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mardi 20 octobre 2015

Castres coupée du monde par les gens du voyage

La police a dû évacuer les gens du voyage qui bloquaient la gare et la circulation des gens et des marchandises

Des familles ont pris possession des abords de la gare, menaçant la sécurité des voyageurs et des agents, selon la SNCF 

Il aura fallu quinze jours pour que la presse informe les Français que les trains ne circulaient plus dans une partie du Tarn en région Midi-Pyrénées, France. Le maire accuse la préfecture de ne pas remplir ses obligations en n'appliquant pas l'arrêté d'expulsion. Et d'ajouter: "Je ne peux qu'appuyer l'attitude de la SNCF, puisque le comportement des gens du voyage met en péril la circulation des trains et la sécurité des voyageurs."

Selon des journalistes du service public de France 3 Midi-Pyrénées sur place,
les gens du voyage qui occupaient illégalement un terrain appartenant à la SNCF à proximité de la gare de Castres auraient été évacués par la police à 9h30 ce mardi. Depuis deux semaines aucun train ne circulait en gare de Castres, contre 22 chaque jour en moyenne auparavant. A la vérité, les forces de l'ordre sont encore sur place et toutes les caravanes n'auraient pas été déplacées, selon un témoin libre et indépendant, sur place.

Depuis plus de deux semaines, les employés de la SNCF avaient exercé leur droit de retrait

Qui savait que les cheminots craignaient pour "leur sécurité et celle des voyageurs"? À l'origine de ce mouvement, le squat de gens du voyage au bord des voies de chemin de fer.
Une détonation aux causes indéterminées, un pétard, selon les services de Cazeneuve depuis Paris, un tir à balles réelles, selon des témoins locaux, a décidé les agents SNCF de terrain à fermer la gare, après une série d'incivilités dont les voyageurs et eux mêmes ont été victimes.
Le maire de la ville, Pascal Bugis, dénonce les actes de malveillance dus à la présence des gens du voyage. "Des fait de sabotage", explique-t-il, avec le dépôt de plaques de béton sur les voies et les aiguillages. "Ailleurs en France, (ce serait) considéré comme des actes de terrorisme"
La COP21 ne passe plus à Castres et le gouvernement produit du CO2.
La circulation des trains est interrompue et remplacée par des autocars entre la ville et Saint Sulpice/Lavaur, ainsi que Mazamet: 58 + 20 km de zone de non-droit sur le service public de la société nationale.


Préfecture et mairie (SE) se renvoient la balle

Photos à l'appui, le maire égrène les actes de malveillance et les dégradations commises par les gens du voyage à la gare et à la Vivarié.
Photos à l'appui, le maire liste les actes de malveillance 
et les dégradations commises par les gens du voyage
à la gare et à la Vivarié.
La vingtaine de famille s'est intentionnellement déplacée sur une zone à risque au bord des voies, suite à la décision de la mairie de Castres de fermer le camp d'accueil des gens du voyage de la Vivarié pour six mois pour pouvoir effectuer une rénovation

Suite au "bidouillage" du réseau d'électricité pour éviter de payer les consommations, la commune a décidé de fermer le centre pour "maintenance". "Il y avait des fils électriques qui traînaient; c'était extrêmement dangereux pour les enfants", explique la commune.

Le 7 octobre,
le tribunal de Grande Instance de Castres avait d'ailleurs ordonné l'expulsion des familles installées à quelques mètres des voies. Ce camp regroupe une vingtaine d'adultes et autant d'enfants. "On continue de demander l'exécution de cette décision pour retrouver la sérénité", a expliqué le service communication de la SNCF. Outre les incivilités fréquentes envers les agents, des enfants en bas âge se promenaient sur les voies, ce qui posait des problèmes de sécurité évidents.

Le maire dénonce la "complicité" de l'Etat
Malgré la décision de justice , la préfecture laisse la situation pourrir.
"Cette situation est insoluble, l'État ne peut pas mettre toujours des terrains à disposition. Tant que la Vivarié sera fermée, l'espoir qu'ils partent ailleurs est illusoire", avait renoncé mardi le préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme.

Les différentes procédures d'expulsion demandées par la SNCF, ordonnées par la justice et exécutées par la police n'ont fait que déplacer le "problème" de quelques dizaines de mètres à chaque fois. "Et l'État se retourne vers la commune pour leur trouver un terrain. Mais de qui se moque-t-on ?", gronde le maire. Pascal Bugis ne voit pas pourquoi il devrait fournir des terrains gratuitement avec eau et électricité. N'importe quel citoyen paye son logement. D'autant que les gens du voyage bénéficient des prestations sociales, comme les autres", rappelle le maire.

"J'ai demandé le recours à la force publique. Il n'y a eu aucune évacuation, dénonce le maire divers droite
, Pascal Bugis. Personne ne fera le travail à la place de l'Etat." Le maire accuse l'Etat de se rendre complice d'une "prise d'otage des usagers". Son opposition municipale, par la voix de la conseillère municipale PCF de Castres, Gréaldine Rouquette, n'avait pas hésité à affirmer qu'aucune solution de remplacement n'avait été trouvée pour les familles expulsées par décision de justice. Un terrain a été proposé, où il y a déjà une famille, informe le maire, mais "ils ont refusé, car ils ne veulent pas se mélanger"...

"Je remplis mes obligations de A à Z. Il s'agit de travaux de mise en sécurité suite à la destruction systématique par les occupants des installations électriques notamment". Le maire - qui a repris la ville au PS en 2001 - dénonce les exigences des gens du voyage qui souhaiteraient "un terrain par famille Ce ne sont pas des sur-citoyens ou des privilégiés de la République", n'en déplaise au Front de gauche.
"L'État a mis à disposition un terrain le long de la rocade à certains d'entre eux, mais ils ne veulent pas être tous ensemble !", explique Pascal Bugis qui indique qu'il est "hors de question que je me prête à ce cinéma avec les deniers des contribuables".

Quoi qu'en pense l'opposition municipale d'extrême gauche, le maximum a été tenté pour débloquer le problème dont la gauche ne facilite pas la recherche de solution:
 

Les propositions de relogement offertes par la mairie ont toute été refusées. "On a proposé des solutions dans les autres aires d'accueil autour de Castres, comme à Aussillon [à 10 kilomètres], Lavaur ou Graulhet; ils ne veulent pas y aller" explique l'élu dans La Dépêche du Midi.

Les usagers de la SNCF espèrent une reprise progressive du trafic mercredi dans la journée, la SNCF précisant qu'il était nécessaire de vérifier toutes les voies après 15 jours d'arrêt.

mercredi 31 octobre 2012

SNCF: le gouvernement veut reconcentrer les activités ferroviaires

Le gouvernement place la SNCF au coeur de sa réforme ferroviaire


Le gouvernement a accordé la primauté à la SNCF au coeur du nouveau dispositif, dès l'ouverture mardi du premier acte de la future réforme ferroviaire, promettant toutefois qu'il y aurait des garde-fous pour garantir une égalité de traitement entre les opérateurs entrant sur le réseau national. C'est bien le moins !"Nous aurons à construire, avec les acteurs du secteur, l'émergence d'un pôle ferroviaire public intégré", a déclaré le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier lors d'une conférence de presse, confirmant un rapprochement entre le gestionnaire de l'infrastructure, Réseau ferré de France (RFF) et l'opérateur historique SNCF.

"Mais il n'y a ni vainqueur ni vaincu", a aussitôt assuré le ministre, en référence aux projets antagonistes portés devant les instances nationales et européennes depuis des mois par les deux groupes publics.
La SNCF préconisait un rapprochement pour une plus grande efficacité du système. RFF plaidait pour une séparation stricte entre les rails et les trains afin de garantir l'équité entre les entreprises ferroviaires, comme le recommande la Commission européenne en vue de l'ouverture à la concurrence du transport national de voyageurs, au plus tard en 2019. "Il doit y avoir une séparation stricte entre les fonctions de gestionnaire d'infrastructure et d'opérateur. Sous quelle forme? 
Cela est sujet à discussion", a déclaré lundi le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas."Il faut voir ce qui est proposé dans le détail", a poursuivi, méfiante, sa porte-parole Helen Kearns, pour qui il n'est "pas du tout sûr que les propositions soient contradictoires par rapport à ce qui est en train d'être proposé par la Commission européenne".

VOIR et ENTENDRE BFMTV annoncer le coup d'envoi de la réforme ferroviaire
(veuiller cliquer sur le lien imposé par l'AFP qui assure l'exclusivité  à Dailymotion...) :

Le ministre des Transports veut réformer le... par afp

"Impartialité et indépendance" ne vont pas de soi
Le gouvernement se veut rassurant sur ce point et assure que la réforme comprendra des "garanties d'impartialité et d'indépendance" pour satisfaire aux exigences de Bruxelles.Mais même si plusieurs points restent à éclaircir, notamment sur la nature juridique du futur pôle public intégré, il est clair que le projet gouvernemental va dans le sens de ce que souhaitait la SNCF.
Le nouveau pôle public regroupera un gestionnaire d'infrastructure unifié (GIU) et la SNCF, à laquelle il sera rattaché. Là encore, le schéma laisse la place aux interprétations car les conditions de ce rattachement n'ont pas encore été définies."Cette intégration sera un rattachement direct et public", a toutefois précisé le ministre venu présenter la réforme à quelque 2.500 cheminots réunis à Paris pour le 75e anniversaire de la SNCF.
Il s'est aussi adjoint les services de deux hommes d'expérience, Jacques Auxiette, 73 ans en décembre, vice-président de l'Association des Régions de France (ARF), ex-responsable de la nébuleuse PS à l'Education nationale (MGEN, et  Fédération des Œuvres Laïques de Vendée), et Jean-Louis Bianco, 70 ans en janvier prochain, ancien ministre socialiste des Affaires sociales, chargé notamment du volet social. Deux serviteurs socialistes recasés et une occasion manquée d'ouverture: il ne manquait plus que Martine Brochen-Aubry.  
Alignement des durée du travailDepuis 2006, et l'ouverture à la concurrence du fret, coexistent dans le secteur deux régimes distincts.Réseau ferré de France (RFF) ne devrait pas perdre au change et les syndicats de la SNCF se sont montrés à leur tour demandeurs d'avantages sur les premières orientations du gouvernement en échange de leur clémence: ils promettent de rester  "très vigilants" face aux "inconnues", dont le statut juridique du futur gestionnaire de l'infrastructure et la question du statut social.
Autre point d'achoppement de la réforme, le GIU réunira Réseau ferré de France (RFF), la direction de la circulation ferroviaire (DCF), les cheminots de SNCF Infra (la branche infrastructure de la SNCF), soit au total 50.000 salariés."A ce stade les conditions de rapprochement des personnels ne sont pas arrêtées", a souligné RFF, soupçonneux.
Depuis 1997, RFF gère en autonomie le réseau dont l'exploitation assurée par la SNCF et quelques opérateurs privés. Mais les compétences se chevauchent et l'endettement conjugué des deux entreprises (plus de 32 milliards) croît de plus d'un milliard par an.
Le nouveau dispositif, supposé supprimer les dysfonctionnements actuels par le biais de l'unification, viserait à "assurer l'équilibre économique de long terme du système ferroviaire", selon le ministre.
La mission de Cuvelier consiste plus assurément à renforcer la puissance de frappe et de blocage de la SNCF, de lui redonner son lustre d'antan...