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lundi 5 août 2013

Université: un rapport alerte contre la montée des revendications identitaires et communautaristes

Le port du voile à l'université remis en question

L'exécutif se cache derrière deux pare-feux
Ce n'est pas la faute à Hollande! Le Haut Conseil à l'intégration (HCI)remis un rapport alarmiste et une proposition polémique à l'Observatoire de la laïcité, détenteur depuis avril 2013 (!) des prérogatives de sa mission sur la laïcité. Dans l'un de leurs derniers travaux, les membres de cette mission, menée par l'inspecteur général de l'Education Nationale Alain Seksig, un ancien instituteur franc-maçon (affilié au GO), se sont inquiétés du non-respect de la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur.

Suite à de "nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire", le rapport émet douze propositions parmi lesquelles l'adoption d'une loi interdisant "dans les salles de cours, lieux et situations d'enseignement et de recherche des établissements publics d'enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse".

Nous sommes en France...
Sans aller jusqu'à étendre à l'enseignement supérieur la loi de 2004 en vigueur dans le second degré, l'idée est bien d'interdire aux étudiantes musulmanes de porter le voile islamique pendant les cours. Une proposition potentiellement polémique, alors que se discute l'opportunité d'interdire les signes religieux, et principalement le voile, dans d'autres sphères de la société française.

Les rapporteurs se fondent sur la loi Savary de 1984, datant de la présidence socialiste de François Mitterrand, qui précise que la liberté d'expression accordée aux usagers de l'enseignement supérieur "ne doit pas porter atteinte aux activités d'enseignement et à l'ordre public"
Les rapporteurs précisent aussi que le code de l'éducation prévoit que "le service public de l'enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique". Ils "voient donc mal pourquoi l'enseignement supérieur camperait dans un hypothétique statut d'extraterritorialité".

Une "montées des revendications identitaires et communautaristes"

Selon les auditions menées ces derniers mois par la mission sur la laïcité,"certaines universités" sont en butte à "des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité, tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l'exigence de respect des interdits alimentaires, à l'octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire..."

"Les problèmes n'ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés, souligne le rapport. 
Des personnalités auditionnées parlent même "d'actions souterraines" (associations cultuelles masquées, conférences à contenu politico-religieux, etc.). Des professeurs nous signalent, par exemple, la difficulté qu'ils éprouvent parfois à organiser des binômes d'étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe."
Le journal Le Monde titre: "C'est une injustice de ne pas pouvoir travailler avec son voile"

Largement fondé sur une enquête de la Conférence des présidents d'université (CPU) de 2004, le rapport évoque aussi, sans les quantifier ni les situer, des atteintes à la laïcité "dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l'évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés". La mission "laïcité" du HCI se fait donc la porte-parole franc-maçon du "malaise d'un nombre croissant d'enseignants" face à ces "symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d'ostracisme, de refus de certains savoirs".

La mission vante un bilan positif de la loi de 2004

S'il nuance son propos, à la satisfaction du journal socialiste Le Monde, reconnaissant que "tous les établissements ne sont pas touchés par ces phénomènes" et que certains y ont apporté "des solutions concrètes et apaisantes", le HCI craint néanmoins une certaine "cacophonie" et juge "préférable d'anticiper".

Il estime donc "nécessaire que l'ensemble des établissements publics d'enseignement supérieur intègrent un article dans leur règlement intérieur visant à prévenir les contestations ou récusations d'enseignement". 
Il recommande "l'insertion de l'étude du principe de laïcité dans les programmes des formations débouchant sur un métier des fonctions publiques d'État, hospitalière ou territoriale ou sur un métier des carrières sanitaires et sociales".

La mission "laïcité" propose enfin que "toute occupation d'un local par une association étudiante fasse l'objet d'une convention d'affectation des locaux, qui ne peuvent en aucun cas être affectés aux cultes". Dans la même ligne, "les CROUS étant soumis au principe de laïcité, ils ne peuvent compter de lieu de culte sur leur site, ni fournir de restauration de nature confessionnelle".

Dans ce contexte, le Haut Conseil à l'intégration rappelle que "la loi de mars 2004 a contribué à diminuer les tensions dans les établissements du secondaire"Dans son point d'étape remis le 25 juin au président de la République, l'Observatoire de la laïcité, converge, établissant aussi un bilan positif de la loi de 2004, mais ne paraît pas pour autant enclin à reprendre les conclusions du HCI.
"Nous entendons nous faire notre propre religion", indique-t-on à l'Observatoire. Ces recommandations devraient être publiées dans le rapport annuel du HCI, à l'automne, à moins que l'Observatoire de la laïcité, soucieux "d'apaisement" sur ces sujets, ne préfère les enterrer.

L'Observatoire de la laïcité 

Le Haut Conseil à l'intégration (HCI), créé en 1989 et composé de vingt membres, a pour mission "de faire toute proposition utile" à la demande du premier ministre sur les questions relatives à l'intégration.

Sa mission sur la laïcité a été confiée à l'Observatoire de la laïcité, formellement créé en 2007, mais dont les membres n'ont été nommés qu'en avril 2013. L'Observatoire assiste le gouvernement sur le respect du principe de laïcité. Il en réunit les données, études et recherches, peut proposer au premier ministre toute mesure qui lui paraît nécessaire. Il est présidé par Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand.

Difficile donc pour la majorité présidentielle de nier toute responsabilité dans la polémique. On attend maintenant que pépère" agisse ! 

lundi 27 mai 2013

Répression de La Manif pour Tous: Hollande s'en tira-t-il comme ça ?

"Lendemains politiques qui déchantent" pour Hollande ou "baroud d’honneur" des anti-mariage gay ?
Ce lundi matin certains croient deviner des divisions dans le Collectif la Manif pour tous, mais la plupart des quotidiens pensent que la mobilisation de dimanche est de mauvais augure pour le gouvernement et les débats de société à venir. Les Français, même las, ont pris conscience de l'ampleur des enjeux.

La détermination des opposants au mariage homosexuel, dimanche, à Paris avait tout du
"baroud d’honneur", selon l'élément de langage véhiculé par les media. Mais elle aura des conséquences sur le plan politique, estime la presse de ce lundi. Rares sont en effet les éditorialistes à juger, comme Nicolas Demorand dans Libération, que la mobilisation a fait "pschitt"

"La réac-pride se dégonfle", veut croire le directeur du très socilaiste Libé, qui fustige "un mouvement non plus populaire mais radicalisé, non plus carnavalesque mais teigneux et factieux". "Ce ‘peuple de droite’ (…) ce n’était assurément pas ‘le peuple’ comme le proclamaient les slogans et une imposante banderole pendue à un balcon de la rue de Rennes, au passage d’un des cortèges", renchérissent Pierre Haski et Sophie Caillat sur Rue89.com Ce site de Libération veut tourner la page, estimant que "les vrais défis sont ailleurs".

Seuls "ceux qui pensent sincèrement que la civilisation est en danger ne vont pas baisser les bras", note Pure Player. Mais "la fin de la procédure législative a achevé de désagréger la cohésion de la Manif pour tous, les jusqu’auboutistes s’opposant désormais frontalement aux partisans d’une voie médiane", veut espérer Geoffroy Clavel, journaliste politique au HuffingtonPost.fr dirigé par l'ex-femme Strauss-Kahn et socialiste fidèle.

Entre "dégonflement" et mobilisation "massive"
Des élus opposés au mariage homosexuel 

ont rejoint la Manif pour tous, dimanche 26 mai 2013



Son homologue du Figaro, Alexis Brézet, lui oppose un avis tout aussi tranché, en saluant, lui, une mobilisation  "massive, joyeuse, pacifique", qui  "fait figure d’ultime pied de nez aux bobards des perroquets de la manip pour tous."

"Au delà de la nouvelle querelle de chiffres autour du nombre exact des manifestants, il reste l’impression qu’un mouvement politique est né dans la rue et qu’il faudra compter avec lui", écrit Dominique de Montvallon sur Lopinion.fr, le nouveau média "libéral, européen et pro-business" fondé par Nicolas Beytout - autrement dit proche de l’UMP.

Moins affirmatif, l’éditorialiste de La Croix, Dominique Quinio, se demande si ce n’est "pas autour d’une conception globale de la société que se manifestent ainsi de nombreux Français". Dans La Montagne, Jacques Camus juge lui aussi qu’ "un mouvement de fond, sur des questions sociétales, s’est créé".

"Cette foule qui s’est levée n’acceptera pas de replier définitivement les banderoles. Pour la majorité, cet épisode aura des conséquences: elle ne pourra plus imposer des lois sociétales sans un maximum de précautions", ni concertation, prophétise Michel Urvoy dans Ouest-France

Même constat chez
Bruno Dive de Sud-Ouest: "on ne légiférera désormais sur les questions sociétales qu’avec une grande prudence". 
"Si d’aventure la majorité se risquait à nouveau à porter atteinte à la famille (PMA, GPA, théorie du genre…), elle trouverait à qui parler…", menace Alexis Brézet (Le Figaro).

"La gauche a du souci à se faire"
Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne  a le sentiment que "les questions sociétales ne sont pas la préoccupation principale des Français, malgré l’ampleur des défilés", mais il sous-estime à l'évidence leur réactivité au sujet de l'euthanasie, notamment. Pourtant "la gauche a du souci à se faire avec les suites de cette mobilisation d’une ampleur inusitée (inaccoutumée?) depuis les grandes manifestations de droite de l’entre-deux-guerres", avertit Philippe Waucampt du Républicain lorrain. L'Est de la France ne s'est visiblement pas senti concerné par le grand mouvement de soutien de l'école libre qui a culminé avec la manifestation géante du 24 juin 1984 à Paris: il a mis en échec le projet de loi Savary visant à engloutir les écoles privées à un "grand service public." La comparaison n'est certes pas à l'avantage des Français de 2013.


mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



lundi 26 septembre 2011

Des enseignants du privé se laisseront-ils pousser à la grève du 27 septembre ?

Les profs du privé préparent-ils l'allumette qui mettra le feu à leurs contrats d'association avec l'État ?

Seront-ils à ce point inconscients?

Les cinq fédérations syndicales des établissements privés sous contrat appellent à rejoindre l’appel à la grève lancé par les syndicats du public
pour demain mardi. Dans le privé, les déficits publics, dans le contexte actuel de crise, conduisent aussi à des suppressions d’emplois .

Enseignants français du privé et public, tous des Espagnols ?
Mardi dernier, des enseignants ont déserté les écoles madrilènes pour une journée de grève contre les coupes budgétaires dans le secteur de l'éducation: ils sont au bord du goufre, mais n'ont trouvé que ce moyen pour s'y précipiter plus vite.

Mais croyez-vous que les enseignants français peuvent se montrer plus intelligents ?
Main dans la main, une fois n’est pas coutume ! Bien que leur statut "sous contrat" avec l'Etat oit soumis aux aléas des élections générales et présidentielles, les syndicats de l’enseignement privé appellent à la grève le 27 septembre, aux côtés du public. La Fep-CFDT, le Snec-CFTC, le Spelc, le SNPEFP-CGT et le Synep-CFE-CGC réclameront "zéro retrait d’emploi pour la rentrée 2012", comme les autres.

Oublieux de leurs différends idéologiques

Selon une estimation syndicale, “depuis 2008, plus de 5.000 emplois ont été retirés dans l’enseignement privé associé à l’Etat par la mise en oeuvre de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), alors que les prévisions d’effectifs sont fortement à la hausse”. Et “1.350 suppressions d’emplois sont à nouveau envisagées” en 2012.

Comptent-ils sur un retour de la gauche pour avoir droit à des créations de postes, le maintien de leurs horaires et la sauvegarde de leurs salaires ?
C'est leur pari sur l'avenir !

Visent-ils la suppression de leurs contrats par la gauche ?

Le ressenti de la situation dans le privé n’est pas plus positif que dans le public.
La campagne de dénigrement de la gauche aura-t-elle donc fini par produire les mêmes effets ? Reste à voir si les enseignants du privé sont aussi influençables et si cet appel aura parmi eux un écho favorable: qui sait ? Les syndicats d' "intello" du privé sont peut-être des kamikazes !...

Les enseignants du privé ignorent-ils tout des luttes de leurs prédécesseurs ?
Sans remonter à la séparation de l'Eglise et de l'Etat...

- la loi Debré (31 décembre 1959), qui porte le nom de Michel Debré, Premier ministre et ministre de l'Éducation nationale, instaura un système de contrats entre l'État et les écoles privées qui le souhaitent. Dès lors, l'État peut accorder son aide, avec la contre-partie que les programmes soient les mêmes que dans l'enseignement public (le catéchisme devenant une option). L'inspection devenait obligatoire et les enfants ne partageant pas la même religion que l'établissement ne pouvaient être refusés. Les enseignants sont rémunérés par l'État selon les mêmes grilles indiciaires. En revanche, leurs retraites dépendent du régime général et de caisses de retraites complémentaires...

- Alain Savary, ministre de l'Éducation (1981-1984), remit en question la possibilité de l'enseignement privé secondaire par le gouvernement socialiste de François Mitterrand. Des manifestations des écoles privées entraînèrent la chute du gouvernement Mauroy, prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille, et le projet fut retiré.

Il appartient aux enseignants - en connaissance de cause - de décider - en leur âme et conscience - de l'opportunité de pactiser avec ceux qui veulent leur disparition.

vendredi 20 février 2009

Qui sont vraiment les ‘étudiants’ envahisseurs de la Sorbonne ?

Qui risque de manipuler les vrais étudiants de base ?

Savent-ils à qui ils ont donné leurs suffrages en votant au CEVU pour Maxime Lonlas ?

Le CEVU, d’abord ?

C’est le Conseil de la Vie et des Etudes Universitaires, le conseil des étudiants par excellence.
Il est l'un des deux conseils consultatifs prévus par le statut des universités françaises, outre le conseil scientifique. « Le conseil élit en son sein un vice-président étudiant chargé des questions de vie étudiante en lien avec les centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires. »

Le CEVU se réunit au moins six fois par an. Il émet un avis consultatif, mais le Président Molinié lui a donné un rôle important de préparation au Conseil d’Administration. On y parle aussi bien de la semaine de révisions, du contrôle des connaissances, que d’une cafétéria en Sorbonne ! Il est donc fondamental que son vice-président soit un étudiant… Il veille au respect des libertés politiques et syndicales étudiantes.

Or, c’est la loi 2007-1199 du 10 août 2007, dite LRU de Valérie Pécresse -tant décriée- qui a voulu que le vice-président de l’université ne soit plus un professeur comme avant...

Il n’est pas anodin de souligner enfin que cette instance a été mise en œuvre dans le cadre de la loi Savary sur l'enseignement supérieur (1984). Alain Savary (1918-1988) devint ministre de l'Éducation nationale de Mitterrand en 1981 dans le gouvernement de Pierre Mauroy. C’est à Savary que nous devons aussi les Zone d'éducation prioritaire (ZEP), une autre fausse bonne idée socialiste. Et onéreuse.
Chargé par Mitterrand d'unifier l'enseignement secondaire et de mettre fin à la distinction entre l'école privée (dite école libre) et école publique, sa tentative, que les députés socialistes radicalisèrent, déclencha un véritable raz de marée de protestations qui déboucha sur une importante manifestation dans les rues de Paris en juin 1984, au nom de la défense de l'école libre. Finalement lâché par François Mitterrand, il remis sa démission du gouvernement quelques heures avant l'annonce de la démission complète du gouvernement Mauroy en juillet 1984. C’est le type de « couac » dont la gauche ne veut entendre parler et que Darcos n’instrumentalise pas…

Maxime Lonlas, ensuite

Ex-étudiant de prépa lettres, une Khâgne classique au lycée Camille Guérin de Poitiers, Maxime Lonlas a échoué à la Sorbonne. Il est donc à l’origine l’un de ceux que la gauche présente comme un privilégié puisqu’il a accédé à une classe préparatoire aux grandes écoles. Théorique graine d’élite de demain, il a néanmoins dû se rabattre sur la fac…
Arrivé à l’Université de Paris IV en 2005, il est depuis mars 2006 élu au Conseil de l’UFR d’Histoire. Aujourd’hui étudiant en M2 (2e année de master) d’Histoire médiévale, sous la direction du Professeur Yves Sassier, Lonlas a été réélu vice-président du Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU), le 18 avril 2008, pour 2 nouvelles années.
La mise en place de la loi LRU, que rejette l’UNEF après que Bruno Julliard (adjoint au maire socialiste de Paris) l’a signée, a engendré le renouvellement des 3 conseils centraux de l’université (répétons-le : Conseil d’Administration, Conseil Scientifique et CEVU), alors que Lonlas venait d’être élu vice-président depuis 6 mois seulement. Il entame donc une 3e année et son 2ème mandat d’une durée de 2 ans à ce poste.
La loi LRU, que combat aussi Lonlas devant les étudiants et les media, lui a permis d’accéder à la vice-présidence de la Sorbonne , et nous voyons, depuis la nuit du 19 au 20, comment décrypter une profession de foi où le candidat en chemise noire promet de se mettre au service des étudiants, d’être un lien entre eux et l’université, pour tous les étudiants, y compris ceux qui n’adhèrent pas à son syndicat.
Or, a-t-il organisé une assemblée générale avant d’envahir la Sorbonne et de squatter l’amphi Turgot ? Est-il mandaté par l’ensemble des étudiants pour mener ce genre de coup de force ?
En d’autres termes, a-t-il respecté son mandat ? N’a-t-il pas outrepassé ses droits ?
Mais ses électeurs trompés comprendront mieux pourquoi ils peuvent regretter la confiance qu’ils lui ont accordée, lorsqu’ils sauront ce qu’est véritablement l’AGEPS, dont il est le président.

Le syndicat AGEPS, enfin

  • L’AGEPS (Association Générale des Étudiants de Paris Sorbonne) est un
    syndicat étudiant extrémiste.

  • Il est issu de la transformation progressive de l'orientation de l'UNEF-SE vers un syndicalisme considéré « de cogestion », qui ne convenait pas à l’extrême gauche hostile à la négociation avec le gouvernement.
    L’AGEPS, on l’a compris, est donc un syndicat de lutte, auquel la violence ne fait pas peur. L’Association Générale des Étudiants de Paris Sorbonne (AGEPS) est d’ailleurs membre de la FSE fondée au mois de juin 2000, pour marquer sa différence avec l’UNEF et rivaliser avec elle.

  • La FSE (Fédération syndicale étudiante)

    Le Monde,
    comme Le Figaro, classent la FSE (et plusieurs autres organisations ultra-minoritaires impliquées) comme appartenant ou étant proches de l'extrême gauche. Les blocages et la grève générale sont pour la FSE les moyens naturels d'établir un rapport de forces pour obtenir gain de cause sur des revendications.
    En rupture avec les pratiques des syndicats participant à la vie démocratique et institutionnelle des universités, elle co-signe non seulement certains de ses tracts avec le petit nombre de syndicats de lutte, comme …
    -> SUD Étudiant (qui revendique l'autogestion, et l’anti-capitalisme),
    -> l'AGEN,syndicat de lutte fondé au début des années 90, encore présent aujourd'hui,
    ->mais aussi avec les syndicats de personnels IATOS ou enseignants comme
    - la CGT éduc'action,
    - SUD Education,
    - la CNT FTE (syndicat de combat, autogestionnaire et anarchiste : à bas l'Etat et les patrons, solidarité sans frontière !) et
    - Emancipation, tendance intersyndicale révolutionnaire dont les militants interviennent dans les luttes et les mouvements sociaux ponctuels aux côtés d’autres syndicats de l'éducation, de la recherche et de la culture pour peser sur elles : ses militants sont donc syndiqués à la CGT, à la CNT, à la FSU, à SUD, à l’UDAS, à l’UNSA, voire non syndiqués.

    Le syndicat FSE n'est pas considéré représentatif dans le monde étudiant, car il ne dispose d'aucun d'élu au sein du CNOUS ou du CNESER.

    S’informer avant de suivre un mouvement semble être élémentaire…