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lundi 11 avril 2016

"Nuit Debout", malgré l'état d'urgence, expulsés mais non interdits

"Nuit debout" pourra reprendre lundi soir à Paris 

Les noctambules qui depuis onze jours squattaient la Place de la République pour des "nuits debout" de  "débats participatifs", sur le modèle 2007 de la candidate battue de la gauche, Ségolène Royal, seize ans plus tard, afin de contester le projet de loi travail au départ, mais rêver à l'arrivée de Commune, voire de Constitution du 24 juin 1793, ont été évacués et leurs cabanes démontées, lundi 11 avril, à 5h30 du matin, a-t-on appris de sources policières. Le maire du IIIe arrondissement -qui souhaite l'interdiction de cette occupation- a obtenu l'évacuation des lieux, pour des raisons d'hygiène, comme Notre-Dame-des-Landes et ses 'zadistes' ou la 'jungle de Calais' et ses migrants illégaux. Au petit matin, ils étaient encore quelques dizaines sur place et l'évacuation s’est déroulée sans incident, avec la promesse d'un retour pour une douzième nuit de palabres.

L’évacuation "visait prioritairement à enlever les structures fixes, conformément aux
déclarations de manifestation déposées qui prévoyaient un démontage dimanche en fin de soirée", a expliqué la préfecture de police de Paris. Mais une nouvelle demande de manifestation ayant été déposée, le mouvement reprendra lundi soir, apprenait-on de source policière. 
Vers 7 h 30, il n’y avait plus de manifestants et les services de propreté de la ville de Paris, en présence de CRS, continuaient de nettoyer et démonter les structures de stands et autres installations qui avaient été mises en place au fur et à mesure.

Chaque nuit depuis la journée de mobilisation du 31 mars contre le projet Valls de réforme du droit du travail, des manifestants, souvent par milliers, se retrouvent à République dans le cadre de ce mouvement d'extrême gauche qui dépasse largement l’opposition à la loi El Khomri.
La vaste esplanade draine une foule hétéroclite, dont de nombreux jeunes, dans une ambiance de Z et de forum altermondialiste, entre stands, réunions de commissions et "assemblées générales" qualifiées de "populaires". Le mouvement s’est depuis étendu à plusieurs dizaines de villes de province, avec plus ou moins d’affluence.

Des incidents ont toutefois émaillé la 'Nuit debout' de Paris dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque quelques centaines d'activistes ont voulu aller prendre l' "apéro" dans l'appartement du premier ministre, Manuel Valls, dans le XIe arrondissement, déjà profondément marqué par les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015, au Bataclan où 90 personnes sont mortes dans les assassinats de masse par trois kamikazes djihadistes de l'Etat islamique (IE ou Daesh), un défi à Manuel Valls domicilié à deux pas. Lien PaSiDupes

De l'évacuation vers une interdiction ?

Huit personnes ont été interpellées et des dégradations ont été déplorées par les autorités."Tant que c’était bon enfant, on pouvait tolérer, même si l’occupation ou la privatisation d’une place [publique] n’est pas totalement possible. Et puis, nous sommes quand même dans une période pour le moins troublée du point de vue des risques de terrorisme. 
Mais là, depuis quelques jours, la violence s’est invitée (…) donc la difficulté est là. C’est-à-dire que l’on peut discuter, dialoguer (…), mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, l'ancien trotskiste Jean-Christophe Cambadélis sur France Info lundi.

Premier pas vers une interdiction totale ?
Les manifestants se demandent si cette évacuation signifie le début d'interdiction de ces rassemblements place de la République.
Plusieurs personnalités politiques, dont François Fillon (LR) dimanche, se sont demandées ces derniers jours pourquoi ce type de manifestation est autorisé en plein état d'urgence.Nouvelle demande de manifestation déposée
Les militants #NuitDebout ont immédiatement déposé une nouvelle demande de manifestation, juste après l'évacuation. Ils reviendront donc réclamer le retrait de la loi travail dès lundi soir.

mardi 20 octobre 2015

Castres coupée du monde par les gens du voyage

La police a dû évacuer les gens du voyage qui bloquaient la gare et la circulation des gens et des marchandises

Des familles ont pris possession des abords de la gare, menaçant la sécurité des voyageurs et des agents, selon la SNCF 

Il aura fallu quinze jours pour que la presse informe les Français que les trains ne circulaient plus dans une partie du Tarn en région Midi-Pyrénées, France. Le maire accuse la préfecture de ne pas remplir ses obligations en n'appliquant pas l'arrêté d'expulsion. Et d'ajouter: "Je ne peux qu'appuyer l'attitude de la SNCF, puisque le comportement des gens du voyage met en péril la circulation des trains et la sécurité des voyageurs."

Selon des journalistes du service public de France 3 Midi-Pyrénées sur place,
les gens du voyage qui occupaient illégalement un terrain appartenant à la SNCF à proximité de la gare de Castres auraient été évacués par la police à 9h30 ce mardi. Depuis deux semaines aucun train ne circulait en gare de Castres, contre 22 chaque jour en moyenne auparavant. A la vérité, les forces de l'ordre sont encore sur place et toutes les caravanes n'auraient pas été déplacées, selon un témoin libre et indépendant, sur place.

Depuis plus de deux semaines, les employés de la SNCF avaient exercé leur droit de retrait

Qui savait que les cheminots craignaient pour "leur sécurité et celle des voyageurs"? À l'origine de ce mouvement, le squat de gens du voyage au bord des voies de chemin de fer.
Une détonation aux causes indéterminées, un pétard, selon les services de Cazeneuve depuis Paris, un tir à balles réelles, selon des témoins locaux, a décidé les agents SNCF de terrain à fermer la gare, après une série d'incivilités dont les voyageurs et eux mêmes ont été victimes.
Le maire de la ville, Pascal Bugis, dénonce les actes de malveillance dus à la présence des gens du voyage. "Des fait de sabotage", explique-t-il, avec le dépôt de plaques de béton sur les voies et les aiguillages. "Ailleurs en France, (ce serait) considéré comme des actes de terrorisme"
La COP21 ne passe plus à Castres et le gouvernement produit du CO2.
La circulation des trains est interrompue et remplacée par des autocars entre la ville et Saint Sulpice/Lavaur, ainsi que Mazamet: 58 + 20 km de zone de non-droit sur le service public de la société nationale.


Préfecture et mairie (SE) se renvoient la balle

Photos à l'appui, le maire égrène les actes de malveillance et les dégradations commises par les gens du voyage à la gare et à la Vivarié.
Photos à l'appui, le maire liste les actes de malveillance 
et les dégradations commises par les gens du voyage
à la gare et à la Vivarié.
La vingtaine de famille s'est intentionnellement déplacée sur une zone à risque au bord des voies, suite à la décision de la mairie de Castres de fermer le camp d'accueil des gens du voyage de la Vivarié pour six mois pour pouvoir effectuer une rénovation

Suite au "bidouillage" du réseau d'électricité pour éviter de payer les consommations, la commune a décidé de fermer le centre pour "maintenance". "Il y avait des fils électriques qui traînaient; c'était extrêmement dangereux pour les enfants", explique la commune.

Le 7 octobre,
le tribunal de Grande Instance de Castres avait d'ailleurs ordonné l'expulsion des familles installées à quelques mètres des voies. Ce camp regroupe une vingtaine d'adultes et autant d'enfants. "On continue de demander l'exécution de cette décision pour retrouver la sérénité", a expliqué le service communication de la SNCF. Outre les incivilités fréquentes envers les agents, des enfants en bas âge se promenaient sur les voies, ce qui posait des problèmes de sécurité évidents.

Le maire dénonce la "complicité" de l'Etat
Malgré la décision de justice , la préfecture laisse la situation pourrir.
"Cette situation est insoluble, l'État ne peut pas mettre toujours des terrains à disposition. Tant que la Vivarié sera fermée, l'espoir qu'ils partent ailleurs est illusoire", avait renoncé mardi le préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme.

Les différentes procédures d'expulsion demandées par la SNCF, ordonnées par la justice et exécutées par la police n'ont fait que déplacer le "problème" de quelques dizaines de mètres à chaque fois. "Et l'État se retourne vers la commune pour leur trouver un terrain. Mais de qui se moque-t-on ?", gronde le maire. Pascal Bugis ne voit pas pourquoi il devrait fournir des terrains gratuitement avec eau et électricité. N'importe quel citoyen paye son logement. D'autant que les gens du voyage bénéficient des prestations sociales, comme les autres", rappelle le maire.

"J'ai demandé le recours à la force publique. Il n'y a eu aucune évacuation, dénonce le maire divers droite
, Pascal Bugis. Personne ne fera le travail à la place de l'Etat." Le maire accuse l'Etat de se rendre complice d'une "prise d'otage des usagers". Son opposition municipale, par la voix de la conseillère municipale PCF de Castres, Gréaldine Rouquette, n'avait pas hésité à affirmer qu'aucune solution de remplacement n'avait été trouvée pour les familles expulsées par décision de justice. Un terrain a été proposé, où il y a déjà une famille, informe le maire, mais "ils ont refusé, car ils ne veulent pas se mélanger"...

"Je remplis mes obligations de A à Z. Il s'agit de travaux de mise en sécurité suite à la destruction systématique par les occupants des installations électriques notamment". Le maire - qui a repris la ville au PS en 2001 - dénonce les exigences des gens du voyage qui souhaiteraient "un terrain par famille Ce ne sont pas des sur-citoyens ou des privilégiés de la République", n'en déplaise au Front de gauche.
"L'État a mis à disposition un terrain le long de la rocade à certains d'entre eux, mais ils ne veulent pas être tous ensemble !", explique Pascal Bugis qui indique qu'il est "hors de question que je me prête à ce cinéma avec les deniers des contribuables".

Quoi qu'en pense l'opposition municipale d'extrême gauche, le maximum a été tenté pour débloquer le problème dont la gauche ne facilite pas la recherche de solution:
 

Les propositions de relogement offertes par la mairie ont toute été refusées. "On a proposé des solutions dans les autres aires d'accueil autour de Castres, comme à Aussillon [à 10 kilomètres], Lavaur ou Graulhet; ils ne veulent pas y aller" explique l'élu dans La Dépêche du Midi.

Les usagers de la SNCF espèrent une reprise progressive du trafic mercredi dans la journée, la SNCF précisant qu'il était nécessaire de vérifier toutes les voies après 15 jours d'arrêt.

lundi 3 août 2015

Pantin: des squatteurs s’installent à la Banque de France

Hobby: prendre possession de lieux inoccupés

Les squatteurs de l’ancienne maternité parisienne de la rue Erard (XIIe) 
Le collectif parisien de squatteurs espère rester dans d'anciens locaux
 de la Banque de France jusqu’à ce qu’il y ait un projet pour le site.
Ces artistes et mal-logés réunis dans le collectif Stendhal ont amené leurs affaires petit à petit ces derniers jours, en passant par l’arrière et, dans la nuit de dimanche à lundi, ont terminé leur infiltration dans le bâtiment de la Banque de France, avenue Jean-Lolive à Pantin, déserté depuis 2010.

Leur objectif est toujours le même, occuper des lieux vacants pour ’y vivre, mais aussi d’en faire "un endroit de partage et de rencontre avec les habitants"

Pourquoi Pantin, ville socialiste de Seine-Saint-Denis ?

La maire PS est Catherine Baratti-Elbaz, la suppléante de Sandrine Mazetier, députée de Paris et ex-adjointe à la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, septuagénaire qui avait fait de la résistance contre la volonté d'Anne Hidalgo d'imposer le non-cumul des mandats. Les députés-maires Patrick Bloche (11e), Pascal Cherki (14e) et Daniel Vaillant (18e), ainsi que la candidate du PS dans le 5e en 2001 et 2008 Lyne Cohen-Solal, ont accepté de laisser leur place.

A Pantin, les squatteurs espèrent bien obtenir l’autorisation de rester sur place jusqu’à ce que soit tranché le sort de la belle bâtisse de briques et d’encorbellement de pierres. En 2013, on évoquait l’arrivée de l’école de design Camondo mais le projet semble au point mort
En attendant, ces spécialistes du squat apprécient l’espace où ils ont posé leurs matelas, les bureaux protégés par des portes blindées, la grande salle d’accueil, les logements de fonction avec salles de bain… Ils ont même visité la salle des coffres, lampes de poche à la main.

Le collectif artistique Stendhal occupa jusqu’en 2013 le 50, rue Stendhal pour y exercer des activités qui se veulent artistiques, mais aussi environnementales et solidaires. A la réception d'une notification d’expulsion, le collectif a déménagé au 5 de la même rue. Europe Écologie Les Verts du 20e avait décidé de soutenir le collectif Stendhal pour qu’il puisse demeurer dans le bâtiment jusqu'à la construction annoncée de logements sociaux, d'un centre d’hébergement et d'une crèche en 2014.

Pas question pour autant de bloquer un projet. 
En 2013, cette maternité avait été occupée par les associations Droit au logement (DAL) et Jeudi noir qui avaient occupé cette ancienne maternité pour "accélérer le processus" de réquisitions lancé par la ministre du Logement, Cécile Duflot. Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, souhaitait que la Ville y installe des logements sociaux. L'immeuble appartient à BNP Paribas et ses filières, selon les associations.
José, le porte-parole de la trentaine de militants, rappelle qu’ils n'en sont pas à leur première action commencée rue Stendhal, en juillet 2014, lorsque les travaux de rénovation de l’immeuble qu’ils libérèrent quand la maternité du XIIe fut rachetée le 15 septembre. 

Les squatteurs ont libéré les locaux de la Banque de France de Pantin ce soir, après une nuit. 

mercredi 5 juin 2013

Dérives sécuritaires de Voynet (Verts) à Montreuil

Voynet couvre, puis casse

Un journaliste a porté plainte pour violences aggravées contre   le directeur de la Tranquillité publique de Montreuil et  ses sbires.
 
Mikaël Lefrançois, le vendredi 31 mai 2013

Derrière ce fait divers, on redécouvre un service à qui la mairie a, petit à petit, confié les missions de police les plus rudes. 
Et des dérives violentes ont à maintes fois été signalées à la maire Dominique Voynet.  Rencontrée dimanche matin, l’ex-ministre promet désormais les sanctions attendues depuis de longs mois.

Or, dimanche 19 mai, à deux heures du matin, Mikaël Lefrançois, journaliste pour l’agence de presse TSVP, et un ami, se voient interdire l'accès au Palais des congrès de Montreuil. Sur le trottoir de la rue de Paris, le journaliste aperçoit des agents de la Tranquillité publique, reconnaissables au “ASVP” (Agents de surveillance de la voie publique) ou “Tranquillité publique” scotché dans leur dos. Censés s’occuper avant tout de dresser des contraventions et de la circulation, ils sont accompagnés de leur directeur de 52 ans, un certain Denis Hochard. Le journaliste affirme qu'il s'est déplacé pour le festival électro, mais tombe par le plus grands des hasards sur ce cadre municipal. Autre coïncidence, l’an passé, il a justement ouvert  pour la chaîne télévisée M6 une enquête sur cet ex-patron d’une entreprise de sécurité privée. Thème de l'investigation: les dérives supposées de son service.
L'agence de presse Tournez S'il Vous Plaît (TSVP) a été fondée en 2002 et produit des 26, 52 et 90 minutes pour l'ensemble des chaînes françaises : des documentaires sur le patrimoine, pour Des Racines et des Ailes sur France 3, des films d'investigation (Prix spécial du Jury au FIGRA pour Les oubliés du 11 septembre en 2009, Grand prix du Scoop d'Angers pour L'Eta : au cœur d'une police très secrète en 2007). Et des reportages et documentaires de société pour Zone Interdite, 66 Minutes (M6), Reportages (TF1), France 5, LCP-Assemblée nationale, Planète.

A la ceinture de certains pseudos "agents municipaux", Mikaël remarque des bombes lacrymogènes. Le journaliste se doute que ces agents non assermentés n’ont pas le droit de porter ce type d’arme défensive. Il sort son iPhone et prend une photo. Denis Hochard le voit faire, s’approche immédiatement et réclame la destruction des clichés. Le journaliste de chaîne privée refuse et se fait projeter à terre, avec confiscation de son téléphone.

Une vidéo de l’affrontement jette le doute sur la défense des agents municipaux
"Tu vas te le mettre dans ton cul ton appareil." Avec les ASVP, des policiers municipaux présents n’interviennent pas et se contentent de faire cercle autour des protagonistes, comme pour la cacher aux curieux: une technique de voyous. Denis Hochard exige ensuite le code du téléphone, finit par l’obtenir et efface les photos. 
Deux jours plus tard, Mikaël Lefrançois se voit prescrire trois jours d’ITT pour une hémorragie à l’œil droit. Il porte plainte pour violences aggravées. Sur le fait divers, une agence de presse ne tarde pas à publier une dépêche qui conduit à la suspension de Denis Hochard de ses fonctions. 
Dominique Voynet, la mairie de Montreuil, se couvre alors en déclenchant une enquête administrative et le Parquet de Bobigny, une enquête judiciaire. Jusqu’à présent, Denis Hochard affirmait qu’il avait été invectivé par le journaliste aux cris de “facho”, “milice” et “mort aux vaches”. Les agents municipaux ont expliqué lors de l’enquête administrative être intervenus lorsqu’ils auraient senti leur patron menacé. Aucune conclusion n’a été encore rendue. 

Deux vidéos tournées ce soir-là, mais par l’ami qui accompagnait Lefrançois,  tranchent nettement en faveur de la version portée par le journaliste. 
Ces films ont été remis aux enquêteurs et leurs sous-titres ajoutés ont été authentifiés par un huissier.
Dans la première partie de la vidéo, les agents reprochent au journaliste de les avoir pris en photo. Ils le plaquent au sol pour récupérer de force son téléphone. Dans la seconde partie, Denis Hochard menace de “casser la gueule” à un Mikaël Lefrançois bredouillant. “Il était dans un état second“, prétendent les agents municipaux qui sous-entendent une éventuelle prise de drogue ou d’alcool, pourtant jamais médicalement constatée. Sur les images, on voit surtout le journaliste une minute avant son plaquage. Hochard lui lance alors : "Non mais ta gueule, je vais de démonter ta gueule". Mikaël Lefrançois demande à récupérer son téléphone. Hochard lui répond : “Tu vas te le mettre dans ton cul, ton appareil“.
Réaction de Dominique Voynet à la vidéo

Dominique Voynet a convoqué dans son bureau de l’hôtel de ville de Montreuil, son directeur de cabinet Sébastien Maire, sa directrice générale des services Géraldine Germain, et Véronique Bourdais, son adjointe à la Tranquillité publique.

En visionnant la video,
Dominique Voynet prend des notes sur les propos de Hochard, rapporte Les InRocks.
Cette vidéo est explicite et ces comportements inacceptables en démocratie, c’est évident, commente en première réaction l’ancienne ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement. Elle appelle des sanctions. La difficulté qu’on a dans cette affaire, c’est que Denis Hochard n’est pas juste une brute épaisse, il y a deux faces chez cet homme. Il a aussi rendu de grand services aux habitants de Montreuil.
- Cette seconde face, vous ne la découvrez qu’aujourd’hui ?
- On a déjà eu des alertes, certes, et on ne les a jamais négligées.”

A la vérité, il apparaîtrait que la maire de Montreuil a été interpellée personnellement sur les dérives de son shérif local par son propre premier adjoint, par des Rom venus manifester devant la mairie avec des banderoles pointant les agissements des ASVP, par des opposants politiques dénonçant ces dérives publiquement et enfin par un “journal mural” recensant les actions des ASVP. Les "murs des cons" sont plus nombreux qu'on ne pense...

Devoir de mémoire

Le 9 février 2012 à l'ouverture, le conseil municipal dirigé par Dominique Voynet est interrompu par une poignée de manifestants. "On s’est levé dès que la maire a pris le micro et on a gueulé : ‘Non aux expulsions !’ et ‘Guéant vert ! Guéant vert !’, pendant environ quinze minutes", nous explique un témoin à l'identité maquillée, l’un des manifestants-chanteurs présents à l’époque. Si ce jour-là les protestataires comparent Voynet au rigide ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, c’est en référence à l’évacuation musclée du squat dit de "La Tourelle", réalisée une semaine plus tôt par les agents ASVP et Denis Hochard en personne. Une vidéo qui le montre, lui et ses hommes, en train de briser les fenêtres avec ce qui ressemble à des barres de fer, tandis que des policiers nationaux forment un cordon de sécurité en bas de l’immeuble.
Sur cet épisode Dominique Voynet se montre gênée. "J’admets une erreur sur La Tourelle, concède-t-elle. Ils ne devaient pas intervenir, ce n’était pas un bâtiment municipal." Mais avez-vous pris des sanctions ? La directrice générale des services prend alors la parole et précise : "Nous avons convoqué Denis Hochard dans mon bureau et dans celui de madame la maire et nous l’avons rappelé à l’ordre". Vous l’avez donc uniquement sermonné ? "Le rappel à l’ordre, c’est pas tous les jours quand même", tranche Voynet.

"En un an, le budget de la Tranquillité publique a bondi de 82%"
Dans un article publié sur leur blog (Montreuil autrement), des élus PS du "Renouveau socialiste" présents lors du conseil municipal de février 2012 condamnent la méthode des manifestants. Les élus relèvent néanmoins que "la majorité municipale semble exiger de ses agents en charge de la Tranquillité publique, qu’ils effectuent des tâches qui n’appartiennent pas à leur emploi. Nous avions déjà dénoncé cette tendance…"
En 2008, quand Dominique Voynet se présente à l’élection municipale contre le communiste Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil depuis 24 ans, elle affronte une campagne mouvementée et violente. Denis Hochard, patron d’entreprise de sécurité privée fut auparavant directeur de la sécurité du centre Beaubourg, est l’homme qui assure alors la sécurité personnelle de l’ancienne ministre des Verts. En 2009, Hochard passe directeur de la Tranquillité publique de la ville. "En un an, de 2009 à 2010, le budget de la Tranquillité publique, qui était, il est vrai, plutôt faible, a bondi de 82 % !", se souvient l’ancien adjoint au maire Bruno Saunier.

L'opposition socialiste - aujourd'hui encore soutenue par les InRocks déjà en campagne des municipales -  rappelle qu'il avait demandé en 2010 au comité technique paritaire de Montreuil de se prononcer sur la création "d’un groupe mobile" composé d’ASVP dits "volontaires". Le débat portait sur le point de savoir si les agents interviendraient non plus seulement pour verbaliser ou constater des infractions de stationnement, mais si ce groupe mobile pourrait se transformer en "milice" et exercer des missions de sécurisation du patrimoine, et ce jusqu’à 22h15. Mais la majorité des personnes présentes s’inquiétèrent d’un risque de "confusion des genres" avec des missions de police. Quinze voix se prononcèrent contre cette proposition, cinq pour. "De toute façon, ce comité dominé par l’opposition disait non à tout, se souvient Dominique Voynet. Donc je ne le suivais pas à chaque fois, sinon on ne faisait plus rien."


"C’est à ce moment là que ça a commencé, assure aux InRocks Bruno Saunier, l’ancien premier adjoint chargé de l'urbanisme de Voynet qui faisait partie du premier cercle de la maire mais a fini par démissionner. Hochard a recruté des gens qui faisaient partie d’un groupe distinct des autres ASVP qui faisaient classiquement leur travail. D’autres mecs que personne ne connaissait sont arrivés. Mais ils avaient manifestement travaillés dans la sécurité, genre des molosses, des gens pas perdus sur le terrain."
Après son départ de l’équipe municipale, Bruno Saunier a tenu un blog se focalisant sur les dérives de Hochard et de ses 'géants bleus'. Dominique Voynet lui écrit alors personnellement et défend son directeur de la Tranquillité publique. Lettre de Dominique Voynet à Bruno Saunier, son ex-premier adjoint

Une "milice", mais comme il en existe ailleurs à la sortie des écoles
Aussitôt dans les tours dès que l’on aborde le sujet des agents ASVP, Frédéric Foncel, secrétaire général national du SNPM-FO n’est pas étonné. "C’est une problématique qui n’est pas d’aujourd’hui à Montreuil, nous explicite le syndicaliste. On a déjà dénoncé les faits, mais Voynet préfère les ASVP aux policiers municipaux. C’est de la police à bas prix, une sous police. Ils ne sont évidemment pas autorisés à participer à toutes ces missions." Voynet, esclavagiste moderne, somme toute ! 


Se définissant comme “militants luttant contre les expulsions de logement”, des opposants socialistes ont accumulé des vidéos sur les ASVP. Dominique Voynet, elle, les qualifie "anarchistes autonomes", une expression fourre-tout très en vogue au cours de l’affaire de Tarnac, autant dire "terroristes". Dans ces films, on aperçoit des agents municipaux parfois en uniforme, parfois simplement vêtus de noir. Ils débarquent avec un maître chien, certains gardent leur casque de moto sur la tête lors des interventions et le sang froid n’est visiblement pas leur qualité première, raconte les InRocks, magazine socialiste, propriété du magnat de la presse socialiste Matthieu Pigasse, également actionnaire du journal Le Monde et du Huffington Post, tenu par Anne Sinclair. Petit récapitulatif non exhaustif de ce qui était déjà publié disponible sur le web.

Un travail d'investigation totalement à charge des InRocks

Le magazine cite trois militants pour qui Hochard faisait "le sale boulot".
Le premier témoin, anonyme, répète que les embauches supplémentaires ont été des molosses dotés d’uniformes similaires à la police et de lampes maglite s’apparentant à des matraques. "Dès lors, on a compris que les ASVP n’allaient pas se cantonner à distribuer des contraventions." Véronique Bourdais, l’adjointe à la Tranquillité publique, se souvient d’un ASVP qui lui avait "naïvement" montré sa matraque télescopique. "Il a immédiatement été muté au cimetière", se félicite-t-elle, sans savoir que ses propos seraient retenus contre sa riante commune de Seine-Sait-Denis.

La dernière violence en date attribuée aux ASVP de Voynet est justement rapportée par Franck Boissier, co-secrétaire départemental du Parti de Gauche. La scène se déroule le 3 mai dernier, à Montreuil, alors qu’il faisait entrer des Rom dans une salle municipale pour la nuit, en présence  d'ASVP. Franck Boissier assure avoir été poussé dans le dos... Il aurait chuté dans les deux marches extérieures avant d’être gazé à bout portant. Manuel Valls ne l'avait pas encore entraîné... Le magazine assure que deux témoins confirment cette scène, mais qui peut vérifier. Franck Boissier fournit un certificat médical lui donnant deux jours d’ITT, mais Dominique Voynet fait remarquer qu’il n’a pas porté plainte. Franck Boissier se justifie ce choix par le fait que Denis Hochard est venu le relever: “Lui était sympa, il m’a conseillé de mettre de l’eau sur les yeux. On est en pleine campagne électorale (municipales de 2014); je ne voulais pas être vu comme une victime des agents municipaux." On est toujours en campagne 2014, mais le PS met la pression, avec le soutien de l'extrême gauche, quoi qu'en dise Mélenchon. Et si le PC parvenait à reprendre la mairie...

Dans un café situé dans le 15e arrondissement, loin de Montreuil, Les InRocks rencontrent "une personne" ayant travaillé avec Denis Hochard à la direction de la Tranquillité publique: autant dire une personne qui a vu la personne qui a vu l'ours... "Elle accepte de parler sous couvert d’anonymat: "ça, c'est du journalisme ! 
L'inconnu nous ramène au fait divers. "Ce qui s’est passé avec le journaliste, fallait bien que ça arrive un jour", nous assure-t-elle. Avec lui, tu avais l’impression que c’était le Vietnam à Montreuil. Quand il partait avec ses gars, il les chauffait à blanc avant et disait des phrases du genre : ‘on va leur péter la gueule’. Le témoin s'exprime, notons-le, comme s'il avait toujours été étranger au groupe qu'il est supposé décrire de l'intérieur... 
Le témoin s'intéresse moins au journaliste qu'à Voynet. "On se demandait pourquoi Voynet le défendait à ce point-là. Ça nous paraissait fou qu’elle se mette autant en danger avec un mec comme ça. Il n’a aucune culture des communautés territoriales, il a une culture du terrain." 

La politique de Voynet est-elle sécuritaire ?
C’est actuellement l'angle d'attaque de ses oppositions coalisées. La plus grosse responsabilité de la maire : avoir confié à ses ASVP des missions déconnectées de leur formation initiale. 
"On assume totalement, coupe court Dominique Voynet. Quand un groupe de gens arrivent avec un baluchon pour dire c’est à nous, on leur répond 'non, ce n’est pas à vous'." 

Le Front national aura du mal à glisser le coin sécuritaire dans les querelles de la gauche.


(réflexions inspirées par la mission partisane accomplie par Geoffrey Le Guilcher, pour Les InRockuptibles, vidéos Basile Lemaire) 

N.B. L'écléctisme de Geoffrey nous laisse sans voix. 
Il faut être un authentique pro des témoignages anonymes pour passer des querelles de clocher du 9.3 et se consacrer dans la foulée à l’exfiltration de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, trésorier du régime libyen, "rapatrié" à Paris après la chute du Raïs, recherché par Interpol, et qui, comme le résume le magazine rock, détiendrait (conditionnel!) " une note secrète, dont l’authenticité est débattue [sic], mentionnant le feu vert de Kadhafi pour financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 à hauteur de 50 millions d’euros ."
 Ah, le doux parfum de ce doute qui entretient la rumeur déontologiquement correcte et vendeuse.


dimanche 18 novembre 2012

Aéroport Ayrault: les écolos s'opposent au Premier ministre

Notre-Dame-des-Landes: les opposants ré-investissent les lieux

Les reconstructions de cabanes se sont poursuivies dimanche à Notre-Dame-des-Landes, en vue de la réoccupation de la zone du futur aéroport Grand Ouest, dit Ayraultport, au lendemain de la manifestation d'ampleur des opposants.

Futur squat de José Bové

Samedi, la manifestation a réuni entre 13.000 et 40.000 opposants. Dimanche, plusieurs centaines de personnes étaient encore sur place après avoir passé la nuit dans des voitures, des caravanes, des camionnettes, des tentes de camping ou dans des maisons occupées sur le site. 

Au sein du cortège, quelques extrémistes protégés par les media : Olivier Besancenot (révolutionnaire trotskiste) Jean-Luc Mélenchon (candidat des communistes à la présidentielle), Eva Joly (candidate EELV à la présidentielle), José Bové (euro-député Europe-Ecologie)... tous réunis pour défendre la même cause et tous en colère contre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.


Au petit matin, les opposants ont repris la construction de plusieurs bâtiments. 
L'ex-juge Joly et le démonteur Bové

s'introduisent par effraction dans 

une maison vouée à la destruction,
le 16 novembre 2012

Deux ont déjà été partiellement érigés au lieu-dit La Lande de Rohanne: des maisons en bois sur pilotis avec des tranchées, qui seront isolées avec des ballots de paille.
"Les constructions vont se poursuivre les jours et les semaines qui viennent pour réoccuper le terrain après les destructions" depuis la mi-octobre de plusieurs sites squattés, a déclaré Jérôme, un des occupants les plus anciens de la ZAD, la Zone d'aménagement différé dédiée au projet d'aéroport et rebaptisée par ses opposants "Zone à défendre".

Ils s'installent pour longtemps
"On construit une grande cabane pour les réunions, les assemblées générales, et d'autres petites qui permettront aux gens de se loger, il y aura des blocs sanitaires et des cuisines", a décrit Jérôme.

"Là où se déroule la réoccupation, on est au coeur du projet. Pas loin des cabanes il y aura les pistes, la tour de contrôle, les duty-free si le projet se fait, tout ce qu'on ne veut pas. C'est pourquoi on ne lâchera pas, c'est le village des irréductibles qui est en train de se reconstruire", a poursuivi l'opposant.

Un projet déclaré d'utilité publique, contre l'avis de la population

La porte-parole du gouvernement socialo-écolo, Najat Vallaud-Belkacem, a estimé dimanche qu'à présent "force" est "à la loi", le projet ayant fait l'objet de débat public "en 2003"

Mais,
selon les opposants, ces terrains sont protégés par un moratoire, conséquence d'un accord politique conclu au printemps dernier à l'issue d'une grève de la faim d'opposants "historiques" (exploitants, propriétaires ou locataires "légaux" en cours d'expropriation).


Ce moratoire conclu avec les collectivités locales socialistes empêche toute expulsion tant que des recours contre le projet déposés à la date de cet accord ne sont pas arrivés à leur terme. Et, selon les opposants, il y a encore plusieurs recours à l'étude.

Dès samedi, les autorités ont rappelé que "la situation des nouvelles constructions sera étudiée au cas par cas pour savoir quelle réglementation s'applique, si elles peuvent être détruites immédiatement ou à l'issue d'une procédure juridique". 
Elles ont "vocation à disparaître", a clairement indiqué la préfecture de Loire-Atlantique.
A 62 ans, ce préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique (hors classe), Christian Galliard de Lavernée a justement été nommé par décret du 31 mai 2012, sans délais après l'arrivée de Jean-Marc Ayrault à Matignon.


mercredi 31 octobre 2012

L'aéroport de Nantes, nouveau boulet de Ayrault

Pas un projet du gouvernement qui ne divise la gauche

Cécile Duflot dénonce l'intervention des CRS à Notre-Dame-des-Landes


La ministre du Logement de Triple-Z-ayrault, ex-député-maire de Nantes et accessoirement premier ministre, a désapprouvé mercredi sur RTL l'intervention des forces de l'ordre menée la veille contre des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).La ministre soutient les squatteurs écologistes "Il y a un désaccord sur ce projet-là, qui est un désaccord ancien (...) Mon désaccord sur ce point est connu par le Premier ministre, a dit l'ancienne dirigeante d'Europe-Ecologie-Les Verts, parti hostile à ce projet. Je ne crois pas que sur des projets aussi compliqués la répression et le manque de dialogue, ce qui est le cas, soient la bonne méthode". "Mon désaccord sur ce point, il est connu par le Premier ministre", a précisé la ministre. Sous-entendu, Ayrault ne peut rien contre moi et je vais ce que je veux, puisque l'Elysée est un immeuble vide à réquisitionner... Une opposition qui tranche toutefois avec le soutien qu'avait apporté Jean-Marc Ayrault à Cécile Duflot fin septembre. Le Premier ministre avait alors estimé que la ministre du Logement faisait un "travail formidable" au sein de son gouvernement, après les remous créés par la décision d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) de voter contre le traité budgétaire européen.VOIR et ENTENDRE la ministre de Hollande, visiblement empâtée par l'inaction:

Le même jour, le député écologiste Noël Mamère a estimé que le gouvernement a "dépassé les limites" après ces affrontements
Il juge que la question du soutien des écologistes au gouvernement se pose. "Le gouvernement a dépassé les limites (...) On est en droit de s'interroger sur la poursuite de notre soutien à un gouvernement qui utilise la force comme ses prédécesseurs pour imposer un projet dont ne veulent pas les habitants", avait estimé le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Bègles (Gironde).

"Quand un gouvernement qui, dans sa majorité, a des écologistes, renie à ce point ses engagements sur la transition écologique en défendant par les moyens de la force (...) un projet inutile, on est en droit (...) de s'interroger sur la sincérité de ce gouvernement", avait affirmé l'élu. Selon lui, le projet d'aéroport Grand Ouest, défendu de longue date par le Premier ministre, "est un symbole des projets dont on ne veut plus, qui sont gaspilleurs, producteurs de gaz à effets de serre et qui sont la trace d'une économie ancienne dont on doit tourner la page".