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samedi 7 mai 2016

Huchon, en quête de niche dorée socialiste

"Gentillesse" de Valls à Jean-Paul Huch’: un boulot "à rien foutre" pour 148.000 euros/an…

La priorité de Hollande est aux vieux du PS

Le site du journal Le Monde a publié un article qui révélant la tractation. Avant les Régionales, Manuel Valls est allé voir Jean Paul Huchon,  président sortant de la Région Ile de France, pour marchander un arrangement politique comme souvent dans ce milieu exemplaire où on s’autorise des trucs, disait Coluche. Tu vas laisser ta place à Claude (Bartolone): faut qu’il soit candidat et qu’il quitte le perchoir de l’Assemblée nationale s’il gagne, donc toi… Quoi ? Céder ma place ? Hé ho Manu! Et qu’est ce que je vais devenir moi ? Comment je vais entretenir ma secrétaire de femme ? J’ai un boulot  qui paie très bien depuis trois mandats déjà, je le garde!  Alors, t’es bien gentil, camarade mais là, je crois que ça ne va pas être possible, je ne lâche pas la poule aux œufs d'or.  
Le petit avorton et le gros bouffi
Redouté de membres de son gouvernement  et plus encore exécré des élus PS, mais très populaire dans les sondages avant l’ascension fulgurante d’Emmanuel Macron, Manu-de-Matignon, se rêvant déjà en Régent de France après 2017, lui dit : Écoute gros, on se calme, j’ai pensé à tout. Voilà. Tu laisses la place à Claude (Bartolone), il se présente face à Valérie Pécresse. Il n’en fera qu’une bouchée à force de meetings qui les endormira tous. On gagne et pour te remercier, je t’offre un truc en or qui ne se refuse pas, je suis premier ministre et je tiens François par ce qui lui reste de c*uilles !
Huchon n'est pas un enfant de choeur. Outre qu'en 2011 ses comptes de campagne sont retoqués par le Conseil d'État qui le condamne à rembourser 1,6 million d'euros - sans annuler son élection -, entre 1998 et 2012, il double le nombre d'organismes parapublics satellites au conseil régional, un clientélisme critiqué de l'opposition UMP à sa propre majorité de gauche.
En janvier 2015, il annonce qu'il veut briguer un quatrième mandat à la présidence de la région, mais trouve le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, sur sa route.
Mais, à 70 piges, le Huchon, a pas mal roulé sa bosse et ne s'en laisse pas compter.
Il n'a pas cassé le manche à la tête de l'Ile-de-France et a donc gardé une certaine vivacité, voire une belle maîtrise de la magouille. Il fixe alors du regard le locataire de Matignon comme pour dire "Ok, accouche !" Manuel Valls se lance… Bon. Je vais te nommer VIP de Matignon chargé de "Conseil pour re-booster l’attractivité touristique de la France". Une sorte de comité Théodule, mais un vrai emploi fictif, donc, mais pas de quoi faire peur à cet expert.
Depuis novembre 2004 et la publication d'une lettre anonyme sur l'existence d'emplois fictifs au conseil régional d'Ile-de-France, il est jugé avec son épouse et ex-secrétaire, Dominique Le Texier, pour prise illégale d'intérêts dans des marchés publics passés en 2002 et 2003, entre le conseil régional et les sociétés de communication Image Publique, Sertis et LM Festivals, employant... Dominique Le Texier. Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis, 60.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité le 20 février 2007 par le tribunal correctionnel de Paris, peine confirmée en appel en novembre 2008, hormis... l'inéligibilité ! La justice politique a fait son œuvre.
Après les attentats, on a besoin de ce "conseil pour re-booster l’attractivité touristique de la France"; enfin, c’est ce que je raconterai à Pépère pour faire passer la dépense. Et ça paie bien ton truc? demande Jean Paul Huchon. Je n'ai pas les moyens d'une baisse de revenus. Que du bonheur mon pote! lui garantit Valls. 

Que du bonheur ! 148.000 euros brut annuels
et je te laisse faire la calcul mensuel. Même pas besoin de dépenser car en plus, je couvre tes notes de frais – boire des canons entre potes partout en France si tu veux, c’est l’État (les Français) qui paie !-, Mieux ? des séjours à l’étranger, of course! Et en jet privé de la République: Berlin, Londres, Madrid, Brazzaville, Tokyo, Johannesburg, New-York ou Tataouine, où tu veux! Tu diras que c’est pour "recueillir l’expertise de ces villes" et copier-coller ton dossier. Que du 'All inclusive'…
Ah! Un peu dans le genre boulot "Chargé-de-Rien" de Jean Marie Le Guen -Relations avec le Parlement- qui passe son temps à vous accompagner en voyage officiel round the world, c’est ça? Ok, ça me va! je prends… Bibiche sera contente!

Bref, un "bon boulot-à-rien-foutre" mais intermittent à plein temps, 4 ans après la victoire du 6 mai 2012 et à moins d'un an de la déculottée de 2017, c'est une planque inespérée. Le temps qu’il rédige son rapport bidon, on sera déjà en pleine compagne des présidentielles et sans personne qui aura du temps perdre à le lire. A se demander s’il n’y a pas des hauts fonctionnaires, -ou des organismes d’Etat- hautement qualifiés - plus que Huchon- pour ce genre d’expertise, voire des étudiants pour un bon rapport de fin de stage. Oui, #ÇaVaMieux pour JiPé Huchon, le VRP fantôme de Manuel Valls. Et on vient nous demander de faire des efforts.  Eh ho, la gauche, es-tu là !

Au final, Huchon s'est laissé acheter pour recycler Bartolone.  

Mais les électeurs d'Ile-de-France ont préféré Valérie Pécresse, LR, Bartolone (PS) est resté piégé à  son perchoir et le gros Huchon a dû attendre que lui soit offert une niche dorée.

A la veille de ses 70 ans, Jean-Paul Huchon est maintenant pressenti pour une nomination à une voie de garage par décret du président de la République pour remplacer un UMP (LR) Pierre Cardo, dont le mandat se termine en juillet 2016, au poste de président de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), autorité publique créée en 2009 et supposée indépendante chargée de surveiller le bon déroulement de l'ouverture à la concurrence du transport terrestre, ferroviaire et routier (autocars, autoroutes). Il aura une vice-présidente socialiste à son côté, Anne Yvrande-Billon, nommée à 39 ans par le président de l'Assemblée nationale, en septembre 2014.
Prestigieux ? Certes non, mais peinard et bien doté. Comme une maîtresse répudiée.

mardi 2 décembre 2014

Fille de la MNEF et du PS, la Mutuelle Des Etudiants (LMDE) est placée sous administration provisoire

De la MNEF à la Mutuelle des Etudiants: à qui profite le crime?

La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) est placée sous administration provisoire
L'une des deux est inutile
Un médecin généraliste d'extrême gauche qui lança en 2004 le Manifeste contre la réforme de la Sécurité Sociale et en 2007, avec Marc Zaffran, alias Martin Winckler, un autre médecin, l'Appel contre la franchise sur les soins, Christian Lehmann, a rédigé le 05 juillet 2014 cet article qui dénonce la mutualité étudiante.

4 Juillet 2014: En ce jour où sont dévoilés les résultats du baccalauréat, coup de tonnerre dans le monde feutré et volontiers opaque de l’assurance-santé : la LMDE 

C'est la sanction d’une gestion calamiteuse dénoncée par la Cour des Comptes et Que Choisir ( entre autres) et par nombre de professionnels de santé ou d’étudiants. Mais au-delà de cette sanction, le placement sous administration provisoire de la LMDE soulève de graves questions politiques, tant les accointances entre certains élus socialistes et la direction de cette mutuelle étudiante posent problème.

L’affaire n’est pas neuve. Elle a éclaté dans les années 1990 quand la LMDE s’appelait la MNEF, et nombre de hiérarques socialistes y ont trempé, et émargé, comme me le rappelle le docteur Stéphane Fraize, qui fut président de la section Alsace de la MNEF, et contribua avec d’autres à dénoncer alors le système mafieux dans lequel s’était engluée cette mutuelle sensée destinée à rembourser les soins aux étudiants (lien Libération).

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? 

Il faut savoir (ce que beaucoup d’étudiants et de parents d’étudiants ignorent) qu’il existe en France un système très particulier et complexe. Lorsqu’un enfant devient étudiant, il est "viré" automatiquement de la "Sécu" de ses parents (que celle-ci soit la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie, la Mutualité Sociale Agricole ou le Régime Social des Indépendants) et affilié d’office à une " mutuelle" étudiante. Que les parents ou le jeune le veuillent ou non, ils quittent alors le giron de la Sécu et leurs soins, pour la partie habituellement prise en charge par le régime obligatoire, sont en théorie !!!! remboursés par cette " mutuelle" qui leur propose aussi de fonctionner conjointement en tant que régime complémentaire.
(J’en vois qui ne suivent pas : l’Assurance-Maladie rembourse en général la part obligatoire RO : 70% du tarif de l’acte – soit par exemple 16,10 euros sur une consultation à 23 euros- et la complémentaire rembourse le restant RC, soit 6,90 euros. En théorie.)

Ce que les deux mutuelles étudiantes existantes, LMDE et SMEREP, se gardent bien d’expliquer aux étudiants lorsque leurs jeunes VRP les accrochent à leur inscription en fac, c’est que s’ils doivent choisir en ces deux enseignes, c’est uniquement en tant que régime obligatoire, et que le régime complémentaire est facultatif : autrement dit qu’ils ne sont absolument pas forcés de les choisir comme mutuelle et de payer pour ça ! 
[C'est un peu la même arnaque pratiquée par les instits du SNUipp qui font le forcing dans les écoles pour que les parents souscrivent à la MAE, Mutuelle Assurance de l'Education, une société d'assurance mutuelle spécialisée dans l'assurance scolaire créée par des enseignants "soucieux de la bonne protection de leurs élèves" et qui -souvent un doublon- en plus de l'assurance scolaire proprement dite, vend des contrats famille, habitation et étudiants en particulier.]

L’Assurance-Maladie rémunère LMDE et SMEREP pour gérer à sa place le régime obligatoire (c’est ce qu’on appelle une délégation de gestion) et ces deux enseignes tentent de pousser les étudiants à s’affilier aussi chez elles en tant que mutuelle, car c’est sur cette cotisation qu’ils comptent pour assurer leurs comptes.

Des étudiants mal remboursés, sous couvert d'un militantisme autoproclamé 

Animation à défaut de remboursements:
Génération Bac 2013, soirée prévention
sans alcool bacheliers, Red Light Paris,
Banque Populaire et ... LMDE !
Là où l’affaire se corse, c’est que le passage de la Sécu parentale à la Sécu étudiante ne se fait pas sans problème. Des dossiers sont égarés, doivent être refaits plusieurs fois. Des informations cruciales, comme le nom du médecin traitant désigné, sont à refaire (et ce sera à nouveau le cas quand l’étudiant retournera au régime général). Des remboursements en Carte Vitale, en tiers-payant par exemple, sont retoqués. Tout ceci a des conséquences, des conséquences préoccupantes sur la santé des étudiants, et leur accès aux soins.

Nombre de médecins pourront corroborer mes dires : confrontés à des difficultés de remboursements, beaucoup d’étudiants saoûlés par les questions administratives et les réponses téléphoniques bidon laissent tomber, et repoussent des soins. Quand on est jeune, pas blindé de tunes, et qu’on ne sait pas si on sera remboursé, ou qu’on a essuyé la mauvaise humeur d’un médecin qui pour la énième fois s’est fait escroquer sur le paiement des soins qu’il ou elle a effectué en tiers-payant partiel ou intégral pour faciliter l’accès aux soins, on n’y revient pas, tout simplement.

Pour justifier cette usine à gaz, et leur existence, les "mutuelles" étudiantes ne cessent de pérorer sur la nécessité d’une protection et d’une pérennisation d’un accès aux soins spécifique pour les étudiants, et insistent dans leurs professions de foi sur leur combativité militante.

De piteux gestionnaires à la recherche de bouc-émissaires

Pourfendant les atteintes à l'accès aux soins, elle ne cessent de dresser des constats alarmants, complaisamment repris par ceux qui ont tout intérêt à accuser les professionnels de santé, ministres et futurs administrateurs de réseaux mutualistes en tête. Comme le dénonce avec efficacité Xavier Gouyou-Beauchamps de l'Union Des Chirurgiens de France dans une vidéo, le foutage de gueule n'a pas de limites. Devant le public réuni au congrès de la Mutualité Française en 2012, et devant son président Etienne Caniard, on y voit Marisol Touraine, hors-sol, affirmer que "d'après la LMDE, 34% des étudiants ont reporté la consultation d'un médecin dans les douze derniers mois". Etrangement, la ministre omet de noter ce que révèle le rapport de la Cour des Comptes: "seulement un quart des étudiants déclarent de fait avoir bénéficié d'une carte Vitale en état de fonctionnement moins d'un mois après leur affiliation quand 10% n'en étaient toujours pas dotés neuf mois plus tard".

A de multiples reprises, la LMDE, et en moindre mesure la SMEREP, ont été fustigées pour ces retards, et une gestion qui laisse à désirer.

Les adhérents de la MGEN épongent les pertes "à l'insu de leur plein gré"

L'an dernier, il avait fallu adosser la LMDE à la Mutuelle Générale de l'Education Nationale (MGEN) sans d'ailleurs en avertir les cotisants, comme le dénonce Yvon Le Flohic. Mais cela n'a pas suffi. D'autant qu'en cours d'année, comme les années précédentes, des étudiants ont continué à se plaindre: dossiers en retard, dossiers pas traités, remboursements partiels ou inexistants. L'une de mes patientes (ce n'est qu'un exemple, le plus parlant certes, au milieu de beaucoup d'autres), une jeune femme en affection longue durée nécessitant un traitement médicamenteux lourd, n'a pu pendant toute l'année scolaire 2013-2014 se soigner que parce que ses parents ont avancé chaque mois le millier d'euros que coûte son traitement. D'autres bénéficient de la gentillesse d'un pharmacien qui accumule ainsi des impayés qui peuvent fragiliser sa trésorerie, d'autant que d'année en année le patient peut être perdu de vue, le dossier ne pas aboutir (Oui, je sais, ça fait marrer les cons, l'idée qu'un pharmacien puisse dépanner un patient ou avoir des difficultés financières).

Pourquoi pérenniser cette gabegie ?

Si cette histoire était celle que racontent les administrateurs de la LMDE, parmi lesquels il y a certainement beaucoup de braves gens qui n'en peuvent mais (et de bénévoles à 2.200 euros par mois...), ce serait triste, mais on ne verrait pas vraiment ce qui retiendrait de fermer ce système trop complexe et de faire revenir les étudiants dans le régime commun de l'Assurance-Maladie. D'autant que je n'ai jamais saisi en quoi la santé d'un "étudiant" devrait être gérée ou protégée différemment de celle d'un jeune qui n'a pas eu l'envie ou l'opportunité de poursuivre des études après le collège ou le lycée. Si on pourrait à la rigueur arguer sur la nécessité d'actions permettant un accès aux soins facilité aux jeunes, il n'y a aucune raison de faire un distinguo entre l'étudiant et le jeune qui travaille ou qui n'a pas trouvé un emploi...

Les représentants de la LMDE sentaient venir la tempête. Début Juin, ils dénonçaient la menace qui planait sur leur régime, amalgamant sans problème "les jeunes" et "les étudiants", prenant acte des reculs sociaux de François Hollande et de ses gouvernements, mais pour insinuer que toute décision de remise en cause serait dûe à une simple volonté comptable... et n'hésitant pas à demander "le retour à un opérateur unique de gestion du régime étudiant", autrement dit à cannibaliser la SMEREP née d'une scission lors de l'affaire de la MNEF, SMEREP dont la gestion est pourtant un peu moins problématique que celle de la LMDE... et qui, elle, ne traîne pas un nombre de casseroles politiques impressionnant...

Car nous arrivons à l'os. L'affaire de la LMDE, comme l'affaire de la MNEF avant elle, n'est pas seulement une affaire de gestion calamiteuse. La MNEF a servi de vache à lait à maints hiérarques socialistes. La LMDE est soupçonnée par la Cour des Comptes et Que Choisir de ne pas fonctionner très différemment.

Basse-cour "socialiste" nourrie au grain

Que Choisir révèle opportunément que Laurence Rossignol, l’actuelle Secrétaire
Laurence Rossignol, ex- LMDE,
de peu médaille du travail au Sénat
pour son activité au Ruzzle en séance
d’Etat à la Famille et aux personnes âgées a été salariée pendant 18 ans par la LMDE
pour un emploi qu’on semble pouvoir aisément qualifier de.... discret [litote pour "fictif"]. Combien de hiérarques socialistes ont-ils ainsi émargé dans ce système "mutualiste", qui sait au moins se montrer "solidaire" envers ses amis ?

Ce sont des questions qu'on pourrait poser à Jean-Christophe Cambadélis, hiérarque parachuté à la direction du Parti Socialiste lors de l'exfiltration du pathétique Harlem Désir pour mener à la schlague les récalcitrants au Pacte de Solidarité. Jean-Christophe Cambadélis, impliqué dans le scandale de la MNEF, en a même tiré un livre. 
Des questions qu'on pourrait aussi poser au fanfaron Bruno Le Roux, [très sensible à la "vulgarité" et autre porte-flingue qui menace les députés timidement frondeurs à l'Assemblée nationale. Bruno Le Roux qui fut vice-président de la MNEF. Ou à Fanélie Carrey-Conte, l'une de ces frondeuses justement (qui fut administratrice de la LMDE et a été rapporteur de la fameuse loi dudit Le Roux poussant à créer des réseaux de professionnels de soins à la botte des mutuelles). Vous avez dit conflits d'intérêts? Noooooon, les conflits d'intérêts, c'est pour le clampin de généraliste corrompu qui accepte un stylo à 11,20 euros de la part d'une plantureuse représentante des firmes pharmaceutiques.

Parce que si l'histoire de la LMDE est "simplement" l'illustration de l'habitude bien française de créer des usines à gaz, selon l'adage Shadok qui veut que "Pourquoi faire simple quand tout peut être compliqué?", on peut se contenter de hausser les épaules, de contempler d'un air affligé les petites et grandes souffrances, les retards d'accès aux soins des jeunes étudiants. Mais si l'histoire de la LMDE cache autre chose, des emplois fictifs, par exemple, ou des rémunérations de dirigeants sans commune mesure avec leur activité réelle, alors il faudra bien poser la question: qui est responsable de cette situation? qui en a profité? qui a laissé pourrir aussi longtemps qu'il était humainement possible, et même au-delà? A qui, en somme, a profité le crime?


Opacité organisée, complexité mortelle

Rossignol a bien mérité de Valls
son secrétariat d'Etat auprès de
Marisol Touraine
Mathias avait 27 ans. Lorsqu'il a cessé ses études pour entrer dans la vie active, la LMDE l'a radiée. Ensuite... ensuite c'est sa mère qui raconte, sur son blog. L'histoire d'un jeune qui quitte la Sécu parentale pour être affilié comme étudiant, qui lorsqu'il cesse ses études se retrouve pris dans un imbroglio administratif, et décède.

De source officieuse, j'apprends que des administrateurs de la LMDE se plaignent du tarif de la délégation de gestion accordée par l'Assurance-maladie, qu'ils jugent trop faible... et qu'ils expliquent leurs chroniques difficulté[s] de trésorerie par le fait que les réserves financières de la MNEF dont devait bénéficier la LMDE à sa création se seraient volatilisées. C'est ballot, hein? Et il n'y a aucun ancien représentant de la MNEF à qui demander des éclaircissements au gouvernement ou à l'Assemblée Nationale, c'est dommage... Ah, on me glisse dans l'oreillette qu'il y en a plusieurs. Je dis ça, moi, je dis rien. Dans un pays qui se glorifie à juste titre d'avoir depuis peu une justice réellement indépendante des pouvoirs politiques, JE-DIS-RIEN.

Qui a intérêt à maintenir hors sol les mutuelles étudiantes?
Cette spécificité mutualiste est-elle justifiée ou est-ce une de ces niches taboues quand elles sont roses ?  

mercredi 16 avril 2014

Hollande accorde un parachute doré à Dominique Voynet

Le président avait promis de ne pas interférer dans les nominations

Dominique Voynet a été nommée inspectrice générale des affaires sociales
, mercredi 16 avril (IGAS) ...
Retraite dorée à 55 ans...
en Conseil des ministres, suite à son départ tonitruant de la mairie de Montreuil. Que cet abandon de l'ancienne candidate à la présidentielle avait été annoncé dans Le Monde dès la mi-décembre ne change rien à cette attribution d'une sinécure à une amie. A l'époque, l'ex-patronne des Verts expliquait alors y avoir "pensé il y a une bonne année", avant de relativiser : "L'IGAS, ce n'est pas un métier, ça permet de participer à des travaux. [...] C'est une piste parmi d'autres." Inutile de jouer au petit jeur de la justification auquel se sont prêtées 3 journalistes du Monde, jugeant ès-qualité que, parce qu'elle fut un jour anesthésiste, "l'ex-patronne des Verts a le profil requis pour intégrer ce corps de contrôle de l'Etat"...

Hollande distribue les niches dorées
Le Monde rapporte que, selon l'IGAS, "la fourchette de rémunération d'un inspecteur général des affaires sociales est de 85.000 à 100.000 euros net annuels". Une retraite dorée !

Récompense d'un échec retentissant

Souriez, vous êtes pistonnée !
Parachute doré en prime à l'abandon 
En novembre 2013, l'ex-ministre de l'écologie du gouvernement de Lionel Jospin avait annoncé qu'elle ne briguerait pas un nouveau mandat.

Son bilan ne laissait à Voynet aucune chance à la municipale
Dans une note publiée sur son blog, elle avait maquillé ce rejet politique de la population en une croisade contre le clientélisme. Sans citer de nom, elle semblait viser l'ancien maire et candidat communiste, Jean-Pierre Brard, mais aussi le candidat socialiste Razzye Hammadi : 
"Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs 'à la mairie' à tour de bras; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée 'en priorité' [...] ; de promettre à chaque dirigeant d'association évoquant sans pudeur l'imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle."

Bartolone s'insurge contre cette faveur présidentielle à une "enfant gâtée de la république"

Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, lors d'un débat parlementaire, le 11 juin, à Paris.Alors que les élections municipales ont vu la gauche se déchirer à Montreuil, cette sortie de Mme Voynet n'a visiblement toujours pas été digérée. Ancien président du Conseil général de Seine-Saint-DenisClaude Bartolone qui avait soutenu fortement la candidature de Hammadi a critiqué la nomination de Mme Voynet sur son site :
" Triste itinéraire d'une enfant gâtée de la République. Elue ou parachutée tour à tour dans le Jura, au Parlement européen, en Seine-Saint-Denis, puis défaite par les électeurs ou auto-démissionnée par certitude de l'être, Madame Voynet, si prompte à critiquer la violence du "système", restera certainement silencieuse quant à la manière dont elle vient d'en profiter goulûment."
Le commentaire de Bartolone n'est pas honnête, car son poulain, Razzye Hammadi, a rencontré les mêmes vicissitudes et les mêmes parrainages.
Hammadi a appris à faire le coup de poing au Mouvement des jeunes socialistes et il a mis sa formation en pratique et à Orly et dans les rues de Montreuil. Hollande alors premier secrétaire avait favorisé son parachutage sur Orly où il alla s'écraser, non sans avoir pourri le climat de la campagne des municipales avec sa bande d'une quinzaine de nervis amenés de Paris. Le Canard enchaîné avait en effet révélé le manque manifeste d'attachement à la commune de certains d'entre eux : il n'y avait ni domiciliation, ni inscription aux impôts. Lien PaSiDupes - "Municipales: atterrisage forcé à Orly de l'avion d'Hammadi piloté par Hollande"
Et Hammadi récidive à Montreuil en 2014 où sa liste est éliminée dès le premier tour, ne recueillant que 9,8 % des voix. Lien PaSiDupes - "Injures raciales: le député PS Razzye Hammadi trouble l'ordre public à Montreuil"

Son parti-pris est indigne de sa position à l'Assemblée, mais en adéquation avec sa position de petit maître du 9.3:
Au mieux, cette nomination apparaît comme le "golden parachute" d'une élue en mal d'électeurs. Au pire, elle procède d'un accord politique lui ayant permis de s'exfiltrer de Montreuil après avoir laissé cette ville en ruine et la gauche divisée comme jamais."
Le président de l'Assemblée nationale décrit même cette nomination comme un "accroc à la République irréprochable que les électeurs appellent de nos vœux".