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lundi 2 septembre 2019

Assurance scolaire - Attention, parents d'élèves, la MAE ne vous apporte pas forcément un plus

Le démarchage de la MAE à la télévision est une arnaque

Résultat de recherche d'images pour "MAE"
La première fois n'est
pas toujours
un succès
La MAE a déjà commencé sa campagne en direction des parents d'élèves, mais l'assurance scolaire que cette mutuelle propose au forcing en milieu scolaire
et spécialement auprès des nouveaux parents stressés à l'entrée de leurs jeunes enfants, n'apporte probablement aucune garantie supplémentaire. 
Ce serait une escroquerie de vous faire croire le contraire.

Les parents pensent que deux précautions valent mieux qu'une et pensent acheter leur tranquillité d'esprit en souscrivant cette assurance, en particulier
à l'instigation des enseignants du primaire, qui ont 'conscience' d'accomplir leur mission en faveur, non point des enfants, mais de...leur syndicat. Car tout est noyauté et militant !

Une assurance est certes exigible par le chef d'établissement pour les activités et sorties facultatives (ex: classe de neige), mais elle ne l'est déjà plus dès lors qu'il s'agit d'activités obligatoires à l'intérieur de l'école (ex: éducation physique) pour les dommages subis et causés par votre enfant.

Une assurance complémentaire -du type MAE- n'est pas indispensable, puisque vos enfants sont déjà couverts par vos contrats de parent(s) en dehors de l'établissement scolaire (ex: activité scolaire facultative hors de l'école ou trajet sur le chemin de l'école).

Dès l'instant que vous avez une assurance responsabilité civile familiale, sans doute incluse dans votre contrat multirisque habitation et d'une "individuelle accidents"pour votre enfant, voire la famille entière, les dommages causés à d'autres par votre enfant sont couverts par votre assurance familiale. Vérifiez simplement que cette assurance protège effectivement votre enfant au cas où il se blesse -ce qui est assez évident-, mais qu'elle complète aussi les remboursements versés par la Sécurité Sociale.

Une assurance scolaire MAE, par exemple, n'est pas chère, mais fait certainement double emploi. 
Vous ne serez pas mieux couvert, ni indemnisé mieux, si vous souscrivez deux fois pour le même risque.L'ARS ne prévoit d'ailleurs pas de financer la souscription à la MAE... Pas encore !
En période de dépenses scolaires lourdes, n'avez-vous pas un usage plus utile de vos deniers?

mardi 2 décembre 2014

Fille de la MNEF et du PS, la Mutuelle Des Etudiants (LMDE) est placée sous administration provisoire

De la MNEF à la Mutuelle des Etudiants: à qui profite le crime?

La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) est placée sous administration provisoire
L'une des deux est inutile
Un médecin généraliste d'extrême gauche qui lança en 2004 le Manifeste contre la réforme de la Sécurité Sociale et en 2007, avec Marc Zaffran, alias Martin Winckler, un autre médecin, l'Appel contre la franchise sur les soins, Christian Lehmann, a rédigé le 05 juillet 2014 cet article qui dénonce la mutualité étudiante.

4 Juillet 2014: En ce jour où sont dévoilés les résultats du baccalauréat, coup de tonnerre dans le monde feutré et volontiers opaque de l’assurance-santé : la LMDE 

C'est la sanction d’une gestion calamiteuse dénoncée par la Cour des Comptes et Que Choisir ( entre autres) et par nombre de professionnels de santé ou d’étudiants. Mais au-delà de cette sanction, le placement sous administration provisoire de la LMDE soulève de graves questions politiques, tant les accointances entre certains élus socialistes et la direction de cette mutuelle étudiante posent problème.

L’affaire n’est pas neuve. Elle a éclaté dans les années 1990 quand la LMDE s’appelait la MNEF, et nombre de hiérarques socialistes y ont trempé, et émargé, comme me le rappelle le docteur Stéphane Fraize, qui fut président de la section Alsace de la MNEF, et contribua avec d’autres à dénoncer alors le système mafieux dans lequel s’était engluée cette mutuelle sensée destinée à rembourser les soins aux étudiants (lien Libération).

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? 

Il faut savoir (ce que beaucoup d’étudiants et de parents d’étudiants ignorent) qu’il existe en France un système très particulier et complexe. Lorsqu’un enfant devient étudiant, il est "viré" automatiquement de la "Sécu" de ses parents (que celle-ci soit la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie, la Mutualité Sociale Agricole ou le Régime Social des Indépendants) et affilié d’office à une " mutuelle" étudiante. Que les parents ou le jeune le veuillent ou non, ils quittent alors le giron de la Sécu et leurs soins, pour la partie habituellement prise en charge par le régime obligatoire, sont en théorie !!!! remboursés par cette " mutuelle" qui leur propose aussi de fonctionner conjointement en tant que régime complémentaire.
(J’en vois qui ne suivent pas : l’Assurance-Maladie rembourse en général la part obligatoire RO : 70% du tarif de l’acte – soit par exemple 16,10 euros sur une consultation à 23 euros- et la complémentaire rembourse le restant RC, soit 6,90 euros. En théorie.)

Ce que les deux mutuelles étudiantes existantes, LMDE et SMEREP, se gardent bien d’expliquer aux étudiants lorsque leurs jeunes VRP les accrochent à leur inscription en fac, c’est que s’ils doivent choisir en ces deux enseignes, c’est uniquement en tant que régime obligatoire, et que le régime complémentaire est facultatif : autrement dit qu’ils ne sont absolument pas forcés de les choisir comme mutuelle et de payer pour ça ! 
[C'est un peu la même arnaque pratiquée par les instits du SNUipp qui font le forcing dans les écoles pour que les parents souscrivent à la MAE, Mutuelle Assurance de l'Education, une société d'assurance mutuelle spécialisée dans l'assurance scolaire créée par des enseignants "soucieux de la bonne protection de leurs élèves" et qui -souvent un doublon- en plus de l'assurance scolaire proprement dite, vend des contrats famille, habitation et étudiants en particulier.]

L’Assurance-Maladie rémunère LMDE et SMEREP pour gérer à sa place le régime obligatoire (c’est ce qu’on appelle une délégation de gestion) et ces deux enseignes tentent de pousser les étudiants à s’affilier aussi chez elles en tant que mutuelle, car c’est sur cette cotisation qu’ils comptent pour assurer leurs comptes.

Des étudiants mal remboursés, sous couvert d'un militantisme autoproclamé 

Animation à défaut de remboursements:
Génération Bac 2013, soirée prévention
sans alcool bacheliers, Red Light Paris,
Banque Populaire et ... LMDE !
Là où l’affaire se corse, c’est que le passage de la Sécu parentale à la Sécu étudiante ne se fait pas sans problème. Des dossiers sont égarés, doivent être refaits plusieurs fois. Des informations cruciales, comme le nom du médecin traitant désigné, sont à refaire (et ce sera à nouveau le cas quand l’étudiant retournera au régime général). Des remboursements en Carte Vitale, en tiers-payant par exemple, sont retoqués. Tout ceci a des conséquences, des conséquences préoccupantes sur la santé des étudiants, et leur accès aux soins.

Nombre de médecins pourront corroborer mes dires : confrontés à des difficultés de remboursements, beaucoup d’étudiants saoûlés par les questions administratives et les réponses téléphoniques bidon laissent tomber, et repoussent des soins. Quand on est jeune, pas blindé de tunes, et qu’on ne sait pas si on sera remboursé, ou qu’on a essuyé la mauvaise humeur d’un médecin qui pour la énième fois s’est fait escroquer sur le paiement des soins qu’il ou elle a effectué en tiers-payant partiel ou intégral pour faciliter l’accès aux soins, on n’y revient pas, tout simplement.

Pour justifier cette usine à gaz, et leur existence, les "mutuelles" étudiantes ne cessent de pérorer sur la nécessité d’une protection et d’une pérennisation d’un accès aux soins spécifique pour les étudiants, et insistent dans leurs professions de foi sur leur combativité militante.

De piteux gestionnaires à la recherche de bouc-émissaires

Pourfendant les atteintes à l'accès aux soins, elle ne cessent de dresser des constats alarmants, complaisamment repris par ceux qui ont tout intérêt à accuser les professionnels de santé, ministres et futurs administrateurs de réseaux mutualistes en tête. Comme le dénonce avec efficacité Xavier Gouyou-Beauchamps de l'Union Des Chirurgiens de France dans une vidéo, le foutage de gueule n'a pas de limites. Devant le public réuni au congrès de la Mutualité Française en 2012, et devant son président Etienne Caniard, on y voit Marisol Touraine, hors-sol, affirmer que "d'après la LMDE, 34% des étudiants ont reporté la consultation d'un médecin dans les douze derniers mois". Etrangement, la ministre omet de noter ce que révèle le rapport de la Cour des Comptes: "seulement un quart des étudiants déclarent de fait avoir bénéficié d'une carte Vitale en état de fonctionnement moins d'un mois après leur affiliation quand 10% n'en étaient toujours pas dotés neuf mois plus tard".

A de multiples reprises, la LMDE, et en moindre mesure la SMEREP, ont été fustigées pour ces retards, et une gestion qui laisse à désirer.

Les adhérents de la MGEN épongent les pertes "à l'insu de leur plein gré"

L'an dernier, il avait fallu adosser la LMDE à la Mutuelle Générale de l'Education Nationale (MGEN) sans d'ailleurs en avertir les cotisants, comme le dénonce Yvon Le Flohic. Mais cela n'a pas suffi. D'autant qu'en cours d'année, comme les années précédentes, des étudiants ont continué à se plaindre: dossiers en retard, dossiers pas traités, remboursements partiels ou inexistants. L'une de mes patientes (ce n'est qu'un exemple, le plus parlant certes, au milieu de beaucoup d'autres), une jeune femme en affection longue durée nécessitant un traitement médicamenteux lourd, n'a pu pendant toute l'année scolaire 2013-2014 se soigner que parce que ses parents ont avancé chaque mois le millier d'euros que coûte son traitement. D'autres bénéficient de la gentillesse d'un pharmacien qui accumule ainsi des impayés qui peuvent fragiliser sa trésorerie, d'autant que d'année en année le patient peut être perdu de vue, le dossier ne pas aboutir (Oui, je sais, ça fait marrer les cons, l'idée qu'un pharmacien puisse dépanner un patient ou avoir des difficultés financières).

Pourquoi pérenniser cette gabegie ?

Si cette histoire était celle que racontent les administrateurs de la LMDE, parmi lesquels il y a certainement beaucoup de braves gens qui n'en peuvent mais (et de bénévoles à 2.200 euros par mois...), ce serait triste, mais on ne verrait pas vraiment ce qui retiendrait de fermer ce système trop complexe et de faire revenir les étudiants dans le régime commun de l'Assurance-Maladie. D'autant que je n'ai jamais saisi en quoi la santé d'un "étudiant" devrait être gérée ou protégée différemment de celle d'un jeune qui n'a pas eu l'envie ou l'opportunité de poursuivre des études après le collège ou le lycée. Si on pourrait à la rigueur arguer sur la nécessité d'actions permettant un accès aux soins facilité aux jeunes, il n'y a aucune raison de faire un distinguo entre l'étudiant et le jeune qui travaille ou qui n'a pas trouvé un emploi...

Les représentants de la LMDE sentaient venir la tempête. Début Juin, ils dénonçaient la menace qui planait sur leur régime, amalgamant sans problème "les jeunes" et "les étudiants", prenant acte des reculs sociaux de François Hollande et de ses gouvernements, mais pour insinuer que toute décision de remise en cause serait dûe à une simple volonté comptable... et n'hésitant pas à demander "le retour à un opérateur unique de gestion du régime étudiant", autrement dit à cannibaliser la SMEREP née d'une scission lors de l'affaire de la MNEF, SMEREP dont la gestion est pourtant un peu moins problématique que celle de la LMDE... et qui, elle, ne traîne pas un nombre de casseroles politiques impressionnant...

Car nous arrivons à l'os. L'affaire de la LMDE, comme l'affaire de la MNEF avant elle, n'est pas seulement une affaire de gestion calamiteuse. La MNEF a servi de vache à lait à maints hiérarques socialistes. La LMDE est soupçonnée par la Cour des Comptes et Que Choisir de ne pas fonctionner très différemment.

Basse-cour "socialiste" nourrie au grain

Que Choisir révèle opportunément que Laurence Rossignol, l’actuelle Secrétaire
Laurence Rossignol, ex- LMDE,
de peu médaille du travail au Sénat
pour son activité au Ruzzle en séance
d’Etat à la Famille et aux personnes âgées a été salariée pendant 18 ans par la LMDE
pour un emploi qu’on semble pouvoir aisément qualifier de.... discret [litote pour "fictif"]. Combien de hiérarques socialistes ont-ils ainsi émargé dans ce système "mutualiste", qui sait au moins se montrer "solidaire" envers ses amis ?

Ce sont des questions qu'on pourrait poser à Jean-Christophe Cambadélis, hiérarque parachuté à la direction du Parti Socialiste lors de l'exfiltration du pathétique Harlem Désir pour mener à la schlague les récalcitrants au Pacte de Solidarité. Jean-Christophe Cambadélis, impliqué dans le scandale de la MNEF, en a même tiré un livre. 
Des questions qu'on pourrait aussi poser au fanfaron Bruno Le Roux, [très sensible à la "vulgarité" et autre porte-flingue qui menace les députés timidement frondeurs à l'Assemblée nationale. Bruno Le Roux qui fut vice-président de la MNEF. Ou à Fanélie Carrey-Conte, l'une de ces frondeuses justement (qui fut administratrice de la LMDE et a été rapporteur de la fameuse loi dudit Le Roux poussant à créer des réseaux de professionnels de soins à la botte des mutuelles). Vous avez dit conflits d'intérêts? Noooooon, les conflits d'intérêts, c'est pour le clampin de généraliste corrompu qui accepte un stylo à 11,20 euros de la part d'une plantureuse représentante des firmes pharmaceutiques.

Parce que si l'histoire de la LMDE est "simplement" l'illustration de l'habitude bien française de créer des usines à gaz, selon l'adage Shadok qui veut que "Pourquoi faire simple quand tout peut être compliqué?", on peut se contenter de hausser les épaules, de contempler d'un air affligé les petites et grandes souffrances, les retards d'accès aux soins des jeunes étudiants. Mais si l'histoire de la LMDE cache autre chose, des emplois fictifs, par exemple, ou des rémunérations de dirigeants sans commune mesure avec leur activité réelle, alors il faudra bien poser la question: qui est responsable de cette situation? qui en a profité? qui a laissé pourrir aussi longtemps qu'il était humainement possible, et même au-delà? A qui, en somme, a profité le crime?


Opacité organisée, complexité mortelle

Rossignol a bien mérité de Valls
son secrétariat d'Etat auprès de
Marisol Touraine
Mathias avait 27 ans. Lorsqu'il a cessé ses études pour entrer dans la vie active, la LMDE l'a radiée. Ensuite... ensuite c'est sa mère qui raconte, sur son blog. L'histoire d'un jeune qui quitte la Sécu parentale pour être affilié comme étudiant, qui lorsqu'il cesse ses études se retrouve pris dans un imbroglio administratif, et décède.

De source officieuse, j'apprends que des administrateurs de la LMDE se plaignent du tarif de la délégation de gestion accordée par l'Assurance-maladie, qu'ils jugent trop faible... et qu'ils expliquent leurs chroniques difficulté[s] de trésorerie par le fait que les réserves financières de la MNEF dont devait bénéficier la LMDE à sa création se seraient volatilisées. C'est ballot, hein? Et il n'y a aucun ancien représentant de la MNEF à qui demander des éclaircissements au gouvernement ou à l'Assemblée Nationale, c'est dommage... Ah, on me glisse dans l'oreillette qu'il y en a plusieurs. Je dis ça, moi, je dis rien. Dans un pays qui se glorifie à juste titre d'avoir depuis peu une justice réellement indépendante des pouvoirs politiques, JE-DIS-RIEN.

Qui a intérêt à maintenir hors sol les mutuelles étudiantes?
Cette spécificité mutualiste est-elle justifiée ou est-ce une de ces niches taboues quand elles sont roses ?  

vendredi 4 octobre 2013

Le matelas de billets des syndicats

La fiscalisation socialiste ne frappe pas tous les riches

Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... 

Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Un rapport parlementaire lève ce voile-là... 

Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial, rassemblement annuel des altermondialistes
: des camarades de la CGT et de la FSU (enseignants) étaient de la partie. SUD n'avait pas rechigné non plus. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES). Pour représenter les salariés de France Télécom face à la "place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud", la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement "pour nourrir leur réflexion".

La pratique est plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions,
les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...
(Infographie : Olivier Cailleau/Source :
Commission d'enquête parlementaire
sur le financement des syndicats)
Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales.C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.

Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système opaque mais bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?

Nicolas Perruchot savait qu'il avançait en terrain miné 

Ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, a décidé de se pencher sur cette délicate question. 
L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie "en haut lieu", sourit-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue", indique Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.

Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. "Nous nous sommes même demandés si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit", confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.

On comprend leurs réticences. 
Le tableau que dressent les élus est décapant: "mécanismes de financement structurellement opaques", "absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux", "dérives"... Le schéma des circuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible. Seule la nébuleuse des socialistes peut rivaliser: prenez par exemple la Ligue de l'Enseignement, une confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque (soutenue par la FCPE), dont l'UFOLEP, ou la pompe à fric de la MAE, mutuelle assurance de l'éducation,, etc...
Lien PaSiDupes - " Hollande, mouillé dans le procès Teulade " : Le chef de l'État devrait être cité comme témoin lors du procès de son ancien suppléant en Corrèze.

Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments,
fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !
Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entend pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.

Bernard Thibault, lui, a fait le choix de présenter le bilan de la CGT à la presse le 14 novembre. Sur 79 millions d'euros de cotisations versés par ses adhérents, un peu moins de 13 ont été affectés à la confédération pour financer ses activités, a-t-il détaillé. Ce qui lui a permis d'affirmer que près des deux tiers des recettes de la CGT provenaient des adhérents. À l'entendre, on serait donc "très loin" de l'image d'un syndicat "fonctionnant avec l'argent public". Simple enfumage. 

Ce que l'on nomme par facilité "syndicat" est juridiquement composé d'une kyrielle de structures: sections d'entreprises, unions locales, départementales, fédérations professionnelles... La maison-mère est souvent elle-même incapable d'indiquer avec certitude le nombre de ses affidés. La CGT, par exemple, hésite entre 25.000 et 30.000 entités.

Quoi qu'en dise B. Thibault, l'essentiel de la richesse des syndicats de salariés provient des moyens humains

Ainsi, toute décharge horaire est-elle précieuse - mise à leur disposition par les entreprises et surtout par l'Etat. Ces petites mains se comptent par dizaines de milliers dans la fonction publique. Ou plutôt, elles ne se comptent pas. Car en la matière, l'unité de mesure, c'est l'estimation, à vu de nez, une pratique qui fat des merveilles à chaque rassemblement ou grève. Le doigt mouillé.

Pour en avoir le cœur net,
l'Inspection générale de l'administration a épluché l'an dernier les mécanismes de mise à disposition pour les syndicats de la fonction publique dans deux départements, le Rhône et le Loiret. Son rapport, resté confidentiel, montre que l'administration n'est pas tatillonne avec les absences syndicales, qu'elle a parfois même renoncé à comptabiliser. Au service des impôts notamment, les syndicats déclarent que tous les droits syndicaux ont été pris quand la direction, elle, fait état d'une importante sous-consommation des heures de détachement ! De manière générale, les administrations peinent à distinguer les différents types d'absence ou de décharge.
Lien PaSiDupes - La CFDT partagerait son trésor de guerre avec les grévistes" : La CGT et SUD seront-ils aussi pour le partage des richesses ?

Les abus prospèrent dans un univers où règne le flou. 
Soumis aux questions des inspecteurs de l'administration, les directeurs des ressources humaines des ministères ont bien dû admettre qu'ils ne disposent d'aucun tableau de bord détaillé de leurs effectifs. Malgré toute leur bonne volonté! Des réponses au moins aussi vagues ont été données aux députés. Du bout des lèvres, au ministère de la Fonction publique, on reconnaît qu'environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique. Dont près de 1200 à l'Éducation nationale. Et encore, la technique du doigt mouillé peut avoir des ratés... Les parlementaires ont conclu de cet aveu à moitié officiel que la réalité devait se situer bien au-dessus et Perruchot avance le chiffre de "28.000 équivalents temps plein pour les trois fonctions publiques". Si l'on s'en tient au chiffre officiel, les moyens humains offerts aux syndicats par l'État représenteraient une enveloppe minimale de 1,3 milliard d'euros. "J'ai dit à Valérie Pécresse: rien qu'avec une économie de 10% sur ce budget, je te fais l'équivalent de deux taxes sodas", ironise le rapporteur.

Dans certains services de l'État fortement syndiqués, comme la police, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table. Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a alors lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait "remettre les policiers sur le terrain". Aucun syndicat ne lui aura pardonné. Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police. Jusqu'où le ministre de l'Intérieur pouvait-il aller trop loin? 
Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale. "Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères", concède un connaisseur.  Une bénédiction sous la menace !

Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Le Syndicat de la Magistrature n'est-il pas hébergé par le ministère de la Justice ? Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros.

Au fil des ans, certains comités d'entreprise de la sphère publique sont devenus de véritables coffres-forts ! 
Il est vrai que les patrons n'hésitent pas à mettre la main à la poche bien au-delà des obligations prévues par la loi. Manière d'acheter, au prix fort, la paix sociale. 
Pierre Mongin, à la tête de la RATP, n'aligne-t-il pas 16 millions par an, c'est-à-dire 7 de plus que ce que lui imposent les textes, dans la caisse syndicale?
Durant plus de dix ans à la tête d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a mis des sommes importantes à disposition de ses comités d'entreprise (3,1 % de la masse salariale). Un compte courant avait même été mis à disposition par l'entreprise pour éponger les dettes et la gestion hasardeuse du CCE. 
Air France l'a fermé en 2008 et a accepté d'éponger un découvert de 7 millions d'euros. Une goutte d'eau face aux enjeux poursuivis par la direction: faire passer la privatisation de l'entreprise et la fusion avec le néerlandais KLM.
Même chose à EDF, qui abrite la plus grosse cagnotte de la CGT, l'intouchable Caisse centrale d'action sociale (CCAS). "Les magistrats ne comprennent rien aux impératifs économiques!" s'était emporté un certain ministre du Budget en 2004 alors qu'une information judiciaire était ouverte sur les irrégularités de la gestion du comité d'entreprise (4000 permanents syndicaux). Met-on en cause la gestion d'un syndicat majoritaire à la veille d'un changement de statut de l'entreprise? 
Chez France Télécom-Orange, la direction a trouvé une méthode tout aussi efficace de mettre de l'huile dans les rouages: acheter des pages de publicité dans les journaux syndicaux ou encore louer des stands dans les grands congrès.

Par comparaison, les entreprises privées "contribuent financièrement assez peu, sauf exception, au financement des syndicats de leurs salariés", note la commission d'enquête parlementaire. Hormis les décharges horaires prévues par la loi et les locaux syndicaux mis à disposition et dûment mentionnés dans leurs comptes. Au total, les députés évaluent le coût de la représentativité syndicale dans le secteur privé à 1,6 milliard d'euros. Un chiffre qui "ne correspond pas, à proprement parler, au financement des "syndicats", mais plus précisément à celui de l'activité de représentation, de défense, de revendication menée par les syndicalistes dans les entreprises", note le rapport. En outre, plus des trois quarts de ces syndicalistes sont élus par le personnel et non désignés par leur syndicats.
 

Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également le gros gâteau du paritarisme depuis plus de soixante ans. Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le "1% logement". 
Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs. Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires (voir tableau). "Tout le monde se tient par la barbichette, car tout le monde en croque", résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien dirigeant de la très puissante UIMM au sein du Medef, n'a toujours pas livré les secrets de la "fluidification du dialogue social"
19 millions d'euros ont été retirés en liquide des caisses de l'organisation entre 2000 et 2007, qui auraient majoritairement servi au financement occulte de syndicats, selon les soupçons des enquêteurs.
"Je suis parvenu à la conclusion qu'il existe bien un système, une stratégie globale et une alliance objective entre acteurs concernés, analyse Jean-Luc Touly, syndicaliste lui-même, en cours de rédaction de son deuxième ouvrage sur les financements occultes. Si la CGT n'a pas mené la fronde lors de la réforme des régimes sociaux, comme elle aurait pu facilement le faire, c'est que le gouvernement avait une monnaie d'échange: la loi sur la transparence des comptes syndicaux dont l'incidence est limitée."
Lien PaSiDupes - Hollande accordera-t-il l'impunité aux syndicats ? : Le PS permet le vote de la loi sur l'amnistie syndicale au Sénat"

Au plus fort de la crise, les confédérations affichent une insolente santé financière.
Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. Mais le Sénat et l'Assemblée nationale aussi... 
A la tête de la CFDT, François Chérèque avouait avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de "trésorerie disponible". Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une "gestion de père de famille" ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...

Des rentiers, les syndicats français? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité. Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents. Premier syndicat français, la CGT en compte 670.000. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des "métallos".

Et ce rapport fait l'impasse sur le patrimoine immobilier des syndicats des pauvres
Lien PaSiDupes - "15 immeubles sous-occupés que Duflot va réquisitionner" : 15 châteaux trop beaux pour les pauvres de Duflot ministre du Logement Ayrault"

Petite précision: ce rapport date en fait de 2011
Depuis Hollande a promis de soutenir les associations et les syndicats.
Pourra-t-on encore évoquer des "dérives" ou devra-t-on parler de gabegie publique ? Il est des niches fiscales sur lesquelles Hollande ne s'attarde pas...


samedi 3 novembre 2012

Extradition d'Aurore Martin: Hollande doit rendre des comptes

Les soutiens de la militante basque demandent à Hollande de se justifier
Couac, bavure ou faute?
Vont-ils en venir aux mains ?




Les soutiens de la militante de Batasuna Aurore Martin demandent désormais  des explications à François Hollande sur les conditions d'interpellation de la jeune française incarcérée à Madrid.


De leur côté, la gendarmerie et le Parquet général de Pau ont réaffirmé le caractère fortuit de l'interpellation par des gendarmes jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), ce qui est une chose, mais qui ne justifie pas l'extradition. Ils endossent la responsabilité de la remise de la jeune Française  à l'Espagne où elle est illégale: ce ne serait rien d'autre que l'application  d'une décision ... judiciaire.
Samedi, plusieurs soutiens d'Aurore Martin, 33 ans, ont demandé au chef de l'Etat des explications sachant que  les autorités madrilènes reprochent à la citoyenne française, placée vendredi en détention provisoire, sa participation en Espagne à des réunions publiques comme membre du parti terroriste Batasuna. Illégal en Espagne où il est considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, Batasuna est en effet légal en France.


François Hollande n'a-t-il qu'une parole ?

"
En juillet 2011, François Hollande en vacances au Pays basque avait demandé la clémence pour Aurore Martin à Claude Guéant. Que pense-t-il aujourd'hui de son ministre de l'Intérieur Manuel Valls ? ", a lancé Laurence Hardouin (Cimade).
Adjointe Europe Ecologie-les Verts au maire UMP de Bayonne, Martine Bisauta a demandé à  Hollande "président normal (?) de répondre normalement à notre question". "Nous allons solliciter le gouvernement, intervenir auprès des autorités espagnoles par l'intermédiaire de notre ambassadeur et saisir le Conseil constitutionnel", a prévenu la sénatrice PS des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac.
"S'il ne s'agit pas d'une décision de François Hollande, Aurore doit revenir", selon Pedro Carrasquedo (NPA).
La gendarmerie et le Parquet général de Pau portent le chapeau
Ils communiquent sur l'arrestation
Ils ont réaffirmé samedi que l'arrestation de Mme Martin lors d'un contrôle routier était fortuite, la gendarmerie soulignant la multiplication de tels contrôles un jour de Toussaint.
C'était "un contrôle normal par la gendarmerie locale", selon un porte-parole du Parquet général. Celui-ci est rès disert sur l'enchaînement des faits : "Les gendarmes ont appelé le parquet local (Bayonne) qui a dit qu'il n'était pas concerné par ce MAE" (mandat d'arrêt européen) émis par l'Espagne, et accepté fin 2010 par la Cour d'appel de Pau. 
Les militaires mettent en cause le ministère de la Justice
Ils expliquent alors avoir pris attache avec "le Parquet général de Pau, compétent en la matière", a poursuivi le porte-parole.
"A partir du moment où elle a été interpellée, il n'y avait pas d'autre solution que de la remettre" à l'Espagne, a-t-il insisté, précisant que le Parquet général avait "informé le bureau parisien de la Chancellerie spécialisé dans l'exécution des MAE" au ministère de la Justice, "comme lors de chaque MAE", car ce bureau s'occupe généralement des modalités de transfert.
Ce porte-parole banalise l'exécution de ce mandat, qui selon lui et même en l'occurrence, "n'exigeait pas d'organisation particulière (...) puisque nous sommes près de la frontière".

L'ensemble de la classe politque est en émoi

Représentants du PCF, du PS, du MoDem, de l'UMP et de partis indépendantistes basques, de la CFDT, de la CGT cheminots, des syndicats basques, ainsi que la Ligue des droits de l'Hommetous veulent  savoir qui est à l'origine de l'extradition et pourquoi la France a fait droit à la demande de l'Espagne.
Le camp du ministre Valls serre les rangs
"On nous dit que cette arrestation est fortuite. Je demande au gouvernement de procéder à une enquête", a déclaré le sénateur (MoDem) Jean-Jacques Lasserre
Lien PaSiDupes : "Valls fragilise Hollande en livrant une Française à l'Espagne"
Samedi, Manuel Valls a reçu le "soutien sans réserve" du président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, après ceux la veille du député PS Jean-Jacques Urvoas et du sénateur PS Luc Carvounas, deux proches du ministre.

Très critiqué, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a assuré dans un entretien à Sud Ouest Dimanche n'avoir pris "aucune décision" dans la mise à exécution du mandat d'arrêt européen (MAE) lancé en 2010 contre la jeune Française.
Les étranges justifications du  ministère de Christiane Taubira 
La ministre de la Justice précise dans un communiqué que la jeune Française a été interpellée lors d'un contrôle d'alcoolémie aléatoire qui aurait justifié qu'elle soit conduite à la frontière, à Biriatou, et livrée  aux autorités espagnoles.

La ministre française de la Justice explique que cette extradition s'inscrirait dans "le strict cadre" du mandat d'arrêt européen émis le 13 octobre 2010 par l'Espagne pour "des faits de participation à une organisation terroriste".


Cette action intempestive du ministère de la Justice est-elle un nouveau dommage collatéral dans la guéguerre que se livrent  Christiane Taubira et Manuel Valls ?   

A Bayonne, on ne se satisfait pas des explications de Taubira
Une manifestation a déjà rassemblé 500 personnes vendredi soir et le collectif Bake Bidea ["le chemin de la paix", en langue basque] a depuis organisé dans la matinée une conférence de presse réunissant militants associatifs, élus et syndicats.
Ce même collectif appelle à un rassemblement lundi à 13h30 devant la sous-préfecture de Bayonne.

Valls fragilise Hollande en livrant une Française à l'Espagne

Protestations contre Valls, notamment à gauche


Nombreuses condamnations de l'extradition de la militante française de Batasuna, organisation légale en France.


Les critiques de la livraison d'Aurore Martin (ci-contre) - premier ressortissant français remis à l'Espagne dans une affaire basque franco-espagnole- visent le gouvernement socialiste et le ministre de l'Intérieur de Hollande.  "La situation est absurde, voire injuste", expliquait vendredi au JDD.fr, Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature.

Le Comité de défense des droits de l'Homme Pays basque a rappelé que "François Hollande lui-même avait apporté son soutien à la jeune Aurore" quand il était candidat.

Manuel Valls jette le trouble au plan politique, dans un contexte d'avancées inédites vers la paix au Pays basque, et bien au-delà des cercles militants basques. De Didier Borotra (Modem) et Max Brisson (UMP), à Olivier Dartigolles (PC), en passant par Frédérique Espagnac (PS), tous dénoncent cette " disproportion ". 
A noter toutefois le silence éloquent de François Bayrou, ex-candidat régional à la présidence de la République. 


Parti politique indépendantiste basque d'extrême gauche, Batasuna (unité en basque) est principalement actif en Espagne, dans le Pays basque et en Navarre, apparaissait jusqu'en 2009 sur la liste officielle des organisations terroristes de l'Union européenne, au même titre que l'Organisation Abou Nidal (alias Conseil révolutionnaire du Fatah), le Hamas, le FPLP, la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa ou la Jihad islamique palestinienne, mais n'y figure plus depuis 2010. Elle est en revanche interdite en Espagne depuis 2003, du fait de ses liens avec l'ETA.

Collaboration active

Le communiqué du ministère de l'Intérieur espagnol, hier, entretient ce doute : " Les ministres de l'Intérieur d'Espagne et de France, Jorge Fernandez Diaz et Manuel Valls, se félicitent de cette dernière opération policière qui marque le magnifique niveau d'harmonie entre la France et l'Espagne ".

Un autre est venu de Manuel Valls : la création de la fameuse collectivité Pays basque n'aurait pas sa place, à l'en croire, dans l'acte 3 de la décentralisation. Propos dans lequel il se prêtait à un amalgame malheureux entre la question institutionnelle et la fin d'ETA.

 
Une manifestation s'est tenue vendredi

Manifestation de Bayonne-2/11/2012
Seize élus "socialistes et républicains" du Pays Basque se sont dits "consternés", alors que le concert de protestations avait démarré jeudi après l'arrestation de la jeune ressortissante française à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques).


Dans un texte commun, co-signé notamment par trois parlementaires PS, ils condamnent l'application du mandat d'arrêt européen (MAE) dont elle faisait l'objet depuis 2010 et réclament son "retour immédiat" en France.
L'exécution de la procédure l'a conduite à la prison de Soto del Real, près de Madrid. Le juge Pablo Ruz l'a placée en détention provisoire.

A Bayonne, 500 personnes de toutes obédiences se sont rassemblées, hier soir vendredi 2
, derrière le slogan "Nous sommes tous des Aurore Martin", rapporte Sud-Ouest.

Un Etat républicain n’extrade pas ses nationaux

Les signataires indignés rappellent leur opposition constante au MAE qui, dans son cas, vise des faits interdits en Espagne, mais autorisés en France: Madrid reproche à Aurore Martin d'avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna, parti considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA par l'Espagne.


La jeune femme de 33 ans a finalement été incarcérée vendredi à Madrid après avoir été présentée à un juge de l'Audience nationale (tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme). Elle encourt 12 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste".

La gauche radicale se mobilise en faveur de la terroriste

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a qualifié cette interpellation de "honte". 

"Ce que (Claude) Guéant (prédécesseur du ministre de l'Intérieur de François Holande) n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre. Quelle honte !", a-t-il dénoncé. Selon lui, "les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement" la semaine prochaine à ce sujet. "Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays», fustige le conseiller municipal à Pau.

Dans deux communiqués régionaux, Aquitaine et Pays basque, Europe Ecologie-Les Verts (EELV)  se sont dits "choqués.

Le député-maire EELV de Bègles (Gironde) Noël Mamère a estimé que M. Valls "joue un jeu extrêmement dangereux dans le but de soigner son image de ministre de l'Intérieur intransigeant".


Lundi, un entretien de Manuel Valls au quotidien espagnol El Pais avait déjà suscité l'indignation de plusieurs élus basques, de gauche comme de droite, le ministre semblant soumettre l'existence d'une collectivité basque à l'obligation pour l'ETA de déposer les armes.

Aurore Martin, nouveau look...
De leur côté, les révolutionnaires trotskistes du NPA notent avec amertume que, "ironie de l'histoire, la première exécution du mandat d'arrêt européen contre une ressortissante du Pays Basque Nord risque de voir le jour sous un gouvernement à majorité socialiste".
Le Parti de Gauche mené par Mélenchon observe que "là où en 2011, Guéant et Sarkozy avaient reculé (...) Valls et Hollande n'ont pas hésité une seconde à livrer" une Française "poursuivie pour des faits légaux dans notre pays".

Aurore Martin a aussi reçu le soutien du groupe Corsica Libera à l'Assemblée de Corse et de Partis et Peuples Solidaires, une fédération de partis régionalistes et autonomistes.

La présidente du Front National (FN) Marine Le Pen a de son côté souligné qu'"un gouvernement français n'a pas à extrader ses nationaux".

Valls, homme d'honneur ?
Lors d'une conférence de presse à Bayonne, Jean-François Lefort (Batasuna) a estimé que M. Valls a "cassé un accord tacite", doutant du caractère "fortuit" de l'arrestation. Selon le mouvement, "8 à 12" militants basques français sont encore sous le coup de MAE non activés.
La décentralisation mise  à mal par les divergences entre ministres
Le lundi 29 octobre 2012, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a pris le contre-pied de la ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu,en fermant définitivement la porte dans une interview accordée à El Pais, à la création d'une collectivité spécifique du Pays Basque. Pourtant, le jeudi 11 octobre, Marylise Lebranchu avait reçu une délégation de parlementaires du Conseil des élus du Pays Basque et avait assuré, dans un communiqué, que "le Gouvernement était attentif au débat qui se déroulait actuellement pour mieux prendre en compte l'identité basque".

Face au déferlement de critiques, deux proches de Manuel Valls sont montés au créneau vendredi soir.
Le sénateur PS de Seine-et-Marne et maire d'Alforville,  Luc Carvounas, assume la responsabilité de son mentor, Manuel Valls.
Il a dénoncé bassement "le petit jeu des élus qui, par jalousie ou pur intérêt médiatique, se servent de cette arrestation pour critiquer Manuel Valls".
Luc Carvounas était vice-président du Conseil général de Seine-et-Marne qui a accordé un "congé de parentalité" à une salariée lesbienne dont la compagne attend un enfant.

Selon le président de la commission des Lois de l'Assemblée, le sénateur PS du Finistère,  Jean-Jacques Urvoas, il n'y aurait en revanche "aucune raison" de reprocher au ministre de l'Intérieur cette interpellation car elle ne "relève pas de sa compétence". M. Valls "n'a pris aucune décision. Il n'y a donc nulle raison de le mêler à cette polémique", a-t-il souligné dans un communiqué. Qui  a pris cette jolie décision ? 

La chancellerie aux mains de Christiane Taubira? 
Plus que douteux au vu de son passé d'indépendantiste guyanaise. 

Il est plus vraisemblable que ce soit donc  Ayrault-la-bavure !...
"Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays"», fustige O. Dartigolle, conseiller municipal à Pau.