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lundi 27 octobre 2014

Najat Vallud-Belkacem, ministre qui nivelle l'Education nationale par le bas

Brighelli décrypte le sourire niais de Najat Vallaud-Belkacem...

Vallaud-Belkacem est imprévisible
La ministre de l'Education  a encore justifié le reproche qui liu est adressé d' reproche qui lui est fait d'être une idéologue. Mais alors, en petites babouches!
A la question cruciale du salaire des enseignants, la ministre répond par des boutades. À la question de la laïcité, par une grenade dégoupillée !

On a dit de Poincaré, un jour où le soleil l'avait fait grimacer, qu'il était "l'homme qui riait dans les cimetières". Les politiques du début du XXe siècle n'avaient pas encore assimilé le fait que désormais il faudrait se garder de ce que l'on n'appelait pas encore les paparazzis, et que les appareils photographiques étaient entrés dans l'ère du Reflex et de l'instantané. Mais les femmes et les hommes d'aujourd'hui devraient savoir qu'ils sont en permanence filmés, enregistrés, scrutés - particulièrement lorsqu'ils passent à la télévision, hein, Mme le Ministre... Surtout
quand ils se croient doués en communication. 

"Peanuts"

Samedi dernier, le 25 octobre, chez Ruquier, Najat Vallaud-Belkacem, en réponse à une question sur la crise du recrutement, a répliqué à propos des enseignants : "Enfin, ces gens, ce n'est pas l'argent qui les attire, sinon ils ne feraient pas enseignants." Et elle a ri - tout heureuse de sa boutade...

"Ces gens" ne détesteraient pas, comme leurs homologues luxembourgeois ou allemands (deux nations européennes de référence, ces temps-ci, mais pas pour tout apparemment), être un peu mieux payés qu'aujourd'hui, un domaine
où la France se situe en tête des pays de l'Est, dépassée par la totalité du bloc occidental. Nous vivions en Bulgarie et nous ne le savions pas !

"Ces gens", donc, "ces enseignants du premier degré", sont "sous-payés", a reconnu Najat Vallaud-Belkacem. "Donc le gouvernement auquel j'appartiens fait des efforts pour les augmenter. On a rajouté pour eux une indemnité annuelle de 400 euros qu'ils percevront chaque année." [Les indemnités, c'est la garantie d'une retraite meilleure!]
Montant ? 33,33 euros par mois. Byzance ! "Peanuts", a répliqué Aymeric Caron - in french in the text. Ma foi, il n'a pas tort.

"Petits pains" et approximations

Ce n'est pas une prime (non intégrée dans le calcul des futures retraites, c'est bien pratique) qu'il faut verser, d'urgence, aux instituteurs et aux néo-professeurs. C'est 50 % de salaire de plus ! On se sent moyennement motivé pour aller se faire insulter par des parents hystériques ou des gosses qui se croient tout permis dans des établissements lointains et difficiles [sans compter qu'ils sont placés sous la tutelle de chefs d'établissement qui sont pour bon nombre à ce poste parce qu'incapables de tenir une classe...]. D'autant qu'il apparaît de plus en plus nettement qu'il n'y a plus d'établissements faciles, à part ceux où Najat Vallaud-Belkacem met ses enfants. 

Ah, mais voilà : "Je ne multiplie pas les petits pains" [seulement le déficit public et donc les impôts pour recruter des candidats fantômes à l'Education nationale], a-t-elle plaisanté lorsqu'on lui a suggéré de dépasser le stade de l'aumône. Ah, l'humour ! Madame le Ministre, l'humour consiste à se moquer de soi-même. Pas à enfoncer les autres. [Ni à se dérober !]

À une autre question du même Aymeric Caron, qui semble avoir un peu bossé son interview au préalable (bon sang, dans quel monde suis-je où j'en viens à penser du bien d'Aymeric Caron !) [LOL], la ministre a répondu qu'elle "ignorait" que l'on avait recruté des professeurs des écoles avec 5 de moyenne au concours. 

Puis elle a affirmé : "On a augmenté l'indemnité liée au fait d'être affecté en éducation prioritaire. C'est une indemnité de 1.056 euros. On va la doubler - enfin, un peu moins, on va l'augmenter de 50 %." 50 %, c'est moins que 100 % - bravo ! La ministre aura peut-être le brevet des collèges. [Elle continue d'assurer la propagande gouvernementale, mais ne potasse pas ses fiches]

Exister médiatiquement

Par quelle aberration un ministre qui n'a absolument rien à dire [parce qu'elle ne connaît pas le métier], et qui de surcroît le dit mal, se croit-il obligé de participer à des émissions télévisées ? Qui lui a dit que c'est la condition nécessaire pour continuer à exister ? Il y a en France aujourd'hui 65 millions de "gens" qui persistent à exister, et difficilement, sans passer à la télé. Et qui n'en ont rien à faire que le ministre soit ou non bien ou mal coiffé Chatel avait la plus belle permanente du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem se fabrique un casque bien peigné [On la dirait parfois recoiffée à la bave: une scène personnellement observée au temps de mon adolescence] - et puis ? 

Pour exister, il faut donc se répandre. La semaine dernière, la ministre s'est répandue à l'Observatoire de la laïcité, le "machin" [une sinécure socialiste] dirigé par Jean-Louis Bianco, qui est venu ici même nous expliquer ce qu'était la laïcité élargie/aménagée/déglinguée, barrer les adjectifs inadéquats. "La situation globalement apaisée" sur le front de la laïcité, affirme la ministre - qui constate toutefois des "contestations de certains enseignements concernant le fait religieux (refus de visiter des édifices religieux, de suivre un cours sur l'islam ou un cours de français utilisant comme support la Bible...), la musique (refus de chanter ou de souffler dans un instrument à vent), l'éducation physique et sportive (la natation particulièrement), l'éducation à la sexualité, l'histoire de l'évolution (en cours de SVT), le génocide arménien et la Shoah". Mais, à part ces menus détails, rien à signaler... [L'odieux nazisme, mais les merveilleux stalinisme, maoïsme et bolivarisme de feu Chavez, un amateur de " démocratie participative",: suivez mon regard...]

Retour des voiles

Donc, en tronquant un avis fort bien balancé émis jadis par le Conseil d'État,
elle a décidé qu'il était licite pour des mères d'élèves d'accompagner des enfants lors d'une sortie scolaire en portant des signes extérieurs et vestimentaires de soumission. Si ! [Mais n'est-elle pas justement franco-marocaine et de religion musulmane?]
"Le Conseil d'État a rappelé que les usagers du service public et les tiers à ce service ne sont pas soumis en tant que tels à l'exigence de neutralité", avait expliqué un communiqué ministériel en décembre 2013. Mais il ajoutait immédiatement : "Le milieu scolaire est un cadre qui doit être particulièrement préservé. Ainsi, s'agissant des parents d'élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires, ils doivent faire preuve de neutralité dans l'expression de leurs convictions, notamment religieuses. C'est ce qu'indique la circulaire du 27 mars 2012 dont l'application est mise en oeuvre sur le terrain avec intelligence, en privilégiant toujours d'abord la voie du dialogue. Cette circulaire reste donc valable." [cf. vidéos ci-dessous]
La ministre a fait une longue intervention bâtie comme un mauvais devoir de Sciences Po, en conclusion de laquelle elle affirme : "Je veux réaffirmer un principe et une orientation. Le principe, c'est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l'indique le Conseil d'État, l'acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus, l'exception", déclare-t-elle [C'est sa thèse]. [A noter qu'Aymeric Caron opine à ce discours] Elle ajoute [son antithèse]: "Pour autant, il peut y avoir des situations particulières, liées par exemple à du prosélytisme religieux, qui peuvent conduire les responsables locaux à recommander de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses. [Et synthèse] C'est un équilibre qui doit être trouvé par les responsables de terrain et les cas conflictuels restent heureusement limités."

Examen de conscience

En clair, elle refile la patate chaude aux enseignants et aux chefs d'établissement. Ce n'est pas encore la guerre, mais des conflits en nombre sont contenus dans cette décision qui va, comme le souligne, consterné, le Café pédagogique, à l'encontre de son prédécesseur Vincent Peillon, qui s'était exprimé sur la question en décembre 2013. Mais elle est dans le droit fil de l'une des rares décisions prises par Benoît Hamon lors de son passage rue de Grenelle - nous en avions parlé ici.
Heureusement, les professeurs des écoles ont en général assez de bon sens pour choisir, comme accompagnateurs, des "gens" qui ne posent pas de problèmes à la laïcité. [Sauf que les associations et collectifs entravent leur action et contestent leurs choix] En collège et en lycée, en général, on ne demande pas aux parents d'escorter leurs enfants - qui s'en voudraient d'être vus avec leurs géniteurs...

Suis-je misogyne ? Non. Suis-je raciste ? Non plus. Islamophobe ? Pas même. Ai-je un mépris abyssal pour les jeunes ? Je les forme ! Alors, peu me chaut que le ministre soit une femme, musulmane et jeunette. Je souhaite juste qu'elle soit compétente. [Et moins sectaire]

Devoir de mémoire

Quand Vallaud-Belkacem se voit en ambassadrice du "Made in France"
Najat Vallaud-Belkacem croit porter du Made in France 

Quand Vallaud-Belkacem se ridiculise à Lorient...

Quand l'idéologue endoctrine les enfants des écoles du Loiret 

samedi 14 décembre 2013

Le rapport contre l'intégration, une véritable "police de la pensée" officielle au service de l'islam

Ce rapport respecte la commande de Matignon

Malika Sorel-Sutter: "une véritable police de la pensée"

Tels les résultats d'une enquête commandée à une entreprise de sondage, ce  rapport sur l'intégration donne satisfaction à  son commanditaire, le premier ministre, qui réclamait "une rupture assumée avec l'héritage du peuple français", explique Malika Sorel-Sutter, ancien membre du Haut Conseil à l'intégration, dans un entretien au Figaro.

Le Figaro. - Comment jugez-vous les recommandations de ce rapport?

Malika Sorel-Sutter. - Elles sont fidèles à la commande de Matignon, qui avait adressé une lettre de cadrage très claire aux ministres concernés. La rupture avec l'héritage du peuple français est pleinement assumée. Rien n'est laissé au hasard, comme en témoignent les recommandations qui détaillent les modalités de la rééducation des masses. Il faut traquer les Français de souche culturelle européenne et leur propension à discriminer l'autre, en mettant sur pied de nouvelles institutions, ainsi qu'une multitude de mesures dignes d'une véritable police de la pensée. Même la langue française voit sa suprématie contestée! À aucun moment on ne trouve l'expression d'une quelconque reconnaissance de dette pour tout ce que la France a pu donner aux étrangers extraeuropéens et à leurs enfants. Le nombre de fois où apparaît le mot "devoir" est révélateur de l'esprit du texte: 13 fois seulement, tandis que le mot "droit" est cité 440 fois!

Qu'a en tête le gouvernement, selon vous?

Il faut se souvenir ici du rapport de Terra Nova intitulé "Gauche: quelle majorité électorale pour 2012?". L'électorat y était passé au scanner: "La population des Français issus de l'immigration est en expansion démographique et en mutation identitaire", notait-on. Il est manifeste que cette refondation de la politique d'intégration n'est pas innocente. Elle nourrira le ressentiment des Français, avec une traduction probable dans les urnes...

Que peut-on dire de la composition des groupes de travail?

Les cinq rapports dénotent une grande homogénéité dans l'approche. À quelques exceptions près, la plupart des membres sont inconnus sur les sujets traités. Mais il ne faut pas accorder trop d'importance à la composition des groupes, qui m'apparaissent comme de simples cautions: l'entreprise était déjà décidée.

Malika Sorel-Sutter dérange

Créé en 1989 par Michel Rocard, 
le Haut Conseil à l’intégration a été dissous par François Hollande. Et comme la nature a horreur du vide, les socialo-écolo se sont empressé de le remplacer par un Observatoire de la laïcité
Or, la damecontinue néanmoins de dénoncer l'intrusion massive et destructrice d'une culture radicalement opposée à la nôtre. Les media alignés sur le pouvoir lui ménagent donc un temps de parole injustement limité que ne justifie pas l'intérêt grandissant que les Français portent aux problèmes liés à notre immigration, majoritairement musulmane.

vendredi 27 septembre 2013

Pierre Bergé (PS) pour la suppression de "toutes les fêtes chrétiennes"

Au profit de fêtes ...musulmanes ! 

Le milliardaire socialiste Pierre Bergé a plaidé jeudi pour la "suppression de toutes les fêtes chrétiennes" 
au nom de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Des propos qui font écho aux récentes déclarations d'un membre de l'observatoire de la laïcité et de Jacques Attali qui souhaitent les remettre en cause. Un nouveau débat  se dessine à la veille des municipales. 

Pour Bergé, faut-il rétablir les Bacchanales ?

L'homme d'affaires a estimé que la France vit "sous le régime de la séparation des églises et de l'État. Nous ne sommes pas que des catholiques ou protestants chrétiens en France, a-t-il argumenté jeudi, au micro de RTL. 
Il y a une majorité, selon lui, une grande partie de musulmans. Il y a beaucoup d'autres religions. Pourquoi en effet ne pas en tenir compte ? Je préférerais qu'on soit laïcs jusqu'au bout et qu'à l'exception de Noël, qui est devenu une fête chrétienne et qui était une fête païenne, on supprime toutes les autres. L'Assomption, la Pentecôte, Pâques." 

L'argent confère plus de la visibilité que de lisibilité
"Ce sont des fêtes commerciales, mais elles restent chrétiennes", a-t-il argumenté. Bergé pensait-il à l'Ascension et à la Pentecôte ou se livre-t-il à tous les amalgames malveillants ?

Il n'est pas élu, mais il enjoint la France à avoir du "courage" et d'aller "jusqu'au bout".
"Les religions existent, les églises existent. Je trouve normal qu'elles existent, ainsi que les mosquées [sauf les synagogues?], a-t-il continué, mais c'est incroyable que l'on soit dans ce régime où il y a des fêtes tous les 15 jours et que ce soit des fêtes chrétiennes." Il a connu le temps récent des grèves tous les mois sans en être chiffonné !  

Et de conclure, "moi, ma proposition, c'est plus de fêtes chrétiennes, plus de fêtes religieuses du tout".
Et au calendrier révolutionnaire ?

S'il était né le 14 novembre 1793, il serait de brumaire et tirait son nom "des brumes basses d'octobre à novembre".


Les exemples de fiel sont légion dans les tweets de Bergé




Une provocation qui n'a pas manqué de faire réagir sur Twitter 

L'impudent n'est pas socialiste pour rien:


Des attaques concertées


"On doit remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd." 
Ces propos radicaux tenus dans un entretien avec Challenges (groupe Le Nouvel Observateur et sanisettes de Claude Perdriel, élevé par une juive proche de sa famillece ...vendredi sont ceux de l'anthropologue Dounia Bouzar (pour Dominique Amina: Dounia est un condensé de ses origines marocaines, algériennes, italiennes et corses), nommée dimanche dernier par Jean-Marc Ayrault à l'Observatoire de la laïcité, créé en 2007 et dont le premier président est Jean-Louis Bianco (PS), depuis février 2013. 
Elle a siégé au Conseil français du culte musulman de 2003 à 2005, mais démissionna, accusant le Conseil de ne pas assez agir sur les questions de fond. Bien qu’élevée dans un milieu intellectuel non religieux, elle s'est convertie à l’islam à l’âge de 27 ans, alors qu'elle travaillait comme éducatrice au sein de la Protection judiciaire de la jeunesse. Elle a publié sir l'islam des banlieues et sur les Français de confession musulmane.
Dans un entretien à Challenges cette semaine, elle s'est dite favorable à la suppression de deux jours fériés chrétiens pour être remplacés par l'Aïd et Kippour.

Atalli, à gauche, face à Mitterrand,
les Segollande en arrière plan
En février dernier, Jacques Attali avait lui aussi plaidé pour des mesures du même ordre : "Il convient […] d’enlever de notre société laïque les derniers restes de ses désignations d’origine religieuse. Par exemple, les jours fériés ne devraient être que laïcs, tels le 1er janvier, le 1er Mai, le 14 juillet et le 11 novembre. Les autres, dont les noms conservent encore une connotation religieuse (la Toussaint, Noel, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption) devraient se voir attribuer des noms laïcs ("fête des enfants" pour Noel et "fête de la liberté" pour Pâques) ou être considérés comme des fêtes religieuses, que les citoyens pourraient choisir comme jours fériés, parmi d’autres jours fériés pour d’autres fêtes religieuses (Kippour, l’Aïd, l’anniversaire du Dalai Lama). "Il parlait alors d'une "mesure de salut public". 


"Vous me direz, si une bombe explose sur les Champs à cause de #laManifPourTous c'est pas moi qui vais pleurer", écrivit le vieillard indigne.

L
e 16 décembre 2012 au sujet de la gestation pour autrui (GPA), l'ancien compagnon d'Yves Saint-Laurent avait déclenché une première controverse en marge d'une manifestation favorable au mariage homo. Dans un entretien accordé au Figaro.fr, Pierre Bergé avait en effet déclaré : "Louer son ventre pour faire un bébé ou louer ses bras, quelle différence ? C'est faire un distingo qui est choquant".

Un tweet du Bergé galeux, suite à la publication par Le Monde d'un manifeste de la Manif pour Tous:

Et pour info




lundi 5 août 2013

Université: un rapport alerte contre la montée des revendications identitaires et communautaristes

Le port du voile à l'université remis en question

L'exécutif se cache derrière deux pare-feux
Ce n'est pas la faute à Hollande! Le Haut Conseil à l'intégration (HCI)remis un rapport alarmiste et une proposition polémique à l'Observatoire de la laïcité, détenteur depuis avril 2013 (!) des prérogatives de sa mission sur la laïcité. Dans l'un de leurs derniers travaux, les membres de cette mission, menée par l'inspecteur général de l'Education Nationale Alain Seksig, un ancien instituteur franc-maçon (affilié au GO), se sont inquiétés du non-respect de la neutralité religieuse dans l'enseignement supérieur.

Suite à de "nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire", le rapport émet douze propositions parmi lesquelles l'adoption d'une loi interdisant "dans les salles de cours, lieux et situations d'enseignement et de recherche des établissements publics d'enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse".

Nous sommes en France...
Sans aller jusqu'à étendre à l'enseignement supérieur la loi de 2004 en vigueur dans le second degré, l'idée est bien d'interdire aux étudiantes musulmanes de porter le voile islamique pendant les cours. Une proposition potentiellement polémique, alors que se discute l'opportunité d'interdire les signes religieux, et principalement le voile, dans d'autres sphères de la société française.

Les rapporteurs se fondent sur la loi Savary de 1984, datant de la présidence socialiste de François Mitterrand, qui précise que la liberté d'expression accordée aux usagers de l'enseignement supérieur "ne doit pas porter atteinte aux activités d'enseignement et à l'ordre public"
Les rapporteurs précisent aussi que le code de l'éducation prévoit que "le service public de l'enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique". Ils "voient donc mal pourquoi l'enseignement supérieur camperait dans un hypothétique statut d'extraterritorialité".

Une "montées des revendications identitaires et communautaristes"

Selon les auditions menées ces derniers mois par la mission sur la laïcité,"certaines universités" sont en butte à "des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité, tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l'exigence de respect des interdits alimentaires, à l'octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire..."

"Les problèmes n'ont pas disparu, ne se sont pas raréfiés mais se sont banalisés, souligne le rapport. 
Des personnalités auditionnées parlent même "d'actions souterraines" (associations cultuelles masquées, conférences à contenu politico-religieux, etc.). Des professeurs nous signalent, par exemple, la difficulté qu'ils éprouvent parfois à organiser des binômes d'étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe."
Le journal Le Monde titre: "C'est une injustice de ne pas pouvoir travailler avec son voile"

Largement fondé sur une enquête de la Conférence des présidents d'université (CPU) de 2004, le rapport évoque aussi, sans les quantifier ni les situer, des atteintes à la laïcité "dans certaines universités où des tenants de courants chrétiens évangéliques ou néobaptistes critiquent les théories darwiniennes de l'évolution au profit de thèses créationnistes. Ailleurs, des écrits de Voltaire, de Pascal ou de Camus peuvent être rejetés". La mission "laïcité" du HCI se fait donc la porte-parole franc-maçon du "malaise d'un nombre croissant d'enseignants" face à ces "symptômes de la montée de revendications identitaires et communautaristes, de fermeture, voire d'ostracisme, de refus de certains savoirs".

La mission vante un bilan positif de la loi de 2004

S'il nuance son propos, à la satisfaction du journal socialiste Le Monde, reconnaissant que "tous les établissements ne sont pas touchés par ces phénomènes" et que certains y ont apporté "des solutions concrètes et apaisantes", le HCI craint néanmoins une certaine "cacophonie" et juge "préférable d'anticiper".

Il estime donc "nécessaire que l'ensemble des établissements publics d'enseignement supérieur intègrent un article dans leur règlement intérieur visant à prévenir les contestations ou récusations d'enseignement". 
Il recommande "l'insertion de l'étude du principe de laïcité dans les programmes des formations débouchant sur un métier des fonctions publiques d'État, hospitalière ou territoriale ou sur un métier des carrières sanitaires et sociales".

La mission "laïcité" propose enfin que "toute occupation d'un local par une association étudiante fasse l'objet d'une convention d'affectation des locaux, qui ne peuvent en aucun cas être affectés aux cultes". Dans la même ligne, "les CROUS étant soumis au principe de laïcité, ils ne peuvent compter de lieu de culte sur leur site, ni fournir de restauration de nature confessionnelle".

Dans ce contexte, le Haut Conseil à l'intégration rappelle que "la loi de mars 2004 a contribué à diminuer les tensions dans les établissements du secondaire"Dans son point d'étape remis le 25 juin au président de la République, l'Observatoire de la laïcité, converge, établissant aussi un bilan positif de la loi de 2004, mais ne paraît pas pour autant enclin à reprendre les conclusions du HCI.
"Nous entendons nous faire notre propre religion", indique-t-on à l'Observatoire. Ces recommandations devraient être publiées dans le rapport annuel du HCI, à l'automne, à moins que l'Observatoire de la laïcité, soucieux "d'apaisement" sur ces sujets, ne préfère les enterrer.

L'Observatoire de la laïcité 

Le Haut Conseil à l'intégration (HCI), créé en 1989 et composé de vingt membres, a pour mission "de faire toute proposition utile" à la demande du premier ministre sur les questions relatives à l'intégration.

Sa mission sur la laïcité a été confiée à l'Observatoire de la laïcité, formellement créé en 2007, mais dont les membres n'ont été nommés qu'en avril 2013. L'Observatoire assiste le gouvernement sur le respect du principe de laïcité. Il en réunit les données, études et recherches, peut proposer au premier ministre toute mesure qui lui paraît nécessaire. Il est présidé par Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand.

Difficile donc pour la majorité présidentielle de nier toute responsabilité dans la polémique. On attend maintenant que pépère" agisse !