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mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



dimanche 6 novembre 2011

Les dessins dont Charlie Hebdo pouvait se passer

L'opération marketing de Charlie Hebdo


Les antécédents de Charlie Hebdo

En 2006 déjà, Charlie Hebdo avait déclenché la colère de "certains musulmans", en publiant les caricatures danoises décriées de Mahomet, rappelle Le Monde.



Est-ce si "dur d'être lu par des cons" ?

A l'époque, Le Monde écrivit:
" Au siège parisien de Charlie Hebdo [...], depuis la sortie du numéro spécial du 8 février titré "Mahomet débordé par les intégristes", où l'on voit le Prophète, dessiné par Cabu, qui pleure, la tête entre les mains, et déplore : " C'est dur d'être aimé par des cons "... Des organisations musulmanes ont tenté, mardi, d'obtenir juridiquement l'interdiction de la vente de l'hebdomadaire satirique. Elles ont été déboutées. Télévisions japonaises, radios tchèques... les médias du monde entier affluent à la rédaction. Cible d'une alerte à la bombe, le journal est protégé par la police. Philippe Val, directeur de la publication et de la rédaction, est lui-même protégé vingt-quatre heures sur vingt-quatre.[... Sur douze caricatures, Le Nouvel Observateur] Libération, Le Monde, Courrier international notamment en ont reproduit une ou deux à titre d'exemples.
Tiré à 160 000 exemplaires, contre 120 000 habituellement, le numéro de Charlie Hebdo a été rapidement épuisé. Samedi 11 février, 480 000 nouveaux exemplaires, vendus sans publicité, ont été mis en kiosques, indique Eric Portheault, responsable des finances. Certains kiosques parisiens se sont vite retrouvés en rupture de stock, tandis que d'autres auraient refusé de distribuer l'hebdomadaire. Habituellement, les ventes de Charlie se situent entre 60 000 et 70 000 exemplaires, dont 11 500 abonnés."
Une affaire juteuse.

Les provocations font partie des campagnes présidentielles de Charlie Hebdo

2006-20011: Charlie Hebdo récidive cinq ans plus tard, à la veille du nouveau scrutin.
" On n'est pas pour la liberté d'expression en tout petit, mais... en grand." "Je vais faire un texte islamique, donner une leçon de foi aux soi-disant musulmans ", déclarait Charb, rédacteur en chef adjoint en 2006.

2011: "the show must go on"
Le prochain numéro, dont la "une" sera décidée dimanche soir, pourrait être tiré à 400 000 exemplaires, annonce Charlie Hebdo.

Les affaires reprennent, tandis que ferme France Soir: le respect ne nourrit pas son homme.
Alors que le quotidien périclite dramatiquement et bien que le journal soit placé sous procédure de sauvegarde pour une durée de 4 mois, le 30 août 2011, suite à d'importantes pertes financières,les syndicats manifestent devant le siège: " Plus de trois cents manifestants se sont rassemblés vendredi matin devant le siège de France Soir ", se félicitait L'Humanité, au moment où le Comité d'entreprise examinait le passage contraint et forcé du papier au tout numérique.
Lien L'Express



De ces petits dessins qui méritent de périr par le feu...













Pas bien d'aller soupçonner des musulmans, fussent-ils fondamentalistes...














Vraiment, quel talent !!...

jeudi 1 septembre 2011

La gauche conteste à la RATP le devoir de transporter des passagers

Parce que les passagers sont des expulsés, la police n'aurait pas droit au service public


L'utilisation d'un tramway de la RATP par la police pour évacuer des Rom crée une polémique insensée.


La RATP a prêté un tramway à la police pour expulser des Rom

France-Info fait toute une affaire de la mise à disposition de la police d'un des tramways de la RATP pour évacuer les Rom d'un campement illégal à Bobigny en Seine-Saint-Denis.
L'histoire a débuté mercredi matin avec une décision de justice en faveur de l'évacuation de quelque 150 Bulgares et Roumains.
La RATP, via son service de presse, a demandé aux personnes déplacées d'utiliser un tramway par groupe de dix. Mais plusieurs dizaines d'entre elles se sont présentées à l'heure de pointe à la gare de tramway avec des bagages volumineux, des bicyclettes, ou des caddies, selon la préfecture et la RATP.

La préfecture de Seine-Saint-Denis s'est exprimée ce jeudi

Dirigée par Christian Lambert, elle assure n'avoir « jamais réquisitionné de tramway, ni elle, ni la police ». « Ce n'est pas la préfecture qui a demandé une rame supplémentaire, mais la RATP qui a décidé de mettre en place cette rame », explique-t-elle.

Une mesure judiciaire d'urgence

Le service de presse de la RATP informe que « Vers 08H30, l'encadrement local de la ligne T1 du tramway s'est rendu sur place et a constaté que l'évacuation des Rom semblait se dérouler avec difficulté et gêner les voyageurs dans les rames. Afin de minimiser les troubles et les retards sur la ligne, le personnel de la RATP sur place et les forces de l'ordre sont convenues de l'intérêt d'utiliser un train qui se trouvait disponible pour acheminer les personnes évacuées ». Apparemment, la décision aurait été prise communément par la régie de transports et les policiers.

L'opposition s'indigne par voie de communiqués

En tête de rame, le PS estime évidemment que « la réquisition d'un tramway de la RATP par les forces de police pour évacuer un campement de Rom a réveillé de tristes souvenirs ».
Le conseiller général Gilles Garnier (PCF), dans une lettre au préfet et au PDG de la RATP, évoque aussi la déportation de Juifs vers les camps d'extermination durant l'Occupation.

Jean-Luc Benhamias, vice-président du MoDem, s'élève contre « politique de stigmatisation qui conduit à des pratiques inacceptables ». « Plus d'un an après le discours de Grenoble, rien n'a changé : le gouvernement continue sa politique d'expulsion systématique des Rom, de manière volontairement provocatrice », ajoute-t-il.

La volubile patronne d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cécile Duflot, a exprimé jeudi sa "profonde révolte"

Sud-RATP n'a pas encore ajouté son couplet.

La décision émane pourtant de la justice...

mercredi 15 décembre 2010

Islam et laïcité: le blocage illégal de rues pour la prière

Un sondage 'PC' qui évite les questions qui dérangent
Ce que les media ne publient pas, préférant montrer Mme Le Pen

Un sondage sujet à interprétations polémiques

39% des Français approuvent les propos de la vice-présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, comparant les prières des musulmans dans la rue à l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale, selon un sondage IFOP pour France Soir. La fille de Jean-Marie Le Pen avait enn effet assuré ce week-end : « Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire ». Cette comparaison hardie aurait pu être classée au rayon des excès de langage, mais la gauche l'a instrumentalisée pour détourner l'attention du problème réél. Ce « sondage exclusif» réalisé pour France Soir par l’Ifop est exploité de diverses manières partisanes. Dans le détail, on apprend - selon ce qu'on veut en retenir - que : - « Laïcité : 39 % des Français approuvent Marine Le Pen », selon France Soir, - tandis que Le Point doute: « 39% des Français approuveraient les propos de Marine Le Pen» (dans sa version revue et corrigée du le 15/12/2010 à 09:18), - mais alors que, dans le sillage de l'A*P, le Nouvel Observateur, L'Express, Le Parisien et Les Echos (et Le Point, dans un premier jet du 15/12/2010, deux heures plus tôt, à 07:47) titrent, pour des raisons opposées, « 54% des sympathisants UMP approuvent ses propos », se défendant sans doute de toute recherche de polémique. LePost y va pourtant avec ses gros sabots crottés et ne laisse aucune part au doute sur le parti-pris de la presse engagée et communautariste: « Propos anti-Islam de Marine Le Pen : un dérapage 100 % contrôlé». 82% des sympathisants de gauche et 46% des sympathisants UMP les désapprouveraient, ce qui impliquerait que pas un seul n'est sans opinion. Approuver ou non Marine Le Pen, est-ce le sujet ?




Jour de prière de rue:

la police parallèle musulmane

exerce sur la voie publique


L'angle choisi par les sondeurs de l'IFOP Plus d'un sympathisant de l'UMP sur deux (54%) approuve le parallèle établi par Marine Le Pen, entre les "prières de rue" des musulmans et l'Occupation, selon un sondage Ifop pour France Soir à paraître mercredi. D'après cette étude d'opinion, les propos de Mme Le Pen, qui ont suscité une vive réprobation dans toute la classe politique, sont désapprouvés par une large majorité de Français (61%), seuls 39% les approuvant. Selon la couleur politique, la désapprobation est encore plus forte chez les sympathisants de gauche (82% contre 18%), ce qui n'implique pas qu'ils approuvent les prières de rue. En revanche, chez les sympathisants UMP, 46% désapprouvent le parallèle alors que 54% l'approuvent. Surprise: l'approbation est quasi unanime chez les sympathisants FN (98%).


VOIR et ENTENDRE le commentaire d'Eric Zemmour, daté de la mi-juin 2010, au temps des apéro-géants: comparée à l'apéro-saucisson, la prière de rue est la véritable provocation.

Les media s'immiscent dans la campagne interne du FN

Bonnet blanc et blanc bonnet

Au moment où son discours apparaît plus soft que celui de Jean-Marie Le Pen, il s'agit de convaincre l'opinion que Marine Le Pen est bien la fille de son père. Les idées et le programme politiques de la vice-présidente, qui brigue la succession de son père à la tête du FN, sont proches de ceux de Jean-Marie Le Pen, selon 84% des personnes interrogées.

Suffit-il de produire un sondage pour retourner ceux qui pourraient en douter ?

Il en va de même de la manière de s'exprimer et de défendre ses idées, d'après 80% des sondés sur le sujet, martèle l'IFOP, pour le cas où l'électorat s'aviserait de porter le/la candidat(e) du FN au second rang du premier tour de la présidentielle de 2012, plutôt qu'un socialiste vertueux, plus ou moins de gauche, fût-elle extrême. Sondage Ifop réalisé -à chaud- les 13 et 14 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 970 personnes (méthode des quotas).

Le sondage élude la question de fond
"Le maire socialiste du XVIIIe arrondissement de Paris, Daniel Vaillant [ancien ministre de l'Intérieur et des cultes], a jugé "choquant" que des musulmans soient obligés de prier dans la rue."


La gauche approuve-t-elle à 82% le blocage des rues de prière ?
Que la gauche condamne les propos de Marine Le Pen ne règle pas la question qui importe. La laïcité est, croyait-on, l'un des fonds de commerce de la gauche, mais celle-ci laisse se développer une situation intolérable au regard de ses propres principes, révèlant ainsi ses incohérences et ses lâchetés.

Un épais voile de fumée

En s'attardant sur les dommages collatéraux médiatiques et en restant inactifs et silencieux , les contempteurs présumés des prières de rue, manifestations religieuses publiques, permettent les atteintes concrètes et profondes à la laïcité. En effet, ces républicains vertueux ne proposent les moyens, ni de restaurer la légalité républicaine, ni de rétablir la liberté de circulation des citoyens. Les zones de non-droit en France ne sont plus seulement les territoires réquisitionnés par l'économie parallèle de certaines banlieues. Elles sont aussi les espaces publics, en nombre grandissant, paralysés dans le temps par des blocages hebdomadaires, chaque vendredi longtemps avant et après, pour la prière. Le soutien passif de la gauche laïque à la prière de rue est pour la gauche un voile idéologique qui certes obscurcit sa perception de la réalité et entrave son devoir d'action, mais nuit surtout à la paix sociale en France.

vendredi 24 septembre 2010

Des sondages pour manipuler l'opinion ?

Apprenons à "décrypter" les sondages
Les partis et la presse se réfèrent aux analyses, études et autres panels des instituts de sondage. Ils n'ont d'autre objectif que de nous en imposer par leur façade scientifique. Leurs directeurs vêtus de noir sont des individus compassés et franchement graves (autant dire sinistres) auxquels celui qui réussira à arracher l'esquisse d'un pâle sourire n'est pas né. Ils dirigent d'ailleurs des "instituts', terme impropre qui ne convient qu'à desorganisations universitaires, mais qui confère sans doute un vernis de respectabilité.

Pourquoi tant de précautions si leurs opérations étaient aussi respectables qu'elles paraissent ? Pour nous aider à résister aux sondages, Valeurs Actuelles propose cet article, le jeudi 23/09/2010. Valeurs actuelles , si besoin, nous déniaise...

Comment les sondages nous manipulent

Un Français sur deux ne croit pas aux sondages ou s’en méfie. C’est pourtant en France qu’on en publie le plus. Sans compter les sondages internes commandés par les partis. Les plus secrets. Mais aussi ceux qui pèsent le plus sur la politique.
C’est “le” sondage qui a fait l’événement la semaine dernière et induit l’opinion en erreur. « Présidentielle 2012 : Villepin crée la surprise », titrait le Parisien du 14 septembre. À la clé, les résultats d’une « enquête exclusive CSA » démontrant que Nicolas Sarkozy et l’ancien premier ministre « se retrouvent au coude à coude » dans l’optique de 2012 : 15 % chacun. Largement reprise dans les médias et commentée sur Internet, l’information, pour l’opinion, est devenue : “Sarkozy et Villepin à égalité pour la présidentielle”. Or, c’est exactement l’inverse que révèle ce sondage ! [Lire PaSiDupes]
À la question : “Qui préféreriez-vous voir représenter la droite en 2012 ?”, le chef de l’État et le président de République solidaire obtiennent certes, tous deux, 15 %. Mais ce sont les Français, droite et gauche confondues, qui répondent. Futurs électeurs d’un côté, simples spectateurs de l’autre.
Car, si les premiers s’apprêtent, effectivement, à voter pour l’un ou pour l’autre des candidats de leur camp (FN inclus), la “préférence” accordée par les seconds n’induit en rien un vote futur. Au premier tour de 2012, ils ne seront qu’une infime minorité (et encore !) à se mêler d’un éventuel match Sarkozy-Villepin. C’est exclusivement au sein des “sympathisants de droite” que les deux adversaires pêcheront leurs voix. Or, que répondent les “sympathisants de l’UMP”, “coeur de cible” de cet électorat ? 45 % d’entre eux choisissent Sarkozy, contre… 5 % Villepin. Inversement, celui-ci obtient la “préférence” de 23 % des sympathisants PS et PC contre respectivement 4 et… 0% pour Sarkozy. Mais à quoi sert d’être adoubé par des électeurs qui, sauf exceptions, voteront pour un autre ?

Le Parisien et CSA ont-ils, pour autant, voulu “manipuler” l’opinion ? « Évidemment, non », se défend Jean-Daniel Lévy, le directeur de l’institut. Interrogé par le quotidien, celui-ci l’avait du reste souligné : « En explorant de manière plus précise [les] sympathisants de droite, et plus encore ceux de l’UMP, Nicolas Sarkozy tient la corde de manière très nette. […] Dominique de Villepin incarne pour l’heure davantage l’antisarkozysme que la construction d’un projet politique propre. » Ce que confirme un autre… sondage (Ifop-Paris Match), testant Villepin dans le cadre d’un premier tour (bien réel, celui-là) à la présidentielle : l’ancien premier ministre n’y est crédité que de 6 à 8% des voix, contre 25 à 28 % pour Sarkozy
Selon Jean-Daniel Lévy, si l’enquête réalisée pour le Parisien a pu être mal interprétée par l’opinion [mais en fait surtout par les media d'opposition !], cela est dû, notamment, à « la nécessité, pour les médias, de faire une présentation simplifiée de leurs sondages, alors même que ceux-ci nécessitent, le plus souvent, une lecture plus affinée, donc plus complexe : dates du “terrain”, dont les résultats ne seront pas les mêmes selon que le sondage a été ou non réalisé “à chaud”, ventilation par catégories de sondés, solidité du choix… » Sont toujours disponibles, sur le site du Parisien (leparisien.fr) et du CSA (csa.eu), les… dix-neuf pages de “l’intégralité du sondage”, mais qui, hors quelques initiés , aura eu la curiosité (et la patience…) de les consulter [et de les traduire, puisque les "décripteurs" professionnels les ont exploités tout crus, aux fins douteuses qui les avaient motivés] ?

Apparues dans les années 1930 aux États-Unis (lire l'article de Stéphane Denis dans "Valeurs actuelles"), c’est en France que les enquêtes d’opinion publiées sont les plus nombreuses : presque deux par jour en moyenne ! Et encore ne s’agit-il que de la partie émergée de l’iceberg, 90 % des sondages n’étant pas rendus publics. Malgré cette profusion ou à cause d’elle, un Français sur deux affirme ne pas y croire, ou s’en méfier, en raison, d’abord, de la méconnaissance des méthodes utilisées : échantillons, quotas, marges d’erreur, redressements… Objet de tous les soupçons de “tripatouillage”, ces méthodes répondent, en réalité, à une logique très codifiée : les intentions de vote “brutes” sont indexées sur les derniers scrutins (manière, notamment, de mieux mesurer le vote FN, souvent dissimulé par les sondés). Opacité ? Sans doute. Complexité ? Sûrement. Mais c’est ailleurs que se dégagent les vraies zones d’ombre. Ainsi des questions, jugées trop “provocatrices”, que les instituts refusent de poser. Ce qui a été récemment le cas pour le Cri du contribuable, souhaitant interroger les Français sur la suppression des avantages des fonctionnaires [et surtout l'ensemble du 'politiquement correct', dont les questions ethniques, tabous et protégées. Ainsi, aussi, des mystérieux liens d’intérêts noués, entre les instituts et leurs “clients”. Ancien de l’IFOP, puis cofondateur de BVA, Michel Brulé, l’un des ex-“papes” de la profession, le reconnaît : « C’est vrai que cela peut poser des questions de déontologie : peut-on, à la fois, conseiller un homme politique dans le privé et tester par la suite, en toute indépendance, sa popularité au travers de nos sondages publics ? Pour avoir pratiqué ce “mélange des genres” avec Raymond Barre, Pierre Mauroy et bien d’autres, je peux témoigner que cela n’a jamais influé sur mes travaux. Mais à l’heure où l’opinion réclame de plus en plus de transparence, je suis favorable à ce que les instituts de sondage rendent public le nom de tous leurs clients privés. »

Une avancée cependant encore insuffisante pour “laver”, à elle seule, les sondeurs d’une autre accusation récurrente : « Lorsqu’un sondage est commandé par un journal de droite, il donne des résultats de droite ; lorsqu’il est commandé par un journal de gauche, il donne des résultats de gauche », résume un internaute sur forum.orange.fr consacré à la “fiabilité des sondages”. Cette “fiabilité”, il est vrai, a été l’objet d’une vive polémique – une de plus ! –, au cœur de l’été. À l’origine : un sondage Ifop-le Figaro en date du 6 août testant les propositions de Sarkozy lors de son discours de Grenoble : expulsion des Roms, déchéance de la nationalité, peines incompressibles… Le discours était approuvé par 70 à 89 % des Français. Ce “plébiscite” pour le chef de l’État est vanté en une du Figaro. Huit jours plus tard, une enquête CSA pour Marianne semble démontrer le contraire [c'était la résultante du précédent sondage] : 69 % des Français jugent “inefficace” la politique menée depuis huit ans par Sarkozy en matière de sécurité.
En cause, selon la gauche : la formulation des questions du sondage Ifop-le Figaro, utilisant des termes “connotés” : “camps illégaux” plutôt que “camps non autorisés”, “délinquants multirécidivistes” plutôt que “personnes condamnées plusieurs fois”, “assassins”, plutôt qu’“auteurs d’homicide”, etc. Des « entorses […] aux règles élémentaires de la profession », accuse Libération. [une offensive du 'politiquement correct', plutôt qu'un alignement] « De l’art de façonner l’opinion publique », renchérit le Monde [incapable de ce genre de langage clair]. Directeur adjoint du département opinion de l’Ifop, et auteur de l’enquête controversée, Jérôme Fourquet se défend : «Concernant les différences entre notre sondage et celui de Marianne, c’est normal : le sujet n’était pas le même ! Nous avons interrogé notre échantillon sur des propositions concrètes, CSA sur le bilan de Nicolas Sarkozy. Concernant notre enquête elle-même, les questions utilisent les mots couramment employés. Nos partenaires sont libres de commenter nos chiffres comme ils l’entendent, mais ceux-ci sont incontestables [sans doute dérangent-ils ?]. La preuve : trois semaines après notre enquête, un autre sondage sur les Roms donnait 63 % d’approbation aux propositions du chef de l’État, contre 79 % dans le Figaro. Compte tenu de la violente polémique qui a suivi, des critiques du pape, de la gauche et d’une partie de la droite, c’est encore très élevé et témoigne de l’importance de l’approbation initiale. »

L’intitulé réel de la question, au moins aussi important que la réponse ? «Disons plutôt que l’opinion se focalise presque entièrement sur la seconde, négligeant souvent, à tort, les nuances de la première, poursuit Jérôme Fourquet. Cela peut l’induire en erreur. » En témoigne… notre propre sondage Isama, publié cette semaine (lire page 22), selon lequel 63 % des Français estiment que le “démantèlement des campements illégaux de Roms en France est une question qui relève exclusivement de la souveraineté de l’État français”. Un résultat qui, à première vue, semble prendre le contre-pied de celui du CSA réalisé ce week-end pour le Parisien : 56 % des Français répondant que “l’Union européenne est dans son rôle en critiquant la politique du gouvernement français”… En réalité, la contradiction, là encore, n’est qu’apparente : farouchement attachés aux prérogatives de leur État, les Français n’en acceptent pas moins les critiques de l’Europe. Le dernier mot– indication phare de notre enquête – devant revenir à la France…
1981 : un institut créé sur mesure pour Chirac
Posons franchement la question : le fait que Valeurs Actuelles se positionne à droite peut-il avoir “orienté” le résultat ? Sous-entendu : nos partenaires réguliers (Ifop, CSA, Isama) orientent-ils eux-mêmes leurs sondages en fonction de la sensibilité de leurs clients ? « Nous travaillons avec des partis et des médias de gauche comme de droite, répond Jean-Daniel Lévy. « À travers nos études, c’est notre crédibilité professionnelle qui est en jeu, ajoute Jérôme Fouquet (Ifop). La concurrence entre les six principaux instituts est le garant de notre indépendance. Qu’un client doute de celle-ci, au regard d’un résultat sentant le “bidonnage”, et il part voir ailleurs… »

Il n’empêche : les politiques, bien qu’ils s’en défendent, sont convaincus de l’influence positive, pour eux-mêmes, de sondages (publics) flatteurs. « Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle de 1965, se souvient Michel Brulé, alors à l’Ifop, nous avions réalisé un sondage pour France Soir annonçant de Gaulle en ballottage avec 43 % des voix. Il paraît dans la première édition. Aussitôt, Pierre Lazareff reçoit un coup de fil de Roger Frey, le ministre de l’Intérieur. “Vous vous êtes fait avoir, lui dit-il : nous disposons d’un sondage RG plaçant le Général à 54 %.” Lazareff décide alors de publier les deux enquêtes dans sa seconde édition. Quelque temps plus tard, de Gaulle ayant effectivement été mis en ballottage [44,6 % au premier tour], j’eus l’occasion de m’étonner de leur piètre performance auprès de sondeurs des RG. Qui se défendirent énergiquement en me rétorquant : “En fait, nous avions donné 46 % des intentions de vote à de Gaulle, mais le ministre a cru de son de voir de voler au secours du Général en difficulté.” Ce qui montre qu’il n’est pas si facile de manipuler l’opinion… »

Tous les sondages prédisant la course en tête de Giscard face à Chirac pour la présidentielle de 1981, Charles Pasqua avait fait plus fort encore en lançant lui-même, en sous-main, l’institut Public SA – le seul, durant toute la campagne, à pronostiquer un second tour Chirac-Mitterrand ! Objectif : “booster” la candidature de son champion. Sans résultat, là encore…

Interrogés en février 2007 par l’Ifop, les Français étaient certes 19 % à affirmer que les sondages auraient une “influence importante” sur leur choix à la présidentielle, mais dans quel sens ? Pour venir au secours d’un candidat décroché ou pour renforcer le poids grandissant d’un autre ? «Les deux cas de figure existent, répond Jérôme Fourquet, mais le second est plus fréquent. Ségolène Royal a sans nul doute bénéficié, lors de sa désignation par les militants du PS, de ses bons sondages présidentiels. De même, le score de François Bayrou en 2007 a-t-il assurément été amplifié par ses sondages, mais à la marge.

En aucun cas, un bon sondage ne fait une élection
Pas plus que le soutien quasi unanime des médias. En témoigne la dégringolade d’Édouard Balladur en 1995, dont l’élection paraissait pourtant «déjà jouée», comme l’annonçait alors Jérôme Jaffré, de la Sofres, dans un article du Monde demeuré célèbre. En témoigne aussi l’élimination de Jospin par Le Pen en 2002. En témoigne encore la victoire surprise du “non” lors du référendum sur la Constitution européenne de 2005.

Davantage que l’opinion, ce sont les politiques qu’influencent le plus les sondages. En 1999, ce sont deux études internes de la SOFRES qui décidèrent Pasqua et Villiers, jusque-là ennemis irréductibles, de faire liste commune aux européennes – où ils devancèrent le RPR. En 2007, c’est à sa “performance” d’avoir été l’un des – très – rares à avoir prévu le résultat du référendum de 2005, que Patrick Buisson doit d’avoir été recruté par Sarkozy pour sa campagne présidentielle, puis comme conseiller de l’Élysée chargé des…sondages. « Patrick, lancera-t-il lors de sa remise de la Légion d’honneur à l’Élysée, j’ai décidé de le décorer seul, car sans lui je ne serais pas là aujourd’hui… »
Stratégie et thèmes de campagne, slogans, mais aussi sélection, en amont, des “candidats les mieux placés” aux élections locales : à l’exception du Front national (avec lequel aucun institut n’accepte de travailler, de crainte de perdre leurs autres clients…), c’est par le biais de ces enquêtes secrètes commandées par les partis que l’opinion, indirectement, se retrouve la plus “manipulée” par des sondages. Tout le monde se souvient du croisement des courbes de Chirac et Balladur en 1995. Mais qui sait que c’est une étude confidentielle, commandée à BVA en février, qui a convaincu Chirac, alors au plus bas, de maintenir sa candidature –pour finalement l’emporter ? Le sondage en question annonçant sa future remontée… dans les sondages !
Arnaud Folch

A lire également dans le magazine...
Le roman des sondeurs, par Stéphane Denis.

mardi 3 août 2010

Quelle est l'image des Français en Europe ?

Les socialistes vertueux ne réussissent donc pas à relever le niveau ! La population européenne vient de dépasser le cap du demi-milliard d’habitants. A cette occasion, France-Soir a interrogé 26 ressortissants des pays de l’Union afin de savoir quelle est notre image.

Et l'article commence terriblement dans l'air du temps...
Les flux migratoires ont permis de compenser le déficit démographique qui touche plusieurs Etats...

Le « vieux » Ancien Continent [politiquement correct oblige...] a la cote. Nous sommes désormais 501,1 millions d’habitants répartis dans 27 pays voisins appartenant à l’Union européenne. Les flux migratoires ont permis de compenser le déficit démographique qui touche plusieurs Etats. [hommage à l'idéologie dominante: la pensée unique] Une évolution qui pourrait avoir des conséquences sur le plan international. « Ce n’est pas suffisant, mais c’est nécessaire de peser un certain poids, souligne Sylvie Goulard, député européenne MoDem. L’Europe est désormais le troisième ensemble politique (en termes de population, NDLR) derrière la Chine et l’Inde, avec un formidable atout : elle est profondément démocratique. » [Sylvie Goulard n'a donc pas pris l'avis des journalistes caricaturaux de Marianne ?]

Pour mieux connaître cette grande famille, nous avons demandé à un citoyen [ représentatif ou choisi sur mesure ?] de chaque pays de l’Union quelle image il avait de la France. Au-delà de certains clichés inévitables, l’extrême diversité des témoignages est frappante. Plusieurs ressortissants envient notre système de santé [qui ne doit rien à la réforme menée par R. Bachelot, il va sans dire] et notre patrimoine culturel, tandis que d’autres dénoncent notre manque d’ouverture [des socialistes la vivent mal, en effet...] et notre fierté excessive [sans changement]. Enfin, beaucoup gardent un souvenir ému de notre gastronomie [le halal des restaurants Quick va arranger ça...]. Seule certitude au bout du compte : nous ne laissons personne indifférent. [De là à insinuer, à l'instar de la presse socialiste, que, tous et toutes, nous serions donc des Ségol'haine Royal, ne présage rien de bon de cette enquête]
Alors, on y va quand même ? C'est parti !

Grande-Bretagne
Harriet Denman, 29 ans
« Ce qui me vient à l'esprit en premier quand je pense à la France, c'est l'élégance des Parisiennes. Elles ont beaucoup de style, même si elles portent des vêtements classiques. La deuxième chose, c'est que vous êtes plus accueillants si on vous parle Français, le contact est plus difficile à établir si on ne peut communiquer qu'en anglais ! »

Pays-Bas
Martin Beurg, 21 ans
« Je suis allé 15 fois en France et c'est un pays que j'aime beaucoup. Mais je n'apprécie pas tellement les Français. Je trouve que vous êtes un peu trop fiers de votre pays [aïe ! Les socialistes sont en effet fiers des autres...]. Le fonctionnement politique est aussi surprenant. Chez vous, on peut être en même temps maire d'une ville et député ou président de la République. Ce cumul des fonctions est impensable chez nous ». [Montebourg y parvient parfaitement bien. Bussereau renonce en revanche à la présidence de son CG]

République Tchèque
Jaroslava Dankova, 24 ans
« Les Français connaissent très peu notre pays, ils nous demandent souvent si nous avons la télévision ou le réfrigérateur, ils pensent encore que nous vivons en Tchécoslovaquie (qui n'existe plus depuis 1989) ou si nous avons la guerre chez nous...Nous sommes juste à côté de l'Allemagne et pas au Moyen-Age ! » [Il faut voir avec la FSU, syndicat dominant dont le passif de cogestion de l'EN pèse depuis des années déjà]

Belgique
Ramos Da Fonsceca Dilson,
« Nous avons l'image d'une France à deux visages. D'un côté, une géographie diversifiée, un patrimoine historique ainsi qu'une gastronomie riche. De l'autre, une France conservatrice, l'explosion des banlieues et un gouvernement en croisade contre l'immigration ». [le cocktail conservatisme de la gauche et révolte de ses victimes est en effet explosif. A noter que les Français sont disposés à adopter les enfants de la famille belge éclatée: « 66 % d'entre eux, interrogées par l’Ifop pour France-Soir (lien http://www.francesoir.fr/europe/les-francais-massivement-prets-adopter-les-belges-francophones
), – soit 6 points de plus qu’en juillet 2008 (sondage Ifop-La Voix du Nord) et 12 points de plus qu’en novembre 2007 (sondage Ifop-JDD) – se disent aujourd’hui favorables au « rattachement » de la Wallonie à la France si la Belgique, demain, éclatait. »]

Roumanie
Mihaela Rodina, 53 ans
« Quand je pense à la France, je pense à sa langue, que j'ai découverte encore enfant et qui ne cesse de m'envoûter, que ce soit en lisant un roman ou en écoutant Jacques Brel. La France pour moi, ce sont aussi de petits coins qui me font rêver : une ruelle du Quartier Latin à Paris, une tour d'église ou une maison aux stores bleu lavande en Provence ». [Elle ne pleure pas sur le sort des Roms en France ?]

Suède
Anders Hellfeldt, 31 ans
« Lorsque je pense à la France, je pense à mon arrivée à Aix-en-Provence quand j'avais vingt ans. Je suis tombé amoureux du pays. Maintenant que j'habite Paris, j'ai l'impression de vivre dans un petit village. J'ai mon boulanger, mon boucher, mon bar pour le café le matin, un autre pour le demi l'après-midi. C'est très agréable ». [Le 9.3 a-t-il à ce point changé sous l'action de Huchon-ronron ?]

Danemark
Gitte Holm Jensen, 32 ans
« La France est un pays très individualiste, fier de son éducation et de sa culture. Vous avez une longueur d'avance sur les autres dans le domaine artistique. Sinon, je pense que la France et le Danemark sont deux pays très ouverts d'esprit, mais avec les énormes différences de culture d'un pays latin et d'un pays germanique. » [Consensuels Danois]

Espagne
Marta Cases, 28 ans
« Les Français sont très prudents, ils ne profitent pas de la vie de la même façon que les Espagnols. Ils se privent de tout pour pouvoir économiser parce qu'ils sont inquiets pour l'avenir. Nous n'hésitons pas à faire la fête et nous faisons moins attention aux dépenses, quitte à nous endetter ! » [La crise ne frappe pas les Ibères ? Marta ne lit pas la presse française: c'est mieux pour son moral, mais qui croire ? Les media français chercheraient-ils à nous saper le moral ?]

Bulgarie
Gergana Ivanova, 27 ans
« Je trouve que la France est un pays très conservateur. Vous êtes attachés aux principes, aux valeurs et aux traditions. Il y a également un certain savoir-vivre que l'on ne retrouve pas dans les autres pays d'Europe, en terme de gastronomie notamment ». [Les Bulgares ont la mémoire courte: une occultation du passé ?... Peut-être est-ce leur volonté fort légitime d'oubli du communisme révolutionnaire !]


Lettonie
Rolands Pojulas, 23 ans
« J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de gays en France parce que les hommes portent des vêtements serrés. [Le saroual est souverain contre ça: c'est prouvé!] Je trouve aussi que la vie y est très chère. Je l'ai traversée une fois et j'ai été étonné du prix des autoroutes. On ne voit pas ça dans les autres pays. » (Lettonie = 64 589 km², comme 10 fois le Loir-et-Cher)

Portugal
Carla Vieiramendes, 36 ans
« Je perçois la France comme un pays ouvert sur le plan social. Le Portugal est beaucoup plus conservateur, principalement en raison de la religion ultra-présente. Là bas, l'avortement n'est pas légal et les femmes qui ont perdu leur mari doivent rester habillées en noir toute leur vie ». [La crise économique ne frappe donc pas le Portugal non plus]

Allemagne
Andrea Kolb, 32 ans
« Pour moi, les Français sont beaux. Parfois un peu anorexiques, mais toujours bien fringués...on ne sortirait jamais en pyjama pour acheter les croissants le matin comme à Berlin [Fabius – beau ?- a plus visiblement traumatisé l'Allemagne réunie: on peut bien partager, et aussi ses croissants !... Lien Causeur http://www.causeur.fr/laurent-fabius-georges-freche,3676
]. Tout est beau au premier abord, comme dans le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Au deuxième regard, ça devient plus compliqué. Les Français souffrent d'une énorme obligation de réussir ».[masos, les Français ?]

Grèce
Alexandre Tsakanikas-Analis, 29 ans
« J'ai l'image d'un pays efficace sur le plan politique et économique [à ne pas répéter Rue de Solférino...] Bien qu'il ait des ratés, l'Etat providence a de nombreux avantages, notamment en matière de sécurité sociale. Si vous êtes malades et sans ressources, vous pouvez profiter de la CMU, contrairement à beaucoup d'autres pays européens. » [Décidé par Jospin, mis en oeuvre et financé par Raffarin, Villepin et Fillon...]

Hongrie
Zoltàn Fazekas, 72 ans
« La France est trop centrée sur elle-même. Elle aime que l’on parle d’elle, d’ailleurs on en parle beaucoup dans le monde [de PaSiDupes ?]. Mais dans les médias français, on parle très peu des autres pays, même européens. Pour un pays qui cultive une image aussi culturelle, c’est un peu décevant de s’intéresser si peu aux autres. » [La Hongrie est entrée dans l'UE qu'en 2004, avec les pays baltes.]

Estonie
Aleona Karitcha, 46 ans
« Je tiens une auberge de jeunesse dans notre capitale Tallinn et nous avons de plus en plus de clients français. Ils sont sympathiques et en général ils se font plus remarquer que les autres. Je regrette cependant que notre pays ne soit pas assez connu chez vous ».

Finlande
Sini Tikkanen, 26 ans
« La baguette, le vin et la mode ! Pour moi, la France, c'est ça. Je n'ai pas visité Paris, mais je compte le faire prochainement. Sinon, j'ai rencontré pas mal de Français, autant de gentils que de très désagréables. Malheureusement, je ne peux rien dire de plus car la France est peu connue en Finlande ».[Pas plus que l'Estonie en France]

Italie
Ciro Polge, 41 ans
« Les médias italiens renvoient une image très positive de la France. Pour eux, c’est un pays qui se comporte bien avec les étrangers et avec ses citoyens, notamment à cause de la sécurité sociale. La France a l’image d’un pays où le savoir vivre, l'esthétisme et la culture sont très importants. » [Carton plein]

Luxembourg
Françoise Reuter, 38 ans
« Nous avons tous les jours 30.000 frontaliers français qui viennent travailler chez nous, que l'on considère comme des concitoyens mais qui nous obligent à parler leur langue, car en général ils ne sont pas doués en langues. Le Français est chauvin, souvent pas curieux des autres cultures »

Pologne
Agata Moszkowska, 35 ans
« On peut y jouir d'une bonne qualité de vie, même si c'est devenu un pays très cher. On y trouve une atmosphère chaleureuse et vivante, avec les bistrots, cafés et marchés. Finalement, les Français sont souvent plus sympathiques qu'ils ne paraissent au premier abord : l'expression de visage sérieuse, voire fâchée, qu'ils affichent, c'est juste une façon d'être ! » [Martine Aubry n'est pas si ch'tite méchante qu'elle en a l'air ? On demande à voir...]

Autriche
Julia Culen, 36 ans
«J'ai une relation très personnelle avec la France où j'ai passé la première année de ma vie. Vous avez des liens historiques très forts avec l'Autriche, puisque le français a longtemps été la langue de la Cour d'Autriche et de la haute société. Nous utilisons encore beaucoup de mots français. A l'école, le Français et l'histoire française sont toujours enseignés». [L'Autriche n'est certes pas l'Algérie: et si nous avions une histoire commune, alors...]

Slovaquie
Matej Neradny, 17 ans
«La dernière fois que je suis venu en France, j'ai été frappé par la différence de comportement des habitants en ville et à la campagne. Dans la capitale, on a l'impression que les gens essaient d'éviter les touristes, mais dans les petites villes, ils n'ont pas peur de communiquer avec les étrangers». [Et dans les XVIII ou XXe arrondissements, ils se font aimer]

Slovénie
Stasa Dekleva, 24 ans
« Quand je pense à la France, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est la tour Eiffel ! Ensuite j'aime bien votre style de vie, vous prenez du temps pour déguster vos repas, contrairement à nous qui mangeons sur le pouce ! En plus, votre nourriture est délicieuse, c'est ce que j'ai préféré quand je suis venue en France » [Les Slovènes gagnent à être connus]

Chypre
Andreas Mavrommatis, 52 ans
« La France m'a accueilli à bras ouverts quand je suis arrivé à 22 ans. C'est un pays où l'on peut réussir en partant de zéro. J'ai ouvert une petite boutique de cuisine chypriote avec les moyens du bord et aujourd'hui je possède trois restaurants et cinq boutiques à Paris. Ma patrie, c'est Chypre, mais mon pays c'est la France ». [Ainsi les Français ne sont-ils pas les xénophobes que dénonce la gauche (crédibilisée par SOS Racisme, la LDH et autres MRAP) et l'échelle sociale n'est-elle pas la légende que nous compte le PS]

Lituanie
Greta Tuckuta, 29 ans
« C'est dommage qu'il n'y ait pas plus de liens économiques, politiques et commerciaux entre la France et la Lituanie. J'ai remarqué que les Français ne connaissaient la Lituanie qu'à travers l'affaire Bertrand Cantat ! Mais il y a des projets positifs dans notre pays qui gagneraient à être connus, plus qu'un fait divers » [On est d'accord]

Malte
Daryl Cousin, 50 ans
« La majorité des maltais aiment la France, dont ils se sentent proches. Pour nous, la France est le pays touristique par excellence. Les Français sont parfois un peu bourrus, mais dans l’ensemble c’est un peuple très sympathique.» [Attendez que la gauche française ait fait entrer la Turquie dans l'UE]

Irlande
Laura Davies, 34 ans
« Pour nous qui habitons une petite île, la France c'est « le continent ». C'est le pays du raffinement, de l'élégance, d'une certaine culture, c'est un pays « fier » qui se considère un peu « supérieur » à ses voisins européens. Cette supériorité ou snobisme se démarque surtout en ce qui concerne la gastronomie. Elle est fantastique, c'est vrai, mais les Français ont beaucoup de mal à admettre que d'autres pays ont aussi de la bonne nourriture. » [La Corse aurait pu le dire ?]
Au total, ces 26 « tweets » d'européens nous redonnent plutôt courage: le courage que le PS, ses associations, ligues, réseaux et collectifs ne cessent de saper, comme le vent mauvaise.

dimanche 1 août 2010

Alain Minc décrypte Edwy Plenel de Mediapart

Les exploits médiatiques d'un trotskiste

L'affaire Bettencourt trouve son origine dans les « révélations » du site Internet payant Mediapart, contestées, voire démenties par l'ex-comptable licenciée par Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, par ailleurs mise en cause par sa propre fille. Si troubles soient les sources du trotskiste Edwy Plenel qui dirige le site, le PS avec Arnaud Montebourg et Europe Ecologie avec Eva Joly ont politisé les accusations sans preuves en impliquant le couple Woerth - sur des "probabilités" - et la presse a gonflé l'opération de déstabilisation du pouvoir par l'opposition.
Lire PaSiDupes: Mediapart a-t-il acheté les "révélations" de l'ex-comptable ?

L’essayiste, économiste et écrivain Alain Minc présenté comme l’un des conseillers influents de Nicolas Sarkozy a accordé un entretien à France Soir, publié le 19/07/10:

France-Soir. La prestation du chef de l’Etat lundi dernier sur France 2 vous a-t-elle surpris ?
Alain Minc
. Surpris, non, mais je suis de parti pris (sourire)… Cette intervention m’en a rappelé une autre : lorsque Nicolas Sarkozy, en 2007, entre les deux tours de la présidentielle, a affronté Ségolène Royal. Dans les deux cas, il y avait la maîtrise de soi, le calme, la présidentialisation. Une prestation réussie. Politiquement, une page, grâce à cela, est, je l’espère, tournée. Les problèmes de la France – les vrais – sont devant nous.

F.-S. Comment analysez-vous rôle qu’a joué dans l’affaire Bettencourt (et que joue encore) Mediapart, le site que dirige sur le Net Edwy Plenel, l’ancien directeur du Monde ? Plenel, vous le connaissez…
A. M.
Si je le connais ! Je dois être une des meilleurs connaisseurs français du « plénélisme » car j’ai cohabité avec lui pendant des années quand j’étais au conseil de surveillance du Monde. Eh bien Plenel a fait du Plenel. Lire PaSiDupes: Mediapart, le pire du Net (à part LePost ...)
Dois-je vous rappeler
- le titre sur six colonnes à la Une fait par Plenel dans le dos de Jean-Marie Colombani et qui a conduit Strauss-Kahn à l’époque à la démission (avant, chacun s’en souvient, un non-lieu) - lire PaSiDupes à la date du 24 mai 2006 ?
-Dois-je vous rappeler la façon dont Le Monde a traité la fameuse « cassette Méry » (lire PaSiDupes), avec un Plenel qui cherchait à aller plus loin que ce que disait la cassette pour mettre en cause Jacques Chirac ?
- Et je ne parle pas de laffaire Baudis (lire PaSiDupes) !
Encore à l’époque Plenel vivait-il dans un univers où, en la personne de son patron, Colombani, il y avait des contre-pouvoirs.

Désormais, nous connaissons Plenel en liberté.
Et Plenel en liberté, c’est quelqu’un chez qui la bonne conscience d’incarner le bien se mêle, de manière très compliquée, à beaucoup d’arrière-pensées. Plenel est un grand type de « coups » journalistiques, même s’il est étrange, quand il fait parler la comptable de Liliane Bettencourt, qu’il n’y ait ni script ni enregistrements. S’il avait pu mettre le pouvoir KO, il ne se serait pas gêné. Chez Plenel, il y a beaucoup de talent, beaucoup d’arrière-pensées et toujours trois pas de trop.

« Il faut rendre hommage au sang-froid des syndicats »

F.-S. Edwy Plenel, c’est un fait, aura donné le « la »…
A. M.
Je suis très fasciné, en ce moment, par les phénomènes grégaires. Et je vais vous en citer trois :
- les banquiers qui s’affolaient en septembre 2008 ;
- les rédacteurs du Monde qui, il y a un mois, choisissent leurs patrons en votant à 90 % pour eux ;
-enfin, la classe politique, lors des révélations de Médiapart, qui, aussitôt, croit à la crise de régime. Dans nos sociétés, la peur fabrique des phénomènes d’une violence que nous n’avions jamais connue jusqu’ici.

[Et Alain Minc ne cite pas toutes les tentatives récentes de détournement politicien de phénomènes internationaux:
- la psychose de la grippe H1N1 venue du Mexique (lire PaSiDupes), ainsi que la rumeur de démission de Roselyne Bachelot;
- le nuage volcanique islandais et le principe de précaution jugé excessif. Pourtant 72% des Français approuvaient la fermeture d'aéroports: lire PaSiDupes;
- ou la "tentative de déstabilisation" (Valérie Pécresse) dans les rumeurs d'implication des époux Woerth: reprise de la technique du ricochet.

Quant aux rumeurs, nous les mentionnons pour mémoire de l'agitation médiatique de l'opinion, au nom du "droit à la désinformation l'information":
- les rumeurs sur la nomination d'Alexandre Bompard, patron d'Europe 1, à la tête de France Télévisions;
- la rumeur (France 24, service public "impertinent" et condamné à une amende) qui prêta à Benjamin Biolay une relation avec Carla Bruni-Sarkozy, ainsi que la mise en cause de Rachida Dati: d'une pierre deux coups, comme dans la rumeur d'infidélité de la Première dame;
- sans insister sur les odieux Stéphane Guillon ou Didier Porte, qui se rêvent en humoristes, et du torchon satirique Le Monte qui dégrade la parodie au rang du scabreux : tous revendiquent le "droit à l'expression", si
abjecte soit elle.]

F.-S. Une thèse répandue à droite, c’est que, derrière l’affaire Bettencourt, c’est, en fait, la réforme des retraites qui est visée…
A. M.
Je n’y crois pas. Au fond, ce qui vient d’arriver à Nicolas Sarkozy, c’est comme ce qui arrive à un viticulteur qui a préparé ses vendanges avec le plus extrême soin et, boum ! surgit l’orage. Et voilà le vignoble grêlé. Car s’il y a eu une réforme qui a fait l’objet d’un processus de prudence, de technicité, de professionnalisme hors pair, c’est bien celle-là. Je crois d’autant moins à la théorie du complot que les syndicats, une fois de plus, ont fait preuve d’un sens impressionnant de leurs responsabilités. Aucun syndicaliste n’a essayé d’utiliser l’affaire Bettencourt pour peser dans son face-à-face avec le pouvoir. Depuis 2007, il faut chaque jour rendre hommage au sang-froid des syndicats. [La répartition des tâches est en effet troublante: une sorte de délégation de pouvoirs...] Je mets au crédit de Nicolas Sarkozy d’avoir créé avec eux un type de relations qui n’existait pas jusque-là.

F.-S. La réforme des retraites sera donc votée ?
A. M.
Le pays est mûr pour la réforme des retraites comme il est mûr pour une politique « rigoureuse », selon le mot que préfère le Président. La réforme des retraites est vécue pour ce qu’elle est : un point d’équilibre entre ce que le monde extérieur attend de nous et ce que la société française peut supporter. Quant à la politique rigoureuse, il faut comprendre qu’on a changé, là aussi, d’époque. Avant, c’était un coup d’accélérateur, un coup de frein, et ainsi de suite. Aujourd’hui, il faut à la fois un coup d’accélérateur (pour ne pas casser une relance qui va partout cahin-caha) et un coup de frein (pour confirmer aux marchés que la dette ne s’emballera pas). C’est un pilotage économique sans précédent, subtilement conduit. Il y a en marre de l’autoflagellation des Européens : ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait et font ensemble.

« Les Bettencourt, c’est un univers erratique »

F.-S. Eric Woerth est au cœur des polémiques et au centre de toutes les attaques…
A. M.
J’ai de l’estime pour lui. C’est un des ministres les plus professionnels qui soient. Quant à son épouse Florence, il faut se rendre compte qu’entre son entrée chez les Bettencourt en 2007 et la situation de 2010 avec ce que nous découvrons, tout a changé. En 2007, les Bettencourt, c’est le temple du capitalisme familial et responsable. En 2010, c’est un univers erratique.

F.-S. A la télévision, Nicolas Sarkozy a longuement parlé de l’argent…
A. M.
Les gens se trompent sur Sarkozy. Il n’est pas fasciné par l’argent : il est intéressé par les entrepreneurs. Par l’espèce de force vitale qu’il y a chez les grands entrepreneurs. Cela l’intéresse parce qu’il leur ressemble. On croit que, chez lui, c’est la fascination de l’argent de ces gens-là alors que c’est la fascination de leur capacité de faire. Pour le reste, Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui a toujours été très prudent avec l’argent, y compris dans l’exercice de son métier d’avocat. Vous savez : quelqu’un qui a été chassé comme on chasse à courre, au sens où la meute chiraquienne était à ses trousses, ne peut qu’avoir eu – et qu’avoir – tous les réflexes de prudence qu’il faut. S’il y a un type qui, depuis 1995, ne pouvait pas avoir le moindre sentiment d’impunité, c’est bien Nicolas Sarkozy !
Lire PaSiDupes sur la déclaration présidentielle

F.-S. Lorsque la réforme des retraites sera votée, s’ouvrira, a dit le chef de l’Etat, une nouvelle séquence, la dernière du quinquennat…
A. M.
Cette période va être dominée par la présidence française du G20. Ce n’est pas un cadeau. Ce n’est pas gagné. Il va prendre, dans cette affaire, de vrais risques. Si on n’est pas dans un climat de crise, les conflits potentiels dans cet aréopage sont multiples et légitimes.

F.-S. Y a-t-il en Europe, France compris, un danger populiste ?
A. M.
Il y a une poussée populiste. Voyez le vote en Flandre, ou pour la Ligue du Nord en Italie car, à côté, le Front national apparaîtrait presque modéré. Mais je retire de cette crise que nos sociétés sont solides et nos économies fragiles alors que, très longtemps, on nous a soutenu l’inverse. Voyez, globalement, avec quel calme et quelle maturité les Français traversent la crise que nous vivons !

« Le système a failli mourir. Nous sommes des survivants »

F.-S. Quand verra-t-on la fin de cette crise ?
A. M.
Il faut d’abord se rappeler que le système économique a failli mourir et que nous sommes des survivants. Oui, on a failli avoir, à un moment donné, un dérapage plus grave encore que la crise des années 1930. Du coup, le problème politique est simple à énoncer, mais pas à résoudre : on va mettre des années à payer le prix de notre sauvetage mais plus on s’éloigne du moment où on a failli sauter, moins les gens s’en souviennent. Il faut un effort collectif pour rembourser les 25 % d’endettement supplémentaire qui nous ont permis d’éviter le pire. Mais, évidemment, ces 25 % s’additionnent avec l’endettement qui prévalait avant et qui est le fruit de trente ans de lâchetés collectives.

F.-S. Quel jugement portez-vous sur la gauche, où vous comptez encore beaucoup d’amis ?
A. M.
J’aurais aimé que la gauche politique se montre aussi responsable que les syndicats.

F.-S. Vous avez souhaité que, pour la dernière ligne droite du quinquennat, François Fillon soit remplacé…
A. M.
J’ai dit, en effet, que Giscard avait été battu en 1981 car il avait gardé à Matignon Raymond Barre. Cela dit, le Premier ministre a fait preuve ces derniers temps d’une résilience et d’une solidarité sans faille. Du coup, Sarkozy a deux schémas possibles : il remplace Fillon, et il peut garder beaucoup de ministres importants et de qualité ; il garde Fillon, et il doit changer beaucoup de ministres.


F.-S. Et le résultat de la présidentielle 2012 ?
A. M.
… Cela se jouera en France comme dans toutes les démocraties occidentales : dans le dernier mois. Et ce sera du 50-50.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon