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mercredi 6 février 2013

Presstalis, distributeur de presse, paralyse les journaux

Les travailleurs CGT du Livre bloquent toujours la presse quotidienne nationale 

Coup de gueule des patrons de presse

Encore pas de quotidiens nationaux dans les points de vente aujourd'hui

Au mépris des éditeurs de presse, mais aussi des marchands de presse qui sont bien seuls en première ligne. 

Depuis octobre dernier, c'est à peu près le trentième mouvement social qui bloque partiellement ou, comme cette fois, totalement la diffusion de la presse nationale.


Ironie de la situation, "Libération",  né en février 1973, a 40 ans. 
"Sinistre image", écrit Nicolas Demorand sur le site Internet du quotidien socialiste, "sinistre image dans un pays démocratiquePour le patron de Libération, "les ouvriers du Livre, en tout cas ceux qui ont décidé d'aller à la politique du pire, pensent qu'en mourant ensemble, nous vivrons plus longtemps. Funeste erreur", écrit-il dans un éditorial.

Des kiosques privés de quotidiens nationaux

Encore une fois, c'est une conséquence du conflit chez le distributeur Presstalis. Mais ce qui est cette fois inédit, c'est que ce sont les patrons de presse ont décidé de ne même pas faire imprimer leurs journaux face à la nouvelle menace de blocage du Livre CGT.


Les patrons de journaux, réunis au sein du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN), ont dénoncé , dans un communiqué, l’attitude des salariés de Presstalis qui multiplient les grèves. Ils soulignent qu'avec cette nouvelle grève d'une longue série depuis quelques mois, on en arrive à une situation "inédite, d'une gravité exceptionnelle" et que "faute de solution rapide, c'est l'existence des quotidiens qui est menacée".


Il n'y aura donc aucun quotidien national demain dans les kiosques. 

Toutes les rédactions se sont mises d'accord pour ne pas paraître. Elles réagissent à un énième appel à la grève des ouvriers CGT du Livre de Presstalis. 

Depuis plusieurs mois, conséquence de la montée en puissance de la presse numérique, le Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) veut marquer son opposition au plan de restructuration de Presstalis et à la suppression de 1200 postes en bloquant régulièrement la parution des journaux.

C'est du jamais vu que toutes les directions, sans exception, ont décidé de prendre les devants face au totalitarisme corporatiste des ouvriers du Livre


Depuis quatre mois


Ils ne craignent pas de détruire les entreprises qui les font vivre.

Pour la protection de leurs avantages acquis dans une société en mutation,  les ouvriers du Livre de Presstalis empêchent  régulièrement la distribution des journaux nationaux chez les marchands de journaux et les kiosques.

Selon le SPQN, ce blocage "met en cause la viabilité économique de la société Presstalis, fait peser un risque insoutenable sur les 30 000 marchands de journaux répartis sur le territoire. Il fragilise considérablement les sociétés de presse qui subissent des pertes de recettes récurrentes".


Livre-CGT, ex- NMPP, une culture de l'épreuve de force


"La prise en otages des quotidiens ne résout rien, bien au contraire, estiment les éditeurs, avec la menace du Syndicat CGT du Livre de bloquer totalement cette nuit [du 5 au 6 février 2013] la distribution de tous les quotidiens - et des seuls quotidiens payants ."

Liens PaSiDupes consacrés aux moeurs de ce syndicat extrémiste:

jeudi 20 décembre 2012

Polémique: Tapie fait l'acquisition de la presse Hersant du Sud Est

Tapie remporte les quotidiens de PACA; la gauche s'emporte
La presse partisane attaque

 
La presse des démocrates 
s'indigne que
l'exécutif laisse faire


Il y a dix jours la presse ne dissimulait pas sa satisfaction. 
"Tapie rejette l'appel du pied de Hersant et critique le gouvernement", titrait Le Parisien. "C'est un 'non' ferme et 'définitif'. Deux jours après avoir annoncé qu'il jetait l'éponge face à l'offre du Belge Rossel, Bernard Tapie a confirmé dimanche qu'il se retirait du dossier de reprise des quotidiens " Nice Matin", "Var Matin", "Corse Matin", "La Provence", et des journaux des Antilles et de Nouvelle-Calédonie détenus par le Groupe Hersant Médias (GHM). Interrogé sur une éventuelle nouvelle offre, l'ancien ministre, à qui on prête des ambitions politiques à Marseille, a répondu : " non, pas du tout " et qualifié son retrait de " définitif ", lisait-on. L'homme d'affaires français âgé de près de 70 ans avait été doublé à la dernière minute par Rossel, déjà implanté dans la presse régionale française et soutenu par BNP Paribas. Les banques ont alors suspendu l'accord Tapie-Hersant pour examiner cette nouvelle offre.

Progressiste, le groupe belge Rossel, connu surtout pour son premier journal national Le Soir, qui se veut " populaire, par opposition à un quotidien de l'establishment ", comporte aussi le puissant groupe La Voix du Nord (lien) qui, avec en particulier Nord Éclair ou Le Courrier picard, soutient la maire PS de Lille et penche irrésistiblement du côté socialiste.
Ajouté à cela que le groupe bancaire français BNP Paribas a fait en 2006 et 2009 l'acquisition de la banque italienne Banca Nazionale del Lavoro (BNL) et de Fortis Banque S.A.. Ainsi comprend-on mieux que les enjeux politiques et financiers qui font pousser à la gauche des cris d'orfraie à l'annonce de l'acquisition d'un groupe français par un acquéreur français plutôt que par un prétendant très ancré en Belgique, et que le parti-pris des media alignés sur le gouvernement français a quelque chose d'incohérent à l'heure du "Made in France" et des coups de menton de Montebourg, héraut de la démondialisation.

Bernard Tapie et la famille Hersant - Philippe Hersant, président de GHM, ainsi que sa sœur et son frère - avaient déposé fin novembre une offre à 50/50, pour un total de 50,5 millions d'euros, pour reprendre GHM. Alors qu'un accord devait être signé le 7 décembre avec les banques créancières, à l'expiration de la période de conciliation fixée par le tribunal de commerce de Paris, le groupe belge Rossel avait déposé une offre en dernière minute, et Bernard Tapie avait annoncé qu'il se retirait de la course. Il avait finalement affirmé mardi soir qu'il réactivait son offre.

Or, dans " Le Figaro" de dimanche, Dominique Bernard, le directeur général du GHM, renouvela son appel du pied à l'ancien patron de l'OM "pour qu'il revienne sur son retrait".
Dans le même temps, une source proche de GHM affirmait dimanche que Bernard Tapie était prêt à déposer une nouvelle offre, à hauteur de 50 millions d'euros.
Soutenue par le pouvoir français, qui redoute une candidature de Bernard Tapie à la mairie de Marseille et que quelques banques, en premier BNP Paribas qui la finance, ont tenté d'imposer, l'offre du belge Rossel, qui a déjà eu sa part du butin qui a déjà racheté " L'Union " à Hersant il y a quelques semaines, n'a donc pas été retenue.

Les media repartirent en croisade contre le mécréant 

La gauche qui conspue Depardieu trouve du charme au belge Rossel
"Bernard Tapie et la famille Hersant sont en passe de rafler les derniers titres du Groupe Hersant Média (GHM)", gronde Le Parisien, au côté du Nouvel Observateur, reprenant servilement le titre fourni par l'AFP, donnant ainsi le sentiment aux lecteurs d'une condamnation unanime. Et ils dénonceront parallèlement un danger de concentration de la presse et donc une menace sur l'indépendance des rédactions et sur la liberté des media et brandiront  la défense du pluralisme !

MarsActu
(PS) se lâche : " Bernard Tapie fait main basse sur La Provence", ajoutant d'entrée: "La combine à Nanard aura encore une fois marché."

Libération
 titre " Bernard Tapie rafle les derniers titres du groupe Hersant "et caricature " l’homme d’affaires au passé chargé (chanteur, businessman, porteur de jogging dans Gym tonic, ministre, patron de l’OM, taulard [qui en purgeant sa peine ne rachètera jamais sa faute, selon certains "vertueux" à géométrie variable], acteur et on en passe) inaugure un nouveau métier pour lui : patron de presse.
Les fielleux de Libération dissimulent les motifs de leur irritation : "Avec ce rachat, Bernard Tapie, grand spécialiste de la reprise des affaires en difficultés, signe un retour aux affaires qui n'est pas vu par tous d'un bon oeil, d'autant qu'il est perçu par certains comme un premier pas dans la course à la mairie de Marseille.  Pourquoi cette méthode sournoise qui consiste à ne pas nommer ces "tous" et ces "certains" que tout le monde connaît ?
Autres délicatesses de Libération, en toute objectivité : "La Provence" : le traquenard à Nanard" ou "Un sacré fric-frac" et "Bernard Tapie met la main sur le Groupe Hersant Média (GHM)" et "la crainte d’un braquo à venir sur la mairie de Marseille" (lien, en gratuit). Que Libération se déclare organe officiel du PS et qu'on n'en parle plus !
Un accord est en cours de signature, a indiqué une source proche du dossier mercredi soir. 

"100% des banques" créancières ont retenu l'offre de rachat 

L'ancien ministre de la Ville de François Mitterrand, Bernard Tapie, et la famille Hersant s'apprêtent à racheter les créances des banques Les deux partenaires devraient se partager le groupe à raison de deux tiers pour Tapie et un tiers pour Hersant. Sans accord, GHM, qui doit 215 millions d'euros à 17 banques créancières, était au bord de la déclaration de cessation de paiement.  
Bernard Tapie devrait rencontrer ce jeudi les salariés de La Provence pour détailler son plan.

Une union qui étonne les syndicats  sur la stratégie du groupe Hersant 

Interrogé sur France Info, Emmanuel Vire, président du Syndicat national des journalistes-CGT (SNJ-CGT) ne s'attendait évidemment pas à une bonne solution. "La famille Hersant, après tout le mal qu'elle a fait à ses titres [ça devait être son intérêt !], reste dans la course et ce qui nous navre le plus, c'est que le gouvernement ne réagit pas, expliquait-il ce jeudi matin. On appelait à une loi pour l'indépendance des rédactions [au profit du SNJ et de Presstalis, ex-NMPP ??] et pour revoir le système de concentration qu'on a dans la presse. [Le groupe Rossel, c'est quoi, sinon un groupe international de presse ?] D'ici à deux-trois ans, l'ensemble de la PQR [presse quotidienne régionale] sera aux mains de quatre groupes en France [dont La Vie-Le Monde (second quotidien français qui reçoit le plus de subventions de l’État avec 17 millions d'euros d'aides directes), le groupe Perdriel (Le Nouvel Observateur, Sciences et Avenir, Challenges, Rue89 ) et Libération, dont Édouard de Rothschild est l'actionnaire majoritaire], c'est dangereux pour la démocratie et pour le pluralisme de notre pays".

Erwan Gaucher, "spécialiste" des media, s'interroge sur cette alliance.
Le PDG de Cross Media Consulting exprime son sentiment: "Ça étonne sur la stratégie du groupe Hersant, et France Info y voit "une analyse" de ce commentateur privilégié: il est en effet consultant pour France Télévisions, dont les finances vont si mal... Aller accepter une offre commune avec Bernard Tapie, qui n'est pas spécialiste du secteur et sur lequel on peut parfois avoir quelques doutes sur ses intentions, c'est étonnant," assène-t-il. En guise de décryptage ?

GHM doit 215 millions d'euros à 17 banques créancières

Ils étaient à poil,
à La Provence et Nice Matin,
mais il ne fallait pas les couvrir

Un rachat de La Provence, Nice Matin, Var Matin et Corse Matin, ainsi que des titres d'outre-mer était soumis à un accord entre GHM, les repreneurs, mais surtout les 17 banques créancières, menées par BNP Paribas, à qui GHM doit 215 millions d'euros.
A l'issue d'une réunion, mercredi après-midi, avec les banques créancières du groupe Hersant, sous l'égide du Ciré (Comité interministériel de restructuration industrielle), "les banques se sont décidées à valider la proposition Hersant/Tapie sans attendre" et l'offre, faite en dernière minute le 7 décembre, par le groupe belge Rossel a été rejetée

Le danger et le sujet d'étonnement que la CGT et Erwan Gaucher ne voient pas
L'offre de Rossel "n'était pas acceptée" parce que le groupe belge "reprenait la totalité des titres, mais pas la holding, laissant la question de sa liquidation", et parce que cette proposition était financièrement "moins disante de quelques millions", selon la source proche du dossier.

Les entreprises de presse sont relancées et leurs salariés seront payés  
Les 17 banques créancières d'Hersant ont donné leur accord mercredi à l'offre de reprise des journaux du groupe de presse formulée par Bernard Tapie, associé à Philippe Hersant (50/50). Pour 51 millions d'euros, ils rachètent les créances des banques d'un montant de 215 millions. 
Le sauvetage des journaux et des emplois salariés a un coût, l'abandon de créance de 165 millions.

Une fois signé, cet accord devra maintenant être présenté au président du tribunal de commerce lors d'une audience fixée le 24 décembre, et définitivement homologué par le tribunal.

Le rachat relance l'inquiétude à gauche sur la volonté de l'ancien ministre de Mitterrand de briguer la mairie de Marseille en 2014

Tapie a plusieurs fois démenti qu'il envisage de se lancer dans la course aux municipales...
Pour l'heure, Bernard Tapie devrait rencontrer ce jeudi les salariés de La Provence pour détailler son plan.

mardi 27 novembre 2012

Fisc: Hollande récompense la presse qui l'a fait élire

Le conflit d'intérêts des journalistes militants


A la niche,
les journalistes militants:
la gamelle est bonne !



Le mercredi 3 octobre 2012 sur France Inter, un auditeur de la matinale de France Inter a fait ressurgir le tabou des avantages fiscaux qu'entretient la profession charger de nous informer de tout.



L'auditeur vigilant a interpellé directement  Patrick Cohen, l’animateur radio :

"J’aimerais beaucoup que monsieur Cohen nous parle des niches fiscales des journalistes. J’aimerais, par équité, que vous en parliez autant que les niches fiscales des restaurateurs. " Les restaurateurs, boucs émissaires donnés en ...pâture à l'opinion: rideau de fumée comme un autre !


Un salaire mensuel de 2 000 euros permet à un journaliste de bénéficier de 7600 euros maxi d’avantage annuel

Ces abattements fiscaux s'élèvent en effet à 600 euros par mois, sur 12 mois.




Rue 89 (Libération) s'est porté au secours de la corporation en pointant les autres niches. 
Les bénéficiaires osaient
réclamer plus de justice sociale...
Une centaine de professions est ainsi dénoncée (lien Sénat). Pourquoi croyez-vous que des artistes comme les Bedos, père et fils, ou le chanteur bobo Yannick Noah, la propriétaire vinicole Bouquet et l'actrice populaire Josiane Balasko, qui avoue jouer de sa notoriété pour obtenir des passe-droits, comme le rupin Jean Rochefort, apportent-ils leur soutien au PS ? 
Les internes des hôpitaux ont regimbé récemment, mais sont pourtant de ces privilégiés, au même titre que les fonctionnaires ou agents des assemblées parlementaires ou les ouvriers d'imprimerie de journaux (dont le Syndicat général du livre et de la communication écrite, SGLCE-CGT, l'ex ténébreuse NMPP: voir libellé PaSiDupes) et les "speakers" du service public de la radiodiffusion télévision française (Radio France et France Télévisions)... La boucle est bouclée !

La technique est aussi classique que vile: réduire au silence les détracteurs en dressant contre eux les autres bénéficiaires d'abattements fiscaux.
Lien Rue89

La niche Jospin des media bien-pensants



Les artistes et journalistes
solidaires et justes
 détournent  l'attention
sur les autres
Si les media sont si complaisants avec le président socialiste, c'est que F. Hollande a promis de rétablir l’abattement fiscal de 30% des journalistes que Juppé avait aménagé en abattement forfaitaire socialement plus juste, car il n’avantageait pas excessivement les stars des media. D'où la rancune des journalistes de la "pensée unique" à l'encontre de la droite !

Jospin n'avait pas tardé à se rallier les nantis aigris en remettant en vigueur cette déduction fiscale de ...7600 euros par an.


Pendant la campagne Pulvar et Trierweiller avaient déposé une pétition  sociale et juste et Hollande a promis de la rétablir fin 2012. Pulvar pourra renouveler ses lunettes en écaille de tortue (lien PasiDupes:  "Audrey Pulvar chausse des lunettes à au moins 12.000 euros ") ou se couvrir de chocolat (lien PaSiDupes :  " Le " made in France" de Montebourg est-il une supercherie ? ")
Ce qui explique la différence de traitement entre Sarkozy et Hollande

Chacun a pu noter la grande complicité de la presse godillot avec le candidat de la gauche. Son indulgence a même atteint des sommets de flagornerie depuis l'élection ! Laurent Mouchard-Joffrin s'est appliqué à mériter son abattement et s'est démultiplié sur toutes les chaînes de radio, comme dans Libération, dans des numéros risqués de funambule en collant rose. Bizarrement, on n'entend plus le trotskiste Edwy Plenel de Médiapart. Lui qui diffusait les rumeurs les plus folles et tapait sur Sarkozy matin midi et soir. Il promettait le même traitement à Hollande, mais semble avoir atteint le nirvana: au mieux l'idéologue cherche-t-il ses marques, au pire va-t-il retrouver la trace idéologique du NPA et de Mélenchon, aussi bien. Il a fait l'impasse sur Trieweiller, il a  fiston Hollande qui se répand dans les media, et a jeté un voile pudique sur tous les rivalités des ministres préoccupés de leur pré carré et qui lancent des ballons d'essai tous les matins à jeûn. 

Tous, sauf...
les journalistes de gauche ?
Viendrait-il à l'idée de quiconque de demander sa carte SNJ, syndicat dominant, c'est-à-dire hégémonique, à Michaël Darmon, éditorialiste partisan de 50 ans sur i-télé
Sur La Chaîne parlementaire LCP, en deux "Politique Matin" on a fait le tour de Patrick Chêne, dans le genre sournois, et Arnaud Ardoingrimacier façon Nono Montebourg, fait du Serge Moati, 66 ans, à grand renfort de gestes et d'interruptions, jouant le rôle officieux de journaliste débatteur omniprésent plus que tendancieux. D'ailleurs, à 70 ans, Olivier Mazerolle continue de régler des comptes vieux de plus de huit ans (2004) et  BFM-TV ne prend même plus la peine de dissimuler ses sympathies et les expressions du visage de Ruth Elkrief peuvent servir de météo lisible de l'état idéologique de la presse vénale et reconnaissante plus qu' "indépendante" 

lundi 30 avril 2012

Point de salut sans allégeance à la gauche en école de journalisme

Profession stalinisée aux mains du SNJ


Robert Ménard confirme ce que tout un chacun, atterré, constate



 
J’ai cru que c’était une blague ! Et bien non. Figurez-vous qu’à l’occasion du premier tour de la présidentielle, des votes internes ont été organisés au CFJ et à l’ESJ de Lille, les deux plus prestigieuses écoles de journalisme de notre pays. Avec quel résultat ? 100% pour les candidats de gauche dans la première ! Et " seulement " 87%, toujours pour la gauche bien sûr, dans l’établissement lillois.

Avec de tels scores, comment voulez-vous que la pensée unique ne règne pas en maître dans nos médias ? Quand on sait que ces deux institutions forment la crème de la profession, les futurs responsables des grandes rédactions – il suffit pour s’en convaincre de feuilleter les annuaires de leurs anciens élèves –, on ne s’étonne plus. Nos " nouveaux chiens de gardes " ne seront pas un contrepoids à l’omniprésence socialiste qui se dessine à tous les niveaux du pouvoir, des régions au sommet de l’Etat… Quant à refléter la France qui se dégage de ces élections, on repassera.
Quid de leurs aînés ? Ils sont tout aussi éloignés de ce peuple dont leurs éditoriaux se réclament pourtant régulièrement. Prenons Marianne qui moque régulièrement – et à juste raison – les tracts que sont devenus Libération (pour les socialistes) et Le Figaro (pour la droite) [mais c'est à voir: Ménard tente de rééquilibrer le plateau de l'injustice? ]. Les journalistes de l’hebdomadaire se sont prêtés au même exercice que nos deux écoles. A la sortie des urnes : 82% votent à gauche. Pas une seule voix pour Nicolas Sarkozy. Et zéro pointé pour Marine Le Pen ! [La honte de la presse d'opposition ?]
Les défenseurs attitrés de la gent journalistique me répondront qu’on peut avoir le cœur à gauche et faire honnêtement son métier. Je n’en disconviens pas. Mais, comme chacun, j’allume mon poste de télé, j’écoute la radio, je lis la " grande " presse et je me dis que, décidemment, un fossé, un gouffre existent bien entre le petit monde de la presse et le pays réel.   Allez, me rétorquera-t-on, encore un propos populiste. Dieu merci, dans les écoles de journalisme, nos jeunes pousses sont à l’abri de cette très vilaine tentation…" [LOL !]

Et si  liberté et déontologie de la presse étaient des canulars ?L'expression des journalistes est-elle libre ? Les "corps intermédiaires" ne seraient-ils pas effectivement responsables de la soumission de la presse, non pas aux actionnaires capitalistes et aux entreprises ou au pouvoir, mais aux syndicats, et au premier chef Presstalis (ex-NMPP) et le SNJ.

mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



mercredi 14 avril 2010

La diffusion de la presse en difficultés

La « diffusion égalitaire » des journaux était monopolistique

La proposition de loi qui a fuité vers Rue89 pourrait provoquer une révolution dans le monde de la presse écrite.
Son auteur, Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, entend abroger la loi Bichet de 1947, assurant entre les journaux une égalité de traitement pour leur diffusion.
Vieille de 63 ans, son principe est que la distribution de la presse est libre: un éditeur peut recourir à tous moyens (légaux) de son choix pour faire distribuer son journal. En revanche, dès que deux éditeurs au moins mettent en commun des moyens pour assurer la distribution de leurs titres, ils ne peuvent refuser à un troisième éditeur de les rejoindre (liberté d'accès au réseau).

Un monopole d'un autre âge

Les tristement célèbres Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), devenues Presstalis en décembre 2009, étaient une société commerciale de messagerie de presse n'a jamais maintenu la pluralité de la presse en France et dans plus d’une centaine de pays dans le monde. D'une part, elle jouit d'un quasi monopole théoriquement incompatible avec ce pluralisme affiché, et, d'autre part, elle est noyautée par la CGT, ce qui n'ajoute aucune garantie et contredit plutôt ses prétentions au pluralisme. Lire PaSiDupes

Sachant qu' en 2006, le déficit net des NMPP atteignait 29 millions d'euros en 2007, pour un déficit d'exploitation de 11 millions d'euros, la société de distribution n'était ni libre, ni indépendante. Aujourd'hui, Presstalis distribue 85 % de la presse en France est détenu à 51% par les éditeurs, regroupés en 5 coopératives, et à 49% par Lagardère qui a un rôle d’opérateur.
Prestaliss.

Aucune concurrence
Plus de 100 quotidiens et 3 600 magazines français et étrangers ainsi que 4 000 produits encyclopédiques et DVD, sont confiés à Presstalis. Au total, la société distribue tous les quotidiens nationaux et près de 80% des magazines et des produits multimédias par l’intermédiaire de dépositaires (distribution en France) et de filiales ou distributeurs locaux indépendants (distribution à l’export).

La réalité des faits n'est pas si rose: elle est rouge

Avant d'être confronté à la distribution des journaux gratuits mais également à Internet, la CGT ne se privait pas de contrôler l'information, puisqu'elle avait le pouvoir de bloquer la distribution.
VOIR et ENTENDRE Laurent Joffrin (Libération, 2008), favorable à la réforme des MPP, se plaint du chantage et des violences physiques par les ouvriers du Livre:


5 jours à la une: pas de journaux et trop de Sarko
envoyé par liberation


La presse était soumise au bon vouloir des ouvriers du Livre
Ce système de distribution attire les foudres de certains groupes de presse dont Metro International dont les colporteurs ont été agressés en 2002 par des membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT des NMPP .
Vestige français sur le modèle du Parti communiste de l'Union soviétique, PCUS, jusqu'en 1991, le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT est le syndicat unique parmi les ouvriers de la presse quotidienne nationale.

En octobre 2008, LePost reproduisait la réaction de Frédéric Lefebvre
« Alors que la quasi totalité de la presse nationale a été prise en otage par une poignée d'individus qui se prétendent syndicalistes, que des violences ont été commises, des dégâts matériels occasionnés, des alimentations électriques sabotées et un policier blessé, quelle a été la réaction du parquet ?
Alors que ces actions durent depuis des mois nous attendons une réactivité de la justice envers des agissements qui n'ont pour objectif que de défendre des privilèges au mépris du pluralisme ! »
Sans autre commentaire: la presse libre muselée s'autocensurait... Lire PaSiDupes

Les ouvriers du Livre participent à la récession

Rappel du contexte social de 2008
VOIR et ENTENDRE le reportage de France 3, le 20 mai 2008:


Reportage FRANCE 3 20 mai 2008
- Conflits Port de Marseille par FORUM13

Par exemple et entre autres prises d'otages- depuis la fin du premier trimestre 2008 (trimestre dont on rappelle la croissance positive) les ports français étaient aussi aux mains du personnel CGT des ports autonomes.
Ces fonctionnaires, très bien payés, disposant de ct autre monopole démocratique du déchargement des navires dans tous les ports français visaient clairement -pour préserver ce monopole- à paralyser l’activité économique… et ils y sont parvenu à la grande satisfaction de leur meneur, le camarade Galeote. Or, bloquer le déchargement des navires dans les ports français, c'est ajouter à la récession économique qui frappe au premier chef les plus défavorisés. Logique et sincère ?

Plusieurs affaires anciennes émaillent l'histoire des NMPP et des syndicats

=> A la fin des années 1980, un trafic de bobines de papier est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba, le pays frère et en faillite, pour imprimer le journal Granma. Les imprimeries de tous les quotidiens nationaux étaient concernées, et Fidel Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Syndicat du livre. Robert Hersant, propriétaire notamment du journal Le Figaro, a préféré subir plutôt que d'affronter une grève.

=> Fin 1991, la direction des NMPP découvre une cache d’armes de 5 000 fusils, carabines, armes de guerre avec leurs munitions dans l’un de ses hangars de Saint-Ouen.
Ces armes, détournées lors de la faillite de Manufrance et stockées là par des ouvriers CGT en 1980, ont été clandestinement stockées au sein même des NMPP, en attendant un hypothétique Grand Soir. La direction des NMPP alerte la justice pour se dédouaner, mais s’abstient de porter plainte: le scandale est encore étouffé, le gouvernement négociant la paix sociale directement avec la CGT.

=> En 2003, un trafic de journaux a été découvert
Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers. Le préjudice fut estimé à 3 millions d'euros par an. La plupart des groupes de presse est toujours en difficulté financière, mais ne mettent pas les NMPP-Prestalis.
Pour préserver le pluralisme.

Vers l'abrogation de la loi

Rue89 et L. Joffrin ont reviré et diabolisent le projet a priori

Il ne fait « pas rire les rédactions qui ont des difficultés à vendre leurs productions. » Son contenu est on ne peut plus limpide:

La loi Bichet de 1947 n'a pas atteint son objectif
A la sortie de la guerre, ladite loi tentait de régir les relations entre les distributeurs et les éditeurs de presse. Elle n'a pas réussi à instaurer le double principe de liberté et d'égalité : liberté pour les éditeurs d'accéder au distributeur de leur choix et égalité de traitement entre les éditeurs d'un même distributeur.

Nécessité d'une adaptation au XXe siècle
63 ans après sa promulgation, la loi Bichet pose un problème majeur, souligné dans cette proposition de loi : alors que les ventes se « contractent » et que la rémunération des marchands de journaux est « très faible », la gestion des stocks est de plus en plus « lourde et complexe ». Résultats :
« En 19 ans, le nombre de marchands de journaux est passé de 31 859 à 29 651 soit une baisse de 6,1%. Ce rythme s'accélère depuis quelques années avec une chute de 9% en 2009.
[…] Le paradoxe est criant : sachant qu'il y a 60% d'invendus, le taux de rupture (demandes non satisfaites des clients) est actuellement de 20%. »

Les recommandations du Président
Le phénomène aggrave un peu plus encore la crise de la presse, déjà fortement plombée par la chute des revenus publicitaires. Pour y remédier, le « livre vert » résultant des Etats généraux de la presse, remis au ministre de la Culture en janvier 2009, avait incité le président de la République à demander aux éditeurs de presse de prendre deux mesures, rappelées par Richard Mallié :
1. « Instituer un système de plafonnement afin de limiter les quantités servies par parution en fonction de l'historique des ventes du titre constatées dans le point de vente. »
2. « Diminuer le taux d'occupation des linéaires, […] une réforme du “bon titre au bon endroit” qui serait une réponse pertinente au taux de rupture élevé en permettant une meilleure adaptation de l'offre à la clientèle et d'augmenter ainsi les ventes. »

Craintes pour la pluralité de la presse...
Face à chacune des propositions gouvernementales de modernisation du pays, l'opposition crée une nouvelle peur. Le double-jeu politicien est clair, si on garde en mémoire la dénonciation du système par Laurent Joffrin en 2008.
Faute d'accord entre les éditeurs, un an plus tard, le député UMP a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de ne proposer rien moins que de faire table rase et de repartir sur de nouvelles bases.
Le député fait des propositions: « Face à un manque de volonté de la part des acteurs, il est proposé l'abrogation de la loi Bichet qui semble aujourd'hui faire obstacle à toute évolution du réseau. »
Autrement dit, les distributeurs seront désormais en mesure de refuser de diffuser un titre au simple motif qu'il ne se vend pas. La loi de l'offre et de la demande s'appliquerait à la presse. Presstalis (ex-NMPP), leader de la distribution de la presse en France et détenu à 49% par Lagardère en charge de la distribution, reste très mal en point financièrement depuis qu'il a repris les NMPP.
Le ministère de la Culture juge prématuré de préciser s'il soutient l'initiative de Richard Mallié.

mardi 16 juin 2009

Le Syndicat CGT du Livre : ses méthodes démocratiques…

La liberté de la presse confisquée

La liberté d'expression bafouée

PaSiDupes vous propose l’article que Rue 89 lui consacrait le 01/11/2008

Exemplaires du quotidien gratuit Metro
répandus sur la route par le syndicat du Livre en 2002

Violences, trafics, menaces : les coulisses de la CGT du Livre

Retour sur les méthodes passées et présentes du syndicat du Livre, connu pour être un adepte de la négociation musclée.

Mercredi matin, aux aurores, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le siège des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP, cf. libellé PaSiDupes ), le groupe qui assure la distribution des quotidiens, dans le XIIe arrondissement de la capitale. Certaines étaient casquées ou encagoulées et brandissaient des masses.

Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT, cf. libellé PaSiDupes) qui proteste contre un plan de modernisation
plutôt avantageux, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment.

L'un d'eux, qui travaille au service maintenance du Journal officiel, a donc tenté de fracturer la porte en verre à coup de masse. Il a été interpellé par les CRS présents et a passé la journée en garde à vue.

« Vous voulez réécrire “Les Protocoles des Sages de Sion'”

Une telle action est dans la tradition du syndicat du Livre, communément surnommé “la bête noire des patrons de presse”. Ces derniers ne se sont pas pressés pour répondre aux questions de Rue89.

Certes, Laurent Joffrin (PDG de Libération) ou Nicolas Beytout (patron des Echos) dénoncent leurs méthodes -le premier
a évoqué jeudi sur France Inter des menaces physiques constantes, le second l'avait fait en juin lors d'une précédente grève.

Mais beaucoup d'autres se taisent : très susceptible, le Livre peut bloquer la parution de leurs journaux et leur faire perdre des millions d'euros. “Off the record” cependant, des patrons se répandent sur des méthodes qu'ils jugent “mafieuses”, voire “terroristes”.

Il y a un an, alors que j'enquêtais sur une
censure ordonnée par la direction du Progrès par peur de la réaction du syndicat, j'avais joint un chargé de communication du Livre.

Avec une violence inouïe, cet homme m'avait accusé de “vouloir réécrire les
Protocoles des Sages de Sion”, m'avait traité d'“antisémite”… alors que le sujet n'avait évidemment rien à voir avec le judaïsme et que, surtout, son syndicat n'était pas en cause dans la censure…

Un ancien patron : “très aimables, très policés, jamais violents”

Mais tous les ouvriers du Livre ne sont pas si énervés. Ancien numéro 2 de l'imprimerie du Figaro puis patron de celle du Monde jusqu'en 2004, Jean-Pierre Guérin assure qu'ils ont toujours été “très aimables, très policés, jamais violents” avec lui :

« Ce que je retiens surtout, c'est l'impression de ne pas avoir été le patron chez moi. Quand, dans une imprimerie, on est 10 sur 300 à ne pas avoir sa carte du syndicat, il faut tout négocier. »

Selon Guérin, qui est aujourd'hui l'un des dirigeants du Syndicat de la presse quotidienne nationale, la période violente du Livre est en grande partie révolue. “D'ailleurs, on ne peut plus parler ‘du’ Livre. Il y en a qui ont évolué, comme le Syndicat des imprimeries parisiennes. D'autres continuent comme avant, et c'est le cas du SGLCE.”

Dans le conflit les NMMP, les positions de ce dernier (seul syndicat représenté chez les ouvriers de la presse parisienne et des NMPP) ne sont d'ailleurs pas suivies par sa fédération, la Filpac-CGT (cf.libellé PaSiDupes).

5000 armes et leurs munitions planquées aux NMPP

Avant, les ouvriers du Livre pouvaient cacher des armes, détourner du papier par tonnes pour l'envoyer aux camarades cubains, ou se battre à coups de battes de base-ball. “J'en ai déjà vu manier la batte, mais entre eux, des gens du service départ contre les rotativistes”, relate Jean-Pierre Guérin.

Fin 1991, le patron du syndicat du Livre de l'époque, Roger Lancry, appelle un des dirigeants des NMPP et lui annonce une curieuse nouvelle : “On vient de me dire que vous détenez dans vos locaux un stock d'armes.”

Pas moins de 5 000 armes dormaient dans un entrepôt des NMPP : fusils, carabines, armes de guerre et munitions ad hoc, toutes issues de la faillite de Manufrance dix ans plus tôt, et stockées là par des ouvriers CGT. Elles n'avaient pas été vendues pour soutenir les ouvriers licenciés, comme dans le cas des montres de Lip.

Alors pourquoi ? “Les ouvriers ont considéré les NMPP comme l'entreprise la plus sûre de France, car ils y ont entreposé des matériels d'un intérêt stratégique, voire révolutionnaire”, croit savoir Emmanuel Schwartzenberg, qui relate cette histoire dans son livre “Spécial Dernière” (Calmann-Lévy, 2007).

Finalement, le gouvernement a négocié avec la CGT la remise de tout le stock d'armes contre l'impunité des auteurs. Discrètement transportées par des gendarmes, on les a retrouvées un beau matin dans un champ d'Eure-et-Loir.

Du papier détourné par centaines de tonnes pour le camarade Fidel

Pour Marc Norguez, actuel secrétaire général du SGLCE, ce matériel avait été stocké là pour “récupérer un pécule”. “D'ailleurs, il y avait aussi des vélos”, rappelle-t-il.

A la fin des années 80, c'est un trafic de bobines de papier qui est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba pour imprimer le journal Granma.

Selon Schwartzenberg, “les imprimeries de tous les quotidiens nationaux” étaient concernées, et Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Livre. Robert Hersant, le “papivore”, propriétaire notamment du Figaro, a préféré étouffer l'affaire plutôt que d'affronter une grève.

Pour cette raison, jamais les éditeurs n'ont osé porter plainte contre le Livre. Ils l'ont fait une fois, mais pas directement contre le syndicat, en 2003, quand un trafic de journaux a été découvert. Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers.

Préjudice estimé : 3 millions d'euros par an. Des brebis galeuses du Livre étaient complices des trafiquants. Le syndicat s'est totalement désolidarisé des agissements de ces ouvriers, dont “un adhérent” ; qui a été licencié, selon Marc Norguez.

2002 : des courses poursuites sur l'autoroute

La récupération des plaques d'imprimerie offset, en revanche, est tacitement allouée au syndicat par les patrons de journaux, sauf ceux du groupe Amaury (Le Parisien, L'Equipe). Ces plaques de métal peuvent se revendre, et rapporter jusqu'à 100 000 euros par an, en fonction des cours des métaux qui les composent. Le trafic de la “gâche” (les rebuts) du papier peut représenter, par quotidien, environ 500 000 euros par an. Là aussi, parfois avec l'accord des patrons, le Livre serait impliqué.

Voilà pour la routine. En cas de conflit, c'est moins paisible. Au moment de l'arrivée en France des premiers gratuits, en 2002-2003, les ouvriers ont donné le coup de poing, selon les patrons des groupes concernés. Metro se plaignait de colporteurs agressés. Frédéric Filloux, qui dirigeait à l'époque la rédaction de 20 Minutes, raconte que son groupe avait donné pour consigne aux colporteurs de “ne pas résister” :

« C'était trop dangereux, on en a eu qui se sont fait poursuivre sur l'autoroute par des voitures qui leur faisaient des queues de poisson. Ce qui m'a marqué, c'est ce jour de 2002 où ils ont répandu place de la Nation 600 000 exemplaires volés aux distributeurs.

Je me souviens de l'un d'eux disant aux CRS de ne pas intervenir, car il était en ligne avec le ministère de l'Intérieur. Il leur disait que s'ils intervenaient, Le Monde ne paraîtrait pas l'après-midi. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu l'ordre d'annuler l'intervention dans un talkie-walkie de CRS. »

Pour le secrétaire général du Livre, “qui veut tuer son chien l'accuse de la rage”

Pour Marc Norguez, absolument tout ce qui est relaté ci-dessus est faux.

Les hommes encagoulés devant les NMPP ?

« Il faisait froid ce matin-là. Il y a eu une vitre cassée, mais si on avait été si méchants et déterminés, on serait entrés. »

Leur entrée mouvementée au siège de Lagardère, cette semaine ?

« On a peut-être mis un coup d'épaule, on a des gars un peu costauds. »

La guerre des gratuits ?

« Il n'y a eu aucune plainte de déposée. »

Les trafics ?

« Il y a des indélicats dans toutes les professions. »

Selon le syndicaliste, cette “psychose” autour du Livre n'a qu'une origine : “Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage. Ce qu'on gagne, on le mérite et on veut pouvoir le garder.” D'après Emmanuel Schwartzenberg, un rotativiste perçoit environ 4 500 euros bruts par mois pour 32h30 de travail hebdomadaire (nocturne).

Laurent Joffrin ferait mieux de faire un bon journal plutôt que de chercher des boucs émissaires”, poursuit Marc Norguez, qui rappelle que la diffusion des quotidiens est déficitaire, et couverte par celle des magazines. “Nous traiter de terroristes, c'est diffamatoire. Mais on ne le poursuivra pas, ça ne fait pas partie de nos méthodes.”