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mardi 21 février 2012

Le Monde recueille le Huffington Post et ses canards boiteux

Raphaëlle Bacqué raconte comment sa consoeur A. Sinclair était « salie »

Réseaux, sororité et copinage mediatiques

Le site américain d'actualités politiques Huffington Post a lancé sa version française le 23 janvier dernier. Anne Sinclair, épouse Dominique Strauss-Kahn, en est la directrice éditoriale.
La propriétaire, Arianna Huffington (née Stassinopoulos et divorcée du républicain Michael Huffington) a échoué en 2003 dans sa conquête du poste de gouverneur de la Californie, contre Arnold Schwarzenegger.
Le journal en ligne, qui démarre avec une équipe de huit journalistes, est hébergé dans les locaux du quotidien socialiste du crépuscule, Le Monde.
L'objectif de la version française du site américain,
lancée lundi matin, est d'être "sérieux mais divertissant", a déclaré Anne Sinclair, lors de la conférence de presse de lancement. Sérieux mais chaud ?


"Nous avons une ambition forte mais des moyens plutôt limités au départ. Nous avons l'intention de grandir", a expliqué l'épouse de l'ancien directeur général du FMI !

VOIR et ENTENDRE

Parmi les grandes signatures de ses tribunes politiques, Rachida Dati (UMP) et Julien Dray (PS) .


« DSK : comment le patron du FMI cachait sa double vie

Au 2613 Dumbarton Street, la maison n'a toujours pas trouvé preneur. C'est une belle demeure de brique rouge, au bout d'une petite impasse de Georgetown, l'un des quartiers chics prisés par les Européens, au coeur de Washington. Par-dessus la palissade, on aperçoit le jardin, une jolie terrasse et une piscine.

Anne Sinclair, après l'avoir achetée en 2007 pour quelque 4 millions de dollars et l'avoir redécorée de fond en comble, l'avait mise en vente 5,2 millions (4 millions d'euros) en septembre 2011. Elle a dû consentir depuis un rabais de 500 000 dollars pour convaincre des acheteurs qui ne se manifestent toujours pas.

Dans les réceptions données par les ambassades, c'est désormais la nouvelle patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui est fêtée. Le nom de Dominique Strauss-Kahn n'y est que rarement prononcé. Ceux qui l'ont côtoyé à Washington continuent pourtant d'en parler à mots couverts, et reconstituent à l'infini les pièces d'un puzzle dessinant la double personnalité de DSK.

"Le 25 janvier 2010, se souvient l'un des économistes du FMI, il devait être l'invité de la traditionnelle galette des rois qui réunit chaque année économistes et employés français du FMI et de la Banque mondiale", deux institutions qui se font face, au coeur de la capitale américaine. L'événement n'a pas d'importance autre que celle de réunir ces exilés volontaires. DSK y était cependant attendu comme une vedette. "Deux heures avant la petite fête, il a appelé pour annuler sa venue : "Je suis grippé", assurait-il. Ce n'est qu'ensuite, en lisant la presse française, que nous avons fait le rapprochement..."

IL PRÉFÈRE "SÉCHER" SES OBLIGATIONS MONDAINES FRANÇAISES POUR RETROUVER SES AMIS DU NORD

Ce jour-là ont débarqué à Washington le commissaire de police Jean-Christophe Lagarde, adjoint de la sécurité publique dans le département du Nord, Fabrice Paszkowski, un riche entrepreneur du Pas-de-Calais, et une jeune femme que ce dernier présente comme sa "collaboratrice", Jade, une prostituée des bars de Dominique Alderweireld, alias "Dodo la Saumure". Deux jours plus tard, Dominique Strauss-Kahn doit s'envoler pour la Suisse où se tient le Forum économique mondial de Davos. Avant ce rendez-vous sur fond de crise financière internationale, il préfère "sécher" Epiphanie et obligations mondaines françaises pour se rendre à l'Hôtel W, superbe établissement dont les canapés rouges et noirs attendent la petite troupe de Français, sous des lustres de cristal.

On l'observe, pourtant, depuis des mois. La plupart des journalistes français en poste dans la capitale américaine traquent les signes annonciateurs d'une éventuelle candidature à la présidentielle française. A l'été 2010, le communicant Ramzi Khiroun est venu passer plusieurs jours à Washington en compagnie du journaliste Claude Askolovitch, qui prépare, dit-il alors à ceux qui le rencontrent, le futur livre de campagne du candidat. Ses conseillers d'Euro RSCG multiplient les allers-retours entre Paris et Washington. En France, il est le net favori des sondages présidentiels. Qui pourrait imaginer qu'il prenne le risque d'une soirée libertine au coeur de l'Amérique puritaine ?

L'Hôtel W est à deux pas de la Maison Blanche. C'est un de ces lieux élégants et luxueux, nombreux à Washington, où se croisent hommes d'affaires, élus du Congrès, hauts fonctionnaires et riches voyageurs. Comment DSK n'a-t-il pas été reconnu lors de ses passages dans le hall de cet hôtel si fréquenté par ses pairs ? "Parce qu'il pouvait légitimement penser que son visage n'était pas connu, avance un diplomate. Un sénateur américain aurait eu une visibilité supérieure."

Depuis 2008, surtout, Dominique Strauss-Kahn a pris le parti de la discrétion mondaine. Les premiers mois après son arrivée à Washington, on le croisait souvent dans les dîners et les cercles du Tout-Washington, accompagné d'Anne Sinclair. Mais le scandale provoqué, quelques mois après sa nomination à la tête du FMI, par sa liaison avec une économiste du Fonds, la Hongroise Piroska Nagy, a manqué lui coûter sa position de directeur général. Il n'a dû qu'à son remarquable entregent d'être lavé par la commission d'enquête interne des soupçons d'abus de pouvoir. Il a essuyé le blâme de l'institution pour sa "regrettable erreur de jugement". Il a dû aussi infliger à Anne Sinclair une séance d'excuses publiques, debout devant quelque huit cents membres du FMI, dans un "silence glacé", sorte de répétition des regrets qu'il exprimera trois ans plus tard sur TF1, après l'affaire du Sofitel.

Il a depuis juré à ses proches, à ses communicants, à ses amis politiques, qu'il serait prudent. Anne Sinclair l'accompagne plus souvent dans ses déplacements, à Panama, Singapour, Kiev, Yalta, Alger, Johannesburg. On la voit déjeuner avec lui à la cantine du FMI. Dans l'enceinte du Fonds, un garde du corps le suit systématiquement dans ses déplacements. Et c'est comme s'il évitait, désormais, les tentations à l'intérieur de l'institution.

UNE SURPRENANTE RÉSERVE

A l'extérieur, DSK montre une réserve surprenante. La crise mondiale, bien sûr, l'oblige à voyager cent cinquante jours par an. Au dîner d'ouverture du G20, à Pittsburgh, le 24 septembre 2009, c'est lui que l'on a placé aux côtés du président américain, Barack Obama. Pour le reste, il paraît s'être retiré de toute mondanité. Même Tony et Heather Podesta, deux célèbres organisateurs des soirées politiques les plus courues de la capitale américaine assurent aujourd'hui : "We didn't know DSK..."

Lors de la campagne menée pour la nomination de son mari au FMI, à l'été 2007, Anne Sinclair lui avait offert les services d'un cabinet américain de relations publiques, TD International, chargé d'assurer le lobbying du Français auprès des gouvernements étrangers. Mais depuis l'affaire Piroska Nagy, il évite les corvées sociales.

Un soir où, tout de même, ils n'ont pu éviter une réception, plusieurs invités aperçoivent un DSK lassé, seul dans son coin. "Il a fallu qu'Anne le pousse à aller vers les invités", se souvient l'une des convives. Le city magazine mensuel de la capitale, The Washingtonian, qui publie un long article consacré à la vie quotidienne du directeur général du FMI, titre de façon éloquente : "The Invisible Man"...

Il n'a pourtant pas renoncé à sa vie libertine. Puisqu'il doit dissimuler ses plaisirs, c'est vers ce petit groupe de "copains" du nord de la France qu'il a trouvé la parade. Jamais les économistes du FMI ne pourront comprendre la raison de la présence de ces hommes d'affaires lillois et de ces femmes dont rien ne dit qu'elles peuvent, à l'occasion, se prostituer. Le décalage des mondes semble la meilleure des couvertures. DSK a aussi obtenu d'être débarrassé de son garde du corps dès sa journée terminée. Hors du Fonds, il est sans protection ni surveillance.

Anne Sinclair s'est d'abord félicitée, devant la presse, d'avoir enfin son mari pour elle, le soir. Le couple détaille ses week-ends passés à dévorer des séries américaines, parmi lesquelles la série culte "The West Wing" ("A la Maison Blanche"). Mais, à ses amies, l'ancienne star de TF1 confie fréquemment qu'elle s'ennuie dans ce Washington parfois si provincial. Souvent, lorsque son mari enchaîne les voyages et les réunions de crise, elle part passer quelques jours à Paris.

Le 15 décembre 2010, au retour d'un voyage officiel au Mexique et alors que le FMI est plongé dans la résolution de la crise grecque et l'attribution d'un prêt de 22,5 milliards d'euros à l'Irlande, Dominique Strauss-Kahn rejoint Fabrice Paszkowski et Jean-Christophe Lagarde. Ils sont accompagnés de David Roquet, patron d'une filiale du groupe de BTP Eiffage, du patron de la sécurité publique du Nord Jean-Claude Menault (le supérieur de Jean-Christophe Lagarde), de Jacques Mellick junior, fils de l'ancien ministre, et de deux jeunes femmes. Le 11 mai 2011, deux jours avant de partir pour le Sofitel de New York, il retrouve à nouveau ses amis du Nord à l'hôtel W.

"ON DÎNAIT À L'HÔTEL PUIS ON ALLAIT DANS MA CHAMBRE"

Jamais, lors de ces rencontres, le directeur général du FMI ne songe à se dissimuler. "Florence", qui tient à Lille un salon de massage offrant des prestations sexuelles tarifées, a décrit ainsi ces soirées aux policiers : "On dînait à l'hôtel puis on allait dans ma chambre, car j'invitais tout le monde dans ma chambre..." Le jour, DSK fait visiter le FMI au groupe. Et quand Jade, la prostituée des bars de "Dodo la Saumure", veut une photo à ses côtés, dans son bureau de directeur général, elle lui est accordée sans difficulté.

David Roquet rapportera plus tard aux juges que, lors du dernier voyage en mai, quelques jours avant le scandale du Sofitel, Jean-Christophe Lagarde s'inquiète pourtant. Lors de son précédent passage à Paris, le couple Strauss-Kahn a été photographié montant dans la Porsche de Ramzi Khiroun. Le commissaire de police recommande donc à DSK "d'éviter de regarder des filles dans la rue et d'avoir des comportements qui pourraient attirer les médias". Jamais, cependant, ils ne paraissent s'interroger sur le danger que peut courir le favori des sondages dans ces soirées au W.

Au sein du FMI, depuis des mois, des rumeurs courent. Des gardes du corps ont rapporté que, lors d'une tournée en Afrique, Dominique Strauss-Kahn a exigé de sortir seul le soir, dans des quartiers réputés dangereux. DSK s'est sans doute imaginé que la crise économique mondiale serait son meilleur bouclier. Qui prendrait le risque de déstabiliser un rouage aussi essentiel dans cette période ?

Il ne lui a pas échappé qu'il était arrivé, en 2007, dans une institution traumatisée. Son prédécesseur, l'Espagnol Rodrigo Rato, qui s'était séparé de son épouse durant son mandat à Washington, avait dû brusquement annoncer sa démission afin de poursuivre une liaison avec une jeune femme qui ne pouvait obtenir de visa. Presque au même moment, le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait été forcé de quitter son poste après avoir largement augmenté le salaire de sa maîtresse, employée de l'institution qu'il dirigeait. DSK a compris que ces grandes institutions feront tout pour s'épargner une crise interne supplémentaire. Jusqu'à l'affaire du Sofitel de New York, il gardera ainsi cette certitude que son secret est bien gardé. »
Raphaëlle Bacqué

mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



jeudi 8 septembre 2011

"Notre Coréen national" serait "le chinois de J.-P. Huchon"

Quand Jean-Vincent Placé aimait se faire appeler « le Chinois »

Un article de
Le Mal Pensant, …où l'on écrit de la main droite

C'est LE business médiatique rentable pour la gauche alter, écolo et associative : porter plainte pour "racisme" contre les responsables politiques parfois pour gagner de l'argent, souvent pour augmenter sensiblement sa notoriété, toujours pour jeter l'opprobre sur le camp attaqué devant les tribunaux. C'est un sport national inventé dans les années 1980 par les bien-pensants de SOS Racisme et un certain Harlem Désir à l'époque, aujourd'hui Premier secrétaire du Parti socialiste.

Le dernier épisode en date, c'est le duel entre deux monstres de la politique françaises : l'archi-célèbre Jean-Vincent Placé et l'hyper-médiatique Alain Marleix.
Ce dernier, spécialiste de la carte électorale à l'UMP et ancien secrétaire d'Etat sous le gouvernement Fillon 2, a tenu lors d'un chat sur Public Sénat des propos jugés "choquants" et indignes d'un élu de la République envers un autre élu par les Verts. Il a en effet parlé de Jean-Vincent Placé comme de "notre coréen national".

"La bonne affaire !" ont dû se dire les responsables d'Europe-Ecologie. On va pouvoir faire un peu de bruit et montrer par cet énième exemple que l'UMP est vraiment le parti de la haine de l'étranger et que tout est bon pour piquer des voix au FN. Du coup, Jean-Vincent Placé a fait du bruit pendant 2 ou 3 jours parlant de "lepénisation des esprits" etc, etc… Et puis, pour prolonger l'épisode médiatique qui commençait à s'essouffler, il a annoncé sa volonté de porter plainte. Evidemment, depuis, Alain Marleix a nié tout propos à connotation raciste. Histoire classique.
[lien PaSiDupes: pourquoi Placé aurait-il honte d'être Coréen ?]

Sauf que ce que vous ne savez pas tous, et ça mérite d'être un peu plus connu, c'est qu' entre eux, les Verts surnomment Jean-Vincent Placé "le chinois" à la fois parce qu'il est connu pour sa grande force de travail dans l'ombre que parce qu'il fait penser à ces mafias chinoises qui oeuvrent et manigancent en coulisse, spécialité du conseiller régional francilien. Alors tout le monde rigole bien de cette polémique artificielle au Parti. La preuve ? Cet article de Libération de 2004 dans lequel, citons le texte, " Jean-Vincent Placé se présente en rigolant comme « le Chinois de Jean-Paul Huchon » ". Mais pourquoi donc Monsieur Placé ne porte-t-il pas plainte contre Monsieur Placé, ce raciste sans gêne ! Tout est dit.


Le Parisien confirme, le 24.01.2004 (lien)

Le « Chinois » d'Huchon

EN CE DEBUT de campagne, il a hérité d'un surnom qui l'amuse beaucoup : « le Chinois d'Huchon ». Né à Séoul, en Corée du Sud, il est arrivé en France à 7 ans, adopté par un couple de Caen. Il ne parlait pas un mot de français. « L'intégration, je sais ce que c'est ! », dit-il sobrement. A 35 ans, stature massive, Jean-Vincent Placé est une de ces jeunes pousses vertes qui montent. Le voilà en seconde position sur la liste PS-Verts à Paris, juste derrière Anne Hidalgo, première adjointe de Delanoë. Placé n'est pas un Vert historique. Il a même fait ses premiers pas politiques ailleurs, chez les radicaux de gauche. Auprès de Michel Crépeau, ancien député et maire de La Rochelle, dont il fut le chef de cabinet. Avec un père avocat RPR, une mère « tendance villiériste » et un grand-père communiste, il avait le choix. Il s'est investi au sein du « pôle écolo », le courant de Maryse Arditi, qui lave plus vert que vert. Ce qui ne l'empêche pas, fana de foot et de sport, de militer activement pour les JO à Paris, dont son parti ne veut pas. Placé s'est vite fait une réputation de « dur en affaires ». Il donne ainsi des maux de tête à Patrick Bloche, le premier fédéral PS de la capitale, en refusant de céder la 24 e place, convoitée par Jean-Christophe Cambadélis, ou de faire un petit geste en faveur des chevènementistes. « Ce n'est pas mon problème », tranche-t-il. Elu du XIe arrondissement, il commence aussi à agacer Georges Sarre en prenant la défense des commerçants asiatiques. Qu'importe s'il dérange, il fonce.
Philippe Martinat


mercredi 18 mai 2011

DSK relance la question de la collusion entre presse et partis politiques


Mise en cause de la glorieuse auto-censure de la presse



Il ne sait pas se tenir.

La presse savait.

Et Obama a dû le retenir !



La presse au pilori
Quand elle sait, mais garde un silence complice
La législation accorde aux journalistes le droit d'accabler et harceler, mais aussi de taire et protéger, au gré de leurs sympathies, mais aussi de leurs obsessions psycho-maniaques. Et on songe aussitôt à Mediapart et au trotskiste Edwy Plenel qui font de leurs avantages acquis un usage partisan et malsain qui déshonore la profession.
La déontologie professionnelle aggrave la situation et les risques
Dans la dernière affaire DSK en date, l'éthique des journalistes donneurs de leçons participe du seul complot qui soit: l'omerta couvrant et favorisant l'arrogant épanouissement de la pathologie sexuelle d'un grand de ce monde, au détriment des femmes. L'ironie de la situation, c'est que des journaux de la gauche vertueuse couvrent les turpitudes d'un grand patron, celui du FMI.

Les luttes syndicales ont produit des avantages dont les journalistes font un désastreux usage
Au nom de la liberté de la presse: leur liberté d'expression devait servir l'information et la démocratie. Le peuple avait le droit de savoir. Qu'ont-ils fait de l'article 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui dispose que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » L'un de ces abus est l'occultation des faits. La protection du secret des sources des journalistes est garantie, mais la loi n° 2010-1 du 4 janvier 2010 est la porte ouverte à toutes les dérives.

Il aura fallu que la presse américaine - que ses confrères français décrit comme agressive et spectaculaire - pour que les moeurs, pour le coup violentes, de DSK éclatent au grand jour, et qu'elle évite probablement d'autres récidives et d'autres blessures physiques et morales aux femmes qui croisent le chemin du prédateur socialiste.
Les privilèges effarants dont jouit la presse font obstacle à la bonne information de la population, sa protection et la défense de la démocratie.

Les compromissions de la presse

Auteur d'un article en 2007 sur le comportement de DSK avec les femmes, Jean Quatremer n'avait pas été publié dans l'édition papier de Libération.
Heureusement qu'il y a toujours internet « pour retrouver une forme de journalisme agressif. »

Auto-censure militante: l'article censuré par Libération

Pourquoi votre article n’est pas sorti dans l’édition papier de Libération 2007 ?
D’abord je ne suis pas un journaliste politique mais un journaliste européen. J’ai suivi Dominique Strauss-Kahn quand il était ministre des Finances entre 1997 et 1999. C’est là que j’ai pu constater qu’il avait souvent des comportements inappropriés avec les femmes. J’ai eu de nombreux témoignages de consœurs qui me racontaient des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête sur les méthodes de drague extrêmement brutales qu’utilisait l’ancien ministre. Je n’avais pas l’occasion d’utiliser ces informations puisqu’en France on considère ça comme normal. Comme l’a dit hier soir Jack Lang sur France 2 à propos de la tentative de viol « après tout y’a pas mort d’homme. » Ça en dit long sur le mépris d’un certain personnel politique à l’égard des femmes. Donc utiliser ça en France, ça n’avait quasiment aucune chance de passer.

Et même à Libération ?
Ce qui est bien avec Libération, c’est que même si mon article est paru sur mon blog, le journal ne m’a absolument pas demandé de le retirer.

Encore heureux ….
Oui ! On est d’accord ! Parce que là je ne vous dis pas ! Mais le service web l’a mis en une du site. Ça montre surtout la double culture qui règne dans les médias français: d’un coté les médias classiques qui sont d’une prudence extrême, qui pratiquent une auto-censure hors du temps, et les médias internet qui retrouvent la hargne et une forme de journalisme agressif.

En puis ce ne sont pas les mêmes rédacteurs en chef
Je me doutais que vous me poseriez cette question mais vous pouvez vous la carrer ! Je ne veux pas me fâcher avec mon journal !

A partir de quand un journaliste doit-il enquêter sur la vie privée d’un homme politique ?
Quand la vie privée interfère avec la vie publique et quand le comportement dans la vie privée peut relever d’une incrimination pénale. Par exemple si un candidat à la présidentielle utilise sa famille pour se faire élire en affirmant être un père de famille exemplaire et défend les vertus du mariage, vous enquêtez pour savoir si c’est un bon père de famille et s’il est fidèle à madame (…) On a accusé les Britanniques d’aller fouiller dans les chambres à coucher. C’était à quel moment ? Quand les conservateurs ont lancé leur mouvement Back to basics, en disant qu’il fallait revenir aux valeurs fondamentales. Bah les gars on fait leur boulot de journaliste. Ils ont découvert qu’un certain nombre de conservateurs qui prenaient la pause avec madame avait en fait une vie sexuelle débridée dans les bas-fond de Londres. Et ils ont eu raison, ils ont fait exploser le parti conservateur sur des affaires de cul !

En France, malgré des témoignages accablants sur DSK, personne n’a mené d’enquête
Oui ! Le témoignage de Tristane Banon est fascinant, accablant ! Hier j’ai entendu Laurent Joffrin dire qu’il avait envoyé des journalistes du Nouvel Obs pour rencontrer la jeune femme et que les journalistes n’ont pas été convaincus par son témoignage … Je suis tombé de ma chaise ! Banon vous entendez son témoignage à la TV, vous êtes convaincus dans la seconde ! A partir du moment où quelqu’un accuse un homme politique d’une tentative de viol, on publie son témoignage ! On va voir DSK ! On met ça sur la place publique ! Mais tout le monde est gêné … Au moment de l’affaire Nagy, on n’aurait pu se dire que les médias allaient se réveiller. Mais qu’est ce qui s’est passé ? La chape de plomb est retombée ! Les conseillers de DSK ont réussi à étouffer l’affaire ! Dans les portraits hagiographiques que j’ai pu lire depuis plusieurs mois on rappelait à peine de cette affaire. C’était un petit incident. Or, c’est très grave. La lettre de Piroska Nagy accusait DSK de harcèlement et disait que DSK ne pouvait pas diriger une organisation composée de femmes ! C’est dire ! On aurait dit titrer là-dessus !

Il y a des pressions ?
Ce n’est pas des pressions ! Le mot pression est trop fort ! C’est le coup de fil amical, le « c’est pas si grave » … Cet espèce de grand mélange des genres entre hommes politiques et journalistes.

Mais dans votre papier de ce matin, vous citez Khiroun [propriétaire de la Porsche à disposition des époux Strauss-Kahn] qui vous demande « qu’est-ce qu’on peut faire ? ». On se dit what the fuck … Et ça doit ouvrir plein de portes !
Bien sur que ça ouvre plein de portes ! Mais si vous répondez va-te-faire voir ça s’arrête là …

Vous connaissez d’autres des politiques qui avaient ce comportement avec les femmes ?
Honnêtement je n’ai pas de précédents. Ça fait 25 ans que je suis journaliste, j’ai suivi de nombreux ministres, très charmeurs, mais ça ne dépassait pas les limites de la bienséance. Il n’y a rien qui circule de cette nature là sur d’autres hommes politiques. On prête beaucoup de relations extra-conjugales mais rien sur le harcèlement, les lourdeurs, les consœurs qui se plaignent d’avoir fait l’objet de sollicitations sexuelles. DSK, ce qui était dingue c’était la répétition. Il faut bien distinguer ce qui relève de la drague et ce qui relève de comportements inappropriés. Tout à l’heure je disais à la radio que DSK passait son temps à envoyer des SMS à des femmes qu’il sollicitait. Réaction d’un lecteur qui m’envoie un mail: « Si on en peut plus envoyer de SMS on ne peut plus draguer ». Si une femme vous dit: « arrêtez de m’envoyer 3 SMS par jours sinon je porte plainte », si vous ne comprenez pas que vous êtes dans le harcèlement, vous êtes un crétin !"


VOIR et ENTENDRE le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, analyser l'acception d' "agression sexuelle" ici et là dans le monde, l'égalité sexuelle en éclats et battre en brèche la thèse du complot derrière laquelle se retranchent les avocats de DSK:



DSK président: assurance d'une "inflation" du nombre de femmes ministres

La liste des postulantes socialistes à un porte-feuilles ministériel est ouverte...




mardi 17 mai 2011

Guy Sorman: droit d'inventaire du passage de DSK

DSK a 'abusé' du FMI
L'usine à gaz voulue par DSK

Quel bilan peut-on tirer de l'action de Dominique Strauss-Kahn, passé du sommet du Fonds Monétaire International aux profondeurs des geôles américaines?

Pour Guy Sorman, DSK n'a fait qu'appliquer de vieilles recettes tout en développant une bureaucratie pléthorique
qui pourrait fonctionner avec 300 économistes quand elle compte 10 000 fonctionnaires.
Oublions la situation personnelle de DSK et intéressons-nous plutôt à ce qu'il a fait du FMI. Il est généralement loué pour avoir redynamisé cette institution et l'avoir placée au coeur de la crise financière mondiale depuis 2008. Cet activisme qui servait sa notoriété personnelle, contrastait avec la discrétion de ses prédécesseurs français comme Michel Camdessus et Jacques de Larosière. Ceux-ci avaient réorienté le FMI de sa fonction ancienne de prêteur aux Etats menaçant ruiné vers un nouveau métier de conseil aux gouvernements. Avant DSK, le FMI avait donc cessé d'être le pompier chargé d'éteindre les incendies et de prêter à fonds généralement perdus : s'inspirant des théories monétaristes, les économistes du FMI convertissaient peu à peu les dirigeants des pays pauvres à mieux gérer leurs finances en amont, en particulier grâce à la création de banques centrales indépendantes. Le décollage des pays pauvres, Afrique incluse, dans les années 1990, dut beaucoup à ces bons conseils qui firent quasiment disparaître l'hyperinflation de notre planète. Naguère contesté dans son rôle de prêteur de dernier recours à des chefs d'Etat peu fiables (Boris Eltsine, Moubarak), le FMI avait gagné l'estime générale dans cette nouvelle fonction de conseiller. Au désespoir tout de même d’un grand nombre des fonctionnaires du FMI, environ dix mille, privés d'utilité réelle. Kenneth Rogoff, qui fut l'économiste en chef du FMI, avant l’ère DSK, estime que l'organisation a, en réalité, besoin de trois cents économistes qualifiés, guère plus.

DSK, au contraire, a choisi d’en revenir au passé : il s'est attaché l'affection du personnel en restaurant le FMI comme vaste bureaucratie internationale. Crise ou pas crise, et politicien avant tout, DSK voyait grand. La crise fut une aubaine : DSK essaya de positionner le FMI en gouvernement économique mondial. Bloqué par les Américains, les Chinois et les Allemands, il n'y parvint pas mais, grâce à un lobbying actif, il obtint le renforcement de ses ressources. Sous DSK, le FMI prospéra. Au bénéfice de qui ? De lui-même et de son Directeur général. Mais contribua-t-il à résoudre, voire à limiter, la crise financière mondiale ? DSK aurait voulu prêter tous azimuts aux pays en difficulté : à l'exception de petits pays comme la Hongrie, cela lui fut justement refusé par le G8 et le G20. Les gouvernements se sont opportunément souvenus que les prêts du FMI sont rarement remboursés et qu’ils perpétuent donc les causes foncières de la faillite.

Faute de prêter directement, DSK aura beaucoup encouragé les gouvernements et les banques centrales à secourir les pays les plus mal gérés, la Grèce en particulier. Or, on savait au FMI depuis des années que les comptes grecs étaient truqués : sauver les Etats voyous par des prêts de faveur, ce fut la politique du FMI dans les années 1980, avec laquelle DSK voulait bizarrement renouer. Certes, le FMI posait des conditions à ses prêts mais ces conditions n'étaient jamais respectées (sauf par des gouvernements très sérieux comme la Corée du Sud) et le FMI n'avait aucun moyen de les imposer.

Au total, on comprend comment le management du FMI par DSK servait DSK et sa bureaucratie : on ne voit pas en quoi il conduisait vers un régime financier mondial plus rationnel ? Et DSK, politique oblige, n'osa jamais s'attaquer aux manipulations du Yuan par le gouvernement chinois, bien qu'il s'agisse là d'un facteur essentiel des déséquilibres mondiaux.

Si Milton Friedman était encore des nôtres, il rappellerait comme il le faisait déjà dans les années 1970, que le FMI fut créé en 1945 pour empêcher les dévaluations compétitives des années 1930 : près d'un siècle plus tard, ce problème n'existe plus et le FMI est avant tout une bureaucratie en quête désespérée d'une mission. Après DSK, doutons que le FMI soit réduit aux trois cents économistes souhaités par Rogoff : mais espérons que cette grenouille cesse d'enfler.
(source: atlantico.fr)

samedi 7 mai 2011

Ben Laden mort fait la comm d'Obama

Semaine historique pour la ré-élection du président sortant
Des doutes sur la mort du chef historique d'Al-Qaïda ?

Oussama Ben Laden a été tué dans la nuit de dimanche à lundi par une opération des forces spéciales américaines contre la résidence où il se cachait à Abbottabad, une ville-garnison pakistanaise proche d'Islamabad, mettant fin à une traque de 10 ans. Lien PaSiDupes

Suspicieux et complotistes s'en donnent à coeur joie

Slate, magazine en ligne pardes ancien de Le Monde, s'illustre sans délai.
"
5h35: Barack Obama annonce la mort de Ben Laden
Alors que la rumeur s'est déjà répandue partout, le président des Etats-Unis annonce à la télévision américaine que son armée a capturé Oussama Ben Laden. Il ne fournit, bien évidemment, aucune preuve.
"

Ben Laden, un complot pour tuer la théorie du complot
Selon Slate
, "Une dizaine d'heures après l'annonce de la mort du chef d'al-Qaida, les théories s'affinent. Selon Ludo Ludo, internaute du Post.fr (groupe Le Monde), la mort supposée de Ben Laden permet d'en finir avec les remises en cause du 11-Septembre: « Une fois Ben Laden reconnu mort par le monde entier, on arrêtera de nous parler de cette théorie du complot sur le 11 septembre.»
LePost.fr, piètre media dépendant du journal prétendûment sérieux Le Monde et donc soutenu par Yahoo! Actualité, a l'audace de se dédouaner en associant son titre d'un « post non vérifié par la rédaction ».

Le site d'information Slate relaie volontiers les cerveaux perturbés
"Ce sont quand même les mieux placés pour le savoir ! Les Talibans nient que le leader d'al-Qaida ait été tué, d'après la chaîne pakistanaise Geo TV. Alors que nous n'avons toujours aucune preuve matérielle de la disparition de Ben Laden, pour l'instant, c'est parole contre parole."

Le site est accusateur
"La presse américaine publie une seule et même photo
Le dossier de presse préparé par la Maison-Blanche était visiblement bien ficelé. Tellement bien que les médias américains publient tous la même photo, comme le montre ce diaporama de
Liberation.fr. Les media, complices de cette effroyable imposture."
"Avec la mort de Ben Laden, Obama comble le pays
et fait la nique à ses opposants." (Slate)
Et redore son blason ?
En France, ce serait un "rideau de fumée"...


Slate fait toujours mieux.
13h45: "Troublante concordance avec la mort de Hitler
La mort du dictateur nazi a été annoncé officiellement le 1er mai 1945, soit exactement 66 ans avant l'annonce du décès de Ben Laden par Barack Obama. Coïncidence? Nous ne pensons pas."

Conclusion - A 15h45: "le FBI, qui visiblement lit Slate.fr, [sic] vient de mettre à jour sa page. L'embarras est palpable au sein de l'administration américaine.

Al-Qaïda annonce que la mort de Ben Laden sera vengée"
Tel est le titre, vendredi 6 mai, de L'Express, épilogue des élucubrations d'une certaine presse accoutumée à l'agitation irresponsable de l'opinion hexagonale.
Obama lance une opération reconnaissance nationale
Le président démocrate Obama et son vice-président Joe Biden se sont rendus vendredi après-midi à Fort Campbell, base militaire du Kentucky (Middlewest, centre-ouest), pour remercier et décorer certains membres du commando qui a tué Oussama Ben Laden il y a cinq jours au Pakistan.
Le président américain a ainsi clôturé vendredi "une semaine historique" pour les Etats-Unis avec la décoration des membres du commando américain qui ont "décapité" Al-Qaïda.
"Nous avons décapité Al-Qaïda et nous finirons par la vaincre", a-t-il promis sous les applaudissements des militaires.

Bien que le travail de repérage du chef terroriste par les service de renseignement ait commencé sous la présidence de G. Bush Junior,
à aucun moment Barack Hussein Obama n'a convié son prédécesseur aux félicitations de la nation.

Aux membres de la force d'assaut, le président a décerné "une citation présidentielle
, la plus haute récompense qui puisse être donnée à une unité, en reconnaissance de leur service et de leur réussite extraordinaires". Les récopiendaires sont restés anonymes, pour leur sécurité.

La mort Ben Laden marque l'entrée en campagne d'Obama

Les Américains reprochent en général à Obama d’être un chef faible
et de ne pas savoir s’y prendre pour combattre le terrorisme en particulier. « Ils ne se concentrent plus du tout sur les objectifs nécessaires.» Alors, la réussite des services de renseignements et des forces spéciales offrent au président une opportunité inespérée de remonter dans l'opinion. Obama reconnaît et profite à plein.

"Cela a été une chance pour moi de dire au nom de tous les Américains et de tous les peuples à travers le monde, bon boulot. Bon boulot ! ", a-t-il lancé. Les hommes qui ont mené le raid contre Ben Laden sont "les professionnels de l'ombre de l'Amérique... ils se sont entraînés pendant des années, ils se sont endurcis au combat, ils se sont préparés sans relâche pour cette mission".

"Quand j'ai donné l'ordre [d'intervenir], ils étaient prêts. Et ces derniers jours, le monde entier a pu voir combien ils l'étaient".
Décidément, Obama est bien - et plus que prévu - le préservatif de l'Amérique.

lundi 28 février 2011

Atlantico.fr , un nouveau dans l'Info sur le web

Atlantico.fr se présente à nous

Lancé ce matin


Alors que les sites de news nouvelle génération -pure players- connaissent un indiscutable succès depuis cinq ans aux Etats-Unis, en Espagne, et en Italie, en France, il subsistait des créneaux à explorer dans l’information sur Internet .

Il restait à créer un " facilitateur d'accès à l'information " digne de ce nom en France
. Ce sera désormais le rôle d'Atlantico.fr.

Paradoxalement, alors que l’offre de sources d’informations disponibles explose sur la toile, les internautes n’accordent à l’actualité qu’un temps d’attention limité, quatre à cinq minutes en moyenne par jour. Nos concitoyens sont plus saturés d’infos qu’il ne leur en manque.

Le projet d’Atlantico.fr (lien) est né d’une frustration de consommateur ne trouvant pas d’équivalent français aux sites tels que le Huffingtonpost.com ou Thedailybeast.com.
Son nom, « Atlantico », est quant à lui inspiré des sites américains The Atlantic et Politico .

On l'aura compris, destiné au grand public, Atlantico.fr a l’ambition de proposer un modèle éditorial différent.

Sa vocation première est d’être une plateforme d’aiguillage vers une information fiable et adaptée aux nouveaux modes de consommation de l’information sur Internet.

Mais, si Atlantico est un outil, c’est aussi un site construit sur une véritable ambition éditoriale et journalistique. Un journalisme qui pour être moins présent sur « le terrain » ne renonce en rien à des exigences de qualité, de curiosité et de réactivité. La sélection de sources pertinentes, le décryptage de l’actualité, le choix d’ouvrir la ligne éditoriale à 300 contributeurs ainsi qu’à de nombreux éditorialistes permettent d’offrir aux lecteurs une autre vision de l’actualité.

Atlantico.fr est ainsi un site qui ne s’interdit aucun sujet, et surtout pas ceux qui provoquent les débats les plus passionnés. Il se donne pour objectif de regarder ce monde en accélération constante tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit.
Rue89 tire déjà sur Atlantico.fr à boulets ...rouges

Son directeur de la rédaction et cofondateur, Jean-Sébastien Ferjou, vient de LCI et TF1

Alors, Arnaud Dassier
, actionnaire minoritaire, doit déjà faire
face à la stigmatisation de ses intolérants confrères.
« Nous avons parmi nos contributeurs des conservateurs, des libéraux mais pas que ça. Nous avons surtout des individus. » Il insiste : " Cela ne nous dérange pas que vous disiez que nous avons une sensibilité de droite, mais nous ne le revendiquons pas. Nous ne sommes pas un site militant." Rue89 peut-il en dire autant ?

Une équipe de trentenaires

Christian de Villeneuve est également au conseil de surveillance. L'ancien patron du JDD (et du Parisien) n'est pourtant pas un passionné d'Internet : « Mais c'est aujourd'hui un passage obligé. Ma passion c'est l'information, qu'importe qui est le lecteur. »

Une dizaine de journalistes constitue l'équipe rédactionnelle : ils ont tous moins de 40 ans et viennent en majorité de la télévision et de la radio.

Le modèle est gratuit. L'objectif est d'atteindre 600 000 visiteurs uniques d'ici un an. L'équilibre pourrait être atteint d'ici 36 mois, grâce à une politique de diversification pour apporter des revenus complémentaires (« comme Rue89 »).
Lien vers les contributeurs

Côté actionnariat

Jean-Sébastien Ferjou précise qu'il se divise en deux parties :

- d'un côté les cofondateurs (Jean-Sébastien Ferjou, Pierre Guyot, Loïc Rouvin et Igor Daguier) avec 51% du capital,

- de l'autre une holding, « FreeMinds », avec 49% des actions.

Les actionnaires de cette holding sont des « investisseurs innovants issus du Web ».
Environ un million d'euros ont été levés auprès de dizaines de personnes, dont trois actionnaires ont retenu l'attention de Rue89:
Marc Simoncini, Web-entrepreneur et fondateur du site de rencontre Meetic ;
Charles Beigbeder, ancien PDG de Poweo, candidat à la présidence du Medef en 2005 et très proche de l'UMP;
Xavier Niel, PDG de Free et actionnaire du journal Le Monde (avec les Inrockuptibles, qui ne sont guère marqués à droite, c'est le moins qu'on puisse dire).

Rue89, c'est ...Libération

Atlantico.fr vient en concurrence de Mediapart et Rue89.

Créé en mai 2007,
Rue89 annonce une levée de fonds de 1,1 million d'euros, dès le 27 juin 2008.
En décembre 2009, Rue89 réclame encore de l'aide, non pas à Libération, mais à la Direction du développement des media et entire 249 000 euros.
Or, la direction relève de l'autorité du ...Premier Ministre. Ce qui autorise donc les journalistes d'opposition à dire - en toute bonne foi - que la presse est aux mains du pouvoir !

Ses actionnaires sont principalement les fondateurs
(Arnaud Aubron, Laurent Mauriac Pascal Riché et Pierre Haski -tous 2 missionnés par Libération) à 44%, mais ce serait trop simple et ils sont parfois 'floutés' derrière les « Amis de Rue89 » ou les « Habitants de Rue89 » uand ils ne portent pas le masque des "autres actionnaires" (31%)...

Quant au journal Libération ?

I
l a aujourd'hui pour actionnaire de référence Édouard de Rothschild (38,87%), ancien membre de la commission exécutive du CNPF (Medef) et grande fortune française.

mercredi 26 janvier 2011

La Tunisie, sous la menace islamiste?

Exemple de compilation du site Le Post
N'allez pas croire que la photo est due à un bureaucrate du site Le Post
(crédit: Reuters)

Le 20/01/2011, le site de Le Monde a publié un copié-collé de cinq confrères avoués:
L'Express, Libération, The New York Times, Slate, Jeune Afrique. On observera que, pour une raison avouable ou une autre, Le Parisien n'a droit à aucun lien...
(Toute la Rédaction du Post assume la ponctuation aléatoire, le style et le fond ...)

"Le parti intéressé, Enhanda, s'en défend [d'une menace islamiste], et se définit comme plutôt proche de l'AKP, le parti turc au pouvoir.
Lire PaSiDupes: La Tunisie, face à l'inconnu islamiste (18/01/11)

Avant que le régime Ben Ali ne s'effondre, le député français Christian Vanneste faisait remarquer qu'il valait mieux un régime autoritaire qu'islamiste. Remarque partagée par pas mal de partisans du "moindre mal". Or, si l'influence islamiste est réelle en Egypte par exemple, avec les Frères Musulmans, qu'en est-il de la Tunisie ?
Dans une interview au Parisien, son porte-parole, Hamadi Djebali, affirme que son mouvement "n'a pas l'intention d'organiser un retour à la Khomeiny" [ponctuation?] pour Rached Ghannouchi (homonyme du premier ministre, mais sans lien de parenté), le leader du parti (Khomeiny était revenu [d'exil en France] pour déposer le Shah d'Iran en 1979). " Enhanda revendique avant tout la reconnaissance du multipartisme et son droit légitime à participer à la construction d'un nouvel échiquier politique. Nous ne cherchons pas la confrontation ". D'après L'Express, le leader des islamistes tunisiens est même mal vu par la chaîne extrémiste libanaise Al Manar. Le New York Times l'a même qualifié de "progressiste".

[Au Post on s'imaginait sans doute que Ghannouchi (l'homonyme) allait déclarer la guerre sainte ? cf. lien PaSiDupes]

Cela dit, la méfiance demeure
Le parti n'est pas représenté dans le gouvernement mort-né-en coma dépassé [les deux sont-ils compatibles?] d'union nationale, où sont représentées d'autres forces de l'opposition. Et ce alors qu'il en avait fait la demande.

Enhanda, combien de divisions?
Quand ils ont été autorisés à participer aux élections législatives, en 1989, le parti avait recueilli 15% des voix. Mais il a subi un coup terrible en 1999 quand Ben Ali a fait emprisonner 30.000 de ses membres. Depuis, " le mouvement islamiste semble désorganisé " explique le chercheur français Pierre Vermeuren à L'Express. Et très isolé: d'après un article de Libération datant de 2004 [merci pour les nouvelles fraîches et leur crédibilité actuelle...], [ponctuation?] pour les formations d'opposition, l'islamisme fait office de repoussoir.
[Un détail qui a peut-être son importance: les opposants emprisonnés sont maintenant libérés, ou libérables...]

Ils n'ont pris part que de façon marginale à la révolution, note Slate [qui aurait l'innocence de croire que les islamistes ont dit leur dernier mot?] : " pour le moment, la révolte a été remarquablement exempte de relents théocratiques ". Une seule fois un de leurs leaders a pris la tête d'un cortège, précise Jeune Afrique. Pourtant, dans le même journal, le leader Rached Ghannouchi parle "d'intifada" pour qualifier la révolution.

Reste à reconstruire ce parti
Il lui faudra se faire autoriser, sachant que la constitution tunisienne interdit les partis à caractère religieux... " [et sachant aussi -sauf au Post- que se profile la réunion d'une assemblée constituante !]

Vous avez là tout ce que peut offrir Le Post !...
En savez-vous plus à la fin d'une lecture qui a mobilisé tant de 'décrypteurs' éclairés ?

Le moment venu, nous pourrons toujours nous replonger dans cet article pour démontrer, d'une part d'où vient la grande souffrance de la presse papier et de ses sites sur l'Internet et, d'autre part, que LePost aura été d'une rare perspicacité, le 20 janvier 2011, quand le Maghreb et le Proche Orient seront colonisés par les religieux islamistes, amis de Rached Ghannouchi...

dimanche 19 septembre 2010

Les Rom sont-ils les bienvenus au Luxembourg ?

Sarkozy propose au Luxembourg de participer à l'effort européen, mais...

A attaque insultante, riposte cinglante

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a été piqué au vif le 9 septembre 2010 à Bruxelles quand le président Nicolas Sarkozy a mis en cause son pays sur le dossier des Rom. Il a jugé « pas convenables » les critiques émises par Paris contre la commissaire chargée de la Justice, la Luxembourgeoise Viviane Reding, qui a menacé la France de poursuites devant la justice européenne, après avoir dressé un parallèle « outrancier » par Sarkozy, entre les expulsions de Rom et les déportations pendant la Seconde Guerre mondiale. Lien PaSiDupes: Sarkozy lave l'honneur de la France

La France fait plutôt mieux que les autres états membres

Ainsi, le Luxembourg, comme la France, applique-t-il des périodes de transition concernant les ressortissants bulgarie et roumains demandeurs d'asile. Du coup, les Rom roumains ou bulgares ne peuvent venir que s’ils ont une autorisation de travail, qui leur permet d’accéder au marché du travail.

Mais la presse de gauche instrumentalise les Rom
Le sénateur de Haute-Marne, Bruno Sido, a rappelé en vain à la presse d'opposition à Nicolas Sarkozy que le Chef de l’Etat "ne faisait qu'appliquer les règlements européens, les lois françaises et qu'il n'y avait absolument rien à reprocher à la France en la matière". Le Chef de l'Etat a en outre suggéré que "si les Luxembourgeois voulaient les prendre, il n'y avait aucun problème".

D'ailleurs, les Rom (au sens européen du terme, c’est-à-dire divers groupes d'individus qui se décrivent eux-mêmes comme Rom, Gitans, gens du voyage, Manouches, Ashkali, Sinti, Tziganes, etc) sont d'abord traités comme les ressortissants des pays dont ils sont originaires (Bulgarie ou Roumanie essentiellement).

Et pourquoi les Rom fuient-ils donc la Roumanie (et la Bulgarie) ?

« Le Luxembourg peut-il accueillir les Roms dont la France ne veut pas ? » Telle est la question polémique de Slate, le 16. Il convient en vérité d'aborder celle des causes de la désaffection des Rom pour leur pays d'origine.

=> L'esclavage des Rom a été aboli en 1856, suite à l'influence des idées propagées par la révolution de 1848.
L'Holocauste juif a éclipsé la persécution et l’assassinat des Rom.

=> Durant la Seconde guerre mondiale, la Roumanie était alliée de l'Allemagne nazie qui considérait les Tsiganes comme « racialement inférieurs » et leur tatouaient un "Z" sur le bras.
Le 20 novembre 1940, la Roumanie rejoint les puissances de l’Axe. Le ministère de l’intérieur interdit aux Rom "nomades" de "rôder pendant l’hiver".

Le 1er juin 1941 débute la déportation de "nomades et semi-nomades" en Transnistrie, suivie en septembre 1942 de la déportation des Roms sédentaires. Fin 1943, le grand rabbin Alexandre Safran intercède pour que les déportations cessent. L’universitaire américain R.J Rummel estime que de 1941 à 1943 36.000 Roms sont morts en déportés.
Le Procès de Nuremberg n'abordera pas la question du génocide Rom.

=> Depuis 2007 la Roumanie profite de l'ouverture de l’espace Schengen qui favorise une importante émigration de Rom vers les pays d'Europe occidentale, dont la France.

Evolution de l'immigration au Luxembourg

Le Luxembourg a reçu plus de 2000 demandeurs d'asile de Bosnie au début des années 90 , mais quand en 1996 les Balkans connurent une nouvelle crise, le Luxembourg commença à en réguler le flux en exigeant un emploi pour l'obtention des avantages sociaux: 4% remplirent les conditions.

En 2001, la campagne gouvernementale de régularisation eut pour effet de refuser la nationalité luxembourgeoise à environ 850 illégaux pour la plupart originaires du Sandjak, une régionde Serbie du sud et du Montenegro majoritairement ...musulmane.

Novembre 2002: expulsion de migrants clandestins
Lorsqu'en novembre 2002, le Luxembourg commença à rapatrier de force les populations en situation irrégulière.

Mai 2003: manifestations de clandestins soutenus par des ONG
Les Rom réclament une réduction à trente mois de la période de transition. Des ONG les soutiennent dans leur revendication.
Eté 2003: Juncker confirme la poursuite des expulsions 'assistées'
Le Premier ministre JC Juncker tente de résister à la pression: il réduit l'aide alimentaire aux sans-papiers, mais cède après six semaines d'agitation médiatique et rétablit l'aide gouvernementale.

Création d'allocations au retour au pays
Chaque personne reçoit 1,000 euros du gouvernment pour rentrer au pays.

Bilan 2006
87% des étrangers du Luxembourg sont originaires d'Europe, du Portugal, en particulier.
Les 13% viennent de l'ex-Yougoslavie, de l'ex-colonie portugaise du Cap Vert et … des USA.
5000 sont des musulmans, pour la plupart venus de Yougolavie.
(Source MPI )
Le parti-pris de la Ligue des Droits de l'homme française est donc particulèrement déplacée: lire PaSiDupes

Pourquoi la France plutôt que le Luxembourg ?

La question de Slate aurait pu être plus objective
Le 4 septembre 2008, le gouvernement luxembourgeois a décidé de prolonger de trois ans l'obligation de transition, comme le précise le site du ministère des Affaires étrangères luxembourgeois dans le chapitre consacré aux séjours de plus de trois mois.

En France, il y aurait actuellement entre 350.000 à 500.000 gens du voyage, dont la quasi totalité a la nationalité française, sur un total de 10 à 12 millions dans l’Union européenne. Les anti-sarkozystes brouillent la réalité des faits. Ils nient que les Rom sont des nomades en affirmant qu'en Europe, seulement 2% d’entre eux voyagent de pays en pays, mais taisent que la majorité cherchent certes à se fixer sur un territoire étranger de leur choix, mais pour y circuler de camp en camp.

Libération mène une campagne anti-française: lire PaSiDupes

Les discriminations luxembourgeoises

=> Le Luxembourg n'offre pas les facilités françaises de logement
Au Luxembourg, se pose le problème du logement. Les gens du voyage ne sont pas acceptés dans les campings et il n'y a pas d'aires de stationnement spécifiques. Cette discrimination, interdite par les lois nationales et européennes (le Conseil de l'Europe recommande à ses Etats membres de mettre en place des aires d'accueil et de stationnement), est passée inaperçue jusqu'à la crise orchestrée par la gauche européenne. Le pays manque à ses obligations.
Les Rom sont également dans l'impossibilité d’établir leur résidence au Luxembourg, car pour cela, il faut passer par la commune et donner une adresse, or une adresse du camping n’est pas valable .

=> Les Rom roumains sont stigmatisés au Luxembourg
C'est ce qu'affirme l’association luxembourgeoise Chachipe. Selon Karin Waringo, qui défend les Rom , «les autorités luxembourgeoises ont pris des mesures contre les Rom roumains qui viennent mendier au pays parce qu'ils n'ont pas d'autre moyen d'assurer leur survie. Cette campagne stigmatise les Rom qui sont accusés de mendicité en réunion».
La loi prévoit des sanctions. Ainsi, depuis 2008, on a constaté une forte augmentation du nombre de procès verbaux dressés pour mendicité en réunion. Karin Waringo explique qu’avant cette date, les mendiants étrangers étaient tout simplement reconduits à la frontière, sur la base de l'ancienne loi sur l'immigration qui prévoyait cette possibilité.
Une intégration difficile
D’après l’Asti (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés), les Rom sont très mal perçus au Luxembourg. Les politiques peu conciliantes du gouvernement ne favorisent pas l’intégration. Pour contraster les situations, un membre de l’association citeun reportage de France 2 qui montrait, en France, un convoi de roulottes cherchant un campement. Après pérégrination, les roulottes arrivent sur un terrain agricole, et le propriétaire les autorise à rester pour deux semaines. Au Luxembourg, en revanche, les roulottes auraient difficilement trouvé quelqu’un qui les accepte, affirme-t-il. L'Asti vante ainsi les possibilités françaises: «En France, on vit avec les gens du voyage, on se connaît, ils ne sont pas appréciés par tout le monde, mais au moins on se côtoie. Ici, si on arrive avec un convoi de roulottes, ça pose tout de suite problème».

=> Xénophobie anti-Rom au Luxembourg
Les gens du voyage et exilés en caravane ne furent jamais les bienvenus dans le Grand-Duché. «Dès la seconde moitié du XIXe siècle, lit-on dans l’hebdomadaire luxembourgeois le Jeudi, qui cite Karin Warengo, les autorités disposent de deux armes: d'abord, le refus d'une activité économique itinérante comme on en trouve en 1878. Et puis, il y a la reconduite prompte à la frontière». En 1972, explique le Jeudi, une loi sur l'entrée et le séjour des étrangers «consacre le renvoi illico, dans un article 12 qui semble taillé sur mesure. La police peut renvoyer, sans autre forme de procédure que la simple constatation du fait par le procès-verbal à adresser au ministre de la Justice, les étrangers non autorisés à résidence qui sont trouvés en état de vagabondage ou de mendicité ou en contravention à la loi sur les professions ambulantes».

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Philippe Marini invite le Luxembourg à balayer devant sa porte

Le 14 semptembre, le sénateur UMP a rappelé la commissaire luxembourgeoise Viviane Reding à la décence à propos des expulsions de Rom en situation irrégulière en France. Alors que sur France Culture un journaliste l'interrogeait sur des menaces de lancement d’une procédure d’infraction contre la France pour sa politique vis-à-vis des Rom par la commissaire européenne, Viviane Reding, le rapporteur général du budget au Sénat a répondu : « Que l’on passe au tamis l’attitude française, d’accord. Mais que l’on soit exigeant vis-à-vis du pays d’origine, qu’on l’amène à résoudre ses propres problèmes progressivement et en prendre conscience et pas seulement en paroles, cela me semblerait correct. »

Le sénateur Marini évoque les paradis fiscaux
Philippe Marini a par ailleurs jugé que c’était « très confortable d’être ministre ou commissaire représentant le Luxembourg ». « C’est la situation la plus heureuse que l’on puisse espérer en Europe. Le Luxembourg, ce pays qui n’a même pas besoin de recouvrer ses impôts », a-t-il poursuivi.