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samedi 22 décembre 2018

Le RIC s'est imposé aux 'Gilets jaunes' comme la revendication numéro 1

Est-ce le signe de la récupération du mouvement social par l'extrême gauche politique ?

Comment faire du neuf avec du vieux ?

Samedi, place de l’Opéra, à Paris, des gilets jaunes manifestent pour réclamer la création du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Comment cette notion a-t-elle pu germer sur les ronds-points des Gilets jaunes, des "gens qui ne sont rien"? Comment un mouvement informel et sans tête, ni cervelle, a-t-il pu faire resurgir une idée si technique ? Sont-ils "plus intelligents et plus subtils" que Gilles Le Gendre et sa bande de jeunes blancs-becs à l'Assemblée ? Y aurait-il donc derrière les gilets jaunes, comme  le prétend le complotiste Jean-Michel Aphatie, "une organisation souterraine cachée, des tireurs de ficelles, des gens beaucoup plus politisés qu’on ne le croit" qui expliquerait cette soudaine irruption du RIC ?
Vote à main levée des 'Nuit debout'
Avant lui, le mouvement 'Nuit debout' qui, à partir du 31 mars 2016, organisa, sans meneur ni porte-parole officiel, des manifestations sur des places publiques contre la loi Travail de Hollande était organisé en commissions et prenait des décisions par consensus lors d'assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe. Or, il était en effet noyauté. Ainsi, comme d’autres intervenants, François Ruffin, aujourd'hui LFI, insistait sur la nécessité d'ouvrir le mouvement à toutes les classes sociales et aux personnes non engagées politiquement, à décentraliser la Nuit debout en banlieue, pour éviter une radicalisation par l'entre-soi et l'emprise d'intellectuels. Et on pense notamment à l'économiste Frédéric Lordon. 
Si on avait écouté Leila Chaibi, fondatrice du collectif 'Jeudi noir' (comme Julien Bayou, désormais conseiller régional d’Ile-de-France et porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, conseiller d'Eva Joly, candidate à la Présidentielle), spécialisé dans l’occupation de squats et accessoirement adhérente à la formation politique de Jean-Luc Mélenchon, le mouvement naissant à République - dont elle était une des chevilles ouvrières - se serait construit en totale indépendance des partis de la gauche de la gauche. En vérité, le mouvement aurait compté parmi ses visiteurs réguliers une petite centaine de militants du Front de gauche et autant du NPA. "Si t’arrives avec ta bannière, tu pourras pas entraîner le plus grand nombre", raconta néanmoins Fanny Gaillanne, conseillère de Paris communiste, arrivée à République le deuxième jour.
Pour Julien Dray, grand connaisseur socialiste des mouvements de jeunes, comme pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, un trotskiste, ces veilleurs de nuit uniques en leur genre sont loin d’être apolitiques : "J'ai vu l'extrême-gauche, des communistes.
Le NPA, on les reconnaît, ils sont là". Mais des députés socialistes frondeurs avaient aussi tenu à être vus, comme Pascal Cherki, Barbara Romagnan et Daniel Goldberg.
Certains activistes politiques étrangers étaient physiquement présents place de la République: l’espagnol Pablo Lapuente Tiana, membre de la section Podemos de Paris, est même devenu le référent "formation" de 'Nuit debout'. 
Aphatie n'est donc encore pas grand clerc à propos des Gilets.
Une vieille idée

D'abord, aucun des partis politiques traditionnels n’a réussi à récupérer le mouvement. La mauvaise réputation de la classe politique empêche le Rassemblement national et la France Insoumise de Mélenchon d’avoir une réelle influence sur lui. Mais si le socialisme avait une meilleure image, pourquoi le "revenu universel d'existence" de Hamon n'a-t-il pas en revanche refait surface?

La seule récupération politique qui a fonctionné, c’est celle des partisans du RIC. Le référendum d’initiative citoyenne est une vieille lune qui circule depuis longtemps, défendue par différentes entités, le Clic (Comité de liaison pour l’initiative citoyenne) d’Yvan Bachaud, l’association Article 3 ou Etienne Chouard et ses "gentils virus". Ce dernier, prof d’économie-gestion de lycée, s’était fait connaître en défendant le 'non', lors du vote sur le référendum européen de 2005. Il avait depuis disparu des radars médiatiques, ostracisé pour ses relations douteuses, notamment avec Alain Soral.
En 2017, le projet de référendum d’initiative citoyenne, soutenu par un Comité de Liaison pour l’Initiative Citoyenne, a été présenté au Parlement. Ce nouveau droit aurait promis de donner une voix aux citoyens pour proposer des lois, ou au contraire pour s’y opposer, en exerçant un contrôle préventif des décisions des élus. Le mécanisme se serait adossé à une plateforme publique de pétitions en ligne qui aurait permis de mettre à l’ordre du jour des discussions de l’Assemblée et du Sénat sur de nouveaux projets de loi. Ce droit d’initiative se serait accompagné d’un certain nombre de garanties, notamment en termes de protection des données personnelles des signataires et de pouvoir d’intervention dans le processus législatif.
D’après un sondage effectué en avril 2017 par l’IFOP, 83 % des Français interrogés seraient favorables au référendum d’initiative citoyenne. Ce résultat montre qu’un nombre important de citoyens est en attente d’une modification du système démocratique actuel.
Ce projet de loi porté par le Clic fut relayé par le site révolutionnaire trotskiste Mediapart...
Une "idée simple et révolutionnaire"


Très vite, les militants du RIC vont comprendre qu’il y a un coup à jouer avec les gilets jaunes - puisque apolitiques et naïfs - et vont pousser leur avantage. Changement de pied dès le 25 novembre, donc, au lendemain de l'"Acte 2" du mouvement ciyoyen des Gilets jaunes. Le Clic publie un communiqué : "Si les gilets jaunes avaient le RIC pour unique revendication, ils l’obtiendraient. Il en serait fini des taxes injustes !," assurent-ils, en sortant du bois. 

Le même jour, Etienne Chouard tweete : 


A partir de cette date, les militants du RIC vont faire preuve d’un prosélytisme très actif en faveur du référendum sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Exemple d’images qui circulent sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Le mot RIC va très vite s’imposer dans la conversation chez les gilets jaunes car il permettrait de passer dans les actes le "Macron démission". Si la révolution n’est pas possible et que Macron refuse de démissionner, il faut lui tordre le bras en lui imposant une cohabitation avec le peuple. 
L’idée d’un "référendum" circule chez les gilets jaunes depuis début novembre : "On désire tous ici un référendum national pour une destitution", lit-on alors sur les groupes Facebook. L’idée est encore embryonnaire et pas franchement aboutie. Les militants de la démocratie réelle vont arriver avec une solution clé en main, comme une formule magique capable de résoudre tous les problèmes : le RIC.

"Comment ils font pour nous dire non ?"

Dans la diffusion de cette idée, il faut souligner le rôle majeur joué par Maxime Nicolle, le gilet jaune le plus influent sur Facebook. Ruth Elkrief, moins fine qu'elle ne pense, l'invitera sur le plateau de BFMTV... Or, pour lui, dès le départ, il est évident qu’il ne faut pas négocier avec le gouvernement. La liste de revendications qui est présentée fin novembre à François de Rugy "ne sera applicable qu’après la destitution du gouvernement par référendum populaire", explique-t-il alors.

Le RIC, que lui font découvrir les militants de la démocratie réelle, lui apparaît comme une révélation. 
Le 8 décembre, alors que les gilets jaunes sont dans la rue pour l’acte IV, il participe à une conférence sur le RIC en direct sur Internet avec Etienne Chouard. Le référendum est pour Nicolle une option stratégique : "Si on a plein de revendications, l’Etat va nous en prendre une ou deux et on l’aura profond. Par contre, si on demande tous la même chose : que chacun puisse donner sa voix avec un référendum d’initiative citoyenne, comment ils font pour nous dire non ?Extrait du live Facebook de Maxime Nicolle du 4 décembre.

Horizontalisme radical

Résultat de recherche d'images pour "La Commune de Paris"L’idée pour Maxime Nicolle, intérimaire des Côtes d'Armor âgé de 31 ans et porte-parole des "gilets jaunes", est que si tout le monde a des revendications différentes, le seul moyen pour que chacun soit écouté est de passer par un outil de démocratie directe. «Plus de guerre d’ego, plus de guerre de pouvoir, avec le RIC, plus personne n’a le pouvoir, c’est la population entière qui a le pouvoir», explique-t-il. Cette idée de référendum citoyen s’inscrit dans la "démocratie Internet", cet horizontalisme radical qu’on retrouvait dans la mouvance Anonymous, chez les Indignés espagnols, Occupy Wall Street ou Nuit Debout. Sur Internet, toutes les paroles se valent, tout le monde peut donner son avis et être entendu. A contrario, la démocratie représentative fonctionne comme l’espace médiatique traditionnel, avec des représentants ou des journalistes, seuls habilités à parler, pendant que le peuple doit sagement se taire.

Image associée
Commune de Paris, 1871
La démocratie que souhaitent les gilets jaunes est celle des groupes Facebook, où tout le monde y va de son avis, où on signe des pétitions et où les grandes questions sont tranchées par sondage. Sauf que personne ne sait où mène cette pléthore d'avis contradictoires.
Qui peut imaginer qu’un politique – ou même un gilet jaune – les représente pour décider des grands choix de la nation ? Cela reviendrait à dire que quelqu’un a le droit d’écrire les commentaires Facebook à leur place. 
Le RIC, l’autre manière de faire la révolution.

lundi 4 avril 2016

Valls, socialiste nanti qui se ferait bien passer pour un Français moyen

Premier ministre, expert en optimisation fiscale et millionnaire dissimulateur

"Manuel Valls, un ministre endetté sans réel patrimoine," titrait Le Figaro 

Lors de la publication de sa déclaration de patrimoine, la presse croyait avoir cerné Manuel Valls à son arrivée à Matignon en juin dernier. Cette déclaration du Premier ministre ne faisait état que de 93.000 euros d'actifs, plaçant "P'tit Zizi" dans le "peloton de queuedu gouvernement Valls I en matière patrimoniale. 

A la nomination du nouveau gouvernement (Valls II), le 25 août 2014, quatrième gouvernement de Hollande depuis 2012, toutes les déclarations de patrimoine ont été retirées du site de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique, même si la plupart des ministres sont restés à leur poste. Sa seule et unique déclaration patrimoniale remonte au 19 décembre 2014. 

Certaines étaient habilement (et parfaitement légalement) rédigées 

Du travail de pro, à en croire Charlie Hebdo paru jeudi 9 octobre 2014 ! Ainsi, outre les 93.000 euros d'actifs déclarés (déduction faite de ses dettes, des emprunts), la déclaration patrimoniale du Premier ministre socialiste ne déclarait qu'un appartement de 88 m2 à Evry, et un autre de 44 m2 à Paris. C'est dans cet appartement parisien du XIe arrondissement (Bastille) que Manuel Valls vit avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin. Un premier ministre dans un F2, cela éveille des soupçons... 

Charlie Hebdo a révélé la combine Valls dans son édition papier du 1er octobre 2014, mis ensuite en ligne sur son site Internet un peu plus tard. Marié sous le régime de la séparation de biens, Manuel Valls ne possède qu'une seule part de la SCI Homère qui détient l'appartement du XIe arrondissement. Les 99 autres parts (sur 100) sont détenues par son épouse. 

Mais surtout, la SCI Homère ne détient pas ce seul petit studio de 44 m2, mais 16 lots de copropriété, pour un total de 210 à 250m2, le tout étant valorisé entre 1,6 et 2 millions d'euros !

Sur le plan  cadastral, le descriptif des lots est effarant
Outre les 4 chambres, ce qui est tout à fait normal sur cette surface, il y aurait également 5 salles d'eau ou salles de bains (soit une par chambre, ce qui est déjà assez luxueux) mais aussi.... 7 pièces de séjour, ainsi que 5... cuisines et 2 terrasses
On imagine aisément que certaines pièces décrites comme "cuisine" dans le cadastre ont pu depuis changer d'affectation. Et Le Point avait osé qualifier de "bohême" ce logement, rappelle Charlie Hebdo. 

Comme par magie, le F2 s'est transformé en un somptueux appartement (duplex ?) de 11 pièces, voire 15, si on admet qu'une seule cuisine suffit au couple Valls, et que les 4 autres ont été transformées en bureau, salon télé, dressing ou encore buanderie... "On en connaît d'autres qui adoreraient vivre dans une telle bohème," dixit Charlie Hebdo. 
Ni Cécile Duflot, ministre EELV du Logement, ni DAL (proche du NPA du trotskiste Olivier Besancenot), qui apitoient les artistes Guy Bedos, Jean Rochefort ou Josiane Balasko, ni les amis de Julien Bayouconseiller régional d'Ile-de-France, ancien agitateur des collectifs Génération précaire et Jeudi Noir, que l'on retrouve en 2010 et 2011 dans l'opération de militants pro-palestiniens "Un bateau pour Gaza" (pour une Paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens) et aux côtés d'Eva Joly, puis de Jérôme Kerviel, aucun n'a interpellé le socialiste donneur de leçon sur son patrimoine.
La part de Manuel Valls dans la SCI montée avec son épouse ne vaut donc en effet que quelques milliers d'euros
en fonction du montant de l'emprunt probablement contacté par la société civile pour acheter les 16 lots de copropriété. La déclaration de patrimoine de Manuel Valls raconte donc l'histoire d'un homme politique "sans réel patrimoine", selon le très crédule journal Le Figaro, ce qui est comptablement exact. 
En revanche, même sous le régime de la séparation de biens, les époux sont censé être solidaires sur un certain nombres d'actifs, à commencer pour les impôts qui taxent les revenus et les biens du couple, quel que soit le contrat de mariage auquel ils ont souscrit. 

Alors, Manuel Valls et Anne Gravoin devraient il payer l'ISF ? 
Le Monde sait parfois être compréhensif...
Eh bien, non, s'ils ne possèdent absolument rien de plus, ou encore s'ils sont (lourdement) endettés par ailleurs. L'appartement logé dans la SCI est certes valorisé autour de 1,25 million d'euros (abattement de 30% sur la résidence principale déduit), soit juste sous la limite des 1,3 million, déclenchant l'ISF. Le hasard est bon prince... 
Mais la SCI s'est certainement endettée en 2010 pour en faire l'acquisition : Cette dette vient en déduction de l'actif taxable, ce qui "laisse de la place" dans le patrimoine des époux Valls pour posséder d'autres biens !

Or, justement, Manuel Valls a déclaré un appartement de 88 m2 à Evry, dont on ne connaît pas la valeur, mais cela représente tout de même quelques centaines de milliers d'euros, puisque situé en banlieue parisienne (Sud). 

En fait, pour que les époux Valls ne soient pas soumis à l'ISF en 2015, il faut que leurs dettes (dans la SCI ou ailleurs) soient équivalentes au montant de leurs autres actifs, en dehors de l'appartement du XIe. S'ils possèdent pour 600.000 euros d'autres biens immobiliers, la SCI (ou eux-mêmes, directement) doivent être endettés à hauteur du même montant, pour ne pas dépasser le seuil ISF des 1,3 million d'euros. 

Au final, la déclaration de patrimoine transmise par Manuel Valls lors de son arrivée à Matignon (et avant, quand il était ministre de l'Intérieur) était manifestement régulière, mais en revanche, tout sauf sincère ou loyale. Cacher 99 % des parts d'une SCI détenant un actif de près de 2 millions d'euros, en les mettant au nom de sa femme, pour ne pas avoir à en déclarer le montant ou l'existence, en tant qu'homme politique est certes permis par la loi. les juges aux affaires familiales connaissent cependant la chanson : lors de la dissolution d'un mariage, on recherche toujours l'origine des fonds ayant servi à l'acquisition des biens détenus en indivision.
Avec ses cachets de violoniste, Anne Gravoin payerait 99 % des mensualités de l'emprunt de la SCI, et aurait apporté 99 % de l'apport initial ? Soit ! 
Mais peut-être pas, puisque le financement de son orchestre de chambre, l'Alma Chamber Orchestra, n'est pas non plus un montage très clair...

Au final, tout conduit à soupçonner une manoeuvre destinée à "blanchir" Manuel Valls d'une etiquette de bourgeois nanti. Il est en effet plus difficile de demander aux Français de se serrer la ceinture quand on est millionnaire, voire multi-millionaire, que lorsque l'on déclare un "patrimoine" de 93.000 euros à 52 ans ! 
Le patrimoine de François Hollande aussi a été décortiqué (pour ce qui en est connu, SCI La Sapinière: cf. libellé PaSiDupes) pour vérifier s'il aurait dû s'acquitter de l'ISF, tant avec Ségolène Royal que Valérie Trierweiler. 
Plus récemment, Emmanuel Macron a également intrigué: comment les 2 millions d'euros (bruts) touchés chez Rothschild ne l'ont-ils pas non plus asujetti à l'ISF les années suivantes... Mais l'intéressé a expliqué avoir fait d'énormes travaux de rénovation dans sa maison du Touquet. Oubliant cependant au passage que ces travaux, sauf si la maison menaçait de s'effondrer et qu'il s'agissait de la sauver, ont fort logiquement créé de la valeur, et augmenté celle de la maison aux yeux du fisc... 
Sauf à admettre que ces deux millions d'euros ont été investis dans la maison à fonds perdus... Comme les allocations aux faibles revenus pour stimuler le pouvoir d'achat ou les subventions gouvernementales à l'économie française.

lundi 3 août 2015

Pantin: des squatteurs s’installent à la Banque de France

Hobby: prendre possession de lieux inoccupés

Les squatteurs de l’ancienne maternité parisienne de la rue Erard (XIIe) 
Le collectif parisien de squatteurs espère rester dans d'anciens locaux
 de la Banque de France jusqu’à ce qu’il y ait un projet pour le site.
Ces artistes et mal-logés réunis dans le collectif Stendhal ont amené leurs affaires petit à petit ces derniers jours, en passant par l’arrière et, dans la nuit de dimanche à lundi, ont terminé leur infiltration dans le bâtiment de la Banque de France, avenue Jean-Lolive à Pantin, déserté depuis 2010.

Leur objectif est toujours le même, occuper des lieux vacants pour ’y vivre, mais aussi d’en faire "un endroit de partage et de rencontre avec les habitants"

Pourquoi Pantin, ville socialiste de Seine-Saint-Denis ?

La maire PS est Catherine Baratti-Elbaz, la suppléante de Sandrine Mazetier, députée de Paris et ex-adjointe à la maire du 12e arrondissement, Michèle Blumenthal, septuagénaire qui avait fait de la résistance contre la volonté d'Anne Hidalgo d'imposer le non-cumul des mandats. Les députés-maires Patrick Bloche (11e), Pascal Cherki (14e) et Daniel Vaillant (18e), ainsi que la candidate du PS dans le 5e en 2001 et 2008 Lyne Cohen-Solal, ont accepté de laisser leur place.

A Pantin, les squatteurs espèrent bien obtenir l’autorisation de rester sur place jusqu’à ce que soit tranché le sort de la belle bâtisse de briques et d’encorbellement de pierres. En 2013, on évoquait l’arrivée de l’école de design Camondo mais le projet semble au point mort
En attendant, ces spécialistes du squat apprécient l’espace où ils ont posé leurs matelas, les bureaux protégés par des portes blindées, la grande salle d’accueil, les logements de fonction avec salles de bain… Ils ont même visité la salle des coffres, lampes de poche à la main.

Le collectif artistique Stendhal occupa jusqu’en 2013 le 50, rue Stendhal pour y exercer des activités qui se veulent artistiques, mais aussi environnementales et solidaires. A la réception d'une notification d’expulsion, le collectif a déménagé au 5 de la même rue. Europe Écologie Les Verts du 20e avait décidé de soutenir le collectif Stendhal pour qu’il puisse demeurer dans le bâtiment jusqu'à la construction annoncée de logements sociaux, d'un centre d’hébergement et d'une crèche en 2014.

Pas question pour autant de bloquer un projet. 
En 2013, cette maternité avait été occupée par les associations Droit au logement (DAL) et Jeudi noir qui avaient occupé cette ancienne maternité pour "accélérer le processus" de réquisitions lancé par la ministre du Logement, Cécile Duflot. Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, souhaitait que la Ville y installe des logements sociaux. L'immeuble appartient à BNP Paribas et ses filières, selon les associations.
José, le porte-parole de la trentaine de militants, rappelle qu’ils n'en sont pas à leur première action commencée rue Stendhal, en juillet 2014, lorsque les travaux de rénovation de l’immeuble qu’ils libérèrent quand la maternité du XIIe fut rachetée le 15 septembre. 

Les squatteurs ont libéré les locaux de la Banque de France de Pantin ce soir, après une nuit. 

vendredi 10 octobre 2014

Hollande: Batho remonte au créneau contre la politique du gouvernement Valls

L'ex-ministre de l'Ecologie s'apprête à étriller le président de la République

Delphine Batho va publier "Insoumise", un pamphlet politique duquel François Hollande ne devrait pas sortir indemne

L'ancienne ministre de l'Ecologie ne passe pas la brosse à reluire. 
Dans son bilan de l'action présidentielle, Delphine Batho (PS) condamne l'"abandon de l'idéal" socialiste par Hollande et sa perméabilité au lobbying des grandes entreprises.
Un tutoiement qui tue
"Cher François (...) Tu as organisé une sorte d'abandon de l'idéal (...) Ton échec le plus grave est d'avoir tourné le dos à tes idées (...) Au fond, tu le sais bien, il n'y aura pas de deuxième mandat pour toi (...) Tu n'as plus rien à perdre, alors pourquoi ne pas essayer de mettre le temps qui reste à profit ? (...) Essaie d'accomplir des réformes dont on puisse être fiers", lance-t-elle à la fin de son livre au chef de l'Etat.
VOIR et ENTENDRE D. Batho dénoncer les choix du budget 2014 qu'elle jugeait "mauvais":


Dans son bouquin, 
Delphine Batho raconte les conditions de son éviction du gouvernement de Jean-Marc Ayrault le 2 juillet 2013

Pour s'être publiquement plainte de la réduction des crédits de son ministère, Batho s'était faite limoger du gouvernement. Elle juge aujourd'hui que c'est la décision d'un "chef de gouvernement en mal d'ascendant".
Elle dédie d'ailleurs son livre "à toutes celles et ceux qui, comme moi, ont un jour été écartés, limogés, licenciés, virés". 
Elle avait pourtant commencé par pointer des collègues en juillet 2013: "Je pense que d'autres ministres que moi sont allés beaucoup plus loin!". "Pas plus tard qu'hier, Cécile Duflot est allée beaucoup plus loin", avait précisé Delphine Batho, avant d'insister: "je n'aurais pas dû être virée !" Dans un entretien du Monde, Cécile Duflot avait en effet réclamé à François Hollande "un véritable second souffle" en matière d'écologie. Avec son éviction du gouvernement, "je crois que le Premier ministre a voulu faire un exemple. Comme si j'avais été le bouc émissaire, peut-être, du flottement qu'il y a depuis un certain nombre de mois"...

Duflot-Filippetti-Batho
L'ex-ministre fait le récit de son année passée au gouvernement, à lutter contre les lobbies du secteur énergétique - Henri Proglio, PDG d'EDF, était le "ministre fantôme" de l'énergie, et Christophe de Margerie, patron de Total, montre que "le patron, c'est lui" -, deux grands patrons pourtant violemment agressés par la gauche at temps des années d'opposition.

Hollande aurait en outre sacrifié temps et énergie à une relation conflictuelle avec Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif.
En désaccord total avec le président sur le gaz de schiste, l'erreur de casting affirme avoir été prête, ainsi que sa collègue Aurélie Filippetti, à quitter le gouvernement si leur meneur, Arnaud Montebourg avait démissionné après avoir été désavoué sur l'aciérie de Florange en décembre 2012. Elle regrette qu'il ne l'ait pas fait, car il a été contraint de partir l'été dernier "dans de plus mauvaises conditions", suivi d'Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture.

Le nouveau ministre de l'Economie n'échappe pas au carnage

A propos d'Emmanuel Macron, la ministre en disgrâce révèle que  "le tout-Paris des affaires chuchotait depuis longtemps qu'il se voit un jour président de la République".
L'amère Batho est moins virulente envers le premier ministre qui serait "le meilleur de sa génération" à ses yeux. Elle avoue toutefois que Manuel Valls l'a souvent "exaspérée par ses prises de position libérales".

L'aigrie est étrangement silencieuse sur l'actuelle ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, dont elle fut très proche et avec qui elle est brouillée comme tant d'autres, mais qu'elle ménage, voyant actuellement en elle une candidate crédible pour 2017, bien que déjà vue. 

Batho se prépare-t-elle à soutenir une nouvelle candidature de S. Royal ?

Celle qui fut l'une des porte-parole de Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012 est députée des Deux Sèvres, à la suite de Ségolène Royal, et devait garder le siège de son aînée au chaud, en cas de repli de l'ex-concubine de Hollande. Passée de la FIDL (au lycée ...Henri IV avec Mazarine Pingeot, la fille adultérine de François Mitterrand) à SOS Racisme, comme vice-présidente au côté du nouveau président Fodé Sylla, mouillé dans l'affaire de la MNEF et dans une sombre affaire de stupéfiants suite à des dépêches mensongères de l'AFP en 2007, cette originaire des Deux-Sèvres donc devint conseillère de Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle de 2007, pour les affaires de sécurité.

Batho miserait  sur ce cheval  de retour
Ministre le temps d'un seul printemps,  mais quadra en 2017, Batho se verrait bien à nouveau responsable du projet de Ségolène Royal, comme lors des primaires "citoyennes" de 2011.
Ségolène Royal aura-t-elle un tel besoin de Batho qu'elle puisse passer sur leur brouille? Son ex-mentor, Ségolène Royal, a eu la dent dure contre elle après son éviction, rappelant qu'il faut "jouer collectif" quand on est membre du gouvernement et assurant que "l'écologie ne se résume pas à un budget".
"Je ne veux pas commenter... Je crois que Ségolène Royal s'enferme dans une forme de rancoeur", avait laconiquement tancé Delphine Batho.

Delphine Batho traîne une casserole
Jeudi 19 avril 2012, le Collectif Jeudi Noir dénonçait l'occupation d'un logement social de la Ville de Paris, par Delphine Batho, porte-parole de François Hollande.

dimanche 5 octobre 2014

Chevènement, le locataire des HLM de Paris qui loue des lofts

Ancien ministre socialiste vertueux type

Jean-Pierre Chevènement avait déjà été mis en cause pour son modèle d'éthique

Un phobique de la quittance de loyer?
Le candidat à la présidentielle 2012 était encore moins exemplaire qu'il y paraissait, vu que plusieurs fois ministre, député, sénateur et maire il était locataire à la Ville de Paris d'un logement "social" parisien qu’il occupait personnellement. Le refus de Jean-Pierre Chevènement de rendre ses 120 m² aux défavorisés, après tant d'années (depuis 1983), n'avait nullement indigné la gauche. Des spécialistes qualifiaient pourtant son loyer de "très modéré" (1.519 euros/mois, à l'époque) par rapport aux prix du marché dans le quartier du Panthéon.
Il ne voulait pas plus en décaniller, pas plus que Delphine Batho.

Un socialiste masqué de plus
Julien Bayou, activiste
au regard sélectif
J.-P. Chevènement a en effet été co-propriétaire d’un immeuble
Sis à Ivry-sur-Seine, deux lofts ateliers-appartements de cet immeuble de rapport étaient loués à des artistes, intermittents ou bobos.
Le candidat nécessiteux à la présidentielle était associé depuis 2005 dans une Société Civile Immobilière, la "SCI Camille Claudel", propriétaire de l'immeuble d'artistes dans la ville communiste d'Ivry-sur-Seine. Ce bien immobilier avec vue sur Seine, dans le pur style bobo, est situé dans un quartier où le prix moyen du m2 était évalué à 3.600 euros. Aujourd'hui, l'immeuble regroupe, outre des artistes, un restaurant et des appartements. 
Pierre Bertheau, concepteur du projet, détaille l'historique du "107", nom de l'immeuble dans le milieu branché : "C'est avant tout un ensemble d'ateliers d'artistes. A l'époque on avait monté ça à 2.000 euros le m². Aujourd'hui (au début des années 2010) effectivement ça a pris de la valeur". Mais les ateliers sont-ils habités ? "Oui, certains en on fait également des appartements". Les ateliers avaient, en effet, dès le départ, été conçus pour être habités de façon permanente. Sachant que les surfaces vont de 75 m² à 140 m², il y a effectivement, en poussant un peu la ferraille, de quoi faire un très bel appartement !

Les Chevènement ne coucheront pas sous les ponts.
Si sa femme, la sculpteuse sur métal Denise "Nisa" Chevènement, a dû déménager son bruyant atelier dans un autre secteur d'Ivry (Val-de-Marne dont le président est PCF), le politicien socialiste n'a été traversé d'aucune prise de conscience, ni sursaut républicain donc, à la suite du malaise suscité par la révélation de son occupation d'un logement social de la Mairie dans le très recherché Ve arrondissement. Les époux Chevènement ont toutefois fini par donner une autre destination à leur appartement-atelier en le mettant tout simplement en location.
Nisa est en effet gérante d'une autre Société Civile Immobilière, la SCI Bayadère, créée en 1992 et installée, non pas dans le XXe, mais rue Suger (VIe), où le prix du m² avoisinait les 13.000 euros. La transparence étant ce qu'elle est, savoir si cette société gère un appartement luxueux ou une simple chambre de bonne ou d'immigré.

Le voisinage des époux Chevènement
Le collectif 4Sauvons les riches4
s'est-il invité au restaurant Laurent
ou à la Maison de l'Amérique latine ?
Leur ghetto comporte une vingtaine d'associés. Outre, les pro-nucléaires Chevènement, et leurs bêtes noires Emmanuelle Brisse, compagne de Bruno Rebelle, ancien dirigeant de Greenpeace et actuellement membre d'Europe Écologie-Les Verts.  Pourtant, Emmanuelle Brisse, également ancienne responsable de Greenpeace, nie en bloc tout lien entre elle-même et l'ancien ministre, puisque "je n'ai jamais rencontré Jean-Pierre Chevènement, je ne le connais pas. 
On était au début dans ce projet (la SCI Camille Claudel) mais on s'en est retiré très vite, on n'a même jamais eu les clés d'un des appartements", assure-t-elle, tout en continuant de signer  des papiers de co-propriété portant clairement le nom de Jean-Pierre Chevènement, de sa femme et de leur fils Raphaël Chevènement (qui possède donc aussi un appartement dans le même immeuble) et tandis que Bruno Rebelle twittait sans vergogne : "Malgré les pressions, Chevènement ne veut pas quitter son logement social à Paris, qu'elle honte !". 

La gauche extrême fermait les yeux

Bayou prépare son DEA
dans la rue
Détourner le regard n'est pas, croyait-on, son style.  Occupés et d'un bon rapport, DAL n'avait jamais pu y héberger des sans-abris et les Jean Rochefort (un habitué de La Baule et Deauville) et autres Balasko n'avaient rien soupçonné... 

Qu'est-ce qui empêchait Julien Bayou
, un conseiller d'Eva Joly, une magistrate vertueuse et candidate des Verts radicaux (EELV) à la dernière présidentielle, d'aller y organiser une animation spontanée devant les caméras?
Détenteur d'un DEA en économie internationale (!), qu'on peut imaginer aussi mérité que celui de J.-Christophe Cambadélis, tant il est accessible aux acteurs politiques socialistes (), Julien Bayou s'est beaucoup consacré à l'agitprop dans de multiples réseaux, collectifs ou réseaux (appelez ça comme vous voulez) : Génération précaire, Jeudi Noir, La France qui se lève tôt (mouvement), ASSO (Action des Salariés du Secteur Associatif, un syndicat), En 2011, tout en obtenant une licence de droit par correspondance (sésame pour le DEA), Bayou se disait choqué par la décision de la Ville de Paris de ne plus poursuivre l'ancien président Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs et participait à l'opération pro-palestinienne "Un bâteau pour Gaza" avec Olivier Besancenot (LCR)... 
Fin 2012, avec Stéphane Pocrain (l'homme des petites phrases et autres éléments de langage de la candidate), il fait partie de l'équipe de campagne d'Eva Joly et de l'expédition contre le bâtiment du 2, rue Valenciennes (Xe) pour y loger des habitants soutenus par le collectif Jeudi-Noir et DAL. En juin 2013, il s'engage aux côtés de Jérôme Kerviel.
Une telle débauche d'énergie impose un regard sélectif qui ne permet pas de garder un oeil vigilant sur son propre camp.

L'ex-ministre de l'Intérieur et de la Défense, mais aussi de ...l'Education nationale n'avait pas eu  - à lui seul -  l'idée généreuse d'en offrir la jouissance à des mal-logés.