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mercredi 31 décembre 2014

Vie politique: le retrait de Arnaud Montebourg, info ou intox ?


Un coït  interrompu qui ne laisse personne frustré !

Montebourg, ex-ministre viré, annonce qu'il suspend sa carrière po
litique publique

Fausse sortie de l'hystérique histrion du PS ? Dans ses voeux de fin d'année à l'attention de ses administrés de Saône-et-Loire, Nono dit jeter l'éponge. Et montrer la voie à Hollande ?

A quelques semaines du terme de ses mandats électifs locaux, le député de la Bresse, conseiller général de Montret et président du département de Saône-et-Loire où la population le supporte de moins en moins, il officialise ainsi son retrait de la vie politique, ce mardi, jour de liesse, dans Le Journal de Saône-et-Loire

Sablons le champagne !
"Après 17 années de mandat local et national, le moment est venu pour moi de me retirer de la vie publique professionnelle." Telle est la résolution pour 2015 d'un amateur de la politique qui a dû suivre une formation - après (mauvais) coups - pour apprendre son métier L'ex-avocat avait fait savoir qu'il retournait à l'école pour quelques semaines pour "apprendre le métier de haut dirigeant" à l'INSEAD, une prestigieuse école de commerce qui lui offrait une large part des frais de scolarité. Faute de sources de revenus ?

Après son éviction de Bercy le 25 août dernier, l'ex-candidat à la candidature socialiste à la présidentielle de 2012 avait préparé les âmes sensibles. Dans une tribune publiée en novembre sur le site L'important.fr, il faisait part de son désir de "retourner vivre au milieu des Français", de "quitter la politique comme mode de vie à part et coupé du réel, et surtout comme source de revenus".

2017 et un premier cheval de retour 

Il semblerait que l'individu offre une pause aux Français qui ne pouvaient pas plus le voir que le président.
Mais qu'on ne s'y méprenne pas. Arnaud Montebourg ne se ferme aucune porte à l'horizon 2017. Il cherche à se faire oublier un peu, lui et son redressement de la courbe de l'emploi. Chassé par la porte, à coups de botte dans le train, alors qu'il ne s'y attendait pas, il menace l'auteur des brimades d'un retour tonitruant par la fenêtre de la prochaine présidentielle. 
Dès le mois d'août 2013, il confiait à M, le magazine du Monde que, s'il en avait "marre des élections" et ne se "représenterai(t) pas" pour des mandats locaux -, la présidentielle est "la seule élection" à laquelle il "envisage  de (se) représenter un jour", se dispensant des préliminaires. Pas étonnant que ses partenaires peinent à jouir: que dire des électeurs-trices ! 

"Quitter des fonctions de représentation politique, reprendre un métier, refuser de vivre de la politique, recouvrer sa liberté ne signifie pas l'abandon de tout engagement dans la vie publique", met-il en garde ce mardi, à la fois méprisant du milieu et menaçant.

Que faire d'un vieux cheval de réforme
?
Vous le reprendriez ? Avec les risques sanitaires que cela comporte ? En faire des lasagnes de boeuf n'est plus possible. Ne vaudrait-il pas mieux que l'IGAS le recueillisse à son tour ?...
Il recherche une nouvelle vie; l'Inspection générale des affaires sociales peut lui assurer une fin de vie paisible, avec d'autres chevaux en bout de course. Il retrouverait François Chérèque (CFDT), et il pourrait y assister au retour de l'ancienne candidate devenue ancienne favorite du Roi, Ségolène Royal, qui a bénéficié de ce point de chute entre sa fin de fonction de vice-présidente de la BPI et son entrée au gouvernement Valls.  "Moi Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire", affirmait le candidat Hollande dans son chiffon de papier anaphorique (6e point).
Ils ne pointent même pas, ni 
Dominique Méda (conseillère de la candidate du PS, S. Royal, en 2007), ni Dominique Voynet (EELV), ni Dominique Barella, ancien président de l'USM (syndicat de magistrats), probablement récompensé pour son ...indépendance. Des parachutes dorés camouflés: aucun de ces privilégiés n'est nécessiteux.
Mais, là encore, un cheval de cirque parmi de vieilles rosses, est-ce bien raisonnable ? Auriez-vous donc un pré pour l'adopter ? L'espérance de vie du cheval est de 25 ans: celle du cheval de cirque ?

mardi 30 septembre 2014

EELV: la justice ouvre une enquête sur le financement du siège des Verts

Une plainte contre Europe Ecologie-les Verts (EELV) contraint à agir le Parquet de Taubira 

L'Union des contribuables franciliens porte plainte contre le parti écologiste et son centre de formation, le Cédis


Des soupçons de détournement de fonds publics et financement illégal en lien avec l'achat du siège d'EELV pèsent sur les Ecologistes radicaux. Au lendemain des Sénatoriales, on apprend qu'une enquête a été ouverte par le Parquet de Paris en mai, suite à une plainte déposée contre X par l'Union des contribuables franciliens (UCF), visant le parti écologiste et son centre de formation, le Cédis. 

Elle met en cause l'achat en 2004 par le Cédis, dirigé jusqu'à 2011 par le sénateur de l'Essonne Jean-Vincent Placé, de parts, pour 75. 000 euros, de la société civile immobilière (SCI) qui a acheté le siège social du parti à Paris, Un toit pour les VertsCette affaire était déjà évoquée dans un reportage de l'émission Cash investigation diffusée sur France 2 en octobre 2013, présentée par Lise Lucet et produite par "Premières Lignes", l'agence de presse militante de Paul Moreira, ex-enquêteur our l'émission Droit de réponse de Michel Polac, ex-rédacteur en chef du "Vrai Journal", l'émission présentée par Karl Zéro sur Canal+ qu'il intègre en 1999 pour créer 90 minutes où il est nommé directeur adjoint de l'information.

Le "buzz" provoqué sur Twitter en octobre 2013 par Xavier Cantat, le compagnon de Cécile Duflot, qui accuse Manuel Valls d'avoir tenu des propos racistes, était, selon certains, une diversion après la mise en cause de la ministre du Logement et de son parti dans l'émission Cash investigation.

Le Cédis étant financé par les impôts locaux, l'UCF considère dans sa plainte qu'"il y a nécessairement financement du parti et détournement de bien public"

L'officine d'EELV avait tenté de justifier

Débusqué par la diffusion du reportage, le Cédis avait affirmé qu'il "avait envisagé d'utiliser les salles de réunion de l'immeuble qui devait abriter le siège des Verts plutôt que de payer très cher des locaux privés à Paris pour y tenir des formations"

"De façon tout à fait légale et transparente", selon lui, il avait ainsi acheté des parts de la SCI. "Il s'est avéré très vite que l'utilisation de ces salles de réunion n'était pas une solution fonctionnelle. Le Cédis a donc, conformément à la loi, revendu ses parts l'année suivante et a finalement fait en 2008 l'acquisition de locaux à Montreuil", poursuivait le texte. La maire de Montreuil (2008-2014) était d'ailleurs Dominique Voynet, ancien ministre de l'Environnement de Jospin, ancienne candidate à la présidentielle de 1995, ex-porte-parole de la campagne présidentielle d'Eva Joly et depuis recasée à l'IGAS, comme François Chérèque ou Aquillino Morelle...
En 2014, il est composé de : Sylvette Amestoy, Henri AREVALO (président, qui a pourtant reçu les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de Claude Alphandéry en août dernier), Véronique BEREGOVOY (petite-fille de Pierre Bérégovoy et présidente du groupe Verts au Conseil régional de Haute-Normandie), Maryvonne Boileau, Emmanuel Cuffini, Virginie Drapier, Claire Grover (secrétaire), Jean-Patrick Masson, Jacques Picard, le sénateur Jean-Vincent PLACE, Clément ROSSIGNOL (militant des Droits de l'homme, élu de Bégles et de la Communauté Urbaine de Bordeaux, porte-parole EELV), Pierre SERNE (trésorier, vice-président EELV de la région Ile-de -France chargé des transports et des mobilités, et vice-président du Syndicat des Transports et ancien du cabinet ministériel de Dominique Voynet), Jean-François Tallio (adjoint écologiste de St Herblain, près de Nantes).

"Des pratiques insupportables"

Duflot en campagne 2012,
escortée de Julien Bayou,
membre de l'équipe d'Eva Joly)
La plainte vise également une somme de 20.000 euros qu'aurait payé le Cédis à EELV pour la location d'une salle aux universités d'été des Verts à Toulon en 2004, afin d'y dispenser une formation de quatre jours. 
"Les journées de formation de fin août organisées par la Cédis ont lieu en début de semaine, avant les journées d'été d'EELV. Il est donc possible pour les élus de consacrer leur début de semaine à la formation et leur fin de semaine à des réunions politiques", racontait le  Cédis, par communiqué.

Le documentaire faisait également apparaître que plus récemment, des élus auraient émargé des feuilles de présence pour des formations auxquelles ils n'auraient pas participé, faits également visés par la plainte.

"Ce sont des pratiques qui deviennent aujourd'hui insupportables pour l'opinion publique, pour les contribuables", souligne l'avocate de l'UCF, Me Beryl Brown.

Pourquoi Cécile Duflot a-t-elle quitté le gouvernement?
Nous disposons aujourd'hui d'un nouvel élément de réponse... Après l'affaire Cahuzac ou celle d'Aquillino Morelle, ces soupçons sur le parti que dirigeait Cécile Duflot risquaient de porter un nouveau coup à l'exécutif. 

mercredi 16 avril 2014

Hollande accorde un parachute doré à Dominique Voynet

Le président avait promis de ne pas interférer dans les nominations

Dominique Voynet a été nommée inspectrice générale des affaires sociales
, mercredi 16 avril (IGAS) ...
Retraite dorée à 55 ans...
en Conseil des ministres, suite à son départ tonitruant de la mairie de Montreuil. Que cet abandon de l'ancienne candidate à la présidentielle avait été annoncé dans Le Monde dès la mi-décembre ne change rien à cette attribution d'une sinécure à une amie. A l'époque, l'ex-patronne des Verts expliquait alors y avoir "pensé il y a une bonne année", avant de relativiser : "L'IGAS, ce n'est pas un métier, ça permet de participer à des travaux. [...] C'est une piste parmi d'autres." Inutile de jouer au petit jeur de la justification auquel se sont prêtées 3 journalistes du Monde, jugeant ès-qualité que, parce qu'elle fut un jour anesthésiste, "l'ex-patronne des Verts a le profil requis pour intégrer ce corps de contrôle de l'Etat"...

Hollande distribue les niches dorées
Le Monde rapporte que, selon l'IGAS, "la fourchette de rémunération d'un inspecteur général des affaires sociales est de 85.000 à 100.000 euros net annuels". Une retraite dorée !

Récompense d'un échec retentissant

Souriez, vous êtes pistonnée !
Parachute doré en prime à l'abandon 
En novembre 2013, l'ex-ministre de l'écologie du gouvernement de Lionel Jospin avait annoncé qu'elle ne briguerait pas un nouveau mandat.

Son bilan ne laissait à Voynet aucune chance à la municipale
Dans une note publiée sur son blog, elle avait maquillé ce rejet politique de la population en une croisade contre le clientélisme. Sans citer de nom, elle semblait viser l'ancien maire et candidat communiste, Jean-Pierre Brard, mais aussi le candidat socialiste Razzye Hammadi : 
"Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs 'à la mairie' à tour de bras; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée 'en priorité' [...] ; de promettre à chaque dirigeant d'association évoquant sans pudeur l'imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle."

Bartolone s'insurge contre cette faveur présidentielle à une "enfant gâtée de la république"

Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, lors d'un débat parlementaire, le 11 juin, à Paris.Alors que les élections municipales ont vu la gauche se déchirer à Montreuil, cette sortie de Mme Voynet n'a visiblement toujours pas été digérée. Ancien président du Conseil général de Seine-Saint-DenisClaude Bartolone qui avait soutenu fortement la candidature de Hammadi a critiqué la nomination de Mme Voynet sur son site :
" Triste itinéraire d'une enfant gâtée de la République. Elue ou parachutée tour à tour dans le Jura, au Parlement européen, en Seine-Saint-Denis, puis défaite par les électeurs ou auto-démissionnée par certitude de l'être, Madame Voynet, si prompte à critiquer la violence du "système", restera certainement silencieuse quant à la manière dont elle vient d'en profiter goulûment."
Le commentaire de Bartolone n'est pas honnête, car son poulain, Razzye Hammadi, a rencontré les mêmes vicissitudes et les mêmes parrainages.
Hammadi a appris à faire le coup de poing au Mouvement des jeunes socialistes et il a mis sa formation en pratique et à Orly et dans les rues de Montreuil. Hollande alors premier secrétaire avait favorisé son parachutage sur Orly où il alla s'écraser, non sans avoir pourri le climat de la campagne des municipales avec sa bande d'une quinzaine de nervis amenés de Paris. Le Canard enchaîné avait en effet révélé le manque manifeste d'attachement à la commune de certains d'entre eux : il n'y avait ni domiciliation, ni inscription aux impôts. Lien PaSiDupes - "Municipales: atterrisage forcé à Orly de l'avion d'Hammadi piloté par Hollande"
Et Hammadi récidive à Montreuil en 2014 où sa liste est éliminée dès le premier tour, ne recueillant que 9,8 % des voix. Lien PaSiDupes - "Injures raciales: le député PS Razzye Hammadi trouble l'ordre public à Montreuil"

Son parti-pris est indigne de sa position à l'Assemblée, mais en adéquation avec sa position de petit maître du 9.3:
Au mieux, cette nomination apparaît comme le "golden parachute" d'une élue en mal d'électeurs. Au pire, elle procède d'un accord politique lui ayant permis de s'exfiltrer de Montreuil après avoir laissé cette ville en ruine et la gauche divisée comme jamais."
Le président de l'Assemblée nationale décrit même cette nomination comme un "accroc à la République irréprochable que les électeurs appellent de nos vœux".

mardi 25 mars 2014

Montreuil: un communiste pour succéder à l'altermondialiste Voynet

Le socialiste Razzye Hammadi manque son nouveau parachutage

Jean-Pierre Brard, l’ancien député-maire apparenté PC, a viré en tête hier dimanche soir à Montreuil  
Fier de ses 23,39 % des suffrages, il était l’un des seuls candidats à s'afficher à l’hôtel de ville, jusqu’ici occupé par la maire EELV, Dominique Voynet, au bout du rouleau. "On a de quoi réussir une très belle élection, s’enthousiasme le dissident qui propose une alliance d'entre-deux tours à Patrice Bessac, membre de la coordination nationale du PCF et élu de Seine-Saint-Denis, au sein du Conseil régional d'Île-de-France. Le poulain de Marie-George Buffet (PC)un petit philosophe de 35 ans, est en effet arrivé en deuxième position avec 18,86 % des suffrages. "Je vais entamer des négociations avec l’ensemble des partis de gauche, clame-t-il. Y compris avec Jean-Pierre Brard." 

L'extrême gauche risque de reprendre la mairie

Rien n’est toutefois joué avant le deuxième tour. La coalition anti-Brard des autres candidats de gauche qui devait empêcher à coup sûr le retour de l’ancien maire, âgé de 66 ans, à la mairie, semble se fissurer. 
Hier soir, l’écolo radical Ibrahim Dufriche-Soilihi a remporté 15,36 % des suffrages, la DVG Mouna Viprey 11,04 %.
 
Avec 9,77 % des voix, le socialiste Razzye Hammadi est éliminé
Hammadi n'est pas énarque !...
Le parachuté n’accède même pas au second tour dans le fief de Seine-Saint-Denis tenu par Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale.... "Nous ne voulons pas le retour des équipes anciennes", s'époumonait hier le casseur.  
Lien PaSiDupes - Injures raciales: le député PS Razzye Hammadi trouble l'ordre public à Montreuil : le grossier fait le coup de poing, mais se justifie par un "contexte de violence et de peur"

Le socialiste a déjà donné des preuves de sa violence. L'ancien président (2005-2007) du MJS a les dents longues. Né en 1979 d'une mère tunisienne et d'un père algérien, il passe son enfance à Toulon, dans le Var et se rapproche de Benoit Hamon et Arnaud Montebourg à la gauche du PS. 
En 2008, François Hollande se résout à le parachuter à Orly, dans le Val-de-Marne, pour les municipales, mais Razzye Hammadi, d'abord candidat à Hénin-Beaumont,  suscite l'hostilité des socialistes locaux. Lien PaSiDupes - Municipales: atterrisage forcé à Orly de l'avion d'Hammadi piloté par Hollande Le parachute d'Hammadi se met en torche; la 'république du respect' est en danger. L'aventure se solde déjà par un échec : seulement 13,3% des voix et une quatrième place au premier tour de l'élection. "J'ai manqué d'humilité", jugeait-il début janvier dans Le Monde. Il doit manquer d'un peu plus: de sens moral ?

Quant au poulain de Dominique Voynet, il affirme être "favorable au rassemblement des gauches tant qu’il évite un retour en arrière"
 
En clair : tous contre Jean-Pierre Brard.
A l’écart des querelles de la majorité en terrain hostile de Seine-Saint-Denis présidée par un socialiste, la candidate UMP-UDI-MoDem, Manon Laporte, se félicite de son résultat (16,61 %), supérieur aux sondages, et veut tirer son épingle du jeu au second tour grâce "à la division de la gauche". Inexistante à Montreuil depuis 2008, la droite entrera au conseil municipal en 2014.

samedi 30 novembre 2013

La "marche fiscale" de l'extrême gauche, prélude à une révolution en 2014, selon Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon : "La France est en 1788" 

L’appel de Jean-Luc Mélenchon à une "marche fiscale", ce dimanche après-midi à Bercy, sera-t-il suivi ? 
Révolution fiscale : après la Bastille, la prise de Bercy, en 2014
A ses yeux, le principal responsable de l’exaspération populaire a un nom : Hollande. Pour le leader du Parti de gauche, allié du PCF, le président n’entend rien aux "souffrances"des Français.

Le report d’application de l’écotaxe (aucune date n’est encore fixée, 2015 depuis vendredi, selon S.Le Foll), est-ce une sage décision ?
Jean-Luc Mélenchon. C’est incroyable de voir à quelle vitesse les patrons sont entendus à l’Elysée… au contraire de nous qui demandons le gel de la TVA en vain !

Pourtant, vous avez plutôt approuvé la réforme fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault ?
J’ai été content qu’il l’annonce car c’était une demande du Front de gauche. 
Mais je les crois capables de renvoyer le problème à plus tard puisque le chef de l’Etat a déjà annoncé que la réforme durerait tout le quinquennat. Alors, il leur en cuira ! Les Français ne sont pas des imbéciles que l’on peut gruger avec quelques bonnes paroles. Le gouvernement ferait bien de comprendre qu’il n’est pas dans les jeux d’un congrès du Parti socialiste mais face à un pays qui souffre avec des millions de gens qui commencent le mois dans le rouge et un désespoir social terrible.

Quel est le but de la marche fiscale sur Bercy ce dimanche ?
D’abord, regrouper un maximum de gens de divers horizons pour dessiner une sortie par le haut à la crise actuelle. Nous réclamons une réforme fiscale obéissant à un principe simple : tout le monde paye et plus on gagne, plus on paye. Dans l’immédiat: abolition de la hausse de la TVA en janvier. Les gens ne se méfient pas car le chef de l’Etat les a embrouillés avec le taux à 20 %. Il ne leur a pas parlé du taux qui va passer de 5,5 à 10 % pour un tas de petites choses de la vie quotidienne. L’augmentation de la TVA va coûter en moyenne 428 € par an pour une famille de quatre personnes. Cela va porter sur les médicaments non remboursables, les maisons de retraite, la consommation d’électricité, les transports. Bref, encore des sacrifices.

Vous plaidez pour réhabiliter l’impôt. Croyez-vous que les Français vous suivent sur ce terrain ?
La France est en 1788. Le système de l’impôt est rejeté par tout le monde car tous savent qu’il protège les privilégiés fortunés. Pourtant, il n’y a pas d’alternative : sans impôt, il n’y a plus d’Etat. Il faut donc établir un impôt universel et juste. Et abolir les privilèges. Tous les efforts reposent sur la classe moyenne. Les très riches et les très grandes entreprises ne contribuent pas à la hauteur de leurs moyens. Au contraire, ils se servent à pleines mains. Voyez le cas de M. Varin (patron de PSA) !

Il a renoncé mercredi à sa retraite chapeau. Est-ce le signe que les patrons se sont autorégulés dans ce domaine ?
Entre la retraite chapeau de 21 millions pour M. Varin et les 50 millions pour cinq cadres de PSA, cela fait plus de 70 millions ! C’est exactement la somme dont le gouvernement a décidé de faire cadeau à l’entreprise PSA sous couleur de crédit d’impôt compétitivité. Cette somme va être puisée dans les 20 milliards de crédits compétitivité que l’Etat donne dès cette année aux très grandes entreprises. Comment est trouvée cette somme ? Par la hausse de la TVA ! Autrement dit, en janvier vous allez payer tout plus cher [sans aucun lien direct pourtant: quel est en revanche le coût des "contrats aidés"? 2 milliards en 2012 et encore 3 milliards en 2014] pour que M. Varin puisse prendre sa grosse retraite ! On le voit : le problème dans ce pays ce n’est pas le coût du travail, c’est le coût du capital.

Faut-il interdire les retraites chapeaux ?
Evidemment. Ces gens viennent de se distribuer entre eux de quoi payer 1 000 personnes au SMIC, pendant trois ans, précisément les 1 000 salariés de PSA qui restent sans emploi ! C’est monstrueux ! Il faut établir une échelle des revenus dans l’entreprise. De 1 à 20 d’écart par exemple, retraites incluses. Au lieu de poser cette limite, le gouvernement s’en est remis à l’autorégulation des grands patrons. Je ne parle pas des petits dirigeants de PME qui se payent difficilement de 1 500 € à 4 000 € par mois ! Je dénonce les gros bonnets du CAC 40 liés à la finance. François Hollande avait promis la taxe à 75 % et une échelle maximum de salaires. Pour finir il n’a rien fait et il ne fera rien. Hollande c’est le président des patrons.

Le recul du chômage en octobre, annoncé vendredi, semble donner raison à Hollande?
Mais c’est faux ! Il y a deux mois, on nous a déjà fait le coup, mais c’était en fait un bug [de SFR?].  Et maintenant ? Le nombre de gens qui n’ont pas fait une seule heure de travail a diminué. Ou sont-ils passés ? Dans les contrats ultracourts ! En septembre et octobre, c’est l’effet vendanges, c’est-à-dire des gens qui ont fait un petit travail saisonnier. Voilà pourquoi les chiffres sont bons. Encore une nouvelle carabistouille !

Vous avez lancé vendredi les municipales à Paris. Une partie des communistes a déjà rejoint Anne Hidalgo. Le programme de votre parti est-il si différent du sien ?
A Paris, c’est un programme de radicalités concrètes que porte notre candidate, Danielle Simonnet (le PCF de Paris a préféré s'allier dès le premier tour aux listes du PS) avec pour problème n°1 la cherté des loyers. Mme Hidalgo, c’est la liste Hollande. Des mots ! Exemple : elle s’engage sur 30 % de logements sociaux dans… trente ans. Autant promettre que les poules finiront par avoir des dents. Nous devons être l’alternative. Je n’irai soutenir que des listes autonomes au premier tour, et aucune autre.

A Montreuil, le renoncement de Dominique Voynet [56 ans] change-t-il vos plans ?
Non. On comprend ce qu’elle a pu ressentir : le PS l’a trahie. Le Front de gauche a choisi Patrice Bessac et nous allons l’aider. Nous accepterons sans doute le PS sur nos listes au second tour… Approuvez-vous les candidats PS qui se présentent contre des sortants communistes en Seine-Saint-Denis ? Cela démontre l’hypocrisie sournoise des solfériniens (du siège du PS, à Paris). Les mêmes qui poussent des cris d’égorgés quand on présente des listes autonomes en agitant le danger de l’extrême droite sont ceux qui présentent des listes contre nos amis.

Faut-il pénaliser les clients des prostitués ?
Je suis pour. Car on a essayé tout le reste en vain. Essayons de tuer le marché en éliminant la clientèle. Je demande à ceux qui considèrent que la prostitution est un métier s’ils le proposeraient à leurs filles, leurs fils ou leurs épouses ?

jeudi 1 août 2013

OGM: le Conseil d'Etat autorise la culture du maïs transgénique

Le gouvernement veut rejeter l'avis des juges qui autorisent le maïs MON810

Le Conseil d'État a suspendu l'interdiction faite en 2011 par le gouvernement de cultiver en France sa variété de maïs génétiquement modifiée
,

une nouvelle fois pour carence de fondement juridique.

En février 2008, la France avait interdit la culture du maïs MON810 en faisant jouer la clause de sauvegarde. Capable de résister aux insectes et aux insecticides, ce produit est le seul à avoir été commercialisé dans le pays à des fins commerciales. Mais un nouveau moratoire avait été instauré en mars 2012. "Faisant application du droit de l'Union européenne, tel qu'interprété par la Cour de justice de l'Union européenne, le Conseil d'État a annulé l'arrêté du ministre de l'Agriculture du 16 mars 2012", indique aujourd'hui le Conseil d'État par communiqué. L’interdiction par le gouvernement de cultiver cet OGM en France avait en effet été suspendue en 2011 par la justice pour carence de fondement juridique, avant qu’un nouveau moratoire soit instauré en mars 2012.

Mais les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement ont aussitôt fait savoir qu'
une décision sera prise "avant les prochains semis qui auront lieu entre avril et juin 2014" concernant l'avenir de ce maïs. Interrogé jeudi matin sur Europe 1, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, avait déjà souligné que "le Conseil d’Etat n’est pas le décideur, ce n’est pas lui qui dit si on peut ou pas interdire les OGM, il ne s’appuie que sur la base juridique pour dire si elle est valide ou pas".
Le ministre avait laissé entendre qu’en cas d’annulation de l’interdiction, le gouvernement prendrait de nouvelles dispositions légales pour interdire ce maïs. "Quelle que soit la décision, la ligne du gouvernement sera la même : nous ne sommes pas favorables aux OGM, notamment au MON810, qui est un maïs résistant aux herbicides, avait déclaré Le Foll. Il y a autre chose à faire, il existe des techniques aussi performantes, voire plus."
Mais rappelons-nous que lors du rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour 2012 par le Conseil constitutionnel, l'UMP s'était indignée de cette décision qui met en danger la démocratie et la pluralisme politique et que EELV par la voix de François de Rugy, député de Loire-Atlantique s'était exclamé: " C’est un peu du grand n’importe quoi." Quant au chef de l'Etat, il avait déclaré depuis la Tunisie que "le Conseil constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution, sans alors mettre en cause l'ensemble des institutions." Mais un avis du Conseil d'Etat, échelon suprême de la juridiction administrative, pourrait ne pas pas être suivi et "respecté, pleinement respecté" ?

Pour justifier sa décision, le Conseil d'Etat se fonde sur le droit européen. "Faisant application du droit de l’Union européenne, tel qu’interprété par la Cour de justice de l’Union européenne, le Conseil d’Etat a annulé l’arrêté du ministre de l’Agriculture du 16 mars 2012", est-il ainsi indiqué dans un communiqué. "Il ressort en effet de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne qu’une telle mesure ne peut être prise par un Etat membre qu’en cas d’urgence et en présence d’une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement", explique le Conseil d’Etat.
br>La firme américaine obtient gain de cause contre les écolos radicaux

EELV se dit "consternée et scandalisée"
"EELV est consterné et scandalisé par cette décision, qui se fait au mépris de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement", ont réagi les écologistes dans un communiqué. "Celle-ci survient moins de deux semaines après que Monsanto a annoncé qu’elle allait retirer toutes ses demandes d’homologations (en cours) de nouvelles cultures OGM dans l’Union européenne en raison de l’absence de perspectives commerciales", ajoutent-ils.

EELV "continuera à se battre pour l’interdiction du maïs MON810, seul OGM actuellement cultivé en Europe, couvrant moins de 1% de l’ensemble des champs du continent européen, et à promouvoir le développement de l’agriculture écologique, idéalement paysanne et biologique, en France et dans le monde, seule à même de garantir sur le long terme la sécurité sanitaire mondiale et la préservation de la santé et des ressources".

L'eurodéputé EELV José Bové a pour sa part déclaré qu’il n’était "pas trop inquiet" sur les suites qu’allait donner le gouvernement à cette annulation. Il a expliqué qu’il avait évoqué récemment la décision prévisible du Conseil d’État avec les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie, Stéphane Le Foll et Philippe Martin. "Les deux ont rappelé de manière très claire que la France continuerait à interdire le maïs MON810", a affirmé l'eurodéputé. Pour Bové, la décision du Conseil d’État "montre bien qu’il faut renforcer encore la législation européenne sur la question des OGM alors qu’on est dans un paradoxe, on a une législation qui permet leur culture et on a une majorité de pays qui les interdit".

L’ironie veut que José Bové, qui a commencé son orbe médiatique en pourfendant la fast-food en "démontant" le McDonald's de Millau le 12 août 1999, avec le SPLB (syndicat des éleveurs de brebis) et les gauchistes de la Confédération paysanne, ait obtenu en 2008, 10 ans après le saccage, une décision prise par la "fast-politik", qui est à l’art de gouverner sereinement ce que la fast-food est à la gastronomie.

Dans la nébuleuse altermondialiste, l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf), la Confédération paysanne et la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab et son réseau de magasins Biocoop)  ont pour leur part appelé jeudi le ministre de l’Agriculture à passer "aux actes" après cette décision. "Le ministre de l’Agriculture prône l’avènement d’une agro-écologie, résolument opposée au monopole alimentaire des firmes agroproductivistes", écrivent dans un communiqué tous ces activistes opposés aux OGM. "Pour être cohérent, le gouvernement doit refuser sur nos territoires les cultures de plantes génétiquement modifiées", insiste dans son communiqué le lobby écolo qui inclut aussi Greenpeace, Les Amis de la terre, France Nature Environnement (FNE), ainsi que la fédération Nature et Progrès. "Nous attendons du gouvernement des mesures d’interdiction définitive des cultures d’OGM", grâce à "des mesures qui ne doivent plus prêter le flanc à des arguties juridiques", selon eux.

Le maïs MON810 de Monsanto est le seul OGM cultivé en Europe
, BASF ayant renoncé à produire dans l’Union sa pomme de terre Amflora. comme d’autres pays européens (Autriche, Hongrie, Grèce, Roumanie, Bulgarie, Luxembourg), La France, qui a interdit la culture du MON810 sur son sol, doit importer des produits génétiquement modifiés pour l’industrie agroalimentaire ou l’alimentation des animaux que nous consommons.

En 1998, le gouvernement Jospin autorisa la culture du maïs MON 810

La décision de la culture du maïs OGM MON810 en plein champ en France avait été prise par
Dominique Voynet (Les Verts), la ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement du gouvernement de Lionel Jospin (PS), en 1997.
19815 hectares:  la surface de maïs transgénique 
cultivée en France en 2007
En 2011, le Conseil d’Etat avait déjà levé la suspension de culture appliquée au MON810, à la suite d’une décision de la Cour de justice européenne

En mars 2012,
 Sarkozy avait alors réagi
et, pour le gouvernement Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet avait publié un nouvel arrêté interdisant temporairement le culture de ce maïs transgénique, dans l'attente du jugement prononcé aujourd'hui par le Conseil d'Etat. 

mercredi 5 juin 2013

Dérives sécuritaires de Voynet (Verts) à Montreuil

Voynet couvre, puis casse

Un journaliste a porté plainte pour violences aggravées contre   le directeur de la Tranquillité publique de Montreuil et  ses sbires.
 
Mikaël Lefrançois, le vendredi 31 mai 2013

Derrière ce fait divers, on redécouvre un service à qui la mairie a, petit à petit, confié les missions de police les plus rudes. 
Et des dérives violentes ont à maintes fois été signalées à la maire Dominique Voynet.  Rencontrée dimanche matin, l’ex-ministre promet désormais les sanctions attendues depuis de longs mois.

Or, dimanche 19 mai, à deux heures du matin, Mikaël Lefrançois, journaliste pour l’agence de presse TSVP, et un ami, se voient interdire l'accès au Palais des congrès de Montreuil. Sur le trottoir de la rue de Paris, le journaliste aperçoit des agents de la Tranquillité publique, reconnaissables au “ASVP” (Agents de surveillance de la voie publique) ou “Tranquillité publique” scotché dans leur dos. Censés s’occuper avant tout de dresser des contraventions et de la circulation, ils sont accompagnés de leur directeur de 52 ans, un certain Denis Hochard. Le journaliste affirme qu'il s'est déplacé pour le festival électro, mais tombe par le plus grands des hasards sur ce cadre municipal. Autre coïncidence, l’an passé, il a justement ouvert  pour la chaîne télévisée M6 une enquête sur cet ex-patron d’une entreprise de sécurité privée. Thème de l'investigation: les dérives supposées de son service.
L'agence de presse Tournez S'il Vous Plaît (TSVP) a été fondée en 2002 et produit des 26, 52 et 90 minutes pour l'ensemble des chaînes françaises : des documentaires sur le patrimoine, pour Des Racines et des Ailes sur France 3, des films d'investigation (Prix spécial du Jury au FIGRA pour Les oubliés du 11 septembre en 2009, Grand prix du Scoop d'Angers pour L'Eta : au cœur d'une police très secrète en 2007). Et des reportages et documentaires de société pour Zone Interdite, 66 Minutes (M6), Reportages (TF1), France 5, LCP-Assemblée nationale, Planète.

A la ceinture de certains pseudos "agents municipaux", Mikaël remarque des bombes lacrymogènes. Le journaliste se doute que ces agents non assermentés n’ont pas le droit de porter ce type d’arme défensive. Il sort son iPhone et prend une photo. Denis Hochard le voit faire, s’approche immédiatement et réclame la destruction des clichés. Le journaliste de chaîne privée refuse et se fait projeter à terre, avec confiscation de son téléphone.

Une vidéo de l’affrontement jette le doute sur la défense des agents municipaux
"Tu vas te le mettre dans ton cul ton appareil." Avec les ASVP, des policiers municipaux présents n’interviennent pas et se contentent de faire cercle autour des protagonistes, comme pour la cacher aux curieux: une technique de voyous. Denis Hochard exige ensuite le code du téléphone, finit par l’obtenir et efface les photos. 
Deux jours plus tard, Mikaël Lefrançois se voit prescrire trois jours d’ITT pour une hémorragie à l’œil droit. Il porte plainte pour violences aggravées. Sur le fait divers, une agence de presse ne tarde pas à publier une dépêche qui conduit à la suspension de Denis Hochard de ses fonctions. 
Dominique Voynet, la mairie de Montreuil, se couvre alors en déclenchant une enquête administrative et le Parquet de Bobigny, une enquête judiciaire. Jusqu’à présent, Denis Hochard affirmait qu’il avait été invectivé par le journaliste aux cris de “facho”, “milice” et “mort aux vaches”. Les agents municipaux ont expliqué lors de l’enquête administrative être intervenus lorsqu’ils auraient senti leur patron menacé. Aucune conclusion n’a été encore rendue. 

Deux vidéos tournées ce soir-là, mais par l’ami qui accompagnait Lefrançois,  tranchent nettement en faveur de la version portée par le journaliste. 
Ces films ont été remis aux enquêteurs et leurs sous-titres ajoutés ont été authentifiés par un huissier.
Dans la première partie de la vidéo, les agents reprochent au journaliste de les avoir pris en photo. Ils le plaquent au sol pour récupérer de force son téléphone. Dans la seconde partie, Denis Hochard menace de “casser la gueule” à un Mikaël Lefrançois bredouillant. “Il était dans un état second“, prétendent les agents municipaux qui sous-entendent une éventuelle prise de drogue ou d’alcool, pourtant jamais médicalement constatée. Sur les images, on voit surtout le journaliste une minute avant son plaquage. Hochard lui lance alors : "Non mais ta gueule, je vais de démonter ta gueule". Mikaël Lefrançois demande à récupérer son téléphone. Hochard lui répond : “Tu vas te le mettre dans ton cul, ton appareil“.
Réaction de Dominique Voynet à la vidéo

Dominique Voynet a convoqué dans son bureau de l’hôtel de ville de Montreuil, son directeur de cabinet Sébastien Maire, sa directrice générale des services Géraldine Germain, et Véronique Bourdais, son adjointe à la Tranquillité publique.

En visionnant la video,
Dominique Voynet prend des notes sur les propos de Hochard, rapporte Les InRocks.
Cette vidéo est explicite et ces comportements inacceptables en démocratie, c’est évident, commente en première réaction l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Elle appelle des sanctions. La difficulté qu’on a dans cette affaire, c’est que Denis Hochard n’est pas juste une brute épaisse, il y a deux faces chez cet homme. Il a aussi rendu de grand services aux habitants de Montreuil.
- Cette seconde face, vous ne la découvrez qu’aujourd’hui ?
- On a déjà eu des alertes, certes, et on ne les a jamais négligées.”

A la vérité, il apparaîtrait que la maire de Montreuil a été interpellée personnellement sur les dérives de son shérif local par son propre premier adjoint, par des Rom venus manifester devant la mairie avec des banderoles pointant les agissements des ASVP, par des opposants politiques dénonçant ces dérives publiquement et enfin par un “journal mural” recensant les actions des ASVP. Les "murs des cons" sont plus nombreux qu'on ne pense...

Devoir de mémoire

Le 9 février 2012 à l'ouverture, le conseil municipal dirigé par Dominique Voynet est interrompu par une poignée de manifestants. "On s’est levé dès que la maire a pris le micro et on a gueulé : ‘Non aux expulsions !’ et ‘Guéant vert ! Guéant vert !’, pendant environ quinze minutes", nous explique un témoin à l'identité maquillée, l’un des manifestants-chanteurs présents à l’époque. Si ce jour-là les protestataires comparent Voynet au rigide ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, c’est en référence à l’évacuation musclée du squat dit de "La Tourelle", réalisée une semaine plus tôt par les agents ASVP et Denis Hochard en personne. Une vidéo qui le montre, lui et ses hommes, en train de briser les fenêtres avec ce qui ressemble à des barres de fer, tandis que des policiers nationaux forment un cordon de sécurité en bas de l’immeuble.
Sur cet épisode Dominique Voynet se montre gênée. "J’admets une erreur sur La Tourelle, concède-t-elle. Ils ne devaient pas intervenir, ce n’était pas un bâtiment municipal." Mais avez-vous pris des sanctions ? La directrice générale des services prend alors la parole et précise : "Nous avons convoqué Denis Hochard dans mon bureau et dans celui de madame la maire et nous l’avons rappelé à l’ordre". Vous l’avez donc uniquement sermonné ? "Le rappel à l’ordre, c’est pas tous les jours quand même", tranche Voynet.

"En un an, le budget de la Tranquillité publique a bondi de 82%"
Dans un article publié sur leur blog (Montreuil autrement), des élus PS du "Renouveau socialiste" présents lors du conseil municipal de février 2012 condamnent la méthode des manifestants. Les élus relèvent néanmoins que "la majorité municipale semble exiger de ses agents en charge de la Tranquillité publique, qu’ils effectuent des tâches qui n’appartiennent pas à leur emploi. Nous avions déjà dénoncé cette tendance…"
En 2008, quand Dominique Voynet se présente à l’élection municipale contre le communiste Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil depuis 24 ans, elle affronte une campagne mouvementée et violente. Denis Hochard, patron d’entreprise de sécurité privée fut auparavant directeur de la sécurité du centre Beaubourg, est l’homme qui assure alors la sécurité personnelle de l’ancienne ministre des Verts. En 2009, Hochard passe directeur de la Tranquillité publique de la ville. "En un an, de 2009 à 2010, le budget de la Tranquillité publique, qui était, il est vrai, plutôt faible, a bondi de 82 % !", se souvient l’ancien adjoint au maire Bruno Saunier.

L'opposition socialiste - aujourd'hui encore soutenue par les InRocks déjà en campagne des municipales -  rappelle qu'il avait demandé en 2010 au comité technique paritaire de Montreuil de se prononcer sur la création "d’un groupe mobile" composé d’ASVP dits "volontaires". Le débat portait sur le point de savoir si les agents interviendraient non plus seulement pour verbaliser ou constater des infractions de stationnement, mais si ce groupe mobile pourrait se transformer en "milice" et exercer des missions de sécurisation du patrimoine, et ce jusqu’à 22h15. Mais la majorité des personnes présentes s’inquiétèrent d’un risque de "confusion des genres" avec des missions de police. Quinze voix se prononcèrent contre cette proposition, cinq pour. "De toute façon, ce comité dominé par l’opposition disait non à tout, se souvient Dominique Voynet. Donc je ne le suivais pas à chaque fois, sinon on ne faisait plus rien."


"C’est à ce moment là que ça a commencé, assure aux InRocks Bruno Saunier, l’ancien premier adjoint chargé de l'urbanisme de Voynet qui faisait partie du premier cercle de la maire mais a fini par démissionner. Hochard a recruté des gens qui faisaient partie d’un groupe distinct des autres ASVP qui faisaient classiquement leur travail. D’autres mecs que personne ne connaissait sont arrivés. Mais ils avaient manifestement travaillés dans la sécurité, genre des molosses, des gens pas perdus sur le terrain."
Après son départ de l’équipe municipale, Bruno Saunier a tenu un blog se focalisant sur les dérives de Hochard et de ses 'géants bleus'. Dominique Voynet lui écrit alors personnellement et défend son directeur de la Tranquillité publique. Lettre de Dominique Voynet à Bruno Saunier, son ex-premier adjoint

Une "milice", mais comme il en existe ailleurs à la sortie des écoles
Aussitôt dans les tours dès que l’on aborde le sujet des agents ASVP, Frédéric Foncel, secrétaire général national du SNPM-FO n’est pas étonné. "C’est une problématique qui n’est pas d’aujourd’hui à Montreuil, nous explicite le syndicaliste. On a déjà dénoncé les faits, mais Voynet préfère les ASVP aux policiers municipaux. C’est de la police à bas prix, une sous police. Ils ne sont évidemment pas autorisés à participer à toutes ces missions." Voynet, esclavagiste moderne, somme toute ! 


Se définissant comme “militants luttant contre les expulsions de logement”, des opposants socialistes ont accumulé des vidéos sur les ASVP. Dominique Voynet, elle, les qualifie "anarchistes autonomes", une expression fourre-tout très en vogue au cours de l’affaire de Tarnac, autant dire "terroristes". Dans ces films, on aperçoit des agents municipaux parfois en uniforme, parfois simplement vêtus de noir. Ils débarquent avec un maître chien, certains gardent leur casque de moto sur la tête lors des interventions et le sang froid n’est visiblement pas leur qualité première, raconte les InRocks, magazine socialiste, propriété du magnat de la presse socialiste Matthieu Pigasse, également actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post, tenu par Anne Sinclair. Petit récapitulatif non exhaustif de ce qui était déjà publié disponible sur le web.

Un travail d'investigation totalement à charge des InRocks

Le magazine cite trois militants pour qui Hochard faisait "le sale boulot".
Le premier témoin, anonyme, répète que les embauches supplémentaires ont été des molosses dotés d’uniformes similaires à la police et de lampes maglite s’apparentant à des matraques. "Dès lors, on a compris que les ASVP n’allaient pas se cantonner à distribuer des contraventions." Véronique Bourdais, l’adjointe à la Tranquillité publique, se souvient d’un ASVP qui lui avait "naïvement" montré sa matraque télescopique. "Il a immédiatement été muté au cimetière", se félicite-t-elle, sans savoir que ses propos seraient retenus contre sa riante commune de Seine-Sait-Denis.

La dernière violence en date attribuée aux ASVP de Voynet est justement rapportée par Franck Boissier, co-secrétaire départemental du Parti de Gauche. La scène se déroule le 3 mai dernier, à Montreuil, alors qu’il faisait entrer des Rom dans une salle municipale pour la nuit, en présence  d'ASVP. Franck Boissier assure avoir été poussé dans le dos... Il aurait chuté dans les deux marches extérieures avant d’être gazé à bout portant. Manuel Valls ne l'avait pas encore entraîné... Le magazine assure que deux témoins confirment cette scène, mais qui peut vérifier. Franck Boissier fournit un certificat médical lui donnant deux jours d’ITT, mais Dominique Voynet fait remarquer qu’il n’a pas porté plainte. Franck Boissier se justifie ce choix par le fait que Denis Hochard est venu le relever: “Lui était sympa, il m’a conseillé de mettre de l’eau sur les yeux. On est en pleine campagne électorale (municipales de 2014); je ne voulais pas être vu comme une victime des agents municipaux." On est toujours en campagne 2014, mais le PS met la pression, avec le soutien de l'extrême gauche, quoi qu'en dise Mélenchon. Et si le PC parvenait à reprendre la mairie...

Dans un café situé dans le 15e arrondissement, loin de Montreuil, Les InRocks rencontrent "une personne" ayant travaillé avec Denis Hochard à la direction de la Tranquillité publique: autant dire une personne qui a vu la personne qui a vu l'ours... "Elle accepte de parler sous couvert d’anonymat: "ça, c'est du journalisme ! 
L'inconnu nous ramène au fait divers. "Ce qui s’est passé avec le journaliste, fallait bien que ça arrive un jour", nous assure-t-elle. Avec lui, tu avais l’impression que c’était le Vietnam à Montreuil. Quand il partait avec ses gars, il les chauffait à blanc avant et disait des phrases du genre : ‘on va leur péter la gueule’. Le témoin s'exprime, notons-le, comme s'il avait toujours été étranger au groupe qu'il est supposé décrire de l'intérieur... 
Le témoin s'intéresse moins au journaliste qu'à Voynet. "On se demandait pourquoi Voynet le défendait à ce point-là. Ça nous paraissait fou qu’elle se mette autant en danger avec un mec comme ça. Il n’a aucune culture des communautés territoriales, il a une culture du terrain." 

La politique de Voynet est-elle sécuritaire ?
C’est actuellement l'angle d'attaque de ses oppositions coalisées. La plus grosse responsabilité de la maire : avoir confié à ses ASVP des missions déconnectées de leur formation initiale. 
"On assume totalement, coupe court Dominique Voynet. Quand un groupe de gens arrivent avec un baluchon pour dire c’est à nous, on leur répond 'non, ce n’est pas à vous'." 

Le Front national aura du mal à glisser le coin sécuritaire dans les querelles de la gauche.


(réflexions inspirées par la mission partisane accomplie par Geoffrey Le Guilcher, pour Les InRockuptibles, vidéos Basile Lemaire) 

N.B. L'écléctisme de Geoffrey nous laisse sans voix. 
Il faut être un authentique pro des témoignages anonymes pour passer des querelles de clocher du 9.3 et se consacrer dans la foulée à l’exfiltration de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, trésorier du régime libyen, "rapatrié" à Paris après la chute du Raïs, recherché par Interpol, et qui, comme le résume le magazine rock, détiendrait (conditionnel!) " une note secrète, dont l’authenticité est débattue [sic], mentionnant le feu vert de Kadhafi pour financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 à hauteur de 50 millions d’euros ."
 Ah, le doux parfum de ce doute qui entretient la rumeur déontologiquement correcte et vendeuse.