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jeudi 25 juin 2015

La mafia des taxis traditionnels manifeste: barrages filtrants, voitures sur le toit et autres violences

Les chauffeurs de taxi "se font justice" jeudi pour... "faire respecter la loi"

Les taxis défendent leur monopole par la force

Palettes en feu sur le périphérique, bretelles d'accès à l'aéroport de Roissy bloquées et confrontations tendues, parfois violentes, avec les chauffeurs de VTC. "C'est mon outil de travail, ça va me coûter une fortune, je ne sais pas comment je vais faire", se lamente Julien Cinquin en regardant son van aux quatre pneus crevés et à la vitre arrière éclatée, Porte Maillot, dans le Far-West parisien. "Pourquoi t'es venu travailler; tu savais qu'il y avait grève aujourd'hui", rétorque un gros chauffeur de taxi à ce chauffeur de "transport de personnes" à son compte qui assure ne travailler "ni pour Uber, ni pour aucune application".
Julien Cinquin est tombé sur un barrage d'une dizaine de taxis. En quelques secondes, ils l'ont extirpé du van, lui ont cassé les rétroviseurs et jeté un gros pétard sur la banquette arrière. Une charge de CRS les a empêchés  in extremis de renverser le véhicule. Une chance que n'a pas eue un de ses collègues, dont le van Mercedes s'est retrouvé sur le toit à quelques dizaines de mètres de là (photo ci-dessous).
Malia, 50 ans, dont trois comme taxi, observe la scène: "Les taxis, ok c'est des grandes gueules, mais habituellement c'est pas agressif", assure-t-il contre l'avis de tous, qui ont un jour ou l'autre subi leur mauvaise volonté à aider à charger-décharger le bagage, voire leur grossièreté à la moindre contestation du montant de la course d'approche, du barème des tarifs ou de l'itinéraire choisi à rallonge. 

"Jusqu'il y a trois ans, on manifestait jamais. Mais là vous avez des gens qui ont une famille à nourrir, un crédit... Ils sont acculés," raconte-t-il, va qui veut l'entendre.

Depuis l'aube, des centaines de taxis perturbent fortement la circulation dans et autour de la capitale pour dénoncer la "concurrence déloyale" d'UberPOP, qui met en relation des passagers et des conducteurs non professionnels assurant le transport avec leurs propres véhicules.
Les manifestants ont occupé les voies du périphérique

VTC, porte Maillot à Paris
Peu avant 07h00, ils ont brûlé pneus et palettes au niveau de la Porte Maillot, avant d'être délogés par les policiers. Quelques dizaines d'entre eux essaient à nouveau vers 09h30, mais ont été rapidement dispersés.
"UberPOP est illégal. C'est la loi et il faut la faire respecter. Nous n'avons pas l'impression que le gouvernement est volontaire en la matière", se plaint René Pierre-Jean, délégué CGT devant la gare du Nord, dont les accès sont bloqués.

Sur les vitres de leur taxi, des tracts: "Ne nous laissons pas uberiser", "Non à la précarisation des chauffeurs de taxi" qui, en d'autres temps, se disent exploités par les patrons des groupes G7 et Taxis Bleus. "UberPOP, c'est du dumping. Ils n'ont pas de contrainte, de charge, d'obligation légale", plaide Thierry Boyadjan, un taxi de 54 ans. 

Mais les VTC ont le soutien du public et roulent dans le sens du covoiturage et de l'Histoire, 

contre les privilèges et pour la fin du monopole de Nicolas Rousselet, PDG du Groupe G7, également investisseur dans la société Les Taxis Bleus, et fils d'André Rousselet (fondateur de la chaîne à péage Canal+, en 1984, et de l'entreprise de taxis G7).
Les taxis traditionnels ont en revanche le soutien de Marine Le Pen. La présidente du Front national a affirmé jeudi matin sur France 2 qu'elle "comprend la colère" des chauffeurs de taxi, qui ont manifesté dans plusieurs villes, face à une "concurrence déloyale". "Et je trouve que le gouvernement a une lourde responsabilité, car il laisse depuis des mois pourrir la situation".

La manière forte des taxis contre la concurrence
Abords de l'aérogare de Marseille-Provence
Des barrages filtrent les accès à l'aéroport d'Orly, tout comme à Roissy. Un véhicule conduit par un chauffeur UberPOP a été piégé par l'appel d'un syndicaliste. Pris en chasse, il est intercepté alors qu'il tente de débarquer une cliente devant le terminal 2E.
Sous les cris d'une vingtaine de grévistes, il doit être protégé sur quelques mètres par une escorte policière qui a fait sortir la cliente. La plaque d'immatriculation du chauffeur est relevée sous les huées des chauffeurs de taxi. Il devrait être convoqué ultérieurement par la police. 
"C'est un POP illégal, c'est un POP illégal", lance la meute des taxis qui encerclent une autre petite cylindrée qui contraste avec les grosses berlines des chauffeurs établis. "Verbalisez verbalisez", ordonnent-ils aux policiers. "A Roissy, les chauffeurs UberPOP on les reconnaît vite", explique José Diogues, taxi depuis 38 ans. "On a envie de les buter; c'est interdit et ils continuent de faire chier."
Certains taxis arborent un drapeau français et des affiches xénophobes  "Uber go home" contre le groupe américain. Impossible d'accéder aux aérogares en voiture. Quelques passagers arpentent l'asphalte déserté, traînant vaille que vaille leur valise à roulettes. "Mon mari m'a laissée au niveau du barrage de taxis et j'ai marché plus d'un quart d'heure!", dit Christine, une femme d'affaires en partance pour Stockholm. "Ca me révolte, on empêche tout le monde de bosser".

vendredi 7 novembre 2014

Grogne des buralistes contre la hausse des taxes et les sanctions visant les fumeurs

L'harmonisation des prix européens serait favorable aux Français, défavorable à l'Etat

C'est au tour des buralistes de faire part de leurs inquiétudes
,
après les ouvriers de la SEITA, ancienne entreprise publique privatisée en 1995, qui avaient finalement accepté de signer un accord pour un plan social le 15 octobre. 

Taxes sur les cigares et cigarillos, projet de paquet neutre pour 2016, nouvelle hausse de prix en janvier, augmentation du marché parallèle: les buralistes, accablés et en colère, ont manifesté mercredi 5 novembre devant le Sénat à Paris pour interpeller les pouvoirs publics, avant leur congrès national jeudi, qui s'annonce musclé. "La manifestation de Tulle lundi, qui a réuni 400 à 500 manifestants buralistes était une première opération avant une montée en puissance au niveau régional et national dans les jours et les semaines à venir", avait prévenu Pascal Montredon, président de la confédération. Ils ont bloqué les accès de la ville sur six points différents. Toutefois, les barrages étaient filtrants, avec possibilité de passage toutes les dix minutes. (lien RTL)
Venus de Corrèze et d'une douzaine de départements du Limousin, d'Auvergne ou d'Aquitaine, ils ont tenté lundi de sensibiliser le gouvernement à leur "ras-le-bol" contre le projet de paquet générique devant voir le jour en 2016 en France et la hausse des prix du tabac prévue au 1er janvier (la quatrième en deux ans), deux mesures qui, selon eux, "menacent directement l'existence de leur profession".
Le gouvernement a proposé d'ajouter des sanctions aux sanctions en sanctionnant les acheteurs de cigarettes sur internet, à l'occasion du congrès national des buralistes, très remontés après de récentes mesures anti-tabac.
Le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert était attendu de pied ferme à leur sommet annuel de deux jours à Paris et ne s'"attendai(t) pas à une réception gracieuse", connaissant la "colère" de buralistes " très remontés contre le manque de concertation avec le gouvernement", met en garde Pascal Montredon. En octobre, ils s'étaient en effet déjà déclarés "excédés et accablés" par les diverses mesures du gouvernement "contre leur profession". "Depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, nous sommes remontés contre une politique de santé spectacle qui ne fait qu'accroître le marché parallèle", souligne le représentant de la profession.

Mercredi, la fédération des buralistes d'Ile-de-France appelait à son tour à manifester

lls se sont massés devant le Sénat
La commission des affaires sociales examinait le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). "Nous serons devant le Sénat pour dénoncer la probable disparition des cigares et cigarillos du marché français, suite à un amendement adopté à l'Assemblée Nationale", avait annoncé la confédération.

Le cannabis, oui; le tabac, non !
Porté par l'ancienne ministre, Michèle Delaunay (PS), et cosigné par des socialistes vertueux et des  censeurs écologistes, cet amendement  a été voté le 23 octobre, contre l'avis du secrétaire d'Etat Eckert. "Si cet amendement, qui vise à multiplier par 2,5 les prix de ces produits, est appliqué, c'est une activité complémentaire pour les buralistes qui va disparaître", avait fait valoir - en vain -  Pascal Montredon, appelant les sénateurs à supprimer cet amendement.

"L'an dernier, 722 bureaux de tabac ont mis la clé sous la porte. En 2014, ils seront 1.000, soit 2.500 emplois qui vont disparaître en raison de la concurrence déloyale faite par les ventes transfrontalières dans les pays limitrophes où le prix du tabac est moins élevé, et le marché parallèle", regrette P. Montredon, pour qui "l'Etat est en train de (les) lâcher". Plusieurs études estiment à 20% au moins, la part des cigarettes fumées en France et achetées hors du réseau officiel des buralistes.
Le marché des cigarettes en France a légèrement ralenti sa chute sur un an à fin septembre, enregistrant une baisse de 5,7% en volume, inférieure à celle de 6,7% enregistrée au premier semestre. Ce marché continue néanmoins de dévisser après avoir enregistré sur l'année 2013 un recul de 1,5% en valeur, et de 7,6% en volume. Le commerce du tabac relève du monopole des buralistes, mais au moins une cigarette fumée sur cinq n'a pas été achetée dans le réseau officiel et échappe donc aux taxes françaises.

Les sanctions contre les acheteurs visent à renforcer la lutte contre le marché parallèle du tabac, notamment sur internet où la vente de ces produits est déjà interdite. 
"Le service spécialisé 'Cyberdouane' procède à une veille permanente sur la toile permettant l'identification des sites litigieux", s'est défendu Eckert, au milieu des huées de plusieurs centaines de buralistes qui, à son arrivée, portaient tous un masque blanc pour dénoncer l'adoption du paquet de cigarettes neutre par la France.
"Mais je veux aller plus loin. Dans le cadre de la nouvelle directive tabac, nous avons obtenu de nos partenaires que chaque Etat membre puisse interdire les ventes à distance, notamment par Internet. Pour permettre aux Etats de faire respecter cette interdiction, les détaillants implantés dans des pays où la vente à distance est possible seront tenus de s'enregistrer auprès des autorités, et une obligation de coopération entre Etats-membres est instaurée", a promis le secrétaire d'Etat, tentant de se faire entendre dans une salle très bruyante et agitée.
Il a ensuite raconté qu'il souhaite  "s'appuyer sur ces textes pour mettre en oeuvre un véritable plan d'action cohérent, réaliste et efficace contre la vente illicite de tabac via internet". D'abord, "le premier axe de ce plan prendra la forme d'une évolution législative que le gouvernement entend faire adopter d'ici la fin de l'année au Parlement, pour interdire non seulement la vente de tabac à distance, mais également son acquisition et son importation lorsque la vente est transfrontalière", a certifié Eckert.

L'objectif du gouvernement Valls est de"déployer un régime de sanctions dissuasives pour les acheteurs
notamment pour les cas de fraude en bande organisée, et d'autre part d'améliorer considérablement l'efficacité des dispositifs de contrôle, par une saisie immédiate de la marchandise", a-t-il promis.
Ces contrôles -"deuxième axe" du projet gouvernemental- "reposent sur un partenariat avec les opérateurs de fret postal (...) qui devront dénoncer les destinataires de colis suspects. Les douanes transmettront premièrement à ces opérateurs une liste exhaustive de sites de vente de tabac sur internet, qu'ils soient implantés à l'extérieur ou à l'intérieur de l'Union européenne, avec lesquels les entreprises de fret mèneront un travail préventif consistant à cesser toute prestation de livraison de tabac vers la France", a-t-il expliqué. 
Un fichage, enfin. "Les services douaniers transmettront à ces opérateurs une liste complémentaire de destinataires identifiés comme de gros acquéreurs de tabac prohibé sur internet, et qui permettra aux transporteurs d?isoler des colis pour permettre un contrôle ciblé et efficace des douanes".

Eckert a réaffirmé que "la vente du tabac, c'est le monopole des buralistes". "Nous y sommes attachés; personne ne veut y revenir".
Il a noté que ces ventes illégales et "insupportables" "mettent à mal l'équilibre du réseau et privent au passage l'Etat français d'un certain nombre de recettes".


samedi 22 mars 2014

Tribune de Nicolas Sarkozy: le républicain Manuel Valls refuse de débattre avec Henri Guaino

Qu'a donc  Valls à cacher?

Le ministre de l'Intérieur fuit le dialogue à propos de la tribune de Nicolas Sarkozy
Manuel Valls veut le monopole de la parole: il exige d'être seul à parler lorsque qu'il est l’invité d’une matinale. Vendredi 21 mars, sur Europe 1, le ministre de l’Intérieur est monté au front, comme de nombreux autres ministres, suite à la publication de la tribune signée Nicolas Sarkozy dans Le Figaro.
Le locataire de la place Beauvau s’exprimait en duplex depuis Valence, tandis que, dans le studio délocalisé gare de Lyon, Henri Guaino attendait son tour pour répondre aux questions de Jean-Pierre Elkabbach. Il était prévu deux entretiens successives, mais le ministre du changement et du dialogue ne voulait pas céder le micro.

Pas question, donc, pour  l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy d'obtenir un temps de parole et de s'exprimer avec Manuel Valls. Et lorsque Thomas Sotto suggère que Manuel Valls débatte avec Henri Guaino, la réponse du ministre est cinglante .
"Non non non ! Excusez-moi, monsieur Sotto. Nous avions prévu une interview du ministre de l’Intérieur sur un certain nombre de sujets. Il n'était pas prévu d’organiser un débat ce matin. […] Il ne sert à rien de créer du spectacle sur un sujet grave alors qu’il y a une telle attaque contre nos institutions."
Manque de respect républicain pour l'opposition

C'est donc seul, face à Jean-Pierre Elkabbach, que Manuel Valls a confessé son  "malaise" après la tribune de l’ancien chef de l’État. Selon lui, "on ne peut pas comparer la France à une dictature. […] Ce sont des paroles de divisions, de confusions, mots violents, outranciers qui traduisent une absence de sérénité", a-t-il jugé en trop de mots pour incarner cette sérénité.
"Nicolas Sarkozy, pris par une forme de rage, veut tout détruire pour se protéger."
Valls refuse de réagir à l'accusation d'un "cabinet noir"
Un policier de la police judiciaire aurait transmis -directement au ministre- les synthèses des transcriptions des écoutes illégales sur Sarkozy...
Lien PaSiDupes

vendredi 14 février 2014

Grève des taxis: Hollande prend parti contre les VTC

Le gouvernement tranche en faveur du plus fort: les taxis

Ayrault bloque 
l'examen des demandes d'immatriculations de VTC
CRS venus disperser un rassemblement
d'une centaine de taxis contre
la concurrence des VTC , place
de la Concorde, mardi 11 février 2014
C'est à ce prix que les chauffeurs de taxi ont accepté jeudi de débloquer Paris en mettant fin à leur grève, jusqu'à la fin de la médiation du conflit qui oppose les chauffeurs de taxis aux véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC).

Jean-Marc Ayrault annonce que les consultations ouvertes par le député socialiste, Thomas Thévenoud, un clone de Montebourg, "doivent permettre dans les deux mois de définir des règles du jeu nouvelles pour une concurrence équilibrée, au bénéfice des professionnels, des usagers et de l'emploi".
Soi-disant sur recommandation du député, le gouvernement a mis en place un "dispositif transitoire qui entraîne le report des prochaines réunions de la commission d'immatriculation des exploitants de VTC", ajoute le Premier ministre par communiqué.

En visite à l'aéroport de Roissy, le chef du gouvernement a estimé qu'il donnait un "signe d'apaisement".
Bien qu'il ait pris parti pour les taxis contre les VTC, le sombre Ayrault compte ainsi  régler une "situation qui est un héritage de l'ancien gouvernement", a-t-il polémiqué sereinement. "L'objectif, c'est d'éviter cette distorsion de concurrence qui crée des injustices, mais aussi que l'offre de taxis, de services, s'améliore", a-t-il louvoyé devant la presse.

Les chauffeurs de taxi nt obtenu la satisfacion de leur principale revendication, la suspension des immatriculations de leurs concurrents le temps de la médiation. La concurrence  qu'ils jugent déloyale des VTC  les avait conduits à prendre les automobilistes en otages ces derniers jours à Paris. En revanche, les besoins des usagers ne sont pas pris en compte.  

Le gouvernement approuve en outre le durcissement des contrôles 
Ils visent "notamment l'utilisation des couloirs de bus à Paris, le non-stationnement des VTC aux abords des gares et des aéroports, et le respect du principe de la réservation préalable par les VTC".

L'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CST, STM, SDCTP et FTI) des taxis a appelé à la fin de la grève après cette annonce. "Aujourd'hui, nous sommes heureux de l'issue de ce mouvement qui n'a que trop duré. Maintenant il faut laisser place à la concertation", a affirmé  le responsable FO-UNCP Taxi Nordine Dahmane sur BFM TV, une fois les VTC cadrés.
"Nous sommes conscients qu'il faudra travailler dans l'intérêt (...) des usagers, puisque ce sont en définitive nos clients, mais il ne faut pas que ce soit au détriment de notre profession", a-t-il ajouté, interrogé sur la nécessité d'améliorer ce service.

Les taxis imposent leurs conditions

Ils réclament en outre que la réglementation instaure un délai de 30 minutes au minimum entre la réservation et la prise en charge du client et un montant minimal de 60 euros par course pour les VTC, somme imposée à l'usager...

Par la voix de son avocat, Patrice Spinosi, la société Allocab a estimé que le gouvernement a cédé à la pression des taxis mais que cette décision provisoire, mais préliminaire, ne représente pas un blocage pour les VTC. "Le gouvernement abandonne un peu de lest, en réalité en bloquant les immatriculations de VTC, ce qui n'a pas une grande conséquence. On verra bien ce à quoi aboutira cette médiation", a-t-il déclaré sur BFM TV.

L'avocat explique la tolérance des VTC 
Ils ne remettent pas en cause le monopole des taxis sur la maraude ou encore la circulation sur les voies de bus, souligne l'avocat. "Les entreprises de VTC ne nient en aucune façon cela. Aujourd'hui le débat est sur le marché de la réservation préalable. C'est ce marché que les taxis ne sont pas prêts à abandonner", dit-il.

PerçoivAnt la suspension temporaire des immatriculations de VTC comme une garantie insuffisante, certains chauffeurs de taxis souhaitent d'ailleurs continuer la grève.

Saisi par quatre sociétés historiques, le Conseil d'Etat a suspendu un décret gouvernemental 
Il imposait un délai minimum de 15 minutes entre la réservation par un client et sa prise en charge, délai jugé insuffisant par les taxis, mais appréciédes clients.
  
Le Conseil d'Etat vient à nouveau d'émettre un jugement conservateur
Avec les puissantes compagnies de taxi, il estime que cette mesure des 15 minutes porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques de ces sociétés, toutes proches du PS, à l'instar du groupe G7. 
A noter que les élus sont de gros consommateurs de taxis et ont des liens professionnels forts...

lundi 23 décembre 2013

Conseil d'Etat: coup de frein au monopole de Canal+ sur la télévision privée

Le Conseil d'État veut brider Canal+, selon l'AFP 

Le tribunal administratif a annulé l
'autorisation drachat de Direct 8 et Direct Star à Canal+ par l'Autorité de la concurrence 


En 2011 et 2013, l'Autorité de la concurrence
a remis en cause cette fusion:
  le 
groupe Canal+ n'a pas respecté  ses engagements
Les juges ont estimé lundi que le groupe acquiert trop de droits de rediffusion des films français récents en clair.

Cette décision ne prendra effet qu'au 1er juillet 2014 pour que, d'ici là, l'Autorité de concurrence puisse réexaminer l'opération et imposer à Canal+ des contraintes supplémentaires, a expliqué le Conseil. 

Le Conseil d'Etat n'annule pas le rachat 
 en 2012 des deux chaînes Direct 8 et Direct Star par Canal+ auprès du groupe Bolloré en 2012.

Saisie par les rivaux de Canal+, TF1 et M6, la plus haute juridiction administrative a aussi partiellement annulé l'agrément du Conseil supérieur de l'audiovisuel sur cette opération. En 2011, Bolloré, qui détenait Direct 8 et Direct Star, avait en effet conclu un accord pour en apporter 60% à Vivendi, maison-mère de Canal+. En 2012, l'Autorité de la concurrence et le CSA avaient donné leur accord. 


L'Autorité de la concurrence a commis "une erreur d'appréciation", estime le Conseil d'Etat.
Elle a en effet accepté que Canal+ s'engage à ne pas acheter  les droits de diffusion de plus de 20 films français par an, à la fois pour la chaîne cryptée (payante) sur Canal+ et en clair, sur ses nouvelles chaînes gratuites de la TNT, rebaptisées D8 et D17. 

Dénonciation d'un conflit d'intérêts

La manigance aurait pu passer inaperçue, avec la complicité des media, mais pour le Conseil, cet engagement sur 20 films maximum ne suffit pas à éviter un monopole de Canal+ sur les droits de rediffusion des films français récents en clair, sachant que la chaîne (co-)produit des films et négocie les droits en même temps, ce qui lui donne une emprise considérable, explique le Conseil. 

A titre d'exemple de main mise du groupe sur l'industrie du cinéma, Canal+ est maîtresse d'oeuvre du Festival de Cannes. Sans pudeur, le JDD s'était esbaudi sur les scores d'audience de la cérémonie de clôture 2013, les meilleurs depuis 2006. 
Une consolation pour la chaîne après le dérapage dimanche soir sur Twitter, à propos de la Palme d'Or attribuée aux deux rôles principaux de La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche qui remporte la Palme d’or, mais se fait recaler -hors des frontières- à la sélection aux Oscar...


Cette palme pourrait d'ailleurs interpeler également le Conseil d'Etat sur la position dominante de la société Pathé et la dynastie Seydoux...

Non seulement Canal+ peut remporter les droits exclusifs -en payant et en clair- pour 20 films, mais pour les autres,
la chaîne, compte tenu de son rôle dans le financement de la plupart des films français, peut souvent remporter  aussi les droits de diffusion en clair pour les 2ème et 3ème passages télé. Il ne reste aux chaînes rivales que les droits du 1er passage télé.
Ce point particulier des 2ème et 3ème fenêtres de diffusion n'avait pas été couvert par les demandes de l'Autorité de la concurrence en 2012. 
Une autre question serait celle de l'exclusivité des droits de retransmissions accordée à France Télévisions: en soutien d'un service public pléthorique en déficit, plutôt que de faire la chasse au gaspi ?

Le Conseil d'Etat a aussi constaté un vice de forme

La décision de l'Autorité de concurrence aurait dû être adoptée par une formation collégiale et non par son seul président, Bruno LasserreCet ex-président du groupe de travail du Commissariat général au Plan sur " l'Etat et les nouvelles technologies de l'information " (1999-2001) est ...conseiller d'Etat !
C'est encore ce Bruno, énarque et grand manitou du monde des media, de l'Internet et des télécoms, qui a rendu en mars dernier un avis sur les conditions d'entrée de Free sur le marché des mobiles. Le gouvernement socialo-écolo lui avait confié le soin de donner son accord  avis sur l'accord d'itinérance qui a permis à Free d'utiliser le réseau d'Orange. Une décision (collective?) de l'Autorité de la concurrence prévoit que dès 2016, l'opérateur sera privé du réseau d'Orange dans les zones denses.

lundi 14 décembre 2009

Arrachage de caténaire dans le Var: une pure malchance ?

Serait-ce une réaction d’hostilité à l’ouverture à la concurrence ?

Le réseau français s’est ouvert dimanche à la concurrence

L’ouverture des trains français à la concurrence, voulue par l’Union Européenne, commence
officiellement dimanche 13 décembre avec les relations internationales, mais la SNCF restera dans la pratique sans concurrent jusqu’à l’été prochain, au moins.

Les nostalgiques du monopole ont-ils sévi ?

Or, dès le 13 décembre, les français de la SNCF ont été bloqués
Le trafic des trains a été fortement perturbé dimanche dans le Sud-Est suite à un problème malencontreux d'alimentation électrique, dit-on à la SNCF, pour écarter le rapprochement possible avec les actes de vandalisme (lire PaSiDupes) dont le réseau français a été la cible, à plusieurs reprises déjà, et qui ont visé des caténaires des régions ouest, bourguignonne et du Sud-Ouest. Lire PaSiDupes

La circulation des trains a été totalement interrompue dans les deux sens entre Cannes et Saint-Raphaël. La circulation n’a pu être rétablie sur une seule voie qu’à la mi-journée, permettant une reprise progressive du trafic après 14 heures.

Les passagers ont subi des retards de sept heures sur certains trains.
Les trains concernés n’étaient pas seulement le TGV Nice-Paris à l'origine de l'incident, mais aussi une douzaine d'autres rames à destination de Lyon, Lille, Dijon, Metz et Genève qui ont subi des retards d'une demi-heure à six heures.
Le nombre total de passagers touchés n'a pas été précisé. Une centaine de personnes attendaient encore en gare de Nice à la mi-journée. Ils n'étaient pas plus nombreux en gare Saint-Charles à Marseille, où seule la queue aux guichets était plus longue que d'habitude, et la situation était calme en gare de Saint-Raphaël.


La SNCF fait-elle de l’obstruction à la libéralisation ?

C’est actuellement la compagnie publique Trenitalia qui, seule, doit venir concurrencer la SNCF sur ses terres. Mais elle ne sera pas prête avant l’été. Se lancer dans l’aventure exige en effet de lourds investissements : il faut acquérir du matériel conforme aux voies françaises, régler le problème de sa maintenance, trouver du personnel qualifié (et francophone)... et obtenir des sillons, les créneaux de circulation des trains.
Quand elle arrivera, la compagnie italienne sera autorisée à prendre des passagers entre ces gares, à condition que son activité franco-française reste minoritaire. Trenitalia a prévu d’assurer deux allers et retours quotidiens de Paris à Milan et de Paris à Gênes. Sur la distance, elle s’arrêterait dans six gares françaises : Chambéry, Modane, Avignon TGV, Aix-en-Provence TGV, Marseille et Nice.

"J’espère bien qu’ils vont finir par venir, les Italiens, comme ça on arrêtera de nous accuser de faire de l’obstruction à l’arrivée de la concurrence", lance Guillaume Pepy, le président de la SNCF.
L’opérateur historique est en effet souvent soupçonné d’avoir tout fait pour freiner le mouvement d’ouverture du marché, alors qu’il va exploiter des lignes dans les pays voisins qui, eux, ont précédé le mouvement de libéralisation européen.
En attendant, le paysage ferroviaire national a été aménagé. Un organisme public, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) doit régler les conflits qui pourraient éclater entre les futurs opérateurs et avec la SNCF, d’autant que cette dernière va garder la main sur l’organisation de la circulation des trains et la gestion des gares.

Des activistes seraient-ils les alliés objectifs de la direction SNCF ?

« L'alimentation électrique » désigne en vérité une caténaire

Elle aurait été arrachée sur trois kilomètres au passage du TGV, près de Saint-Raphaël (Var) en début de matinée, selon la SNCF. La réparation de la caténaire endommagée devait durer jusque tard dans la nuit pour permettre un retour à la normale du trafic sur deux voies.

La coïncidence entre ce nouvel arrachage de caténaire, malgré la vérification des installations, et l’ouverture du réseau de chemins de fer français à la concurrence européenne n’est pas clairement un effet du hasard.

Lien PaSiDupes

vendredi 31 octobre 2008

Les Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP)

Les NMPP gagnent-elles à être mieux connues ?

C’est LA société commerciale française de messagerie de presse
Depuis 60 ans, la principale mission des NMPP est de participer à la diffusion de la presse écrite ainsi que, maintenir la pluralité de la presse en France et dans plus d’une centaine de pays dans le monde.
Les NMPP ont été fondées le 16 avril 1947 (loi Bichet du 2 avril 1947). Cette loi avait la volonté politique de garantir aux titres de presse une diffusion nationale, équitable et économiquement viable...

Les NMPP jouissent d’un quasi-monopole
Elles emploient 35.000 personnes et distribuent 85 % de la presse en France: tous les quotidiens nationaux et près de 80% des magazines et des produits multimédias par l’intermédiaire de dépositaires (distribution en France) et de filiales ou distributeurs locaux indépendants (distribution à l’export).
Les NMPP sont supposées permettre à tous les lecteurs
1- une égalité d’accès à plus de 100 quotidiens et 3 600 magazines français et étrangers ainsi que 4 000 produits encyclopédiques et DVD
2- en tout point du territoire par l’intermédiaire de près de 29 000 points de vente.
  • En revanche, les NMPP peuvent aussi priver la France entière d’information et mettre en péril l’équilibre financier des grands groupes de presse nationaux.
  • Bien qu’elles ne souffrent d’aucune concurrence, elles enregistrent un déficit net de 29 millions d'euros en 2007, pour un déficit d'exploitation de 11 millions d'euros.

    Les NMPP sont détenues à 51% par les éditeurs, regroupés en 5 coopératives, et à 49% par Hachette, qui a un rôle d’opérateur.
    Ce qui suscite des réactions rapides du type de celle-ci,vue sur le site Le Monde, écrite par un lecteur éclairé qui, avec une belle assurance, va un peu vite en besogne :
    JE PIGE [sic]:
    «
    Avec cet article, je commence à comprendre. Ainsi donc, M. Lagardère est l'opérateur principal de ce monopole que sont les NMPP. C'est lui le proprio. [1ère erreur] C'est donc lui qui décide[2 ème erreur], du haut de son monopole [3 ème erreur], de la dîme qu'il empoche pour chaque feuille de chou diffusée par ses réseaux [4 ème erreur]. Donc, si la presse est si coûteuse pour ses confrères amis et collègues rivaux, il serait sain que les patrons de presse lui signifient qu'il abuse des tarifs de distribution pratiqué par lui [5ème erreur]. C'est Lagardère qui coûte…[6ème erreur, en six lignes] »
    Une condamnation à l’emporte-pièce mais classique, qui a la vie dure et que personne ne dément…

    En savoir plus sur les NMPP ?
    Les NMPP sont une SARL au capital social de 50 000 euros
    , certes détenue -on le sait maintenant- à 49% par Hachette SA, l'opérateur de l'entreprise, mais à 51% par les coopératives d'éditeurs (Groupe Prisma Presse ; Groupe Marie Claire, DI Groupe, Groupe Expresse-Roularta, Groupe "Le Nouvel Observateur"). Difficile, dans ce contexte de dire que Lagardère fait ce qu’il veut !

    Le Groupe Lagardère a d’autant moins les coudées franches que les statuts des NMPP ne lui donne pas le pouvoir :

    Direction générale (l’opérateur Hachette SA)
    - applique les décisions du conseil de gérance
    - propose et exécute le budget
    - assure la gestion de l'entreprise
    Conseil de gérance
    (les 5 coopératives d'éditeurs)
    (5 gérants présidents des coopératives + 3 gérants Hachette, minoritaires)
    - fixe les orientations stratégiques
    - propose les tarifs

    Aucun contrepoids national
    En juin 1986, le SNPQR (Syndicat national de la presse quotidienne régionale, 1951) et le SQR (Syndicat des quotidiens régionaux, 1945) décident de fusionner au sein du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR).
    Il existe par ailleurs un Syndicat de la presse hebdomadaire régionale.
  • Quand le syndicat du livre casse la presse française

    C’est Agoravox qui le disait déjà en mars 2007…
    L’attitude du syndicat du livre depuis trente ans ne peut que provoquer l’étonnement, voire l’indignation.
    Rares sont les organisations syndicales qui scient la branche sur laquelle elle sont assises avec autant d’opiniâtreté et de constance. Osons écrire que le syndicat du livre porte une lourde part de responsabilité dans la difficulté de la presse française à se moderniser depuis quelques décennies. On pourrait citer des exemples édifiants sur ce plan affectant tout autant la presse nationale et régionale.
    Le dernier coup d’éclat du syndicat du livre concerne le quotidien La Croix. Depuis le 15 mars dernier [2007], La Croix n’est plus présent en kiosque ni adressé à ses abonnés pour la simple et bonne raison qu’il n’est plus imprimé !
    Sans entrer dans le détail du conflit, la direction de La Croix, pour des raisons économiques, ne passera plus par un imprimeur et un routeur unique, mais par deux imprimeurs et deux routeurs. Soyons clairs, La Croix ne se délocalise ni en Chine ni au Maroc ! Mais opère un choix logique si l’on prend la peine d’aller au fond du dossier. Le quotidien veut rapprocher une partie de l’impression et du routage de ses lecteurs du sud de la France. Au lieu d’imprimer et de router à partir d’un seul site parisien, La Croix souhaite le faire à partir de deux sites - situés tous deux en France, j’insiste.
    Inacceptable pour le Syndicat du livre qui bloque l’impression du quotidien depuis six jours. Inacceptable pour le syndicat du livre... mais catastrophique pour La Croix qui pourtant opérait un redressement de ses ventes depuis janvier. Le Syndicat du livre qui ne veut pas s’arrêter en si bon chemin, menace désormais d’étendre le conflit à d’autres titres. La presse française, littéralement sous perfusion et mal en point, avait évidemment besoin de ce conflit anachronique et stupide. (Eric-nicolier, jounaliste indépendant: «Sans entrer dans le détail du conflit », tout en prenant «la peine d’aller au fond du dossier »… )


    Qu’y a-t-il à ajouter à çà ?
    Un commentaire sur le site mettait les points sur les ‘i’, pour ceux à qui cela aurait pu échapper :
    jak : "le syndicat du livre est une mafia bolchévique, qui racket, prends en otage, la presse Française ..."
    Cà va mieux, comme çà ?

    Le journal La Croix doit se protéger de la dictature des syndicats : qui lui reprocherait ?

    dimanche 29 octobre 2006

    Fabius: "aucun socialiste n'a le monopole du peuple".
    Dans une interview au Parisien paru dimanche 29 octobre, Laurent Fabius, candidat à l'investiture PS pour la présidentielle, affirme qu'"aucun socialiste n'a le monopole du peuple", au sujet des "jurys citoyens" proposés par sa concurrente Marie-sEGOlène Royal et paraphrasant une célèbre réplique de Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand en 1974.
    "Quand on la creuse, l'idée du jury citoyen ne rassure pas car elle est ambiguë", affirme-t-il, en disant "oui à la démocratie participative, non à la démocratie punitive".
















    Estimant être "le seul des trois candidats" PS "à défendre vraiment" le projet socialiste, il a appelé les militants socialistes à se prononcer "en toute liberté, sans se laisser impressionner par la mousse médiatique ou le bruit des sondages".
    Il s'est par ailleurs prononcé pour "une dose de proportionnelle", pour "permettre que toutes les sensibilités politiques soient représentées à l'Assemblée".
    "Pour le reste, c'est aux partis politiques de prendre leurs responsabilités pour assurer une vraie diversité, mais je dis non à la politique des quotas. Je refuse toute discrimination", estime-t-il.
    "On ne réussira pas l'alternance en reprenant les recettes de la droite ou en copiant exactement celles que la gauche a mises en oeuvre hier. Fabius avait un paquet-cadeau pour chacun de ses camarades-candidats. Tout le monde en prend pour son grade! La France a besoin d'un vrai changement, pas d'une nouvelle purge libérale, ni d'une rustine sociale-démocrate à l'ancienne", conclut Laurent Fabius.
    Mais à qui pense-t-il donc ? A celle qui parle ‘avec les lèvres’, plutôt qu’avec le cerveau ?
    Certes, mais aussi au conservateur en mouvement...