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vendredi 26 avril 2013

Hollande, un an après: du ni fait, ni à faire

Est-il allé à l'essentiel ? Ou non !
Des réformes, des chantiers, des promesses non tenuespromesses 
François Hollande a lancé depuis son arrivée à l'Elysée plusieurs réformes, dont certaines sont achevées ou en passe de l'être, mais a aussi dû renoncer ou repousser des promesses de campagne.

Réformes réalisées
- Mariage pour tous les homosexuels : adopté dans la précipitation le 23 avril par un vote bâclé de l'Assemblée nationale et au mépris de la forte mobilisation des opposants dans la rue. L'opposition UMP et centriste a saisi le Conseil constitutionnel qui doit se prononcer dans un délai d'un mois.
- Augmentation des impôts pour tous: alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, création d'une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu à 45%, relèvement de l'impôt de solidarité sur la fortune et de la fiscalité sur les grosses successions.
- Création de la Banque publique d'investissement pour les PME.À peine cette "banque" politique est-elle mise en place, que les désaccords entre Nicolas Dufourcq, directeur général exécutif, Ségolène Royal, porte parole et vice-présidente du Conseil d’administration de la BPI, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’étalent sur la place publique.
- Détricotage de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et notamment du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, à laquelle a été substitué un processus semblable pour réduire les dépenses (la "modernisation de l'action publique").
- "Pacte de croissance" ajouté au traité budgétaire européen, qui lui-même n'a pas été à proprement parler renégocié, contrairement à la promesse du candidat Hollande.
- "Pacte de compétitivité", avec notamment un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros pour les entreprises qui ne faisaient pas partie du programme, financé en partie par des hausses de TVA et donc par les plus défavorisés, alors que les socialistes ont fait campagne contre la TVA sociale.
- Promis à tous, le départ à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler tôt rétabli dès 2012, mais suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires.
Les deux dispositifs d'embauche des jeunes ne satisfont pas les espoirs placés en eux: le "contrat de génération" depuis mars, les emplois d'avenir, contrats aidés pour les jeunes peu ou pas qualifiés. Ces derniers ne s'avèrent pas assez attractifs car les conditions sont trop restrictives: environ 20.000 fin avril sur un objectif de 100.000 d'ici la fin de l'année.
- Elargissement des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz.
Pour faire face à l'extension des tarifs sociaux de l'énergie, les tarifs de l’électricité sont  en hausse de 2,5% depuis décembre, soit environ 15 euros par an et par ménage.
Le gaz, lui, augmente de
2,4%. "Il faut exploiter les gaz de schiste. On voit qu’aux Etats-Unis, les prix ont été divisés par deux ou trois, c’est considérable", estime Rémy Prud’Homme.
- TVA ramenée à 5,5% pour le livre (contre 7%). Comment la perte de recettes de l'Etat est-elle financée  ?
- Suppression de la franchise médicale de 30 euros imposée aux sans papiers, des clandestins, bénéficiaires de l'aide médicale d'Etat (AME). Qui finance: les riches ou les classes moyennes ?
- Abrogation de la circulaire dite Guéant qui compliquait la situation des étudiants étrangers.
- Des critères présentés comme objectifs pour la régularisation au cas par cas des sans-papiers.
En somme, essentiellement des textes et des suppressions d'un trait de plume, avec le souci d'une montée en flèche de la fiscalité supportée par seulement un Français sur deux.

Chantiers en cours
- Un des plus emblématiques de la campagne: la taxe à 75% au-delà d'un million d'euros de revenus, retoquée par le Conseil constitutionnel, va désormais s'appliquer aux entreprises qui versent de telles rémunérations à leurs cadres. La nouvelle version devrait s'intégrer dans un texte plus large sur la gouvernance des entreprises et la rémunération des patrons, attendu fin mai.
- Lutte contre la fraude fiscale - depuis l'affaire Cahuzac (blanchiment de fraude fiscale) - grâce à des moyens et effectifs renforcés et des sanctions durcies.
- Le Parlement a voté une augmentation du taux normal et intermédiaire de la TVA (20% et 10%) frappant jusqu'aux plus précaires et une baisse du taux minimal (5%) mais des modifications sont en discussion. La TVA sur le logement social sera abaissée à 5%.
- Réforme de l'épargne longue pour mieux financer les entreprises.
- Livret A: le plafond a été relevé de 50% pour une période d'essai mais pourrait être doublé, comme promis pendant la campagne, d'ici quatre ans.
- Séparation des activités bancaires: pas de séparation de la banque de détail et des activités de marché mais les opérations menées par les banques pour leur propre compte devront être cantonnées dans une filiale ad hoc. Interdiction de certains types d'opération comme le trading à haute fréquence (ordre boursiers passés en rafale par des machines). Les banques devront aussi faire connaître leurs activités pays par pays
Le projet de loi doit passer en deuxième lecture à l'Assemblée nationale.
- Retraites : mise en place d'une ...commission d'experts (!) chargée de proposer des pistes de réforme d'ici juin. Une concertation avec les partenaires sociaux suivra et des mesures pourraient être prises en 2013.
- Réforme de l'emploi : issu de l'accord du 11 janvier signé par le patronat et seulement trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) contre l'avis de la CGT et FO, ce projet de loi sur la flexisécurité pourrait être adopté définitivement le 14 mai, malgré l'opposition de la gauche, de l'aile radicale du PS au Front de gauche de Mélenchon et des communistes. Il ouvre la voie à une surcotisation des contrats précaires et un éventuel renchérissement des licenciements pour les entreprises en très bonne santé, mais des facilités d'embauche en CDD et de licenciement. Une réforme de la formation concentrée sur les moins formés et les chômeurs est annoncée pour 2013.
- Loi sur la refondation de l'école, qui prévoit notamment 60.000 créations de postes dans l'Education (enseignants, encadrement et agents des collectivités locales). Adopté en mars par les députés, le texte doit être débattu à partir du 21 mai au Sénat.
- Amélioration de l'accueil des étrangers en préfecture: des audits sont en cours et des propositions concrètes attendues "prochainement".
- Réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité, actuellement discutée dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, au détriment de la recherche et de l'exploitation du gaz de schiste (et donc des factures d'énergie).
- Réforme de la décentralisation: contestée au sein de la majorité, elle a été présentée sous forme de trois projets de loi, le 10 avril en Conseil des ministres, et sera débattue à partir de fin mai, d'abord au Sénat.
- Réforme constitutionnelle: le premier texte, sur le Conseil supérieur de la magistrature sera examiné (alors que la partialité des juges du Syndicat de la Magistrature s'est étalée sur leur "Mur des cons" désignés à leur vindicte judiciaire), en vue d'une adoption, par le Parlement réuni en Congrès le 22 juillet. Trois autres projets concernent la démocratie sociale, la responsabilité civile du président (François Hollande avait promis durant la campagne de modifier le statut pénal) et des ministres devant la Justice, et la suppression du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel des anciens chefs de l'Etat. Ils n'ont pas encore été inscrits à l'ordre du jour du Parlement.
- Non cumul des mandats: engagement du candidat Hollande très contesté au sein même du parti présidentiel, bien que (comme le mariage pour tous !) les parlementaires aient eu connaissance du projet du candidat Hollande, il s'est traduit en projet de loi, présenté début avril en Conseil des ministres. Même si la réforme était adoptée en 2013, l'application n'est prévue qu'à compter de 2017.

Promesses non tenues
- Réduction du déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013. Le gouvernement a reconnu qu'il serait de 3,7% en 2013 mais continue de le promettre à 2,9% - contre l'avis de tous les "experts" - en 2014.
- Remboursement des aides publiques reçues par les entreprises qui délocalisent, alors que les entreprises étrangères bénéficient d'incitations et d'exonérations.
- Taux d'imposition discriminatoires selon les sociétés (TPE 15%, PME 30%, grandes entreprises 35%).
- Fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG.
- Suppression du gel du barème de l'impôt sur le revenu. Hollande a maintenu ce gel tout en épargnant les plus modestes.
- Droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, pour commencer (de même que le PACS devait éviter de passer au "mariage" homo !) : cette réforme constitutionnelle bute sur l'absence de majorité qualifiée au Parlement et le recours à un référendum est exclu par le président Hollande.
- Lutte contre le contrôle au faciès: le gouvernement a abandonné l'idée d'instaurer des récépissés (raison invoquée: le récépissé n'était pas prévu dans le programme de Hollande!...) contre les contrôles d'identité abusifs, réclamés par les lobbies associatifs radicaux, mais compte en revanche réformer le code de déontologie des forces de l'ordre et réinstaller le matricule sur les uniformes: promesse du candidat ?
- Instauration d'une "contribution énergie-climat" aux frontières de l'Europe: cette mesure n'a plus été évoquée depuis la campagne, malgré la promesse du candidat...
- Blocage des prix des carburants. Le gouvernement y a finalement renoncé, préférant mettre en place à la rentrée 2012 des mesures temporaires contre la flambée des carburants, dont une baisse de taxe de 3 centimes par litre. La réflexion s'achemine en revanche vers une hausse de la taxation du diesel, soudainement stigmatisé pour la mauvaise qualité de l'air dans les villes, après avoir fait l'objet d'une promotion pour sa qualité.
- Loi de l'audiovisuel: attendu à la mi-mai en Conseil des ministres, le projet doit mettre fin au mode de nomination des patrons de l'audiovisuel public par le président de la République, instauré par Nicolas Sarkozy. C'est le CSA qui procédera à nouveau aux nominations. Mais la suppression de la pub en soirée seramaintenue, malgré les promesses, alors que les députés ont voté en décembre une augmentation de 6 euros de la redevance télévision en 2013, sur proposition du gouvernement Ayrault.

A noter qu'il est de plus en plus fortement question d'un remaniement ministériel dans les prochaines semaines.

mercredi 27 février 2013

Immobilier : les ventes et les mises en chantier se sont effondrées en 2012

Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va

Les chiffres du logement en France continuent d'être alarmants

Tous les indicateurs affichent des performances de plus en plus mauvaises ces derniers mois.

Les ventes de logements neufs ont chuté de 17,9% en 2012, selon le ministère du Logement, qui communique pour dire que son absence de résultats ne lui est pas imputable.

Seulement 86 200 logements neufs ont été vendus en France l'année dernière. Ce recul de 17,9% par rapport à 2011 atteint même les 28% si on prend en compte le seul quatrième trimestre. 


Les ventes de logements neufs ont chuté de 17,9% en 2012, selon le ministère du Logement, qui communique pour dire que son absence de résultats ne lui est pas imputable.


Les prix restent pourtant à la hausse

Malgré cela, les prix des logements neufs vendus ne baissent pas et augmentent même de 1,2% sur l'ensemble de l'année 2012. "La rareté du foncier demeure en effet une réalité, au-delà des annonces publiques d'une libération de (surfaces de) foncier à prix abordable. Et le renchérissement des coûts induit par la mise en oeuvre des normes écologiques nouvelles pèse lourdement sur les prix", souligne Michel Mouillart.


Et l'avenir n'est pas plus souriant

La logique est la même pour les mises en chantier et les permis de construire. Avec près de 300 000 mises en chantier de février 2012 à janvier 2013, le recul atteint 21,6%. Il s'accentue depuis novembre dernier, avec une baisse de 28%. 

Quant aux permis de construire, près de 430 000 ont été accordés de février 2012 à janvier 2013 (-7,9%). Leur recul est, là aussi, encore plus marqué depuis novembre (-19,1%).

"L'année 2013 n'a pas commencé sur les chapeaux de roues, mais plutôt sur les jantes. Elle risque, avec un niveau prévu de 282.000 mises en chantier, de revenir à celui de 1998, à la fin de la grave crise des années 1990", souligne Michel Mouillart, professeur à l'Université Paris-Ouest et expert du secteur. 
"Le risque est grand de voir le secteur subir un véritable désastre industriel et social", avait déjà averti le 14 février François Payelle, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Cécile Duflot contribue largement à cet effondrement

Outre les contraintes écologiques soutenues par l'ancienne patronne des Verts altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts, ses menaces de réquisition des logements non occupés ne sont pas une incitation.
Est-il judicieux qu'elle aille maintenant faire des dégâts à la Mairie de Paris ?

jeudi 27 décembre 2012

Logement : Duflot assiste à un fort recul des mises en chantier

Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va

La ministre de Hollande, les bras ballants et gilet orange 

Avec -23,8%, le nombre de mises en chantier de logements neufs a chuté en France entre septembre et novembre 2012, comparé à la même période de 2011. Une tendance qui s'est accentuée en toute fin d'année, selon les chiffres du ministère du Logement annoncés ce mercredi, par communiqué. 
A l'hôtel de Castries, 72, rue de Varenne, 75007 Paris, nul ne sait où est passée Cécile Duflot, la locataire du ministère.

Hôtel du XVIIe,
propriété de Charles de Castries 
(1756-1842), officier de l''Empire 


Si l'activité est si réduite
à l'Hôtel de Castrie,
on doit pouvoir réquisitionner une aile...


Sur la période, 79 242 logements ont été mis en chantier, les logements collectifs (-28,7%) étant plus touchés par le recul que les logements individuels (-11,5%). 

Et les statistiques ne sont pas meilleures pour les permis de construire avec 110 818 autorisations accordées (-11,8%).

Les mises en chantier au plus bas depuis 2009

"Il n'y a aucune raison que décembre nous surprenne et l'année 2012 sera une année médiocre", explique Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris-Ouest et spécialiste du secteur, estimant que 300.000 logements environ auront été mis en chantier cette année, un plus bas depuis 2009.

La gauche trouve des excuses aux mauvais résultats de l'écologiste radicale
Les chiffres de la fin 2012 souffriraient toutefois [à la différence de ceux du début ?...]  d'un effet de comparaison défavorable, car la fin d'année 2011 avait été stimulée par l'expiration de certaines incitations fiscales à construire, qui avait amené particuliers et promoteurs à anticiper leurs mises en chantier. Cette stimulation ne serait-elle pas un peu due au pouvoir de droite et à Benoît Apparu ?


L'année 2013 ne s'annonce pas non plus sous les meilleurs auspices : selon Michel Mouillart, le recul des mises en chantier va se poursuivre, "ce qui va renforcer les déséquilibres du marché immobilier". Le risque est que les prix continuent d'augmenter et qu'il soit encore plus difficile de trouver un logement.

Le député UMP Lionel Tardy met en garde contre cette mauvaise tendance sur Twitter :

#PS #Logement #Gouvernement @CecileDuflot ... 
baisse de 22,1% de la construction de logements neufs depuis 3 mois ...
pic.twitter.com/74rZabY3