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mardi 24 décembre 2019

Livret A : Macron va-t-il bientôt le laisser tomber à 0,5% ?

La rémunération du livret d'épargne populaire risque de tomber à 0,5% dès février 2020

A partir du 1er février, la mise en oeuvre d'un nouveau mode de calcul de fixation du taux de rémunération pourrait chuter le Livret A à 0,5%.

55 millions, c’est le nombre de victimes annoncées parmi les détenteurs d'un Livret A, l’un des placements préférés des Français. Malgré les aléas, son succès ne se dément pas, avec une collecte nette de 13,63 milliards d’euros entre janvier et octobre 2019, selon les dernières données de la Caisse des dépôts : plus l'avenir est incertain, plus les Français mettent de côté. Au total, l’encours du Livret A s’élève à 297,4 milliards d’euros, c'est 6% de plus qu'il y a un an à la même époque, avant que n'éclate la crise sociale en novembre 2018.
Les encours gonflent à 408,2 milliards d'euros (+5,7% sur un an) si on ajoute le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), un indicateur du niveau en hausse de l'anxiété sociale. Pourtant, ces produits d’épargne ne rémunèrent qu’à 0,75% actuellement, contre 1,83% en moyenne pour le fonds en euros de l’assurance vie, par exemple, mais les petits épargnants ne savent plus comment se protéger des jours mauvais. Les plus précaires n'ont plus les moyens de prévenir le malheur.

Et le temps "heureux" du taux du Livret A à 0,75% - gelé à ce niveau depuis août 2015 - sera bientôt révolue. A partir du 1er février 2020, en effet, une nouvelle formule sera appliquée pour fixer la rémunération de ce produit. Jusqu’ici, pour déterminer son rendement, on retenait la valeur la plus élevée entre, d’un côté, l’inflation des douze derniers mois et, de l’autre côté, la moyenne de l’inflation avec la moyenne mensuelle des taux interbancaires à court terme (Eonia) et Euribor 3 mois. Le tout étant ensuite majoré de 0,25 point. 

L'exécutif dégage sa responsabilité

Perte de la garantie d'un taux supérieur à l’inflation.
Bien que compliquée, la formule ancienne avait l’avantage d’assurer les épargnants d’une rémunération supérieure à l’inflation. A partir du 1er février 2020, le rendement du Livret A correspondra à la moyenne sur 6 mois du taux d’inflation et des taux interbancaires à court terme (Eonia), avec un arrondi au dixième de point le plus proche. Contrairement à l’ancienne formule, "il n’y a plus de garantie d’avoir un taux supérieur à l’inflation avec ce nouveau mode de calcul", analyse Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne.
Au moment où Macron nous promet un système à points, équitable et sûr, de calcul du montant de nos pensions de retraite à venir, l'exemple du calcul du taux du Livret A nous appelle à la prudence en matière d'épargne. 

Par ailleurs, pour tout de même apporter une petite protection aux particuliers disposant d’un Livret A, Bercy a fixé souverainement le taux de rémunération plancher à 0,5%. Autrement dit, à partir du 1er février 2020, le rendement du Livret A ne pourra jamais être inférieur à 0,5%. Si Bercy peut jouer tranquillement avec les taux du Livret A, quelles garanties avons-nous alors que de futurs gouvernements ne vont pas mettre nos retraités au pain sec.

Le problème, c'est que les taux d’intérêt négatifs (-0,46% pour l’Eonia) vont plomber la rémunération du Livret A. 
Et puis, si dans les mois à venir, le ralentissement de l’inflation continue au rythme actuel (elle est passée de +1,6% en décembre 2018 à +1% en novembre 2019), "on risque d’avoisiner un taux de 0,6% ou 0,5% pour le Livret A début 2020", indique Philippe Crevel, spécialiste des questions macroéconomiques et directeur du Cercle de l'Epargne. La rémunération de ce produit d'épargne pourrait donc tomber au futur taux plancher de 0,5% dès les premiers jours de l’application de la nouvelle formule. 

Un taux annoncé par François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, au micro de BFM Business ce mardi 17 décembre. 
"Cette formule, début février, pourrait donner un taux de 0,5%. Donc, il reste positif [sic], sauf s'il y a des circonstances exceptionnelles. (...) Aujourd'hui, il ne me semble pas qu'il y ait de raison d'invoquer des circonstances exceptionnelles" pour ne pas appliquer cette baisse, a-t-il lâché. Clairement et froidement, le gouverneur de la Banque de France juge inéluctable que la nouvelle formule de calcul conduise à une chute du taux à 0,5% dès le 1er février 2020. A un mois des municipales !

Rassurez-vous, vous ne perdrez d’un euro par mois : info ou intox ?
Lors d’un colloque organisé par la Caisse des Dépôts, le 2 octobre, Eric Lombard, son directeur général, est apparu cynique à souhait sur cette future baisse de taux : "en moyenne, sur un Livret A, les Français ont déposé 4.800 euros en 2018. Une baisse de 25 centimes de la rémunération leur coûterait environ 1 euro par mois." Pour 100 euros... Car pour 4.800, ce sera un manque à gagner de 12 euros par mois, soit 144 par an. Les "gens qui ne sont rien" ont-ils les moyens ?

Contrairement à l'assurance-vie, le Livret A ne faiblit pas en novembre : il va trinquer !

Cette année, comme chaque année, novembre sourit au Livret A.
Après la décollecte de 2,13 milliards d’euros du mois d’octobre dernier, le Livret A a renoué avec des résultats positifsen novembre : + 610 millions d’euros, soit une collecte voisine, mais inférieure à celle de 2018 (670 millions d’euros).

Pour le Livret A, novembre, ce sont les impôts locaux à acquitter, la proximité des dépenses de fin d’année et l’absence de versement de primes freinent logiquement les ardeurs des épargnants. Lors de ces dix dernières années, le Livret A a, ainsi, enregistré cinq décollectes au mois de novembre.

En 2019, le contexte social troublé a incité les ménages à épargner. 
Les gains de pouvoir d’achat engrangés en 2019, les plus importants constatés depuis 2007, ont été, en grande partie, mis de côté amenant le taux d’épargne à 15 % du revenu disponible brut. Ce constat est confirmé par la faible progression, depuis un an, de la consommation. Les Français estiment que l’amélioration économique - qui devrait se traduire notamment par une baisse du chômage -  demeure fragile. 
Le caractère plus précaire des emplois avec l’essor des CDD, du temps partiel ou de l’intérim, peut expliquer l’accès actuel de prudence. Le rendement faible du Livret n’influe guère sur le comportement des ménages saisi par l'angoisse du lendemain, mais sa baisse possible le 1er février prochain pourrait créer un réveil brutal du petit épargnant. Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette a atteint 14,24 milliards d’euros contre 9,54 milliards d’euros, en 2018, sur la même période, mais c'était avant la flambée du prix des carburants et la mobilisation des Gilets Jaunes. Le Livret A est sur le point de réaliser sa meilleure année depuis 2012 (28,16 milliards d’euros), année qui avait été marquée par le relèvement de plafond et par la crise des dettes souveraines (le taux du Livret A était alors de 2,25 %).

La dernière année positive est derrière nous
Le Livret de développement durable et solidaire a enregistré de son côté une collecte nette nulle après deux mois de décollecte. Ce livret qui est l’antichambre des comptes courants des ménages suit plus finement que le Livret A les évolutions de leurs dépenses, d’où des résultats différents de ceux du Livret A qui est davantage un outil d’épargne.

Le 1er février prochain, baisse ou pas du taux, les paris sont ouverts ?

En application de la nouvelle formule de calcul et compte tenu du taux d’inflation constaté depuis un an et des taux d’intérêt à trois décimales des marchés interbancaires, comme celui des carburants, le rendement du Livet A pourrait passer au taux plancher de 0,5 % au 1er février prochain (le taux est logiquement égal à la moyenne des taux monétaires à trois mois et du taux de l’inflation sur 12 mois avec un plancher fixé à 0,5 point).
Le Gouverneur de la Banque de France pousse dans le sens d'un abaissement à 0,5%. Le taux actuel de 0,75 % est nettement supérieur aux taux pratiqués pour des produits de même nature. 
Le taux de rémunération des livrets bancaires avoisine 0,20 % et le Livret A coûte donc cher à la Caisse des dépôts et aux réseaux bancaires au regard du rendement des placements et des prêts issus du Livret A. 
Le taux de 0,75 % rend peu attractif les emprunts financés à partir des ressources collectées. Cette situation pénalise les bailleurs sociaux, les collectivités locales, les PME, les structures de l’économie sociale et solidaire qui peuvent se financer via le Livret A. S’il décidait de ne pas baisser le taux, le Gouvernement portrait un coup à la nouvelle formule.

La proximité des élections municipales, ainsi que les débats complexes sur la réforme des retraites, pourraient dissuader le Gouvernement de baisser le taux du Livret A. Un taux de 0,5 % serait le plus faible jamais appliqué aux petits épargnants. Symbole de l’épargne populaire, le Livret A rapporterait 0,5 à 0,7 point de moins que l’inflation. Au début des années 2000, les gouvernements avaient instauré une formule de fixation du taux visant à garantir le pouvoir d’achat des épargnants, mais cela, c’était avant les taux d’intérêt négatifs.


mercredi 13 novembre 2019

Vers un tassement de la croissance, annoncé par la Banque de France


Elle met en garde pour le 4ème trimestre à 0,2%

Ce n'est la faute ni à Voltaire, ni à Macron, 
mais d'un ralentissement de l'économie mondiale...

La Banque de France abaisse à 1,3% sa prévision de croissance pour 2019.


Cette prévision reposant sur un repli possible de l'activité en novembre - les Gilets Jaunes peuvent-ils être incriminés ? - est fondée sur l'enquête mensuelle de conjoncture menée par la Banque de France auprès des chefs d'entreprises.

La croissance économique française devrait atteindre 0,2% au quatrième trimestre, soit un niveau inférieur au rythme de 0,3% par trimestre observé depuis le début de l'année, selon une première estimation dévoilée mardi par la Banque de France.

Cette prévision impute la responsabilité de ce désaveu des prévisionnistes à un repli possible de l'activité en novembre dans le bâtiment et l'industrie, après un mois d'octobre plutôt dynamique, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon la banque centrale française, après avoir repris de la vigueur en octobre, la production industrielle pourrait se tasser en novembre, les chefs d'entreprises interrogés anticipant un ralentissement, en particulier dans l'automobile
De même, "la croissance serait moins forte" dans le bâtiment en novembre qu'en octobre. 

A l'inverse, dans les services, l'activité devrait poursuivre "au même rythme" en novembre, après avoir «progressé modérément» en octobre, .

L'INSEE préfère s'en tenir aux trois premiers trimestres de l'année, quand la croissance française avait augmenté de 0,3% par trimestre, marquant sa résistance face au ralentissement économique mondial. Mais l'INSEE est un service de Bercy...

Même pour l'INSEE, au 30 septembre, l'"acquis de croissance" était de 1,2% - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait à la fin de l'année si la croissance restait nulle au cours du dernier trimestre. Et, au vu des chiffres connus de novembre, la croissance pourrait en effet être nulle à la fin de l'année .

Sur l'ensemble de l'année 2019, l'INSEE, comme la Banque de France, maintient ses prévisions optimistes de croissance à 1,3% en France, après 1,7% enregistré l'an dernier. 
Bien dans son rôle, le gouvernement n'hésite pas à tabler, quant à lui, sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,4%, tandis que le FMI a revu mi-octobre sa prévision de croissance à la baisse à 1,2%. Contre 1,7% en 2018...

vendredi 21 septembre 2018

Peur de l'austérité: la croissance du 2e trimestre confirmée faible à 0,2%


Le pouvoir d'achat des Français n'a aucune chance de se redresser

Le rythme de croissance reste inchangé depuis le début de l'année

Les retraités sont moins concernés que les actifs : ils ne sont que 37 % à redouter de tomber dans la pauvreté, contre 60 % de ceux qui travaillent (Illustration).

La croissance de l’économie française au 2e trimestre a stagné à 0,2%, le même rythme que sur les trois premiers mois de l’année, a confirmé vendredi l’INSEE, leur niveau de pouvoir d’achat n'a donc pas incité les ménages à consommer davantage.

Au 30 juin, l’acquis de croissance pour l’ensemble de 2018 s’établit à 1,3%, à savoir l’évolution du PIB, si l’activité stagnait complètement au deuxième semestre, comme dans les deux précédentes estimations fournies par l’institut statistique, sans amélioration.

A ce niveau bas, l’objectif d’une croissance annuelle moyenne de 1,7% cette année paraît compliqué à atteindre : à moins d’une très forte accélération en fin d’année, le gouvernement s'y est résigné, après avoir envisagé au printemps de la voir monter jusqu’à 2,0%.

La Banque de France et l’OCDE viennent d'ailleurs de revoir leurs prévisions respectives  2018 à 1,6%.

Les composantes de la croissance du 2e trimestre sont quasiment inchangées
Elles restent identiques à la précédente estimation publiée fin août, à savoir 0,2 point provenant de la demande intérieure et 0,2 point de la variation des stocks des entreprises, la contribution du commerce extérieur étant négative à hauteur de 0,2 point.
Les trois mois du printemps ont bien été marqués par une reprise de l’investissement des entreprises (+1,2%), après sa quasi-stagnation (+0,1%) du premier trimestre.

Mais un pouvoir d'achat en berne a produit une consommation des ménages en baisse (-0,1%), une première depuis l’automne 2016. Outre le manque d'incitation des ménages, l'INSEE incrimine les grèves dans les transports (SNCF et Air France) - sans pour autant mettre en cause la réforme SNCF - qui ont affecté les dépenses de services, et l’impact de la météo clémente sur les achats d’énergie.
Les tarifs du gaz ont d'ailleurs été augmentés de 0,2% en août (la Commission de régulation de l’énergie a en revanche "recommandé" de réduire ceux de l'électricité de 0,5 % pour les ménages, tout en augmentant de 1,1 % pour les petits professionnels), tandis que les prix du gazole ne cessent de progresser pour tous.
Au final, la peur des Français dans leur avenir se répercute dans le gel de la croissance

L'INSEE avance une raison politique à ce rebond. L'officine de Bercy fait valoir que le pouvoir d’achat de certains Français s’est nettement repris (+0,7%), après sa forte baisse (-0,5%) du premier trimestre qui tenait notamment à la hausse de la fiscalité (CSG et carburants) et à l’inflation. 
La baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine, principalement due au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), et une hausse des prix moins marquée dans le sillage de la facture énergétique.

Les évolutions opposées de la consommation et du pouvoir d’achat ont débouché sur un bond de 0,6 point du taux d’épargne des ménages qui, à 14,3%, retrouve son niveau de fin 2017. Début juillet 2018, Le Point indiquait qu'un sondage IFOP révélait que 55 % des Français ont plus peur que par le passé de tomber dans le dénuement.

Le taux de marge des entreprise, quant à lui, dégradé de 0,5 point, à 31,5%. Il accuse les effets négatifs d’un recul des gains de productivité, d’un léger rebond des salaires réels et de la poursuite de la dégradation des termes de l’échange, raconte l’INSEE.

Par ailleurs, le déficit des administrations publiques a "légèrement" augmenté au deuxième trimestre, selon l'INSEE qui évite d'évoquer des taux cumulés, 2,5% du PIB après 2,4% à fin mars.
Matière à commentaires de "fact-checkers", s'ils cessaient de viser (exclusivement) les réseaux sociaux...

mercredi 8 août 2018

Intox ou info: la Banque de France prévoit 0,4% de croissance supplémentaire

La Banque de France veut croire à 0,4% de croissance supplémentaire

Le BdF est-elle dans son rôle en participant à la manipulation de l'opinion ? 

La Banque de France est théoriquement indépendante, mais son gouverneur est nommé par décret du président de la République. 
Or, elle a tablé mercredi sur une légère accélération de la croissance au troisième trimestre après le "trou d'air" des six premiers mois de l'année. Mais, si optimiste soit-elle, la croissance selon la BdF pourrait s'avérer insuffisante pour atteindre les objectifs du gouvernement. Dans son point de conjoncture de fin juillet, la BdF estime néanmoins que "le produit intérieur brut (PIB) progressera de 0,4% au troisième trimestre 2018", après 0,2% au premier et au deuxième trimestres. Alors la question se pose de savoir à quoi joue cette institution. Depuis une dizaine de jours, Bercy mène une bataille de chiffres qui ressemble fort à de l'intox politicienne. Lien PaSiDupes : Croissance: le gouvernement contraint de revoir ses ambitions à la baisse

La BdF tente de rapprocher ses prévisions de celles de Darmanin qui prend l'engagement d'une croissance à 1,8 % en 2018

La semaine dernière, après le coup de mou du premier semestre, le ministre des Comptes publics,
Gérald Darmanin avait abaissé  la prévision de croissance du gouvernement, qui tablait jusqu'alors sur 2% cette année. Dans un langage fallacieux, il assura qu'elle ne serait "pas inférieure" à 1,8%, soit tout de même 2 points de moins qu'annoncés.

Alors que les objectifs de croissance du gouvernement semblent compromis et qu'il confirme néanmoins son objectif de réduire le déficit public à 2,3%, le gouvernement pourrait avoir des difficultés à tenir son nouvel objectif avec 0,4% de croissance au troisième trimestre. D'où l'intervention de la Banque de France.

Philippe Waechter, économiste chez Ostrum AM, estime ainsi qu'il faudrait "un rebond spectaculaire" au troisième et au quatrième trimestres" pour y parvenir, beaucoup plus fort que l'estimation faite aujourd'hui par la Banque de France.

Selon l'INSEE, officine du Ministère de l'Economie, l"'acquis de croissance" pour l'année en cours (le niveau que le PIB atteindrait si l'activité stagnait d'ici la fin de l'année) serait de 1,3%, loin de l'objectif de 1,8% à atteindre en décembre. L'organisme public prévoit 1,7% de croissance pour l'ensemble de l'année.En se montrant plus optimiste avec une prévision de 1,8%, la Banque de France risque de perdre en crédibilité.

Dans son projet de loi de finances, voté en décembre, Bercy avait prévu 1,7% de croissance pour 2018. Mais ce chiffre avait été relevé à 2% dans le cadre du programme de stabilité ("PSTAB") envoyé fin avril à Bruxelles, considéré comme la dernière prévision officielle du gouvernement.

"Les chiffres sont comme les gens. Si on les torture, on peut leur faire dire ce qu'on veut", mais quand les institutions s'y mettent, est-on toujours en démocratie ?

mardi 9 janvier 2018

Six mois de macronisme ont encore creusé le déficit de la France

La balance des paiements de la France s'est dégradée en novembre, avec un creusement du déficit public à 3,3 milliards d'euros contre 2,6 milliards en octobre

Annoncé à 2,2 milliards en première estimation, le déficit public d'octobre a été revu en hausse 

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'Premier de cordée' à la peine
La Banque de France accuse la dégradation du solde des transactions courantes principalement liée au creusement du déficit énergétique (-3,5 milliards en novembre après -2,7 milliards en octobre), ainsi qu’à une moins bonne performance des échanges de services, qui redeviennent déficitaires à -0,5 milliard après avoir affiché un excédent non significatif de 0,1 milliard en octobre.

A l'inverse, notamment grâce au négoce international, le solde des biens hors énergie est redevenu positif en novembre (+0,1 milliard d‘euros après -0,5 milliard en octobre),  souligne la Banque de France qui se cherche du réconfort, même provisoire après les années Pruneau Le Roux, lequel ressentait d'incessants frémissements, sans jamais atteindre la grande secousse.

Au total, rien ne bouge

Le solde du compte des revenus primaires et secondaires est resté excédentaire et inchangé d‘un mois sur l'autre, à 0,6 milliard d‘euros.

Le compte financier fait apparaître des investissements français à l’étranger en recul (2,8 milliards en novembre après 3,1 milliards en octobre) et des investissements étrangers en France évoluant dans les mêmes proportions (2,8 milliards après 3,2 milliard). Les investissements directs se sont donc maintenus globalement à l’équilibre pour le deuxième mois consécutif : un statu quo embarrassant.

Les investissements de portefeuille se sont soldés par des entrées nettes de capitaux d'un montant de 10 milliards d‘euros - avec des ventes de titres étrangers pour 16,5 milliards - après des sorties nettes de capitaux d'un montant de 33,7 milliards en octobre.

Côté dette publique, les opérations de prêts et emprunts continuent d'être élevées : ces "autres investissements" se sont quant à eux soldés par des entrées nettes à hauteur de 4,4 milliards d‘euros, ajoutées aux entrées nettes pour 47,3 milliards d‘euros en octobre.

mardi 17 octobre 2017

Réfugié en janvier, il obtient l'asile politique en mai et met le feu à la Banque de France en octobre

Le performeur se revendique de "l’art politique": une liberté d'expression à protéger ?

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne ont été placés en garde à vue ce lundi 16 octobre
Résultat de recherche d'images pour "piotr pavlenski incendie banque france"Ils sont accusés de "dégradation par incendie" pour avoir mis le feu à la façade d'une succursale de la Banque de France à Paris.

Vers 4h lundi matin, les sapeurs pompiers de Paris sont intervenus place de la Bastille, pour "un feu de détritus en plein air d'origine criminelle, collé à la façade de la Banque de France qui s'est aussi enflammée", a expliqué un porte-parole de l'institution.


L'individu avait obtenu l'asile politique en France

Résultat de recherche d'images pour "piotr pavlenski"Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, l'artiste, crâne rasé et vêtu de noir, a enflammé les murs de la succursale et se tenait droit devant la porte. "Le sas de la Banque de France a été touché, sans impacter les systèmes de sécurité. Le bâtiment est toujours sécurisé", a déclaré un porte-parole de la Banque de France. 

"La succursale ne sera pas ouverte jusqu'à nouvel ordre. La Banque de France ne pourra pas assurer ses services auprès des particuliers et des entreprises", a-t-il ajouté, précisant qu'une plainte sera déposée.

Résultat de recherche d'images pour "piotr pavlenski"
Défiant régulièrement le KremlinPiotr Pavlenski, 33 ans, affirme être menacé de dix ans de camp dans son pays pour des accusations de viol qu'il dit fausses.


Résultat de recherche d'images pour "piotr pavlenski oksana viktorovna shalygina"

L'individu s'était déjà rendu célèbre
en octobre 2014 pour avoir escaladé, nu, un mur de l'enceinte du centre Serbski où il avait été interné pendant 21 jours et s'être coupé un bout de l'oreille droite pour protester contre l'utilisation politique des centres de psychiatrie...

Il s'était aussi cousu les lèvres (ci-dessus) en soutien aux
Pussy Riot, un groupe de punk rock féministe russe condamné à deux ans de camp pour avoir "profané" la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou - comme des Femen - au cours d'une "prière punk" qui critiquait ouvertement le président Vladimir Poutine.

Le 'performer' s'est aussi placé nu dans un rouleau de fil barbelé devant l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg et  
il s'est également cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge ...

Sous le coup d'une enquête pour "actes agressifs à caractère sexuel", il s'est enfui de Russie avec sa compagne, Oksana Chaliguina, et ses enfants, mi-janvier 2017, et a demandé l'asile politique de la France qui lui a accordé, le 4 mai 2017.

Cinq mois plus tard, en remerciement, il a mis le feu à la Banque de France.
Image associée

L'incendie de la Banque de France, dans la nuit du 15 au 16 octobre 2017, a un précédent, puisque l'artiste s'est fait la main en arrosant d'essence et incendiant les portes du siège de l'ex-KGB.

mardi 1 août 2017

Electricité, gaz, livret A : ce qui change au 1er août 2017

Hausse des tarifs d’électricité, baisse de ceux du gaz, maintien (!) du taux du livret A...

Hausse du prix de l'électricité

Les tarifs réglementés de l’électricité, appliqués par EDF à 27 millions de foyers, subissent une hausse de 1,7 %
, comme l’avait proposé en juin la Commission de régulation de l’énergie (CRE), avant les élections. D’après elle, cette augmentation reportée est maintenant nécessaire afin de rattraper "les montants liés à l’insuffisance des tarifs au titre de l’année 2012", autre année électorale. 

Les tarifs d’électricité sont révisés tous les ans au 1er août. Ils sont calculés en additionnant les coûts de l’énergie, de l’acheminement et de la commercialisation de l’électricité. 

Le prix du gaz diminue


A partir du mois d’août, les tarifs du gaz baissent de 0,8 %, en moyenne
, selon la CRE. Dans le détail, les tarifs reculent de 0,8 % pour les trois millions de foyers qui se chauffent au gaz, de 0,5 % pour ceux qui l’utilisent pour la cuisson et l’eau chaude, et de 0,3 % pour ceux qui ne s’en servent que pour la cuisson.
"Les tarifs réglementés ont baissé de 20,5 % depuis le 1er janvier 2014, reflétant le recul des cours", clame la CRE, une autorité administrative qui nos est présentée comme indépendante, mais dont l'actuel président, Jean-François Carenco, 65 ans, était préfet de la région Ile-de-France et de Paris de 2015 à 2017 et son prédécesseur militait à l'UDF...

Le passe Navigo 
augmentera de 2,20 € 


Abonnement aux transports franciliens, le passe Navigo passe de 73 à 75,20 €. 
C'est toujours l'héritage de la gestion du socialiste Jean-Paul Huchon qui a repoussé les dépenses de modernisation des réseaux.

Le syndicat des transports d’Île-de-France (STIF), présidé par Valérie Pécresse, justifie cette hausse par "une augmentation récurrente des besoins de financement de l’ordre de 3 % par an". 
Le prix du ticket de métro à l’unité reste fixe (1,90 euro), alors que le prix du carnet de 10 tickets augmente de 40 centimes, passant de 14,50 € à 14,90 €.

 Le taux du livret A stagne 

Le taux du livret A est maintenu à 0,75 %malgré un plus bas niveau historique. Comme précédent s'agissant de la CRE, le gouvernement se réfugie derrière les recommandations de la Banque de France
propriété de l'État depuis le 1er janvier 1946, lors de sa nationalisation par le général de Gaulle.
Elle préconise, "dans une optique de stabilité" (c'est bien le problème : le gel de son taux dure depuis deux ans, le 1er août 2015), de ne pas suivre la formule de calcul théorique. 

D’après la Banque de France, le taux du livret A aurait dû remonter à 1 %. Le livret A bénéficie, depuis le début de l’année, d’une dynamique favorable. En juin, les dépôts sur ce placement ont une nouvelle fois dépassé les retraits, à hauteur de 840 millions d’euros, selon des données publiées par la Caisse des dépôts.

jeudi 9 juin 2016

Hausse du nombre de faillites en 2016

Si "ça va "mieux, pas pour les petites entreprises

Les faillites ont augmenté de 10% en 2016 

La France connaît une croissance inférieure à la moyenne des autres pays de l’OCDE. 
Or, les PME-PMI sur lesquelles comptent le président Hollande sont particulièrement vulnérables. Les défaillances cumulées sur 12 mois diminuent dans la construction, l’industrie, le soutien aux entreprises, le commerce et la réparation automobile, l’information et communication, ainsi que le transport. En revanche, en mars 2016, le cumul des défaillances est stable dans les secteurs non-productifs, tels l’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages, mais augmente dans l’hébergement-restauration à l'approche de l'Euro de football.

En France, il y a 63.000 faillites d'entreprises  chaque année. C'est une mise en garde de Arnaud Montebourg au Mont Beuvray en mai 2016. On peut discuter la précision des chiffres, comme le fait France Info, à la suite des informations de l'ancien ministre ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique invité de France Inter, sa consoeur du service public

Arnaud Montebourg a lancé ce chiffre rond  mercredi matin. "Vous savez, aujourd’hui, nous avons 63.000 faillites par an. C’est-à-dire qu’en fait, nous sommes à un niveau de 20.000 au-dessus de ce qui existait avant la crise. C’est pour ça que ça ne va pas mieux. 63.000 faillites, ce sont des faillites de toutes petites entreprises”, a-t-il expliqué. Le journaliste se veut plus précis avec ses fiches, rédigées à partir du dernier indice publié par la Banque de France, qui recense toutes ces statistiques. C’est 61.092 faillites en moyenne sur une année, affine-t-il. C’est un petit peu moins que ce que dit Arnaud Montebourg, mais on est effectivement dans ces valeurs. 

Ces faillites sont celles de "toutes petites entreprises" 

Celles qui seraient soumises aux accords d'entreprises et non plus de branche, si le projet de réforme du code du Travail passait en force en seconde lecture. D’après la Banque de France, proche du gouvernement, on est autour de 53.000 micro entreprises qui font faillite chaque année. C’est donc une très large majorité effectivement. 
Suivent les PME, avec environ 4.000 défaillances par an. Les principales victimes de faillite sont donc bien les très petites, les petites et les moyennes entreprises. 

Créations d'entreprises en hausse surestimée
 
Ce sont 10 à 15.000 créations de plus aujourd’hui qu’avant la crise de 2008, et non 20.000 comme l’exagère un peu Arnaud Montebourg. Avant la crise, on tournait autour de 47.000-50.000 chaque année.
 

Ce chiffre doit être comparé au nombre de créations d’entreprises chaque année. Il y en avait en moyenne 325.000 d’entreprises par an avant la crise. Aujourd’hui, on est autour de 525.000. Une hausse très importante qui s’explique notamment par la création, en 2008, du statut d’auto entrepreneur. 

En vérité, depuis le 1er janvier 2016, on parle désormais de micro-entrepreneur, qui bénéficie d'un régime unique et simplifié. Et la bataille des chiffres exploite ce changement d'appellation. 
Fin mars, le nombre d’entreprises ayant mis la clé sous la porte en France était en hausse de 0,8% sur les douze derniers mois. Et les chiffres provisoires pour la fin du mois d’avril annoncent là aussi une hausse sur les douze derniers mois, de 0,3%, avec 63 597 défaillances..En cumulé sur les douze derniers mois, les faillites de micro-entreprises ont en effet connu une progression de 1,5%.

Et la presse militante, se réjouit comme elle peut, car, évidemment, plus il y a de créations d’entreprises, plus il y a de risques de faillites! Mais, autre embarras que les décrypteurs et autres experts de la désintox passent sous silence: en France notamment, 30% des entreprises disparaissent après seulement trois ans d’existence.

mardi 9 février 2016

Hollande fait marcher la planche à billets

La BCE a-t-elle autorisé la France à faire tourner la planche à billets ?

La BCE aurait toléré un système permettant aux banques centrales nationales de faire tourner leurs planches à billets.


Un économiste allemand révèle cette facilité et reproche à la France et à l'Italie d'en auraient abusé. En Allemagne, la Banque centrale européenne (BCE) a mauvaise presse. Sa politique d'assouplissement quantitatif consistant à inonder le marché de liquidités inquiète les épargnants allemands, qui s'estiment floués par la pression à la baisse sur l'euro. Située à Francfort, la BCE est régulièrement accusée d'être trop indulgente avec les économies les plus endettées de la zone euro, comme la Grèce, l'Italie, ou la France. 


Fin 2015, l'institution dirigée par l'italien Mario Draghi a dû faire face à une nouvelle salve de reproches. 
Daniel Hoffmann, un universitaire allemand, a accusé cet ancien vice-président (ci-dessus) pour l'Europe de Goldman Sachs de permettre en secret aux banques centrales nationales de faire tourner à volonté leurs planches à billets, dans le cadre d'un dispositif nommé ANFA ("Agreement on Net Financial Assets"  ou "Accord sur les actifs financiers nets"). La France et l'Italie en auraient abusé, alors qu'aucune banque centrale n'est autorisée à financer des Etats.
Un trésor de guerre pour la France

Dans le journal Die Welt, Daniel Hoffmann cite des chiffres propres à attiser l'euroscepticisme ambiant: 510 milliards créés entre 2006 et 2012 par les banques centrales nationales, soit autant que le programme de quantitative easing (QE) lancé début 2015 par la BCE! De quoi constituer un trésor de guerre évalué, selon lui, à 600 milliards fin 2014. 
Mais dans lequel, surtout, la France se taille la part du lion, avec 170 milliards dans les caisses, tandis que la Bundesbank n'en détient que 14 petits milliards. 

L'accord ANFA datant de 2002 est de notoriété publique. 
Mais comme ses termes étaient jusqu'alors tenus secrets, les accusations de Daniel Hoffmann ont rencontré un certain écho outre-Rhin. Vendredi soir, la Banque centrale européenne a donc réagi en publiant un document expliquant le fonctionnement de l'ANFA, qui disculperait aussi la France de tout abus en la matière. L'ANFA est théoriquement là pour éviter qu'un pays abuse de son droit à créer de la liquidité, a plaidé la BCE. 

Une création de liquidité encadrée 
"Cet accord fixe des règles et des limites applicables aux portefeuilles non liés à la mise en oeuvre de la politique monétaire qui sont constitués dans le cadre des missions accomplies au niveau national par les BCN", explique la BCE. Cet accord -établi avant la crise économique- devait fixer pour chaque banque centrale nationale (BCN) les limites à ne pas dépasser en créant des liquidités pour financer certains investissements. Le but étant que ces nouvelles liquidités n'influent pas sur la politique monétaire de la BCE, mais qu'au contraire elles la prennent en compte et la complètent. 
Mais le trésor de guerre à la disposition des banques centrales nationales s'élevait à ...490 milliards d'euros fin 2015, a admis la BCE, qui ne peut plus maintenir son opacité. 

Sous la pression et par obligation de transparence, elle a également annoncé que chaque banque centrale nationale sera d'ailleurs tenue désormais de déclarer dans son bilan annuel sa part d'"actifs financiers nets". Quant à l'interdiction de financer des Etats, elle semble respectée dans la mesure où les banques centrales n'achètent jamais de titres de dette fraîchement émis sur le marché dit "primaire"... 

Toutefois, à chaque banque nationale sa stratégie 
Pour la France, le chiffre des actifs financiers nets était de 75,9 milliards fin 2014, selon le rapport annuel de la Banque de France. Soit un sixième du total des actifs financiers nets des 19 états-membres la zone euro. Pour la Bundesbank, c'était 12,4 milliards à la même date. "Hors politique monétaire, chaque banque centrale a son propre pool d'activité", explique François Haas, directeur-adjoint des opérations de la Banque de France. "Ces investissements assurent un revenu qui permet de préserver leur indépendance", poursuit-il. La somme allouée à la France correspondrait simplement à sa part importante au capital de la BCE (14%) à en croire la Banque de France relayée par la presse aux ordres, dont L'Express, mais la part de l'Allemagne et de 18% et elle est justifiée à froncer le sourcil.
Si l'Allemagne, avec ses 18% au capital, n'utilise pas plus cette possibilité, c'est que la Bundesbank a "un périmètre d'activité plus restreint que toutes les autres banques centrales en matière non-monétaire", raconte François Haas, bien que l'Allemagne ne coupe pas dans ce bobard. Il y voit une spécificité historique de la Bundesbank, qui se consacre essentiellement à veiller sur sa devise. Une rigueur qu'elle attend de ses partenaires méditerranéens. En vain. Les assistés se flattent de recourir au système D et Berlin gronde.