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lundi 10 avril 2017

Présidentielle : Fillon passe à l'attaque contre son rival Macron

Harcelé par les media, Fillon promet de "tout donner" pour faire mentir les sondages qui le donnaient tous éliminé au 1er tour

François Fillon a rappelé des faits : Emmanuel Macron est le "jeune héritier" inexpérimenté du hollandisme


L'ex-Premier ministre a montré sa détermination à conduire les Français à "l'alternance"lors d'un grand rassemblement à Paris, devant la plupart des ténors de la droite, plus de 25.000 personnes selon les organisateurs, et une marée de drapeaux tricolores, pour "faire de la France la première puissance européenne en dix ans".

Le candidat de la droite et du centre remonte en effet dans les sondages. Il n'est plus qu'à cinq points du favori de l'Elysée qui tient la presse, en dépit des soupçons d'emplois présumés fictifs de membres de sa famille, distillés par l'Elysée dans la presse, au même titre que l'affaire des emplois fictifs à l'Assemblée des filles mineures du président du groupe des députés socialistes. Devenu ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux a dû démissionner de son poste gouvernemental.
Sous la pression des media amis du président socialiste, la justice a dû ouvrir une enquête et procéder à des mises en examen. Bien que celles-ci aient un impact sur l'opinion, les électeurs  font la part des choses: les Français ont appris qu'une mise en examen ne préjuge en rien d'une culpabilité. Le foisonnement d'exemples politiques récents démontre d'ailleurs le contraire et l'abus de mises en examen produit désormais l'effet inverse de l'objectif escompté.  

Pour empêcher l'alternance en gardant le pouvoir aux socialistes,
les media jouent le jeu de l'union nationale en faveur de Macron contre Fillon

Pourvoyeuse des éléments de langage du pouvoir socialiste dans les divers organes de presse, l'AFP continue de souligner que la présidente du FN et le candidat d'En Marche!, mouvement dissident du PS, le devancent encore. A la vérité, non seulement Marine Le Pen (FN) et le banquier Macron (En marche!) perdent du terrain, mais Fillon (LR et centre) en gagne.
  
Pour tenter d'écarter Fillon, les stratèges de l'Etat-PS en sont à pousser Mélenchon, au détriment de leur propre candidat : Hamon est en effet descendu à 9,9%... Les media font la promotion à la fois du candidat de la droite souverainiste en espérant que Nicolas Dupont-Aignan prendra des points à Fillon et du candidat de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, candidat apparent de La France insoumise, mais en fait du Parti communiste. Un sondage sur mesure de KANTAR Sofres-Onepoint fait passer l'insulteur de la presse devant Fillon au premier tour, avec 18% contre 17%, ce qui, compte-tenu de la marge d'erreur admise (3%) n'engage pas les manipulateurs. 

Fillon cible Macron et Le Pen, non pas Mélenchon


Si Fillon décrit Mélenchon, Dupont-Aignan et Macron comme "une conjuration des impuissants", c'est surtout le personnage E. Macron et son programme en mille morceaux qui ont été l'objet de ses critiques.

Avec Macron, "c'est le hollandisme qui se continuera dans son jeune héritier, rallié chaque jour par ceux qui espèrent se survivre à l'abri des combinaisons nouvelles", a-t-il accusé. "J'ai vu qu'Emmanuel Macron se présentait comme le candidat de 'l'alternance profonde'. Voilà bien une pensée de sous-marin", a ajouté F. Fillon, alors que ses soutiens avaient auparavant laminé le banquier, un ex-conseiller, puis ministre de François Hollande. Macron est ainsi indéfectiblement lié à la totalité du calamiteux quinquennat de Hollande, président le plus impopulaire de France depuis 1958.

"Hollande l'a formé et déformé puisque M. Macron, c'est tout à la fois et réciproquement la duplicité et le renoncement, l'hésitation et l'imprécision, l'impréparation et l'improvisation", a aussi asséné François Baroin, président LR des maires de France et ancien ministre, tandis que Macron n'a en effet jamais exercé aucun mandat électif. 

Comment le banquier Macron pourrait-il gouverner avec des soutiens aussi disparates et centripètes que les communistes Robert Hue, l'ex-numéro 1 du PCF, ou Patrick Braouezec, l'ancien maire communiste de Saint-Denis, et Alain Madelin, l'ancien ministre libéral de droite d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé, ou Alain Minc, ancien soutien d'Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy et d'Édouard Balladur (et surnommé le ""chat noir de la politique", en passant par le général Soubelet, pourfendeur du "laxisme" de la justice sous Hollande, ou Bertrand Delanoë, prédécesseur PS de la maire actuelle, Anne Hidalgo. 


Alain Minc craignait d'ailleurs dès janvier que Macron ne devienne "la roue de secours de la gauche" et que les ralliements de personnalités de gauche ne soient compromettants pour l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande, qui se présente comme une alternative aux clivages gauche-droite habituels. "Il faut qu'il fasse très attention", l'avait averti Alain Minc.

Tout le monde ne l'accueille pas avec bienveillance, à l'image du secrétaire général d' "En Marche !", Richard Ferrand, qui a ironisé : "Ce n'est pas la pirouette qui tourne, c'est le vent !"
Quant à Daniel Cohn-Bendit, pour soutenir Macron, il a besoin de se justifier : faire barrage au FN...

Macron a même accepté le parrainage de Dominique Tiberi, le fils de l'ancien maire UMP de Paris, Jean Tiberi, tandis que sa mère, Xavière Tibéri, figure du chiraquisme, affiche son soutien au candidat du mouvement "En Marche ! Or, l'épouse de Jean Tibéri avait fait les gros titres de la presse, dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs du Conseil général de l'Essonne, mais également dans l'affaire des faux électeurs du 5e arrondissement de Paris. En mars 2013, son mari et elle avaient été condamnés respectivement à 10 et 9 mois de prison avec sursis. Une peine assortie de trois ans d'inéligibilité pour l'ancien maire de Paris.

Le nom de François Bayrou, allié d'E. Macron, après l'avoir été d'Alain Juppé, a aussi été copieusement sifflé par les militants.

On comprend ainsi le discours "ni de gauche ni de droite" d'Emmanuel Macron qui cherche à séduire à la fois les déçus de la politique et ceux qui n'ont jamais eu assez de convictions pour s'engager sous l'étiquette d'un parti, ainsi que les 'has been' et les nouveaux aventuriers de la politique.

F. Fillon a aussi dénoncé les extrêmes, de gauche, Mélenchon, comme de droite, Le Pen 

"La folle aventure que nous propose Mme Le Pen"
"Avec son quarteron d'amateurs, prêts à sacrifier notre pays, sa place dans le monde, son image, son efficacité, ses emplois, à leurs lubies idéologiques, à ce rêve effarant d'une France albanaise protégée par des murs et cultivant son carré de salades".

Quant à M. Mélenchon, "il se rêve en capitaine du cuirassé Potemkine mais (...) négociera la ferraille du Titanic", a prédit le candidat de la droite et du centre.

L'ex-Premier ministre a défendu son "programme fondé sur le bon sens"


Dans un discours dense, scandé par des "Fillon président" et des salves d'applaudissements, François Fillon s'est confirmé apte à "propulser la France en tête!".
"Il faut libérer notre Etat de sa dette publique et il faut libérer notre économie de ses charges et de ses normes", a-t-il réaffirmé. "Il y a dix ans, je parlais de 'l'Etat en faillite'. Rien n'a changé (...) Mes adversaires font semblant de l'ignorer ou dédaignent ce problème avec outrance", a critiqué celui qui aura été le seul Premier ministre de 2007 à 2012, sans discontinuer.

Le candidat de la droite et du centre a également dénoncé "cet état d'esprit qui nous a conduits à démanteler l'idée même de l'autorité".
A deux semaines du premier tour, il a dit "sentir cette force qui va et qui s'accroît, qui monte en puissance et qui n'attend que de stupéfier les prétendus faiseurs d'opinion par sa détermination". Le candidat refait en effet son retard après son éclatant succès à la primaire en novembre, suivi d'un déballage hebdomadaires de soupçons diffusés depuis l'Elysée par la presse aux ordres . Il a maintenant regagné une partie de son capital électoral, au fil d'une campagne dynamique et porteuse d'un programme exigeant, mais ciselé et réaliste.

"Je ne vous demande pas de m'aimer, je vous demande de me soutenir, parce qu'il y va de l'intérêt de la France. Il ne s'agit pas de choisir un copain. Il s'agit de choisir un président, et, à travers lui, le destin que nous voulons ouvrir à la France", a fait valoir le candidat Fillon, droit dans ses bottes.

Fillon a promis de "tout donner" pour faire mentir les sondages qui le donnaient tous éliminé au premier tour. 
Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont au coude à coude dans les intentions de vote pour le premier tour, avec 23,5% des voix, mais Macron perd deux points et Le Pen 0,5 point dans un sondage Elabe pour BFMTV et l'Express (deux media proMacron) publié le mercredi 5.
Dans le même temps, selon un sondage BVA-Salesforce du début avril, Fillon avait gagné deux points d'intentions de vote (19%), après plusieurs semaines de baisse.
Le vendredi 7 avrilLe Pen (25%) devance Macron (24%) et Fillon (20%), selon le sondage quotidien Opinionway-Orpi pour Les Echos et Radio classique.

vendredi 28 octobre 2011

E.Plenel, agitateur trotskiste, agresse Eric Zemmour

Ce soir, Paris Première montre Plenel sous son vrai jour

Le débatteur partisan empêche son interlocuteur de parler

Le sujet de la colonisation ne pouvait que dresser Eric Zemmour contre Edwy Plenel, patron de Mediapart.
Ce court extrait du numéro de “Zemmour et Naulleau” qui sera diffusée ce vendredi soir, donne un aperçu de ce que peuvent être les techniques de la gauche révolutionnaire à court d'arguments.
“Vous continuez la guerre d’Algérie !”, accuse Edwy Plenel.
“Mais arrêtez votre cirque Plenel !”, s’insurge Zemmour.
Et les invectives fusent: ça gesticule, ça couvre la voix, ça criaille et l'oeil de Plenel frise, son ricanement affleure.
Une technique éprouvée
Eric Zemmour revendique la liberté de parole
Il exige de pouvoir opposer des faits et des arguments au sarcasme et à la provocation de Plenel.
Vous allez me laisser parler maintenant ! Vous allez me laisser parler !”
Réponse de Plenel: “ Je veux voir votre colère folle, car c’est une colère d’un hybris (orgueil) colonial justement. Vous ne voulez pas voir comment la vie tourne ”.
Moi je remercie la colonisation française, car elle m’a apporté la culture et la littérature française. Je bénis la colonisation française, parce que l’histoire de l”humanité, c’est l"histoire des colonies ", lance Zemmour.

Lien PaSiDupes; Alain Minc décrypte Edwy Plenel

Et que fait Naulleau ?
Est-il allé prendre l'air ? A-t-il un problème de prostate ?
Quand il intervient enfin, c’est pour faire l’aveu du but poursuivi, sa recherche du buzz sur le dos de la colonisation: “ J’entends déjà les mails qui arrivent ”…
Nous sommes sur une chaîne du groupe M6...

VOIR et ENTENDRE le maître de l'agit-prop dans ses oeuvres:

Diffusion ce vendredi à 22h45 sur Paris Première.

A l'émission "On n'est pas couchés
" (octobre 2010) consacrée à l'affaire Bettencourt sur France 2, on notera qu'hormis son hôte, le haineux personnage ne sert pas la main de ses interlocuteurs, Naulleau et ...Zemmour !
Lien video

samedi 7 août 2010

L'exception française dans la crise et les affaires

Le scandale politico-financier et ses effets à sens unique

C'est en temps de crise que les Français se révèlent tels qu'en eux-mêmes, à la fois dans leurs rapports entre eux et vis-à-vis de leurs dirigeants: leur insouciance et leur hédonisme les portent naturellement à l'indulgence, mais les temps difficiles les poussent, jusqu'à la déraison, à l'individualisme et à l'exigence envers leurs dirigeants.

Pourtant, au XVIIe siècle, les Français n'étaient pas si différents des Anglo-Saxons.
Pascal, dans Les Provinciales, raillait les confesseurs jésuites parce qu'ils pardonnaient tout aux grands de la Cour, et pareillement, les Puritains demandaient aux politiques de montrer l'exemple de l'austérité.
Qu'est-ce qui distinguent donc aujourd'hui les Français des Britanniques et des Américains dans la crise économique et financière internationale ?

Lorsque dans l'Angleterre de 1640 le conflit entre le Parlement et Charles Ier dégénéra en véritable guerre civile, les puritains se hâtèrent de saisir l'occasion d'exhorter la nation à renouveler son contrat avec Dieu. Le Parlement convoqua une assemblée d'ecclésiastiques et de laïcs, tous d'obédience calviniste, connue sous le nom de « Westminster Assembly ». Elle ne réussit pas à réformer totalement le gouvernement de l'Église, mais l'armée d'Olivier Cromwell, qui avait défait les forces royales, porta au pouvoir son général. Cromwell favorisa largement le mouvement puritain et ne concéda que faiblement au pluralisme.

La Révolution en France connut aussi ses excès sanglants avec la Terreur, lesquels expliquent sans doute la bienveillance française des débuts de la République. Le régime, encore très fragile dans les années 1870, parvint à gagner le cœur des Français en reprenant habilement à son compte le décorum monarchique : palais, voitures, appartements de fonction, etc. Dans une certaine mesure, les Français conservent depuis pour leurs dirigeants l'indulgence qui les place au-dessus du lot commun et ferment ainsi les yeux sur leur vie sentimentale et leurs libéralités matérielles.

Or, dès que le pays traverse une crise économique, ce que les Français permettait auparavant n'est en revanche plus toléré. Ainsi, à la fin du XIXe siècle, le scandale du canal de Panama éclaboussa des hommes politiques de premier plan, comme Georges Clemenceau. Ce scandale favorisa les menées antiparlementaires du général Boulanger et mis la République en danger de renversement.
Quant à l'affaire Stavisky, un scandale financier qui concernait quelques députés, elle déboucha sur les manifestations du 6 février 1934 qui furent perçues comme une tentative de coup d'État et entraînèrent l'union de la gauche.

Aujourd'hui, l'affaire Bettencourt reproduit le même schéma

En pleine crise économique, l'opinion publique française retrouve ses réflexes individualistes d'auto-défense et de soupçon de sa classe dirigeante. Il suffit d'un petit coup de pouce médiatique (lire PaSiDupes) pour qu'elle s'abandonne à ses vieux démons.
Ce qui la distingue ainsi de ses voisins anglo-saxons est révélateur de son éthique politique.
La France connaît en 2010 une crise dont le Royaume Uni et les Etats-Unis, dans le même temps, font l'économie, parce que la gauche française, ses associations militantes (lire PaSiDupes) et sa presse engagée (lire PaSiDupes) se morfondent dans l'opposition. Elles ne se refusent aucun moyen pour arriver au pouvoir, jusqu'à s'abaisser à l'insulte et la bassesse. Ne dit-on pas que l'oisiveté est mère de tous les vices ? Alors, plutôt que de joindre ses forces à l'effort national, la gauche française, primitive, harcèle et insulte, sa noble manière d'accéder au pouvoir que les urnes lui refusent. Lire PaSiDupes et l'opinion d'Alain Minc sur Edwy Plenel (Mediapart)

En février 2008, Ségol'haine Royal réactiva le processus révolutionnaire sur la base de l'éthique politique. Quoiqu'alors prématurément, elle décréta donc avec empressement que "la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique" et sentit dans ses cheveux se lever un "vent de révolte". Lire PaSiDupes
Et dans le même registre, en septembre 2009, la Ch'tite Aubry, premier secrétaire contesté du PS, lança devant le Conseil national du PS: "je ne laisserai pas abîmer ce Parti socialiste de l'intérieur, je ne laisserai pas le Parti socialiste insulter de l'extérieur". Mais n'avait-elle pas pourtant enjoint à Manuel Valls, quelques semaines plus tôt, de se taire ou de quitter le PS. Dans ce refus du débat, le jeune socialiste y vit de "la désinformation, au pire, de l’insulte." L'obsession paranoïde de l'insulte resurgit encore fin mai 2010 à l'encontre du chef de l'Etat dans une comparaison vulgaire à un Bernard Madoff. Et elle fut prise lui reprit d'un nouvel accès en juillet 2010 lorsqu'elle estima que "notre démocratie est abîmée". Le PS ne se supporte pas dans l'opposition et devient insupportable aux autres.
Au Royaume-Uni, les Conservateurs qui arrivent auraient pu avoir à connaître des mêmes désagréments avec les "révélations" (Outre-Manche aussi) sur les pseudo-« notes de frais » des parlementaires; il n'en a rien été. Mieux, le Premier ministre britannique Gordon Brown, un travailliste, a présenté ses excuses dans l’affaire de la campagne de calomnie visant le Parti conservateur... Le Démocrate Barack Hussein Obama aurait pu s'embourber dans la marée noire, mais les Républicains ne l'ont pas enseveli. Si exigeants qu'ils puissent être, les anglo-saxons sont puritains et non pas laïcs; leurs oppositions sont critiques mais constructives.
Lire PaSiDupes sur les démolisseurs socialistes

La gauche française n'accepte aucune leçon salutaire

Son éthique exigeante lui autorise le montage d'une petite affaire politico-financière. Rien n'est donc pas pour lui faire peur: la flexibilité de sa morale est d'une amplitude qui reste à découvrir.
La vertu de la gauche est manifestement une image pieuse.

dimanche 1 août 2010

Alain Minc décrypte Edwy Plenel de Mediapart

Les exploits médiatiques d'un trotskiste

L'affaire Bettencourt trouve son origine dans les « révélations » du site Internet payant Mediapart, contestées, voire démenties par l'ex-comptable licenciée par Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, par ailleurs mise en cause par sa propre fille. Si troubles soient les sources du trotskiste Edwy Plenel qui dirige le site, le PS avec Arnaud Montebourg et Europe Ecologie avec Eva Joly ont politisé les accusations sans preuves en impliquant le couple Woerth - sur des "probabilités" - et la presse a gonflé l'opération de déstabilisation du pouvoir par l'opposition.
Lire PaSiDupes: Mediapart a-t-il acheté les "révélations" de l'ex-comptable ?

L’essayiste, économiste et écrivain Alain Minc présenté comme l’un des conseillers influents de Nicolas Sarkozy a accordé un entretien à France Soir, publié le 19/07/10:

France-Soir. La prestation du chef de l’Etat lundi dernier sur France 2 vous a-t-elle surpris ?
Alain Minc
. Surpris, non, mais je suis de parti pris (sourire)… Cette intervention m’en a rappelé une autre : lorsque Nicolas Sarkozy, en 2007, entre les deux tours de la présidentielle, a affronté Ségolène Royal. Dans les deux cas, il y avait la maîtrise de soi, le calme, la présidentialisation. Une prestation réussie. Politiquement, une page, grâce à cela, est, je l’espère, tournée. Les problèmes de la France – les vrais – sont devant nous.

F.-S. Comment analysez-vous rôle qu’a joué dans l’affaire Bettencourt (et que joue encore) Mediapart, le site que dirige sur le Net Edwy Plenel, l’ancien directeur du Monde ? Plenel, vous le connaissez…
A. M.
Si je le connais ! Je dois être une des meilleurs connaisseurs français du « plénélisme » car j’ai cohabité avec lui pendant des années quand j’étais au conseil de surveillance du Monde. Eh bien Plenel a fait du Plenel. Lire PaSiDupes: Mediapart, le pire du Net (à part LePost ...)
Dois-je vous rappeler
- le titre sur six colonnes à la Une fait par Plenel dans le dos de Jean-Marie Colombani et qui a conduit Strauss-Kahn à l’époque à la démission (avant, chacun s’en souvient, un non-lieu) - lire PaSiDupes à la date du 24 mai 2006 ?
-Dois-je vous rappeler la façon dont Le Monde a traité la fameuse « cassette Méry » (lire PaSiDupes), avec un Plenel qui cherchait à aller plus loin que ce que disait la cassette pour mettre en cause Jacques Chirac ?
- Et je ne parle pas de laffaire Baudis (lire PaSiDupes) !
Encore à l’époque Plenel vivait-il dans un univers où, en la personne de son patron, Colombani, il y avait des contre-pouvoirs.

Désormais, nous connaissons Plenel en liberté.
Et Plenel en liberté, c’est quelqu’un chez qui la bonne conscience d’incarner le bien se mêle, de manière très compliquée, à beaucoup d’arrière-pensées. Plenel est un grand type de « coups » journalistiques, même s’il est étrange, quand il fait parler la comptable de Liliane Bettencourt, qu’il n’y ait ni script ni enregistrements. S’il avait pu mettre le pouvoir KO, il ne se serait pas gêné. Chez Plenel, il y a beaucoup de talent, beaucoup d’arrière-pensées et toujours trois pas de trop.

« Il faut rendre hommage au sang-froid des syndicats »

F.-S. Edwy Plenel, c’est un fait, aura donné le « la »…
A. M.
Je suis très fasciné, en ce moment, par les phénomènes grégaires. Et je vais vous en citer trois :
- les banquiers qui s’affolaient en septembre 2008 ;
- les rédacteurs du Monde qui, il y a un mois, choisissent leurs patrons en votant à 90 % pour eux ;
-enfin, la classe politique, lors des révélations de Médiapart, qui, aussitôt, croit à la crise de régime. Dans nos sociétés, la peur fabrique des phénomènes d’une violence que nous n’avions jamais connue jusqu’ici.

[Et Alain Minc ne cite pas toutes les tentatives récentes de détournement politicien de phénomènes internationaux:
- la psychose de la grippe H1N1 venue du Mexique (lire PaSiDupes), ainsi que la rumeur de démission de Roselyne Bachelot;
- le nuage volcanique islandais et le principe de précaution jugé excessif. Pourtant 72% des Français approuvaient la fermeture d'aéroports: lire PaSiDupes;
- ou la "tentative de déstabilisation" (Valérie Pécresse) dans les rumeurs d'implication des époux Woerth: reprise de la technique du ricochet.

Quant aux rumeurs, nous les mentionnons pour mémoire de l'agitation médiatique de l'opinion, au nom du "droit à la désinformation l'information":
- les rumeurs sur la nomination d'Alexandre Bompard, patron d'Europe 1, à la tête de France Télévisions;
- la rumeur (France 24, service public "impertinent" et condamné à une amende) qui prêta à Benjamin Biolay une relation avec Carla Bruni-Sarkozy, ainsi que la mise en cause de Rachida Dati: d'une pierre deux coups, comme dans la rumeur d'infidélité de la Première dame;
- sans insister sur les odieux Stéphane Guillon ou Didier Porte, qui se rêvent en humoristes, et du torchon satirique Le Monte qui dégrade la parodie au rang du scabreux : tous revendiquent le "droit à l'expression", si
abjecte soit elle.]

F.-S. Une thèse répandue à droite, c’est que, derrière l’affaire Bettencourt, c’est, en fait, la réforme des retraites qui est visée…
A. M.
Je n’y crois pas. Au fond, ce qui vient d’arriver à Nicolas Sarkozy, c’est comme ce qui arrive à un viticulteur qui a préparé ses vendanges avec le plus extrême soin et, boum ! surgit l’orage. Et voilà le vignoble grêlé. Car s’il y a eu une réforme qui a fait l’objet d’un processus de prudence, de technicité, de professionnalisme hors pair, c’est bien celle-là. Je crois d’autant moins à la théorie du complot que les syndicats, une fois de plus, ont fait preuve d’un sens impressionnant de leurs responsabilités. Aucun syndicaliste n’a essayé d’utiliser l’affaire Bettencourt pour peser dans son face-à-face avec le pouvoir. Depuis 2007, il faut chaque jour rendre hommage au sang-froid des syndicats. [La répartition des tâches est en effet troublante: une sorte de délégation de pouvoirs...] Je mets au crédit de Nicolas Sarkozy d’avoir créé avec eux un type de relations qui n’existait pas jusque-là.

F.-S. La réforme des retraites sera donc votée ?
A. M.
Le pays est mûr pour la réforme des retraites comme il est mûr pour une politique « rigoureuse », selon le mot que préfère le Président. La réforme des retraites est vécue pour ce qu’elle est : un point d’équilibre entre ce que le monde extérieur attend de nous et ce que la société française peut supporter. Quant à la politique rigoureuse, il faut comprendre qu’on a changé, là aussi, d’époque. Avant, c’était un coup d’accélérateur, un coup de frein, et ainsi de suite. Aujourd’hui, il faut à la fois un coup d’accélérateur (pour ne pas casser une relance qui va partout cahin-caha) et un coup de frein (pour confirmer aux marchés que la dette ne s’emballera pas). C’est un pilotage économique sans précédent, subtilement conduit. Il y a en marre de l’autoflagellation des Européens : ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait et font ensemble.

« Les Bettencourt, c’est un univers erratique »

F.-S. Eric Woerth est au cœur des polémiques et au centre de toutes les attaques…
A. M.
J’ai de l’estime pour lui. C’est un des ministres les plus professionnels qui soient. Quant à son épouse Florence, il faut se rendre compte qu’entre son entrée chez les Bettencourt en 2007 et la situation de 2010 avec ce que nous découvrons, tout a changé. En 2007, les Bettencourt, c’est le temple du capitalisme familial et responsable. En 2010, c’est un univers erratique.

F.-S. A la télévision, Nicolas Sarkozy a longuement parlé de l’argent…
A. M.
Les gens se trompent sur Sarkozy. Il n’est pas fasciné par l’argent : il est intéressé par les entrepreneurs. Par l’espèce de force vitale qu’il y a chez les grands entrepreneurs. Cela l’intéresse parce qu’il leur ressemble. On croit que, chez lui, c’est la fascination de l’argent de ces gens-là alors que c’est la fascination de leur capacité de faire. Pour le reste, Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui a toujours été très prudent avec l’argent, y compris dans l’exercice de son métier d’avocat. Vous savez : quelqu’un qui a été chassé comme on chasse à courre, au sens où la meute chiraquienne était à ses trousses, ne peut qu’avoir eu – et qu’avoir – tous les réflexes de prudence qu’il faut. S’il y a un type qui, depuis 1995, ne pouvait pas avoir le moindre sentiment d’impunité, c’est bien Nicolas Sarkozy !
Lire PaSiDupes sur la déclaration présidentielle

F.-S. Lorsque la réforme des retraites sera votée, s’ouvrira, a dit le chef de l’Etat, une nouvelle séquence, la dernière du quinquennat…
A. M.
Cette période va être dominée par la présidence française du G20. Ce n’est pas un cadeau. Ce n’est pas gagné. Il va prendre, dans cette affaire, de vrais risques. Si on n’est pas dans un climat de crise, les conflits potentiels dans cet aréopage sont multiples et légitimes.

F.-S. Y a-t-il en Europe, France compris, un danger populiste ?
A. M.
Il y a une poussée populiste. Voyez le vote en Flandre, ou pour la Ligue du Nord en Italie car, à côté, le Front national apparaîtrait presque modéré. Mais je retire de cette crise que nos sociétés sont solides et nos économies fragiles alors que, très longtemps, on nous a soutenu l’inverse. Voyez, globalement, avec quel calme et quelle maturité les Français traversent la crise que nous vivons !

« Le système a failli mourir. Nous sommes des survivants »

F.-S. Quand verra-t-on la fin de cette crise ?
A. M.
Il faut d’abord se rappeler que le système économique a failli mourir et que nous sommes des survivants. Oui, on a failli avoir, à un moment donné, un dérapage plus grave encore que la crise des années 1930. Du coup, le problème politique est simple à énoncer, mais pas à résoudre : on va mettre des années à payer le prix de notre sauvetage mais plus on s’éloigne du moment où on a failli sauter, moins les gens s’en souviennent. Il faut un effort collectif pour rembourser les 25 % d’endettement supplémentaire qui nous ont permis d’éviter le pire. Mais, évidemment, ces 25 % s’additionnent avec l’endettement qui prévalait avant et qui est le fruit de trente ans de lâchetés collectives.

F.-S. Quel jugement portez-vous sur la gauche, où vous comptez encore beaucoup d’amis ?
A. M.
J’aurais aimé que la gauche politique se montre aussi responsable que les syndicats.

F.-S. Vous avez souhaité que, pour la dernière ligne droite du quinquennat, François Fillon soit remplacé…
A. M.
J’ai dit, en effet, que Giscard avait été battu en 1981 car il avait gardé à Matignon Raymond Barre. Cela dit, le Premier ministre a fait preuve ces derniers temps d’une résilience et d’une solidarité sans faille. Du coup, Sarkozy a deux schémas possibles : il remplace Fillon, et il peut garder beaucoup de ministres importants et de qualité ; il garde Fillon, et il doit changer beaucoup de ministres.


F.-S. Et le résultat de la présidentielle 2012 ?
A. M.
… Cela se jouera en France comme dans toutes les démocraties occidentales : dans le dernier mois. Et ce sera du 50-50.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon

mercredi 1 octobre 2008

Crise de la presse : des assises sur fond de suspicion

Intrigues et petits meurtres entre amis
Le Président Sarkozy doit lancer les états généraux de la presse avec un discours devant 200 à 300 représentants du monde de la presse demain jeudi.
Ces assises sont destinées à trouver des solutions aux difficultés économiques de la presse écrite, chantier qui suscite des attentes multiples et parfois divergentes des professionnels.

Des propositions doivent être apportées aux problèmes économiques du secteur.
Dans le climat actuel de méfiance instauré par les syndicats et sur fond de crise des quotidiens concurrencés par la presse gratuite et l'internet, il s'agit de "mettre à plat les difficultés de la presse écrite et voir quelles solutions apporter", explique-t-on à l'Elysée dans l'entourage du président.

La presse, cette coquette capricieuse

Pour Dominique Pradalier, secrétaire nationale du Syndicat national des journalistes (SNJ), syndicat dominant de la profession, "ce sera utile SI quelque chose en sort qui permette [subjonctif d'incertitude] à la presse de remplir sa mission d'information dans le pluralisme et d'améliorer la qualité de l'information". Or, certains patrons de presse défendent l’idée de supprimer les seuils légaux limitant les possibilités de concentration des médias dans les mêmes mains.

De bien exigeantes danseuses

"Si cela amène une baisse de qualité et de pluralisme sous des prétextes économiques et des objectifs de rentabilité, nous n'en voulons pas", a-t-elle anticipé, s’entêtant à ignorer que les organes de presse sont des entreprises et non des associations sans cesse renflouées par l’Etat. Or, la presse française, plus que ses consoeurs européennes, est mauvaise gestionnaire et se jette régulièrement éplorée dans les bras secourables des financiers, tout en exigeant son indépendance. Le journal Le Monde, malgré l'origine de ses finances, a-t-il perdu de son impertinence ?

La coquette est inconsciente du monde

Bien qu’elle observe la vie du monde comme il va, en dissèque les plaies et en commente les mutations, les journalistes se tiennent à l’écart, aussi frileux et hautains que de froids entomologistes épinglant des insectes sur leur planche, avant d’en décrire les malheurs et soubresauts. Ils n’ont pas noté que le monde a muté et que leurs privilèges personnels (ex. fiscaux) ne les mettent pas à l'abri si leur cadre de vie professionnelle, si protégé soit-il, n’est pas sain. Or, la tempête sur le système financier et l'économie mondiale vient s’ajouter au virus interne longtemps assoupi et négligé et pourrait donc affaiblir encore davantage la presse française, frappée par l'essor de l'Internet, de la presse gratuite et la baisse des recettes publicitaires et emporter le malade, si un docteur fou de la Bourse ne lui administre une injection improbable en cette période de pandémie financière.

Après les appels au secours, les cris d’orfraie !
Tous les grands quotidiens nationaux ont dû se résoudre à des saignées dans leurs effectifs ces dernières années et ont appelé à la rescousse de grands groupes privés pour les renflouer, ce qui aurait reposé le problème de leur indépendance, puisqu'ils ne sont pas responsables de leur hygiène de vie.
Le tirage des grands quotidiens français est traditionnellement faible et les lecteurs ont désormais tendance à aller vers l'Internet (dont PaSiDupes ! ), les structures de distribution sont problématiques avec une faible densité de points de vente, des taux d'abonnement et de portage souvent encore réduits et la pression de la CGT.

Organisation de ces assises
Les assises de la presse sont organisées comme une sorte de forum de réflexion en quatre ateliers constitués autour de personnalités reconnues du secteur:
- place des journalistes, qui devrait être dirigé par Bruno Frappat, président du directoire du groupe Bayard Presse ;
- presse et société, concentration, qui devrait être dirigé par François Dufour, fondateur du groupe Play Bac Presse et d'un groupe de quotidiens pour enfants;
- aspects économiques et industriels, qui devrait être dirigé par Arnaud de Puyfontaine, ancien président d' Emap France et de Mondadori France ;
- et (probablement) le service public, qui devrait être dirigé par Bruno Patino, directeur général de France Culture et ancien vice-président … du journal Le Monde .
Un point d'étape mi-novembre est attendu à l'issue de ces deux mois.

Les oppositions
Comme le SNJ, et malgré des réticences communes, le journal d'opposition Libération a accepté de participer à ces travaux, mais son directeur, Laurent Joffrin, a demandé dans son journal mercredi que les lecteurs et le public participent aux débats. Or, il ne s’agit que de surenchère, car les débats sont déjà prévus pour se dérouler sur un mode participatif. Certaines réunions pourraient être portes ouvertes et non pas toutes. Le vœu d’une sorte d’assemblée Générale (AG à la façon de Mai 68 à la Sorbonne) du brouillon Joffrin à l’élocution confuse a peu de chances de se réaliser : plus on est de fous, moins on rit, à l’arrivée ! "Pas d'Etats généraux sans le Tiers-Etat. Le mot d'ordre s'impose dans la république de l'information", écrit-il, plein de mots et slogans, à défaut de réflexion. Pour la démagogie, Libération n’a rien à apprendre, mais la presse a mieux à espérer.
Emmanuelle Mignon, conseillère auprès de Nicolas Sarkozy en charge du dossier a récemment souligné : "Dans mon idéal à moi, dans chaque pôle il y aura des parties prenantes qui rendront une copie" en s'étant mis "d'accord sur cinq propositions".

La base de départ
Nicolas Sarkozy ne lance pas ces « états généraux » comme une chanson au Zénith : en les annonçant en juin, le président a déjà ouvert quelques pistes de réflexion.
Il avait relevé un "gigantesque problème de distribution", estimant qu'il fallait développer le portage à domicile et multiplier les points de vente des journaux. "Est-ce qu'il ne faut pas créer des groupes multimédias alors qu'aujourd'hui tout est fait pour les éviter ?", s'était-il aussi interrogé.

Chez les professionnels, ces états généraux suscitent des attentes multiples et divergentes.
Du côté des éditeurs, la distribution apparaît comme une question centrale, alors que les tarifs postaux pour l'acheminement des abonnements vont bientôt augmenter et que le nombre de points de vente est largement inférieur à ce qu'on observe en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
Alain Weill, propriétaire de La Tribune, estime que le développement du portage des journaux à domicile devra être un "sujet fondamental", tandis que le président de Lagardère Active, Didier Quillot, veut, entre autres, faciliter la vente dans les hypermarchés.

Terrain miné
Parce que les ouvriers du Livre sont régulièrement responsables de l'importance des coûts d'impression, Alain Minc a souhaité que les états généraux "aident à mettre à bas le monopole du syndicat du Livre", qu'il a qualifié de "verrue". La grève démange donc la CGT, mais ce serait faire la démonstration que, sans elle, les coûts pourraient baisser…
Les éditeurs devraient également mettre sur la table la question du droit d'auteur des journalistes, mais ces derniers craignent que cela porte atteinte à leur droit moral sur leurs oeuvres. Or, la question, elle aussi ‘morale’, du régime fiscal très spécial des journalistes pourrait être amené sur le tapis des discussions…
Pour les syndicats de journalistes, la question de la qualité de l'information doit être placée au centre des débats. Un aveu d’échec, mais sont-ils les mieux placés pour la redresser, puisqu’ils sont responsables de son abaissement : allons-nous vers des auto-mutilations ?
"La première chose à faire si on veut améliorer la santé économique des entreprises, c'est de faire en sorte qu'elle retrouve la confiance du public", estime, sans sourire, le secrétaire général du SNJ, Alain Girard. Or, les lecteurs se détournent de la presse parce qu’ils se savent intoxiqués. Pourquoi payer la désinformation, si, sans débourser un sou, on peut être manipulé par la presse gratuite.
Syndicats et sociétés de journalistes, ce qui est largement la même chose, souhaitent également que les débats permettent d'octroyer une reconnaissance juridique aux rédactions, afin de protéger leur indépendance. Indépendance militante ou journalistique ? Au moment où s’engage la réflexion, la confusion reste entière…

Le projet
Un rapport remis à Nicolas Sarkozy mi-septembre et rédigé par Danièle Giazzi, secrétaire nationale de l'UMP, envisage une action des pouvoirs publics pour favoriser la création de groupes de presse plus concentrés.
Le rapport, envisage de changer le statut de l' A*P en société anonyme et d'ouvrir éventuellement son capital.
Il est aussi question de créer un fonds d'investissement pour la presse, un "observatoire du pluralisme" placé auprès du Premier ministre et de donner au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la tâche de vérification du respect du pluralisme.
Il est question enfin de l'inscription des chartes de déontologie dans les conventions collectives et de déréglementer le secteur de la distribution.

Petits meurtres entre amis
Le suspicieux SNJ envisage déjà que le président de la République pourrait être tenté d'étendre la mainmise de grands patrons de presse dont il est proche, comme Arnaud Lagardère (Europe 1, le JDD), Bernard Arnault (Les Echos) ou Martin Bouygues (TF1). Dominique Pradalier dit soupçonner un "calcul politique" de l'Elysée.
Curieusement, le SNJ, modèle d’objectivité, ne pointe ni Rothschild qui a pourtant renfloué Libération, ni les capitalistes du Nouvel Observateur. Des assises qui commencent sur une criante injustice : ce syndicat envoie certains à la guillotine mais sauve la tête de ses amis…

Peut-être que l’avenir des sites Internet de journalistes dissidents, ou non, mais plus radicaux (Rue 89, Le Post ou Bakchich), retiendra toute son affectueuse attention, dans le secret des entre-deux portes de ces assises.

jeudi 10 mai 2007

Les hommes et femmes du prochain gouvernement?

Quelque 25 ministrables,pour quinze maroquins ?
On parle aussi d'eux pour des postes à l’Elysée ou au gouvernement.
De gauche à doite et de haut en bas:
1re ligne: Philippe Seguin, Nicole Notat, Xavier Darcos, Christine Albanel, Claude Allègre, Anne Lauvergeon.2e ligne: Roselyne Bachelot, Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy, Alain Minc, Eric Besson.
3e ligne : Yves Jégo, Eric Raoult, Christine Boutin, Arno Klarsfeld (*), Christian Blanc, Gérard Longuet.
4e ligne : Christine Lagarde, André Santini, Gérard Larcher, Gilles de Robien, Richard Descoings, Nadine Morano.
(*) Arno Klarsfeld est chargé de mission auprès de N. Sarkozy. C’est ainsi que l’avocat, fils du célèbre chasseur de nazis, fut le médiateur national chargé de superviser les demandes de régularisation. Le juriste avait déjà rendu au ministre Sarkozy un rapport sur la délinquance des mineurs et écrit des notes au ministre sur l'article de loi controversé sur les bienfaits de la colonisation et sur les enfants de familles sans papiers. Le choix de cette personnalité est une riposte à la thèse de «la chasse aux enfants» des milieux associatifs, que Sa Cynique Majesté Royal avait appelé ‘rafles’, –sans brutalité langagière et avec la modération qui caractérise pour elle et le PS ‘la république du respect’.

Mais le vivier est plus fourni encore :
Rama Yade
(photo de droite -pressentie pour la Communication et la cuture): Rama Yade-Zimet est haut fonctionnaire, vice-présidente du club XXIème siècle et secrétaire nationale de l’UMP à la francophonie. Elle vient de publier Noirs de France aux Editions Calmann-Lévy. Un livre sans complaisance sur les rapports des Noirs français avec la République.
Laurent Wauquiez, député UMP Haute-Garonne et carte jeune de l'UMP avec Luc Chatel, pourrait faire son apparition à la direction du ministère de l'Emploi. Il est aussi pressenti pour l'Aménagement du territoire.