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vendredi 29 mai 2015

Réforme du collège: encore un appel de la gauche à la grève, le 11 juin

Hollande imposera-t-il aussi cette réforme contre les Français ?

Les enseignants refusent une réforme pour "combattre l'ennui au collège" 

Le gouvernement Valls tente de passer en force au moyen d'un décret, le 20 mai
Où est la droite accusée de conservatisme et d'obstruction ?
La représentation nationale n'a pas voix au chapitre:  la réforme du collège a été publiée au Journal officiel, mais la gauche syndicale SNES-FSU, SNEP, FO, CGT et SUD entend bien se faire entendre et a appelé dans un communiqué à une nouvelle grève le 11 juin pour réclamer l’abrogation du texte. Ils "constatent l’enfermement du ministère dans son maintien de la réforme du collège", dénonçant notamment "le refus [de Najat Vallaud-Belkacem] d’entendre les demandes des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation du second degré" et enjoignent "les personnels à amplifier l’action" dès le 4 juin.
L'intersyndicale appelle à signer et faire signer massivement la pétition  "Un autre collège 2016".
Pour le moment, le SNALC, syndicat classé à droite, ne s’est pas encore joint au mouvement.
"L’intersyndicale avait appelé à mettre en débat une nouvelle journée de grève" le 4 juin, a déclaré Jean-Rémi Girard, secrétaire national à la pédagogie du SNALC. "Nous attendons le retour de ces réunions pour nous prononcer. On a des retours très contradictoires sur une nouvelle journée de grève", a-t-il indiqué, selon l'AFP.

Les anti-républicains passent en force

Une première manifestation avait déjà eu lieu le 19 mai. 
Cette grève n'avait mobilisé que les collèges, seuls directement concernés. Elle a ainsi paru moins suivie que d'autres, par 27,61 % des enseignants, selon le ministère, mais le double selon le SNES-FSU, syndicat dominant dans l’enseignement secondaire. La manifestation parisienne avait ainsi rassemblé 3.500 selon la préfecture, mais entre 6.000 et 7.000 personnes selon le SNES, syndicat marqué très à gauche.

Sentant le souffle du boulet, la ministre de l’Education a accéléré l’agenda de la réforme, prévue pour entrer en vigueur à la rentrée 2016. Les syndicats et l’opposition étaient donc justifié à dénoncer un "passage en force", par la voie du décret. "Il fallait publier ce décret pour passer à l’étape suivante, les textes d’application, qui permettront de répondre aux inquiétudes", avait de son côté prétendu la ministre, Najat Vallaud-Belkacem

Présente  aujourd'hui à Marseille où elle arbore un sourire figé en façade, NVB esquivera jeudi après-midi les questions des sénateurs sur la méthode et ses mensonges.

dimanche 24 mai 2015

Présidentielle 2017: l'UMP Juppé est-il le joker du PS ?

Alain Juppé, dans quel camp êtes-vous?

Plan B: avec le soutien de Bayrou, l'ancien premier ministre pourrait aussi bien être candidat du PS

On entend peu Alain Juppé, mais c'était dernièrement lorsqu'il dénonça "les jugements de valeur" de son camp contre la ministre de l'Education de Hollande, joignant sa voix au PS la semaine dernière pour fustiger les déclarations de Nicolas Sarkozy.

Pour marquer une nouvelle fois sa différence avec le président de  l'UMP, Alain Juppé prend le risque de s'isoler dans son propre parti lequel est unanime contre la réforme du collège de Vincent Peillon portée par Najat Vallaud-Belkacem. L'ancien premier ministre ménage son coeur de cible centriste, mais s'il est bel et bien opposé au projet du gouvernement, il recommande aussi à sa famille politique, de se garder "d'attaques personnelles". Juppé emprunte en effet l'habit de vertu de Hollande. "Moi je ne porte pas de jugement de valeur sur telles ou telles personnes. Aborder la question (de la réforme du collège) sur des attaques personnelles sur telles ou telles ministres n'est pas la bonne méthode", susurre le candidat à la primaire sur RTL.

Un conseil dans la lignée des propos du patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui, dans la semaine, avait taxé de "légèrement xénophobe" la prise de position du président de l'UMP contre la ministre de l'Education nationale. L'ancien chef de l'État venait de faire siffler Najat Vallaud-Belkacem lors d'un meeting à Pavillons-sous-Bois le maire est sénateur UMP) en... Seine-Saint-Denis (département PS longtemps géré vaille que vaille par l'actuel président de l'Assemblée): "Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira [la ministre de la Justice] est en passe d'être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem."
Avril 2013
Il se trouve que
ces deux représentantes de la diversité cristallisent l'hostilité du seul fait de leurs réformes imposées par la force pour le mariage entre personnes du même sexe ou d'un décret pour la réforme du collège, en plus du 49.3 pour faire passer la loi Macron. Le mardi 23 avril 2013 à l'Assemblée nationale, son président, Claude Bartolone, avait hurlé qu'on sorte "les ennemis de la démocratie" qui manifestaient dans la tribune.

"L'école mérite mieux que ce débat très politicien", avait commenté le maire de Bordeaux, un instant sorti de la rédaction d'un nouveau livre. Depuis sa bulle bordelaise, il s'offusqua d'un tweet de Nicolas Sarkozy (60 ans) qui annonçait son intention de revenir sur la réforme du collège s'il accède de nouveau à l'Elysée en 2017. "Tout le monde est monté au créneau pour annoncer qu'on annulera cette réforme, ce n'est pas un projet en soi", dénigra Alain Juppé.

Des propositions à l'automne

L'ancien premier ministre surveille la refondation de l'UMP par Sarkozy mais travaille à son projet personnel.
Il estime qu'il "faut d'abord dire ce qu'on mettra à la place", mais il n'avance aucune proposition. "Il faut aussi revoir ce que j'appelle la gestion de cette ressource humaine essentielle que sont les professeurs. Il n'y aura pas de réussite du système éducatif au XXIe siècle si les professeurs ne sont pas bien dans leur peau," mais il se cantonne dans le confort du  flou. Il faut revoir la formation de nos profs [déjà réformée par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République]. Comment ? Il faut revoir le déroulement de leur carrière, il faut revoir le fonctionnement de nos établissements. Vous voyez qu'on ne peut pas se contenter d'une polémique sur deux ou trois points majeurs qui ne permettent pas d'envisager l'ensemble du problème", estime l'édile bordelais dans un  vague survol de directions évidentes et qui reprend les tournures de phrases normatives et moralisatrices de Hollande, mais laisse à d'autres le soin de plonger les mains dans le cambouis.

Juppé se garde aussi bien de reprendre à son compte les propositions de Bruno Le Maire (ci-contre à gauche). A la différence du vieux sage sur sa dune, l'ancien ministre de 46 ans est monté en première ligne contre la réforme du collègeil a "un projet en soi" dont il a présenté samedi les propositions lors d'un entretien à Libération. 
Juppé en est encore à une esquisse de projet. "Je publierai à l'automne, au terme du travail que je suis en train de faire, une série de propositions sur ce sujet qui mérite approfondissement", annonce Alain Juppé (70 ans avant l'automne) qui craint fort de se laisser dépasser par ses cadets.

Les sondages ne peuvent qu'être favorables à Juppé 
qui se ménage et se réserve pour 2016. Quant à François Fillon, qui ne fait que de rares réapparitions dans les radars, s'il poursuit la même stratégie que Juppé, il pourrait représenter une menace dans la dernière ligne droite s'il surgit dans le virage.

dimanche 23 novembre 2014

Alain Juppé hué à Bordeaux: la primaire UMP s'engage-t-elle mal ?

L'UMP s'applique à dénoncer le bruyant rejet de la provocation de Juppé 

La proposition de Juppé d'un "large rassemblement de la droite et du centre" a déplu aux militants venus pour  N. Sarkozy à Bordeaux


"Je suis convaincu qu'il faut un large rassemblement de la droite et du centre si nous voulons battre la gauche", en 2017, a lancé le maire de Bordeaux devant les partisans de Nicolas Sarkozy, alors en campagne des primaires, auxquelles Juppé n'est pas candidat... En ouvrant le débat sur sa propre orientation, le maire de Bordeaux a manqué de courtoisie et d'habileté. Cette déclaration d'Alain Juppé samedi 22 novembre au meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux a mécontenté la foule qui n'a pas manqué de manifester sa désapprobation en le huant et en scandant "Nicolas, Nicolas". 

La provocation s'est déroulée en présence de l'ancien président de la République qui, le moment venu, a embrayé sur les méthodes du triumvirat à la tête du parti, rappelant: "Nous n'avons pas le droit de nous diviser. Ce qui s'est passé entre Jean-François Copé et François Fillon, a été indigne".


Un coup monté, au regard de certaines réactions de Juppéistes

Bien que Juppé ait tenté de perturber la réunion, Edouard Philippe, député-maire UMP du Havre, en a profité pour tacler, dans les colonnes du Parisienla réaction de l'ancien Président pourtant à l'écoute du mouvement Sens commun qui l'invitait à Paris le 15 novembre 2014. "Nicolas Sarkozy a montré la semaine dernière qu'il n'avait pas su résister à l'appel de la foule en promettant l'abrogation du mariage pour tous. Cette fois, il n'est pas parvenu à la tenir. C'est préoccupant quand on veut rassembler", a estimé le Juppéiste

A la vérité, Sarkozy souligne que ré-écrire ou abroger conduisent au même résultat !
Ses adversaires créent une ambiguïté qui n'existe que dans leur stratégie :

Loin de fermer le débat, Sarkozy ouvre le dialogue sur le mariage entre personnes du même sexe, ce que le gouvernement Ayrault n'a pas voulu:


Sarkozy pointe le problème soulevé par la loi Taubira:


Il donne ainsi un axe de réflexion pour améliorer le texte existant, dans le respect de tous.
Plus modéré que Dominique Bussereau qui traite d' "abrutis" les militants de ce soir-là, 


Hervé Mariton, lui aussi candidat à la présidence de l'UMP, juge ces huées "graves", mais réalise que Juppé les a privés de leur meeting.
"Les militants sont libres de penser ce qu'ils souhaitent. Ils sont libres de l'exprimer, et c'est même important qu'ils l'expriment. Mais pas de cette manière là", a déclaré le député de la Drôme sur BFMTV.

A Bordeaux, Alain Juppé s'est fait huer pour une seconde provocation

Juppé a-t-il décidé que le débat de la présidentielle a commencé ?
 
Dans son impatience, il s'est précipité et a commis une erreur de timing.  
La ville de Bordeaux accueillait Sarkozy et non pas son maire qui a outrepassé ses prérogatives. Il a donc été hué à deux moments précis, sur deux points connus de divergence: outre que l'UMP devait, selon lui, garantir le rassemblement de la droite et du centre, quand il a soutenu l'idée des primaires ouvertes pour 2017
VOIR et ENTENDRE Alain Juppé multiplier les défis lancés au public qui ne s'était pas déplacé pour l'entendre: 


tandis que Sarkozy dit considérer Juppé comme "un atout":


Aux propos de Juppé qui ont enflammé l'assistance, Sarkozy a réagi en rassembleur:



Nicolas Sarkozy a acquis l'expérience de l'ouverture et en a tiré la leçon...



Luc Chatel, secrétaire général intérimaire de l'UMP, s'est dit gêné de la situation:
"Cette séquence m'a gêné parce que les sifflets n'ont pas leur place à l'UMP. Et comme l'a très bien dit Nicolas Sarkozy, nous n'avons pas le droit de nous diviser. Qu'il y ait des débats, qu'il y ait des désaccords, qu'on en parle c'est normal, sur les alliances et sur le rassemblement au-delà de notre famille politique, sur l'organisation des primaires, mais nous devons nous respecter."
L'eurodéputé UMP et proche de Nicolas Sarkozy Brice Hortefeux, a de son côté rejeté sur Europe 1 l'idée d'un piège tendu à Alain Juppé. "Comment peut-on penser qu'il y a un piège lorsque l'on s'adresse aux adhérents, aux sympathisants, aux militants de sa propre région et de sa propre commune?".

vendredi 3 octobre 2014

Xavier Bertrand présent à la Manif pour Tous, ce dimanche 5 octobre 2014, à Paris et Bordeaux

Xavier Bertrand explique pourquoi il faut participer à la Manif Pour Tous du 5 octobre

L'ancien ministre a déjà participé aux mobilisations de la Manif Pour Tous
 
Le député et ancien ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé était aux côtés des Français vigilants le 26 Mai 2013, comme lors des manifestations nationales des 13 Janvier (ci-contre, avec 800.000 personnes) et 24 Mars 2014 qui avaient réuni chacune 1 million de manifestants. Il manifestera pour alerter le gouvernement contre les effets pervers de ses projets de PMA/GPA. Il rappelait alors que la priorité est le combat économique et que le gouvernement doit changer de politique.

Nicolas Sarkozy donne la parole aux Français sur la question du "mariage pour tous". Quelle est votre position ?
Je n’ai plus peur des mots : réécriture, abrogation, c’est la même chose. S’il faut dire abrogation, ce sera abrogation. Personnellement, je regrette que nous n’ayons pas tenu nos engagements de 2007 quand nous avions dit que nous ferions évoluer le pacs. Si nous l’avions vraiment fait évoluer vers une union civile avec des droits largement plus complets que dans le pacs et célébrer en mairie, nous n’aurions pas eu ce débat en 2012 et ce pas franchi avec le “mariage pour tous”. Disons-le très clairement : l’union des couples homosexuels, j’y suis favorable. Mais je ne me résous pas à voir les règles de la filiation bouleversées à ce point. Je suis contre l’adoption [par des couples homosexuels], la PMA et bien sûr la GPA. Sur ces questions-là, je n’ai pas peur d’utiliser le terme “abroger”, mais je précise aussitôt qu’il ne s’agit pas de revenir à la situation antérieure ni de “démarier” les personnes concernées ou de “désadopter” les enfants adoptés entre la promulgation de la loi Taubira et son abrogation.

Reste que vous êtes de plus en plus isolé sur cette position ?

Quand j’entends certains de mes amis dire qu’on ne pourra pas revenir sur cette loi parce qu’elle est entrée dans les moeurs, je ne m’étonne plus que beaucoup se détournent de la politique. Si on part du principe que ce que la gauche a voté correspond au sens de l’histoire et qu’on n’y peut rien, alors j’arrête de faire de la politique ! Cela voudrait dire qu’on n’a plus aucun pouvoir. Cela traduirait aussi une sorte de victoire idéologique de la gauche. 
Il y en a marre de cette droite qui s’excuse en permanence, soit de ne pas avoir fait, soit de ne pas pouvoir faire. La gauche ne s’est jamais gênée pour revenir sur des mesures que nous avions votées.

mardi 4 février 2014

La Manif pour Tous veut l'arrêt de l'expérimentation de l' "ABCD de l'égalité" sur les jeunes cobayes de l'école de Peillon

La Manif pour tous pour la fin de la pédagogie de l'indifférenciation des sexes en cours dans 10 académies 

Fort de la mobilisation de dimanche, 
le collectif La Manif pour Tous est particulièrement légitimé contre "la diffusion de l'idéologie du genre à l'école " que la majorité présidentielle a niée jusqu'ici, avec le soutien de la presse collabo qui l'a présentée comme une rumeur.

Après plus d'une année de luttes et huit mois après le vote scélérat, le Collectif l'a encore répété à l'issue du défilé: elle ne "lâchera rien, jamais, jamais". Alors que le pouvoir français passe le relais aux lobbies européens, le Collectif se prépare à de nouveaux assauts avec une détermination "plus importante que jamais". 

Après les ONG, les associations et les lobbies prennent le pouvoir
Le collectif - comme ses sympathisants - réclame la suspension de l'"expérimentation des ABCD dits de l'égalité", la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet et la concertation des parents d'élèves et des associations familiales. Le coeur de cible reste évidemment la PMA et la GPA, tout comme "la loi Taubira, dont on souhaite toujours l'abrogation", rappellent les porte-parole. Mais seront-ils suivis par l'opposition? 
 
Les valeurs de la famille au centre de la campagne des européennes. 
8 mars, à Paris
la Mutualité
"Il est absolument important que nous portions haut dans notre projet les valeurs de la famille, insiste Hervé Mariton, responsable du projet à l'UMP. Quant à l'abrogation de la loi Taubira, je souhaite l'insérer dans un ensemble plus ambitieux: un référendum qui inclut l'abrogation, supprime l'adoption pour les couples homosexuels et mette en place l'union civile. Les dirigeants de l'UMP n'ont pas encore tranché, mais cette idée est très largement soutenue par les militants."

"Nous voulons aussi la révision des mesures fiscales qui concernent la famille", indique Ludovine de la Rochère, la présidente du collectif. "Et, d'une manière générale, une politique qui ne déconstruise pas la politique familiale."
La Manif pour tous demande à être auditionnée par les groupes de travail sur la loi famille repoussée à 2015, mais en gestation. 

Alors que les groupes de travail mis en place par le gouvernement ont repoussé la publication de leurs conclusions, la Manif pour tous, elle, se dit prête à rendre publique sa propre réflexion. "Nous invitons la ministre de la Famille, Mme Bertinotti, aux conclusions de notre Grenelle de la famille, le 8 mars, à la Mutualité", a lancé dimanche Ludovine de la Rochère. Ce Grenelle donnera lieu à une proposition de loi et à un livre blanc sur la famille.» La mise en place d'un think-tank sur les droits des enfants et la famille est ensuite prévue.

"Un réseau international se construit [afin] de peser sur les eurodéputés et à l'ONU", révèle Ludovine de la Rochère

"En attendant, on continue d'organiser de mieux en mieux notre réseau, souligne la présidente. Nous insistons sur la nécessité de former et d'informer: on vient de diffuser un premier livret sur les dangers du genre, d'autres sont prévus sur le bien commun et l'altérité sexuelle." 
Une manifestation nationale n'est pas exclue si la Manif pour tous n'était pas entendue. 
Parallèlement, "un réseau international se construit très vite, assure Ludovine de la Rochère. Ce qui nous permettra de peser aussi sur les eurodéputés et à l'ONU."

vendredi 26 avril 2013

Hollande, un an après: du ni fait, ni à faire

Est-il allé à l'essentiel ? Ou non !
Des réformes, des chantiers, des promesses non tenuespromesses 
François Hollande a lancé depuis son arrivée à l'Elysée plusieurs réformes, dont certaines sont achevées ou en passe de l'être, mais a aussi dû renoncer ou repousser des promesses de campagne.

Réformes réalisées
- Mariage pour tous les homosexuels : adopté dans la précipitation le 23 avril par un vote bâclé de l'Assemblée nationale et au mépris de la forte mobilisation des opposants dans la rue. L'opposition UMP et centriste a saisi le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer dans un délai d'un mois.
- Augmentation des impôts pour tous: alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, création d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 45%, relèvement de l'impôt de solidarité sur la fortune et de la fiscalité sur les grosses successions.
- Création de la Banque publique d'investissement pour les PME.À peine cette "banque" politique est-elle mise en place, que les désaccords entre Nicolas Dufourcq, directeur général exécutif, Ségolène Royal, porte parole et vice-présidente du Conseil d’administration de la BPI, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’étalent sur la place publique.
- Détricotage de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et notamment du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, à laquelle a été substitué un processus semblable pour réduire les dépenses (la "modernisation de l'action publique").
- "Pacte de croissance" ajouté au traité budgétaire européen, qui lui-même n'a pas été à proprement parler renégocié, contrairement à la promesse du candidat Hollande.
- "Pacte de compétitivité", avec notamment un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises qui ne faisaient pas partie du programme, financé en partie par des hausses de TVA et donc par les plus défavorisés, alors que les socialistes ont fait campagne contre la TVA sociale.
- Promis à tous, le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt rétabli dès 2012, mais suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Les deux dispositifs d'embauche des jeunes ne satisfont pas les espoirs placés en eux: le "contrat de génération" depuis mars, les emplois d'avenir, contrats aidés pour les jeunes peu ou pas qualifiés. Ces derniers ne s'avèrent pas assez attractifs car les conditions sont trop restrictives: environ 20.000 fin avril sur un objectif de 100.000 d'ici la fin de l'année.
- Elargissement des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz.
Pour faire face à l'extension des tarifs sociaux de l'énergie, les tarifs de l’électricité sont  en hausse de 2,5% depuis décembre, soit environ 15 euros par an et par ménage.
Le gaz, lui, augmente de
2,4%. "Il faut exploiter les gaz de schiste. On voit qu’aux Etats-Unis, les prix ont été divisés par deux ou trois, c’est considérable", estime Rémy Prud’Homme.
- TVA ramenée à 5,5% pour le livre (contre 7%). Comment la perte de recettes de l'Etat est-elle financée  ?
- Suppression de la franchise médicale de 30 euros imposée aux sans papiers, des clandestins, bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME). Qui finance: les riches ou les classes moyennes ?
- Abrogation de la circulaire dite Guéant qui compliquait la situation des étudiants étrangers.
- Des critères présentés comme objectifs pour la régularisation au cas par cas des sans-papiers.
En somme, essentiellement des textes et des suppressions d'un trait de plume, avec le souci d'une montée en flèche de la fiscalité supportée par seulement un Français sur deux.

Chantiers en cours
- Un des plus emblématiques de la campagne: la taxe à 75% au-delà d'un million d'euros de revenus, retoquée par le Conseil constitutionnel, va désormais s'appliquer aux entreprises qui versent de telles rémunérations à leurs cadres. La nouvelle version devrait s'intégrer dans un texte plus large sur la gouvernance des entreprises et la rémunération des patrons, attendu fin mai.
- Lutte contre la fraude fiscale - depuis l'affaire Cahuzac (blanchiment de fraude fiscale) - grâce à des moyens et effectifs renforcés et des sanctions durcies.
- Le Parlement a voté une augmentation du taux normal et intermédiaire de la TVA (20% et 10%) frappant jusqu'aux plus précaires et une baisse du taux minimal (5%) mais des modifications sont en discussion. La TVA sur le logement social sera abaissée à 5%.
- Réforme de l'épargne longue pour mieux financer les entreprises.
- Livret A: le plafond a été relevé de 50% pour une période d'essai mais pourrait être doublé, comme promis pendant la campagne, d'ici quatre ans.
- Séparation des activités bancaires: pas de séparation de la banque de détail et des activités de marché mais les opérations menées par les banques pour leur propre compte devront être cantonnées dans une filiale ad hoc. Interdiction de certains types d'opération comme le trading à haute fréquence (ordre boursiers passés en rafale par des machines). Les banques devront aussi faire connaître leurs activités pays par pays
Le projet de loi doit passer en deuxième lecture à l'Assemblée nationale.
- Retraites : mise en place d'une ...commission d'experts (!) chargée de proposer des pistes de réforme d'ici juin. Une concertation avec les partenaires sociaux suivra et des mesures pourraient être prises en 2013.
- Réforme de l'emploi : issu de l'accord du 11 janvier signé par le patronat et seulement trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) contre l'avis de la CGT et FO, ce projet de loi sur la flexisécurité pourrait être adopté définitivement le 14 mai, malgré l'opposition de la gauche, de l'aile radicale du PS au Front de gauche de Mélenchon et des communistes. Il ouvre la voie à une surcotisation des contrats précaires et un éventuel renchérissement des licenciements pour les entreprises en très bonne santé, mais des facilités d'embauche en CDD et de licenciement. Une réforme de la formation concentrée sur les moins formés et les chômeurs est annoncée pour 2013.
- Loi sur la refondation de l'école, qui prévoit notamment 60.000 créations de postes dans l'Education (enseignants, encadrement et agents des collectivités locales). Adopté en mars par les députés, le texte doit être débattu à partir du 21 mai au Sénat.
- Amélioration de l'accueil des étrangers en préfecture: des audits sont en cours et des propositions concrètes attendues "prochainement".
- Réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité, actuellement discutée dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, au détriment de la recherche et de l'exploitation du gaz de schiste (et donc des factures d'énergie).
- Réforme de la décentralisation: contestée au sein de la majorité, elle a été présentée sous forme de trois projets de loi, le 10 avril en Conseil des ministres, et sera débattue à partir de fin mai, d'abord au Sénat.
- Réforme constitutionnelle: le premier texte, sur le Conseil supérieur de la magistrature sera examiné (alors que la partialité des juges du Syndicat de la Magistrature s'est étalée sur leur "Mur des cons" désignés à leur vindicte judiciaire), en vue d'une adoption, par le Parlement réuni en Congrès le 22 juillet. Trois autres projets concernent la démocratie sociale, la responsabilité civile du président (François Hollande avait promis durant la campagne de modifier le statut pénal) et des ministres devant la Justice, et la suppression du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel des anciens chefs de l'Etat. Ils n'ont pas encore été inscrits à l'ordre du jour du Parlement.
- Non cumul des mandats: engagement du candidat Hollande très contesté au sein même du parti présidentiel, bien que (comme le mariage pour tous !) les parlementaires aient eu connaissance du projet du candidat Hollande, il s'est traduit en projet de loi, présenté début avril en Conseil des ministres. Même si la réforme était adoptée en 2013, l'application n'est prévue qu'à compter de 2017.

Promesses non tenues
- Réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013. Le gouvernement a reconnu qu'il serait de 3,7% en 2013 mais continue de le promettre à 2,9% - contre l'avis de tous les "experts" - en 2014.
- Remboursement des aides publiques reçues par les entreprises qui délocalisent, alors que les entreprises étrangères bénéficient d'incitations et d'exonérations.
- Taux d'imposition discriminatoires selon les sociétés (TPE 15%, PME 30%, grandes entreprises 35%).
- Fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG.
- Suppression du gel du barème de l'impôt sur le revenu. Hollande a maintenu ce gel tout en épargnant les plus modestes.
- Droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, pour commencer (de même que le PACS devait éviter de passer au "mariage" homo !) : cette réforme constitutionnelle bute sur l'absence de majorité qualifiée au Parlement et le recours à un référendum est exclu par le président Hollande.
- Lutte contre le contrôle au faciès: le gouvernement a abandonné l'idée d'instaurer des récépissés (raison invoquée: le récépissé n'était pas prévu dans le programme de Hollande!...) contre les contrôles d'identité abusifs, réclamés par les lobbies associatifs radicaux, mais compte en revanche réformer le code de déontologie des forces de l'ordre et réinstaller le matricule sur les uniformes: promesse du candidat ?
- Instauration d'une "contribution énergie-climat" aux frontières de l'Europe: cette mesure n'a plus été évoquée depuis la campagne, malgré la promesse du candidat...
- Blocage des prix des carburants. Le gouvernement y a finalement renoncé, préférant mettre en place à la rentrée 2012 des mesures temporaires contre la flambée des carburants, dont une baisse de taxe de 3 centimes par litre. La réflexion s'achemine en revanche vers une hausse de la taxation du diesel, soudainement stigmatisé pour la mauvaise qualité de l'air dans les villes, après avoir fait l'objet d'une promotion pour sa qualité.
- Loi de l'audiovisuel: attendu à la mi-mai en Conseil des ministres, le projet doit mettre fin au mode de nomination des patrons de l'audiovisuel public par le président de la République, instauré par Nicolas Sarkozy. C'est le CSA qui procédera à nouveau aux nominations. Mais la suppression de la pub en soirée seramaintenue, malgré les promesses, alors que les députés ont voté en décembre une augmentation de 6 euros de la redevance télévision en 2013, sur proposition du gouvernement Ayrault.

A noter qu'il est de plus en plus fortement question d'un remaniement ministériel dans les prochaines semaines.