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samedi 28 mai 2016

Des professeurs des écoles n'obtiendraient pas un certificat d'études primaires à la sortie d'ESPE

En Seine-Saint-Denis, des instituteurs "ne savent pas écrire le français"

Créées en 2013 à la suite des IUFM, les écoles de formation devaient améliorer le niveau des professeurs des écoles.
 


L'exemple du relâchement vient d'en haut
Dans l'académie de Créteil, on recrute des futurs enseignants en dessous de la moyenne. Un instituteur qui fait cours les mains dans les poches, qui parle à ses CM2 comme un "grand frère" de banlieue, avec "ouais" et "j'en ai marre" à foison. Une autre qui explique à ses élèves la signification du verbe "dérider" en prenant l'exemple d'une maman qui s'applique une crème anti-âge. Un troisième, pourtant professeur des écoles, lui aussi bac+4, incapable de formuler une phrase interrogative correcte, l'inversion du verbe et du sujet constituant une prouesse apparemment hors d'atteinte. Un français d'une qualité aussi relâchée que dans la pratique d'un journaliste moyen.
  
A Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), des professeurs réunis dans les locaux de l'école supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE), excusez-moi du peu !, de l'académie de Créteil égrènent des témoignages pour le moins préoccupants. A se demander qui les recrute sur concours mais n'évalue pas l'étendue du désastre et qui les forme pendant des mois mais ne détecte rien. On n'en est même plus à la lectrice des informations (en fin de semaine, ils lancent les jeunes pousses), Noémie Bonin, 28 ans, qui déclare ce matin que ce sont les soeurs Williams -championnes au sommet de leur art depuis 20 ans- qui "affrontent" deux Françaises inconnues à Roland Garros: aucune notion chez les uns et les autres de niveau de langage ou de valeur des mots.

Mises en place par Vincent Peillon en 2013, dès le début du mandat de François Hollande,  les ESPE avaient pourtant pour mission d'assurer une formation de qualité aux futurs professeurs des écoles. Nicolas Sarkozy avait, pour sa part, officialisé l'inadaptation des IUFM à la population à laquelle ils étaient destinés - notamment du fait de la coupure des formateurs-idéologues avec le terrain- et avait décidé la suppression des instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), foyer de rééducation des étudiants à l'idéologie marxisante, préférant le système de formation in situ, sous la tutelle de professeurs restés au contact de la réalité du terrain et de bon conseil face aux élèves désorientés. 
Les nouvelles ESPE devaient pareillement remédier au problème en accompagnant les instituteurs (mais aussi bien les enseignants du second degré) dans leur apprentissage du métier, mais en maison, avec plus de théorie déconnectée que de pratique utile. 

Dans l'académie de Créteil, qui compte le plus de territoires "perdus"de la République - Saint-Denis, Bobigny, Aulnay-sous-Bois -, il apparaît que, trois ans plus tard, l'objectif fixé par Peillon n'est pas atteint. 

"C'est une catastrophe", assène franchement une formatrice, qui préfère conserver l'anonymat (et son poste)... "Je ne veux pas tirer sur l'ambulance, les ESPE font ce qu'elles peuvent avec des moyens riquiqui, estime-t-elle, fidèle à la vieille rengaine des enseignants, mais qui résonne d'autant plus cruellement que le pouvoir socialiste nous serine que les jeunes sont la priorité de Hollande.  


"Je constate une telle dégradation depuis cinq ans ! Ce n'est plus possible, il faut que les gens sachent : dans la Seine-Saint-Denis, on recrute des instituteurs qui ne savent pas écrire le français." Ainsi, Hollande crée-t-il des postes en masse qui, lorsqu'ils sont pourvus - et ils ne le sont que faiblement, du fait que les jeunes boudent cette profession mal payée et maltraitée -   le sont au prix d'un abaissement du niveau d'exigence de connaissances et de profils inadaptés, le critère qui prévaut désormais étant l'appartenance à la même communauté dominante, avec pour objectif de prouver que l'échelle sociale n'a jamais aussi bien fonctionné... 

Qu'ont-ils fait de l'école et la République ?

Trop de postes à pourvoir qui ne le sont pas. La presse masque la réalité des faits en mettant en cause "un système d'affectation qui, décidément, marche sur la tête". C'est prendre le processus de recrutement en cours et occulter la désaffection de la jeunesse pour cette filière de formation. 
La même presse marxisante -elle-même (dé)formée en école nationale du journalisme- persiste à diffuser l'idée populiste que "les élèves qui ont les plus grandes difficultés scolaires héritent encore et toujours des plus mauvais enseignants de France". "Les plus mauvais" sont-ils vraiment repérés dans les ESPE (au recrutement sur concours et dont on a observé qu'ils ne jouent pas leur rôle) pour être expédiés en zone dangereuse ? Aucun étudiant n'a-t-il les aptitudes requises et n'acquiert-il en ESPE la qualification promise par Peillon ? Les néophytes sont-ils nécessairement précipités en ZEP en début de carrière? Et faut-il nier la qualité et la détermination personnelles des "professeurs des écoles" dont certains ont une vocation si solidement ancrée qu'ils demandent à monter au front ?
Les enseignants de l'académie de Créteil (par exemple) ne sont pas tous à jeter aux chiens, pas plus que leurs élèves ne sont mis entre les mains de professeurs plus nuls les uns que les autres. 

S'il faut incriminer le système, ce sont les cadres qui ne sont pas les bonnes personnes au bon endroit. Combien de directeurs d'école (et de principaux de collège ou de proviseurs de lycée) ne doivent leur nomination à cette fonction qu'à leur appartenance politique ou syndicale, comme plus haut dans la hiérarchie. Combien de chefs d'établissement sont des professeurs en difficultés reclassés dans la gestion ? Bien que pédagogiquement (et humainement?) incompétents, ils sont appelés à porter un jugement sur la valeur administrative de leurs confrères qui assument leur rôle au quotidien, sans aucun soutien de leur hiérarchie immédiate. 

Faute de demande, l'offre n'est pas saisie.  Le nombre de postes à pourvoir est énorme: 47.000 postes on été créés jusqu'à maintenant. Ce qui facilite énormément "les chances de réussite au concours", pour ne pas dire qu'il permet le nivellement des professeurs par le bas. "A titre d'exemple, quand on cherche 772 instituteurs à Lille, on en cherche 1.635 pour la seule ville de Créteil", relève Aude Dontenwille-Gerbaud, maître de conférences en histoire et formatrice depuis une dizaine d'années et collègue d'une certaine Lila Belkacem, jeune maître de conférence en sociologie. Autrement dit, le manque de profs est tel que ceux qui ne sont pas assez bons pour décrocher le sésame dans leur académie d'origine ont tout intérêt à sauter dans un train pour venir passer le concours en région parisienne. "Il y a quelques années, on recrutait à 4/20 : il suffisait de savoir mettre une croix en bas d'une page pour être admis", raconte Aude Gerbaud, docteur en science de l'Education, historienne et pourtant caricaturiste. Mais le niveau des épreuves était sélectif. "Maintenant, on ne descend plus au-dessous de 8/20, et les chances de succès sont passées à 56 %". Mais ça reste beaucoup plus facile qu'ailleurs en France, où la réussite tourne plutôt autour de 10-12 %," malgré une baisse sensible du niveau requis. 
Le ministère cherche des subterfuges pour annoncer des taux de recrutement qui ne soient pas dissuasifs pour les candidats. L'urgence est de casser le cercle vicieux dans lequel les concours de l'Education national se sont piégés: ceux qui ne motivent guère ne trouvent que des gogos. 

L'Education nationale en est réduite aux subterfuges. Elle comble les manques en accordant des équivalences d'enseignement aux étrangers pour en faire, par exemple, des professeurs d'anglais, lesquels ne maîtrisent pas obligatoirement mieux la langue française que leur public. Comment une diplômée en commerce en Angleterre pourrait-elle expliquer les subtilités de la la grammaire anglaise sans connaître le système syntaxique français, sauf à passer à côté des difficultés rencontrées par les "apprenants".

Dans les écoles des banlieues parisiennes, les "professeurs des écoles" (ce titre est un acquis syndical arraché à force de grèves -comme d'autres font passer leurs projets de loi avec huit recours à l'article 49.3) qui leur permet de gagner autant qu'un professeur de lycée)  ont un niveau de connaissances bien plus faible qu'ailleurs. Pourtant, pour Eric Mesnard, professeur d'histoire-géographie et formateur depuis 1994, le vrai problème n'est pas là, de son point de vue : "A la limite, peu importe le niveau de recrutement, si seulement on avait les moyens, et surtout le temps de les former vraiment." Les salariés du privé avalent ici de travers à l'évocation du temps disponible des enseignants... "Et du temps, personne n'en a", raconte-t-il à qui veut l'entendre. Les formateurs du centre de Créteil, en sous-effectif chronique [les postes ne sont pas créés en amont pour permettre un accueil de qualité?], se retrouvent face à des classes de 35 élèves, contre une vingtaine à l'époque des IUFM. On peine à suivre, sachant que l'offre de recrutement des candidats ne trouve pas preneurs. Peillon n'a-t-il donc pas créé les postes de formateurs en nombre suffisant, si réduit soit-il, du fait de la demande?

"J'ai 35 mémoires à suivre, et on me demande d'en faire encore deux fois plus ! [A vérifier !] Ça me navre, mais je n'ai plus le temps d'aller sur le terrain, de suivre les étudiants dans leurs classes, quand ils sont face aux enfants", déplore Aude Gerbaud. En quoi les ESPE sont-elles donc supérieures aux IUFM, puisqu'à leur époque les visites de formateurs pouvaient avoir lieu ?

La qualité de l'enseignement universitaire est-elle ce qu'elle était ?

Les plus débordés sont encore les étudiants eux-mêmes. A l'époque des IUFM, les futurs instits effectuaient trois stages de quinze jours dans une école; aujourd'hui, ils sont à mi-temps devant une classe, toute l'année. Le reste du temps, ils le partagent entre les heures de cours à l'ESPE... et l'obtention de leur master, après trois années de fac pendant lesquelles on est justifié de penser qu'ils ont progressé depuis leur bac, dont le niveau a été lui-même abaissé pour faire grimper le taux d'accès à l'enseignement supérieur, comme il se doit dans une société avancée. Quitte à faire reculer ses enseignements et oublier l'objectif d'excellence, trop élitiste ou simplement inaccessible. Les formateurs en ESPE se plaignent néanmoins de surcharge de travail avec moins d'élèves. 

Depuis 2010 et la réforme de la "masterisation" impulsée par Nicolas Sarkozy par nécessité d'alignement sur les cursus européens, la formation des enseignants est intégrée au parcours universitaire classique : licence, master, doctorat. 
Les professeurs des écoles sortent donc de leur formation avec un bac + 5 qui doit être sanctionné par un mémoire universitaire. Un travail de recherche auquel les aspirants professeurs des écoles ne sont pas habitués, nous assure-t-on, mais une jérémiade de plus qui jette le discrédit cette fois sur l'épreuve de TPE (travaux personnels encadrés, en premières de lycées) dont on a fait grand cas du pouvoir formateur dans cette optique précise: interdisciplinaires, ils sont supposés pousser les élèves à chercher et exploiter des documents sur un thème donné. Or, "de l'avis général", ils peinent néanmoins sur ce mémoire. 

IUFM ou ESPE, rien de convient jamais; tout est toujours difficile.
 "Il y a beaucoup de travail, c'est vrai, résume Sophie Lafargue, qui vient de terminer sa formation à l'ESPE de Créteil. Il faut savoir alterner les moments où l'on est face aux élèves, où il faut que nous ayons l'air sûrs de nous, et les moments où nous sommes nous-mêmes en position d'apprentissage face à des profs qui nous enseignent des choses plus ou moins éloignées de la réalité du terrain." 

Des bacheliers (avec mention?) qui,  au lycée, n'ont pas appris à travailler 
Débordés, certains étudiants utilisent leurs heures de cours à l'ESPE pour corriger des cahiers ou préparer leur prochain cours: nécessité ou inadaptation des ESPE aux besoins des élèves-professeurs. "C'est beaucoup trop lourd, ils sont au bord de l'apoplexie", commente Aude Gerbaud.
Celle-ci a fait le choix de consacrer du temps au SNES-sup et de siéger au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) plutôt qu'aux élèves-professeurs dont elle a la charge et de militer contre une interdiction du voile à l'université. La laïcité et son application dans le milieu universitaire font plus que jamais débat chez les enseignants, comme chez les élèves: ils sont chronophages... au détriment de l'activité professionnelle principale pour laquelle ils sont payés.
Un boulot dur et mal payé 
François Hollande avait promis de recruter 60.000 nouveaux enseignants; cet engagement ne sera pas non plus tenu, 47 000 postes ayant été créés jusqu'à maintenant. Mais d'autres préoccupations viennent ternir ce retard: qui l'Education nationale recrute-t-elle pour tenir ces objectifs ? Des études longues pour un boulot difficile, mal payé et mal considéré ont-elles vraiment une chance d'attirer les meilleurs candidats ? Est-on certain de fournir les bonnes armes à ceux qui sont chargés d'instruire nos enfants, quand les formateurs ne prennent pas le temps de les voir sur le terrain ? "Pour ma part, il s'agit d'une reconversion, raconte la jeune institutrice Sophie Lafargue, aujourd'hui en poste dans une école à Charenton (Val-de-Marne). Je me suis éclatée à l'ESPE, et j'adore mon nouveau travail. Mais j'ai 37 ans, et je dois dire que j'aurais été incapable de faire ce métier à 20 ans." 
Discours marxisant vieux comme l'Ecole, en rapport avec l'enseignement des communistes du SNES(-Sup): "Pour l'instant, ce sont encore les élèves de Saint-Denis qui essuient le manque de maturité des instits débutants". Peut-être qu'en fait ils reviennent aux sources.
"Et quand ils seront rodés, ils iront enseigner ailleurs, chez les plus riches. Pour l'égalité des chances, valeur cardinale de la République, il faudra donc repasser.
Et, avec le concours de son électorat socialiste traditionnel,  Hollande repassera-t-il en 2017 ?

dimanche 24 mai 2015

Présidentielle 2017: l'UMP Juppé est-il le joker du PS ?

Alain Juppé, dans quel camp êtes-vous?

Plan B: avec le soutien de Bayrou, l'ancien premier ministre pourrait aussi bien être candidat du PS

On entend peu Alain Juppé, mais c'était dernièrement lorsqu'il dénonça "les jugements de valeur" de son camp contre la ministre de l'Education de Hollande, joignant sa voix au PS la semaine dernière pour fustiger les déclarations de Nicolas Sarkozy.

Pour marquer une nouvelle fois sa différence avec le président de  l'UMP, Alain Juppé prend le risque de s'isoler dans son propre parti lequel est unanime contre la réforme du collège de Vincent Peillon portée par Najat Vallaud-Belkacem. L'ancien premier ministre ménage son coeur de cible centriste, mais s'il est bel et bien opposé au projet du gouvernement, il recommande aussi à sa famille politique, de se garder "d'attaques personnelles". Juppé emprunte en effet l'habit de vertu de Hollande. "Moi je ne porte pas de jugement de valeur sur telles ou telles personnes. Aborder la question (de la réforme du collège) sur des attaques personnelles sur telles ou telles ministres n'est pas la bonne méthode", susurre le candidat à la primaire sur RTL.

Un conseil dans la lignée des propos du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui, dans la semaine, avait taxé de "légèrement xénophobe" la prise de position du président de l'UMP contre la ministre de l'Education nationale. L'ancien chef de l'État venait de faire siffler Najat Vallaud-Belkacem lors d'un meeting à Pavillons-sous-Bois le maire est sénateur UMP) en... Seine-Saint-Denis (département PS longtemps géré vaille que vaille par l'actuel président de l'Assemblée): "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira [la ministre de la Justice] est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem."
Avril 2013
Il se trouve que
ces deux représentantes de la diversité cristallisent l'hostilité du seul fait de leurs réformes imposées par la force pour le mariage entre personnes du même sexe ou d'un décret pour la réforme du collège, en plus du 49.3 pour faire passer la loi Macron. Le mardi 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale, son président, Claude Bartolone, avait hurlé qu'on sorte "les ennemis de la démocratie" qui manifestaient dans la tribune.

"L'école mérite mieux que ce débat très politicien", avait commenté le maire de Bordeaux, un instant sorti de la rédaction d'un nouveau livre. Depuis sa bulle bordelaise, il s'offusqua d'un tweet de Nicolas Sarkozy (60 ans) qui annonçait son intention de revenir sur la réforme du collège s'il accède de nouveau à l'Elysée en 2017. "Tout le monde est monté au créneau pour annoncer qu'on annulera cette réforme, ce n'est pas un projet en soi", dénigra Alain Juppé.

Des propositions à l'automne

L'ancien premier ministre surveille la refondation de l'UMP par Sarkozy mais travaille à son projet personnel.
Il estime qu'il "faut d'abord dire ce qu'on mettra à la place", mais il n'avance aucune proposition. "Il faut aussi revoir ce que j'appelle la gestion de cette ressource humaine essentielle que sont les professeurs. Il n'y aura pas de réussite du système éducatif au XXIe siècle si les professeurs ne sont pas bien dans leur peau," mais il se cantonne dans le confort du  flou. Il faut revoir la formation de nos profs [déjà réformée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République]. Comment ? Il faut revoir le déroulement de leur carrière, il faut revoir le fonctionnement de nos établissements. Vous voyez qu'on ne peut pas se contenter d'une polémique sur deux ou trois points majeurs qui ne permettent pas d'envisager l'ensemble du problème", estime l'édile bordelais dans un  vague survol de directions évidentes et qui reprend les tournures de phrases normatives et moralisatrices de Hollande, mais laisse à d'autres le soin de plonger les mains dans le cambouis.

Juppé se garde aussi bien de reprendre à son compte les propositions de Bruno Le Maire (ci-contre à gauche). A la différence du vieux sage sur sa dune, l'ancien ministre de 46 ans est monté en première ligne contre la réforme du collègeil a "un projet en soi" dont il a présenté samedi les propositions lors d'un entretien à Libération. 
Juppé en est encore à une esquisse de projet. "Je publierai à l'automne, au terme du travail que je suis en train de faire, une série de propositions sur ce sujet qui mérite approfondissement", annonce Alain Juppé (70 ans avant l'automne) qui craint fort de se laisser dépasser par ses cadets.

Les sondages ne peuvent qu'être favorables à Juppé 
qui se ménage et se réserve pour 2016. Quant à François Fillon, qui ne fait que de rares réapparitions dans les radars, s'il poursuit la même stratégie que Juppé, il pourrait représenter une menace dans la dernière ligne droite s'il surgit dans le virage.

lundi 27 octobre 2014

Najat Vallud-Belkacem, ministre qui nivelle l'Education nationale par le bas

Brighelli décrypte le sourire niais de Najat Vallaud-Belkacem...

Vallaud-Belkacem est imprévisible
La ministre de l'Education  a encore justifié le reproche qui liu est adressé d' reproche qui lui est fait d'être une idéologue. Mais alors, en petites babouches!
A la question cruciale du salaire des enseignants, la ministre répond par des boutades. À la question de la laïcité, par une grenade dégoupillée !

On a dit de Poincaré, un jour où le soleil l'avait fait grimacer, qu'il était "l'homme qui riait dans les cimetières". Les politiques du début du XXe siècle n'avaient pas encore assimilé le fait que désormais il faudrait se garder de ce que l'on n'appelait pas encore les paparazzis, et que les appareils photographiques étaient entrés dans l'ère du Reflex et de l'instantané. Mais les femmes et les hommes d'aujourd'hui devraient savoir qu'ils sont en permanence filmés, enregistrés, scrutés - particulièrement lorsqu'ils passent à la télévision, hein, Mme le Ministre... Surtout
quand ils se croient doués en communication. 

"Peanuts"

Samedi dernier, le 25 octobre, chez Ruquier, Najat Vallaud-Belkacem, en réponse à une question sur la crise du recrutement, a répliqué à propos des enseignants : "Enfin, ces gens, ce n'est pas l'argent qui les attire, sinon ils ne feraient pas enseignants." Et elle a ri - tout heureuse de sa boutade...

"Ces gens" ne détesteraient pas, comme leurs homologues luxembourgeois ou allemands (deux nations européennes de référence, ces temps-ci, mais pas pour tout apparemment), être un peu mieux payés qu'aujourd'hui, un domaine
où la France se situe en tête des pays de l'Est, dépassée par la totalité du bloc occidental. Nous vivions en Bulgarie et nous ne le savions pas !

"Ces gens", donc, "ces enseignants du premier degré", sont "sous-payés", a reconnu Najat Vallaud-Belkacem. "Donc le gouvernement auquel j'appartiens fait des efforts pour les augmenter. On a rajouté pour eux une indemnité annuelle de 400 euros qu'ils percevront chaque année." [Les indemnités, c'est la garantie d'une retraite meilleure!]
Montant ? 33,33 euros par mois. Byzance ! "Peanuts", a répliqué Aymeric Caron - in french in the text. Ma foi, il n'a pas tort.

"Petits pains" et approximations

Ce n'est pas une prime (non intégrée dans le calcul des futures retraites, c'est bien pratique) qu'il faut verser, d'urgence, aux instituteurs et aux néo-professeurs. C'est 50 % de salaire de plus ! On se sent moyennement motivé pour aller se faire insulter par des parents hystériques ou des gosses qui se croient tout permis dans des établissements lointains et difficiles [sans compter qu'ils sont placés sous la tutelle de chefs d'établissement qui sont pour bon nombre à ce poste parce qu'incapables de tenir une classe...]. D'autant qu'il apparaît de plus en plus nettement qu'il n'y a plus d'établissements faciles, à part ceux où Najat Vallaud-Belkacem met ses enfants. 

Ah, mais voilà : "Je ne multiplie pas les petits pains" [seulement le déficit public et donc les impôts pour recruter des candidats fantômes à l'Education nationale], a-t-elle plaisanté lorsqu'on lui a suggéré de dépasser le stade de l'aumône. Ah, l'humour ! Madame le Ministre, l'humour consiste à se moquer de soi-même. Pas à enfoncer les autres. [Ni à se dérober !]

À une autre question du même Aymeric Caron, qui semble avoir un peu bossé son interview au préalable (bon sang, dans quel monde suis-je où j'en viens à penser du bien d'Aymeric Caron !) [LOL], la ministre a répondu qu'elle "ignorait" que l'on avait recruté des professeurs des écoles avec 5 de moyenne au concours. 

Puis elle a affirmé : "On a augmenté l'indemnité liée au fait d'être affecté en éducation prioritaire. C'est une indemnité de 1.056 euros. On va la doubler - enfin, un peu moins, on va l'augmenter de 50 %." 50 %, c'est moins que 100 % - bravo ! La ministre aura peut-être le brevet des collèges. [Elle continue d'assurer la propagande gouvernementale, mais ne potasse pas ses fiches]

Exister médiatiquement

Par quelle aberration un ministre qui n'a absolument rien à dire [parce qu'elle ne connaît pas le métier], et qui de surcroît le dit mal, se croit-il obligé de participer à des émissions télévisées ? Qui lui a dit que c'est la condition nécessaire pour continuer à exister ? Il y a en France aujourd'hui 65 millions de "gens" qui persistent à exister, et difficilement, sans passer à la télé. Et qui n'en ont rien à faire que le ministre soit ou non bien ou mal coiffé Chatel avait la plus belle permanente du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem se fabrique un casque bien peigné [On la dirait parfois recoiffée à la bave: une scène personnellement observée au temps de mon adolescence] - et puis ? 

Pour exister, il faut donc se répandre. La semaine dernière, la ministre s'est répandue à l'Observatoire de la laïcité, le "machin" [une sinécure socialiste] dirigé par Jean-Louis Bianco, qui est venu ici même nous expliquer ce qu'était la laïcité élargie/aménagée/déglinguée, barrer les adjectifs inadéquats. "La situation globalement apaisée" sur le front de la laïcité, affirme la ministre - qui constate toutefois des "contestations de certains enseignements concernant le fait religieux (refus de visiter des édifices religieux, de suivre un cours sur l'islam ou un cours de français utilisant comme support la Bible...), la musique (refus de chanter ou de souffler dans un instrument à vent), l'éducation physique et sportive (la natation particulièrement), l'éducation à la sexualité, l'histoire de l'évolution (en cours de SVT), le génocide arménien et la Shoah". Mais, à part ces menus détails, rien à signaler... [L'odieux nazisme, mais les merveilleux stalinisme, maoïsme et bolivarisme de feu Chavez, un amateur de " démocratie participative",: suivez mon regard...]

Retour des voiles

Donc, en tronquant un avis fort bien balancé émis jadis par le Conseil d'État,
elle a décidé qu'il était licite pour des mères d'élèves d'accompagner des enfants lors d'une sortie scolaire en portant des signes extérieurs et vestimentaires de soumission. Si ! [Mais n'est-elle pas justement franco-marocaine et de religion musulmane?]
"Le Conseil d'État a rappelé que les usagers du service public et les tiers à ce service ne sont pas soumis en tant que tels à l'exigence de neutralité", avait expliqué un communiqué ministériel en décembre 2013. Mais il ajoutait immédiatement : "Le milieu scolaire est un cadre qui doit être particulièrement préservé. Ainsi, s'agissant des parents d'élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires, ils doivent faire preuve de neutralité dans l'expression de leurs convictions, notamment religieuses. C'est ce qu'indique la circulaire du 27 mars 2012 dont l'application est mise en oeuvre sur le terrain avec intelligence, en privilégiant toujours d'abord la voie du dialogue. Cette circulaire reste donc valable." [cf. vidéos ci-dessous]
La ministre a fait une longue intervention bâtie comme un mauvais devoir de Sciences Po, en conclusion de laquelle elle affirme : "Je veux réaffirmer un principe et une orientation. Le principe, c'est que dès lors que les mamans (les parents) ne sont pas soumises à la neutralité religieuse, comme l'indique le Conseil d'État, l'acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus, l'exception", déclare-t-elle [C'est sa thèse]. [A noter qu'Aymeric Caron opine à ce discours] Elle ajoute [son antithèse]: "Pour autant, il peut y avoir des situations particulières, liées par exemple à du prosélytisme religieux, qui peuvent conduire les responsables locaux à recommander de s'abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses. [Et synthèse] C'est un équilibre qui doit être trouvé par les responsables de terrain et les cas conflictuels restent heureusement limités."

Examen de conscience

En clair, elle refile la patate chaude aux enseignants et aux chefs d'établissement. Ce n'est pas encore la guerre, mais des conflits en nombre sont contenus dans cette décision qui va, comme le souligne, consterné, le Café pédagogique, à l'encontre de son prédécesseur Vincent Peillon, qui s'était exprimé sur la question en décembre 2013. Mais elle est dans le droit fil de l'une des rares décisions prises par Benoît Hamon lors de son passage rue de Grenelle - nous en avions parlé ici.
Heureusement, les professeurs des écoles ont en général assez de bon sens pour choisir, comme accompagnateurs, des "gens" qui ne posent pas de problèmes à la laïcité. [Sauf que les associations et collectifs entravent leur action et contestent leurs choix] En collège et en lycée, en général, on ne demande pas aux parents d'escorter leurs enfants - qui s'en voudraient d'être vus avec leurs géniteurs...

Suis-je misogyne ? Non. Suis-je raciste ? Non plus. Islamophobe ? Pas même. Ai-je un mépris abyssal pour les jeunes ? Je les forme ! Alors, peu me chaut que le ministre soit une femme, musulmane et jeunette. Je souhaite juste qu'elle soit compétente. [Et moins sectaire]

Devoir de mémoire

Quand Vallaud-Belkacem se voit en ambassadrice du "Made in France"
Najat Vallaud-Belkacem croit porter du Made in France 

Quand Vallaud-Belkacem se ridiculise à Lorient...

Quand l'idéologue endoctrine les enfants des écoles du Loiret 

dimanche 12 octobre 2014

Ministre de l'Education: une demi-journée de cours en moins, c'est "pour le bien des enfants"

Vallaud-Belkacem : les enfants ne sont pas à une demi-journée près...

Mécontentements  des maires et des familles qui devront se débrouiller pour la prise en charge des enfants

La demi-journée de "consultation" des enseignants sur les programmes de maternelle et le socle commun sera prise sur le temps scolaire et la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem trouve cela juste, puisque les syndicats d'enseignants qui co-gèrent le ministère lui ont imposé leur façon de voir.
Les efforts, c'est pour les autres. "C'est un effort que l'on demande aux parents et aux collectivités locales, qui devront prendre en charge les enfants qui ne seront pas accueillis", a tranché Najat Vallaud-Belkacem sur i-télé, en dépit des mécontentements exprimés par des maires et des familles. 
Ce n'est même pas de la concertation. "C'est pour le bien des enfants", a-t-elle estimé, "pour que les enseignants s'approprient ce qu'ils doivent [leur] apprendre"

Les parents et les maires ont appris fin septembre que les professeurs de maternelle seront consultés une demi-journée entre le 22 septembre et le 18 octobre sur le futur programme de maternelle, et les professeurs de l'école élémentaire et du collège sur le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture. 

L'Education nationale regorge-t-elle de crédits?
Par ailleurs, la ministre a annoncé que les 90.000 membres du personnel non enseignants de l'Éducation nationale, "qui font vivre les établissements", allaient bénéficier d'une prime exceptionnelle de 50 euros (catégorie B) ou même 100 euros (catégorie C) au mois de décembre. 
Le ministère n'a-t-il pas trouvé à dépenser les copieux crédits votés par le Parlement pour 2014 ? 

La ministre fait fi des plaintes des partenaires

Vendredi, l'Association des maires de France (AMF) avait réclamé la suppression de cette demi-journée de consultation des enseignants, arguant que "plusieurs directeurs académiques" l'avaient "annulé[e]" et avaient à la place organisé la concertation "en dehors du temps scolaire des enfants". "Les maires refusent de se substituer à l'État pour l'exercice de ses responsabilités. Ils ne sont pas les supplétifs de l'Éducation nationale", assène l'AMF, appelant cette dernière à organiser des concertations "en dehors des heures scolaires".

Les associations de parents d’élèves ont eu le dernier mot. "De l’amateurisme", "du grand n’importe quoi", "quel bordel ! (sic)"... C’est Le sujet qui alimente toutes les conversations, sur Facebook ou à la pause-café des entreprises. 
La demi-journée destinée à discuter entre enseignants sur les futures énièmes réformes de l’Education n’aura pas lieu dans les écoles et collèges de l’académie de Créteil, dont le maire est député PS. Les parents d’élèves qui s’étaient organisés pour faire garder leurs enfants, le lundi 13 octobre au matin ne décolèrent pas. Après avoir annoncé que la demi-journée banalisée se déroulerait le lundi 13 octobre, le rectorat de Créteil a finalement décidé de maintenir la matinée de cours.
La PEEP du Val-de-Marne et la FCPE de Seine-et-Marne avaient chacune de leur côté déposé un recours en urgence auprès du tribunal administratif. "C'est un scandale que nous soyons obligés d'aller en justice pour permettre à nos enfants d'aller à l'école", peste Myriam Menez, présidente de la PEEP du Val-de-Marne. Mais "toutes les associations au niveau local n'ayant pas les compétences juridiques", la PEEP n'a pas prévu de déposer d'autres recours en France, précise Valérie Marty, présidente de l'association, alors que la ministre, Najat Vallaud-Belkacem, ne cesse de mettre en avant le lien parents-école. 
La FCPE a de son côté déposé un nouveau recours pour les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-d'Oise. Paris devrait leur emboîter le pas et s'engager dans la procédure judiciaire. "C'est toute l'Ile-de-France qui va être en lutte contre cette demi-journée volée, se réjouit Paul Raoult, président de la FCPE. La contestation est en train de prendre, l'Ile-de-France représente un tiers des écoliers français."
En Picardie, le désordre dans les villes et les familles, c'est pour le mercredi 15
dans les écoles et les collèges de l’académie. 


Certains profs font même de la résistance. "J’ai carrément dit aux parents de mes élèves que je ne ferai que de la garderie ce jour-là, raconte une institutrice en petite section de maternelle qui a souhaité garder l’anonymat. Tous les professeurs devraient en faire autant. Faut arrêter de se foutre de notre gueule (sic).

Absence de concertation
La demi-journée banalisée a donc été fixée à une date ultérieure. "Oui, mais quand ?", s’inquiète Michel Papin. Et ce qui préoccupe Jacques Drouhin, c’est la perte de confiance des administrés envers les élus. "On est en train de monter les parents contre les collectivités. On en prend plein la figure alors que c’est l’État qui nous impose ses choix" , rappelle-t-il, amer. Et les enfants dans tout ça ? En tout cas, pour Noa, 7 ans, il n’y a pas photo. Le petit aurait, sans aucun doute, préféré rester avec sa maman !

Le chaos organisé, la bouche en coeur
En Seine-Maritime, c'est l'après-midi du 10 octobre 2014 que les professeurs des écoles sont réquisitionnés et les parents d'élèves et les élus fulminent contre la décision du rectorat.
Et Denis Merville (AMF) a fait ses comptes. Si les toutes les mairies acceptaient d’accueillir les élèves au cours de cette demi-journée banalisée, cela coûterait, à l’ensemble des communes de Seine-Maritime, "530.000 euros pour une seule demi-journée". Il a demandé, avec ses collègues de l’Association des maires du département, d’être reçu par le préfet "pour, au nom des maires de la Seine-Maritime, lui présenter la facture".

La ministre se mélange les crayons
Après avoir affirmé que la journée devait être consacrée à une appropriation des contenus scolaires, elle prétend qu'il s'agit  maintenant d'échanger  - fusse après coup !  "Plutôt que de décider tout seul dans un coin, nous avons décidé [un pluriel flou nécessaire à donner plus de poids à l'arbitraire] que l'ensemble des enseignants puisse donner leur avis sur le contenu" du socle commun, a argumenté Najat Vallaud-Belkacem. 
La ministre a toutefois assuré qu'il n'y aura "qu'une seule demi-journée de consultation dans l'année, avant les vacances de la Toussaint, et non pas plusieurs comme cela a pu s'écrire", a-t-elle polémiqué. Or, jusqu'à preuve du contraire et quoi qu'elle en dise, l'année scolaire comporte deux autres trimestres en 2015...

lundi 25 août 2014

Officiel: Manuel Valls a présenté la démission de son gouvernement

Arnaud Montebourg ne se voyait pas quitter le gouvernement ! Pas si vite...

L
undi matin, le ministre de l'Economie  déclarait "ignorer" s'il allait devoir quitter le gouvernement

Hollande, le roi nu de
 république bananière
Après ses critiques virulentes contre la politique économique, il assurait qu'il ne se "plaçait pas" dans l'hypothèse d'un départ.

Manuel Valls était "décidé à agir" dimanche
Selon son entourage, c'était Montebourg ou lui. Après avoir entendu deux membres de son gouvernement, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, ministre de l'Education, dénoncer durant le week-end la "politique austéritaire" pilotée par le couple exécutif, Manolo Valls avait blémi de rage et menacé de présenter sa démission personnelle.

Le Premier ministre a estimé que son ministre de l'Economie a "franchi une ligne jaune" et disait vouloir le recevoir en tête-à-tête dans la journée de lundi pour une explication qui s'annonçait d'autant plus musclée qu'Arnaud Montebourg n'a pas mis d'eau dans son vin. Bien que son désir affiché de dialogue soit immense, il n'a pas pris cette peine...

Quant à quitter de lui-même un gouvernement dont il fustige la politique économique alors qu'il est censé la mettre en oeuvre, Montambour a défendu sa liberté de parole dans une mise en garde contre la censure du débat

La paire à Frangy, hier !
"Je ne crois pas qu'on puisse réprimander un ministre qui apporte des propositions à la discussion collégiale, en y associant les Français", a-t-il dit, se réfugiant derrière la nécessité de "convaincre" pour faire changer la politique menée en France.
"Le débat n'est pas un débat d'autorité", a-t-il encore dit. "C'est un débat d'orientation économique, il faut le mener. Il n'y a nulle remise en question de la solidarité gouvernementale puisque les décisions ne sont pas prises."

Arnaud Montebourg a persisté et signé sa charge contre les politiques d'austérité et la priorité donnée à la réduction des déficits au niveau européen.
"Nous sommes dans une situation extrêmement grave", a-t-il dit. "La marche de la réduction des déficits de façon forcée est en train de couler toutes les économies européennes. Nous ne voulons pas que l'UE continue sa descente en enfer."

Alors que la France a été contrainte de réviser sa prévision de croissance pour 2014 à 0,5% contre 1% prévu après deux trimestres de stagnation et que les économies allemande et italienne se sont contractées au deuxième trimestre, Arnaud Montebourg a de nouveau appelé à un changement de cap.
"Il y a aujourd'hui un débat mondial, des appels mondiaux à la correction des erreurs de politiques économiques qui sont commises par tous les pays en même temps en Europe", a-t-il dit.


Arnaud Montebourg fait ses cartons

Le président socialiste a demandé à Valls de former un nouveau gouvernement. 
Montebourg avait réservé à Hollande
une bouteille de sa cuvée
...du redressement ! 
Roger Karoutchi (UMP) demandait la démission des francs-tireurs: il est exaucé !

En cinq mois et en période de crise économique, Hollande aura donné trois ministres de l'Economie à la France: Moscovici, Montebourg et le prochain, qui pourrait être son bon gros Michel Sapin, roi de la forêt de godillots socialistes.
Mais considérant la pauvreté du vivier de Manolo Valls, un appel à la société civile pourrait être lancé d'ici mardi - date de la présentation du n°2 de la Valls à 3 temps - pour remplacer ou Montebourg ou Sapin, dont les capacités ne sont toujours pas établies. 

Il se murmure déjà à haute voix que Aurélie Filippetti qui a témoigné par tweet sa sympathie pour les rebelles pourrait aller rejoindre les "frondeurs" plus vite que prévu, ainsi que Christiane Taubira qui plombe le gouvernement par son militantisme et insupporte son chef.  

Le besoin de parité pourrait être favorable à Barbara Pompili (EELV) qui se présente en ardente impétrante  au gouvernement Valls, après un départ tonitruant des Verts radicaux juste avant l'été... 
Quant à la prochaine ministre de la Culture, après Filippetti, n'importe quelle autre pourra faire aussi bien.

Malgré les turbulences qu'elle provoque elle-aussi à l'intérieur du gouvernement, mais aussi en dehors, S. Royal affiche sa sérénité et dit ne pas se sentir sur un siège éjectable.

Parmi les promus, on cite André Vallini qui pourrait enfin accéder à la Place Vendôme, tandis que le terne mais docile Jean-Jacques Urvoas remplirait le vide qu'il laisserait au secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale, laquelle pourrait du coup réclamer plus de temps.

Un bon nombre de ministres volumineux se retrouveraient ainsi lâchés dans le paysage politique

Outre Montambour et Hamon, son petit groom admiratif, Taubira pourrait se laisser approcher par Eva Joly, dans un premier temps, par Joseph Bové, dans un deuxième et par  Mélenchon dans un troixième. Une équipe de choc qui, avec les "frondeurs",  pourrait obtenir la peau du locataire de Matignon ou se consacrer entièrement à Hollande... 


Pour l'heure, Benoît Hamon se voit bénéficiaire d'un sursis à son poste de ministre de l'Education, vu la rentrée scolaire, dans trois jours et son rôle de bouffon du roi nu...

Montambour est quant à lui libre désormais de "changer de cap" en entamant une vraie carrière au cinéma avec sa nouvelle compagne... 
Ou de se faire embaucher chez Hanouna !