indignation et poussé des cris d’orfraie. Elle a même porté des accusations outrageantes contre le juge et transformé le tribunal en pétaudière. Elle a exigé que la cour se déplace une seconde fois sur la scène les lieux du crime et le refus du juge a été l’occasion de nouvelles vitupérations, accusations et insultes: la "république du respect' ou de l'intimidation ?...

    Les neuf juges de cette instance d'appel diront demain vendredi en fin de journée s'ils suivent ou non le verdict du premier procès, qui avait condamné le berger de 48 ans à la réclusion criminelle à perpétuité, sans période de sûreté.

    Comme en décembre 2007, l'accusation a réclamé jeudi que cette peine soit assortie d'une période de sûreté de 22 ans, pendant laquelle aucune libération conditionnelle ni aménagement de peine n'est possible.
    Car pour le ministère public, au sein du commando d'assassins, dont six membres ont déjà été condamnés, c'est Yvan Colonna "le tireur, l'exécuteur, le bourreau" du représentant de l'Etat, le préfet Erignac.
    Les avocats généraux ont fustigé "un homme sans honneur" qui, avec ses cinq défenseurs, a "déserté" le procès depuis le 11 mars, quand la cour a résisté à l’exigence d’une nouvelle reconstitution des faits.

    La défense déserte à son tour
    Vendredi matin, en l'absence de plaidoiries de la défense et, sauf coup de théâtre, de dernière parole de l'accusé, cette cour spéciale d’appel, sans jury populaire, comme le prévoit la loi en matière terroriste, entrera en délibération.
    Les avocats de la défense, qui dénoncent depuis la première audience, le 9 février, un "simulacre" de justice et des magistrats "en mission" pour condamner le nationaliste, réservent leurs plaidoiries à la rue et ont prévu une conférence de presse sitôt le verdict connu.

    Sans illusion non plus, le comité de soutien à Yvan Colonna a déjà appelé à manifester samedi à Ajaccio pour dénoncer "un verdict inique" auquel son protégé a refusé de participer..

    Le terrorisme continue…

    Les amis d’Yvan Colonna veulent-ils rendre eux-mêmes la justice ?
    Après avoir cherché à perturber la sérénité des débats, à intimider le tribunal et l’avoir insulté, l’inculpé et sa défense ont renoncé à leurs droits et refusé de participer au procès en appel que le condamné en première instance a lui-même demandé. N’est-ce pas un aveu de culpabilité ?
    La république de l'intimidation, ou de la menace ?
    Les nationalistes appellent tous les partisans, mais aussi tous les militants d’opposition, à manifester dans la rue.

    mercredi 25 mars 2009

    Le cousin de Désirdavenir Royal poursuit l'État

    Nul doute, Yvan Colonna fait des émules

    Un cousin germain de Sa Cynique Majesté Royal, Pierre Royal, un enseignant (directeur des études de Saint-Alyre), avait été condamné, puis acquitté en appel dans une affaire de viol sur mineure devant les assises du Cantal. Procédurier comme sa cousine, il poursuivit son accusatrice pour dénonciation calomnieuse. En novembre 2008, le ministère public a requis la relaxe devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Mais ce n'est pas tout...

    Une affaire aussi sombre que trouble

  • Pour le procureur, Laure Lehugeur, "celle qui est prévenue aujourd'hui est en réalité la victime, je lui ai même conseillé de solliciter l'association d'aide aux victimes."
  • Pour le ministère public, dans cette affaire, "on est loin de l'évidence, de nombreux magistrats ont connu ce dossier et se sont montrés convaincus des dires de la victime. De même les premiers jurés de la cour d'assises (du Puy-de-Dôme) ont même penché pour la condamnation de Pierre Royal".
    Madame Lehugeur a rappelé au tribunal que l'un des trois avocats en appel de Pierre Royal, Me Eric Dupont-Moretti, n'a jamais plaidé l'innocence, mais le doute. Pour elle, "il faut mettre un terme à une procédure judiciaire et à la souffrance de la jeune femme". Le jugement avait été mis en délibéré au 18 décembre 2008.

    Pierre Royal dans le sillage d’Yvan Colonna

    Condamné, puis acquitté en appel, il passe à l’attaque
    Pierre Royal était mercredi dernier à nouveau devant la 1re chambre du TGI de Paris. Acquitté en appel après avoir été condamné à dix ans de prison pour "agression sexuelle", le général attaque l'État pour "dysfonctionnement de la justice, préjudices moral et professionnel".

    Pierre Royal pointe maintenant du doigt le juge d'instruction.
    Il l’accuse d’avoir refusé pêle-mêle une expertise médicale, l'audition d'un témoin et une reconstitution qui auraient pu faire, selon lui, éclater la vérité. "Lors du premier jugement aux assises de Riom, j'ai été victime d'un procès inique, affirme Pierre Royal. Le président a autorisé un expert à ne pas répondre à une question. Le dernier jour, l'audience a duré dix-neuf heures d'affilée. Mes avocats ont plaidé à 2 h 30 du matin alors que le président aurait pu prolonger les débats le lendemain, car il n'y avait aucun autre procès prévu." Pierre Royal, fils et petit-fils de général, a déjà été dédommagé à hauteur de 64.000 euros pour sa détention provisoire qui a duré dix mois.

    Le droit malmené
  • Bien qu’artificiellement, la défense d’Yvan Colonna est parvenue à introduire le doute dans le procès, en multipliant les incidents et en jetant la suspicion et l’opprobre sur le juge. Pierre Royal suit la même méthode et accuse à son tour le juge !…
  • Le SM (Syndicat de la magistrature) revendique l’exercice de son libre arbitre, mais l’autonomie du juge vis-à-vis de la loi a un prix à payer…
  • samedi 7 mars 2009

    Procès Colonna : créer la confusion et susciter le doute

    Des agressions verbales aux témoignages douteux

    Le bon, la brute et le truand

    Le procès Colonna est un ‘happening’ permanent. La défense met le désordre avec pour objectif de décrédibiliser l’accusation. Les avocats se comportent en bande de bandits corses aux rôles bien répartis. Me Patrick Maisonneuve serait le bon, Me Antoine Sollacaro et Me Pascal Garbarini, les brutes, et Me Gilles Simeoni, le truant, tandis que le rôle de la belle serait tenu par Colonna.

    Des témoignages suspects

    Hier, la défense a tenté d’imposer l’idée que Yvan Colonna, le condamné en appel, a été jeté en «pâture» pour protéger le vrai tueur supposé en liberté. Comme pour retarder encore le moment fatidique des dépositions des épouses et des membres du commando ayant dénoncé en 1999 Yvan Colonna, Me Simeoni, qui tient le rôle du méchant dans la bande des quatre défenseurs, a passé trois heures, mercredi 4, à aiguillonner le commissaire Frizon de la Division nationale antiterroriste (DNAT) qui a supervisé les interrogatoires.
    La technique de la défense consiste à semer la confusion pour tenter d’instiller le doute et de dédouaner Yvan Colonna, qui serait un simple «leurre» jeté en pâture pour «protéger» le véritable tueur. Pour étayer la thèse du complot, les cinq avocats de la défense reprochent à un autre policier de la DNAT, Georges Lebbos, qui a recueilli les déclarations de Didier Maranelli, de lui avoir «soufflé» le nom d’Yvan Colonna. Mais pour le commissaire Frizon qui tient le choc à la barre, la DNAT n’a rien contre Yvan Colonna et son frère Stéphane qui, le 21 mai 1999, ne font pas partie des «objectifs» prioritaires à interpeller mais des subalternes, parce qu’ils gravitent dans l’entourage du suspect numéro 1, Alain Ferrandi: «Les déclarations de Maranelli ne sont pas dictées. Quand il nous cite Yvan Colonna comme le tireur X2, il aurait pu nous donner n’importe qui d’autre.» Le commissaire ne cache pas que «quand il a décidé de passer aux aveux, Didier Maranelli, mais c’est valable aussi pour les autres, s’inquiétait en effet du sort de son épouse au plan judiciaire».

    La défense passe tout à la moulinette du doute

    Tenace et imprégné de son rôle, Me Simeoni fait acter par la greffière de la Cour d’Assises de multiples réponses de Frizon attestant que toute déposition lue à un gardé à vue ou tout «renseignement extérieur» lui étant communiqué (pour le confondre ou le pousser aux aveux) est «noté dans le PV». Et Me Simeoni considère que: «Ces quatre-vingt-douze heures de garde à vue, c’est le cœur de la problématique du dossier.» La cour s’impatiente. Le président Didier Wacogne : «J’en ai bien conscience.»

    Les préjugés de l’avocat corse.
    «Car si toutes ces personnes ont dit cela de façon séparée, alors votre thèse de la culpabilité d’Yvan Colonna tient. Mais si ces gardes à vue n’ont pas été étanches, si elles ont été poreuses et si le nom d’Yvan Colonna a été répercuté de gardé à vue à gardé à vue, ce que nous allons démontrer, votre thèse ne tient pas.»

    C’est à celui qui sera le plus malin


    Selon le commissaire Frizon, «Pierre Alessandri a dit la vérité, mais pas toute la vérité pour tenter de protéger Ottaviani et Versini».
    Me Simeoni renvoie la balle : «Pourquoi n’aurait-il pas voulu protéger quelqu’un d’autre
    Le commissaire le tacle : «Je me demande surtout pourquoi il n’a pas protégé son ami Yvan Colonna.» Pour lui, «quand Alessandri, après avoir réfléchi tout le dimanche de garde à vue, jette le nom d’Yvan Colonna comme étant le tireur, à ce moment-là, il est dans la vérité. Dix-huit mois après, on a vu s’élaborer un système de défense pour sauver Colonna.»

    Plus tard, Me Chabert, qui représente l’Etat, remet à sa place la défense qui a imaginé un nouveau grief : «La question, c’est pourquoi des hommes d’honneur comme Maranelli et Ferrandi et leurs épouses mettent en cause Yvan Colonna ?» Nicole Huber, compagne de Joseph Versini qui vit encore en Corse, a enfin été appelée à la barre, et a invoqué les pressions policières, les PV avec les noms des suspects qui lui auraient été montrés. Michèle Alessandri devait suivre et prétexter ses "trous de mémoire" pour tenter d’effacer le nom de Colonna de ses aveux passés...

    De la loi du silence à la loi du mensonge.

    vendredi 27 février 2009

    Procès Colonna : des témoins sous serment fort suspects

    Le cas Didier Vinolas est-il particulier ?

    France Info nous annonce depuis trois jours qu’ « une femme » a témoigné à décharge. Outre qu’on est en droit de s’interroger sur sa qualité de « témoin libre », le nombre de témoignages spontanés qui surgissent de nulle part après plusieurs années, interpelle. Le tribunal est sans doute moins manipulé que l’opinion ( ?), mais le Français moyen aurait-il le droit de savoir si les trois femmes de France Info sont différentes et n’ont aucun lien ( ?) ou si c’est la seule et même personne qui ressert trois fois….

    Comment croire Didier Vinolas
    I
    l est l’un de ces témoins surprise au procès du berger de Cargèse ? Si ses déclarations ont jeté le trouble, elles n'ont pas interrompu le cours des débats.

    Pffft ! Pétard mouillé ?
    Le témoignage, le 13 février devant la cour d'assises d'appel de Paris, de Didier Vinolas aurait pu apporter au procès. Or, il eut pour résultat d'empoisonner la suite des débats, de donner aux avocats d'Yvan Colonna l'occasion de demander un renvoi - refusé pour l'heure - de l'audience et au principal intéressé de dénoncer une justice «en mission pour (le) faire condamner au nom de la raison d'Etat». Méthode d’opposition bien dans l’air du temps puisque les battus de la présidentielles vitupèrent, bloquent et pourrissent tout ce qu’ils touchent, de près ou de loin, directement ou en deuxième main.

    Témoignage à prendre avec des pincettes

    Secrétaire général-adjoint de la préfecture d'Ajaccio jusqu'en juin 1998, Didier Vinolas prétend avoir informé dès 2002 le procureur de la République de Paris de l'époque, Yves Bot, le chef du Raid, Christian Lambert, puis l'ancien sous-préfet de Corte, Jacques Nodin, que deux personnes toujours libres avaient participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, en septembre 1997, où fut volée l'arme qui allait servir à tuer le préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio. Et Didier Vinolas d'ajouter à la barre de la cour d'assises : «Je me dis [au PS on dit "J'ai le sentiment..."] qu'il y a peut-être d'autres personnes ayant participé à l'assassinat (du préfet).»

    Si les propos de Didier Vinolas méritent d'être très sérieusement vérifiés, ils n'en demeurent pas moins surprenants aujourd'hui, alors que ce témoin, déjà entendu au premier procès de Colonna en 2007, s'était gardé d'évoquer ces éléments. Pourquoi ? L'ancien collaborateur du préfet Erignac explique qu'il a entre-temps changé d'avis pour «aider les magistrats à forger leur intime conviction», qu'il est inquiet du «risque de laisser condamner un innocent». «Je ne vivrai pas jusqu'à la fin de ma vie, dit-il, avec cela sur la conscience.»

    Peut-on croire Didier Vinolas et ses révélations lancées comme une bouée à Yvan Colonna ?
    Pour certains, la réponse tient dans le parcours même de ce fonctionnaire atypique, ex-commissaire de police reconverti dans la préfectorale, qui quitte Ajaccio quatre mois après l'assassinat du préfet pour le ministère de l'Intérieur, puis la préfecture de police de Paris et les Renseignements généraux (RG)...

    Un socialiste au parcours révélateur

    Didier Vinolas
    , que l'on dit proche de Jean-Hugues Colonna, le père d'Yvan, ancien député PS des Alpes-Maritimes devenu, en 1991, conseiller technique du ministre de l'Intérieur Philippe Marchand. Didier Vinolas et Jean-Hugues Colonna : des hommes de mêmes ministères aux mêmes affinités politiques. Depuis le mois de décembre dernier, Didier Vinolas a d'ailleurs rejoint le maire du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant, ancien ministre de l'Intérieur, auprès duquel il occupe le poste de directeur général des services de la mairie.

    Les témoins sont-ils tous du même acabit ?

    La défense d'Yvan Colonna n’attendait que ces déclarations bénies et voit dans les révélations de Vinolas un élément nouveau étayant sa théorie selon laquelle le berger de Cargèse est un «coupable officiel» condamné avant l'heure en raison de sa cavale de 1999 à 2003.

    De là à parler d'un « petit service insulaire » rendu par Didier Vinolas au clan Colonna par son témoignage surprise devant la cour d'assises d'appel de Paris, il n'y a évidemment qu'un pas, qui fragilise sérieusement ses déclarations.
    Entendus mardi par la Cour, Yves Bot, Christian Lambert et Jacques Nodin ont tous les trois nié l'ensemble des propos de Vinolas quand il prétend leur avoir fait part de l'existence d'autres suspects potentiels dans l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, puis dans l'assassinat du préfet Erignac.

    Pour mémoire
    Dans ses notes du 16 novembre et du 10 décembre 1998 remises par le préfet Bernard Bonnet à Yves Bot, alors procureur de la République de Paris, le successeur de Claude Erignac donnait les noms de plusieurs membres du commando ayant assassiné son prédécesseur, dont certains n'ont jamais été inquiétés par la justice. Parmi eux, un certain monsieur « L. » dont le frère habitait Mulhouse à l'époque... Mulhouse, la ville d'où fut postée la lettre de revendication de l'attaque contre la gendarmerie de Pietrosella.

    Les deux tueurs encore masqués en liberté pourront être jugés par contumace et leur existence fût-elle démontrée n’innocente pas Colonna.

    Et le respect dû à la justice ?

    La Cour d'assises qui juge en appel Yvan Colonna a mis un terme mardi à l'incident Vinolas
    , en opposant une fin de non-recevoir à la défense qui demandait avec pugnacité de nouvelles investigations, sans pour autant mettre fin à la polémique suscitée par les déclarations chocs de ce témoin.
    La Cour d'Assises spéciale de Paris rejugeant l'assassin présumé du préfet Claude Erignac a rejeté une demande de "complément au supplément d'information" dont elle a été saisie par la défense.

    Les juges d'appel ont estimé à l'instar du parquet général que le supplément d'information dont les conclusions ont été rendues lundi n'apportait "pas d'élément nouveau": les deux possibles suspects cités de manière phonétique par Didier Vinolas, proche collaborateur du préfet assassiné, sont déjà apparus dans la procédure.
    "Ces personnes ont été entendues, ont dû fournir aux enquêteurs des explications sur les faits", a déclaré l'avocat général Christophe Teissier.