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vendredi 4 octobre 2013

Le matelas de billets des syndicats

La fiscalisation socialiste ne frappe pas tous les riches

Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... 

Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Un rapport parlementaire lève ce voile-là... 

Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial, rassemblement annuel des altermondialistes
: des camarades de la CGT et de la FSU (enseignants) étaient de la partie. SUD n'avait pas rechigné non plus. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES). Pour représenter les salariés de France Télécom face à la "place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud", la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement "pour nourrir leur réflexion".

La pratique est plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions,
les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...
(Infographie : Olivier Cailleau/Source :
Commission d'enquête parlementaire
sur le financement des syndicats)
Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales.C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.

Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système opaque mais bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?

Nicolas Perruchot savait qu'il avançait en terrain miné 

Ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, a décidé de se pencher sur cette délicate question. 
L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie "en haut lieu", sourit-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue", indique Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.

Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. "Nous nous sommes même demandés si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit", confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.

On comprend leurs réticences. 
Le tableau que dressent les élus est décapant: "mécanismes de financement structurellement opaques", "absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux", "dérives"... Le schéma des circuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible. Seule la nébuleuse des socialistes peut rivaliser: prenez par exemple la Ligue de l'Enseignement, une confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque (soutenue par la FCPE), dont l'UFOLEP, ou la pompe à fric de la MAE, mutuelle assurance de l'éducation,, etc...
Lien PaSiDupes - " Hollande, mouillé dans le procès Teulade " : Le chef de l'État devrait être cité comme témoin lors du procès de son ancien suppléant en Corrèze.

Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments,
fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !
Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entend pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.

Bernard Thibault, lui, a fait le choix de présenter le bilan de la CGT à la presse le 14 novembre. Sur 79 millions d'euros de cotisations versés par ses adhérents, un peu moins de 13 ont été affectés à la confédération pour financer ses activités, a-t-il détaillé. Ce qui lui a permis d'affirmer que près des deux tiers des recettes de la CGT provenaient des adhérents. À l'entendre, on serait donc "très loin" de l'image d'un syndicat "fonctionnant avec l'argent public". Simple enfumage. 

Ce que l'on nomme par facilité "syndicat" est juridiquement composé d'une kyrielle de structures: sections d'entreprises, unions locales, départementales, fédérations professionnelles... La maison-mère est souvent elle-même incapable d'indiquer avec certitude le nombre de ses affidés. La CGT, par exemple, hésite entre 25.000 et 30.000 entités.

Quoi qu'en dise B. Thibault, l'essentiel de la richesse des syndicats de salariés provient des moyens humains

Ainsi, toute décharge horaire est-elle précieuse - mise à leur disposition par les entreprises et surtout par l'Etat. Ces petites mains se comptent par dizaines de milliers dans la fonction publique. Ou plutôt, elles ne se comptent pas. Car en la matière, l'unité de mesure, c'est l'estimation, à vu de nez, une pratique qui fat des merveilles à chaque rassemblement ou grève. Le doigt mouillé.

Pour en avoir le cœur net,
l'Inspection générale de l'administration a épluché l'an dernier les mécanismes de mise à disposition pour les syndicats de la fonction publique dans deux départements, le Rhône et le Loiret. Son rapport, resté confidentiel, montre que l'administration n'est pas tatillonne avec les absences syndicales, qu'elle a parfois même renoncé à comptabiliser. Au service des impôts notamment, les syndicats déclarent que tous les droits syndicaux ont été pris quand la direction, elle, fait état d'une importante sous-consommation des heures de détachement ! De manière générale, les administrations peinent à distinguer les différents types d'absence ou de décharge.
Lien PaSiDupes - La CFDT partagerait son trésor de guerre avec les grévistes" : La CGT et SUD seront-ils aussi pour le partage des richesses ?

Les abus prospèrent dans un univers où règne le flou. 
Soumis aux questions des inspecteurs de l'administration, les directeurs des ressources humaines des ministères ont bien dû admettre qu'ils ne disposent d'aucun tableau de bord détaillé de leurs effectifs. Malgré toute leur bonne volonté! Des réponses au moins aussi vagues ont été données aux députés. Du bout des lèvres, au ministère de la Fonction publique, on reconnaît qu'environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique. Dont près de 1200 à l'Éducation nationale. Et encore, la technique du doigt mouillé peut avoir des ratés... Les parlementaires ont conclu de cet aveu à moitié officiel que la réalité devait se situer bien au-dessus et Perruchot avance le chiffre de "28.000 équivalents temps plein pour les trois fonctions publiques". Si l'on s'en tient au chiffre officiel, les moyens humains offerts aux syndicats par l'État représenteraient une enveloppe minimale de 1,3 milliard d'euros. "J'ai dit à Valérie Pécresse: rien qu'avec une économie de 10% sur ce budget, je te fais l'équivalent de deux taxes sodas", ironise le rapporteur.

Dans certains services de l'État fortement syndiqués, comme la police, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table. Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a alors lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait "remettre les policiers sur le terrain". Aucun syndicat ne lui aura pardonné. Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police. Jusqu'où le ministre de l'Intérieur pouvait-il aller trop loin? 
Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale. "Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères", concède un connaisseur.  Une bénédiction sous la menace !

Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Le Syndicat de la Magistrature n'est-il pas hébergé par le ministère de la Justice ? Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros.

Au fil des ans, certains comités d'entreprise de la sphère publique sont devenus de véritables coffres-forts ! 
Il est vrai que les patrons n'hésitent pas à mettre la main à la poche bien au-delà des obligations prévues par la loi. Manière d'acheter, au prix fort, la paix sociale. 
Pierre Mongin, à la tête de la RATP, n'aligne-t-il pas 16 millions par an, c'est-à-dire 7 de plus que ce que lui imposent les textes, dans la caisse syndicale?
Durant plus de dix ans à la tête d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a mis des sommes importantes à disposition de ses comités d'entreprise (3,1 % de la masse salariale). Un compte courant avait même été mis à disposition par l'entreprise pour éponger les dettes et la gestion hasardeuse du CCE. 
Air France l'a fermé en 2008 et a accepté d'éponger un découvert de 7 millions d'euros. Une goutte d'eau face aux enjeux poursuivis par la direction: faire passer la privatisation de l'entreprise et la fusion avec le néerlandais KLM.
Même chose à EDF, qui abrite la plus grosse cagnotte de la CGT, l'intouchable Caisse centrale d'action sociale (CCAS). "Les magistrats ne comprennent rien aux impératifs économiques!" s'était emporté un certain ministre du Budget en 2004 alors qu'une information judiciaire était ouverte sur les irrégularités de la gestion du comité d'entreprise (4000 permanents syndicaux). Met-on en cause la gestion d'un syndicat majoritaire à la veille d'un changement de statut de l'entreprise? 
Chez France Télécom-Orange, la direction a trouvé une méthode tout aussi efficace de mettre de l'huile dans les rouages: acheter des pages de publicité dans les journaux syndicaux ou encore louer des stands dans les grands congrès.

Par comparaison, les entreprises privées "contribuent financièrement assez peu, sauf exception, au financement des syndicats de leurs salariés", note la commission d'enquête parlementaire. Hormis les décharges horaires prévues par la loi et les locaux syndicaux mis à disposition et dûment mentionnés dans leurs comptes. Au total, les députés évaluent le coût de la représentativité syndicale dans le secteur privé à 1,6 milliard d'euros. Un chiffre qui "ne correspond pas, à proprement parler, au financement des "syndicats", mais plus précisément à celui de l'activité de représentation, de défense, de revendication menée par les syndicalistes dans les entreprises", note le rapport. En outre, plus des trois quarts de ces syndicalistes sont élus par le personnel et non désignés par leur syndicats.
 

Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également le gros gâteau du paritarisme depuis plus de soixante ans. Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le "1% logement". 
Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs. Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires (voir tableau). "Tout le monde se tient par la barbichette, car tout le monde en croque", résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien dirigeant de la très puissante UIMM au sein du Medef, n'a toujours pas livré les secrets de la "fluidification du dialogue social"
19 millions d'euros ont été retirés en liquide des caisses de l'organisation entre 2000 et 2007, qui auraient majoritairement servi au financement occulte de syndicats, selon les soupçons des enquêteurs.
"Je suis parvenu à la conclusion qu'il existe bien un système, une stratégie globale et une alliance objective entre acteurs concernés, analyse Jean-Luc Touly, syndicaliste lui-même, en cours de rédaction de son deuxième ouvrage sur les financements occultes. Si la CGT n'a pas mené la fronde lors de la réforme des régimes sociaux, comme elle aurait pu facilement le faire, c'est que le gouvernement avait une monnaie d'échange: la loi sur la transparence des comptes syndicaux dont l'incidence est limitée."
Lien PaSiDupes - Hollande accordera-t-il l'impunité aux syndicats ? : Le PS permet le vote de la loi sur l'amnistie syndicale au Sénat"

Au plus fort de la crise, les confédérations affichent une insolente santé financière.
Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. Mais le Sénat et l'Assemblée nationale aussi... 
A la tête de la CFDT, François Chérèque avouait avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de "trésorerie disponible". Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une "gestion de père de famille" ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...

Des rentiers, les syndicats français? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité. Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents. Premier syndicat français, la CGT en compte 670.000. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des "métallos".

Et ce rapport fait l'impasse sur le patrimoine immobilier des syndicats des pauvres
Lien PaSiDupes - "15 immeubles sous-occupés que Duflot va réquisitionner" : 15 châteaux trop beaux pour les pauvres de Duflot ministre du Logement Ayrault"

Petite précision: ce rapport date en fait de 2011
Depuis Hollande a promis de soutenir les associations et les syndicats.
Pourra-t-on encore évoquer des "dérives" ou devra-t-on parler de gabegie publique ? Il est des niches fiscales sur lesquelles Hollande ne s'attarde pas...


lundi 5 décembre 2011

Cette niche sociale que les syndicats ne veulent pas supprinmer

Les syndicats, ces riches qu'aime Hollande

Le Figaro Magazine du 3 décembre a obtenu le sésame

Les subventions de l'Etat sont dans leur caverne d'Ali Baba

Ils touchent 4 milliards par an de la collectivité pour 8 % de syndiqués. Subventions à gogo, permanents par milliers, gabegie... Un rapport parlementaire lève le voile.

Décapant ! Des vacances à Dakar aux frais de France Télécom ! En février dernier, 12 délégués syndicaux du groupe se sont rendus au Sénégal, officiellement pour assister au Forum social mondial. Dans leurs valises, un mandat en bonne et due forme du très imposant Comité central de l'unité économique et sociale (CCUES). Pour représenter les salariés de France Télécom face à la «place importante faite au secteur des télécoms, notamment dans le cadre des relations nord-sud», la délégation a reçu un chèque de 12.000 euros. À l'heure où les entreprises serrent les coûts et l'État taille dans ses dépenses, les syndicats ne rechignent pas à envoyer leurs membres au soleil, tous frais payés, simplement «pour nourrir leur réflexion».

Gonflé ? Non, une pratique plutôt ordinaire dans une France qui n'aime pas ses syndicats mais les nourrit grassement. Car si le syndicalisme n'a jamais été aussi peu représentatif dans notre pays - seuls 8 % des salariés (public et privé confondus) adhèrent à une organisation, le taux le plus bas de l'Union européenne ! -, la machine syndicale, elle, se porte bien, très bien même. Et pour cause: elle vit aux crochets des autres ! C'est la démonstration choc que font les députés dans un rapport rendu public cette semaine, et que Le Figaro Magazine a pu consulter en avant-première.

Au terme d'une commission d'enquête de six mois, de dizaines d'auditions, les élus font ce constat: la collectivité fait chaque année un chèque de 4 milliards d'euros pour financer l'activité syndicale. Presque l'équivalent du budget de l'Enseignement supérieur...
Les cotisations ne représentent qu'une part infime des budgets syndicaux: guère plus de 3 à 4% pour les organisations représentant les salariés et de 15 à 60 % selon les cas pour les structures patronales. C'est une «exception française en Europe», relèvent les parlementaires, soulignant qu'ailleurs sur le continent, «les cotisations occupent une part primordiale dans les ressources des syndicats, plus de 80% dans l'ensemble». Leur «légitimité» est à ce prix, notamment vis-à-vis des pouvoirs publics, glisse le rapport.

Ici, ce sont les détachements syndicaux, les décharges horaires, les subventions aux comités d'entreprise ou encore la gestion des organismes sociaux et de la formation professionnelle qui fournissent le gros des moyens. Un système bien huilé mis en place au lendemain de la guerre et que personne - même en ces temps de crise - n'a osé remettre en cause. Et surtout pas l'État impécunieux, pourtant avide d'économies. Y trouverait-il son compte?

Lorsqu'il a décidé de se pencher sur cette délicate question, Nicolas Perruchot, ce député centriste qui a fait une entrée tonitruante sur la scène politique en 2001, en évinçant Jack Lang de la Mairie de Blois, savait qu'il avançait en terrain miné. L'annonce de sa commission d'enquête a été fraîchement accueillie «en haut lieu», souffle-t-il. À plusieurs reprises, on m'a fait dire qu'une commission d'enquête parlementaire sur le prix de l'essence serait mieux venue», précise Perruchot, pas mécontent de n'en avoir fait qu'à sa tête.

Les syndicats ne se sont pas bousculés à la porte de la commission. «Nous nous sommes même demandé si nous aurions besoin de faire intervenir la force publique, comme nous en avons le droit», confie-t-il. Les représentants de l'UIMM - la puissante fédération patronale de la métallurgie - ou de FO ne se sont présentés à la convocation des députés qu'in extremis, lors de la dernière semaine d'audition.

On comprend leurs réticences. Le tableau que dressent les élus est décapant: «mécanismes de financement structurellement opaques», «absence de prise en considération (...) des mises à disposition de personnels et de locaux», «dérives»... Le schéma descircuits de financement qu'ils ont tenté de reconstituer vaut son pesant d'or, tant il est incompréhensible.

Les députés se sont fondés pour leur enquête sur de tout nouveaux éléments, fournis par les fédérations elles-mêmes. Car, pour la première fois cette année, les organisations syndicales et patronales ont dû se livrer à un exercice d'un genre nouveau: la publication de leurs comptes, en vertu de la loi d'août 2008 sur la représentativité syndicale. Personne n'avait osé leur demander le moindre bilan depuis la loi Waldeck-Rousseau créant les syndicats en... 1884 !

Certes, une incertitude plane encore sur les obligations des puissants syndicats de la fonction publique. En outre, toutes les organisations ne se sont pas pliées aux nouvelles règles du jeu avec le même entrain, certaines les ont même royalement ignorées. On attend toujours les comptes de FO pour 2010, de même que ceux de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Quant à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), elle a carrément fait savoir qu'elle n'entendait pas commencer l'exercice avant l'année prochaine.

Bernard Thibault, lui, a fait le choix de présenter le bilan de la CGT à la presse le 14 novembre. Sur 79 millions d'euros de cotisations versés par ses adhérents, un peu moins de 13 ont été affectés à la confédération pour financer ses activités, a-t-il détaillé. Ce qui lui a permis d'affirmer que près des deux tiers des recettes de la CGT provenaient des adhérents. À l'entendre, on serait donc «très loin» de l'image d'un syndicat «fonctionnant avec l'argent public». Simple question de présentation. Ce que l'on nomme par facilité «syndicat» est juridiquement composé d'une kyrielle de structures: sections d'entreprises, unions locales, départementales, fédérations professionnelles... La maison-mère est souvent elle-même incapable d'indiquer avec certitude le nombre de ses affidés. La CGT, par exemple, hésite entre 25.000 et 30.000 entités.

Quoi qu'en dise M. Thibault, l'essentiel de la richesse de la CGT et des autres syndicats de salariés provient des moyens humains - détachements, décharges horaires, etc. - mis à leur disposition par les entreprises et surtout par l'Etat. Ces petites mains se comptent par dizaines de milliers dans la fonction publique. Ou plutôt, elles ne se comptent pas. Car en la matière, l'unité de mesure, c'est l'estimation. Le doigt mouillé.

Pour en avoir le cœur net, l'Inspection générale de l'administration a épluché l'an dernier les mécanismes de mise à disposition pour les syndicats de la fonction publique dans deux départements, le Rhône et le Loiret. Son rapport, resté confidentiel, montre que l'administration n'est pas tatillonne avec les absences syndicales, qu'elle a parfois même renoncé à comptabiliser. Au service des impôts notamment, les syndicats déclarent que tous les droits syndicaux ont été pris quand la direction, elle, fait état d'une importante sous-consommation des heures de détachement ! De manière générale, les administrations peinent à distinguer les différents types d'absence ou de décharge.

Les abus prospèrent dans un univers où règne le flou. Soumis aux questions des inspecteurs de l'administration, les directeurs des ressources humaines des ministères ont bien dû admettre qu'ils ne disposaient d'aucun tableau de bord détaillé de leurs effectifs. Des réponses au moins aussi vagues ont été données aux députés. Du bout des lèvres, au ministère de la Fonction publique, on reconnaît qu'environ 17.000 agents (en postes équivalents temps plein) seraient mis à la disposition des syndicats dans la fonction publique. Dont près de 1200 à l'Éducation nationale. Les parlementaires ont conclu de cet aveu à moitié officiel que la réalité devait se situer bien au-dessus et Perruchot avance le chiffre de «28.000 équivalents temps plein pour les trois fonctions publiques». Si l'on s'en tient au chiffre officiel, les moyens humains offerts aux syndicats par l'État représenteraient une enveloppe minimale de 1,3 milliard d'euros. «J'ai dit à Valérie Pécresse: rien qu'avec une économie de 10% sur ce budget, je te fais l'équivalent de deux taxes sodas», ironise le rapporteur.

Dans certains services de l'État comme la police, fortement syndiquée, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table. Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait «remettre les policiers sur le terrain». Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police. Jusqu'où ira le ministre de l'Intérieur? Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale.«Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères», concède un connaisseur.

Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros.

Au fil des ans, certains comités d'entreprise de la sphère publique sont devenus de véritables coffres-forts ! Il est vrai que les patrons n'hésitent pas à mettre la main à la poche bien au-delà des obligations prévues par la loi. Manière d'acheter, au prix fort, la paix sociale. Pierre Mongin, à la tête de la RATP, n'aligne-t-il pas 16 millions par an, c'est-à-dire 7 de plus que ce que lui imposent les textes, dans la caisse syndicale? Durant plus de dix ans à la tête d'Air France, Jean-Cyril Spinetta a mis des sommes importantes à disposition de ses comités d'entreprise (3,1 % de la masse salariale). Un compte courant avait même été mis à disposition par l'entreprise pour éponger les dettes et la gestion hasardeuse du CCE. Air France l'a fermé en 2008 et a accepté d'éponger un découvert de 7 millions d'euros. Une goutte d'eau face aux enjeux poursuivis par la direction: faire passer la privatisation de l'entreprise et la fusion avec le néerlandais KLM.

Même chose à EDF, qui abrite la plus grosse cagnotte de la CGT, l'intouchable Caisse centrale d'action sociale (CCAS). «Les magistrats ne comprennent rien aux impératifs économiques!» s'était emporté un certain ministre du Budget en 2004 alors qu'une information judiciaire était ouverte sur les irrégularités de la gestion du comité d'entreprise (4000 permanents syndicaux). Met-on en cause la gestion d'un syndicat majoritaire à la veille d'un changement de statut de l'entreprise? Chez France Télécom-Orange, la direction a trouvé une méthode tout aussi efficace de mettre de l'huile dans les rouages: acheter des pages de publicité dans les journaux syndicaux ou encore louer des stands dans les grands congrès.

Par comparaison, les entreprises privées «contribuent financièrement assez peu, sauf exception, au financement des syndicats de leurs salariés», note la commission d'enquête parlementaire. Hormis les décharges horaires prévues par la loi et les locaux syndicaux mis à disposition et dûment mentionnés dans leurs comptes. Au total, les députés évaluent le coût de la représentativité syndicale dans le secteur privé à 1,6 milliard d'euros. Un chiffre qui «ne correspond pas, à proprement parler, au financement des "syndicats", mais plus précisément à celui de l'activité de représentation, de défense, de revendication menée par les syndicalistes dans les entreprises», note le rapport. En outre, plus des trois quarts de ces syndicalistes sont élus par le personnel et non désignés par leur syndicats.

Les organisations syndicales et patronales se partagent enfin également, depuis plus de soixante ans, le gros gâteau du paritarisme. Ce sont elles qui gèrent le circuit de la formation professionnelle en France (un pactole de 6,3 milliards) et le «1% logement». Elles encore qui sont aux commandes des grands organismes de la Sécurité sociale et de l'Unedic, des mastodontes qui assoient leur puissance et font vivre des dizaines de milliers de militants promus au rang d'administrateurs. Indemnités forfaitaires, frais de formation, prise en charge de secrétariat, voyages d'études...: les députés énumèrent les multiples avantages que procure la gestion des organismes paritaires (voir tableau). «Tout le monde se tient, car tout le monde en croque», résume un dirigeant d'une caisse de retraite complémentaire, la galaxie Agirc-Arrco.

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien dirigeant de la très puissante UIMM au sein du Medef, n'a toujours pas livré les secrets de la «fluidification du dialogue social». Dix-neuf millions d'euros ont été retirés en liquide des caisses de l'organisation entre 2000 et 2007, qui auraient majoritairement servi au financement occulte de syndicats, selon les soupçons des enquêteurs.

«Je suis parvenu à la conclusion qu'il existe bien un système, une stratégie globale et une alliance objective entre acteurs concernés, analyse Jean-Luc Touly, syndicaliste lui-même [second de la CGT à la CGE, membre decla Fondation de Danièle Mitterrand et de ATTAC], en cours de rédaction de son deuxième ouvrage sur les financements occultes. Si la CGT n'a pas mené la fronde lors de la réforme des régimes sociaux, comme elle aurait pu facilement le faire, c'est que le gouvernement avait une monnaie d'échange: la loi sur la transparence des comptes syndicaux dont l'incidence est limitée. »

Au plus fort de la crise, les confédérations affichent une insolente santé financière. Toutes les centrales sont propriétaires de vastes locaux parisiens : le siège du Medef est valorisé 24 millions d'euros, l'UIMM dispose d'un trésor de guerre de près de 505 millions d'euros, selon le rapport. François Chérèque, à la tête de la CFDT, avoue avoir du mal à cacher ses économies de plus de 350 millions d'euros, dont 34,7 millions de « trésorerie disponible ». Celle de la CGT est de 42 millions d'euros. Les fruits d'une «gestion de père de famille» ont expliqué, sans rire, plusieurs responsables syndicaux...

Des rentiers, les syndicats français ? Ils fonctionnent en tout cas très bien indépendamment de leur manque de représentativité. Inutile de grandir pour s'enrichir ! À l'extrême, ils n'auraient guère besoin d'adhérents. Premier syndicat français, la CGT en compte 670.000. Très loin des 2,4 millions d'IG Metall, le syndicat allemand des «métallos».

vendredi 2 octobre 2009

Le syndicat patronal finançait-il des organisations étudiantes ?

Perquisitions dans plusieurs syndicats étudiants à Paris

Le juge d'instruction Roger Le Loire et les équipes de la brigade financière ont méné une série de perquisitions aux sièges de cinq organisations étudiantes .
Le magistrat financier et les policiers spécialisés agissaient en effet dans le cadre de l'enquête ouverte sur les retraits suspects en liquide des caisses de l'Union des métiers et industries de la métallurgie (UIMM). La justice, confrontée au silence de l'ancien président de l'organisation patronale, cherche toujours à savoir à qui ont été versés les quelque 16 millions d'euros retirés des caisses entre 2000 et 2007.

Les perquisitions ont été menées jeudi 1er octobre aux sièges de l'UNEF (gauche, proche du PS), de l'UNI (seule organisation de droite), de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes, dite indépendante, mais proche de l'UNEF), de Promotion et défense des étudiants (PDE, dont s'est séparée la précédente), et de la Confédération étudiante (, proche de la CFDT), qui sont soupçonnés d'avoir reçu des financements de la part de l'organisation patronale..

L'UIMM devait justifier des débits d'un montant de 30.000 euros

Les noms de ces organisations ont été obtenus par la justice à l'issue de l'audition, au début de cette année, de l'ancien directeur général adjoint de l'UIMM, Dominique de Calan. Celui-ci avait dû répondre sur les fonds que Denis Gautier-Sauvagnac affirmait lui confier chaque année. Il s'agissait d'une somme de 30.000 euros tirées des caisses de l'UIMM que Dominique de Calan avait pour charge de répartir au nom de l'organisation patronale.
C'est lors de cet interrogatoire que Dominique de Calan a affirmé verser ces 30.000 euros par an à des «organisations universitaires», précisant qu'il remettait lui-même ces sommes dans le but de favoriser «le pluralisme» et faire en sorte que «chacun (ait) aujourd'hui les moyens de se présenter aux élections» étudiantes. Dominique de Calan, au titre de ses responsabilités patronales, siégait d'ailleurs au CSE (Conseil Supérieur de l'Education), instance consultative qui regroupe les partenaires sociaux de l'Education nationale. C'est dans ce cadre qu'il aurait été amené à avoir des contacts avec les responsables des organisations étudiantes représentatives.
Les flux suspects, s'ils sont avérés, auraient cessé en septembre 2007 au moment de la révélation de l'affaire par Le Figaro .

Réactions de 'sereins'

Pour l'heure, le résultat des perquisitions est inconnu. Les responsables étudiants ont, pour leur part, affirmé être hors de cause.

  • Dans un communiqué, l'Union nationale inter-universitaire (UNI, syndicat étudiant classé à droite), a dit avoir "affirmé aux enquêteurs n'avoir jamais touché de l'argent de l'UIMM et a pu le leur prouver puisque contrairement aux syndicats de salariés, les comptes de l'UNI sont certifiés chaque année par un commissaire au comptes".
  • La présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), Claire Guichet, affichait la même sérénité. "Ça se passe bien, les gens sont sympathiques et on n'a rien à cacher", a-t-elle déclaré à la mi-journée, alors que la perquisition était en cours dans les locaux de l'organisation.
  • "On n'a rien à se reprocher. Nous avons toujours été réglos au niveau de notre comptabilité", a également assuré Guillaume Joyeux, président de PDE. "On ne s'y attendait pas, mais si certaines organisations sont mises en cause dans l'affaire, il est important de montrer que ce n'est pas notre cas et qu'on est très sérieux sur notre financement. Nous sommes parfaitement sereins".
  • «Je souhaite que la justice puisse faire son travail» et «que l'UNEF puisse être très rapidement mise hors de cause dans cette affaire», a dit aujourd'hui le président de l'UNEF, Jean-Baptiste Prévost, qui, selon l'usage, , qui se dit "très serein". "L'UNEF n'a jamais touché de versement de la part de l'UIMM", a ajouté le successeur de Bruno Julliard, aujourd'hui adjoint socialiste au maire de Paris, assurant que l'organisation étudiante était "à la disposition de la justice pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire".
    "Je m'étonne que certains au patronat puisse prétendre avoir financé une organisation étudiante qui l'a mis en échec à plusieurs reprises, lors de la bataille du CPE en 2006 et plus récemment sur les stages", a-t-il ironisé.

    Il ne manque que la FIDL
  • Mais la justice s'occupe déjà de vérifier ses comptes, dans le cadre de l'affaire qui implique le socialiste Julien Dray, soupçonné d'abus de biens sociaux
    Après la précédente affaire de la MNEF ...

    jeudi 1 octobre 2009

    Nicolas Sarkozy veut aider à l'insertion et à l'autonomie des jeunes

    Un plan d'aide de 500 millions d'euros pour la jeunesse

    Le Président de la République a annoncé l'extension du revenu de solidarité active (RSA) aux moins de 25 ans dans le cadre d'un plan jeunes destiné à favoriser l'insertion dans la vie active et l'autonomie de la catégorie la plus touchée par la crise.

    D'un coût de 500 millions d'euros, les mesures dévoilées répondent également à une volonté d'équité, le chef de l'Etat soulignant son hostilité de toujours à un statut social inférieur pour les jeunes.

    Les nouvelles mesures en faveur des jeunes s'inspirent des conclusions d'une commission de concertation publiées cet été sous la direction du haut-commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, et viennent en complément du plan d'urgence sur l'emploi des jeunes mobilisant près de 1,3 milliard d'euros annoncé en avril.
    Ce plan d'urgence reposait essentiellement sur le renforcement de la formation en entreprises pour les 15-24 ans, une catégorie qui accusait un taux de chômage de 23,9% à la fin du deuxième trimestre, contre 9,1% pour l'ensemble de la population active.

    L'extension du RSA est le principale mesure

    Il est mis en place cette année pour les travailleurs pauvres, les jeunes actifs de moins de 25 ans, sous la condition qu'ils aient travaillé au moins deux ans dans les trois dernières années.

    Répondant aux réserves d'une partie de sa majorité, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne s'agit en rien d'un "RMI (revenu minimum d'insertion) jeunes, qui consisterait à faire de nos jeunes des assistés" mais simplement d'une mesure d'équité.
    "Je n'accepte pas l'idée que, quand on est jeune, on a moins de droits sociaux," a-t-il dit, en qualifiant d'"erreurs" des dispositifs comme le CIP et le CPE, qui avaient mobilisé dans le passé la jeunesse contre les gouvernements Balladur ou Villepin.
    "Je le dis à mes propres amis politiques, je ne crains pas le débat là dessus. La majorité doit être ouverte sur la justice et pas sur l'idéologie. J'ai été élu sur la revalorisation du travail et la revalorisation du travail, c'est qu'un jeune travailleur puisse avoir le RSA," a-t-il ajouté.

    Au total, les bénéficiaires sont au nombre de 160.000, dont 40.000 au titre du RSA complément d'activité, pour un coût de 250 millions d'euros.

    Les autres mesures

  • Le nouveau plan intègre aussi des mesures comme la création d'un service public d'orientation pour les jeunes dans le système scolaire.
  • Un suivi individualisé est également prévu pour les 16-18 ans qui ont abandonné les études.
    Ce suivi, qui vise à ce qu'aucun de ces jeunes, qualifiés de "décrocheurs", ne soit livré à lui-même, donnera lieu à une expérimentation de parcours d'insertion contractualisé qui serait rémunéré.

  • Nicolas Sarkozy a demandé par ailleurs aux partenaires sociaux d'étudier la question de la création d'un cadre juridique pour sécuriser les pré-recrutements de jeunes en formation par les entreprises.

  • Les mesures en faveur de l'autonomie des jeunes
    Elles prévoient l'extension du paiement des bourses universitaires de neuf à dix mois dans les établissements qui décident d'allonger l'année scolaire dans les mêmes proportions, conformément au plan de réforme de l'université ou le doublement de l'aide complémentaire santé, de 100 à 200 euros, aux 15% de jeunes qui n'ont pas de mutuelles.

    Pas plus que le livre vert publié par la commission, le chef de l'Etat n'a évoqué la création d'une allocation autonomie réclamée par les syndicats étudiants.
    En revanche, acquis à la méthode de Martin Hirsch, il a accepté une expérimentation sur une "dotation autonomie" qui permettrait à un jeune de bénéficier entre 18 et 25 ans, sous conditions de ressources, d'une partie des aides publiques versées à ses parents, comme par exemple les allocations familiales.
    Huit mille jeunes seront retenus pour ce test, aux conclusions duquel Nicolas Sarkozy a promis d'associer le Parlement.

    Il a enfin annoncé un renforcement du service civique, qui permet aux jeunes d'accomplir des missions d'intérêt général sur une base volontaire, avec l'objectif qu'il soit rejoint par 10.000 jeunes en 2010 et, à terme, par 10% d'une classe d'âge.

    Malgré la crise et un possible financement des syndicats étudiants et lycéens par le patronat (L'UIMM aurait consacré 30.000 euros par an aux organisations étudiantes), toutes ces mesures seront financées sans prélèvements supplémentaires dans le budget 2010, a assuré l'Elysée, étant rattachées pour l'essentiel au fonds de financement du RSA ou au Fonds d'investissement social (Fiso).
  • mercredi 30 juillet 2008

    CGT : Le Monde rend compte d’un syndicalisme sur le déclin

    L’humour de Plantu est-il conducteur ?

    PaSiDupes a contribué à la bonne information de tous et toutes sur les privilèges des grands de ce monde. Les patrons, pensez-vous, en bons enfants de l’école publique ? Alors, c’est que nous sommes tous issus de l’enseignement, certes obligatoire, mais non pas laïc, puisque ce réflexe FSU montre combien les missionnaires laïcs nous ont formatés?


    Les grands ne sont ni les aristocrates de l’Ancien Régime, ni les bourgeois de Guizot, et pas mêmes ceux du CAC 40, mais les syndicats et associations. Patrons ou ouvriers, ils ne s’entendent pas aussi mal qu’il y paraît. Ils s’entraident et mutualisent leur ressources. C’est ce que révèle l’affaire de l’UIMM.

    PaSiDupes a déjà précisé comment les salariés d’EDF, qu’ils soient CGT, CFDT ou FO (et même SUD !), nous ont refait le coup des pauvres salariés victimes d’une réforme brutale, bien que venue après toutes les autres, et à laquelle ni l’entreprise, ni le pays ne survivrait. Mais nous savons que les inconvénients sont plus que compensés par les avantages : de nouveau privilèges sont venus remplacer ou compléter les anciens ! Et comment s’y prend-on ? Voici de nouveaux éléments.

    Dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 juin, le syndicat CGT parisien du Réseau de transport d’électricité (RTE) a organisé la coupure du courant sur une partie du réseau d’alimentation des lignes des plusieurs gares de Paris.

    Le lendemain, France Soir titrait : « Sévices publics ». Et Le Monde, en trois éditoriaux (dont l’un assorti d’un dessin de Plantu), noyait les faits sous une pluie de commentaires explicatifs.

    La « Une » du quotidien, le 9 juin 2004 titrait: « Réforme d’EDF : la CGT veut-elle l’épreuve de force ? » C’est la question logique que ses lecteurs se posent naturellement. Mais la réponse peut surprendre, à condition de sortir les pataugas et le K-Way. Qu’importe la réforme, puisqu’elle se fera en douceur...

    En illustration de la vraie réponse à la fausse question angoissée du Monde, Plantu offre son dessin du jour. Le voici :

    Avec EDF, on ne débat pas, on ne discute pas, on opine

    La gauche a prétendu que la caricature, on ne le sait pas assez, est bonne à tout dire. Mais à gauche, on a le sens de l’humour épidermique. Ni premier, ni second degré quand l’atmosphère est électrique. Elle n’autorise pas la comparaison des travailleurs en lutte à des tortionnaires : l’hyperbole est excessive et le courant alternatif ne fonctionne pas quand elle est en cause. Il faudrait comprendre qu’à EDF le courant ne passe plus avec les clients quand les privilèges corporatistes sont menacés. L’humour pas plus qu’EDF ne relie les hommes.

    Dans le dessin de Plantu, les tortionnaires sont envoyés en mission en Irak par l’extrême droite américaine. Un parallèle avec des pratiques de l’extrême gauche française n’est pas aussi drôle. La gauche disjoncte à tant d’audace rebelle de la part de son prestigieux caricaturiste vénéré.

    Sous le titre « Jeu à hauts risques », l’éditorialiste du Monde prétend que, survoltée, « la CGT durcit sa stratégie de la tension avec le gouvernement ». On saura au final qu’au jeu du passage à la retraite à 41 annuités théoriques, le gouvernement a accordé nombre d’avantages aux tortionnaires potentiels de la ménagère au tout électrique.

    La CGT joue son va-tout

    On apprend, si on ne le savait déjà, que « le patron de la CGT énergie, Frédéric Imbrech, [...] a hérité, en succédant au réformiste Denis Cohen, du mandat de préserver vaille que vaille le statut public d’EDF [...] »

    La fédération CGT de l’énergie « redoute de se couper d’une base qui se radicalise et qui voit dans chaque concession de M. Sarkozy une raison d’essayer d’obtenir encore plus. Elle est quotidiennement mise en cause par SUD-Energie qui, au diapason de l’extrême gauche, dénonce la "mollesse" de la CGT et pousse à la grève générale. »

    La « centrale de Bernard Thibault […] ne veut pas davantage se démarquer d’une fédération qui dirige un de ses derniers bastions. Elle fustige l’autisme du gouvernement qui, des retraites à l’assurance-maladie, poursuit sa politique en dépit des protestations sociales et des sanctions électorales. [...] » Le pouvoir a donc beau jeu, face à une confédération et une centrale débordées sur leur gauche par une base agitée par les anti-républicains de SUD. Le pouvoir est-il pour autant responsable des surtensions ? « Il reste que cette stratégie "basiste", qui peut faire voler en éclats une unité syndicale jusqu’alors préservée, est à très hauts risques. Il est dangereux de prétendre défendre le service public en perturbant son fonctionnement, de surcroît en réglant les comptes d’EDF par SNCF interposée. »

    Attention, ne pas mettre les doigts dans la prise

    « En jouant l’épreuve de force, la CGT risque de perdre la bataille des idées [...] Elle a aussi peu de chances d’empêcher le vote de la nouvelle loi. Le danger concerne aussi la stratégie réformiste de M. Thibault, celle qui lui a permis d’engranger des concessions à EDF. Si, à l’arrivée, elle fait marche arrière, elle manquera l’occasion de démontrer l’efficacité de son nouveau pragmatisme. » Les salariés d’EDF n’ont pas les moyens de demander le retrait du projet de changement de statut. Elle ne peut se démarquer du « pragmatisme » de la CFDT.

    Le procès intenté au Monde permet de masquer la baisse d’influence de la CGT jusqu’au point du renoncement social qui arrange les affaires de SUD. Le dessin de Plantu illustre cet état de fait et pour cela déplaît aux nostalgiques de la dictature syndicale passée.

    Liberté d’expression : Plantu serait pour, la CGT contre

    La CGT consentait à blanchir l’argent de l’UIMM


    Le syndicat trouve maintenant une odeur forte à l’argent des patrons


    Les dessinateurs politiques prennent-ils trop de libertés ? La gauche n’apprécie pas. Encore faut-il nuancer ! La mouche de Plantu n’a jamais provoqué aucun mouvement d’indignation dans les rangs des gardiens auto-proclamés du temple de la démocratie. Mais voilà qu’ils poussent tout à coup des cris de vierges effarouchées, comme il se doit pour des vestales. Quelle mouche, cette fois, les a donc piquées, que la précédente avait amusées, puisqu’elle symbolise Nicolas Sarkozy ?
    Le religieux déchaîne les canards

    Le samedi 19 juillet, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) avait jugé "indignes" les propos tenus par le dessinateur Siné dans une chronique qui lui a valu d'être licencié de Charlie Hebdo. Le 2 juillet dans Charlie Hebdo, déjà grand amateur laïc de caricatures de Mahomet, Siné ironisait sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty. "Les allégations de trafic d'influence et de cynisme, ainsi que le rapprochement glauque opéré entre le Juif et l'argent, renvoient aux temps les plus misérables de l'antisémitisme des 19e et 20e siècles", ajouta la Licra. Depuis, l’humoriste délicat s’est fait licencier de l'hebdomadaire satirique d’extrême gauche. Si, sous ce régime, on ne peut même plus brocarder les hommes de droite au pouvoir, manquer de respect aux juifs et succomber à cet anti-sémitisme primaire généralement attribué en exclusivité aux beaufs de l’autre extrémisme, mais où va la démocratie ? La Licra aura probablement subi des pressions de qui vous savez !


    Or, voilà que les dessinateurs militants perdent leur sens de l'humour

    Est-ce dans un louable souci démocratique d’égalité bien comprise que l’internationale athée se retrouve dans des provocations humoristes contre les musulmans, puis les juifs ? Le pape Jean-Paul II n’a d’ailleurs pas échappé aux moqueries les plus basses et indécentes, pas même en fin de vie : on peut militer pour la mort digne des athées et agnostiques, mais les croyants n’ont droit ni au respect ni à la dignité dans la presse des mécréants de la gauche vertueuse.


    Au secours, la démocratie est en danger

    Jeudi 24 juillet, un humoriste s’en est pris à ses camarades de lutte.

    On a appris que la CGT avait communiqué par écrit avec le journal Le Monde. Son nouveau directeur, Eric Fottorino, a en effet reçu de la centrale syndicale une lettre ouverte pour lui faire part de son "indignation" devant "le dessin de Une" représentant un ouvrier CGT aux poches garnies de billets par le patronat de la métallurgie (UIMM). PaSiDupes a déjà signalé que les victimes EDF de la réforme des régimes spéciaux de retraite n’ont pas comme d’autres corporations de bonnes et vraies raisons de râler. Or, Le Monde confirme maintenant que, la CGT n’aurait pas à se plaindre non plus, dans son ensemble.


    Par ses hauts cris, la CGT démontre que l’accusation du dessinateur est tellement fondée qu’elle n’est pas drôle et mérite une manifestation officielle d’indignation. Selon la CGT, la caricature du dessinateur Plantu "s'inscrit de fait dans une campagne calomnieuse et mensongère visant à faire un amalgame injustifié entre les pratiques coupables de l'UIMM et les organisations syndicales".


    La CGT critique aussi l'article illustré par ce dessin
    dans lequel le quotidien révèle un témoignage nouveau dans l'enquête sur les financements occultes de l'UIMM, qui accrédite l'hypothèse que ces fonds ont bénéficié aux syndicats, dont la CGT, à des partis politiques, et au syndicat des patrons, le CNPF (ex-Medef), comme les autres.

    Le "procédé utilisé relayant des propos rapportant d'autres propos attribués à une personne aujourd'hui décédée, ne constitue pas un modèle d'honnêteté intellectuelle", s'insurge la confédération. Ce procédé journalistique n’est pas nouveau. Ici au moins, le mort n’est pas anonyme et le secret des sources n’est pas en cause…


    "Il est dommage que les positions fortes exprimées récemment par le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, lors du congrès de la fédération de la métallurgie, exigeant notamment que toute la lumière soit faite, n'aient pas fait l'objet d'un rappel dans l'article", déplore Alain Guinot, secrétaire de la CGT. Lorsqu’il n’était pas encore réglementé, le financement trouble des partis a fait l’objet d’une désinformation éhontée de la presse militante qui cherchait à blanchir les partis et syndicats de gauche. Chacun garde à l’esprit les attaques insensées de la gauche visant à faire croire que la droite y aurait eu recours plus que la gauche.

    La CGT se trouve à nouveau face à son passé et à ses hypocrisies

    Bien qu’elle affirme "son attachement à la liberté de la presse et au libre arbitre des journalistes", la CGT marque son embarras, car elle ajoute aussitôt que "cette liberté n'efface pas celle de ceux qui, s'estimant injustement mise en cause, souhaitent pouvoir critiquer le fond, la forme de tel ou tel article". Piquée au vif, la CGT se gratte là où çà la démange.


    A chacun sa mouche

    La CGT conclut en espérant que "le souci d'objectivité" du Monde l'amènera à rendre compte des positions de la CGT. Position après coup ou posture médiatique?


    Juste une chose encore…

    PaSiDupes a manqué l’occasion de publier le dessin litigieux. Quiconque sera en mesure de le lui adresser en est d’avance remercié. Nous n’avons que la reproduction illisible ci-dessus. De là à penser que les pressions cégétistes ont été telles que la presse a plié et a rendu certains de ses articles inaccessibles. Les dessins ont même parfois été désolidarisés dissociés des articles : on a préféré des blancs à la menace des militants rouges !
    Ainsi, la gauche sort-elle encore grandie de cet épisode de liberté d’expression : combien de sacrifices humains les vestales de la CGT vont-elles exiger du Monde pour les dédier aux dieux de la liberté de la presse ?

    UIMM : le patronat aurait financé le PS et la CGT !

    Le Monde et Plantu indisposent la CGT

    "Comment la métallurgie finançait syndicats et politiques", selon Le Monde.

    Jeudi 24 juillet, la CGT a adressé une lettre ouverte à Eric Fottorino, directeur du Monde, pour lui faire part de son "indignation" devant le dessin de Une du jour par l’humoriste Plantu.

    Le Monde titra à la Une : "UIMM : les révélations d'un ancien dirigeant", avec un sous-titre choc : "Comment la métallurgie finançait syndicats et politiques". Le quotidien reproduit en fait le procès-verbal de l'audition de Jacques Gagliardi, l'ex-bras droit de Pierre Guillen, délégué général de l'UIMM de 1985 à 1995. Son témoignage, recueilli par le juge chargé de l'enquête sur les retraits suspects des caisses de l'UIMM, branche autonome du CNPF, accrédite l'hypothèse que ces fonds ont bénéficié aux syndicats, dont la CGT, à des partis politiques, mais aussi au CNPF, l'ancêtre du Medef.

    Interrogé le 16 juillet par le juge Roger Le Loire sur la complexe affaire des comptes secrets du syndicat patronal de la métallurgie, Gagliardi a rapporté des confidences que lui aurait faites Pierre Guillen, décédé le 2 juillet : "Il m'en a parlé en me disant qu'il donnait des sommes en liquide à des syndicats...." L’ancien haut responsable de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a abondé les soupçons des enquêteurs sur un financement des syndicats et partis politiques par le patronat de la métallurgie.


    L'ancien bras-droit de Pierre Guillen, délégué général de l'organisation de 1985 à 1995, rapporte :

    "Il m'en avait parlé du reste à propos de la CGT parce que c'était une première", selon des extraits de son procès-verbal d'audition révélés jeudi 24 par Le Monde et Mediapart.


    Le juge enquête sur la destination de 16,5 millions d'euros retirés des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007, une période beaucoup plus récente. Mais il cherche à connaître le contexte historique de ces pratiques.


    La CGT percevait ainsi "quelques centaines de milliers de francs tous les ans", a-t-il affirmé, ajoutant que d'autres syndicats, comme la CFDT ou FO, bénéficiaient "vraisemblablement" de ces fonds. Cette hypothèse profite à ces deux syndicats vertueux, qui sont en vacances et gardent le silence… Qui ne dit mot consent !


    Une "accusation sans fondement et sans preuve", a assuré la CGT, qui souligne que M. Gagliardi "faisait parler un mort". "Pas de commentaire particulier", a de son côté indiqué l'UIMM.


    Jacques Gagliardi, mis en examen en juin pour "recel d'abus de confiance", a également évoqué la tradition, remontant au Comité des Forges au XIXe siècle, du financement politique, "hormis le Parti communiste". Ses principaux revenus venaient en effet encore du froid : depuis la chute du rideau de fer, le PC est entré dans une période de glaciation.


    "Des membres du Parti socialiste y participaient pleinement comme bénéficiaires, y compris Mitterrand", a-t-il soutenu. Juste ciel ! Par Marie-sEGOlène, comment est-ce possible ? Son dieu, qui en sept jours (quand même…) la fit ce qu’elle est, aurait-il fauté ?

    Dans sa déposition, Jacques Gagliardi se montre plus précis sur les largesses consenties au Conseil national du patronat français (CNPF).

    "Un représentant du CNPF venait régulièrement s'alimenter en munitions auprès de M. Guillen. Cette personne repartait avec sous le bras un paquet de la dimension d'une boîte de chaussures", a-t-il confié au juge.

    "On peut supposer que ce n'était pas des petites coupures", a-t-il affirmé, reconnaissant toutefois ne pas savoir "ce qu'il y avait dedans".

    Peu avant cette audition, Jean Gandois, président du CNPF de 1994 à 1997, avait déjà été entendu comme témoin par le juge.

    Sur les versements présumés à l'ancêtre du Medef, M. Gagliardi se dit "surpris des déclarations de Laurence Parisot lorsqu'elle dit qu'elle n'était au courant de rien". "Je pense que les membres du conseil exécutif du Medef devraient s'interroger sur ses compétences", a-t-il ironisé.

    La présidente du Medef a toujours soutenu avoir appris l'existence des pratiques occultes de l'UIMM lors de la révélation de cette affaire dans la presse en septembre 2007.


    Tout le monde en croquait : tout le monde, donc personne, en somme ? Pas même le PS…