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samedi 22 décembre 2018

Le RIC s'est imposé aux 'Gilets jaunes' comme la revendication numéro 1

Est-ce le signe de la récupération du mouvement social par l'extrême gauche politique ?

Comment faire du neuf avec du vieux ?

Samedi, place de l’Opéra, à Paris, des gilets jaunes manifestent pour réclamer la création du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Comment cette notion a-t-elle pu germer sur les ronds-points des Gilets jaunes, des "gens qui ne sont rien"? Comment un mouvement informel et sans tête, ni cervelle, a-t-il pu faire resurgir une idée si technique ? Sont-ils "plus intelligents et plus subtils" que Gilles Le Gendre et sa bande de jeunes blancs-becs à l'Assemblée ? Y aurait-il donc derrière les gilets jaunes, comme  le prétend le complotiste Jean-Michel Aphatie, "une organisation souterraine cachée, des tireurs de ficelles, des gens beaucoup plus politisés qu’on ne le croit" qui expliquerait cette soudaine irruption du RIC ?
Vote à main levée des 'Nuit debout'
Avant lui, le mouvement 'Nuit debout' qui, à partir du 31 mars 2016, organisa, sans meneur ni porte-parole officiel, des manifestations sur des places publiques contre la loi Travail de Hollande était organisé en commissions et prenait des décisions par consensus lors d'assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe. Or, il était en effet noyauté. Ainsi, comme d’autres intervenants, François Ruffin, aujourd'hui LFI, insistait sur la nécessité d'ouvrir le mouvement à toutes les classes sociales et aux personnes non engagées politiquement, à décentraliser la Nuit debout en banlieue, pour éviter une radicalisation par l'entre-soi et l'emprise d'intellectuels. Et on pense notamment à l'économiste Frédéric Lordon. 
Si on avait écouté Leila Chaibi, fondatrice du collectif 'Jeudi noir' (comme Julien Bayou, désormais conseiller régional d’Ile-de-France et porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, conseiller d'Eva Joly, candidate à la Présidentielle), spécialisé dans l’occupation de squats et accessoirement adhérente à la formation politique de Jean-Luc Mélenchon, le mouvement naissant à République - dont elle était une des chevilles ouvrières - se serait construit en totale indépendance des partis de la gauche de la gauche. En vérité, le mouvement aurait compté parmi ses visiteurs réguliers une petite centaine de militants du Front de gauche et autant du NPA. "Si t’arrives avec ta bannière, tu pourras pas entraîner le plus grand nombre", raconta néanmoins Fanny Gaillanne, conseillère de Paris communiste, arrivée à République le deuxième jour.
Pour Julien Dray, grand connaisseur socialiste des mouvements de jeunes, comme pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, un trotskiste, ces veilleurs de nuit uniques en leur genre sont loin d’être apolitiques : "J'ai vu l'extrême-gauche, des communistes.
Le NPA, on les reconnaît, ils sont là". Mais des députés socialistes frondeurs avaient aussi tenu à être vus, comme Pascal Cherki, Barbara Romagnan et Daniel Goldberg.
Certains activistes politiques étrangers étaient physiquement présents place de la République: l’espagnol Pablo Lapuente Tiana, membre de la section Podemos de Paris, est même devenu le référent "formation" de 'Nuit debout'. 
Aphatie n'est donc encore pas grand clerc à propos des Gilets.
Une vieille idée

D'abord, aucun des partis politiques traditionnels n’a réussi à récupérer le mouvement. La mauvaise réputation de la classe politique empêche le Rassemblement national et la France Insoumise de Mélenchon d’avoir une réelle influence sur lui. Mais si le socialisme avait une meilleure image, pourquoi le "revenu universel d'existence" de Hamon n'a-t-il pas en revanche refait surface?

La seule récupération politique qui a fonctionné, c’est celle des partisans du RIC. Le référendum d’initiative citoyenne est une vieille lune qui circule depuis longtemps, défendue par différentes entités, le Clic (Comité de liaison pour l’initiative citoyenne) d’Yvan Bachaud, l’association Article 3 ou Etienne Chouard et ses "gentils virus". Ce dernier, prof d’économie-gestion de lycée, s’était fait connaître en défendant le 'non', lors du vote sur le référendum européen de 2005. Il avait depuis disparu des radars médiatiques, ostracisé pour ses relations douteuses, notamment avec Alain Soral.
En 2017, le projet de référendum d’initiative citoyenne, soutenu par un Comité de Liaison pour l’Initiative Citoyenne, a été présenté au Parlement. Ce nouveau droit aurait promis de donner une voix aux citoyens pour proposer des lois, ou au contraire pour s’y opposer, en exerçant un contrôle préventif des décisions des élus. Le mécanisme se serait adossé à une plateforme publique de pétitions en ligne qui aurait permis de mettre à l’ordre du jour des discussions de l’Assemblée et du Sénat sur de nouveaux projets de loi. Ce droit d’initiative se serait accompagné d’un certain nombre de garanties, notamment en termes de protection des données personnelles des signataires et de pouvoir d’intervention dans le processus législatif.
D’après un sondage effectué en avril 2017 par l’IFOP, 83 % des Français interrogés seraient favorables au référendum d’initiative citoyenne. Ce résultat montre qu’un nombre important de citoyens est en attente d’une modification du système démocratique actuel.
Ce projet de loi porté par le Clic fut relayé par le site révolutionnaire trotskiste Mediapart...
Une "idée simple et révolutionnaire"


Très vite, les militants du RIC vont comprendre qu’il y a un coup à jouer avec les gilets jaunes - puisque apolitiques et naïfs - et vont pousser leur avantage. Changement de pied dès le 25 novembre, donc, au lendemain de l'"Acte 2" du mouvement ciyoyen des Gilets jaunes. Le Clic publie un communiqué : "Si les gilets jaunes avaient le RIC pour unique revendication, ils l’obtiendraient. Il en serait fini des taxes injustes !," assurent-ils, en sortant du bois. 

Le même jour, Etienne Chouard tweete : 


A partir de cette date, les militants du RIC vont faire preuve d’un prosélytisme très actif en faveur du référendum sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Exemple d’images qui circulent sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Le mot RIC va très vite s’imposer dans la conversation chez les gilets jaunes car il permettrait de passer dans les actes le "Macron démission". Si la révolution n’est pas possible et que Macron refuse de démissionner, il faut lui tordre le bras en lui imposant une cohabitation avec le peuple. 
L’idée d’un "référendum" circule chez les gilets jaunes depuis début novembre : "On désire tous ici un référendum national pour une destitution", lit-on alors sur les groupes Facebook. L’idée est encore embryonnaire et pas franchement aboutie. Les militants de la démocratie réelle vont arriver avec une solution clé en main, comme une formule magique capable de résoudre tous les problèmes : le RIC.

"Comment ils font pour nous dire non ?"

Dans la diffusion de cette idée, il faut souligner le rôle majeur joué par Maxime Nicolle, le gilet jaune le plus influent sur Facebook. Ruth Elkrief, moins fine qu'elle ne pense, l'invitera sur le plateau de BFMTV... Or, pour lui, dès le départ, il est évident qu’il ne faut pas négocier avec le gouvernement. La liste de revendications qui est présentée fin novembre à François de Rugy "ne sera applicable qu’après la destitution du gouvernement par référendum populaire", explique-t-il alors.

Le RIC, que lui font découvrir les militants de la démocratie réelle, lui apparaît comme une révélation. 
Le 8 décembre, alors que les gilets jaunes sont dans la rue pour l’acte IV, il participe à une conférence sur le RIC en direct sur Internet avec Etienne Chouard. Le référendum est pour Nicolle une option stratégique : "Si on a plein de revendications, l’Etat va nous en prendre une ou deux et on l’aura profond. Par contre, si on demande tous la même chose : que chacun puisse donner sa voix avec un référendum d’initiative citoyenne, comment ils font pour nous dire non ?Extrait du live Facebook de Maxime Nicolle du 4 décembre.

Horizontalisme radical

Résultat de recherche d'images pour "La Commune de Paris"L’idée pour Maxime Nicolle, intérimaire des Côtes d'Armor âgé de 31 ans et porte-parole des "gilets jaunes", est que si tout le monde a des revendications différentes, le seul moyen pour que chacun soit écouté est de passer par un outil de démocratie directe. «Plus de guerre d’ego, plus de guerre de pouvoir, avec le RIC, plus personne n’a le pouvoir, c’est la population entière qui a le pouvoir», explique-t-il. Cette idée de référendum citoyen s’inscrit dans la "démocratie Internet", cet horizontalisme radical qu’on retrouvait dans la mouvance Anonymous, chez les Indignés espagnols, Occupy Wall Street ou Nuit Debout. Sur Internet, toutes les paroles se valent, tout le monde peut donner son avis et être entendu. A contrario, la démocratie représentative fonctionne comme l’espace médiatique traditionnel, avec des représentants ou des journalistes, seuls habilités à parler, pendant que le peuple doit sagement se taire.

Image associée
Commune de Paris, 1871
La démocratie que souhaitent les gilets jaunes est celle des groupes Facebook, où tout le monde y va de son avis, où on signe des pétitions et où les grandes questions sont tranchées par sondage. Sauf que personne ne sait où mène cette pléthore d'avis contradictoires.
Qui peut imaginer qu’un politique – ou même un gilet jaune – les représente pour décider des grands choix de la nation ? Cela reviendrait à dire que quelqu’un a le droit d’écrire les commentaires Facebook à leur place. 
Le RIC, l’autre manière de faire la révolution.

vendredi 10 décembre 2010

LCR ou NPA, le Che-Besancenot fait pitié

Mais la condition ouvrière, connaît-il vraiment ?

L'ascension politique de « ce bon petit facteur »

Le facteur de Neuilly-sur-Seine (Paris) ne doit rien à la fille d'Alain Krivine
Ceux qui se demande comment Olivier Besancenot a bien pu progresser aussi vite dans la hiérarchie de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, avant son maquillage en NPA), jusqu'à en devenir le porte-parole et candidat à la présidentielle seront déçus. Tout en restant intime de beau-papa, Olivier Besancenot a rompu en 2005 avec la propre fille du fondateur du parti d'extrême gauche, toujours patron réel du parti , de même que Riton Emmanuelli anime l'aile gauche du PS et que Benoît Hamon est son patron apparent… Olivier Besancenot est devenu en quelques années le porte-parole de ce parti grâce au coaching efficace du père de son ex, malgré 1,05% à la présidentielle de 1969. Chez les trotskistes, la famille est d'abord politique.
Aujourd'hui et depuis quelques années, le porte-parole du NPA et la fille Krivine ont chacun un conjoint et des enfant(s) séparément.

Quant à la désignation d'Olivier Besancenot comme candidat de la LCR aux élections présidentielles de 2002 et 2007, tout est en ordre, quelle que soit l'horreur que le mot leur inspire. Elle doit tout à la procédure officielle du parti. Un vote du bureau politique suivi d'un second vote de la conférence nationale composée de délégués nationaux ont désigné l'homme aux talents politiques et médiatiques avérés.

O'Besancenot a obtenu le soutien passager du philosophe Michel Onfray qui a, depuis la présidentielle de 2007, pris ses distances avec le réalisateur britannique Ken Loach et lui.

Des revenus au-dessus de la moyenne des facteurs
En 2008, le candidat Besancenot affirmait recevoir de La Poste un salaire de moins de 1200 euros, hors produit de la vente des calendriers… La réalité est un peu différente, puisque Besancenot n'est à La Poste de Neuilly-sur-Seine que le temps des photos, c'est-à-dire quasiment jamais. Actuellement, Olivier Besancenot travaille officiellement à 80% à Neuilly-sur-Seine. Pour la pénibilité... Il y est présent quatre jours par semaine : mercredi, jeudi (sauf action syndicale), vendredi et samedi. Il bénéficie en fait d'une décharge syndicale maximale et se fait entretenir par les uns et les autres.

  • Le parti, par exemple. Ainsi, pendant cinq ans (1999-2004), lorsque beau-papa Krivine était député européen, le petit facteur a touché très régulièrement une indemnité d'assistant parlementaire européen dont le montant était très largement supérieur aux 5000 euros mensuels. A. Krivine lui versait la moitié de l'enveloppe consacrée aux attachés parlementaires (il en avait deux), soit 2500 euros, mais lui-même reversait la moitié de cette moitié au parti. Lui restait alors environ 1250 euros.
    Il déclarait alors toucher un salaire de 1000 euros net par mois pour son activité de postier. Pour son activité à la LCR, les lundis et mardis, il touchait en outre 2/5e du salaire d'un permanent, soit environ 800 euros.

  • Son patrimoine, tel que publié par la LCR, au cours de la campagne présidentielle
    Olivier Besancenot parle avec modestie d'un petit studio dans le XVIIIe, supposé être un arrondissement populaire de Paris. Un journaliste avisé découvrira sur place un appartement en réalité de bonne taille et dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre, le quartier le plus cher du XVIIIe, un des quartiers les plus recherchés des bobos (bourgeois bohèmes) parisiens. Le révolutionnaire en est évidement propriétaire, histoire de lutter contre la précarité et de s'assurer une retraite confortable.
    Or, un salaire à vie de postier n'y suffirait pas. Début 2007, présidentielles obligent, la LCR publie donc un communiqué supposé clarifier le patrimoine d'Olivier Besancenot.
    « Il est copropriétaire depuis 2004 d'un appartement de 55 m2 [pour 3] dans le XVIIIe arrondissement de Paris : la valeur de son patrimoine est de 37 000 euros. Pas de valeurs mobilières. Il a acquis une Peugeot 106 en 2001. » Et ça passe.
    Concernant l'emplacement dudit appartement, acquis à crédit avec sa compagne (il l'a donc remboursé pour l'heure à hauteur de 37 000 euros), il est bien situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, mais la LCR contestait: « pas dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre », plus près du populaire quartier de Barbès que des rues plus huppées des Abbesses.
    Il passe ses vacances dans le Lubéron, auprès des people: lien PaSiDupes

    Sa situation de famille

    Le black out est la règle chez les trotskistes et Besancenot ne fait pas exception.
    Né en 1974 d'un professeur de physique au collège et d'une psychologue scolaire des Hauts-de-Seine, il a d'abord milité à SOS Racisme avant d'intègrer les Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) et la CGT, puis la LCR en 1991.
    Titulaire au bout de cinq ans d'une licence d'histoire de l'université de Paris X – Nanterre, il embrasse la vocation de facteur en 1997 et milite aussi sec à SUD-PTT.
    Comme le socialiste Montebourg, qui en premières noces a épousé une aristocrate, le facteur a épousé la « princesse », Stéphanie Chevrier, son aînée de 5 ans (née en 1967 à Menton), une des principales éditrices de Paris, employée à la direction de Flammarion.
    Militante de la gauche antilibérale, entre autres à la Fondation altermondialiste Copernic (avec Clémentine Autain), co-animée par Leila Chaïbi, l’une des représentantes de la “minorité unitaire” au NPA et chef de file médiatique de l’Appel et la pioche, un collectif qui organise des pique-niques sauvages dans les supermarchés, Stéphanie Chevrier a assuré la publication d'ouvrages politiques comme ceux d’Alain Krivine ou de Désirdavenir Royal.

    Pour Besancenot, cette concubine présente plusieurs avantages : elle est d'un bon rapport, puisque l'un des plus hauts salaires de l'édition, mais c'est surtout une habituée des media. Ancienne compagne du chanteur Yves Simon, elle a favorisé l'émergence de l'écrivain. Dirigeant une armée d'attachées de presse, elle a construit sa carrière sur les relations presse et fait et défait des réputations. Le candidat à la présidentielle comptait donc exploiter ses moyens de pression et de rétribution et sans doute inciter les journalistes à plus de bienveillance à son endroit.
    Directrice littéraire chez Flammarion, où elle est en charge de la « littérature générale, fiction et non fiction », Stéphanie Chevrier n'est donc pas « membre de la direction ». Alors, elle a le salaire d'un cadre dans le secteur de l'édition (la convention collective de l'édition indique un salaire minimum d'environ 2500 euros).
    A propos des « moyens de pression et de rétribution » dont elle userait, elle recourt à une échappatoire: « Je trouve cela insultant pour moi et surtout pour les journalistes. »
    Opacité trotskiste.
  • mercredi 8 juillet 2009

    Les nouveaux agitateurs sociaux

    France Info assure le marketing du business militant

    Ou comment sortir de la précarité

    Depuis 4 ans, ils émaillent le mouvement social de leurs clowneries.
    "Génération précaire" contre les abus des stages, "Jeudi Noir" contre les logements trop chers, et plus récemment, "Sauvons les Riches" contre les inégalités de revenus, sont des collectifs d'agitateurs familiers des coups médiatiques de potaches...

    Tout a commencé à la fin de l’été 2005, sur l'Internet.
    Cathy, jeune femme qui enchaîne les stages, lance un appel sur un forum. Elle ne supporte plus sa condition dans les entreprises. Julien Baillou, Manuel Domergue et Lionel Primault (de gauche à droite, ci-dessous, avec Leïla Chaïbi, partiellement dissimulée, en fin d'article) et lui répondent, ils sont dans la même situation. Quelques semaines plus tard, tous manifestent en masque blanc, symbole de leur invisibilité dans le monde du travail. Leur mise en scène est remarquée et la question des stages entre dans le débat public.

    Un an plus tard, ils se mobilisent contre ce qu’ils appellent le "bizutage social" des jeunes, ils dénoncent les loyers beaucoup trop chers pour eux. Avec quelques autres, ils fondent alors "Jeudi Noir" : "Jeudi" jour de sortie du PAP (De Particulier à Particulier) qui publie les petites annonces en région parisienne, "Noir" pour la galère que représente la recherche d’un appartement. En 1929 aux USA, le jeudi 24 octobre fut un jeudi noir (ou Black Thursday) mais un DEA n’est pas une garantie de culture chez ces activistes. Et malgré leurs vagues références, ils lancent des visites festives de chambres de bonnes et de studios. Ils débarquent à quelques dizaines avec cotillons, mousseux et en musique. Là encore, micros et caméras sont prévenus.
    Avec leur camarade José Bové, les opérations de vandalisation de Mac Do et de destruction de champs de maïs ne sont pas aussi festifs…

    Des "coups" médiatiques aux ors des ministères

    Les gouvernements de droite dialoguent avec eux.
    Ils sont reçus par Gérard Larcher alors au Travail, Jean-Louis Borloo puis Christine Boutin sur le logement, et même Dominique de Villepin à Matignon au moment du CPE. Ils font aussi partie du comité des stages piloté par Valérie Pécresse, et ont tout récemment participé aux commissions Hirsch sur la jeunesse.

    Les résultats sont variables
    .
    Le 1er janvier 2007, le collectif Jeudi Noir s’affichait dans la nébuleuse de l'association Droit au logement. Dans son sillage, Jean-Baptiste Eyraud (DAL) avait aussi l'association MACAQ lorsqu’ils annoncèrent l'occupation d'un immeuble vide situé rue de la Bourse au coeur de Paris pour le mettre à la disposition des mal logés, avec le soutien de la LDH et de Médecins du monde.
    Sur les stages, la rémunération est désormais obligatoire au bout du 3ème mois et bientôt du 2ème. Sur le logement, les avancées sont plus maigres. Ils citent l’immeuble de la rue de la Banque à Paris, qu’ils occupaient avec d’autres associations comme le DAL et qui doit être prochainement transformé en logements sociaux.

    De jeunes créateurs d’entreprises !

    Leur méthode des coups médiatiques ravit l'Internationale socialiste de Radio France qui prétend que leur activisme paierait, quoique seulement « un peu », ce qui, pense-t-elle, va pousser d’autres associations et syndicats à faire appel à eux. C’est du moins la raison de leur propagande sur l’antenne nationale. Selon les journalistes militants, Jeudi Noir recevrait des sollicitations qui donnent à Julien Baillou et Lionel Primault l’idée de fonder leur petite entreprise de type coopérative.

  • Entreprise précaire
    Comme la coopérative n’est pas viable, Radio France se mobilise pour faire sa promo gratuite sur le service public: il faut sauver la boîte de production de l’événementiel anti-libéral. L’air de rien, l’agit-prop marxiste-léniniste ne répugne plus à faire de la pensée unique un produit.

    Depuis, bientôt un an, ils sous-traitent ainsi des actions contre rémunération.
  • C’est en économie fermée que, pour un collectif d’ONG, dont les camarades d’ATTAC et le SNU (Solidaires et SUD), ils installent par exemple un faux paradis fiscal: deux tonnes de sables (peut-être moins d'une tonne au vu de la photo ci-contre !), des palmiers et des transats, place de la Bourse à Paris.
  • Pour leur client de la CGT des Cadres, ils apportent un énorme réveil gonflable devant le siège du MEDEF, à 7h un matin, pour déposer une pétition. Les contrats se multiplient certes, mais pour le moment, leur société n’est pas encore rentable. Il y a belle lurette que travailler en vase clos, entre soi, ça ne paie plus.Par chance, des ONG et des syndicats les financent.

    Ils insistent sur le statut de "coopérative" de l’entreprise, pour marquer leurs distances avec un capitalisme pur et dur.
  • Et bénévolat
    Le business militant les éloigne peu des actions bénévoles et autonomes.

    Animation de centre social

    Le 13 février 2008, pour dénoncer les loyers trop élevés qui poussent certains jeunes à se prostituer en échange d'un logement, le collectif Jeudi Noir défile habillé en prostituées, proxénètes et travestis, devant le Ministère du Logement (cf. ci-dessus).

    Mais animation ciblée

  • En avril dernier, ils lancent le collectif "Sauvons les Riches", contre les inégalités de revenus et pour un salaire maximal. A ce jour, de rares opérations ont retenu l’attention de la presse.
  • Le 22 avril 2009, sur la musique de Dallas, ils débarquent à un déjeuner du Rotary Club et y remettent un diplôme de "fils à papa" à Jean Sarkozy. Ils s’invitent encore au restaurant du Bristol à Paris et y entament un pique-nique baguette-camembert, sous l’œil des caméras.
    Tout cela s’inscrit dans la campagne d’Europe-Ecologie, dont ils sont tellement proches, que l’une des activistes présentes, Karima Delli, n’est autre que la future eurodéputée par défaut (ci-contre à gauche) des Verts de Dany-le-Rouge, suite au désistement pour la benjamine de Suzanne Auger, qui ne voulait pas prendre un râteau ! Du bénévolat en toute autonomie…
  • Des membres du collectif ont fait irruption au conseil municipal de Corbeil-Essonnes (lire PaSiDupes au nom de la ville), dirigé par Serge Dassault, certes quatrième fortune de France, mais surtout pour faire l’amalgame avec l’opération précédente.
    Le collectif pourrait d’ailleurs s’appeler « Sauvons les Sarkozy », comme si Bernard Arnault, Liliane Bettencourt ou François Pinault étaient les pauvres de Sarkozy. Que de mépris pour Gérard Mulliez (Auchan) et la petite Élisabeth Bleustein-Blanchet, épouse Robert Badinter (ancien ministre de F. Mitterrand), actionnaire de référence du groupe Publicis ou Pierre Bergé, le multi-milliardaire de luxe qui arrose Sa Cynique Majesté Royal.

  • Une autre opération cibla cette fois Jacques Séguéla. Elle est malheureuse à plusieurs titres. Le publicitaire travailla en effet à la campagne présidentielle de François Mitterrand et caviarda truffa un clip télévisuel d’images subliminales. Séguéla inspira Jeudi Noir en déclarant que toute personne qui n'a toujours pas de montre Rolex à 50 ans a «raté sa vie». Le collectif lui offrit donc une montre Casio d'une valeur de quelques euros... qui ne fonctionnait pas. Allez savoir pourquoi la collection de montres de luxe appartenant à Julien Dray n’a pas retenu l’attention du collectif. Peut-être parce qu’elles étaient offertes par les camarades des Parrains de SOS Racisme et de la Fidl ? « A l’insu de leur plein gré », bien évidemment !

    La population laborieuse ne retiendra que la fable selon laquelle les riches sont exclusivement à droite mais ne sauront jamais combien de fois le SMIC gagnent Bernard-Henri Levy, à l'instar de son père, est toujours resté actionnaire et administrateur de plusieurs sociétés. André, le père a fondé une société d’importation de bois africains mais la Becob a été rachetée par le groupe Pinault-Printemps-Redoute en 1997, et la grande et belle conscience du philosophe BHL se trouve donc déchargée des accusations de déforestation et de pillage de l’Afrique qui s’abattent sur les exploiteurs de droite. La Société civile immobilière Finatrois (Capital social : 304.898,03 EURO) dont BHL est le gérant est sise 12 Rue Pauline Borghese à 92200 Neuilly-sur-Seine et lui rapporte sans doute à peine de quoi entretenir la blancheur immaculée de ses chemises.
    « La richesse de ce penseur du néant, ne réside pas dans son œuvre, mais plutôt dans sa fortune personnelle évaluée à plus de 120 millions d’euros. BHL qui se prétend écrivain- philosophe est plus en phase avec les chiffres qu’avec les lettres : « Bernard- Henri Lévy est riche, très riche (...) Mais l’essentiel de sa fortune, il en a hérité. Son père, André Lévy, a crée en 1946 au Maroc un groupe de négoce en bois, Becob. (...). Bernard- Henri Lévy dirige plusieurs sociétés financières : parmi elles BPL finances, Finadeux (créée en 1996), Finatrois (créée en 1998), et surtout Finaquatre. » » (lien ) En somme et à quelques millirds près, Jeudi Noir pourrait ce reconnaître en ce « showman de l’engagement »

    Escroquerie intellectuelle

    Comment en février 2009, malgré ses faibles effectifs et ses moyens financiers et logistiques limités, Jeudi Noir réussit-il à publier la carte de près de 50 immeubles vides à Paris, représentant près de 200 000m2 et une valeur de plus d'un milliard d'euros ? Ce travail d’investigation qui dépasse largement ses capacités personnelles d’enquête est en fait le cadeau de Mediapart qui ne se contenta pas de publier, mais crédita le mérite des recherches de ses journalistes militants et solidaires au collectif potache. Ainsi, les comiques de Jeudi Noir réussirent-ils à créer l’illusion de sérieux et à gagner en respectabilité.

    Julien Baillou : Ses camarades le qualifient de "chien-fou" inadapté au monde du travail. La chevelure en bataille, ce bobo vit à fond son militantisme : pendant presque deux ans, il a habité rue de la Banque à Paris, immeuble occupé avec les autres associations du ministère de la Crise du Logement. A 29 ans, issu de la classe moyenne, Julien Baillou est passé par l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg avant de décrocher un DEA d’économie (ou 'mastère'), comme Karima Delli et tout le monde à gauche, après Julien Dray ou Bruno Julliard…. Il est apprécié des différents collectifs pour sa maîtrise des nouvelles technologies. A en juger au graphisme du T-shirt de Sauvons les Riches (ci-dessus), il n'est pas prêt de sortir de la précarité.

    Lionel Primault : A 34 ans (1ère photo à droite dans le canapé), l’aîné passe pour le sérieux de la bande. Bien que fils d’ouvrier, il a fait des études de droit à Rennes. C’est notamment lui qui potasse les textes législatifs et réglementaires qui touchent aux questions qu’ils abordent, stages ou logement. Comme si les réseaux et collectifs ne disposaient pas d’un fonds garni de juristes militants sur la place de Paris ! Puisqu’il faut bien vivre, avec Julien Baillou, il a fondé l’an dernier une entreprise de communication qui sous-traite des actions coup de poing pour d’autres ONG et syndicats.

    Diplômé du Centre de Formation des Journalistes et de Sciences-Po Paris, Manuel Domergue, 27 ans (en tenue de travail ci-contre), est le communiquant tout désigné. Il trouve les slogans qui feront mouche et gratifie se confrères de formules choc. Il écrit en ce moment un livre sur l’indépendance du Cameroun. Lui aussi militant Verts depuis 2004, il a été assistant parlementaire d’un sénateur du même parti.

    Leïla Chaibi : Le trio a longtemps été un quatuor. Leïla Chaibi, 26 ans (photo ci-dessous), passée par l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse était de l’aventure "Génération Précaire". Elle fait toujours partie de "Jeudi Noir", mais elle n’a pas suivi les autres dans "Sauvons les Riches", lié à Europe-Ecologie. Elle a lancé de son côté "l’Appel et la pioche" au sein du NPA d’Olivier Besancenot. Contre la baisse du pouvoir d’achat, elle organise des pique-niques en supermarché en se servant dans les rayons.

    -> Selon le journal Le Monde, à la suite du premier conseil politique national (CPN) du NPA, des membres du Collectif L'Appel et la pioche (Leïla Chaibi) protestent contre des têtes de listes désignées majoritairement par l'ancienne direction de la …LCR, sans appel à candidatures. Ce qui ne manque pas de sel, puisque le Che-Besancenot attribue les gamelles successives du NPA aux élections à la jeunesse du NPA, bien que les traces d’ADN laissées par la LCR soient révélatrices… Leila Chaibi, animatrice de L'Appel et la pioche estima rétrospectivement (et librement) que ce genre de pratique démocratique est « entièrement normal » dans un parti en construction et que l'absence de débat serait au contraire une marque de « stalinisme ». Une marque du trotskisme, en tout état de cause.