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dimanche 7 mai 2017

Marseille : deux policiers soupçonnés de l'introduction de téléphones à la prison des Baumettes

Macron est-t-il étranger au laxisme confirmé de Taubira et Urvoas, Cazeneuve et Fekl ?

L'adjoint de sécurité et le gardien de la paix mis en examen travaillaient au tribunal de Marseille 
Avec deux autres personnes, ils sont soupçonnés d'avoir fait entrer des téléphones portables dans la prison des Baumettes pour faciliter la communication de détenus avec l'extérieur.

Les quatre personnes ont été entendues par un juge vendredi 5 mai. Une enquête a été ouverte pour "pénétration d'objets illicites dans un établissement pénitentiaire, complicité de tentative d'introduction illicite, corruption active et passive", selon les précisions fournies par le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Tous les quatre ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

Les deux autres hommes visés par l'enquête habitent Marseille, mais ne travaillent pas au palais de Justice. Ce sont eux qui auraient sollicité les deux policiers pour introduire trois téléphones portables aux Baumettes.

"Presque chaque détenu possède un portable, certains en ont plusieurs"


La très grande majorité des détenus utilise un téléphone portable pour garder contact avec leurs proches, assurent aux "gens" les "sachants" de la presse condescendante. 

Il n'est pas rare de trouver des téléphones portables en prison et un détenu de Béziers qui s'était filmé en direct de sa cellule, via l'application Periscope de son téléphone, a pourtant écopé de six mois de prison supplémentaires. Arthur, journaliste et ancien surveillant pénitencier (la presse n'est pas pour autant une pègre...), assure même qu'il y en a autant que de prisonniers.
En 2009, cet Arthur passe le concours de surveillant pénitentiaire avec pour objectif d'écrire un livre sur la réalité des prisons en se mettant "Dans la peau d'un maton". Une sorte de caméra cachée, pratique répandue dans la presse, en plus de lu "secret des sources" qui permet d'écrier n'importe quoi avec l'accent de la sincérité candide.  Au cours des mois qu'il passa dans les maisons d'arrêt de Fleury-Mérogis, d'Orléans et au centre de détention de Châteaudun, il constata que les détenus possèdent tous, ou presque, un téléphone portable. 

Quelle place ont les téléphones portables dans les prisons françaises? 
Officiellement, ils sont interdits, mais en réalité, ils sont omniprésents. Il y a quasiment un portable par détenu. Certains en possèdent même plusieurs tandis que d'autres font office de "mules": ils gardent les portables des autres cachés dans leur cellule, en échange de protection. 

Résultat de recherche d'images pour "portables les Baumettes"Les téléphones ne servent pas seulement à appeler la famille et les amis: seuls y croient les gogos citoyens qui revendiquent plus d'humanité de la République pour ses perturbateurs et autres terroristes, islamistes ou non. Mais aujourd'hui, avec les smartphones, ils vont aussi beaucoup sur Facebook -ce qui n'était pas le cas à l'époque où j'étais surveillant, car ce type de téléphone n'était pas aussi répandu, explique en longueur le journaliste ...d'investigation ! Les réseaux sociaux permettent encore plus de maintenir les liens avec l'extérieur. Il n'est pas rare de voir des profils Facebook de détenus qui exposent les conditions de détention. La presse contestatrice ne trouve alors pas internet condamnable.

Comment les portables entrent-ils dans les prisons? 
Résultat de recherche d'images pour "adeline Hazan SM"
La plupart des téléphones entrent par le parloir: ils sont amenés par la famille. Certains modèles sont privilégiés pour leur composition, car ils ne sonnent pas aux portiques de sécurité. 
Beaucoup entrent aussi grâce à la corruption des surveillants -ce à quoi je n'ai jamais été confronté directement, nous rassure Arthur, mais "de nombreux témoignages vont dans ce sens". Le journaliste ne nous apprend rien et il ne manquerait plus qu'il nous produise des témoignages bidonnés à l'appui de ses évidences. 
Enfin, comme l'argent ou la drogue, certains téléphones sont projetés au-dessus du mur du centre par des complices et atterrissent dans la cour de promenade. 

Les surveillants sont au courant de ces techniques. Et les ministres de la Justice ignore tout de ces trafics... Si un maton en trouve un, il le signale et le détenu est convoqué par le chef d'établissement qui peut alors le sanctionner avec du "mitard" [isolement], ce qui est plutôt rare. C'est très hypocrite, mais les surveillants ne vont pas en permanence faire la chasse aux portables: ils savent que c'est sans fin, comme pour le cannabis, souligne Arthur. 

Si la tolérance est telle que vous la décrivez, interroge un journaliste dubitatif, comment peut-on expliquer la sanction -par six mois de prison supplémentaires- du détenu apparu sur Periscope? 
"Ce "scandale" n'est pas une première," lâche cyniquement Arthur. La seule nouveauté [et le seul problème] est que la vidéo a été diffusée en direct et que le détenu n'a pas eu la présence d'esprit de se cacher le visage. (Probablement un déséquilibré?) Déjà en 2013, des détenus avaient "fait du bruit" (sic) avec leur reprise du Harlem Shake, dans leurs établissements d'Osny (Val-d'Oise) et de Montmédy (Meuse). "Ce ne sont pas des exemples isolés."  Banalisation par la presse, renoncement des gouvernements et acceptation par l'opinion.

Le détenu vu sur Periscope a été sanctionné de six mois, "c'est beaucoup", commente Arthur, journaliste citoyen, ouvert et compassionnel. Il a probablement été plus sanctionné que les autres, car sa vidéo a été largement médiatisée. Puni pour s'être fait prendre et avoir discrédité les discours de fermeté d'un Valls, soutien de Hollande bis, alias Macron...

Puisque l'utilisation des téléphones est très répandue, pourquoi ne pas les autoriser (comme le cannabis) - comme le proposait en 2014 la contrôleuse des prisons de Hollande,
Résultat de recherche d'images pour "adeline Hazan Syndicat Magistrature"
Adeline Hazan (ex-maire PS de Reims, ancienne juge, ex-présidente du Syndicat de la magistrature, SM, fortement marqué à gauche, et proche de Martine Aubry, Marylise Lebranchu ou François Lamy), interroge finement notre Arthur ? 
A terme, nous y viendrons et c'est plutôt une bonne chose, selon ce journaliste qui au-delà des faits, passe son temps à porter des jugements. Aujourd'hui, l'administration pénitentiaire les interdit - avec la détermination et l'efficacité que l'on sait - pour des raisons de sécurité: éviter que les détenus ne préparent une évasion ou qu'ils continuent d'orchestrer leur 'business' (sic) derrière les barreaux... "Mais a aussi conscience que les portables servent majoritairement à appeler les familles," insiste l'inénarrable Arthur. 

Il existe déjà des cabines téléphoniques dans les prisons. Les numéros sont approuvés par un juge et limités aux épouses et aux membres de la famille. Le problème, c'est qu'il n'y en a pas suffisamment. Lorsque j'étais à Orléans, c'était un casse-tête sans fin pour les surveillants. Il y avait la queue en permanence car le centre ne possédait que six cabines pour 100 détenus. Ce manque de moyens est une véritable source de tension entre matons et prisonniers. Certains jours, ils étaient vingt à vouloir téléphoner mais seulement cinq à y avoir effectivement accédé à la fin de la journée. 

Avant Adeline Hazan, le contrôleur des prisons Jean-Marie Delarue s'était déjà prononcé en faveur de l'autorisation des portables, qui constituerait un facteur considérable d'apaisement de la détention. 
On l'aura compris, cette presse permissive milite en faveur des portables en prison et l'état d'urgence ne la dévie pas de sa ligne, en se réservant le droit de compassion pour les victimes du terrorisme. On notera en effet que notre Arthur (Frayer-Laleix), reporter indépendant de 35 ans, collabore d'ailleurs au journal ...Le Monde et à sa filiale Télérama (ainsi qu'à Jeune Afrique ou au magazine en ligne Slate - fondé par Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal Le Monde -, dont l'un des actionnaires principaux est Benjamin de Rothschild, banquier et homme d'affaires français, propriétaire et président du groupe Edmond de Rothschild, membre d'une famille qui employa quatre ans - de 2008 à 2012 - le candidat préféré du journal Le Monde ou de BFMTV à l'actuelle présidentielle, Emmanuel Macron). Fermez la parenthèse !
Un détail encore, histoire d'ajouter une page à la légende de l'indépendance de la presse.
En 2010,
Emmanuel Macron offrit son aide bénévole à la Société des rédacteurs du Monde (SRM), dans le contexte de la revente du journal ...Le Monde.
Mais
le banquier d'affaires et président putatif de la République fut aussi en relation secrète avec Alain Minc, alors que celui-ci soutient une offre Perdriel (L'Obs)-Prisa (groupe de media espagnols)-Orange (ex-France Télécom), et alors que cette offre paraissait à la SRM "particulièrement dangereuse."
Etrangement, Arthur Frayer-Laleix n'évoque à aucun moment l'usage des portables en prison à des fins de communication terroriste entre islamistes détenus et l'extérieur... Un délire de blogueur ou suspicion taboue en temps d'état d'urgence ? 

dimanche 6 février 2011

Les Frères musulmans, selon le 'politiquement correct'

Slate ne les qualifie pas de terroristes islamistes. Et pourtant ...

A en croire le site web de J.-Marie Colombani, ils seraient fréquentables

Voici sa présentation, froide et aseptisée

"La plus puissante et la plus influente organisation islamiste du monde arabe est à l'origine de la doctrine moderne de la guerre sainte (djihad).

Les Frères Musulmans ont été reçu dimanche 6 février par le vice-président égyptien Omar Souleimane parmi d'autres représentants de l'opposition.
A l'issue de la réunion, Mohammed Mursi, un des responsables des Frères musulmans, a jugé insuffisantes les propositions du gouvernement. Mais le dialogue devrait se poursuivre.

L'organisation islamiste des Frères Musulmans est la plus ancienne et la plus puissante d'Egypte.
La confrérie, créée en 1928 par Hassan al-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan (ci-contre), est aujourd'hui le principal mouvement d'opposition à Hosni Moubarak. Mais les Frères Musulmans égyptiens sont aussi bien plus que cela. Ils sont le mouvement islamiste le plus influent du monde arabe, celui qui a donné naissance au djihad (guerre sainte) moderne et l'a marié au salafisme (le désir de retour à un Islam des origines) venu d'Arabie saoudite. La devise des Frères Musulmans résume bien leur idéologie: « Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance».

Sayyid Qutb, principal idéologue des Frères Musulmans, exécuté par pendaison par Nasser en 1966, a établi la doctrine moderne du djihad [...]. Al-Qaida et la quasi-totalité des groupes islamiques radicaux se réclament aujourd'hui de Sayyid Qutb et de sa condamnation catégorique des gouvernements des pays musulmans non gouvernés selon la Charia. Ils sont considérés comme apostats et donc comme des objectifs légitimes du djihad. L'Egyptien Ayman a-Zawahiri, numéro deux d'al-Qaida, est un ancien des Frères Musulmans qui a été emprisonné par Nasser.

Les Frères Musulmans ont joué un rôle majeur au début de l'année 2006 dans la vague de protestations et de manifestations parfois très violentes dans le monde musulman à la suite de la publication en septembre 2005 de caricatures de Mahomet par le journal danois Jyllands-Posten. La confrérie a été depuis accusée de manipulation des opinions publiques après avoir notamment mêlée des caricatures encore plus outrancières n'ayant rien à voir avec celles diffusées au Danemark.

Les mouvements se réclamant des Frères Musulmans à travers le monde sont nombreux à la fois au Moyen-Orient, en Afrique et même en Europe. Les Frères Musulmans ont ainsi des liens historiques, par exemple, avec le Hamas palestinien dont ils restent un pourvoyeur de fonds et d'armes via les tunnels creusés sous la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza. Dans la charte du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union Européenne, figure toujours dans l'article 2 l'affirmation que le Hamas est une branche des Frères Musulmans en Palestine.

Ceci dit, les Frères Musulmans égyptiens ne sont pas une organisation monolithique, certains membres clament leur soutien à al-Qaida et à la violence et d'autres, en plus grand nombre, affirment avoir choisi une voie pacifique pour prendre le pouvoir et établir un Etat islamique. L'organisation est décrite aujourd'hui par les spécialistes de l'Egypte comme essentiellement pragmatique. C'est ce que considère par exemple Shadi Hamid, expert du Moyen Orient pour la Brookings Institution à Doha, dans un article récent dans le Los Angeles Times.

Depuis l'assassinat du président Anouar el-Sadate - coupable d'avoir fait la paix avec Israël - par une branche officiellement dissidente des Frères Musulmans, l'organisation n'a plus officiellement mené d'actions violentes en Egypte et en retour, même si elle est interdite depuis 1954, son activité a été tolérée dans certaines limites par Moubarak.

[Slate victimise les Frères musulmans]
En fait, les Frères Musulmans étaient même très utiles au Raïs. Il a usé et abusé pendant trois décennies du risque représenté par les Frères Musulmans pour obtenir le soutien de l'Occident et surtout des Etats-Unis. Cela a parfaitement fonctionné. Depuis 1979, l'Egypte est le deuxième pays au monde derrière Israël en terme d’aide venue des Etats-Unis selon un document publié le mois dernier par le Service de recherche du Congrès américain.

[Slate salue l'action humanitaire des FM...]
Les Frères Musulmans maintenus en vie, mais sous étroit contrôle par le pouvoir, ont adopté une stratégie de long terme élargissant peu à peu leur rôle social. Ils gèrent des hôpitaux, des dispensaires, des centres de rééducation, des organisations charitables, des écoles, des banques… Ils auraient aujourd'hui des millions de membres. «Nous ne savons pas combien de membres regroupe notre mouvement. Le gouvernement dit que c'est entre 3 et 4 millions. Mais nous ne comptons pas. Nous savons simplement que nous sommes partout, dans chaque ville, chaque village, chaque rue», déclarait le numéro deux des Frères Musulmans, Rashad al-Bayoumi, dans un entretien au Spiegel.

Les Frères musulmans ont droit de cité?]
L'organisation a même présenté des candidats sous l'étiquette «indépendants» aux élections législatives de 2005
et a obtenu 88 sièges sur 454 dans des conditions très peu favorables. Elle s'est retirée entre les deux tours l'an dernier lors des législatives pour dénoncer la fraude massive.

[Ils travaillent leur image]
Les Frères Musulmans ont mis du temps avant de se rallier ouvertement aux manifestations
demandant le départ de Moubarak et tiennent toujours des discours très prudents. Ils ont condamné les attaques au début de l'année contre les chrétiens coptes en Egypte et affirment ne pas vouloir instaurer la charia contre la volonté d'une majorité d'Egyptiens.

Mais cela ressemble fort, comme l'écrit Charles Krauthammer dans le Washington Post, à une tactique déjà suivie avec succès lors de la révolution iranienne de 1979 par l'ayatollah Khomeini et le mouvement islamiste chiite iranien. Et depuis, en dépit d'une guerre meurtrière contre l'Irak, de sanctions économiques et de la volonté maintes fois exprimée et réprimée par la population iranienne de recouvrer la liberté, la République islamique d'Iran est toujours là.
"

Eric Leser, ancien élève de l'IPJ (Institut pratique de journalisme- deux ans d'études à bac+3...) et ancien chef du service économique du journal Le Monde et l'un des fondateurs de slate.fr (février 2009)

En savoir plus

La confrérie des "Frères musulmans" (FM) est une organisation panislamiste fondée en Égypte avec pour objectif une renaissance islamique. Aujourd'hui, la nébuleuse des Frères musulmans serait coordonnée par la Muslim Association of Britain de Londres, s’appuyant sur la banque Al-Taqwa, mais serait non pas une structure pyramidale centralisée mais une mouvance hétérogène, impulsive et multiforme.

Après la Seconde Guerre mondiale, les FM demandent la révision des accords anglo-égyptiens et la réalisation de l'unité de la vallée du Nil (Soudan et Égypte) et l'islamisation du droit.
Les FM sont dissous le 8 décembre 1948 pour menées subversives contre la sécurité de l'État. Le 28 décembre, 1948 le chef du gouvernement est assassiné par un jeune frère musulman.

Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue.
La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement depuis sa fondation.
Mais l'issue de l'épreuve de force engagée par les FM contre le pouvoir égyptien aura des conséquences déterminantes sur sa crédibilité et son avenir. Plus que dans la plupart des autres pays, il importe à ce mouvement religieux fondamentaliste d'accéder au pouvoir au Caire, du fait que son opposition fondamentale et parfois violente aux États laïcs arabes a provoqué son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays comme la Syrie, mais aussi... en Égypte. Or, dans ce pays singulièrement, bien que disposant de 88 députés (sur 454) à l'Assemblée du peuple entre 2005 et 2010 (ce qui fait d'eux le premier groupe d'opposition), les FM peinent à régler un grave problème de stratégie politique. Le soulèvement de la rue constitue donc pour les FM une opportunité unique à saisir !

La prudence lui impose cette apparente modération
En dehors de la Palestine, les différentes branches des Frères musulmans ont condamné le recours à la violence, bien que Sayyid Qutb soit le théoricien du jihad armé.
Bien avant les événements actuels, la confrérie avait aussi choisi de ne plus combattre le régime de Moubarak frontalement. Ils ont ainsi voté pour la reconduction de Fathi Sorour (l’un des hauts responsables du régime) au perchoir de l'Assemblée du peuple. Ils ont également applaudi au discours du président Moubarak au Parlement, et ils sont en contact régulier avec le gouvernement des États-Unis.

Mais en Palestine, le Hamas, créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi et Mohammed Taha -tous trois issus des Frères musulmans- veut la destruction de l'État d'Israël et l'instauration d'un État islamique palestinien sur toute la terre de l'ancienne Palestine (c'est-à-dire incluant les actuels État d'Israël, Cisjordanie et bande de Gaza). Le Hamas est classé terroriste par de nombreux états démocratiques, tandis que la confrérie se développe dans la Bande de Gaza et met en place un réseau d'aide sociale.

Les Frères musulmans existent au Soudan depuis 1949. Comme en Egypte ou en Syrie, le leader de la confrérie, Hassan al-Tourabi, s'était d'abord rapproché du pouvoir dictatorial soudanais, mais il est maintenant opposé au président Omar el-Béchir.

En Algérie
, les FM sont en compétition avec d’autres groupes islamistes.

En Europe
depuis les années 1950 avec Saïd Ramadan, les Frères musulmans participent à la fondation du Conseil islamique d’Europe en 1973, mais ils reviennent sur le devant de la scène surtout dans les années 1980 avec la fondation de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE) et de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) (1983), émanation de la précédente.

mardi 26 octobre 2010

5 raffineries libérées sur 12, ce sont 7 bloquées, pour Le Monde

Avec Le Monde, la coupe est pleine !

La presse qui inspire le respect !

Les media sont aux mains du pouvoir et PaSiDupes le prouve.
Ce matin, Slate titre objectivement que «La jeunesse a toutes les raisons de manifester » et se justifie, sans aucun manichéisme, en ces termes nuancés: « La société maltraite ses enfants: une éducation insuffisante, pas d'emploi, pas de logement, moins d'aide sociale, plus d'impôts et pour seul cadeau: la dette ».
Pareillement, le site internet du journal Le Monde, dont le mythique sérieux ne peut être démontré (?), il titre: «Sept raffineries sur douze toujours bloquées » ! Depuis 2007 et l'échec de la gauche à la présidentielle, la bouteille des media amers n'est jamais plus à moitié pleine: elle est toujours aux trois quarts vide...

Aujourd'hui, encore deux raffineries libérées de plus

Pas de quoi satisfaire les privilégiés qui écrivent dans lemonde.fr ce matin, sous la dictée de l'agence Reuters:
« Les salariés grévistes ou non d'au moins sept des douze raffineries françaises continuent de bloquer la sortie de carburants et la grève dans les terminaux pétroliers de Fos-Lavera et du Havre se poursuit, ont déclaré mardi des représentants des syndicats. » Les salariés 'maltraités' (lire Slate, ci-dessus), voient, en revanche, leur conditions de vie s'améliorer: ils ont un emploi et une retraite qu'ils aimeraient conserver.

Quatre raffineries qui produisent, c'est encore trop pour la gauche
« Les carburants stockés dans quatre raffineries alimentent de nouveau les stations-service après la réquisition de salariés grévistes sur le site
- Total [société française] de Grandpuits [aux mains de la CGT]
- et la levée du mouvement de blocage des personnels [otages de la CFDT], grévistes ou non, des deux raffineries d'Exxon Mobil [US]
et de Petroplus [helvétique] à Reichstett. »
Les syndicats de la raffinerie d'Ineos [UK] à Lavera n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour dire si les expéditions avaient repris sur le site. La production à plein régime dans les deux raffineries d'Exxon Mobil situées à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Port-Jerôme (Seine-Maritime) reste cependant conditionnée à la reprise du travail sur les terminaux pétroliers de Fos-Lavera et du Havre qui les alimentent en brut [comme Reichstett...]

[Les pétroliers sont 'joignables']
'Pour redémarrer, il nous faut du brut. On regarde comment obtenir des approvisionnements. Sur Fos, il nous reste un peu de brut, l'idéal serait d'avoir la même situation à Port-Jerôme', a dit un porte-parole d'Exxon Mobil. 'Dès qu'on a du produit, on redémarre à Port-Jerôme.'

Les terminaux pétroliers de Fos-Lavera, qui approvisionnent en brut six raffineries françaises
, sont en grève depuis trente jours afin de protester contre l'application locale de la réforme portuaire [la restructuration de la profession privilégiée de docker n'a rien à voir avec l'âge de départ à la retraite: il fera l'objet d'un autre conflit au moment du calcul de la pénibilité !]. Le nombre de pétroliers bloqués sur la rade de Fos et Marseille s'élevait mardi à soixante, dont quarante de pétrole brut.

Les salariés du terminal pétrolier du Havre,
en grève depuis le 13 octobre à propos des retraites [ce qui est aussi inexact qu'à Marseille et Fos], ont reconduit mardi leur mouvement pour vingt-quatre heures. Ce terminal approvisionne notamment quatre raffineries du nord de la France. »

Ainsi, lemonde.fr n'est-il pas l'organe de presse des syndicats.

jeudi 12 août 2010

En 2009, Slate pointait déjà les outrances de la gauche

Le PS diffamait bien avant la polémique sur la déchéance nationale

Le piège de la gauche tendu à l'opinion ?

Tandis que les Français sont dans la crise, la gauche s'ébat dans des jeux de salive pré-électorale. Il suffit pour s'en convaincre de dénombrer les candidats potentiels parmi les preneurs de parole (soulignement PaSiDupes).

La gauche est soumise à des réflexes conditionnés
Les « décrypteurs » distingués de la presse, avec Mediapart et Le Point, et de la politique, avec les charognards Arnaud Montebourg (PS) et Eva Joly (Europe Ecologie) se sont saisis de pseudo « révélations » par les suceurs en manque du sang des Bettencourt.

Puis d'autres, leurs semblables, ont compris tout le profit qu'ils pouvaient tirer du discours de Grenoble, d'abord qualifié de " grand spectacle" et de "propos guerriers non suivis d’effet" par le président du MoDem, François Bayrou, tandis que Ségol'haine Royal, la poissarde socialiste toujours prête aux mains, critiquait une République "qui pourrit par le sommet", s'accaparant ainsi l'image nauséabonde du "poisson qui pourrit par la tête" du poisseux Noël Mamère.
Sans une pensée non plus pour les victimes, la kyrielle d'organisations se lâcha une fois de plus. La Ligue des droits de l’homme, en choeur avec le communiste Mrap et le socialiste SOS-Racisme, étudia même une réaction "unitaire" de plus, évoquant par facilité populiste les pires "refrains" de notre histoire, "ceux des années 1930 destinés à attiser la haine contre les étrangers", autrement les "heures les plus sombres de notre Histoire", comme on a appris à dire à l'école auprès de nos maîtres partisans et comme on répète ad nauseam sur le Web. On tenta donc pour la enième fois de nous faire établir un parallèle avec « ce discours [qui] jusqu’à présent, était l’apanage de l’extrême droite », parallèle usé jusqu'à la corde, mais qui fait encore de l'usage. "En liant nationalité et délinquance, il fait ce que personne n’a jamais osé faire dans l’arc républicain, s’alarma le monsieur ...sécurité du PS – ils ont le leur- , Jean-Jacques Urvoas, qui s'opposa d'ailleurs à la « loi sur les violences en bande » votée le 2 mars 2010, car il est en effet en charge de l'insécurité socialiste. Lire PaSiDupes

Le meneur trotskiste du NPA, Olivier Besancenot, n'a pas dissimulé son exploitation politicienne du lynchage d'Eric Woerth, en décrivant un gouvernement "aux abois, qui joue sur les peurs en pensant faire oublier les retraites et l’affaire Woerth-Bettencourt".
Pierre Moscovici, dont le père naquit en Roumanie soviétique, alla même plus loin: "Qu’est-ce que ça veut dire, Français de souche et Français d’origine étrangère? Faudra-t-il bientôt porter un signe distinctif pour le savoir? Cette mesure scandaleuse rappelle celles en vigueur sous l’Occupation." C'était sans doute l'occasion d'évoquer en effet l'amitié de François Mitterrand avec René Bousquet, patron de la police sous l’Occupation mais invité de Latché.

Dans ce concert de crialleries de faussets, l'actuel et l'ex-premier secrétaire du PS, Martine Aubry, la maire de Lille, et le député de Corrèze, François Hollande, ou l’ancien premier ministre, Laurent Fabius, gardèrent de la hauteur, pour ne pas être "à la roue" de la parole présidentielle... "Martine Aubry fera des propositions concrètes à la rentrée en matière de sécurité, d’autorité et de citoyenneté, promis le porte-parole du parti, Benoît Hamon, comme à chaque fois que le PS n'a aucune proposition alternative. Cela se fera dans un forum dédié, sur lequel travaille actuellement François Rebsamen", ajouta-t-il, avouant de sévères divergences internes.
Le président du MRAP, Mouloud Aounit (candidat communiste malheureux), jugea en revanche "inacceptable" le "silence" de Martine Aubry: "Ce discours est une déclaration de guerre contre la République. Nous sommes en train de changer de régime. Tous les politiques doivent être au rendez-vous." N'adhère-t-il donc pas au Mouvement de la Paix ?

Enfin, les Roms se firent récupérer par l'opposition avec l'arrière pensée des prochaines présidentielles.

Pour le PS, "plutôt qu'une réponse sécuritaire et brutale", "c'est d'un travail de fond associant l'Etat, les collectivités territoriales (notamment les mairies), les associations, les services sociaux et les professionnels éducatifs dont les gens du voyage ont besoin", conclut-il. C'est ce que les partenaires de l'opposition, amateurs de discours et de double jeu (lire PaSiDupes sur André Vallini), mais praticiens du blocage, refusent pourtant en matière de videosurveillance, par exemple. Lire PaSiDupes

Quant aux Verts
, ils ont mieux à faire que de se consacrer aux gens du voyage.
Daniel Cohn-Bendit menace de boycotter le raout d'Europe Ecologie suite au «délire du politiquement correct d’un noyau dur des Verts», alors que les écologistes ont essuyé un refus de Martine Aubry, invitée au grand débat sur le projet pour 2012, la gauche et les alliances. «C’est trop près du 15 août, elle n’a pas voulu écourter ses vacances», insinue Jean-Vincent Placé, le numéro 2 des Verts. La Ch'tite Aubry, qui n'entend rien et refuse tout, aura du mal à passer pour ouverte au dialogue.

Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, malgré sa modération, a fait comprendre que le PS et les Verts ont adopté une attitude de lâcheté, estimant le 29 juillet dernier que le PS et les Verts "préfèrent nier la réalité" concernant "les problèmes que pose le comportement de certains" chez les gens du voyage, comme ils le font "pour les questions d'immigration". "Nos compatriotes qui subissent des pics de délinquance dans les zones où sont installés ces campements savent, eux, parfaitement de quoi on parle", conclut-il. "La vérité sur cette question comme sur beaucoup d'autres, est pourtant simple: il y a ceux qui regardent la vérité en face et qui agissent. ", observe le porte parole de l'UMP privée d'opposition constructive, par ceux qui prennent pourtant l'exemple allemand en exemple .

La gauche aime à faire tonner les caisses

C'est son goût refoulé pour Wagner...

En décembre 2009, Slate dénonçait déjà les outrances de la gauche

Voici l'article de Slate, magazine en ligne fondé, avec Jacques Attali, par Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal Le Monde:

Comparer Besson à Laval, le piège de l'outrance


La polémique enfle après les déclarations du député socialiste Jean-Christophe Cambadélis qui a comparé Eric Besson à Pierre Laval.

Ils auront mis le temps les socialistes mais ils auront fini par tomber dans le piège. Vous remarquerez que cette déclaration de Jean-Christophe Cambadélis n'est pas si récente que ça mais qu'elle est revenue quasiment à la Une quand Eric Besson a décidé de porter plainte contre son ancien camarade pour diffamation. Une plainte qui a pour but de faire de la publicité à une déclaration passée assez inaperçue dans cette ambiance d'outrance politique.

D'accusé, Besson est passé au statu de victime d'une agression verbale et de ce que l'UMP aura beau jeu d'appeler un lynchage politico-médiatique. Revenons à
la comparaison Besson/ Laval. Si elle est tentante, elle est historiquement fausse, politiquement outrancière, stratégiquement imbécile. Historiquement, on peut effectivement faire une comparaison technique. Pierre Laval était un politicard de la troisième République, pas un idéologue, tellement arriviste qu'il a accepté de remiser tous les principes républicains avec un zèle criminel. Mais la comparaison devrait s'arrêter à la description d'un revirement opportuniste et zélé. Un peu comme la virulence anti-cléricale des curés défroqués ou l'anticommunisme radical des anciens communistes.

Quand il est question de comparaisons historiques, le degré et la nature peuvent se confondre et la comparaison de Jean-Christophe Cambadélis suggère que la nature du Sarkozysme à avoir [a à voir] avec le Pétainisme. Que le sort réservé aux immigrés dans notre société peut être comparé avec le statut des juifs en 40, ou plus exactement à la déportation des juifs de France en 42 puisque l'on parle de Pierre Laval, chef du gouvernement d'alors! Ce n'est pas excessif, c'est simplement radicalement faux.

Le philosophe Alain Badiou avait déjà comparé le sarkozysme et le pétainisme. Par une construction intellectuelle scabreuse, il avait échafaudé plusieurs critères. Le pétainisme s'appuie sur l'admiration d'un modèle étranger, le fascisme, le sarkozysme s'appuirait sur celui du libéralisme anglo-saxon; le pétainisme s'est construit sur l'idée d'expier une faute du passé, le Front populaire, le sarkozysme, mai 68; le pétainisme a un bouc émissaire, les juifs; le sarkozysme aussi: les immigrés. C'est aussi subtil que si l'on disait que le maire actuel de Vichy est forcement antisémite puisqu'il est maire de Vichy... Et c'est un piège parce que l'outrance est impopulaire. [L'outrance est également vulgaire et odieuses, certaines comparaisons injustes]

Quand, il y a un mois, Nicolas Sarkozy lance la campagne des régionales en parlant d'identité nationale et en affirmant que la terre fait partie de cette identité, en le soulignant bien lourdement, il le fait justement pour que les commentateurs et l'opposition se vautrent dans la comparaison oiseuse avec le pétainisme, qu'on lui ressorte «la terre ne ment pas» de Barrès repris par Pétain, afin de recréer du clivage bien voyant et de radicaliser la gauche. C'est un piège, il marche régulièrement. Il marche d'autant mieux que l'appât est vraiment appétissant. La faute de Jean-Christophe Cambadélis est bien sûr de tomber dans ce piège qui contribue à pourrir le débat public, mais la faute originelle, c'est justement d'utiliser avec tant de légèreté un appât si dangereux, si mal odorant. La faute originelle, Simone Veil l'avait bien perçue pendant la campagne.

Ça ne lui avait pourtant pas fait retirer son soutien à Nicolas Sarkozy mais je me souviens de sa mine effarée et désolée quand elle commentait le projet - uniquement fait pour choquer la gauche - du candidat Sarkozy de mêler, sous une seule administration, l'identité nationale et l'immigration. Le fait qu'un ancien socialiste accepte finalement d'être en charge de ce qui est (dans sa présentation plus que dans sa réalité) une hérésie républicaine, est une chose! Tomber dans le piège qu'il représente en le dénonçant maladroitement en est une autre.

Thomas Legrand


Les braillards congénitaux fonctionnent en chiens de Pavlov

Les pourisseurs de la vie publique
La sécrétion de la salive médiatique peut être provoquée par un contact direct avec une « révélation » ou une rumeur ou par un quelconque stimulus lié ou non à celle-ci, tel un communiqué de Conseil des ministres ou une quelconque annonce-appât.
A défaut de culture et de réflexion, la caricature et le populisme.
Les socialistes vertueux, les humanistes de tout poil et les révolutionnaires tous horizons misent sur la validation de la presse, plus incultes (LePost), plus sournoise (Libération ou Le Point), plus amorale (Mediapart), plus provocante (Marianne) et plus virulente (les agences Reuters et A*P), sans compter les délires du Net.

dimanche 1 août 2010

Alain Minc décrypte Edwy Plenel de Mediapart

Les exploits médiatiques d'un trotskiste

L'affaire Bettencourt trouve son origine dans les « révélations » du site Internet payant Mediapart, contestées, voire démenties par l'ex-comptable licenciée par Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, par ailleurs mise en cause par sa propre fille. Si troubles soient les sources du trotskiste Edwy Plenel qui dirige le site, le PS avec Arnaud Montebourg et Europe Ecologie avec Eva Joly ont politisé les accusations sans preuves en impliquant le couple Woerth - sur des "probabilités" - et la presse a gonflé l'opération de déstabilisation du pouvoir par l'opposition.
Lire PaSiDupes: Mediapart a-t-il acheté les "révélations" de l'ex-comptable ?

L’essayiste, économiste et écrivain Alain Minc présenté comme l’un des conseillers influents de Nicolas Sarkozy a accordé un entretien à France Soir, publié le 19/07/10:

France-Soir. La prestation du chef de l’Etat lundi dernier sur France 2 vous a-t-elle surpris ?
Alain Minc
. Surpris, non, mais je suis de parti pris (sourire)… Cette intervention m’en a rappelé une autre : lorsque Nicolas Sarkozy, en 2007, entre les deux tours de la présidentielle, a affronté Ségolène Royal. Dans les deux cas, il y avait la maîtrise de soi, le calme, la présidentialisation. Une prestation réussie. Politiquement, une page, grâce à cela, est, je l’espère, tournée. Les problèmes de la France – les vrais – sont devant nous.

F.-S. Comment analysez-vous rôle qu’a joué dans l’affaire Bettencourt (et que joue encore) Mediapart, le site que dirige sur le Net Edwy Plenel, l’ancien directeur du Monde ? Plenel, vous le connaissez…
A. M.
Si je le connais ! Je dois être une des meilleurs connaisseurs français du « plénélisme » car j’ai cohabité avec lui pendant des années quand j’étais au conseil de surveillance du Monde. Eh bien Plenel a fait du Plenel. Lire PaSiDupes: Mediapart, le pire du Net (à part LePost ...)
Dois-je vous rappeler
- le titre sur six colonnes à la Une fait par Plenel dans le dos de Jean-Marie Colombani et qui a conduit Strauss-Kahn à l’époque à la démission (avant, chacun s’en souvient, un non-lieu) - lire PaSiDupes à la date du 24 mai 2006 ?
-Dois-je vous rappeler la façon dont Le Monde a traité la fameuse « cassette Méry » (lire PaSiDupes), avec un Plenel qui cherchait à aller plus loin que ce que disait la cassette pour mettre en cause Jacques Chirac ?
- Et je ne parle pas de laffaire Baudis (lire PaSiDupes) !
Encore à l’époque Plenel vivait-il dans un univers où, en la personne de son patron, Colombani, il y avait des contre-pouvoirs.

Désormais, nous connaissons Plenel en liberté.
Et Plenel en liberté, c’est quelqu’un chez qui la bonne conscience d’incarner le bien se mêle, de manière très compliquée, à beaucoup d’arrière-pensées. Plenel est un grand type de « coups » journalistiques, même s’il est étrange, quand il fait parler la comptable de Liliane Bettencourt, qu’il n’y ait ni script ni enregistrements. S’il avait pu mettre le pouvoir KO, il ne se serait pas gêné. Chez Plenel, il y a beaucoup de talent, beaucoup d’arrière-pensées et toujours trois pas de trop.

« Il faut rendre hommage au sang-froid des syndicats »

F.-S. Edwy Plenel, c’est un fait, aura donné le « la »…
A. M.
Je suis très fasciné, en ce moment, par les phénomènes grégaires. Et je vais vous en citer trois :
- les banquiers qui s’affolaient en septembre 2008 ;
- les rédacteurs du Monde qui, il y a un mois, choisissent leurs patrons en votant à 90 % pour eux ;
-enfin, la classe politique, lors des révélations de Médiapart, qui, aussitôt, croit à la crise de régime. Dans nos sociétés, la peur fabrique des phénomènes d’une violence que nous n’avions jamais connue jusqu’ici.

[Et Alain Minc ne cite pas toutes les tentatives récentes de détournement politicien de phénomènes internationaux:
- la psychose de la grippe H1N1 venue du Mexique (lire PaSiDupes), ainsi que la rumeur de démission de Roselyne Bachelot;
- le nuage volcanique islandais et le principe de précaution jugé excessif. Pourtant 72% des Français approuvaient la fermeture d'aéroports: lire PaSiDupes;
- ou la "tentative de déstabilisation" (Valérie Pécresse) dans les rumeurs d'implication des époux Woerth: reprise de la technique du ricochet.

Quant aux rumeurs, nous les mentionnons pour mémoire de l'agitation médiatique de l'opinion, au nom du "droit à la désinformation l'information":
- les rumeurs sur la nomination d'Alexandre Bompard, patron d'Europe 1, à la tête de France Télévisions;
- la rumeur (France 24, service public "impertinent" et condamné à une amende) qui prêta à Benjamin Biolay une relation avec Carla Bruni-Sarkozy, ainsi que la mise en cause de Rachida Dati: d'une pierre deux coups, comme dans la rumeur d'infidélité de la Première dame;
- sans insister sur les odieux Stéphane Guillon ou Didier Porte, qui se rêvent en humoristes, et du torchon satirique Le Monte qui dégrade la parodie au rang du scabreux : tous revendiquent le "droit à l'expression", si
abjecte soit elle.]

F.-S. Une thèse répandue à droite, c’est que, derrière l’affaire Bettencourt, c’est, en fait, la réforme des retraites qui est visée…
A. M.
Je n’y crois pas. Au fond, ce qui vient d’arriver à Nicolas Sarkozy, c’est comme ce qui arrive à un viticulteur qui a préparé ses vendanges avec le plus extrême soin et, boum ! surgit l’orage. Et voilà le vignoble grêlé. Car s’il y a eu une réforme qui a fait l’objet d’un processus de prudence, de technicité, de professionnalisme hors pair, c’est bien celle-là. Je crois d’autant moins à la théorie du complot que les syndicats, une fois de plus, ont fait preuve d’un sens impressionnant de leurs responsabilités. Aucun syndicaliste n’a essayé d’utiliser l’affaire Bettencourt pour peser dans son face-à-face avec le pouvoir. Depuis 2007, il faut chaque jour rendre hommage au sang-froid des syndicats. [La répartition des tâches est en effet troublante: une sorte de délégation de pouvoirs...] Je mets au crédit de Nicolas Sarkozy d’avoir créé avec eux un type de relations qui n’existait pas jusque-là.

F.-S. La réforme des retraites sera donc votée ?
A. M.
Le pays est mûr pour la réforme des retraites comme il est mûr pour une politique « rigoureuse », selon le mot que préfère le Président. La réforme des retraites est vécue pour ce qu’elle est : un point d’équilibre entre ce que le monde extérieur attend de nous et ce que la société française peut supporter. Quant à la politique rigoureuse, il faut comprendre qu’on a changé, là aussi, d’époque. Avant, c’était un coup d’accélérateur, un coup de frein, et ainsi de suite. Aujourd’hui, il faut à la fois un coup d’accélérateur (pour ne pas casser une relance qui va partout cahin-caha) et un coup de frein (pour confirmer aux marchés que la dette ne s’emballera pas). C’est un pilotage économique sans précédent, subtilement conduit. Il y a en marre de l’autoflagellation des Européens : ils peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait et font ensemble.

« Les Bettencourt, c’est un univers erratique »

F.-S. Eric Woerth est au cœur des polémiques et au centre de toutes les attaques…
A. M.
J’ai de l’estime pour lui. C’est un des ministres les plus professionnels qui soient. Quant à son épouse Florence, il faut se rendre compte qu’entre son entrée chez les Bettencourt en 2007 et la situation de 2010 avec ce que nous découvrons, tout a changé. En 2007, les Bettencourt, c’est le temple du capitalisme familial et responsable. En 2010, c’est un univers erratique.

F.-S. A la télévision, Nicolas Sarkozy a longuement parlé de l’argent…
A. M.
Les gens se trompent sur Sarkozy. Il n’est pas fasciné par l’argent : il est intéressé par les entrepreneurs. Par l’espèce de force vitale qu’il y a chez les grands entrepreneurs. Cela l’intéresse parce qu’il leur ressemble. On croit que, chez lui, c’est la fascination de l’argent de ces gens-là alors que c’est la fascination de leur capacité de faire. Pour le reste, Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui a toujours été très prudent avec l’argent, y compris dans l’exercice de son métier d’avocat. Vous savez : quelqu’un qui a été chassé comme on chasse à courre, au sens où la meute chiraquienne était à ses trousses, ne peut qu’avoir eu – et qu’avoir – tous les réflexes de prudence qu’il faut. S’il y a un type qui, depuis 1995, ne pouvait pas avoir le moindre sentiment d’impunité, c’est bien Nicolas Sarkozy !
Lire PaSiDupes sur la déclaration présidentielle

F.-S. Lorsque la réforme des retraites sera votée, s’ouvrira, a dit le chef de l’Etat, une nouvelle séquence, la dernière du quinquennat…
A. M.
Cette période va être dominée par la présidence française du G20. Ce n’est pas un cadeau. Ce n’est pas gagné. Il va prendre, dans cette affaire, de vrais risques. Si on n’est pas dans un climat de crise, les conflits potentiels dans cet aréopage sont multiples et légitimes.

F.-S. Y a-t-il en Europe, France compris, un danger populiste ?
A. M.
Il y a une poussée populiste. Voyez le vote en Flandre, ou pour la Ligue du Nord en Italie car, à côté, le Front national apparaîtrait presque modéré. Mais je retire de cette crise que nos sociétés sont solides et nos économies fragiles alors que, très longtemps, on nous a soutenu l’inverse. Voyez, globalement, avec quel calme et quelle maturité les Français traversent la crise que nous vivons !

« Le système a failli mourir. Nous sommes des survivants »

F.-S. Quand verra-t-on la fin de cette crise ?
A. M.
Il faut d’abord se rappeler que le système économique a failli mourir et que nous sommes des survivants. Oui, on a failli avoir, à un moment donné, un dérapage plus grave encore que la crise des années 1930. Du coup, le problème politique est simple à énoncer, mais pas à résoudre : on va mettre des années à payer le prix de notre sauvetage mais plus on s’éloigne du moment où on a failli sauter, moins les gens s’en souviennent. Il faut un effort collectif pour rembourser les 25 % d’endettement supplémentaire qui nous ont permis d’éviter le pire. Mais, évidemment, ces 25 % s’additionnent avec l’endettement qui prévalait avant et qui est le fruit de trente ans de lâchetés collectives.

F.-S. Quel jugement portez-vous sur la gauche, où vous comptez encore beaucoup d’amis ?
A. M.
J’aurais aimé que la gauche politique se montre aussi responsable que les syndicats.

F.-S. Vous avez souhaité que, pour la dernière ligne droite du quinquennat, François Fillon soit remplacé…
A. M.
J’ai dit, en effet, que Giscard avait été battu en 1981 car il avait gardé à Matignon Raymond Barre. Cela dit, le Premier ministre a fait preuve ces derniers temps d’une résilience et d’une solidarité sans faille. Du coup, Sarkozy a deux schémas possibles : il remplace Fillon, et il peut garder beaucoup de ministres importants et de qualité ; il garde Fillon, et il doit changer beaucoup de ministres.


F.-S. Et le résultat de la présidentielle 2012 ?
A. M.
… Cela se jouera en France comme dans toutes les démocraties occidentales : dans le dernier mois. Et ce sera du 50-50.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon

vendredi 8 janvier 2010

LePost accuse Rue89, Mediapart, Slate.fr et Bakchich d'être capables d'accepter une aide de l'Etat

Le site de copiés-collés serait-il libre de déblatérer ?

Fiez-vous donc à la presse insolente !...

Les parias du journal Le Monde ont du plomb dans l'aile

Victime de son indigence intellectuelle et de sa subordination à ses confrères, le site contributif moribond clame ses craintes que la liberté éditoriale de ses sources habituelles ne reste pas entière. Un comble de la part de ces journalistes pilleurs de salles de rédaction, exploiteurs de blogueurs militants et racoleurs de jeunes lecteurs incultes.
Menacé de disparition du seul fait de sa nullité, le site collaboratif LePost accuse la menace des aides de l'Etat de tous ses maux. Il annonce que la grippe A-H1N1 pourrait s'abattre sur les sites d'information du Web et réclame des vaccins pour les autres, tout en refusant la vaccination pour lui-même, puisqu'il ne serait pas « personne à risque ».

LePost accuse ses confrères de qualité

Si nuls soient-ils, les journalistes de LePost voient chacun à leur image.
Ces pilleurs de la presse tiennent en effet pour acquis que les sites qui les écrasent ne résisteront pas à la manne qui pourrait leur échouer, si toutefois ils l'acceptaient. Leur haute opinion d'eux-mêmes -et par conséquent de leurs rivaux- les amène déjà à s'interroger sur ce qu'il adviendrait de leur indépendance.

Ils sont envahis d'un doute qui les honore
« Rue89 (Libération), Mediapart (Edwy Plenel, ancien de Le Monde), Slate.fr (2009, Jean-Marie Colombani, ancien de Le Monde), Bakchich (sur le modèle de Charlie Hebdo et du Canard Enchaîné) et les autres seront-ils muselés ou resteront-ils libres, une fois qu'ils auront touché une aide d'Etat ? »

Les petits incapables sont amers
« Comment cet argent (60 millions d'euros sur trois ans) va-t-il être réparti et à quoi va-t-il vraiment servir ? »

Les petits malfaisants poussent les blogueurs au front
« Les blogueurs vont-ils être laminés par cette redistribution des cartes ? », s'inquiète le site collaboratif.

Les baveux donnent des noms

La délation est théoriquement fort mal vue, depuis cette période sombre de l'Histoire que la gauche prétend ne pas vouloir laisser tomber dans l'oubli. Mais les vertueux impertinents s'y adonnent à la première occasion...


  • les « bons » ?

    - Daniel Schneidermann, créateur d'Arrêt sur images, qui refuse cette aide publique, comme de servir Désirdavenir Royal qui avait tenté de le prendre dans les filets de la région à laquelle elle s'accroche.

    - Thierry Crouzet (juillet 1963), qui, sans plus de détails et dans un souci de désinformation, est présenté comme « un blogueur en colère », mais qui est en réalité ingénieur en informatique et journaliste à PC Experts et PC Direct, en vérité publie sur comment l' "Internet bouleverse la politique': il est donc en effet très représentatif des professionnels anonymes qui envahissent la Toile en se disant blogueurs de base.

    - et... le patron du Monde.fr ( PDG du Monde Interactif et donc du Post.fr...) Philippe Jannet, qui s’élève par ailleurs contre les rumeurs liées à la vente du site LePost.fr. Pour lui LePost ne serait pas pire que le pire du Net: « il s’agirait d’une simple bévue comme il en existe d’autres dans l’histoire des média » Il faut bien admettre qu'il est orfèvre en la matière...
  • et les « méchants » ?
    Sus donc au patron d'un site "subventionné", Rue 89 (d'anciens journalistes de Libération, dirigés par Pierre Haski, qui décidèrent comme d'autres d'occuper le Web à l'occasion de la campagne présidentielle). Le site concurrent révéla, dès le 23 novembre 2009, que LePost « est déficitaire à hauteur de 1 million d'euros par an » (lien Rue89 )

    Une subvention de l'Etat aurait-elle raison de LePost ?
    Ce serait dommage !

    Finissons-en avec cette illustration de la finesse du site LePost, de sa base à sa tête.
    Suite à la confirmation de l'information de Rue 89 par les Echos (groupe LVMH) du déficit d’environ 1,6 million d’euros par an du site de Le Monde (filiale commune de la société anonyme Le Monde et du Groupe Lagardère), ElectronLibre interrogea Philippe Jannet sur «un media sérieux », L'Express, qui aurait dévoilé « sans fondements la nouvelle de la vente du site au grand jour le 1er décembre dernier ». Son brillantissime patron (qui en 2007 était employé du groupe capitaliste Bernard Arnault et proposa la version e-paper des Echos...) répondit, le 9 décembre 2009: « Vous savez, cela me rappelle une vieille anecdote en rapport avec cette annonce qui s’est répandue comme une traînée de poudre. Le Quotidien de Paris avait annoncé prématurément la mort de Marcel Dassault dans les années 80 jusqu’à ce que sa mort… leur donne finalement raison ! » Trop drôle !

    Longue vie, donc, aux plagiaires de LePost et à l'investigation boîte aux lettres ...
  • dimanche 3 janvier 2010

    Grippe A-H1N1: la santé publique est-elle menacée par la presse politicienne ?

    « Décryptage » d'une désinformation

    Slate est un magazine en ligne fondé en février 2009 sur le modèle de son homonyme américain par Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal Le Monde, Johan Hufnagel (il a dirigé les rédactions de Liberation.fr et de 20minutes.fr.), Éric Le Boucher (journaliste du Monde et des Echos, critique de la politique menée par Jacques Chirac, « un roi fainéant », selon lui) et Éric Leser (ancien chef du service économique du journal Le Monde) et Jacques Attali.
    Le magazine d'opposition a commis cet article le dimanche 3 janvier 2010

    Grippe: la schizophrénie française

    L'épidémie recule, Nicolas Sarkozy incite à la vaccination et la France commence à vendre ses vaccins...
    Dans la guerre contre la pandémie grippale la situation n'a jamais été aussi confuse qu'aujourd'hui
    [pour ne pas être partisan, on pourrait écrire qu'elle fait l'objet d'une polémique]. A l'échelon de l'organisation collectif on a la très désagréable impression d'avancer dans des sables de plus en plus mouvants. [nouvelle impression subjective, de la part d'un magazine qui contribue à ce sentiment] On peut le dire autrement: la situation a quelque chose de schizophrénique [est-ce que ça annonce pour autant une étude plus scientifique ?]. En quelques jours, cinq exemples viennent conforter ce diagnostic [nous avons affaire à un médecin] : L'épidémie régresse; Nicolas Sarkozy incite publiquement et pour la première fois de manière aussi claire, à la vaccination; le gouvernement [comme ça, il ne manque plus que Mme Bachelot] annonce une relance du plan national vaccinal; dans le même temps la France commence à vendre à des pays étrangers ses surplus de stocks vaccinaux; des travaux scientifiques laissent penser que d'ores et déjà, vaccin ou pas, des millions de Français sont protégés contre l'infection grippale. Comment comprendre?

    La première prise de parole de Nicolas Sarkozy. «Il ne s'agit pas d'une banale grippe. En France, ce virus a tué 219 personnes l'an passé, et il touche des enfants et des adultes qui sont en bonne santé. Je n'ai pas le droit de banaliser, a déclaré Nicolas Sarkozy qui n'avait jusqu'ici jamais ou presque pris la parole sur ce thème. Il vient de le faire lors de ses voeux aux travailleurs de la Saint-Sylvestre. Chacun fait ses commentaires, plus ou moins autorisés. Mais la ministre de la Santé [Roselyne Bachelot] et moi-même, on est en charge et on ne peut pas se permettre des commentaires, on doit agir (...) la vaccination est une exigence de santé publique.» Le chef de l'Etat a, pour la première fois, soutenu le choix du gouvernement de faire vacciner les Français dans des centres ad hoc et non par leurs médecins de famille ou dans les hôpitaux.
    «Si on avait vacciné chez vos médecins habituels ou dans les hôpitaux, est-ce que les médecins auraient pu soigner et est-ce que les hôpitaux auraient pu continuer à travailler?, a-t-il demandé. Je crois qu'il faut quand même réfléchir quand on voit ces questions-là. Cela s'est bien passé, les ministres se sont donné beaucoup de mal et je remercie tout le personnel qui s'est engagé.» Les propos présidentiels, connotés au passé, pourraient laisser entendre que le plus gros est désormais derrière nous. Or le gouvernement tient un discours radicalement opposé.

    Les surplus vaccinaux français en solde [C'est le journaliste qui le dit, puisqu'il semble bien officiel qu'en fait ils seront proposés à prix coûtant]. «Depuis deux mois, la France tente discrètement de revendre à des pays étrangers une partie de ses vaccins contre la grippe A, achetés en juillet dernier, à une époque où la menace était supposée très grave» nous annonce, «en exclusivité», Le Parisien/Aujourd'hui en France daté du 3 janvier. Un scoop en somme. Et comme souvent les scoops aimeraient s'inscrire dans l'absolu quand ils sont, dans l'immense majorité des cas, relatifs. Pour dire le vrai l'affaire était publiquement en gestation depuis, précisément, deux mois.
    [Depuis combien de temps la France est-elle à ce point discrète ?] Le 5 novembre la ministre de la santé Roselyne Bachelot (s'exprimant sur RTL [pour plus de discrétion, en effet] ) avait annoncé que la France était disposée à revendre une partie de son stock de 94 millions de doses de vaccin contre la grippe pandémique. [dès le 5 novembre !] Une manière comme une autre de ne pas avouer directement que la décision gouvernementale prise cet été d'acquérir (pour près d'un milliard d'euros) un tel stock national était, au choix, un pari risqué ou une erreur stratégique. [Une manière comme une autre pour Slate de faire de la rétention d'information en n'avouant pas que les experts européens ont prodigué ce conseil à d'autres gouvernements: Allemagne, Suisse ou Pays-Bas]
    Mme Bachelot se refusait alors à entendre les reproches qui étaient faits au gouvernement quant à l'acquisition d'un stock vaccinal à ce point surdimensionné? [Qui étaient ces esprits forts qui savaient mieux que les experts ?] «Non. Ce que je veux c'est que mon pays soit préparé à cette vaccination, répondait-elle. D'ores et déjà nous savons que nous aurons peut-être la chance qu'une seule dose soit nécessaire. Mais cette information a besoin d'être confirmée et une partie de la population aura toujours besoin de deux doses, les enfants en particulier. Et puis, vous savez, depuis quelques jours la France est très demandée. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de pays qui nous consultent et qui nous demandent si on n'accepterait pas de leur revendre des vaccins. Ces pays n'ont pas pris leurs précautions. Mais moi je ne veux pas leur revendre ces vaccins tant que je ne suis pas sûre, par une constatation clinique, que l'immunité donnée par la première dose - et qui est déjà importante - est bien durable.» Mais combien de temps faudra-t-il pour le savoir? [Slate au gouvernement, vite !]
    On sait désormais qu'une seule dose est nécessaire. [Facile d'ironiser après coup !] Et il est acquis que la France a, au nom du principe de précaution, acquis pour une somme qui n'a rien d'anodin (un peu plus que celle annoncée par Nicolas Sarkozy dans le cadre du nouveau Plan Cancer) notablement plus de vaccins anti grippaux qu'elle n'en utilisera jamais, du moins à court terme. [ Slate était près à prendre des risques avec la santé et la vie des Français] Acheteur aux trop grands yeux le gouvernement français se fait donc revendeur.
    «On imagine sans mal la somme des questions qui vont se poser, écrivions-nous alors.
    [Gargarisme pour haleine fétide !] Le gouvernement va-t-il, comme l'étaient hier les fabricants, être ici en position de force et va-t-il faire monter les enchères? Qui mènera les négociations et sur quelles bases marchandes ou éthiques? Pourquoi, par exemple, ne pas offrir notre surplus vaccinal aux pays qui n'ont pas pu « prendre leurs précaution » faute d'en avoir les moyens? [ Mal informé Slate ou de mauvaise foi ? « Le fabricant de vaccins Sanofi Aventis a déclaré cette semaine faire très prochainement don de 100 millions de doses du nouveau vaccin H1N1 contre la grippe porcine pour qu'il soit distribué par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). (Lien) Laboratoire GSK ? (lien) GaxoSmithKline ? (lien)

    Préfèrera-t-on au contraire vendre à ceux qui offriront le plus ce qui permettrait sinon, peut-être, de réaliser des bénéfices, du moins d'effacer l'impression désastreuse qui prévaut aujourd'hui: celle que le gouvernement a fort mal mené les négociations avec les firmes productrices? Les détails des futures tractations seront-ils ou non rendus publics, ce qui offrirait le grand avantage de prévenir les critiques aujourd'hui formulées quant au caractère secret des premières négociations?»

    Le Parisien/Aujourd'hui en France apporte aujourd'hui les premiers éléments de réponse. L'opération «revente» est menée depuis la mi-novembre conjointement par le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. [La réactivité du gouvernement est à saluer] Les diplomates sont priés de faire remonter rapidement l'information vers Paris si les pays font état d'un manque de vaccins. La question de la revente des vaccins est abordée succinctement en cellule de crise interministérielle. «Madame Bachelot a indiqué que des négociations étaient en cours avec différents pays, mais sans donner les noms, pour des raisons de confidentialité», indique Gérard Gachet, porte-parole de la cellule de crise interministérielle, au ministère de l'Intérieur. Matignon et l'Elysée sont régulièrement tenus au courant des contacts et ont le pouvoir de validation final. Des négociations ont été rapidement engagées avec le Qatar, l'Egypte, le Mexique, la Bulgarie, la Roumanie et l'Ukraine. Lire PaSiDupes

    La France aurait adopté une position de principe elle vendrait au prix où elle a acheté les quatre types de vaccin (soit: 6,25 € la dose pour le Sanofi-Pasteur, 7 € le GSK, 9,34 € le Novartis et 10 € le Baxter). Les pays demandeurs sont ceux qui n'ont pas pu se procurer suffisamment tôt le vaccin. La France doit aussi faire face à la concurrence internationale des autres «grands pays» qui veulent revendre leurs vaccins. C'est le cas en Ukraine, où la France et l'Allemagne ont soumis des offres aux autorités. La Suisse et les Pays-Bas, qui avaient acquis beaucoup de lots, ont ouvertement proposé à la revente une partie de leurs stocks. Pour l'heure on n'en sait guère plus.

    Relance du plan national de vaccination. En ces premiers jours de 2010 (neuf mois déjà après le début des hostilités) les troupes citoyennes ne savent plus, dans ce contexte, à quel saint laïc se vouer. Tout en vendant les munitions le gouvernement, sur le front vaccinal, continue à faire battre tambour pour inciter à l'immunisation volontaire. Mieux: les tambours vont bientôt résonner de plus belle. Quelques heures avant le basculement dans la nouvelle année les services de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur nous l'ont faire savoir: le dispositif national de vaccination (tant décrié depuis qu'il est en place) «connaîtra une remontée en puissance après les fêtes de fin d'année». Fermés les 1er et 2 janvier, ces centres de vaccinations ouvriront ensuite «jusqu'à trois vacations par jour». Les officiers de santé ne devraient guère chômer: «lundi 4 et mardi 5 janvier: une vacation est prévue (fin d'après-midi, début de soirée); mercredi 6 janvier: 3 vacations; jeudi 7 et vendredi 8 janvier: 2 vacations (après-midi et début de soirée), «sauf à Paris et dans les 3 départements de la petite couronne pour lesquels sont prévues trois vacations permettant une ouverture de 8H00 à 20H00; samedi 9 janvier: 3 vacations ; dimanche 10 janvier: «ouverture en région Ile-de-France sur un créneau 8H00-20H00 et, en tant que de besoin, dans les grands centres urbains sur décision des préfets».

    Dont acte. Mais qui s'intéresse encore à tout ceci ? [Hallucinant ! D'ailleurs, Slate n'y consacre-t-il pas beaucoup de temps?] Pour notre part nous venons de recevoir, en ce dernier jour de l'année et par «éco'pli», le «bon pour vaccination». [ « nous », c'est Jean-Yves Nau soi-même , le journaliste en majesté de Slate qui fait son Alain Delon] Sur l'en-tête Marianne et les armes de la République française y voisinent curieusement (à égalité de surface) avec le slogan «Stop aux virus de la grippe» ; pas de point d'exclamation mais bel et bien un pluriel viral [Dr No Nau n'a pas entendu parler de mutation du virus !]. Suit un message standardisé de Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports m'incitant à me rendre au plus vite, de préférence dans les dix jours et sans prendre de rendez-vous «Gymnase, 8 rue du Hallebardier 37 000 Tours». Illusion (née paradoxalement peut-être d'une trop grande assuétude à l'actualité pandémique) ou pas: tout ceci semble déjà daté, presque d'un autre âge. [Il a connu la peste ?] Nous avons sans doute tort mais il nous bien [?] que ce soit une opinion majoritairement partagée. Les pages se tournent à une vitesse sans cesse plus grande et celles de la pandémie ne font guère exception à la règle médiatique. [verbeux: l'un des symptomes de la grippe A ne serait-il pas la diarrhée verbale ?...]

    Où en sommes-nous, précisément? [Et les cas de Alzheimer, des sujets à risque ?] En France depuis le 21 octobre près de cinq millions de personnes se sont fait vaccinées (ou utilise plus fréquemment ici -pourquoi?- le verbe piquer).
    => [Commencée le 12 novembre , "d'ores et déjà, 6 millions de personnes seront convoquées le 12 novembre : les personnes les plus fragiles, c'est à dire l'entourage des nourrissons de moins de six mois, les personnes fragiles, les professionnels de santé, les professionnels qui s'occupent de la petite enfance". 6 millions ont été convoqués mais seulement 5 millions se sont faits vacciner: qui porte la responsabilité de cette fuite de 1 million de personnes?]
    L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) précise que les vaccins administrés ont pour l'essentiel été le Pandemrix (de GlaxoSmithKline, avec adjuvant; 3,7 millions de doses) et le Panenza (Sanofi-Pasteur, sans adjuvant; 1,4 million de doses). Le Focetria (Novartis, avec adjuvant) et le Celvapan (Baxter, sans adjuvant) n'ont quant à eux été administrés qu'à quelques milliers de doses. S'il le souhaite, le citoyen peut tout savoir des effets secondaires indésirables, pus ['plus' ou 'suppuration' ?] ou moins anecdotiques, plus ou moins graves, de cette campagne de vaccination.
    [mais>[=> Dès le 20 août 2009, les extrémistes d'Agoravox incitaient également au boycottage : «La France a commandé 100 millions [sic] de doses de vaccins, et si les Français décidaient de ne pas les acheter, çà ne ferait pas les affaires de l’Etat, à n’en point douter. »
    Il citait aussi Didier Raoult.
    « Ce virologue réputé s’est fait récemment connaître en dénonçant les effets des pro biotiques contenus dans nos yaourts lesquels seraient responsables selon lui en grande partie de l’obésité.
    Il vient de lancer un nouveau pavé dans la mare des certitudes gouvernementales.
    Il affirme que nous n’avons pas mis toutes les chances de notre côté pour affronter la pandémie annoncée.
    « Personne ne peut affirmer que le virus ne va pas développer une résistance au Tamiflu » affirme-t-il.
    Il continue en déclarant que « on ne dispose d’aucune étude sur l’efficacité des masques au quotidien ».
    « Confiner un malade chez lui est aberrant, même s’il porte un masque. Le foyer familial est un lieu majeur de contamination » a-t-il déclaré récemment à une journaliste du Point.
    Il pense qu’il serait plus efficace de prévoir des lieux de quarantaine.
    "]


    Pour sa part l'Afssaps est formelle l'ensemble des évènements signalés «ne remet pas en cause la balance bénéfice-risque des vaccins». On peut donc, sans inquiétude collective particulière, poursuivre la campagne de vaccination. Question: cette campagne se justifie-t-elle encore dès lors que les personnes tenues pour être les plus exposées au risque infectieux sont désormais (du moins en théorie ; où sont les données chiffrées ?) protégées. [Ce que Slate peut garantir] Question d'autant plus d'actualité qu'il faut, à l'aube de l'année nouvelle, compter avec deux nouvelles et importantes données.

    Une épidémie en régression
    Selon les dernières données du bulletin hebdomadaire de l'Institut de
    veille sanitaire (InVS) le nombre de consultations pour syndrome grippal continue à décroître dans l'Hexagone tout en restant au-dessus du seuil épidémique. Toutes les données convergent en ce sens. Le réseau Sentinelles de l'Inserm estime qu'entre le 21 et le 27 décembre il y a eu 322 consultations pour grippe (avec plus de 39°C de température) pour 100.000 habitants. Ce taux était de 397 la semaine précédente. Quant au « seuil épidémique » il est de 177. Au total les 16 semaines d'épidémie on conduit à un nombre de consultations pour syndromes grippaux a été estimé à près de 3,5 millions.
    [Slate ne mentionne pas que le pic est annoncé en février pour le Nouvel An chinois: les inconscients n'envisagent pas qu'une nouvelle vague puisse alors atteindre l'Europe. Lire PaSiDupes - cf. lien]
    [ => De plus, fin novembre, on apprenait non seulement que le virus aurait muté mais de surcroît que l’agent pathogène deviendrait résistant au Tamiflu qui jusqu’à présent s’était montré assez efficace.
    N'est-il pas étrange que Slate ne mentionne à aucun moment cette poussée d'inquiétude mentionnée par … Le Monde ? A lire "La Norvège a détecté une mutation du virus H1N1" - cf. Google. ]

    Pour le réseau des Groupes régionaux d'observation de la grippe (Grog) le nombre des consultations est également en baisse. «Les médecins vigies n'ont plus le sentiment d'être en situation épidémique, indique le Grog. Depuis le début du mois d'août, 6.104.000 personnes ont été infectées par le virus grippal pandémique en France.» Même impression pour le réseau SOS Médecins qui estime que l'activité en lien avec la grippe a diminué, sauf dans la région Centre/Ile-de-France. A l'hôpital, le recours aux urgences a diminué, ainsi que le nombre de cas graves.
    Pour l'INVS c'est bien le virus H1N1pdm qui représente la quasi totalité des virus grippaux isolés en France comme dans le reste de l'Europe.
    L'activité grippale est par ailleurs en diminution dans l'espace européen à l'exception de la Bulgarie. [Cette observation est rassurante, à l'heure de la globalisation et de la démocratisation des transports]

    Vingt millions de Français déjà «naturellement» protégés ?
    Ce pourrait être une nouvelle et grande surprise. On estimait jusqu'à présent que lors des vagues épidémiques des grippes saisonnières environ une personne infectée sur deux par le virus ne présentait pas (ou très peu) les symptômes caractéristiques de la grippe. Avec le H1N1 cette proportion pourrait être beaucoup plus élevée. Telle est du moins l'hypothèse que l'on peut formuler sur la base des premiers résultats d'une étude française dirigée par le Pr Antoine Flahault et qui vient d'être publiée sur le site d'une revue spécialisée. [Que de précautions de la part de Slate par ailleurs si péremptoire]

    Ce travail a été mené auprès de deux mille femmes enceintes volontaires âgées de 20 à 39 ans devant subir plusieurs prises de sang (pour le diagnostic de toxoplasmose) et chez lesquelles on a aussi, à cette occasion, recherché les stigmates biologiques de l'infection par le virus grippal pandémique. Curieusement c'est la première fois, semble-t-il qu'un tel travail (dit « enquête de séroprévalence ») est mené sur ce thème à l'échelon international. [Notons-le avec Slate, curieusement implicite, que la pandémie est l'occasion de recherches nouvelles et approfondies sur un sujet méconnu qui suscite pourtant de nombreux persiflages] Les données obtenues ont ensuite été corrélées à celles du réseau Sentinelles (UMR-S 707, l'Inserm et l'Université Pierre et Marie Curie), réseau de 1300 médecins généralistes volontaires, travaillant dans toutes les régions métropolitaines de France. Ce système électronique national de la surveillance clinique permet, en temps réel, la surveillance de l'incidence des syndromes grippaux pris en charge par les médecins généralistes.

    Or les premiers résultats de cette étude révèlent que pour une personne ayant consulté pour grippe, quatre auraient été infectées par le virus sans le savoir car n'ayant jamais souffert des symptômes de la grippe. On ne peut pas ne pas être tenté par l'extrapolation [lâchons-nous !]: ceci signifierait que près de 20 millions de personnes en France auraient déjà été infectées par le H1N1pdm. D'autres estimations tablent entre 11 et 18 millions. [Ne sommes-nous pas 63 millions de Français ? ]

    Dans tous les cas une partie importante de la population française serait d'ores et déjà «naturellement» déjà protégée. [Seulement une quarantaine de millions ne le seraient pas …] Incidemment ce résultat laisse penser que le taux de mortalité associé à ce nouveau virus est nettement plus bas que ce que l'on pouvait jusqu'ici supposer. Supposer » démontre que Slate a mis de l'eau dans son vitriol.] Mais les auteurs de ce travail soulignent quant à eux -avec juste raison [Jean-Yves Nau est-il médecin? Il doit avoir au moins son brevet de secouriste !]- que l'on ne doit en aucun cas ici tirer des conclusions trop hâtives, que l'enquête devra être poursuivie et répétée jusqu'à la fin de la vague épidémique. Il n'en reste pas moins vrai [cette fois c'est sûr, il a dû faire l'école d'infirmières de Tours] que cette nouvelle donne n'est pas de nature, en ce début de 2010, à pousser les foules vers les centres de vaccination. [Avec Agoravox et quelques autres, Slate portera la responsabilité de cette incitation terminale, comme la phase du même nom, que pour notre part (majesté) nous essayons d'éviter à tous].
    Jean-Yves Nau