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mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



lundi 30 août 2010

Carla Bruni-Sarkozy traitée de prostituée. Par Aubry ?

"Goujats!", s'exclame faiblement Le Monde

Elle a l'insulte facile, mais Martine Aubry n'est pas en cause

Alors Sa Cynique Majesté Royal ? Certes, elle est capable des attaques les plus basses et injustes contre son vainqueur -et pourquoi pas en s'en prenant par la bande à son épouse- , mais elle est plus insidieuse et plus vacharde que ça. Ce qui permet de passer pour vertueuse !

Qui est alors est donc si peu respectueux de la femme ?
Un quotidien de droite britannique, The Telegraph, n'a pas laissé passer l'insulte et s'en indigne.
En France, Le Monde fait son titre d'un "Goujats !" dérisoire
Il écrit:
"Certains media iraniens n’ont pas apprécié l’engagement de Carla Bruni en faveur de Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette femme iranienne condamnée à la lapidation pour adultère. [Et en Iran, comme dans la gauche française, quand on n'aime pas, on insulte !]
L’épouse de Nicolas Sarkozy a signé une lettre demandant sa libération, provoquant l’ire du quotidien pro-gouvernemental Kayhan, qui l’insulte violemment [toute insulte n'est donc pas, par définition, 'violente', tant le phénomène est devenu banal pour la presse hexagonale] dans un éditorial, révèle le journal britannique The Telegraph. Une chaîne de télévision s’en est aussi prise à Carla Bruni-Sarkozy et à Isabelle Adjani, co-signatrice, les accusant d’ “immoralité”. Le journal iranien Kayhan présente Isabelle Adjani,comme une «actrice française à la morale corrompue».
Encore une fois, le parallèle avec le PS est frappant: pour les socialistes et les islamistes iraniens,l'insulte n'est pas immorale.

La présentation des faits par le JDD est dérangeante

"Les prostituées françaises rejoignent la lutte des droits de l'homme".
C'est le titre d'un article paru dans le quotidien iranien Kayhan , contrôlé par la régime islamique. Ces "prostituées françaises" ne sont autres que Carla Bruni-Sarkozy et Isabelle Adjani. Pourquoi ces insultes? Parce que les deux femmes ont signé récemment une pétition pour dénoncer le sort réservé à Sakineh Mohammadi-Ashtiani en Iran où elle est condamnée à mort par lapidation.

Dans cette diatribe d'une violence inouïe, l'épouse "infâme" du chef de l'Etat dont la télévision d'Etat iranienne a également évoqué "l'immoralité", se voit accusée d'avoir "brisé le mariage de Sarkozy (pour) devenir la première dame de France". Pour sa part Isabelle Adjani est présentée comme une " actrice française à la morale corrompue ".

Le 24 août dernier, Carla Bruni-Sarkozy, dans une lettre ouverte, avait joint sa voix à toutes celles qui s'élèvent de par le monde contre la lapidation prévue de Sakineh, notamment à travers une pétition internationale lancée par Bernard-Henri Lévy. "Vos yeux pleins de douleur et de dignité, votre front, votre cerveau, votre âme… transformés en cible pour des lanceurs de pierres, explosés, pulvérisés, en miettes! Effroi et consternation!", s'indignait l'ancienne top-model. "Je ne vois pas le bien qui peut sortir de cette cérémonie macabre, quelles que soient les justifications juridiques avancées. Répandre votre sang, priver vos enfants de leur mère, mais pourquoi? Parce que vous avez vécu, parce que vous avez aimé, parce que vous êtes une femme, une Iranienne? Tout en moi se refuse à l’accepter", poursuivait-elle avant de préciser: "Mon mari plaidera votre cause sans relâche et la France ne vous abandonnera pas".

Pour le moment, L'Elysée n'a pas réagi officiellement à ces insultes. Difficile d'imaginer toutefois qu'elles resteront sans suite:
un defi de la presse ?


=>
Le journal ne prend pas position: insolent quand on lui demande de rester objectif, il est inaccessible à l'indignation quand il y trouverait l'honneur. 'Goujats !


LePost, site Internet du Monde, est plus disert et ambigu

"Les internautes eux aussi se mobilisent pour venir au secours [est-ce bien de secours dont il s'agit ?] de la première Dame de France, en témoignent leurs réactions sur les blogs et réseaux sociaux."

Quelques-uns de ses commentaires modérés:

1. "Minable"
"Aucune femme ne mérite d'être traitée ainsi! Que ce soit la femme de notre Président ou une autre!", s'indigne SHREK64 dans un commentaire sur Le Post. "Elle [Carla Bruni, ndlr] a été choquée et je la comprends !"
A l'image de ce Posteur, les commentateurs sont nombreux à exprimer leur incompréhension face au jugement du journal iranien.
"Qui a dit 'minable' ?", demande MARQUIS75, toujours sur Le Post. "Ça prouve seulement que la presse iranienne est arrivée à un niveau de bassesse assez symptomatique." [A noter que cet adjectif est le préféré de Daniel Cohn-Bendit]

Des internautes invitent aussi l'Iran à nettoyer son jardin avant de s'occuper de celui du voisin, à l'image de ce lecteur du Monde.fr, alors que Kayhan a jugé Carla Bruni "immorale", l'accusant d'avoir brisé le couple que formaient Nicolas Sarkozy et Cécilia
[Une "révélation" inexacte, comme on peut en trouver également dans Mediapart]


2. "Ça sent le bel incident diplomatique"
Au-delà de l'insulte personnelle, les internautes s'interrogent sur les conséquences géopolitiques de cette sortie médiatique iranienne.

"Ça sent le bel incident diplomatique, surtout si le journal est proche du pouvoir et si ce dernier ne dénonce pas l'article", s'inquiète Clarem en commentaire d'un article du Post, alors que le régime iranien reste encore silencieux.

"La bombe nucléaire coming soon (arrive bientôt, ndlr)", lâche Foued sur Twitter.

"Comment Sarkozy va-t-il réagir ?", se demande Bibhu2109, un internaute indien, sur Twitter. Le chef de l'Etat ne s'est pas encore exprimé sur le sujet.


Mais les vertueuses socialistes restent coites !

Ni Sa Cynique Majesté Royal qui nous a joué le coup de la féministe, épouse et mère en 2006-2007, ni la ch'tite Aubry, la grossière hyper-sensible à la vulgarité supposée des autres, aucune n'a encore pris fait et cause pour leur Première Dame, toutes candidates putatives à l'Elysée qu'elles puissent être.

Alors que Margaux Bergey, une simple étudiante en journalisme, mobilise Twitter, en soutien à Carla Bruni mais aussi à toutes les femmes iraniennes victimes du régime : "Nous sommes toutes des putes iraniennes", lance-t-elle.

Anglais, turcs, espagnols...
Les internautes du monde entier relaient cette affaire, et prennent eux aussi la défense de notre première Dame, à l'image de la blogueuse américaine PrairiePundit :

" L'Iran veut aussi lapider Carla Bruni ? "

Lire PaSiDupes

vendredi 28 mars 2008

Le journal Libération accuse le Web de menacer la déontologie de la presse !

La presse serait bien vulnérable et fort peu maîtresse d’elle-même
Voilà que la presse revendique sa part d'humanité ! Nous n'avons pas dit de 'stalinisme'.
Le quotidien de gauche considère que le «Nouvel Observateur» serait victime d’une ‘mésaventure’ avec la fameuse ‘bévue’ de son rédacteur en chef, Airy Routier, dans ce qui est en fait le coup monté du prétendu SMS de Nicolas Sarkozy à celle qui était alors encore son épouse. La réaction publique de sa nouvelle épouse, Carla Bruni Sarkozy, met le doigt là où ça fait mal. La déontologie des journalistes est donc tellement vacillante qu’il faudrait réformer les conditions d’accès aux écoles de journalisme, en les rendant obligatoires et en introduisant des tests psychologiques, comme le prévoit le projet de réforme des écoles de la magistrature ?

L’excuse à la ‘bévue’ et à la ‘mésaventure’ serait, selon Libération, la course effrénée aux scoops d’une presse en crise. Et si c’était plutôt le retour de bâton dans une lutte sans foi ni loi contre le pouvoir par des journalistes militants assoiffés de sang pendant la campagne présidentielle et avides de vengeance, la défaite venue. Les partis ne sont pas exempts de responsabilité qui ont non seulement permis les coups bas, mais se sont aussi autorisé la rumeur et la manipulation grossières.
La fin ne justifie pas les moyens. Dans l'excitation ambiante, des journalistes chevronnés en fin de carrière, comme Airy Routier, ont perdu leurs nerfs et se sont laissés aller.

« Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Les maîtres de la presse distribuent des boulettes empoisonnées aux chiens de l’Internet, ses propres chiots !
Les questions que se pose le quotidien Libération contiennent la réponse et sont révélatrices de sa thèse. Le Web lui nuit ; il faut donc lui nuire en retour, par la calomnie, une habitude dont la recrudescence a fait le bonheur des rédactions et des partis de gauche pendant la présidentielle. La presse n’est pas volontaire pour combattre cette addiction : la calomnie n’est pourtant pas subtile, mais on a les plaisirs qu’on peut, dans le mépris de la déontologie. On en parle trop pour la respecter…

Questions-réponses de Libération dans un miroir, le jeudi 20 mars 2008:
Q- Le Web a-t-il fait déraper le Nouvel Observateur ?
R- Sans le Web, Airy Routier aurait certainement pris le temps de recouper son info avant de la publier dans le magazine papier. Mais voilà, pour Routier, attendre le papier, c’était risquer qu’un autre journal sorte avant lui le SMS. Et avec Internet, la périodicité de la presse ne veut plus dire grand chose. Les hebdomadaires font de l’actualité quotidienne sur le Web, les quotidiens dégainent plusieurs éditions par jour et tout le monde se tire la bourre. La concurrence s’est encore plus tendue depuis que certains journalistes ont quitté le papier pour le Web, jouant les corsaires de la profession en même temps que ses aiguillons. Là encore, les scoops pleuvent : Rue89, fondée par d’anciens de Libération, a démarré en révélant la censure d’un article du Journal du dimanche sur l’abstention de Cécilia Sarkozy à la présidentielle. Et Mediapart lancé le week-end dernier a tenté lui aussi un coup en janvier en annonçant une privatisation de France 3 par les conseils régionaux. Mais l’info démentie était un coup dans l’eau.
« Déraper » est symptomatique de la volonté de Libération de minimiser sa responsabilité partagée, tout en prévoyant des bavures dans ses rangs.

Q- Les journaux dérivent-ils sur l’Internet ?
R-
Que le SMS ait existé ou pas, il suffit de parcourir les sites web des journaux pour s’apercevoir que le dérapage était inévitable. Sur chacun d’entre eux, clignotent en vitrine des «Exclusif» et autres rubriques aguicheuses : «Dernière minute» rougeoie sur le site de l’Obs, «Les indiscrets» se découvrent sur celui de l’Express, le Point vante «Nos confidentiels», tandis qu’un doigt devant une bouche illustre ceux du Figaro. Et Libération.fr n’échappe pas à la règle, même si la rubrique «Confidentiel» n’apparaît pas systématiquement sur la homepage. De vieilles recettes de presse mais qui prennent sur le Web un sacré coup de jeune : qui aura en premier l’info ramassera le plus de clics, verra son audience monter et séduire les annonceurs. Vital, diront certains, alors que, selon les dernières prévisions, seul le Net bénéficiera dans les prochains mois d’une réelle embellie publicitaire. De danseuse moderne qu’il fallait avoir pour faire chic, le Web est devenu la potentielle vache à lait d’une presse papier en crise.
Les blogueurs amateurs ne sont pas en cause. Seuls les sites web de journaux sont visés.


Q- Les journalistes ont-ils une déontologie ?
R-
A la fin de sa tribune dans le Monde, Carla Bruni invoque, pour récuser Airy Routier, «les journalistes. Les vrais». Problème, selon la loi : «Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession.» Soit, selon les derniers chiffres, 37 301 personnes, dont Airy Routier, vos serviteurs, les journalistes de Closer, ceux du Monde diplomatique et du magazine Dogs. Tous ont une carte professionnelle, leur donnant droit à l’entrée gratuite dans les musées nationaux et à un abattement fiscal. Une seule condition pour l’obtenir : que le postulant tire plus de 50 % de ses revenus du journalisme. Et basta. Libre au journaliste d’être à 49 % de son temps conseiller de Nicolas Sarkozy ou plombier chauffagiste. Le fait d’être journaliste n’implique aucune condition éthique. Et même si la charte rédigée en 1918 fait à peu près autorité («Un journaliste digne de ce nom […] tient la calomnie, les accusations sans preuves […] pour les plus graves fautes professionnelles»), elle ne fait pas office, comme pour les médecins, de serment d’Hippocrate. Pas d’ordre non plus dans la presse, contrairement aux médecins ou aux avocats, pour fixer des règles de déontologie. Seules des chartes maison sont parfois en place. Ainsi à l’Obs, comme se plaît à le rappeler la tribune de Bruni, ou à Libé. La charte de Libération est précise : «Une citation directe, entre guillemets […] implique que le journaliste a personnellement recueilli les propos cités en la forme». Routier dit avoir eu des «sources en béton», ce qui l’a autorisé, juge-t-il, à publier le SMS sur le site web de l’Obs le 6 février dernier. Sur la foi de la crédibilité du journaliste et de l’Obs en général, Libération.fr a immédiatement signalé l’article. Libération papier attendra deux jours et la plainte de Sarkozy contre l’Obs pour signaler l’existence du SMS.
Cette fois, la question est réelle, mais concerne à la fois les journalistes du papier et ceux du Net, les 37 301 personnes en vrac : les serviettes de Libé souffriraient donc d’être mêlées aux torchons du Web ? Libération se désolidarise, marque sa différence –sa supériorité – et révèle sa méfiance du béton.
C'est aussi la question -passée sous silence- du secret des sources... Béton ou fétu de paille !
Le quotidien vertueux est vraiment singulier, à le lire. Selon lui, l’abomination des abominations serait la liberté disputée au journaliste «d’être à 49 % de son temps conseiller de Nicolas Sarkozy ou plombier chauffagiste ». En revanche, le journaliste (de Libé) serait déontologiquement libre d’être à 49 % de son temps conseiller de Sa Cynique Majesté Royal, compagne du premier secrétaire ou gardien(ne) d’immeuble ? Il n’est pas certain que Libération ait trouvé la voie…
On retiendra que Libération a besoin de garde-fous : comme les médecins ou les avocats, il réclame un ‘ordre des journalistes’ pour fixer des règles de déontologie.
La presse aurait besoin d’une psychanalyse de groupe?